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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 06:02

 

Magda nous demande de parler au mois de juin ce que nous allons faire de notre été...

Comme d'habitude aux heures les plus chaudes, quand je ne peux pas sortir tant la température augmente, je vais lire...une façon comme une autre de respecter la sacro-sainte sieste du sud ! 

Je compte en particulier terminer la série de Camilla Läckerg que je lis dans le désordre depuis déjà pas mal de temps puisque j'ai commencé la série en mai 2015. 

Oui je sais c'est idiot de lire une série dans le désordre mais ça fait travailler la mémoire, je vous l'assure, puisque lorsque je lis un tome je dois obligatoirement me rappeler ce qui se passe après...et ce qui s'est passé avant !

En fait Camilla Läckberg propose dans chacun de ses tomes une nouvelle enquête. Donc pas de problèmes pour suivre...

Mais ce qui est original dans sa série, c'est qu'elle met en scène la même petite ville et la même équipe d'enquêteurs. Du coup, on les suit comme dans une série télé. On entre dans leur vie et, même moi qui ne suis pas particulièrement fan des ragots en tous genres, faits divers et autres événements, je reconnais qu'elle n'a pas son pareil pour nous faire entrer dans la vie de ses personnages en nous faisant voir les faits à travers leurs yeux et leur ressenti. 

 

C'est pour moi un véritable plaisir toujours renouvelé de lire ses romans et une agréable façon de me détendre.

Les premières chaleurs arrivant, j'ai donc déjà commencé à emprunter les romans que je n'avais pas encore lu à la médiathèque et cette semaine j'ai lu "le prédicateur" qui est le tome 2 de la série. 

 

La série "Erica Falck et Patrick Hedström" comprend (pour ceux qui ne connaissent pas les différents romans) :

- La princesse des glaces (2008)

- Le prédicateur (2009) dont je vais vous parler aujourd'hui

- Le tailleur de pierre (2009) 

- L'oiseau de mauvaise augure (2010)

- L'enfant allemand (2011)

- La sirène (2012) 

- Le gardien de phare (2013)

- La faiseuse d'anges (2014) 

- Le dompteur de lions (2016)

Et sans doute bientôt un nouveau sera annoncé, mais quand ?

 

Il ne m'en reste donc que deux à lire en ce début d'été et ensuite je passerai à autre chose, une autre série peut-être ?

 

Actes sud / Actes noirs 2009

Actes sud / Actes noirs 2009

Solveig lui appuya plusieurs fois sur la poitrine avec un doigt si dur qu'il recula à chaque coup. Il avait déjà le dos contre le rebord de la fenêtre et ne pouvait pas s'éloigner davantage. Il était acculé.

 

Dans des rochers proches du village de Fjällbacka (depuis le temps il faut toujours que je vérifie l'orthographe de ce nom-là !), on découvre le corps d'une jeune femme. Mais l'affaire se complique quand les experts trouvent à proximité, les squelettes de deux jeunes filles disparues vingt-quatre ans auparavant...

C'est ainsi que l'équipe de Patrick Hedström, qui est chargée de l'enquête, va se remémorer les événements survenus autour de la famille Hult, une famille coupée en deux depuis que Johannes s'est suicidé suite au témoignage de son propre frère, l'accusant ouvertement d'avoir été vu avec une des victimes.

 

Depuis dans la famille, la haine est au rendez-vous. C'est une famille brisée par les non-dits et entourée de mystère. La jalousie est au rendez-vous et alors qu'une branche de la famille est restée dans la misère suite au drame, l'autre jouit d'une vie plutôt facile et sans problèmes. Mais le mystère plane toujours autour d'eux. 

En effet, tout le monde se rappelle très bien Ephraïm, le grand-père, qui magnétisait les foules accompagné de ses deux adorables petits garçons qui eux aussi avaient le pouvoir de guérison...

La pression monte d'autant plus qu'avec la canicule (on est en été 2003), l'affaire fait fuir les touristes qui désertent la petite ville portuaire.

Mais voilà qu'alors que l'équipe tourne en rond, Jenny, une jeune fille qui campait avec ses parents, disparaît à son tour...

 

L'enfer des premiers jours en primaire n'avait fait que continuer. Les piques, les coups, l'exclusion l'avaient amené à construire un mur autour de lui, solide comme du granit, et bientôt les actes suivirent ses pensées. Toute la colère qu'il avait accumulée derrière le mur se mettait à suinter par de petits trous qui devenaient de plus en plus grands...

 

Ce qui fait la force de cette série ce sont les personnages, et en particulier l'équipe des enquêteurs et leur famille. Je ne vais pas répéter ce que je dis chaque fois que je lis un des tomes. Je ne m'en lasse pas et je suis contente de les retrouver.

 

Dans ce tome, Erica est un peu en dehors du coup car elle est enceinte. L'été 2003 est là, avec sa chaleur, et même sa sensation d'étouffement. Erica ne sait plus comment se mettre pour dormir, ne sait plus comment se rafraîchir. Tout cela rappellera des souvenirs à certaines d'entre nous ! Elle veut comme d'habitude aider Patrick mais lui veut la préserver tout en étant très perturbé par l'enquête et par le manque de sommeil. Il y a quelques exagérations dans le roman, en particulier lorsque des membres éloignés de la famille ou des amis viennent squatter leur maison pour profiter de l'été et de la mer mais bon cela met un peu de légèreté dans le roman qui sinon serait très noir.

Mais à part ce bémol, l'ensemble est plaisant et puis, en lisant les tomes dans le désordre, je sais déjà ce qui va arriver après, alors je ne m'en fais pas ! 

L'intrigue  est solide et on se laisse prendre par le suspense et les rebondissements. Ce que vivent les jeunes filles est un véritable cauchemar...très dur à supporter.

Comme le lecteur doute jusqu'à la fin, c'est vraiment toujours une surprise de découvrir le coupable.

Bon d'accord, je vous l'accorde, je l'avais déjà découvert avant la fin mais je n'en étais pas sûre !  Je vous rappelle que j'ai lu presque toute la série en été alors, tout le monde sait que les méninges sont ralenties par la chaleur et que l'été, on est un peu plus dur à la comprenette...Non ?

Voilà à quoi je vais passer le début de l'été entre deux travaux à la maison et quelques balades ou baignades pour se rafraîchir..

 

Le prédicateur / Camilla Läckberg

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:55
Du Monde Entier / Gallimard, août 2016

Du Monde Entier / Gallimard, août 2016

 

Sebastian von Eschburg est originaire d'une famille aisée qui appartient depuis des générations à l'aristocratie et a donné son nom au village d'Eschburg-le-Château, situé entre Salsbourg et Munich. 

Il habite dans le superbe manoir construit au XVIIIe siècle par ses ancêtres,  où sa mère élève des chevaux.

Personne ne s'occupe réellement de lui : sa mère s'adonne à sa passion et son père travaille, se saoûle ou passe son temps dans son bureau et à ses parties de chasse.

A dix ans, Sebastian est envoyé en pension en Suisse, là où tous ses ancêtres ont fait leurs études secondaires. 

Un été, alors qu'il est venu passer ses vacances chez ses parents, son père se suicide et c'est le jeune Sébastian qui découvre découvre son corps. 

Sebastian s'était assoupi dans le fauteuil. Quand il entendit la détonation, il dévala les escaliers dans la pénombre, traversa en toute hâte le vestibule du rez-de-chaussée, trébucha, se meurtrit le genou, fila sans désemparer le long du couloir qui conduisait au bureau de son père. Il ouvrit brusquement la porte...

"Nous avons encore le temps" lui avait dit son père.

 

Sa mère nie le suicide et lui parle d'un terrible accident.  

Sebastian va s'enfermer dans son imaginaire. Il a depuis l'enfance un don particulier pour percevoir les couleurs...c'est ce qu'on appelle la synesthésie, une perception particulière qui lui fait voir le monde différemment des autres.

 

Sa mère ne va avoir qu'une hâte c'est de vendre la demeure et de refaire sa vie, ce qu'elle fait quand Sebastian atteint ses 16 ans. 

Sebastian qui s'entend mal avec son beau-père va essayer d'oublier son enfance , la mort brutale de son père et le manoir où il adorait vivre, en se plongeant dans l'art.

Il se consacre alors à la photographie et suit une formation chez un photographe célèbre, avant d'ouvrir son propre studio à Berlin.

 

Il travaille beaucoup sur la beauté et photographie de nombreux artistes, mais il montre aussi la solitude des hommes et n'a rien contre un peu de sexe, puisqu'il photographie aussi beaucoup de nus, dont Sofia sa maîtresse, qui semble être la seule à le comprendre. 

Ses photographies sont très originales : elles montrent que vérité et réalité sont deux choses totalement différentes et en sont même effrayantes.

Mais cela plaît et il devient célèbre a seulement 25 ans. 

Tout bascule alors qu'il est au sommet de sa gloire... le jour où Sebastian est accusé d'avoir tué une jeune femme dont on a retrouvé des traces de sang dans sa voiture et qui aurait appelé les secours alors qu'elle se trouvait enfermée dans la malle.

 

Le policer chargé de l'interrogatoire le menace, tandis que le procureur Monika Landau se retrouve au coeur de l'affaire. Malgré les preuves, aucun coprs n'est retrouvé et l'identité de la victime reste inconnue.

Mais Sebastian avoue le crime... 

 

Un interrogatoire est une entreprise bien délicate songeait Landau. Pourquoi le suspect passerait-il aux aveux , s'il réfléchit ne serait-ce qu'un instant, il s'apercevra qu'il n'a rien à y gagner. Un homme n'avoue qu'il a commis un crime que s'il a un bénéfice à en retirer...

 

Konrad Biegler, un célèbre avocat de Berlin accepte de se charger de sa défense, et de prouver l'innocence de son client, alors que lui-même est amoindri par un événement récent : il vient d'être victime d'un sérieux burn-out et se remet avec peine de sa dépression... 

 


"- Je voudrais que vous me défendiez comme si je n'étais pas l'assassin.
- Comme si vous n'étiez pas l'assassin ? Qu'est-ce à dire ? Est-ce que c'est vous, oui ou non ?
-Est-ce si important ?"
C'était une bonne question. Et la première fois qu'un client la lui posait.

 

C'est un roman surprenant à bien des égards.

Est-ce un problème de traduction... j'ai trouvé que la première partie manquait de fluidité.

C'est vrai que de nombreux événements se succèdent, mais l'alternance des rythmes ne facilite pas la lecture. 

La description trop poussée de certains personnages qui ne s'avèreront d'aucune utilité ni pour l'histoire, ni pour l'ambiance, ainsi que certains détails m'ont même ennuyé. 

Il en est de même pour tout ce qui concerne la technique photographique. Certes ces détails peuvent peut-être passionner un photographe, mais n'apportent rien au récit, ni à la résolution de l'affaire. 

 

Ce qui est intéressant par contre, c'est la manière dont le personnage se plonge dans sa passion (la photographie) pour essayer d'échapper à la réalité du monde qui l'entoure. L'art est un refuge, la photographie lui permet de mettre une distance entre lui et le monde qui le fait souffrir, mais ne va pas suffire à le rendre heureux.

Le roman s'ouvre d'ailleurs sur une brève introduction mettant en scène Louis Daguerre, l'inventeur de la photographie, l'auteur montrant par là son intention de porter aussi une reflexion sur l'image, certes, mais surtout sur le regard du photographe. 

 

Le suspense démarre réellement au niveau de la seconde partie lorsque  le crime est révélé et le héros accusé. A partir de là, le lecteur veut connaître la vérité et n'aura de cesse de suivre les pérégrinations et les réflexions de l'avocat qui cherche à comprendre.

Est-ce vraiment la jeune demi-soeur de Sebastian qui a été assassinée ? 

 

Mais là encore j'ai été déçue : l'avocat est un personnage sans aucune profondeur et le lecteur est même étonné qu'il réussisse à résoudre une telle énigme et à prouver l'innocence de son client. Là encore beaucoup de problèmes surgissent lors de la lecture...

L'histoire de la torture arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle aussi n'est pas crédible dans la mesure où le policier n'était pas seul lors de l'interrogatoire. Comment le procureur a-t-il pu tolérer de telles menaces ? Ce fait est plus que surprenant !

Le fait que l'accusé ait semé un certain nombre d'indices sur sa route, avant son accusation, n'est absolument pas crédible non plus !

Mais le lecteur, en bon public, est prêt à oublier ce détail...ce qui lui permet même d'être surpris quand il découvre toute la vérité sur l'affaire.

Certains personnages sont totalement imaginaires alors que nous avons cru à leur existence et vice versa. 

C'est à la fois amusant et déconcertant car cela nous interpelle sur la notion de vérité, de culpabilité, mais aussi de crime et sur notre propre façon d'anticiper les événements et de les imaginer.

Car vérité et réalité sont forcément différents...

C'est ce que l'auteur a voulu nous montrer comme le ferait le regard porté par le photographe sur le monde.

 

Malgré le manque de fluidité de la première partie (122 pages / 224 ) qui empêche finalement le lecteur d'éprouver une quelconque empathie avec le héros, malgré le manque de crédibilité de l'histoire, j'ai finalement eu du plaisir à lire la seconde moitié du roman.

Pour moi ce n'est absolument pas un roman policier, car il n'y a pas véritablement d'enquête. L'avocat doit résoudre des énigmes dans une sorte de jeux de piste...que l'assassin présumé lui a laissé avant d'être inculpé.

 

Malgré l'originalité de la construction de l'histoire, je garde un avis mitigé sur ce roman mais je tiens à remercier les Éditions Gallimard et Masse critique de Babelio pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et ce roman en avant-première de la Rentrée Littéraire 2016.

 

tous les livres sur Babelio.com

 

L'auteur est avocat de la défense au barreau de Berlin depuis 1994.

Il a déjà publié plusieurs ouvrages dont deux ont été traduits en français et ont reçu un succès international. 

Crimes et Coupables (nouvelles)

L'affaire Collini

Le présent roman paru en 2013 en allemagne est traduit de l'allemand par Olivier Le Lay

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 06:52
Actes Sud, mai 2016

Actes Sud, mai 2016

 

Vous savez maintenant que j'aime me détendre en lisant des policiers de temps en temps et qu'en particulier, j'aime ceux écrits par des auteurs nordiques !

