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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 05:02
Les Arènes, février 2019

Les Arènes, février 2019

Nous voilà, nous, la classe intermédiaire. On nous arme, intellectuellement, avec des diplômes de journalisme, de droit, d'économie, de psychologie, de management, de cinéma, etc., et nous avons le choix : au service de qui allons-nous mettre nos armes ? au service des nouveaux seigneurs ou de leurs serfs ?

...j'avais trouvé ma voie, enfin, mon chemin, une raison d'être : rendre à la réalité ses aspérités, quand mille autres cerveaux, dans cent bureaux, à tous les étages de tous les pouvoirs, les communicants, les chargés de ceci, les directeurs de cela, ont pour fonction de lisser la réalité, de la gommer, d'en atténuer la dureté. Et ils accomplissent leur tâche avec encore plus de zèle, d'efficacité, qu'ils l'ignorent pour de bon, ce réel, qu'ils le regardent de loin, de haut, derrière des statistiques, des textes de loi, des numéros de dossiers...

Je ne voudrais pas qu'on se trompe : ce n'est pas Rothschild que je vous reproche, c'est la gauche(...) ça se mérite, la gauche.

Je ne lis jamais d'essai politique. Cela ne m'intéresse pas du tout, non pas la politique, mais les essais sur ce sujet. Je trouve que l'on a assez d'infos dans les médias en ligne (car je ne regarde plus les médias à la TV) pour nous faire notre propre opinion. 

 

Mais en ce jour de 1er mai 2019, Journée internationale des travailleurs, j'ai décidé de vous parler justement de ces travailleurs et de leurs mouvements de lutte, en vous résumant brièvement le dernier livre de François Ruffin que j'ai eu l'occasion de lire et d'apprécier, et qui me semble particulièrement bien les mettre à l'honneur. 

Ce 1er mai 2019 est en effet particulier car il fait suite au long combat des gilets jaunes sur lequel tout a été dit ou presque...

N'y voyez aucune polémique de ma part, chacun pense ce qu'il veut et je ne veux même pas le savoir, car j'ai choisi sur mon blog de ne jamais parler de politique, et c'est un choix que j'assume !  Qu'on soit d'accord ou pas d'accord avec le parti dont François Ruffin est proche,  la France Insoumise, je trouve que ses propos et les témoignages contenus dans cet essai, apportent un éclairage réaliste sur les causes de la révolte. 

 

Ce livre s'adresse tout d'abord à notre président, vous l'aurez compris, vu le titre. Il est sorti le 21 février dernier, donc il faut le replacer dans son contexte. C'est un livre qui raconte en parallèle deux parcours de deux hommes que tout oppose.

Le président, et l'auteur qui cherche à comprendre pourquoi tous deux ont pris des voies diamétralement opposées, alors qu'ils sont sortis du même lycée d'Amiens dans les années 90.

 

L'auteur bien entendu explique ce qu'il n'aime pas depuis toujours chez son adversaire. C'est d'ailleurs ce qui m'a le plus surprise, cette haine quasi-viscérale de l'autre qui ne s'explique pas avec la raison. Je n'aurais pas cru François Ruffin capable de la ressentir pour quelqu'un, mais il s'en explique de façon très sincère. 

Le lecteur apprend au fil des chapitres, ou, selon les faits évoqués, vérifie ce qu'il savait déjà, certains aspects troublants de la vie du président avant son élection, comme par exemple la vitesse avec laquelle il a bâti ses réseaux amicaux dans le monde de la finance depuis sa sortie de l'ENA et bien entendu sa montée en flèche vers l'élection...poussée par les médias et les lobbies. Il y a comme un vent de corruption qui souffle sur ces pages que tout le monde devrait lire, car bien entendu très peu de ces faits ont filtré dans les médias (et ils ont tous été vérifiés donc ne sont pas contestables). 

Comment une personne qui ne fréquente que des normaliens, des banquiers, des stars, des multimillionnaires peut comprendre la vie de ceux qu'il ne connaît pas ? Toute la question posée par François Ruffin est là...

Et derrière cette question surgit la suivante : Pourquoi ce président jeune et dynamique a-t-il attisé autant de haine en si peu de temps, car après tout il ne fait qu'aggraver la politique libérale déjà mise en place par ses prédécesseurs ?

 

En même temps, tandis que l'auteur cherche à apporter des réponses à ces questions, il se dévoile aussi.  

Le lecteur découvre que ce qu'il avait déjà perçu de qualité de cœur et de droiture chez l'auteur, comme sa sincérité, son humanité, ses doutes et ses constantes remises en question, ainsi que son désir de toujours écouter et comprendre les autres, se vérifie à chaque page. Il est très réaliste et sincère quand il nous parle de lui-même et raconte l'importance de certaines rencontres, faites à ses débuts quand il était reporter en Picardie, ou depuis qu'il est député. Il nous montre à quel point ces rencontres ont changé sa vie et son regard à jamais, car bien entendu, s'il est allé au plus près des gens c'est pour mieux les comprendre. Nous-mêmes, sommes touchés par ces témoignages tout à fait réalistes et évocateurs de la vie quotidienne de ces personnes, trop souvent oubliés par notre système social et économique.  

Finalement, en politique comme dans la vie,  tout est toujours question de perspective. Selon d'où on se place au cœur du peuple, on ne ressent pas les choses de la même façon...