Voilà un certain temps que je voulais lire le dernier Camilla Läckberg, puisque je suis tombée sous le charme de sa série...

C'est confortable de retrouver Erica Falck, Patrick Hedström et tous ses collaborateurs pour une nouvelle enquête, encore une fois assez sordide. C'est agréable de connaître le schéma narratif de l'auteur et toutes les ficelles qu'elle utilise pour nous séduire.

Pour l'instant, je ne m'en lasse pas ! 

Comme d'habitude, l'auteur emmêle plusieurs histoires et le lecteur même s'il a des doutes ne trouvera qu'à la fin, la réponse à ses questions...

 

Il fait froid à Fjällbacka lorsqu'une jeune fille à demi-nue est percutée par un véhicule à la sortie de la forêt. Aussitôt, pendant qu'elle est transportée à l'hôpital, elle est identifiée comme étant Victoria, une jeune fille disparue depuis quatre mois. Les policiers apprennent avec horreur qu'elle a été affreusement mutilée pendant sa détention. Elle ne survivra pas et ne pourra donc fournir aucune piste sur son ravisseur...

 

D'autres cas semblables mettent les policiers sur la piste d'un dangereux psychopathe...

 

De son côté Erica enquête pour son futur roman. Elle rencontre pour cela une étrange femme qui purge sa peine depuis près de 30 ans mais refuse toujours de parler de son drame familial qui l'a pourtant conduite en prison.

Erica devine aussitôt, avec son intuition légendaire, qu'elle lui cache l'essentiel...

Elle est accusée d'avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions qui a tout quitté par amour pour elle : sa passion pour le cirque,ainsi que sa famille.

Elle l'aurait poignardé à coups de couteaux parce qu'il martyrisait sa fille en l'enfermant dans la cave, enchaînée, et en la laissant seule dans le noir...

 

 

Pour ce nouveau volet de la série, vous ne serez pas déçus ! 

 

Encore une fois l'auteur nous entraîne dans son imaginaire et nous séduit, même si pour cela elle doit nous décrire les pires horreurs. Celle que l'on surnomme la "reine du polar" et qui a été subjuguée par la lecture d'Agatha Christie est elle-même débordée par sa vie de famille (elle a 4 enfants !) et, comme Erica, elle vit chaque jour le difficile choix qui s'impose, entre son métier d'écrivain et sa famille...

 

En dehors de l'enquête policière et de la sympathique équipe qui entoure Patrick, j'avoue me demander pourquoi j'aime autant cette série.

Je crois que c'est parce que l'auteur sait me toucher parce qu'elle aborde non seulement les secrets de famille et toutes les difficultés de la vie quotidienne, mais aussi la maltraitance qui choque toujours autant mon coeur de mère et de grand-mère, ainsi que la problématique de la maternité et du conflit intérieur qu'elle engendre chez tout parent qui doit choisir entre enfants et vie professionnelle...

 

Encore une bonne lecture pour les vacances !

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:34
Gallimard, 2015

Gallimard, 2015

Quelques années après la chute de Lehman Brothers, alors que le monde politique voit enfin la sortie de crise à l'horizon, le Crédit parisien,  la plus grande banque française, est sur le point de sombrer.  Elle a besoin d'un plan de sauvetage en urgence mais Isabelle Colson, la ministre de l'Economie, au sommet des sondages, devenue le symbole de la gauche au pouvoir, entend tout faire pour que Bercy ne mette pas sur pied un plan similaire à celui de 2008 lors de la crise des subprimes.

Elle est d'ailleurs intraitable sur ce sujet et ne veut même pas en entendre parler...Elle craint que son électorat soit mécontent, si on aide encore une fois avec les deniers publics, une entreprise privée.

Antoine Fertel, le patron de la banque oeuvre en secret pour faire tomber la ministre. 

 

Mais un événement inattendu vient perturber ses plans...

Le corps de Stéphanie Sacco, une jeune IGF (inspectrice générale des finances) que l'on croyait morte après avoir retrouvé sa voiture abandonnée, vient d'être découvert dans la cour de l'Hôtel des ministres à Bercy. La jeune femme s'est jetée du toit... 

Dans ses mains...une clé, celle de l'appartement de Nathalie Renaudier où les deux jeunes femmes se retrouvaient pour travailler.

Toutes deux étaient chargées en 2008 de faire un rapport sur le plan de sauvetage de la banque. 

Ce suicide est-il un message ?

Nathalie Renaudier s'est en effet elle aussi suicidée, plusieurs années auparavant. 

Christophe Demory, le compagnon de Nathalie, ne s'est jamais remis de sa brutale disparition. Il n'a jamais compris que Nathalie ne lui parle pas de ses problèmes. Il va donc se rendre dans son ancien appartement qu'il croyait vendu...Ce qu'il va découvrir va bouleverser sa vie.

 

Devenu directeur de cabinet de la ministre, il tente de surnager devant les nouveaux événements comme il peut, et surtout refuse de prendre partie. 

Ce qu'il veut avant tout maintenant, c'est découvrir la vérité sur le suicide de Nathalie et le fameux rapport que les deux jeunes femmes IGF ont remis à leur supérieur, mettant ainsi en péril leur carrière et...leur vie.

 

 

Thomas Bronnec est né à Brest. Il est journaliste et auteur de documentaires pour la télévision. Il a exploré pendant plusieurs années le Ministère des Finances et a utilisé pour ce polar sa connaissance parfaite de Bercy. 

Le lecteur voit tout de suite, à la façon dont l'auteur plante le décor, que son sujet est largement maîtrisé ! 

On entre dès les premières pages dans le milieu de la finance, le pouvoir, l'ambition et l'argent ainsi que tout ce qui l'entoure, les coups bas, les arrangements cachés et compensations diverses, les alliances et les non-dits...et les règles communes de ce monde cynique, fait de faux-semblants et de codes inconnus pour les non initiés(d'où le titre du roman). 

Cela ne m'a pas véritablement gênée durant les premières pages. 

 

Mais ensuite, une fois l'intrigue mise en place, je me suis ennuyée durant les nombreux chapitres où l'auteur nous décrit en détails le fonctionnement de ce ministère. Cela ne veut pas dire que les nombreux dialogues entre les différents protagonistes ne soient pas intéressants...

Simplement, pour moi ce livre est avant tout un documentaire sur Bercy.

L'intrigue est quasi oubliée en cours de route. Seul le personnage de Christophe Demory a su me toucher tant ce jeune homme est incroyablement fragilisé par les événements...et tente de rester intègre malgré tout, au milieu de ce panier de crabes.

 

Ce livre malgré son écriture parfaite et son décor bien planté et réaliste, n'est donc pas pour moi un thriller comme cela a été annoncé dans les médias.

Les passionnés de politique auront sans doute beaucoup de plaisir à le lire. Moi j'aurais préféré un bon polar de vacances ! Je suis donc restée sur ma faim et j'ai décroché en cours de lecture ce qui n'est pas dans mes habitudes. 

Je garde donc un avis mitigé sur cette lecture...

 

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:51
Sonatine, 2015

Sonatine, 2015

« Un suspense formidable qui m’a tenu éveillé jusqu’au bout de la nuit ! »
Stephen King

 

Entre Londres où elle est censée aller travailler et la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour.

Chaque fois, elle est assise à la même place et elle observe une jolie maison, située en contre-bas de la voie ferrée, lors d'un arrêt régulier du train.

Cette maison, elle la connaît par cœur, car elle a habité une maison strictement identique située à quelques numéros de là.

Elle observe la vie de ses habitants et elle a même donné un nom au jeune couple,  Jason et Jess, car elle ne les connait pas : ils ne vivaient pas là lorsqu'elle habitait encore le quartier.

 

Elle qui ne s'est jamais remise de son divorce, leur invente une vie parfaite et heureuse, sans nuages...elle se fait des films, revit sa propre vie de jeune femme aimée, projette sur eux tout ce qu'elle n'a pas pu vivre, les aime ou les déteste selon ce qu'elle voit chaque jour. Ils remplissent sa vie et deviennent indispensables à son quotidien, comme l'est, à ses heures perdues, la boisson à laquelle elle s'adonne sans répit dès le matin qu'elle soit seule ou pas. 

 

Rachel a été heureuse dans le passé avec Tom, avant qu'il ne la trompe avec Anna qui est maintenant devenue sa femme et la mère de sa petite fille. 

C'est la raison pour laquelle elle boit. Elle a perdu son travail à cause de ces événements et le cache à sa colocataire qui est en fait une ancienne amie qui l'héberge, ainsi qu'à sa famille et à ses amis qui le découvrent peu à peu au hasard de leurs rencontres...

 

Mais la situation s'aggrave lorsqu'un matin, Rachel découvre un autre homme que Jason dans le jardin de la maisonnette. Jess et cet homme s'embrassent comme le feraient deux amants !

 

Bouleversée, elle ne sait plus que penser d'autant plus que les jours suivants la maison semble déserte et qu'elle apprend avec stupeur à la UNE des journaux que la jeune femme qui se nomme en fait Megan Hipwell, a mystérieusement disparue.

Or ce soir-là, totalement ivre, elle a été vue dans les parages et a même harcelé Anna...mais elle ne se souvient de rien ! 

 

Pour en savoir plus, elle décide alors de se faire passer pour une amie de Megan et d'aller sonner à la porte de Jason, qui se nomme en fait Scott, ce qu'elle apprend dans les journaux...

 

 

 

C'est un thriller haletant qu'on ne peut pas lâcher jusqu'à la fin même, si j'y ai trouvé quelques situations trop répétitives !

Au départ on ne voit pas trop comment le monde imaginaire de la jeune femme et la vie réelle de ses personnages vont pouvoir se réunir.

Mais peu à peu le lecteur, même s'il n'a rien d'un voyeur tombe dans le piège...

Chaque chapitre fait parler un des personnages de son point de vue à lui et au fil des chapitres le lecteur s'enfonce en même temps que Rachel dans la paranoïa ambiante.

Il y a donc du suspense, des rebondissements, des personnages qui deviennent la clé de l'énigme et dont on ne soupçonnait pas le rôle, des coupables qui n'en sont pas...bref tous les ingrédients d'un bon thriller.

 

A noter : ce roman connaît un succès sans précédent aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre et a été traduit en 26 langues...

Il est même en cours d'adaptation cinématographique...

 

C'est donc un bon roman pour vos vacances...si vous êtes amateurs du genre, bien sûr ! 

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 06:47
Phébus 2015

Phébus 2015

 

Ce roman, paru en 1941 en Hongrie, a été traduit pour la première fois en français en 2015 par Sophie Képès. Il a obtenu le Prix Bagarry-Karatson pour sa traduction !

 

C'est un petit roman que j'ai emprunté en Médiathèque tant le titre m'a intrigué...

En effet comment un assassin peut-il être innocent ?

 

L'auteur nous propose d'entrer, pour une journée seulement, dans une maison bourgeoise quelque part en Hongrie durant la première moitié du XXème siècle.

Mais ce ne sont que des déductions de ma part, car de tout cela, il ne vous dira rien !

Le début de l'histoire peut d'ailleurs paraître déroutant pour le lecteur. Une ambiance particulière règne en effet dès les premières pages du roman.

L'auteur fait tout ce qui est en son pouvoir, pour nous présenter les personnages un à un, durant leurs occupations quotidiennes, avant de nous laisser faire le lien entre eux et parfois de les nommer. 

Parfois en début de chapitre, on ne sait pas qui parle, car chacun s'exprime à son tour...

Peu à peu le puzzle se met en place, dans un décor réfrigérant, car non seulement il neige au dehors, mais il fait un froid très éprouvant partout ; la maison est sombre et les enfants sont livrés à eux-mêmes ; la nourrice est d'une rigidité déconcertante ; la décoration intérieure est si austère qu'elle ajoute son ombre au tableau.

 

Dans cette maison bourgeoise où les heures s'égrènent les unes après les autres, va se dérouler un drame dont l'enquête se résoudra en huis-clos...

 

L'ambiance est tendue : tous les membres de la famille ou leur entourage ont quelque chose à se reprocher...

Le père tout d'abord qui a ouvert un club privé de jeux et s'expose ainsi à des poursuites, vient de passer une nuit épouvantable mais a pu sauver in extrémis de la mort, un jeune écervelé, neveu d'un de ses amis qui avait tout perdu en jouant. 

La mère Magda, a pour seule hantise celle de vieillir prématurément et d'être délaissée par son amant, le merveilleux Robert, un ami de son mari, qui gâte tous ses caprices...

Poupée, surnommée ainsi par sa famille, a 14 ans et profite de son temps libre pour fréquenter en cachette, Pista, le fils du gardien, un ado pauvre mais au coeur d'or qui s'est engagé avec ses amis dans la révolution...

Et puis il y a Petit, le plus jeune de la famille qui cherche, malgré ses douze ans, à attirer l'attention de ses parents  parce qu'ils ne sont jamais là et ne s'occupent jamais de lui...

 

Beaucoup de tensions, de non-dits entourent cette famille bourgeoise mais bien sûr toute parole déplacée est aussitôt retenue. Même la nourrice n'ose pas dire ce qu'elle pense de leur façon de vivre.

 

C'est alors que Robert Gedeon, l'ami de la famille et amant de Magda,  est retrouvé assassiné...

 

Tous peuvent être coupables !

 

Péterffy, le policier chargé de l'enquête va devoir démêler le vrai du faux et étudier de près les mensonges par omission de ceux, volontaires, visant à protéger tel ou tel membre de la famille.

Ecrivant lui-même des romans policiers sous le pseudonyme d'Archibald Cross, il n'aura de cesse d'entrer dans la psychologie des personnages et de déjouer leurs plans afin d'établir l'identité de l'assassin.

Mais au delà de l'enquête menée avec brio et intuition, il a du mal à se détacher de l'écrivain qui sommeille en lui, et cherche à chaque instant l'événement qu'il pourra coucher sur le papier et immortaliser dans son prochain roman.

 

Finalement lorsque les preuves se referment sur l'assassin, le lecteur découvre, ébahi que le titre n'avait pas menti : seul celui-ci est véritablement innocent, tous par leurs actions et leurs attitudes l'ont peu à peu amené à effectuer son geste !

 

 

Quelque chose de pesant, d’angoissant flottait dans l’air de l’appartement. Quelque chose de tellement épouvantable et sinistre qu’on aurait voulu hurler de terreur, comme si des fauves inconnus se tenaient aux aguets quelque part aux environs, prêts à bondir, avides de sang frais et de tiède chair humaine.

 

C'est un roman qui sort de l'ordinaire tant sa construction est originale et proche d'une oeuvre de théâtre...

Plutôt lent au départ, ce roman, à la fois thriller psychologique et roman policier, prend sa vitesse de croisière dès l'annonce du meurtre pour se dérouler ensuite en huis-clos, au sein  d'une famille désunie, mais qui tient absolument à sauver les apparences.

 

La façon dont l'auteur entre dans la psychologie de ses personnages, en particulier celle du couple, est tout à fait fascinante. L'auteur met à jour leurs faiblesses sans concession ni émotion. 

Leur relation est très particulière et le lecteur se sent parfois en position de voyeur, ce qui renforce son malaise... 

 

Le lecteur entre dans le jeu et soupçonne tour à tour chacun des personnages qui eux-même se soupçonnent entre eux !  Cette situation renforce la tension omniprésente, liée au huis-clos mais aussi le suspense, et il faut bien le dire, ne manque pas d'humour... 

 

Mais le dénouement reste tragique et la façon dont chacun des personnages va se mettre à nu, particulièrement éprouvante.

 

Un thriller intéressant, à réserver cependant aux adultes, car je ne crois pas que les ados adhèrent au démarrage un peu lent du roman. 

Mais bien sûr je peux me tromper !

 

 

 

Qui est l'auteur ?

 

Née à Budapest, Julia Székely (1906-1986) est une écrivaine et une pianiste douée. Elle fut l'élève de Béla Bartók et de Zoltán Kodály. 

Elle est l'auteur de dix-sept ouvrages, romans, pièces de théâtre et biographies (sur Beethoven, Liszt, Bartók, Chopin notamment) dont 

Sa première oeuvre à l'avoir propulsé sur le devant de la scène est "Rue de la Chimère" paru en 1939 (Buchet-Chastel, 2005) qui a connu un immense succès.

Publié en 1941, son deuxième roman, "Seul l'assassin est innocent", confirme son immense talent et en fait l'égale de son compatriote, Sándor Márai (1900-1989).

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 06:49
Actes Sud 2009

Actes Sud 2009

 

Un pêcheur de Fjällbacka retrouve dans son casier à homards, le corps d'une petite fille noyée.

 

Patrick Heldström découvre, avec stupeur et horreur, que l'enfant n'est autre que Sara, la petite fille de Charlotte, une nouvelle amie d'Erica.

Elle s'est visiblement noyée par accident.

 

Mais l'autopsie révèle la présence d'eau douce et de savon dans ses poumons. Tout porte à croire qu'elle a donc été noyée dans une baignoire avant d'être jetée à la mer. 

 

Sensibilisé par son tout nouveau statut de père (Erica et lui viennent d'avoir leur petite Maja), épuisé par les nuits d'insomnie même si c'est Erica qui en bave le plus, Patrick va tout faire pour démêler l'écheveau complexe de ce meurtre qui le bouleverse.

 

D'autant plus que toute l'équipe est sur les dents : Martin l'équipier habituel de Patrick est mis sur une autre affaire et un des collègues de la brigade accumule les bourdes...

De nombreux rebondissements compliquent leurs investigations et ils n'ont pas l'ombre d'une piste valable. 

C'est alors que le labo découvre que l'assassin a fait avaler à la fillette de la cendre, mais pas n'importe laquelle, une cendre ancienne contenant de mystérieux restes...humains.

 

Comment s'est-elle retrouvée là ?

Qui peut vouloir du mal à une petite fille de 7 ans ?

 

Patrick et son équipe vont plonger au coeur de conflits familiaux insoupçonnés, de non-dits éprouvants, de trahisons familiales, de querelles de voisinage sans fin, et même d'un réseau de pédophiles...

Ils feront en particulier la connaissance de Morgan, atteint du syndrome d'Asperger, une forme peu connu d'autisme.

 

Comme toujours, plusieurs histoires se déroulent en parallèle avant de se rejoindre...un peu tardivement à mon goût cette fois, mais cela permet de ménager le suspense !

 

Bien sûr, il y a d'abord les différents protagonistes impliqués dans l'affaire : la famille de Sara, le voisinage et les secrets de chacun. 

La vie quotidienne d'Erica et de Patrick avec leur petite Maja qui déstabilise le jeune couple et perturbe leur équilibre nerveux, tient aussi beaucoup de place. Erica est victime du baby blues et rien n'est caché sur son état de fatigue et de déprime...Elle, toute absorbée par son bébé, ne voit rien autour d'elle : elle ne s'aperçoit pas que sa soeur Anna, ne donne plus de nouvelles.

 

En parallèle, le lecteur remonte aux années 20 et découvre la vie d'un courageux tailleur de pierre qui est tombé amoureux d'Agnès, la fille de son patron, une gamine colérique et capriceuse qui aime avoir le monde à ses pieds et qui va tout ravager sur son passage par vengeance

Bien sûr ce n'est pas un hasard ou une digression gratuite de l'auteur : on se doute bien que tout cela a un rapport direct avec l'enquête...

 

Le roman se promène donc entre passé et présent, enquête et vie familiale, vie publique ou vie privée...

Comme toujours, les indices brouillent les pistes, et nous amènent vers des voies sans issues.

L'auteur n'a pas son pareil pour nous faire entrer dans la psychologie des personnages et leurs pensées les plus sauvages et inavouables. 

Une façon de nous tenir en haleine et encore une fois...ça marche. 

J'ai lu ce roman presque d'une seule traite...détente garantie !

 

 

 

 

Après "La princesse des glaces" (2008) et "Le prédicateur" (2009) que je n'ai pas encore lu, voici le troisième volet des aventures et enquêtes d'Erica Fälck et Patrick Eldström, que je lis toujours dans le désordre...

 

J'ai profité d'un week-end tranquille pour continuer la lecture de cette série, distrayante à souhait...

 

Parmi la série, j'ai donc déjà lu :

- La Princesse des glaces (2008)

- Le tailleur de pierre (2009)

- L'oiseau de mauvaise augure (2010)

- L'enfant allemand (2011)

- La faiseuse d'ange (2014)

 

Il me reste à lire :

- Le prédicateur (2009)

- La sirène (2012)

- Le gardien de phare (2013)

- et Le dompteur de lions (qui vient de paraître)

 

Bientôt les prochaines vacances !!

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 06:46
Actes sud / Actes noirs, 2015

Actes sud / Actes noirs, 2015

 

Dans les années 60, dans le petit village de Finsterau en Bavière, un ivrogne déclare connaître le véritable coupable d'un double meurtre perpétré presque 20 ans auparavant. 

L'aubergiste n'y croit pas au départ mais le lendemain, une coupure de journal est retrouvée dans le porte-feuille de l'homme...qui est malencontreusement tombé derrière une chaise. 

Sur la photo illustrant l'article, le procureur Augustin paraît bien jeune, mais il est parfaitement reconnaissable.

Il vient souvent ici prendre une bière. 

L'aubergiste décide de lui répéter les mots du vagabond. 

C'est le père de la jeune Afra qui a été accusé du meurtre et il purge sa peine dans un asile de fou. 

 

Augustin accepte de réouvrir l'enquête. Pendant que les différents témoins s'expriment sur l'affaire, chapitre après chapitre, le lecteur prend connaissance des multiples dépositions ou rapports qui s'accumulent dans le dossier.

 

La jeune Afra tombe enceinte d'un soldat français, soldat qui bien sûr comme tant d'autres, ne saura jamais qu'il a eu un fils.

Elle est bien obligée de revenir chez ses parents en cette année 1944...

Elle a perdu son emploi et tout le monde la rejette pour avoir fricoter avec l'ennemi. 

 

Faut pas perdre de vue son intérêt personnel, n’oublie jamais ça. Le Français me sera plus utile qu’une bonne femme. J’ai besoin de bras, à la ferme comme à la maison. De gens à qui le travail ne fait pas peur. Je me fous complètement d’où ils viennent, les gens, et le Français, il ne me coûte presque rien.

 

Elle avait quitté le foyer des années plus tôt pour aller chercher du travail en ville et s'éloigner de l'extrême pauvreté de ses parents, Johann et Theres Zauner, les "sans terre" comme on les appellait dans le village. 

 

Très pauvres mais cependant très croyants, ils la recueillent tout en ayant honte de son comportement. Malgré sa grossesse, ils lui mènent la vie dure et même après la naissance du petit Albert, les disputes avec son père sont incessantes...et de plus en plus violentes. 

 

Un jour où la mère s'est absentée pour la journée, Afra et le petit Albert, âgé de deux ans à peine, sont retrouvés morts...

 

 

- Tu sais, Afra, je finirai par t'avoir. T'auras pas le choix. Des pauvres diables comme vous, des crève-la-faim, et ton père qui commence à travailler du chapeau. Tu peux bien me jeter dehors aujourd'hui, je vais te dire une chose, je reviendrai. je te montrerai ce que c'est un homme, un vrai. Et tu sera contente que je revienne...

 

Tout le village accuse Johann, le père. Condamné à une peine de 10 ans, il sera ensuite interné dans un asile, vu son état mental, à la demande expresse du procureur...

 

L'affaire est close !

Chez nous, on ne meurt pas assassiné, ni par un inconnu, ni encore moins par son propre père. Quand on meurt, on meurt dans son lit, que ce soit de maladie – de phtisie par exemple – ou en couches, ou simplement de vieillesse, parce qu’il est temps de s’en aller. Il peut arriver, même si c’est rare, que quelqu’un ait un accident sur son lieu de travail.

 

Voilà un polar tout à fait passionnant presque trop court (à peine 109 pages) d'un auteur que je connaissais absolument pas.

Les propos sont intenses et l'analyse des comportements humains sans concession.

Ce petit village d'après-guerre fait comme il peut pour se sortir de la pauvreté et des traditions qui l'empêchent d'évoluer vers davantage d'ouverture aux autres et de modernité.

La simplicité des gens se fait complice d'une accusation erronée...

Le coupable idéal ayant été trouvé, personne ne relève les indices démontrant le contraire, même les personnes chargées de l'enquête.

 

 

J’ai appris qu’il y a des raisons très différentes d’avouer un crime, et qu’on peut même avouer de manière très convaincante un crime qu’on n’a jamais commis. Il est parfois difficile de reconnaître la vérité, et il arrive que des policiers pourtant consciencieux n’entendent que ce qu’ils ont envie d’entendre, ils ne sont pas différents des autres gens.

 

Le personnage principal qui est filigrane tout au long du roman est bien sûr celui de la jeune femme assasinée sauvagement avec son petit garçon.

Mais même si elle est bien la seule à nous parler de sentiments, et s'il est touché par l'horreur du carnage, le lecteur ne s'attache à aucun personnage, reste en dehors comme s'il s'agissait d'un simple reportage...

Cette façon d'appréhender les faits est tout à fait intéressante et j'ai passé un bon moment de lecture avec ce petit roman, très bien mené et idéal pour une soirée tranquille !

Un auteur à découvrir...pour les amateurs de polar !

 

Il ne savait pas combien de temps il avait déjà passé dans cette pièce. Ils l'avaient arrêté et emmené ici. Lorsque la voiture avait démarré devant la maison, il s'était retourné et avait regardé par le pare-brise arrière. Le linge, toujours sur les cordes, était comme un mur blanc infranchissable. Le vent était tombé...

 

Andrea Maria Schenkel est née en 1962 à Ratisbonne en Allemagne.

 

Elle est surtout connue pour son premier roman, inspiré d'une histoire vraie, "La ferme du crime" paru en 2006. Il s'agit de l'histoire de l'assassinat d'une famille entière de fermiers dans le hameau de Hinterkaifeck, en Bavière. Les faits se sont déroulés en 1920 et l'affaire n'a jamais été élucidée. Mais elle a replacé les événements dans les années 50. Ce roman-témoignage-reportage décrit avec précision le monde rural conservateur et catholique de l'époque. 

Plus tard, lorsqu'ils lui demandèrent : "Pourquoi le gamin ?", il leur répondit :
- Quand une chatte meurt, on tue ses petits.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 07:08
La maison des absents / Tana French

Voilà un livre que vous n'arriverez pas à lâcher ! 

 

 

L'histoire se passe près de Dublin à Brianstown.

L'inspecteur principal Kennedy se voit chargé d'une nouvelle enquête. Il avait été mis au placard depuis la dernière et compte bien se racheter en élucidant celle-là. Cependant lorsqu'il arrive sur les lieux, il ne s'attend pas du tout à ce qu'il va trouver : une famille entière a été assassinée. Il n'y a pas eu d'effraction, les deux enfants ont été étouffés et le père tué à coups de couteau. Seule la femme a été laissée pour morte mais respire encore.  

 

Revenir dans ce quartier récemment construit, perturbe profondément l'inspecteur Kennedy : enfant, il y venait en vacances avec sa famille, au temps où ce quartier s'appelait Broken Harbour. Il y a vécu un drame familial qui le poursuit encore aujourd'hui.

Pour cette enquête, l'inspecteur va faire équipe avec l'inspecteur Richie Curran, un "bleu" qui doit faire ses preuves et que Kennedy paterne gentiment, tout en lui laissant prendre des initiatives.

 

Jenny et Pat Spain formaient un couple apparemment sans histoire. Ils se sont installés là dans ce quartier en construction, il y a quelques années et se sont endettés pour cela.

Mais la crise financière a contraint le promoteur immobilier à cesser les constructions et la famille s'est retrouvée au milieu de maisons à l'abandon, ce qui donne à l'ensemble du quartier un air particulièrement sinistre.

De plus Pat, lui aussi a été licencié, ce qui a aggravé la situation du couple...Malgré leurs efforts pour sauver les apparences, le couple a peu à peu perdu pied. Ils se sont isolés de plus en plus, rejetant même, famille et amis.

 

Au fur et à mesure que l'enquête progresse, il paraît de plus en plus inévitable que l'un des deux parents soit coupable...Pourtant un coupable est découvert et appréhendé : il avoue même le meurtre sans discuter. C'est un ancien ami de la famille et le parrain de la petite Emma dont il conserve chez lui un dessin taché de sang.