 

Au-delà de la prise de position politique qui étaye bien évidemment l'essai, j'ai trouvé que cet écrit était intéressant car, d'une part il nous montre à quel point le président croit réellement au pouvoir de l'argent et que cela est tellement naturel pour lui que forcément, il ne peut pas se mettre à la portée de ceux qui n'en ont pas...et d'autre part, que lui-aussi est sincère à sa façon, car il ne s'en cache pas, ce qui engendre ce terrible ressenti, ce sentiment de profonde injustice, l'impression d'être non seulement oublié mais méprisé, et la colère légitime qui en résulte, qui serait d'après l'auteur le vrai foyer de ce mouvement, né d'un ras-le-bol profond et d'un ressenti ne répondant plus à la raison et donc, devenu incontrôlable au fil des semaines dans les rangs des gilets jaunes, manifestants ou sympathisants.

 

Dans un style direct, sans fioriture, sans grand blabla philosophique incompréhensible, et toujours percutant, l'auteur nous donne ici un essai accessible à tous, tout en proposant une analyse dramatiquement objective et réaliste de la situation. S'il commence par exposer clairement son opposition politique, il poursuit en nous démontrant que ce qu'il veut surtout au plus profond de lui-même, c'est que cessent ces injustices sociales et morales qui aggravent la précarité de milliers de foyers français. 

 

Voilà pour la lecture de ce livre, c'est mon hommage du jour à tous les travailleurs, à mes ancêtres, à mon père...à ceux qui se sont battus pendant des années pour acquérir des droits sociaux que nous sommes en train de perdre...les uns après les autres.

C'est un hommage à ceux qui ont des rêves pour leurs enfants et ne peuvent pas les réaliser et qui voudraient leur offrir un avenir meilleur que le leur, ce que nos parents à nous, ont aussi voulu réaliser, et qui eux, y sont pour la plupart parvenus, parce que l'ascenseur social à cette époque-là fonctionnait, bien qu'une certaine forme de mépris était déjà bien présente, y compris chez certains enseignants. Une de mes maîtresses ne disait-elle pas de moi, alors que j'étais toujours première en classe et scolarisée dans une école de centre ville où, par le pur hasard, se trouvaient scolarisés surtout des enfants de petits bourgeois :

"Elle travaille bien cette petite, pour une fille d'ouvrier" ! C'est une phrase que je n'oublierai jamais et j'aurais bien voulu ne jamais entendre la fin qui donnait à ce "compliment" comme un air de regret...

 

Demandons-nous pourquoi, l'ascenseur social ne fonctionne plus ou presque plus aujourd'hui, et demandons-nous aussi, en ce jour férié du 1er mai 2019, obtenu grâce aux luttes passées, dans quel monde nous voulons vivre demain et lequel nous voulons pour nos enfants et petits-enfants.

 

Bon 1er mai à TOUS !

Bon 1er mai à TOUS !

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 07:15
Gallimard Folio, 2015

Gallimard Folio, 2015

Si tu as besoin de neige au printemps, ouvre un livre. Si tu as besoin de printemps au printemps, ouvre la fenêtre.

 

C'était en juin dernier déjà, rappelez-vous...juste quelques jours avant l'été qu'une merveilleuse aminaute m'avait fait une surprise énorme en m'offrant ce petit livre. Vous trouverez tous les détails racontés sur ce blog ICI.

Comme vous le devinez, j'ai pris tout mon temps pour le savourer et vous en parler.

 

La quatrième de couverture nous dit...

"Peut-on voyager à dos de baleine ?

Quel est le meilleur remède contre l'insomnie : la lecture parcours ou la lecture par coeur ?

Est-il possible qu'un rossignol de trois mètres de long offre un peu de lecture à notre oreille ?

Que retenir de notre passage dans une «biblioville» ?

Et que vient faire "L'Homme au casque d'or" de Rembrandt dans ce "Petit éloge de la lecture" ? 

De nos pieds jusqu'au ciel étoilé, tout est lecture. Pef nous entraîne dans un voyage sans autre destination que celle du plaisir de lire."

 

Comme vous le voyez, c'est tout un programme ! 

 

D'abord je voudrais préciser que ce petit essai sur la lecture n'est pas du tout un livre pour enfant (ou même ado) comme certaines personnes le présument mais un livre pour adulte et en particulier pour les adultes qui ont su garder leur âme d'enfant...

Rien ne vous empêche par contre d'en faire lire quelques  extraits choisis à votre ado ou bien d'en lire des passages aux plus jeunes. A vous de les sélectionner ! 

 

De plus, je tiens à préciser aussi, que ce n'est pas un essai pour vous convaincre de lire (bien que...) mais un essai qui vous en apprendra beaucoup sur l'auteur et ses rencontres littéraires, mais aussi sur vous-même et sur votre propre rencontre avec les livres et la lecture.

 

Ce que je vous promets, c'est qu'il vous fera rire, sourire ou rêver, qu'il  vous étonnera ou vous obligera à relire plusieurs fois la même phrase, en vous demandant si vous êtes brusquement devenus idiot(e)s _vu la chaleur de l'été cela pourrait arriver_ ou si c'est l'auteur qui vous embarque dans un ailleurs que vous ne maîtrisez plus...et qui vous oblige ainsi à lâcher prise et à vous laisser (em)porter.

 

Truffées d'anecdotes truculentes, il vous fera  surtout voyager avec quelques haltes par-ci par-là, de la poésie aux grand classiques, en passant par des auteurs jeunesse ou adulte, connus ou moins connus...Antonin Artaud, Jules Verne, Jérôme K. Jérôme, James Oliver Curwood, Charles Baudelaire, Umberto Eco, Franz Kafka se côtoient dans ces pages... ce qui ne manquera pas de vous donner envie de les noter_sur une très grande feuille de papier_ pour les (re)découvrir plus tard !

 

Le Pef que l'on connaît en lecture jeunesse, plein d'humour et de poésie, ressort au fil des pages, souvent au détour d'une phrase.

 

Rien à lire. Pas de graffito gribouillé par quelques traces de vie. Pas la moindre arabesque dessinée par un doigt ni d'hiéroglyphe à déchiffrer.
Rien. Les seuls mot en ma possession sont ceux écrits au dos de mon billet panoramique : le règlement des chemins de fer canadiens. Texte son signé, imprimé à des millions d'exemplaires, d'un prix variable, que personne d'autre que moi ne peut se vanter d'avoir lu dans son intégralité...
(...)
"Pour votre fortin, si vous n'avez pas de bille valable, nous vous conseillons de gueuler aux points d'habits. A bord votre régularisation peut tuer".

Content d'avoir tondu le règlement, décapité, amputé et détourné les mots extraits d'un pensum juridique...

 

On croise aussi sur sa route, les lectures qu'il a aimées mais pas que...car il ne nous parle pas uniquement de livres, il nous parle de lecture en général, de lecture vivante car intégrée dans notre vie de tous les jours, ce qui correspond exactement à ce que j'ai essayé de mettre en place avec tous les jeunes (et moins jeunes) que j'ai pu côtoyer dans mon métier.

 

Pef nous parle par exemple de "l'homme au casque d'or", une oeuvre bien connue de Rembrandt qu'il aime particulièrement à tel point qu'il a l'impression qu'elle lui appartient et a été peinte pour lui. 

 

L'homme peint par Rembrandt avait raison. Alexandrins ou pas, la lecture mène à l'amour.

 

Que ceux qui n'ont jamais pensé que tel poème, tel tableau ou tel roman avait été écrit uniquement pour eux, se lèvent ! 

 

Nous retrouvons aussi des lectures de notre enfance ou de notre adolescence et il nous donne envie de les relire car nous en avons oublié les détails, tant elles sont restées enfouies depuis tout ce temps en nous. 

Il nous invite à penser aux livres voyageurs que nous avons prêtés et qui ne sont jamais revenus et nous manquent parfois à présent.

 

Il sera là, ce livre qui ouvre la saison vacancière. Son titre : "Voyage à dos de baleine". En mon jeune âge, je me fiche bien de savoir qui en est l'auteur et, qui plus est, l'éditeur. Je le saisis et le feuillette boulimiquement. Les gravures qui l'illustrent sont autant d'incitations à la lecture. Elles surgissent en signe comblé de reconnaissance. Je n'ai encore aucune notion du nom de Jules Verne, de son univers de tour du monde ou de course à la Lune...

 

Mais il nous invite aussi à penser à d'autres modes de lecture...le ciel est un bel exemple pour qui sait prendre le temps de l'observer mais aussi les vieilles cartes postales comme celles que je viens de trouver dans une vieille boîte à chaussures au fin fond d'un des placards de ma mère...

Tout, absolument tout ce qui nous entoure, est propice à la lecture.

 

 

 

Marcher pieds nus. Sentir l'écorce terrestre. Lui laisser la chance de m'accorder par la caresse inépuisable des promenades une possible mais improbable réciproque. Les orteils en deux groupes de cinq éclaireurs, le premier précédant l'autre de peu, vite relayé par le second, font la course pas à pas, battant l'herbe rase devenue pampa, évitant de peu le marécage d'une flaque, la poussière, le sable ou les brûlures du goudron estival.
(...)
Fouler le sol a toujours été pour moi un jeu de parcours cartographié, la recherche de signes appropriés à une autre lecture, celle du paysage.

 

J'avais commencé à dresser la liste de toutes ces oeuvres lues durant ma jeunesse, ainsi que celles dont il nous propose la découverte lorsque je me suis aperçue qu'à la fin du livre, il y avait non seulement la liste des auteurs par ordre de leur apparition, mais aussi la liste complète des oeuvres citées ! 

 

C'est ainsi que j'ai découvert que dans sa grande bonté, Pef nous donnait en page 136, le conseil d'utilisation de son livre suivant ...

Prenez en main ce petit livre. Courbez-le comme un arbre sous le vent imaginaire né de votre pouce. Ventilées, ses pages prennent le grand galop. Votre œil abusé ne peut retenir le cheminement des mots mués en un nuage strié, dilués dans le blanc du papier et le noir des lettres. Le gris vous grise mais, au moindre arrêt, la lecture s'impose avec conviction et renaît la lenteur paisible d'un trésor à partager.

 

Moi-même je me permets aussi de vous donner un conseil : Ne lisez pas ce livre d'une traite, mais de manière discontinue et en papillonnant d'un chapitre à l'autre. Le ton est soutenu et les propos d'une telle densité qu'il ne peut se prêter aisément à une lecture continue : vous ne manqueriez pas d'y rechercher un fil directeur et comme dans un labyrinthe, vous vous y perdriez tout en vous éloignant des intentions de l'auteur...

 

C'est donc une lecture qui nous renvoie vers nos propres expériences de lecture et de lecteur et nous invite à nous y enfouir, mais aussi nous y perdre, comme on se perdrait dans nos souvenirs, pour mieux y porter un regard empli de poésie et de couleurs comme Pef le fait lui-même pour les siennes...histoire de ne pas oublier notre regard d'enfant. 

La lecture est eau, elle file entre les doigts de la mémoire...

 

Qui est Pef ?

 

Pierre Elie Ferrier, dit Pef, est né le 20 mai 1939. Il passe son enfance sous la bienveillance de sa mère, maîtresse d'école. Il a pratiqué les métiers les plus variés : journaliste, essayeur de voitures de course ou responsable de la vente de parfums pour dames.