 

Mais malgré ses aveux, de nombreuses incohérences subsistent : pourquoi Pat avait-il fait des trous dans les plafonds et les murs de cette maison, par ailleurs impeccable ? A quoi servaient les nombreuses caméras installées dans la maison ? A qui ou à quoi était destiné le piège installé au grenier ?

 

Kennedy se sent de plus en plus impliqué dans cette affaire. Ses problèmes personnels le rattrapent. Il perd pied et se rend compte que son comportement lors des interrogatoires dérape trop vite. Mais Richie, son associé, a lui aussi un comportement bizarre !

Les deux hommes vont devoir confronter leurs points de vue...mais devant le drame qu'ils découvrent sous leurs yeux, arriveront-ils à conserver leur intégrité ?

 

En parallèle de la découverte de la lente descente aux enfers du couple adorable et sans histoire, formé par Pat et Jenny,  l'auteur nous décrit avec beaucoup d'humanité, l'obsession d'un inspecteur poursuivie par le traumatisme de son enfance...dans un lieu qui devient aux yeux du lecteur de plus en plus sordide !

Car attention, dans ce lotissement fantomatique, la peur sera au rendez-vous, et la tension, extrême... d'un bout à l'autre du roman.

 

C'est un roman très fort qui présente cependant quelques petites longueurs que vous aurez envie de lire en diagonale pour savoir vite la fin...

 

Au delà de l'histoire et de l'intrigue en elle-même, l'auteur nous décrit avec beaucoup de psychologie, les déboires de toute une génération de personnes touchées par la crise financière et le chômage qui ont perdu tous leurs repères et ne savent plus à quoi se raccrocher. 

Le lecteur ressent les sentiments des personnages, leurs blessures et leurs déceptions... On a l'impression d'être dans la réalité et de les connaître.

 

Un excellent polar pour les amateurs du genre et un auteur...à suivre donc !

Car c'est le premier livre que je lis de cet auteur de polar irlandais...

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 07:08
Le quatrième volet des aventures de Patrick et Erica...

Le quatrième volet des aventures de Patrick et Erica...

Quatrième de couverture

 

"L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...


Dans ce quatrième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l'écheveau d'une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisisssant, le lecteur en redemande."

 

 

Comme toujours, j'entre immédiatement en mode détente lorsque je commence un roman de Camilla Läckberg. Elle est incomparable mais je peux comprendre que certains lecteurs lui préfèrent d'autres intrigues, plus complexes, style celles de la série "Millenium", dont je n'ai pas encore lu le quatrième opus, d'ailleurs.

Moi, j'aime les deux, pour des raisons totalement différentes...

 

 

J'ai encore une fois (je l'avoue sous la torture...) retrouvé avec un immense plaisir les personnages principaux, Erica et sa soeur Anna, qui va mal au début du roman, mais si je vous dis pourquoi vous saurez comment se termine pour elle, le tome précédent ("Le tailleur de pierre") que vous êtes peut-être en train de lire...

On retrouve bien sûr Patrick et sa dynamique équipe de policiers qui vient de voir arriver Hanna, une nouvelle recrue, en renfort...parce que la petite ville va être envahie provisoirement par l'équipe d'un jeu de télé-réalité et qu'il faut bien contenir toute cette jeunesse déchaînée et capable de tous types de débordements.

 

Erica et Patrick sont censés préparer leur mariage. Mais rien ne sera simple pour eux.

A la maison, Erica doit s'occuper des deux enfants d'Anna, car sa soeur nage en pleine dépression et de sa petite Maja qui grandie mais est encore un bébé.

Au boulot, Patrick se retrouve vite dépassé car il découvre que ce qui semblait n'être qu'un simple accident de la circulation est en fait un meurtre.

Marit, la conductrice du véhicule accidenté a été retrouvée avec un taux d'alcool hors norme (c'est ce qui l'a tué) alors qu'elle ne buvait jamais...

 

Est-ce un règlement de compte parce qu'elle est homosexuelle ?

Son ancien compagnon est-il impliqué ? 

 

Au fil des découvertes, les enquêteurs vont s'apercevoir que d'autres meurtres similaires ont eu lieu un peu partout dans le pays.

 

Puis quelques jours plus tard, c'est un autre cadavre qui est retrouvé dans une poubelle. La jeune fille, sans famille, était une des stars de la télé-réalité. 

 

L'équipe est -elle impliquée ? 

 

 

Encore une fois, l'auteur nous transporte dans son monde macabre tout en nous faisant la critique de la société suédoise : alcoolisme à outrance, rigidité et intolérance (en ce qui concerne l'homosexualité).

Elle nous plonge également dans le monde violent de la télé-réalité, son exhibitionnisme, ses excès et ses dérapages. 

 

Comme toujours, l'histoire est riche en rebondissement et nous tient en haleine jusqu'au bout.

Bon d'accord, c'est vrai...j'avais encore deviné qui était coupable mais pas ses motivations mais vous ne me ferez pas dire qui c'est (non, n'insistez pas !) et de toute façon, il faut lire le roman jusqu'au bout pour les comprendre.

 

Les chapitres consacrés aux préparatifs de mariage sont un bol d'oxygène dans ce monde de brutes. 

 

Pourtant l'intrigue est construite selon le schéma habituel que maintenant je commence à bien connaître : l'auteur alterne dans ses chapitres entre passé et présent, une voix off sème le trouble dans notre esprit pour trouver son explication...à la toute fin du livre.

 

Mais le lecteur ne s'en lasse pas ! 

Il s'attache même davantage aux personnages, au fur et à mesure qu'ils lui deviennent de plus en plus familiers.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste puisque, dans cet opus, le lecteur apprend à mieux connaître certains membres de l'équipe comme le commissaire Melberg, ou Annika et ce qu'elle cache aux autres... 

 

On regrette juste qu'Erika ne participe pas à l'enquête : elle est trop occupée par ses soucis domestiques, les préparatifs du mariage, les déboires d'Anna, les enfants et la petite Maja qui commence à marcher à quatre pattes. 

C'est juste qu'elle apportait ce "je ne sais quoi" de féminin, un petit plus en somme avec son humour bien à elle...

 

 

Étant donné que je lis les romans de Camilla Läckberg dans le désordre je ne pourrai pas vous résumer les trois tomes précédents...en détails mais, pour vous faire patienter, voilà un petit bilan de la série et les liens vers ceux que j'ai déjà lu.

 

Les autres, je les garde pour mes prochaines vacances !

 

- La princesse des glaces (2008)

- Le prédicateur (2009)

- Le tailleur de pierre (2009)

- L'oiseau de mauvaise augure (2010) celui que je vous présente aujourd'hui.

- L'enfant allemand (2011)

- La sirène (2012)

- Le gardien de phare (2013)

- La faiseuse d'anges (2014)

- Le dompteur de lions (à paraître en mai prochain)...

 

A noter : tous ces romans sont parus chez Actes Sud.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 08:58
Les âmes grises / Philippe Claudel

Relecture...

 

Ce roman a obtenu le Prix Renaudot 2003 et le Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2004.

Nous sommes en 1917, la Grande Guerre fait rage...

Ceux qui croyaient qu'elle ne durerait pas, déchantent.

 

Dans un petit bourg du nord-est de la France, situé près de la ville de V., juste assez près du front pour que les habitants entendent les obus, une petite fille de 10 ans est découverte morte :  elle a été étranglée. C'est la petite "Belle de jour" que tout le monde connaissait alentour, puisque son père tient "le Rébillon", le seul restaurant du bourg.

 

Vingt ans plus tard le narrateur, un policier qui a participé à l'enquête (ce qu'on ne saura que vers la fin du roman) et dont on ne saura jamais le nom, se souvient de cette terrible journée glaciale de décembre...

 

"Belle de jour" avait été retrouvée sur les berges du canal à deux pas de l'usine et du château, la demeure du procureur Destinat.

Le procureur y vivait seul depuis  de nombreuses années avec ses domestiques, depuis que sa toute jeune femme était prématurément décédée. 

 

Qui a fait le coup ? Le procureur Destnat, toujours triste et seul, qui a été aperçu avec la fillette la veille au soir ? Le juge Mierck, personnage dégoûtant et imbu de sa personne ? Un homme du village qui avait trop bu ? Un déserteur de passage, fuyant le front ? Un des ouvriers de l'usine ?

 

L'affaire ne sera jamais résolue et va soulever beaucoup d'interrogations...

 

 

Le narrateur se rémémore les différents événements, fouillant sa mémoire, tout en écrivant dans un petit carnet les témoignages des gens, les réactions du procureur, celles du juge, du maire, des commerçants, des gendarmes présents sur les lieux du drame, des gens du village et de tous ceux qui, de près ou de loin, ont tenu un rôle dans cette affaire.

 

Il nous décrit les lieux et les gens avec minutie et discrétion : l'usine en bordure du canal, construite fin XIXème avec ses logements ouvriers proches, les ouvriers qui sont heureux d'échapper à la mobilisation générale tout en culpabilisant de ne pas être partis, les soldats qui ne font que passer au village, pour se rendre au front ou qui en reviennent démolis de l'intérieur ou blessés et gémissants, les gens du village qui entendent les bruits de la guerre mais se sentent néanmoins éloignés de ce carnage parce qu'ils ont leurs propres souffrances, leurs secrets, leurs doutes...

 

Il se remémore aussi les conséquences que l'enquête a eu sur sa vie personnelle, et le drame qui l'a broyé à jamais, ainsi que le suicide de Lysia, la petite institutrice au sourire si doux, la mort du médecin qui a préféré se laisser mourir de faim plutôt que de se faire payer par ceux qui n'avaient pas d'argent, les tortures infligées par des hommes de justice aux deux déserteurs qui seront accusés à tort du meurtre. 

Ces morts-là prennent toute la place occultant ceux de la Grande Guerre toute proche.  Car la guerre est bien là, on l'entend, on parle d'elle mais on ne la voit jamais. Elle touche ceux qui sont au village... de l'extérieur. 

 

Le récit monte crescendo dans le drame, créant une tension qui ne se démentira jamais, au fur et à mesure que le narrateur dévoile peu à peu les secrets, enfouis au plus profond de lui toute sa vie ,et qui ne seront révélés en totalité au lecteur qu'à la toute fin de l'histoire...

 

C'est un récit bouleversant, alourdi par le poids du remords, des deuils, des innocents condamnés pour rien, et des accusations qui n'ont pu avoir lieu à l'encontre des bourgeois de la ville, faisant bloc par solidarité. 

 

Mais dans ce monde si particulier où tout est ambivalence, où la frontière entre le bien et le mal est floue, rien ni personne, n'est tout blanc ou tout noir...

Les âmes sont grises parce terriblement humaines...tout simplement d'où le titre du roman.

 

J'ai une fois de plus été plus que séduite par l'écriture de cet auteur, toute en finesse et  je ne regrette pas d'avoir choisi cette relecture...

Du roman a été tiré un film, sorti en 2005, que je n'ai jamais eu l'occasion de voir...

Voir le site officiel ICI.

 

Extraits 

 

"Ce n'est guère gros un corps de dix ans, qui plus est mouillé par une eau d'hiver...

Elle ressemblait à une princesse de conte aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel. Ses petites mains s'étaient fermées sur du vide." p.19

 

"La mort brutale prend les belles choses, mais les gardent en l'état. C'est là la vraie grandeur. On ne peut pas lutter contre." p.46

 

"Commencèrent ensuite des jours étranges. Il y avait toujours la guerre, et plus encore peut-être qu'à tout autre moment : les routes devenaient les sillons d'une interminable fourmilière qui se teignait de gris et de barbes harassées. Le bruit du canon avait fini par ne plus cesser, que ce fût la journée ou la nuit, et il ponctuait nos existences comme une horloge macabre qui brassait de sa grande aiguille les corps blessés et les vies mortes. Le pire est qu'on avait fini par ne presque plus l'entendre." p.70

 

"Pour essayer de comprendre les hommes, il faut creuser jusqu'aux racines. Il ne suffit pas de pousser le temps d'un coup d'épaule pour lui donner des airs avantageux : il faut le creuser dans ses fissures et lui faire rendre le pus. Se salir les mains. p.109

 

"Depuis, il n'y a pas un jour où je n'ai regretté ce baiser que je ne lui ai pas donné. "Bonne route..." m'a-t-elle dit. Ce furent là ses derniers mots. Et ce sont mes petits trésors. Je les ai encore dans l'oreille, intacts, et je les fais jouer chaque soir." p.145

 

"Je ne savais pas qu'on pouvait parler des fleurs. Je veux dire, je ne savais pas qu'on pouvait parler des hommes rien qu'en parlant de fleurs, sans jamais prononcer les mots d'homme, de destin, de mort, de fin et de perte. Je l'ai su ce soir-là". p.165

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 09:16
Des anglais si tranquilles / Nicole Collette

Je suis tombée par hasard sur ce petit polar en médiathèque et comme j'avais envie d'un roman facile et pas prise de tête du tout pour ce week-end pluvieux qui s'annonçait, j'ai eu envie de l'emprunter.

 

L'histoire se déroule en Normandie, près de la baie du Mont Saint Michel. Depuis des décennies des anglais sont venus s'installer là, de l'autre côté de la Manche et s'y sentent chez eux. Certains continuent à venir y passer une retraite bien méritée et les agents immobiliers se frottent les mains.

 

Mais alors que jusqu'à présent tout se passait bien entre les deux communautés, voilà qu'un premier incendie ravage une grange. De l'essence est repérée sur les lieux. Puis un second affecte un couple dont la femme est peintre. Là c'est plus grave car le compagnon est retrouvé mort dans sa voiture.

Il n'en faut pas plus pour mettre la région en émoi. Les enfants se chamaillent à l'école et l'instituteur ne sait plus comment régler les conflits. L'agressivité monte d'un cran au pub du coin, tenu par une anglaise.

 

Quelques jours avant, l'anglais mort dans l'incendie de la grange, était venu vendre des livres à Paul Ménard, le bouquiniste du village proche et celui-ci découvre à la fin de l'un d'entre eux, une page collée cachant trois noms écrits avec une telle rage que la plume a marqué le papier sur l'envers, le déchirant presque...

Paul se lance sans réfléchir dans une véritable enquête qui l'obligera à remonter jusqu'à la Guerre de Crimée.