À trente-huit ans et deux enfants, il dédie son premier livre, "Moi, ma grand-mère", à la sienne, qui se demande si son petit-fils sera sérieux un jour. En 1980, il invente le personnage du prince de Motordu.

Lorsqu'il veut raconter ses histoires, Pef utilise deux plumes : l'une écrit et l'autre dessine. La première dérape à la moindre occasion et la seconde la suit les yeux fermés. Sa femme Geneviève met en couleurs la plupart de ses livres.

Chaque matin du 36 du mois, c'est-à-dire tous les deux ou trois jours de son propre calendrier, Pef court sur les chemins de sa campagne, discute avec les alouettes et les crottes de lapin. Ses meilleurs amis sont le vent, les nuages et trois petites étoiles qu'il est le seul à connaître.

Pef a déjà signé plus de 150 ouvrages, graves, drôles, tendres ou désopilants...

"La belle lisse poire du prince de Motordu", publié en 1980, est son plus beau succès, vendu à plus d'un million d'exemplaires. Une fabuleuse reconnaissance qui l'amène à collaborer régulièrement avec des institutrices et des orthophonistes, à sa plus grande joie!

«Le prince de Motordu sera présent surtout par sa façon de parler. Il a inventé une langue, aux enfants de se l'approprier».

 

Pef a obtenu pour l'ensemble de son œuvre :

- le grand prix spécial Sorcières,

- le prix Humour Loisirs-Jeunes,

- le prix d'illustration de la ville de Bari (Italie).

 

(source : site Gallimard)

 

 

Pef à "La grande librairie", un phénomène à revoir si vous l'avez raté !

J'ai une chance : je dessine. Cela me donne une grande capacité à "photographier" les mots. Je vois tout de suite le parti que je peux en tirer. Parler en jeux de mots, c'est une gymnastique… pas une déficience mentale, hein!

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Pef, interview dans "Ouest France"

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 11:07

Voici la petite histoire de l'œuvre littéraire écrite par Marcel Pagnol.

Pour chaque oeuvre (sauf le théâtre qui fera l'objet d'un article séparé), vous trouverez  un bref résumé et parfois quelques anecdotes.

 

  

 

Marcel Pagnol, romancier et nouvelliste...

 

- "Le mariage de Peluque" appelé maintenant "Pirouettes"  a été écrit sous forme d'épisodes, pour la revue FORTUNIO en 1920.

Il s'agissait de "combler les trous" de la revue en allongeant plus ou moins l'histoire. Je rappelle que FORTUNIO est la revue créée par Pagnol et ses copains, tous étudiants.

"Pirouettes" a été ensuite publié par les Éditions Fasquelle en 1932  par Eugène Fasquelle, un grand ami de Pagnol.

Marcel Pagnol aurait renoncé à transformer le texte, comme il en avait l'intention au départ, ce qui explique qu'il ait gardé toute sa fraîcheur.

 

Dans cette nouvelle, l'action se situe en plein Marseille dans le quartier de la Plaine.

Jacques Panier, le narrateur encore lycéen, qui nous conte cette histoire, et qui ressemble étrangement à Marcel Pagnol, a pour ami un philosophe farfelu,  Louis-Irénée Peluque.

Celui-ci court, d'amourette en amourette : il se fiance à Lucie, car il croit son père très riche tout en continuant à courtiser la petite couturière, Pomponette.

Ces amis le poussent à rompre, il ne veut pas.

Mais, finalement c'est avec une troisième conquête au sourire enjoleur que les folles aventures amoureuses de Peluque se termineront... non sans scandale.

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'histoire et le contexte local, rendez-vous sur la page du site mon-marseille.

 

 

- "La Petite fille aux yeux sombres" a été d'abord publié en épisodes dans Fortunio en 1921, puis par Julliard en 1984.

 

On y retrouve des personnages du  "Mariage de Peluque" dont Peluque, le philosophe farfelu et ses amis Jacques Panier (Marcel Pagnol) et Félix-Antoine Grasse. 

 

Ils habitent toujours à Marseille, la plus belle cité du monde !

Chacun à son tour raconte l'histoire...

 

Peluque est devenu gardien au jardin zoologique. Félix est le  poète et philosophe du groupe.  Quant à Jacques, il a trouvé un travail chez un éditeur.

La nouvelle nous raconte les premiers amours de Jacques.

Ses deux amis s'interrogent : "L'amour est-il un piège que nous tend le génie de l'Espèce, aux seules fins de se perpétuer ?"

Jacques est d'accord avec eux et a juré qu'il ne s'en laisserait pas conter...

Mais un jour, il rencontre une petite fille aux yeux sombres, discrète et timide qui passe tous les jours à la même heure devant lui, alors qu'il fume sa pipe tout en philosophant tranquillement, assis sur un banc de la Plaine...

 

Marcel Pagnol en littérature...

 

 

Puis Marcel Pagnol commence  à écrire ses "Souvenirs d'Enfance" en 1956 à La Treille, lieu proprice à cette écriture. Ses proches l'encouragent.
Les premiers chapitres sont publiés dans le magazine Elle.

 

En fait Jean-Louis Chiabrando dans son livre intitulé "Ces acteurs qui ont fait Pagnol" raconte l'anecdote suivante : (p.28)

"Alors que Pagnol dînait avec son ami Pierre Lazareff et sa femme qui dirigeait le magazine "Elle", celle-ci lui fit remarquer qu'il n'avait jamais écrit pour son journal. Pagnol lui répond qu'il ne saurait pas...écrire pour les femmes. Elle insiste. Il dit qu'il verra et oublie après le dîner sa promesse.Mais elle est tenace et elle n'a pas oublié..."

Bon ben je vais pas tout vous raconter le mieux est que vous lisiez ce livre !

C'est ainsi que Pagnol se mit à écrire ses souvenirs d'enfance.

 

 

 

 

- "La Gloire de mon Père"  / Souvenirs d'Enfance, Tome I (1957)

 

"Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des chevriers".

C'est ainsi que commence l'autobiographie de Pagnol.

 

Marcel, petit Marseillais du siècle dernier nous raconte son enfance : l'école,  la vie de famille, les premières vacances, la découverte des collines à La Treille et la première chasse à la bartavelle avec son père...

 

On y découvre Joseph, le père instituteur, au caractère bien trempé ; Augustine, la maman couturière effacée et de santé fragile ; l'oncle Jules et la tante Rose, le petit frère Paul...et les senteurs de la Provence.

 

Indescriptible !


 

- "Le Château de ma Mère" / Souvenirs d'Enfance, Tome II  (1958)

 

Le père a loué "la Bastide Neuve" mais le trajet pour s'y rendre est long et fatiguant pour Augustine et toute la famille.

Un matin de vacances, Marcel rencontre Lili des Bellons. Une grande amitié naît entre eux. Toutes leurs vacances seront désormais différentes...

Avec lui il apprend à connaître la nature et découvre un monde qu'en tant que "petit marseillais", il ne pouvait pas connaître.

 

Le petit Lili est un personnage extraordinaire qui va transformer Marcel...


""Hé ! l'ami ! "
 Je vis un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. "Il ne faut pas toucher les pièges des autres. dit-il. Un piège, c'est sacré ! - Je n'allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l'oiseau.
 II s'approcha : c 'était un petit paysan. Il était, brun, avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille."

 

C'est dans ce roman que Pagnol raconte la terrible scène où, ayant pris un raccourci, la famille se retrouve face au gardien du château...(Il s'agit du château de la Buzine).

 

 

Marcel Pagnol en littérature...

 

- "Le Temps des Secrets" / Souvenirs d'Enfance, Tome III (1960)


Ce tome commence par le récit des grandes vacances, durant lesquelles le jeune Marcel sort de l'innocence de la petite enfance, pour découvrir l'amour et les premières inquiétudes et trahisons. Puis c'est la rentrée en sixième et la découverte d'un nouveau monde "loin" de sa famille.

 

Marcel approche de l'adolescence. Il va bientôt entrer en sixième. Mais c'est d'abord les vacances à La Treille...

Lili doit travailler aux champs avec son père, et Marcel s'ennuie.

Lorsqu'il rencontre Isabelle, la fille du poète Loïs de Montmajour, il découvre l'amour !

Du coup, il laisse complètement tomber Lili.

Mais Isabelle le mène par le bout du nez et le ridiculise en public.

Puis c'est la rentrée 1905 et le lycée Thiers qui l'attend mais aussi de nouvelles amitiés.

 

Extraits :

 

« Isabelle ne connaissait pas le petit garçon que j'étais dans ma famille. Et le personnage que je jouais avec elle, je ne pouvais pas le montrer aux miens qui ne l'auraient pas reconnu. »

 

« La reine, naturellement, c'était elle, et le chevalier, c'était moi. Nous commençâmes par la fabrication de nos costumes, car comme toutes les filles, elle adorait se guignoliser. »

Marcel Pagnol en littérature...

 

 

- "Jean de Florette" / L'Eau des Collines Tome I (1962)

 

 

Au village des Bastides Blanches, on hait ceux de Crespin. C'est pourquoi lorsque Jean Cadoret, le Bossu, s'installe à la ferme, des Romarins, on ne lui parle pas de la source cachée.

Ce qui facilite les manoeuvres des Soubeyran, le Papet et son neveu Ugolin, qui veulent lui racheter son domaine à bas prix...

 

Les dialogues sont savoureux et les personnages à la fois drôles et terrifiants.


"Tu comprends, s'ils avaient bu l'eau de la citerne, c'est sûr qu'ils seraient morts tous les trois, et moi ça m'aurait embêté. D'avoir bouché la source, c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. Mais si, à cause de ça, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions."

 

 

 

- "Manon des Sources" / L'Eau des Collines Tome II (1963)

 

Après la mort du Bossu, et la vente des Romarins, Manon et sa mère s'installent dans la grotte de Baptistine. Quelques années plus tard, Manon trouve l'occasion de se venger...


"Le murmure était plus fort ; c'était une chanson tintante et cristalline...
Elle s'arrêta, éleva la petite flamme au-dessus de sa tête, et vit sur le sol danser une étoile : comme elle se penchait, un visage monta vers elle, et c 'était le sien".

 

 

 

- "Le Temps des Amours" / Souvenirs d'Enfance Tome IV (1977) Publication posthume.

 

La suite des souvenirs d'enfance et d'adolescence. Les amours mais aussi les amitiés et la vie au lycée...

 

"Quand je revois la longue série de personnages que j'ai joués dans ma vie, je me demande parfois qui je suis. J'étais, avec ma mère, un petit garçon dévoué, obéissant, et pourtant audacieux, et pourtant faible ; avec Clémentine, j'avais été un spectateur toujours étonné, mais doué d'une incomparable (je veux dire incomparable à la sienne) force physique ; avec Isabelle, j'avais couru à quatre pattes, puis je m'étais enfui, écœuré... Au lycée, enfin, j'étais un organisateur, un chef astucieux, et je n'avais qu'une envie, c'était de ne pas laisser entrer les miens dans le royaume que je venais de découvrir, et où je craignais qu'ils ne fussent pas à leur place."