Quel rapport y-a-t-il entre les événements de la Guerre de Crimée qui ont vu des milliers d'hommes périr de faim, et non pas au combat, et les incendies criminels touchant les anglais de la région ?

 

Pour le comprendre, le commissaire Morvan devra démêler les différents éléments en sa possession...

Mais les différents protagonistes lui disent-ils bien toute la vérité sur cette affaire ?

Paul Ménard va se décider à dévoiler ses sources, à ses risques et périls... 

 

Un polar un peu complexe au départ comme c'est souvent le cas dans les enquêtes policières, car chaque chapitre parle d'un événement et d'un personnage nouveau...Puis peu à peu le puzzle se met en place.

C'est un roman qui intéressera particulièrement les habitants de la région car ils connaissent sans nul doute les différents lieux traversés !

Il est facile à lire et le suspense est suffisant pour nous changer les idées.

C'est un bon polar pour les vacances...

Par contre je ne pense pas qu'il soit disponible à l'achat car il a déjà un certain âge et l'auteur n'est pas très connu.

Sans doute le trouverez-vous, comme moi en médiathèque ?

Nicole Collette a travaillé d'abord comme guide à Londres puis comme enseignante de français. Elle a ensuite traversé la manche pour venir enseigner l'anglais en France. 

 

Elle aime à dire qu'elle habite l'Anglonormandie, un pays imaginaire où il fait bon vivre. Elle vit dans la région de l'Avranchin, un petit pays normand au sud du département de la Manche, où se situe son livre et la ville d'Avranches, celle où vit le bouquiniste.

 

Ce polar est son unique roman connu, de ce côté-ci de la Manche. 

 

Elle est surtout connue dans la région pour ses articles dans divers journaux et ses conférences où elle aborde l'histoire de la venue des anglais en Normandie au XIXème siècle et leur intégration. 

 

Elle est l'auteur entre autres, de...

- "Un avranchinois peu ordinaire : le baron de Tonge" publié dans la Revue de l'Avranchin et du pays de Granville (mars 2014) mais aussi dans la revue anglaise "Middleton archeological "Society" et dont la maison a été détruite en 2013. 

- "Edouard  Le Hericher, un normand anglophile" paru dans la même revue en 2010. Edouard Le Héricher était un philologue et archéologue français, auteur de nombreux ouvrages. 

 

 

 

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 13:34
Du sang sur la glace / Jo Nesbo

En Norvège dans les années 70, Olav gagne sa vie en supprimant des gens : il est tueur à gages.

C'est un "expéditeur" efficace et discret qui fait ce qu'on lui demande de faire sans poser de questions inutiles.

On ne peut pas dire qu'il ait choisi son métier...Non c'est plutôt parce qu'il n'était ni doué pour les braquages, ni doué pour le proxénétisme, et parce qu'il ne savait pas compter, qu'il est devenu tueur à gage.

 

Mais lorsque Daniel Hoffmann, son "patron", un gangster sans scrupules qui dirige tous les trafics d'Oslo (de la drogue à la prostitution) lui demande d'expédier (entendez "tuer") Corina, sa jeune épouse uniquement parce qu'elle est infidèle, Olav n'y arrive pas...

Il tombe sous le(s) charme(s) de la jeune femme et change ses projets pour pouvoir la sauver !

 

Jusqu'à présent Olaf a connu peu de femmes. Il s'est attaché à Maria, une jeune fille sourde-muette qu'il protège et a sauvé des griffes d'un amant violent qui voulait la mettre sur le trottoir : elle travaille désormais dans une épicerie.

Le voilà donc dans une situation qui lui échappe, obligé d'installer chez lui Corina pour la cacher...

 

Mais la situation dégénère et s'aggrave un peu plus à chacune de ses actions.

D'autant plus que jusqu'à présent il n'a "expédié" que les hommes du "Pêcheur", le principal rival d'Hoffmann. Et que celui-ci commence à lui causer du souci...

 

Voilà je ne peux pas dévoiler davantage l'intrigue sous peine de trop en dire !

 

Mon avis

 

Je ne connaissais pas Jo Nesbo. J'avais entendu parler de lui depuis que je m'intéresse aux auteurs scandinaves parce que sa série de polars mettant en scène les aventures de Harry Hole l'a propulsé au devant de la scène médiatique européenne et américaine.

 

Dans ce one-shot aussi court qu'une nouvelle, qui sort donc des habituels romans en série de l'auteur, le lecteur se surprend à trouver sympathique Olaf, ce tueur à gages dyslexique, timide, philosophe à ses heures, qui tente de se cultiver en autodidacte mais interprète à sa façon ses lectures.

Il faut dire que l'auteur a choisi comme narrateur, Olaf en personne, ce qui rend ce polar à la fois drôle et cynique.

 

C'est un roman qui se lit d'une traite. Il est très court (154 p.) et les chapitres ne font que quelques pages. Il est si prenant que le lecteur n'a qu'une hâte... le terminer !

 

Actions présentes et souvenirs alternent, nous faisant entrer de plus en plus dans la vie intime du tueur.

 

De plus l'alternance entre la poésie de l'écriture d'une part et, la cruauté et la violence des actes d'autre part, crée une ambiance tout à fait particulière.

 

Et la fin nous surprend encore quand on réalise que l'auteur nous a promené de bout en bout !

 

 

Qui est l'auteur ?

 

Jo Nesbo est un écrivain norvégien de romans policiers, né en 1960 à Oslo. Il a d'abord été journaliste économique puis s'est dirigé vers la musique avec le groupe de pop Di Derre, l'un des plus célèbres en Norvège de 1993 à 1998.

Son premier roman, le premier tome des aventures de Harry Hole, intitulé "L'Homme chauve-souris", sorti en 1997, a tout de suite remporté un vif succès. Il a obtenu l'année suivante le prix du meilleur roman policier scandinave de l'année.

Depuis le succès a toujours été au rendez-vous.

 

 

 

Extraits

 

"La neige dansait comme du coton dans la lumière du réverbère. Sans direction, sans savoir si elle voulait monter ou descendre, elle se laissait simplement guider par ce foutu vent glacial qui venait des grandes ténèbres du fjord d'Oslo. Ils tourbillonnaient ensemble, le vent et la neige, tournaient et tournaient sur les quais, dans le noir, entre les hangars fermés pour la nuit. Jusqu'à ce que le vent se lasse et laisse sa partenaire de danse tout contre le mur. Mur où la neige sèche, soufflée de part en part, s'était agrégée sous les chaussures de l'homme dans la poitrine et la gorge duquel je venais de tirer." (p. 7)

 

 

"Donc. En résumé, nous pouvons formuler les choses ainsi : je n’arrive pas à rouler lentement, je suis soft comme du beurre, je tombe bien trop facilement amoureux, je perds la tête quand je suis furieux, et je suis mauvais en maths. J’ai lu un ou deux trucs, mais j’en sais bien peu et en tout cas pas le genre de choses qui peuvent être utiles. Et j’écris plus lentement que ne se forme une stalactite.

Alors à quoi diable un homme comme Daniel Hoffmann pouvait-il employer un homme comme moi ?

La réponse est –comme vous l’aviez peut-être déjà déduit– expéditeur." (p. 14)

 

 

"Je me sentais comme un gars qui est assis à une table de poker avec quatre mauvais perdants lourdement armés et naturellement suspicieux. Et on venait de me distribuer une main de quatre as. Parfois, les bonnes nouvelles sont si invraisemblablement bonnes qu'elles sont mauvaises.
OK, ici, un joueur de poker intelligent aurait sans doute jeté les cartes, assumé cette défaite surmontable en espérant avoir plus de chance – et une chance plus adéquate – au prochain tour. Mon problème était qu'il était trop tard pour se coucher. Que je m'en charge ou que ce soit quelqu'un d'autre, je saurais que Hoffmann se tenait derrière l'ass
assinat de sa propre épouse." (p.21)

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 07:27
L'enfant allemand / Camilla Läckberg

Après "La princesse des glaces" (que j'ai lu récemment), puis "le prédicateur", "le tailleur de pierre" et "l'oiseau de mauvaise augure" que je n'ai pas encore lu, l'auteur nous donne ici un 5ème roman dans la veine des précédents. Comme à son habitude elle mêle saga familiale, étude psychologique des personnages, réalisme des scènes et enquête...

 

Etant donné que je lis ses romans dans le désordre, j'ai quelques difficultés à suivre les événements de la vie familiale pendant quelques pages. Mais comme l'auteur nous les rappelle cela ne pose aucun problème pour comprendre la suite !

 

Le lecteur retrouve le couple mythique de la série, formé par Erica Falck et l'inspecteur Patrick Hedström, qui viennent de se marier et ont maintenant une petite fille. Le lecteur entre dans la vie intime de la famille et le cercle privé des amis. Il retrouve aussi l'équipe du commissariat de Fjallbacka avec plaisir.

 

Pas de dépaysement donc...

 

Cette fois l'auteur nous amène au coeur de la Seconde Guerre mondiale dans une Suède neutre,  en marge de la guerre, mais qui vivra cependant au rythme de l'occupation de ses pays voisins.

 

L'histoire

 

Tandis qu'Erica continue ses rangements dans la maison familiale, elle découvre au grenier une petite brassière de bébé tachée de sang entourant trois petits carnets à la couverture bleue : il s'agit du journal intime de sa mère, alors adolescente.

A côté des carnets,  elle trouve une mystérieuse médaille, gravée d'une croix gamée.

Pourquoi sa mère a-t-elle gardé ces objets ? Que représentaient-ils pour elle ?

Erica, pour en savoir plus, confie donc la médaille à un vieux professeur d'histoire qui est spécialisé dans cette période.

 

Après beaucoup d'hésitation, et mille prétextes pour ne pas le faire, elle entreprend finalement la lecture des carnets. Le résultat est plutôt décevant car ceux-ci s'interrompent bizarrement brutalement en juin 1944 et elle n'en apprend pas vraiment plus sur sa mère pour l'instant...

 

Pendant ce temps, Patrick fait ses débuts en matière de baby-sitting puisqu'il a pris un congé parental, faisant suite à celui d''Erica qui s'est occupée pendant un an de Maja, leur petite fille.

 

C'est très dur pour lui de se tenir loin du commissariat...et il ne peut s'empêcher de rester au courant de la dernière affaire en date : un assassinat.

Le corps d'un homme âgé a en effet été retrouvé deux mois après le meurtre, par deux jeunes ados entrés par effraction dans sa maison, pour découvrir les objets de la collection privé de cet homme, un passionné d'histoire de la Seconde guerre mondiale.

 

Vous l'avez deviné : il s'agit du professeur d'histoire à qui Erica a confié la médaille de sa mère !

 

Dès lors nos deux protagonistes vont plonger dans le passé pour découvrir le lien entre les deux histoires.

Passé et présent se mêlent...

 

Erica découvrira que pendant la guerre, Elsy, sa mère, était une toute jeune fille, belle et pétillante...entourée de jeunes hommes qui l'adoraient.

 

Comment a-t-elle pu devenir une mère si froide et rigide ?

 

Quels événements tragiques  a-t-elle vécu ?

 

Pourquoi ces secrets ont-ils été enfouis pendant plus de 60 ans ?

 

 

Mon avis

 

 

Encore une fois, j'ai plongé dans un roman de Camilla Läkberg avec délice et sans aucune culpabilité...C'est beaucoup mieux que la télé !

 

L'intrigue est toujours bien construite. La technique bien rodée, des flash-back entre présent et passé, fonctionne bien.

La plongée dans les problèmes familiaux fait juste "languir un peu plus le lecteur" bien que j'ai trouvé quelques petites longueurs autour de ce sujet.

 

Dans ce roman, l'auteur ajoute des éléments historiques sur la Suède durant la Seconde Guerre Mondiale et  sur son implication dans le conflit.

Des réseaux de résistance aux camps de concentration, en passant par la vie quotidienne dans les prisons et l'action des groupes néo-nazis (hier et aujourd'hui), le lecteur se trouve confronté à la sombre réalité de l'Histoire.

 

Les relations humaines et surtout familiales sont bien explorées...

 

Même si les codes d'écriture de l'auteur me sont de plus en plus familiers, il faut admettre qu'elle sait distiller à merveille les infos, juste ce qu'il faut pour nous tenir en haleine jusqu'au bout, jouer entre le passé et le présent, nous faire rire des personnages et passer de l'amusement au drame.

Bon Ok, j'admets que j'ai deviné une partie de l'histoire bien avant le dénouement final : certaines coïncidences sont trop évidentes et le lecteur est capable de déduction !

 

C'est néanmoins, un bon polar qui permet de se détendre vraiment dans une ambiance sympa où l'amour et l'amitié sont omniprésentes rendant les personnages beaucoup plus proches de nous.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 08:10
La Princesse des glaces / Camilla Läckberg

Ce roman policier de la célèbre auteure suédoise est paru en France en 2008 et plus récemment en poche.

Il a obtenu en 2008 Le Grand Prix de Littérature Policière (catégorie Roman Etranger) et le Prix Polar international.

L'histoire se passe en Suède, à Fjällbacka, une petite ville paisible de la côte ouest.

 

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies est partie faire une petite promenade car elle n'arrive pas à se concentrer sur son travail d'écriture.

Elle vient de perdre subitement ses parents et s'est installée dans leur maison le temps de faire un peu de tri dans leurs affaires ce qui n'arrange pas son moral.

Elle se sent seule et déprimée.

 

Alors qu'elle marche dans le quartier de son enfance, elle entend crier Eilert Berg, un pêcheur du village qu'elle connaît bien et qui fait l'entretien de maisons durant l'absence de leur propriétaire.

 

Elle le suit et découvre dans une maison où elle n'était plus rentrée depuis très longtemps, le cadavre d'une amie d'enfance qu'elle n'avait pas revue depuis l'année de ses 12 ans. Il s'agit d'Alexandra Wijkner. Ses poignets ont été tailladés. Elle repose nue, dans sa baignoire d'eau gelée (d'où le titre du roman).

 

Alexandra et sa famille avaient subitement quitté la ville sans lui dire au revoir. Depuis, Erica ignorait ce qu'elle était devenue...

 

Suicide ou meurtre ?

 

Les parents d'Alexandra ne croient pas au suicide et son mari, un homme d’affaire très riche est totalement perdu.