 

 

 

Puis Marcel Pagnol  a publié  deux recueils de nouvelles.

 

- "L'Infâme Truc" paru en 1922.

 

Quelques malheureux élèves, qui n'ont personne chez qui passer les fêtes, passent la nuit de Noël dans le grand lycée où ils sont pensionnaires.

Il leur arrive le pire qu'ils puissent imaginer : ils sont surveillés par "l’infâme Truc", un méchant répétiteur borgne, à la grosse barbe noire et au visage balafré.

Mais la nuit de Noël n'est-elle pas celle de tous les miracles ?

 

Cette nouvelle a été reprise au cinéma par Marcel Pagnol en 1935,  sous le titre de ‘’Merlusse’’.

 

- "L'Infâme Truc et autres nouvelles", a été publié à titre posthume par Julliard, en 1984.

Marcel Pagnol en littérature...

 

- "Les Sermons de Marcel Pagnol", rassemblés par le R.P Norbert Calmels, Abbé Général des Prémontrés . Robert Morel, 1968.

 

Les sermons de Pagnol sont tout simplement extraits de ses films ou de ses oeuvres théâtrales.

Ils sont présentés dans le recueil par ordre de leur parution en librairie...

 

 « J’ai mis un sermon dans la plupart de mes films ou pièces, parce que, de mon temps, dans les villages et même les villes, il y avait deux personnages importants : le curé étant l’instituteur religieux, et l’instituteur, le curé laïque. C’est de leur confrontation que naissait l’esprit du village…J’ai écrit mes sermons en écoutant les curés de mon village et en lisant les sermons de Masaillon et de Bossuet. »

 

Marcel PAGNOL est interviewé le 12 novembre 1965 à propos de son livre. Attendre quelques secondes que la pub, que je ne peut pas supprimer,,se termine !!

Marcel Pagnol, traducteur...

 

- La première traduction de Pagnol a été "Hamlet". Sa version a été ensuite jouée au théâtre en 1955 par Serge Reggiani et Dominique Blanchar.

Elle a été publiée chez NAGEL en 1947 et est introuvable aujourd'hui.

 

- "Les Bucoliques" (1958)

C'est la traduction de l'oeuvre de Virgile du même nom.

 

À défaut d'encombrants bagages, Pagnol emportait avec lui lors de ses voyages, une édition des Bucoliques. Avant d'écrire un scénario, il se plongeait alors dans cette lecture et passait du temps à la traduire.

Il ne pensait pas que cette traduction intéresserait des lecteurs...et, encouragé par ses amis (encore une fois !), il accepta de publier sa traduction en 1958.

 

Dans cette édition, Pagnol nous livre de nombreux commentaires et une préface dans laquelle il rend hommage à son frère Paul, le dernier berger-chevrier.

"J'ai travaillé à ce petit ouvrage pendant une trentaine d'années, pour mon plaisir et mon profit : je n'avais pas l'intention de le publier, car je pensais que Virgile et ses bergers n'intéressaient plus personne."

 

 

- "Le Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare a été traduit par Pagnol et créé en 1947, au Grand Théâtre de Monaco.

C'est Jacqueline Pagnol qui y joue le rôle d'Hermia, aux côtés de Robert Gaillard et de Madeleine Sylvain.

La traduction a été publiée dans les Œuvres complètes du Club de l'Honnête Homme, en 1970.

 

 

Marcel Pagnol, historien...

 

- "Le Masque de Fer" (1965) Essai historique repris et complété en 1973 sous le titre "Le Secret du Masque de fer".

 

L'histoire du prisonnier masqué met en scène de multiples personnages : Louis XIV, Louvois, Charles II, Saint-Mars, Fouquet, Lauzun, l'affreux Nallot, La Rivière, le silencieux major Rosarges, Antoine Rû, le porte-clefs provençal, et le méthodique du Junca, dont l'orthographe est un régal, et qui aurait écrit des lettres à Madame de Sévigné !

Tous ces personnages originaux entourent un homme masqué de haute taille qui se tait et dont on ne verra jamais le visage...

Marcel Pagnol en littérature...

Marcel Pagnol, essayiste...

 

- "Pagnol Inédit" (1986)  Publication posthume de textes inédits, écrits entre 1940 et 1960  rassemblés par Jacqueline et Frédéric Pagnol.

 

Pagnol était très curieux et s'intéressait à des sujets variés.

 

Ce recueil contient des réflexions sur la société, la Physique, l'Astrologie, la Géologie et les radiations, les Mathématiques, Notes sur les puissances et le dernier théorème de Fermat, projet de machine à vapeur...

 

 

Marcel Pagnol en littérature...

Pour les autres essais,  je vous renvoie sur le site officiel de Marcel Pagnol. qui contient une mine d'information qu'il est inutile de reproduire ici. Vous y trouverez le titre de nombreux essais, discours, textes, publiés dans des revues ou autres supports...

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 11:54
Ces acteurs qui ont fait Pagnol / Jean-Louis Chiabrando

Cet essai sur Marcel Pagnol et les acteurs qui ont joué dans ses films a été publié par "Les éditions AU VERSO" en 2013.

 

 

Qui est Jean-Louis Chiabrando ?

 

Jean-Louis Chiabrando vit en Provence à La Roque d'Anthéron. Il a 64 ans et il est né à Marseille. Actuellement retraité, il est déjà l'auteur d'un roman "Pugno" paru en 2012.