 

Pourquoi la belle et talentueuse Alexandra aurait-elle voulu mourir ?

 

L'autopsie révèle que la jeune femme est morte depuis près d'une semaine. Avant que quelqu'un lui ouvre les veines, elle a été fortement droguée. De plus elle était enceinte de trois mois...

 

Impliquée malgré elle dans l'enquête, car la mère d'Alexandra lui a demandé d'écrire une nécrologie, Erica écarte rapidement la thèse du suicide. L'inspecteur Patrik Hedström, l'ami d'enfance d'Erica, est chargé de l'enquête et la rejoint sur ce point (et bien d'autres points, soit dit en passant...).

 

Peu de temps après, le corps d'un peintre local, marginal et alcoolique, est retrouvé.

Il s'est apparemment pendu mais le tabouret est trop loin de lui.

Suicide ou nouvel assassinat ?

 

Apparemment Alexandra et lui, malgré leurs différences se fréquentaient...

 

Entretenaient-ils une relation sexuelle, comme une rumeur l'atteste ou leur seul lien était-il l'art ?

 

Est-ce lui le père de l'enfant qu'Alexandra attendait ?

 

Jour après jour, de nombreux secrets vont refaire surface pour éclairer l'enquête et faire éclater la vérité. La petite ville cache bien des secrets, enfouis depuis des années et bien conservés par tout le monde, surtout dans l'intérêt de la famille la plus riche de la ville...

 

Angoissée par ses problèmes familiaux, Erica, qui ne supporte pas l'idée que sa soeur veuille vendre la maison de ses parents, se réfugie dans l'enquête et laisse place à sa curiosité naturelle tout en décidant d'écrire un roman...policier !

 

Sans le vouloir, elle va considérablement aider Patrick à résoudre l'affaire tout en tombant peu à peu amoureuse de lui, qui l'aime depuis leur adolescence...

 

 

Mon avis

 

C'est le second roman de l'auteure que je lis et je suis conquise. C'est un roman agréable qui se lit rapidement. Et je n'ai qu'une envie, c'est de lire les autres...

 

Il s'agit du premier de la série des enquêtes menées par Erica et Patrick et du début de leur histoire d'amour.

On retrouve déjà la tendance de l'auteure de mêler vie familiale, affaires de coeur et enquête policière ce qui donne une ambiance particulière au polar. Le récit alterne entre légèreté et drame.

Les amateurs de polars purs et durs n'apprécieront pas. Mais moi j'aime bien : c'est un bon polar pour les vacances !

 

L'auteure sait à merveille manier les rebondissements pour maintenir le suspense à un niveau élevé jusqu'à la fin. Impossible d'imaginer qui est le coupable !

 

Le cadre agréable de la petite ville balnéaire  crée un dépaysement tout à fait plaisant.

 

De plus, l'auteure a une façon bien à elle de croquer ses personnages. Le regard sans concession qu'elle porte sur la petite communauté, tranquille en surface mais beaucoup plus sombre qu'on ne le pense, démontre (déjà) le savoir-faire d'un grand auteur...

J'avais  découvert cet auteure récemment en empruntant à la médiathèque son roman intitulé : La faiseuse d'anges.

 

"La Princesse des glaces" est le premier volume des aventures d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. Il est toujours sur les listes des meilleures ventes en France depuis sa sortie. Il était temps que je le lise...

 

Depuis, six autres romans de la même série sont parus !

Après "La Princesse des glaces" sont sortis : "Le Prédicateur", "Le Tailleur de pierre", "L’Oiseau de mauvais augure", "L’Enfant allemand", "La Sirène", et enfin "La Faiseuse d’anges," septième volet de la série et dernier traduit en français. Je ne sais pas si d'autres sont attendus.

 

J'ai donc lu le premier et le dernier, il ne me reste plus qu'à lire ceux qui sont situés au milieu !!

 

 

La Princesse des glaces / Camilla Läckberg

 

 

Ce roman  a été adapté en BD en 2014, chez Casterman. Léonie Bischoff et Olivier Bocquet ont transposé avec fidélité, l'histoire de ce premier opus.

 

L'ambiance du roman est bien rendue et les fans vont adorer !

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:38
Ne lâche pas ma main / Michel Bussi

Martial et Liane forment un couple de touristes comme les autres.

Ils profitent paisiblement de leurs vacances sur l'île de La Réunion, se font bronzer près de la piscine de l'hôtel tout en s'occupant de Sofa, leur petite fille de 6 ans.

 

Un après-midi, Liane monte dans leur chambre et ne redescend plus.

Le soir, lorsque Martial donne l'alerte, du sang est retrouvé dans la chambre. La femme de ménage affirme ne pas avoir vu Liane, ressortir  : pourtant elle a bel et bien disparue.

 

Aussitôt son mari, Martial, devient le coupable idéal.

De plus, au moment où les policiers viennent pour l'arrêter, pris de panique,  il prend la fuite avec Sofa.

 

Est-ce un aveu ?

 

Une course-poursuite halletante débute alors sur l'île...

Martial réussit à se faufiler à travers les mailles du filet : il connaît l'île comme sa poche.

Mais la situation se complique car, à chacune de ses étapes,  un nouveau cadavre est retrouvé.

Les policiers n'ont pas de temps à perdre : ils sont convaincus d'avoir affaire à un tueur en série et mettent tout en oeuvre pour sauver la petite Sofa et la sortir rapidement des griffes de son père...

 

Mais êtes-vous bien sûrs que ce soit lui le coupable ?

 

Et s'il cherchait tout simplement à protéger ceux qu'il aime, de son propre passé ?

 

 

Mon  avis

 

L'histoire se passe sur l'ïle de la Réunion.

L'auteur est malin : il délocalise ses différentes intrigues pour créer le plus grand dépaysement possible chez ses lecteurs. 

Les lecteurs voyagent avec lui, s'imaginent au volant d'une voiture de location sur la route du littoral, humant les senteurs de la mer, des fleurs ou des arbres fruitiers, se frottant les yeux à cause de la poussière de cendres du volcan, sirotant un peu de rhum charrette près de la piscine ou encore se baignant dans le lagon turquoise (loin des requins de préférence).

 

Ce qui est très prenant, ce sont les chapitres où se fait entendre la petite voix de Sofa : elle cherche à comprendre où est sa mère, si son papa est coupable, pourquoi il l'emmène si loin de l'autre côté de l'île, et aussi pourquoi il lui recommande de ne pas parler fort, et surtout de ne pas lâcher sa main...

 

C'est un roman qui se lit très vite : le suspense est toujours bien présent, les détails sur les avancées de l'enquête sont semés au compte-goutte et on entre peu à peu dans la vie privée des personnages...mais j'avoue avoir deviné, bien avant le dénouement, qui était le véritable coupable.

 

On retrouve toujours l'humour de l'auteur qui joue avec les mots, sa capacité à nous mener par le bout du nez, à nous faire vivre des moments tragiques pour mieux nous rassurer quelques chapitres plus loin !

 

C'est donc un bon polar, distrayant et facile à lire, qui fait passer un bon moment...mais je le trouve un peu en dessous de Gravé dans le sable et d'Un avion sans elle.

 

Je vais faire un break "Bussi"en attendant d'emprunter "Nymphéas noirs" à la médiathèque :  je vais me replonger dans d'autres auteurs de polars connus ou pas, juste pour changer un peu !

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 08:12
Le dernier Lapon / Olivier Truc

Sorti en 2012, ce roman policier qui se passe (vous l'aurez deviné) en Laponie est toujours resté depuis cette date dans ma liste de livres en attente...

Ce titre a fait parti des "10 meilleurs polars à lire" sélectionnés en 2013 par le magazine LIRE. Il était temps que je le lise et les vacances sont faites pour ça aussi...prendre le temps de se plonger dans d'autres lectures.

 

Le roman commence par la traque subie par un lapon dénommé Aslak en 1693. Celui-ci a juste le temps de cacher un objet avant d'être fait prisonnier et brûlé vif.

 

Des décennies après, en l'an 2000, le lecteur se retrouve en Laponie, le jour précis où le soleil réapparaît à l'horizon quelques instants, mettant fin à la nuit polaire.

Klemet Nango, appartenant à la police des rennes, une police transfrontalière chargée de surveiller le respect des règles de cohabitation entre les éleveurs de troupeaux, attend cet instant où il va enfin redevenir un homme (puisqu'il pourra voir son ombre).

 

Mais dans la petite ville de Kautokeino, capitale de la Laponie centrale, deux événements vont venir perturber la quiétude de ces instants précieux...

 

Un mystérieux tambour traditionnel saami, utilisé par les chamans, est volé en pleine nuit dans son emballage d'expédition, en plein coeur du Musée de la ville, alors qu'il devait être exposé quelques jours plus tard.

C'est  Henry Mons, un français ayant participé à une expédition en 1939, en compagnie de Paul-Emile Victor, qui en a fait don à la ville.

Le lendemain, un éleveur de Rennes, Mattis Labba, fils et petit-fils de chaman, est retrouvé mort assassiné près de son gumpi (c'est l'habitation en bois des éleveurs de rennes). Ses deux oreilles ont été tranchées post-mortem et son scooter a été brûlé.

 

Chargé de l'enquête, Klemet Nango et  Nina Nansen, sa nouvelle coéquipière, toute nouvelle dans le métier, vont devoir s'atteler à la tâche et aller interroger tous les éleveurs. Ils ne tarderont pas à découvrir les nombreux confits  sous-jacents qui perdurent entre eux, parfois depuis plusieurs générations.

 

Cependant tous deux écartent assez vite le simple règlement de compte sanglant entre éleveurs et Nina sent intuitivement que le vol du tambour et le meurtre de Mattis, sont liés.

 

Peu après les deux policiers vont découvrir l'existence de l'expédition de 1939 durant laquelle certains membres ont mystérieusement disparu.

Ils apprennent le rôle joué au XVIII° siècle par les fondementalistes protestants laestadiens dans la destruction systématique des tambours saamis.

Ils découvrent aussi que certains indépendantistes saami auraient pu voler le tambour, tout simplement pour faire parler d’eux.

Et qu'en est-il de cette légende saami autour d'une mystérieuse mine d'or...

De quoi occuper leurs journées et leurs nuits !

 

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de Paul-Emile Victor ?

Pourquoi, l’un des guides a-t-il donné le tambour à Henry Mons avant de disparaître ?

Ce tambour traditionnel contient-il un message ?

Que vient faire ici Racagnal,  ce géologue français qui s'intéresse d'un peu trop près aux toutes jeunes filles ?

Quel rôle joue le mystérieux Aslak dans toute cette affaire ?

 

 

Mon avis

 

L'auteur réussit parfaitement à nous plonger dans l'ambiance arctique.

Pour moi qui aie eu la chance de connaître le Grand Nord canadien en été, lorsque j'étais étudiante, cela a été l'occasion de revivre de façon étrange, ce sentiment puissant et indescriptible de ne faire qu'un avec la nature, sentiment que j'avais ressenti alors devant les paysages sauvages et magnifiques, tout en marchant dans la toundra.

Je n'ai eu aucun mal à imaginer les rennes en train de brouter du lichen au milieu des grandes étendues désertiques, ni les tenues bariolés des lapons en route vers leurs familles,  bien installés sur leur scooter des neiges ou tout simplement au chaud dans leurs petites maisons...en train de boire du café.

 

Dans ce pays où les saamis luttent pour maintenir leurs traditions ancestrales, pris en conflit entre la modernité et leur culture, la vie quotidienne n'a rien d'un long fleuve tranquille et la mort guette à chaque instant : le froid intense, la panne de scooter, les animaux sauvages, le blizzard peuvent en un instant faire basculer une vie.

 

L'auteur dresse le portrait précis de toute une panoplie de personnages.

Klemet, le vieux célibataire qui n’a jamais su s’y prendre avec les filles, est un policier efficace qui avance pas à pas (preuve après preuve) dans l'enquête, en prenant son temps.

Nina Nansen, la jeune coéquipière sortie tout juste de l'école d'Oslo prend à coeur la cause des femmes laponnes, violées et méprisées par de nombreux suédois. Elle est réaliste et très intuitive. Les femmes sont rares dans la police et elle est promise à un bel avenir. Mais cela ne modifie en rien son comportement exemplaire.

Aslak, le mystérieux éleveur de rennes dont la femme est devenue folle suite à un viol, vit retranché du monde et fuit le modernisme. Mais il reste un homme très respecté par le peuple saami car tout le monde l'admire.

 

Et puis il y a ceux qui adhèrent à la cause de l'extrême droite, ceux qui se battent pour la reconnaissance de leur identité, Brattsen, le policier ripou manipulé par le vieil Olsen, le géologue Racagnal, expert dans son domaine mais pédophile fasciné par les très jeunes filles...

 

J'ai découvert que le peuple saami avait été persécuté par les pasteurs protestants qui voulaient imposer leur religion.  C'est une partie de l'histoire de l'Europe que j'ignorai (ou avait oublié si ces événéments m'ont été enseignés à l'école). Je savais par contre que ce peuple était le dernier peuple indigène d'Europe.

Pour en savoir plus sur la religion saami et l'usage des tambours magiques, vous pouvez consulter l'article de Wikipedia ICI.

 

C'est avec succès que l'auteur, journaliste, correspon­dant à Stockholm du journal Le Monde et du Point, se risque à l'écriture d'un roman ethnologique très bien documenté.

C'est un roman très prenant qui plonge le lecteur dans les traditions ancestrales des lapons sur fond de tambours chamaniques, de joïks (ces chants traditionnels chantés "a cappella" qui délivrent un message) et de légendes.

Le lecteur  découvre les difficultés de vivre du peuple saami depuis la colonisation de leur territoire par les suédois, les finlandais et les norvégiens, qui ont pillé les ressources natuelles et provoqué de nombreux problèmes politiques et sociaux...

 

Un roman à lire absolument !

 

Pour en savoir plus sur l'auteur et son livre, lire l'interview ci-dessous réalisée par le blog "Retour du monde".

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 17:37
Maman a tort / Michel Bussi

Voilà ! J'ai décidé de lire le plus possible de romans de Michel Bussi d'ici la fin de l'été. Il fait chaud et on passe les journées au frais, derrière les volets clos, dès 10 heures du matin.