Très tôt, il voue une admiration sans borne à Marcel Pagnol car, enfant, il regarde ses films avec ses parents.

Pendant trois ans, il a fait des recherches poussées sur Pagnol et sur les acteurs qui ont joué dans ses films. Il a rassemblé de nombreuses anecdotes dont certaines étaient bien gardées !

Ce livre, très bien documenté, est le résultat des rencontres de l'auteur et de son précieux travail de recherche.

 

Il commence par ces mots :

 

"C'était au siècle dernier, au précédent millénaire. C'est une époque dont on parle avec une certaine nostalgie..."

 

 

**********************************

 

Il y a les acteurs qui sont entièrement la création propre de Pagnol, ceux qui n'ont pas voulu travailler avec lui, ceux qui ont vu leur carrière s'envoler grâce à lui, et enfin, ceux qui l'ont énormément influencé.

Hé oui, on peut être un metteur en scène de génie,  une "légende du cinéma français" et tenir compte des conseils de ses amis !

En effet, Marcel Pagnol a souvent modifié ses créations, contraint par son amitié pour certaines personnes (comme Raimu par exemple). L'amitié et même au delà, la "fraternité", que Pagnol savait cultiver avec ceux qui tournaient ses films était immense.

 

"Marius" aurait-il eu autant de succès sans le Grand "Raimu" ? Pourquoi "Fernandel" a-t-il si peu joué dans les films de Pagnol ? Quel destin attend "Charpin" après avoir joué le rôle de "Panisse" ? Comment un ferblantier marseillais a-t-il pu joué un premier rôle ? Comment un simple marchand de chaussures est-il devenu un des plus grands seconds rôles français ?

 

Vous trouverez les réponses à ces questions et bien d'autres encore dans ce livre très prenant et qui se lit comme un roman...

 

"Ce n'est pas un livre sur Pagnol mais un livre sur l'amitié" dit l'auteur et c'est vrai, le lecteur a l'impression que Jean-Louis Chiabrando nous parle d'un ami...

 

**********************************

 

Je l'avoue, j'avais oublié le nom de certains de ces acteurs.

Pourtant je connaissais leur visage puisque, enfant lorsqu'il y avait un film de Pagnol à la télé, toute la famille était en place pour ne pas rater le début !

Je les ai regardé aussi ces classiques avec mes propres enfants, bien que la jeune génération soit moins sensible à ce style de films.

Et je compte bien transmettre ce patrimoine à mes petits-enfants !

 

Dans ce livre, le lecteur se rapproche de Pagnol, et les nombreuses anecdotes qui étayent le récit, y sont pour beaucoup.

Pagnol était un homme très humain et le tournage d'un film ne l'a jamais empêché de faire une partie de boule avec ses amis, de dire un mot gentil aux habitants des villages "réquisitionnés" pour le tournage, ou [d'apporter des sucreries aux enfants]...

 

N'hésitez pas à rencontrer l'auteur lors de la présentation de son livre. Sa vivacité et sa bonne humeur sauront vous séduire.

Il saura vous surprendre : il aura toujours une anecdote à vous raconter que vous ne connaissiez pas... car c'est un conteur hors pair "avec l'accent", le mien, dont je suis fière :)

 

" Nous ne savions pas avant Pagnol et ses souvenirs d'enfance que nous habitions une terre que le monde entier nous envierait un jour. Pour nous, les chemins qui serpentaient dans la garrigue servaient surtout à nous filer des coups de soleil et nous "graffigner" les mollets..."

 

Vous trouverez ICI la liste des rencontres prévues en 2015. Il y en a bien d'autres au programme car, comme tout les marseillais, l'auteur aime bien parler !

 

" Parler, pour un vrai marseillais, n'est jamais une contrainte et c'est quand nous avons une angine, ce qui limite notre capacité de diction, que nous sommes vraiment malades"...

 

Ce livre est illustré par les dessins très réalistes du dessinateur "Lorenzo del Pico".

Vous trouverez en complément, à la fin du livre la filmographie complète des acteurs...

 

**********************************

 

 

Pour vous mettre dans l'ambiance de ses "conférences" voici un interview de Jean-Louis Chiabrando sur Maritima.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 11:10

 

Dans son émisssion hebdomadaire, "la Grande Librairie", diffusée tous les jeudis soir sur France 5 depuis 2008, François Busnel, directeur du magazine "Lire" et éditorialiste à "L'express" sait proposer à ses auditeurs, en direct, un panorama de l'actualité littéraire du moment.

Son objectif...donner aux spectateurs du plaisir : plaisir de lire, de découvrir, d'écouter des extraits, de connaître de nouveaux auteurs français ou étrangers ou de rencontrer ceux qu'on a déjà lu....

Vous avez raté une émission...Tant pis pour vous !

Non je plaisante ! Les émissions sont disponibles sur culture box ICI.

 

Jeudi dernier le 11 décembre, François Busnel s'est entouré d'auteurs variés pour donner le résultat de son sondage : "Quel livre a changé votre vie ? ", un sondage lancé à l'occasion des 20 ans de France 5.

 

Il y avait sur le plateau des écrivains comme Boris Cyrulnik, Amélie Nothomb, Jean d'Ormesson, Erik Orsenna, Jean Teulé et Marie-Hélène Lafon.

Des acteurs connus, comme Catherine Frot, François Cluzet, Dominique Blanc et Robin Renucci sont venus lire des extraits, choisis parmi les témoignages envoyés à l'émission par les lecteurs.

Et puis il y avait Grand Corps Malade qui nous a fait preuve, à nouveau, de son immense talent.

 

Enfin, d'après les sondages, il y avait 900 000 téléspectateurs réunis devant leur télé !

 

Extrait de l'éditorial de François Busnel (Edito complet ICI)

 

"On lit parce que la vie ne suffit pas, et parce qu’un livre a l’incroyable pouvoir de créer un déphasage, un abîme, entre notre vie vécue et celle que nous sommes capables d’imaginer ou de vivre quand nous lisons. C’est de ce déphasage, de cet abîme, que jaillissent ces choses essentielles qui nous rendent libres et véritablement nous-mêmes (...)

Oui, les livres, la littérature et la lecture peuvent cela : faire exister notre liberté, nous permettre d’échapper à la routine, qui donne sens à ce qui n’en a pas. La lecture console, questionne ou inquiète, parfois, mais elle peut aussi renforcer ou faire naître en nous le désir de vivre différemment. Tout dépend du livre… Certains livres peuvent changer notre vie."
 

 

Voici le TOP 20 des livres qui ont changé votre vie

 

1 –  Le petit prince – Antoine de Saint-Exupéry

2 –  L’étranger – Albert Camus

3 –  Voyage au bout de la Nuit – Louis-Ferdinand Céline

4 –  L’écume des jours  – Boris Vian

5 –  A la recherche du temps perdu – Marcel Proust

6  – Le Grand Meaulnes – Alain Fournier


7  – L’alchimiste – Paulo Coelho

8 – Belle du seigneur – Albert Cohen

9 – Cent ans de solitude – Gabriel García Márquez

10 – Les Fleurs du Mal  – Charles Baudelaire

11 – La Peste – Albert Camus

12 – Harry Potter – J. K. Rowling

13 –
1984 – George Orwell

14 –
Le monde selon Garp – John Irving

15  –
Crime et Châtiment – Fiodor Dostoïevski

16  –
Le seigneur des Anneaux – J.R.R. Tolkien

17  –
Le Parfum – Patrick Süskind

18  –
Le journal d’Anne Frank – Anne Frank

19  –
Madame Bovary – Gustave Flaubert

20 –
Les Misérables – Victor Hugo
 

Et, comme vous le voyez... UNE SEULE AUTEUR FEMME (J. K. Rowling), en plus d'Anne Frank !!

Je m'aperçois que je les ai tous lu depuis mon adolescence...mais qu'aucun ne fait l'objet d'un article sur ce blog alors qu'ils mériteraient tous d'y trouver leur place.

 

ICI vous pourrez lire les réponses de quelques écrivains comme Amélie Nothomb, Matthieu Ricard, Annie Ernaux...

 

Bref c'était une émissison passionnante...MAIS  !

 

Elle aurait pu se prolonger au delà de la nuit tant il y avait de débats sous-jacents qui n'ont pas été abordés ou à peine effleurés et qui me sont chers, comme par exemple, le déclenchement de l'envie de lire à l'adolescence, le lien entre lecture et cinéma si important pour les ados d'aujourd'hui, mais également important à tous âges comme déclencheur...

 

J'ai regretté aussi le peu de commentaires émis sur certains titres...faisant partie d'une littérature plus "populaire" ...mais peut-être que personne ne les avait lus sur le plateau ?

Un bon livre est un livre dont le succès traversera les décennies...Je l'ai toujours pensé mais si un livre répond dans l'immédiat aux besoins particuliers d'un lecteur, s'il s'y reconnaît, si ce livre sait le toucher en profondeur, nous n'avons pas à juger et à mépriser cette lecture dite "populaire" car elle constitue un tremplin vers la connaissance de soi.

 

 

Donc, même si j'adhère parfois à ce que dit Jean d'Ormesson, "le succès en littérature ce n'est pas bon signe", je n'ai jamais oublié dans mon métier que, grâce à ce succès "qui n'est pas bon signe", des milliers de lecteurs lisent encore aujourd'hui régulièrement ce qu'on prédisait qu'ils ne feraient plus il y quelques années en arrière. 

De plus, aujourd'hui, leurs lectures ont évolué et ils lisent des choses différentes car de nombreux partenaires oeuvrent autour d'eux pour la promotion de la lecture.

 

Libraires, bibliothécaires, documentalistes, enseignants, animateurs culturels, bénévoles d'associations diverses comme par exemple "Lire et faire lire" pour ne citer qu'elle, sont les grands oubliés de l'émission...

Il est d'ailleurs intéressant de constater que bon nombre des titres du TOP 20 sont des livres étudiés en classe... Ce serait d'ailleurs intéressant de connaître la suite de la liste !

 

 

Je terminerai par ces deux citations de Daniel Pennac...

 

"Pourtant, si la lecture n'est pas un acte de communication immédiate, elle est, finalement, objet de partage. Mais un partage longuement différé, et farouchement sélectif. Si nous faisions la part des grandes lectures que nous devons à l'École, à la Critique, au camarade de classe, voire même à la famille le résultat serait clair : ce que vous avons lu de plus beau, c'est le plus souvent à un être cher que nous le devons..." Extrait du site "Dicocitations".
 

"Nous lisons parce que nous nous savons seuls. La lecture nous est une compagnie qui ne prend la place d'aucune autre et qu'aucune autre compagnie ne saurait remplacer. Elle ne nous offre aucune explication définitive sur notre destin mais tisse un réseau serré de connivences entre la vie et nous. Infimes et paradoxales connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu'elles éclairent l'absurdité tragique de la vie. En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges et personnelles que nos raisons de vivre." Extrait de Daniel Pennac: "Une leçon d'ignorance"

 

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Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

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