Ses romans sont faciles à lire et très prenants. Difficile de lâcher celui que je commence, du coup j'arrive à m'abstraire du monde extérieur et c'est la détente assurée sans prise de tête !

Je lis, soit le matin très tôt, soit au moment de la sieste (des autres !)...

 

 

Une nouvelle fois avec "Maman a tort", son dixième roman sorti ce printemps (vous le savez maintenant j'ai toujours un temps de retard car je ne suis pas "sponsorisée"...), Michel Bussi nous dévoile son talent de narrateur hors pair. Il nous emmène encore une fois sur des (fausses) pistes surprenantes, loin de celles que le lecteur avait imaginées...

 

Malone, le héros du roman, est un petit bout de chou de trois ans et demi à peine qui ne lâche jamais bien longtemps son doudou, surnommé Gouti.

 

Mais lorsque la maîtresse, inquiète de ce qu'il raconte, le confie à Vasile Dragonman, le psychologue scolaire, celui-ci est surpris des confidences de l'enfant. A en croire Malone, Gouti lui parlerait tous les soirs... et sa maman-Da ne serait pas sa vraie maman, ni son papa-Di son vrai papa !

De plus, malgré le fait que cet enfant est en avance pour son âge, il raconte avec beaucoup de précision sa vie d'avant, avec sa vraie maman, lorsqu'ils habitaient près de la mer, du château et du bateau de pirate. Il affirme aussi avoir vu des fusées.

Est-il simplement un petit garçon à l'imagination débordante ?

 

Non, pense le psy, qui est étonné que le discours du petit Malone ne varie jamais et ne s'enrichisse pas au fur et à mesure de son discours, de nouveaux éléments imaginés en cours de route, comme le font les autres enfants de son âge...

 

Devant l'incompréhension de son entourage, Vasile Dragonman décide de confier ses inquiétudes à la police et contacte le service de Marianne Augresse.

Mais celle-ci, malgré le charme évident du jeune psy, a bien d'autres urgences. Elle et son équipe sont sur la piste de Timo Soler, un dangereux braqueur, un des responsables du braquage d'une bijouterie de Deauville, durant lequel deux jeunes complices ont trouvé la mort, et deux autres se sont enfuis. Timo Soler, qui vient de refaire surface, a été gravement blessé. Il souffre toujours de sa blessure et vient de contacter un médecin.

 

Le jeune psy arrive à convaincre Marianne de l'aider à prouver la véracité des  propos du petit Malone. Il y a urgence en effet car, vu le jeune âge du petit garçon, Vasile a très peur que ses souvenirs ne s'effacent à jamais et qu'on ne puisse plus retrouver ses vrais parents, s'ils existent.

 

Sans trop y croire, Marianne Augresse met alors sur le coup, son jeune stagiaire...

 

Mais un soir près d'une falaise, Vasile Dragonman est retrouvé mort, enfin ce qu'il en reste, car il a été brûlé vif. Aucune trace d'accident : il s'agit bien d'un assassinat.

 

Cette fois la commissaire ne met plus ses paroles en doute...

Tout le commissariat est consigné jusqu'à la résolution des deux affaires !

Mais ce que dont ne se doute pas un seul instant Marianne Augresse, c'est que sa vie personnelle et ses affaires en cours sont intimement liées...

Elle consacre alors tout son temps à l'enquête, négligeant son amie Angie qui pourtant a besoin d'elle.

 

Pas moins de 20 questions restent encore sans réponses et parmi elles, deux questions essentielles dont on n'aura la réponse qu'à la toute fin du roman...

 

Qui est véritablement le petit Malone ?

Qui sont ses vrais parents ?

 

 

Mon avis

 

Encore un suspense, riche en nombreux rebondissements, qui vous tiendra en haleine jusqu'au dernier chapitre.

 

La toile de fond de l'histoire est une région socialement désertée, des petits villages où les jeunes s'ennuient et où le chômage est bien présent.

 

La construction du roman est encore une fois très originale.

Le roman débute dans un aéroport (celui du Havre), une maman et son petit garçon sont sur le point de prendre l'avion : la situation crée le mystère. On retrouvera les "mêmes" personnages vers la fin du roman, vivant la même situation, éclairée par tout ce qu'on a appris en cours de route et alors que la plupart des questions ont trouvé des réponses. Eh oui vous allez encore émettre des hypothèses erronées !

Ensuite bien sûr on plonge dans le passé en fait, dans les quelques  jours précédents le départ...

 

Le roman est divisé en trois parties présentant les principaux personnages féminins de l'histoire et le narrateur change d'un chapitre à l'autre.

Lorsque c'est Malone qui parle, le lecteur se repère immédiatement car il marque le temps comme un petit garçon qui ne sait pas encore lire l'heure (vous verrez comment) ou bien il se repère dans les jours de la semaine selon son calendrier à lui (vous verrez lequel)...

 

Le texte est entrecoupé par les histoires que Gouti, le doudou, raconte le soir à Malone...Il faut entrer dans le jeu de l'auteur et les lire jusqu'au bout : vous verrez, elles ont leur importance.

 

Beaucoup d'humour aussi avec, pour alléger le texte, des anecdotes en début de chapitre qui sont des extraits d'un site internet (factice) intitulé "www.envie-de-tuer.com".

L'humour de l'auteur se retrouve aussi dans les noms donnés aux personnages. On se croirait dans un conte pour enfant...mais comme toute l'histoire tourne autour de Malone, c'est plutôt marrant.

 

Pour donner un peu de légèreté supplémentaire à son roman, il décrit les femmes d'une manière très amusante.

La commandante Augresse par exemple est à la recherche urgente d'un homme pour faire un enfant (elle a presque 40 ans) et cela devient vraiment une véritable obsession : elle reluque tous les culs qui passent, fantasment sur ses jeunes collègues et passent ses soirées entre filles à ne parler que des hommes.

 

C'est vrai que cela peut paraître un peu lourd par moment, mais ça permet de relâcher la pression...et vous verrez là aussi, rien n'est laissé au hasard, cela a une importance dans l'histoire.

 

Et puis ce que je voudrai dire, c'est qu'il faudrait que certains internautes arrêtent un peu de critiquer les romans légers, au suspense garanti, qui ne sont pas forcément des grands textes littéraires mais qui sont néanmoins bien écrits et bien construits : s'ils sont lus et aimés par d'autres lecteurs, c'est tout simplement parce qu'ils permettent une vrai détente et que pendant la lecture on ne peut penser à rien d'autre. (Attention cependant, surveillez quand même vos enfants !).

Hé oui on lit aussi pour se distraire, vous en doutiez !

Mais là où les critiques sont injustes, c'est que, dans chaque roman de Bussi, on apprend aussi toujours quelque chose.

Dans "Maman a tort", avouez-le, si vous n'avez jamais fait d'études de psychologie, et même si vous avez des enfants, vous avez appris pas mal de chose sur la mise en place de la mémoire et des souvenirs d'enfance. Intéressant. Non ?

 

C'est encore un roman machiavélique : certaines personnes sont manipulées par d'autres (non ! n'insistez pas je ne citerai pas les noms !). D'autres personnes gardent dans leur coeur des secrets inavouables...


Si vous voulez en savoir plus, prenez une heure de votre temps pour écouter l'interview de l'auteur lors d'une rencontre animée par Julie Malaure, journaliste au Point, autour de son dernier roman...

Rencontre autour de son dernier livre en direct sur Youtube.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 16:20
Quelques romans policiers à partager avec vos ados...Quelques romans policiers à partager avec vos ados...Quelques romans policiers à partager avec vos ados...
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Quelques romans policiers à partager avec vos ados...Quelques romans policiers à partager avec vos ados...Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

 

Au delà des classiques comme Maurice Leblanc, Agatha Christie , Gaston Leroux, Boileau- Narcejac, Michel Honaker (pour la petite touche de fantastique), Dan Brown , Mary Higgins Clark, Patricia Highsmith, Léo Malet, Sir Arthur Conan Doyle, Georges Simenon...

 

et des collections pour les ados comme "Courants noirs" chez Gulf Stream ; Rageot Thriller ; Actes sud ; Milan Macadam ; doAdo noir (Éditions du Rouergue) ; Rat noir (Syros); MSK (Le Masque) ...

 

Voilà quelques idées de lectures faciles à partager en famille !

 

 

- La série CSU (Crime Support United)  / Caroline Terrée.

 

Une unité de police d'élite - le CSU (Crime Support Unit) -, dirigée par Kate Kovacs, un agent du FBI au passé mystérieux, est confrontée à une affaire criminelle de la plus haute importance : incendie criminel, terrorisme, tueur en série, disparition mystérieuse...Chaque épisode de la série se passe à Vancouver.

Très réaliste, on se croirait dans une série télévisée !

 

Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

- Frères de sang / Mikaël Ollivier

 

Brice, le fils aîné des Lemeunier est arrêté par la police, soupçonné d'avoir commis cinq meurtres. Toutes les preuves et les mobiles l'accusent mais pourtant Martin,son petit frère, reste convaincu que son frère est innocent. Alors il va faire ses recherches tout seul. Même ses parents ne croient plus à l'innocence de leur fils aîné lorsque la police découvre le cinquième corps dans leur jardin...

 

 

 

- La série Cherub / Robert Muchamore.

 

Tome 1 : 100 jours en enfer

"James est placé dans un orphelinat sordide à la mort de sa mère. Devenu délinquant, il est recruté par la très secrète agence de renseignement gouvernemental Cherub. Avant sa première mission, il doit suivre un programme d'entraînement très dur. Sera-t-il capable de résister 100 jours ? en enfer.."

 

Site officiel de la série ICI. Suspense garanti !

 

Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

- Fleurs de dragon /  Jérome Noirez. Un magnifique roman avec un brin de fantastique pour les + de 13 ans...

 

Japon, 1489. Dans un pays sombrant dans le chaos des guerres civiles, l'enquêteur Ryôsaku est chargé par le shôgun de pourchasser de mystérieux assassins prenant pour cibles des samouraïs. En compagnie de Kaoru, Keiji et Sôzô, trois adolescents maîtrisant l'art du sabre, mais hantés par un passé douloureux, il traque sans merci ces tueurs insaisissables. Armé de son seul " marteau à sagesse ", Ryôsaku devra éviter à ses compagnons de tomber dans des pièges aussi nombreux que pervers et affronter l'essence même du mystère. Les jeunes samouraïs et leur mentor auront fort à faire pour mettre au jour un secret plus terrifiant encore que tout ce qu'ils auraient pu imaginer...

 

 

- La série Artemis Fowl / Eoin Colfer

 

Le héros a douze ans mais qu'à cela ne tienne, cette série peut être lu par tous.

Vous aimez Batman, les histoires de bandits et de pirates, les légendes irlandaises qui font froid dans le dos, vous rêvez en cachette d'enfreindre la loi, de conduire une voiture par exemple... et d'utiliser en vrai les gadgets de James Bond.

Cette série est faite pour vous...

 

Le site officiel est ICI. Petite révision d'anglais en prime et jeux en ligne !

 

 

- Les effacés / Bertrand Puard

 

 

 

Quatre adolescents, Ilsa, Mathilde, Émile et Zacharie. Leurs parents ont été assassinés parce qu'ils en savaient trop. En face de leurs noms, sur un rapport secret, la plus haute autorité de l’État a inscrit : "À traiter". Eux ont échappé à la mort et n’ont plus d’existence légale...

 

- Crimes et jeans slim / Luc Blanvillain.

Un roman policier plein d'humour à découvrir dès 12 ans.

 

 

- Le suivant sur la liste / Manon Fargetton.

 

Adolescent doué mais discret, Nathan est percuté mortellement par un automobiliste devant son collège. Témoin de la scène grâce à sa vision exceptionnelle, Izia sait que le chauffeur a agi intentionnellement. Non loin de là, Morgane, une irrésistible jeune fille, rend visite à sa mère internée et rencontre Timothée, que le moindre contact physique avec autrui fait souffrir.

Bientôt tous trois reçoivent des messages posthumes de Nathan. Réunis puis traqués, ils découvrent qu'ils sont nés dans la même clinique par procréation médicalement assistée.

De quelles manipulations ont-ils été cobayes ?

 

 

Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

- La série The Agency (3 tomes) / Y.S Lee

Cette série plaît particulièrement aux filles...Il faut dire que l'héroïne est une fille qui n'a pas froid aux yeux !

 

         

 

 

- L'innocent de Palerme / Silvana Gandolfi

 

- Echec et Rap / Jean-Claude Nozière ou autres titres de l'auteur...

Une troublante enquête policière, où victime et bourreau se confondent…

 

Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

- Le tueur à la cravate / Marie-Aude Murail

 

- Infiltrés / Laurent Queyssi

Repéré pour s'être introduit sur un site protégé de la CIA, Adam, 15 ans et hacker de génie, est interrogé par les services secrets. Le piège se referme sur lui : soit il accepte de traquer les détenteurs d'une arme bactériologique au sein d'un rallye automobile prestigieux, soit... L'adolescent n'hésite pas longtemps. La Riviera Race est une course de milliardaires qui s'affranchissent de toutes les règles, l'agent qui l'accompagne une jeune femme classieuse et... son fauteuil roulant high tech lui fournit la meilleure des couvertures.

 

 

- Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou / Jean-Paul Nozière.

Suspense, disparition et fausses pistes, tous les ingrédients sont réunis pour un excellent polar à lire dès 13 ans.

 

 

- L'affaire Jennifer Jones / Anne Cassidy

Ce roman plaît particulièrement aux filles...

 

Alice Tully. 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Etudiante, serveuse dans un bistrot. Et Frankie, toujours là pour elle. Une vie sans histoire. Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans ami. Comme si elle se cachait. Comme si un secret indicible la traquait.

 

 

 

 

- Les enquêtes d'Enola Holmes / Nancy Springer

Saviez-vous que Sherlock Holmes avait une soeur encore plus douée que lui ? Découvrez cette héroïne hors du commun dès 12 ans.

Cette série plaît particulièrement aux filles...

 

Quelques romans policiers à partager avec vos ados...

Vous pouvez compléter vos lectures avec d'autres auteurs pour adultes comme :

 

- Harlan Coben,

- Thierry Jonquet,

- Jean-Claude Izzo (la trilogie marseillaise : Total Kheops ; Chourmo ; Solea),

- Tonino Benacquista,

- Fred Vargas ( en particulier la Série "Les enquêtes du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg"),

- Daniel Pennac (en particulier "La fée carabine"),

- Marcello Fois,

- Manuel Vasquez Montalban,

- Andrea Camilleri  (les enquêtes du commissaire Montalbano),

- Michael Connelly...

 

Et tant d'autres encore...Bonne lecture d'été  !

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:28
N'oublier jamais / Michel Bussi

C'est un roman idéal pour les vacances qui se dévore comme les précédents romans de l'auteur même si cette fois, il faut bien l'admettre, les personnages sont un peu moins crédibles et Jamal, le héros du livre, un bouc émissaire rêvé.

 

 

L'histoire

 

Jamal Salaoui adore courir. Il rêve de devenir le premier sportif handicapé à participer à L'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Mais avec une prothèse de jambe ce n'est pas facile. Aussi met-il à profit tous ses jours de liberté, quand il ne travaille pas à l'Institut pour enfants handicapé, pour s'entraîner...

 

Ce matin-là en vacances à Yport, un petit port sauvage de la côte d'Albâtre, en Normandie, il part courir le long du chemin douanier qui borde les hautes falaises.

C'est alors qu'il remarque une superbe écharpe rouge, prise dans les fils barbelés d'une clôture. C'est une écharpe de valeur qui ne passe pas inaperçue car elle est en cachemire.

 

Peu après, il trouve une jeune femme complètement paniquée, prête à se jeter dans le vide du haut de la falaise.

Jamal tente de lui parler, de la rassurer : elle ne veut pas qu'il s'approche, ni qu'il la touche. Il voit qu'elle a été victime de violence : sa robe est déchirée. Alors, il lui tend l'écharpe pour qu'elle s'accroche, sauf qu'au lieu d'attraper l'autre bout, elle se jette tout à coup dans le vide, le laissant désemparé au bord du précipice.

 

Bien sûr, Jamal se précipite au pied de la falaise, empruntant le chemin abrupt qui y mène, retrouve le corps de la jeune femme et deux témoins qui l'ont vu tomber. Tous les trois seront convoqués par la police pour être interrogés.

 

Mais en regardant le corps de plus près, Jamal est stupéfait : comment est-ce possible...la jeune femme a l'écharpe rouge nouée autour du cou !

L'autopsie révèle qu'elle a été étranglée après avoir été violée.

 

Les empreintes de Jamal sont retrouvées sur l'écharpe.

Les analyses d'ADN sont en cours...

Il devient le suspect idéal. Tout le monde pense qu'après l'avoir étranglée, il a poussé la jeune femme pour faire croire à un suicide.

 

Le lendemain, il rencontre de façon fortuite, au sein de la gendarmerie, Mona, une jeune femme chimiste, qui analyse les galets sur les plages pour une entreprise. Ils sympathisent. Elle écoute sa version des faits, le met en confiance et décide de l'aider dans ses recherches, pour tenter de faire éclater la vérité.

 

Mais Mona n'est pas celle que l'on croit...

Voilà Jamal proche de la folie...

Et le lecteur aussi...

 

Comment démêler le vrai du faux ?

Qui sont ces jeunes filles violées et étranglées par une écharpe en cachemire rouge, dix ans plus tôt ?

Et à qui appartiennent ces squelettes que la falaise, en s'écroulant, vient de mettre à jour ?

Jamal est-il  un serial Killer ?

Ces différentes affaires sont-elles liées ?

Coupable ou innocent et peut-être même victime,  vous ne le saurez qu'à la toute fin du roman !

 

 

Ce que j'en pense

 

C'est un thriller absolument machiavélique et très prenant.

L'auteur nous mène où il veut et comme d'habitude, nous force à poursuivre notre lecture pour en savoir plus.

Dès les premières pages, le lecteur s'attache à Jamal, ce jeune banlieusard handicapé si volontaire. C'est lui qui raconte l'histoire...nous faisant entrevoir une fin heureuse. Le récit est simplement entrecoupé par quelques rapports de gendarmerie.

 

L'auteur déborde d'imagination pour notre plus grand plaisir.

De nombreux retournements et rebondissements ménagent le suspense. Vous pensiez avoir trouvé la solution. Et bien vous avez tout faux !

Des incohérences apparaissent et donnent naissance à des situations peu crédibles : elles trouveront leur explication au cours du roman. Vous êtes encore partis sur une fausse piste, c'était plausible !

 

Ces situations parfois incroyables n'ont pas entamé mon plaisir de lire...

 

Il faut dire qu'avec cette chaleur, lire reste l'activité la plus calme qui soit et celle qui nous fait le moins transpirer, quand on a la chance de rester au frais dans la journée.

 

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 14:42
J'irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

C'est un roman policier, paru pour la première fois en 1946, écrit par Boris Vian, sous le pseudo de Vernon Sullivan, un nom imaginé à partir de Paul Vernon, un copain musicien, et Joe Sullivan, pianiste de jazz.

Pour le faire publier, Boris Vian se fait passer pour le traducteur du texte.

 

 

L'histoire se déroule dans le Sud des États-Unis et met en scène les difficultés quotidiennes des Noirs face au racisme des Blancs.

Lee Anderson est un "nègre blanc" : il est bien décidé à "franchir la ligne" c'est-à-dire à se faire passer pour un blanc. Il faut dire qu'il a la peau très claire, les cheveux clairs et, à part ses ongles qui sont colorés de jaune, il peut très facilement passer pour un blanc. Sa mère était une mulâtresse, sa grand-mère était noire et son grand-père blanc.

Son petit frère par contre "le gamin" n'a pas eu cette chance : il était très noir de peau.

C'est pour cela qu'une bande de blancs l'a poursuivi. Pour cela et aussi parce qu'il aimait une blanche, et qu'elle aussi l'aimait, fait inacceptable pour la société de l'époque. C'était facile alors de le condamner à mort en l'accusant de viol...

 

Fou de rage et bien décidé à venger son frère, Lee quitte sa ville natale pour se rendre à Buckton.

Là, grâce à une connaissance il devient libraire et entre dans la petite bande locale de jeunes fortement alcoolisés... grâce aux filles auprès de qui il passe pour un Don Juan.

Son but n'est pas de faire des connaissances, mais bien de venger son frère, en humiliant une femme blanche.

 

Mais cela ne suffit pas à Lee. Il veut faire du mal à Dexter, le caïd local, qui domine toute la bande et la ville. Celui-ci devine le secret de Lee et décide de le mettre à l'épreuve en l'amenant dans une sorte de "bordel" plein de très jeunes filles noires...

C'est lorsque Lee rencontre Jean et Lou Asquith, deux soeurs d'une très riche famille qu'il programme sa vengeance : l'approche et la séduction est facile, puis il rend les deux soeurs jalouses l'une de l'autre. Ce n'est qu'un début car Jean tombe enceinte.

Lee décide de les tuer le plus sauvagement possible mais avant, il veut voir la peur dans leurs yeux et leur révéler sa négritude puis les raisons de sa vengeance...

 

 

Mon avis

 

Le titre est choc mais il a le mérite de nous donner exactement l'intention de l'auteur. C'est avant tout un roman qui dénonce la ségrégation raciale et montre jusqu'où peuvent aller les hommes...

C'est un roman qui condamne avant tout les racistes de tout poil, les Blancs et les Noirs. Voilà pourquoi Boris Vian nous invite à aller "cracher" plutôt que "danser" sur leurs tombes.

L'auteur a avant tout voulu montrer les ravages causés par le racisme primaire dans la société américaine mais pas que là-bas...

Il faut replacer ce roman dans le contexte des années 40. La Seconde Guerre mondiale venait de se terminer et Hitler était passé par là.

Dans le sud de l'Amérique, la ségrégation raciale était la règle et l'apartheid pointait son nez en Afrique du Sud.

On peut d'ailleurs se demander si aujourd'hui, le racisme ne fait pas toujours autant de mal autour de lui...

 

 

C'est un roman violent, volontairement provoquant qui m'avait fortement marqué à la première lecture durant mon adolescence lorsque j'ai découvert tous les écrits de Boris Vian.

 

Le récit est aussi violent que très cru et Boris Vian décrit sans fioriture, aussi bien les ébats sexuels de ces jeunes dépravés qui s'ennuient mortellement, que leurs beuveries, ainsi que des scènes d'une violence quasi insoutenable... tout cela sur fond de provoc.

Ni la musique omniprésente, ni les descriptions très sensuelles du corps des jeunes femmes, n'arrivent à adoucir l'ensemble.

 

De plus, les actions du personnage principal ont beau être motivées par la vengeance, elles n'en sont pas moins abjectes.

Tous les personnages sont dans leur psychologie et leur comportement très bien décrits.

C'est pour cela qu'ils arrivent à nous toucher. Lee par exemple à un dessein condamnable et horrible mais on le prend en pitié, car il est à la fois une victime et un bourreau.

 

Il n'en est pas moins vrai que cette débauche de sexe, cette violence à chaque page a un côté dérangeant si on lit le roman au premier degré et peut choquer.

 

Mais c'est un roman très bien écrit (on y reconnaît la plume de Boris Vian) et il se lit très vite.

 

Le lecteur ne peut pas rester indifférent et sort de sa lecture à la fois très mal à l'aise et anéanti par tant de violence.

 

Il n'en fallait pas plus pour que ce livre soit INTERDIT dès 1949 et son auteur "Vernon Sullivan" condamné pour "Outrage aux bonnes moeurs". C'est à l'occasion de ce procès qu'il a été découvert que derrière Vernon Sullivan se cachait le talentueux Boris Vian et que "J'irai craché sur vos tombes" avait été écrit en quinze jours, comme une sorte de canular suite à un pari...

Lire à ce sujet l'article de l'EXPRESS "La véritable histoire de Vernon Sullivan".

Lire aussi "l'affaire Vernon Sullivan" , par Gary Kilian, sur le site de la BNF.

Il faut noter que le qualificatif de "Outrage aux bonnes moeurs" n'existe plus aujourd'hui depuis que le code pénal a été profondément remanié en 1994.

 

Boris Vian a aussi été attaqué en justice pour "assassinat par procuration", un fait divers ressemblant étrangement à son roman ayant eu lieu pendant le procès.

 

Une représentation théâtrale de "J'irai cracher sur vos tombes" a été créée au Théâtre Verlaine à Paris en avril 1948. 

Par contre, Boris Vian  n'était pas du tout d'accord avec l'adaptation cinématographique édulcorée de son roman. Elle a été réalisée par Michel Gast en 1959. C'est en assistant à la première du film que Boris Vian d'ailleurs est mort d'une crise cardiaque à l'âge de 39 ans. Ceci n'explique pas forcément cela car il avait depuis son jeune âge suite à des rhumatismes articulaires, une faiblesse cardiaque.

 

Quelques jours avant sa mort, il a accepté que Françoise D'Eaubonne signe une nouvelle version de son roman plus "soft" et proche du film.

J'irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

Dans le synopsis du film, comme dans le nouveau roman co-signé par la romancière Françoise D'Eaubonne les noms des personnages ont été modifié.

 

Voici l'histoire...

 

Dans le sud des États-unis, Johnny, un jeune noir, est assassiné parce qu'il aimait une blanche. Il est accusé de viol et lynché par des amis de la jeune fille.

Son frère, Joe Grant, un "nègre blanc", atterré par le racisme ambiant quitte Memphis pour se rendre vers le Nord, dans la petite ville de Trenton. Il est bien décidé à se venger en humiliant des femmes blanches.

Là, il obtient l'appui d'un vieux libraire, Horace Chandley qui le loge et lui cède la boutique.

La petite ville est dirigée par un gang, dont le chef, Stan Walker a la renommée d'être plutôt violent. Il rackette les habitants de la ville et s'entoure de jeunes ados désoeuvrés, accros au sexe et à l'alcool.

Joe résiste aux intimidations de Stan et n'hésite pas à se bagarrer avec lui.

Il réussit même à approcher la jeune fiancée du caïd, Elysabeth Shannon. Pour la rendre jalouse et mettre en place sa vengeance, il séduit aussi sa soeur, Sylvia.

Mais Stan le met à l'épreuve et découvre son secret. Il va alors clamer haut et fort sa négritude. Sylvia avec qui il a couché est folle de rage. Elle l'accuse de viol...et jette la police à ses trousses.

Mais pendant ce temps Joe et Elisabeth très amoureux, réussissent à se sauver et à passer la frontière...

 

 

Un livre à réserver aux adultes évidemment... qui sauront lire entre les lignes et voir tout ce que l'auteur a voulu dénoncer en provoquant ainsi la société bien pensante de l'époque.

 

Mais malgré tout accrochez-vous,  car on est loin de la poésie romantique de "L'écume des jours", loin du musicien de jazz passionné ou du peintre.

La première édition du roman

La première édition du roman

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 13:51
Les nuits de Reykjavik / Arnaldur Indridason

 

Nous sommes en 1974 à Reykjavik. L'Islande s'apprête à célébrer les 1 100 ans de colonisation de l'île...

L'île n'a pas encore été atteinte par le capitalisme et les habitants vivent selon un certain conformisme et ne connaissent pas la pizza (tout du moins notre héros).

 

Erlendur Sveinsson, le policier solitaire bien connu des lecteurs d'Arnaldur Indridason, est au tout début de sa carrière. Il a tout juste 28 ans.

Nous le découvrons en train de mener sa première enquête tout en patrouillant la nuit dans les rues de Reykjavik avec ses deux collègues Gardar et Marteinn, deux étudiants en droit embauchés pour la saison d'été.

 

Certaines nuits sont calmes d'autres plus agitées : accidents de la circulation, cambriolages de bijouteries ou de domiciles privés, violences domestiques, excès d'alcool au volant, bagarres, disparitions, SDF bravant le froid glacial de la nuit…la routine quoi, comme Erlendur le raconte à son amie Halldora.

 

De SDF, il en est beaucoup question dans ce roman d'autant plus que de jeunes ados qui jouent sur un radeau, improvisé sur un marécage naturel formé sur une ancienne tourbière, trouvent un SDF mort apparemment noyé. Il se trouve qu'Erlendur le connaissait un peu et l'avait croisé sur sa route nocturne plusieurs fois. Hannibal vivait à proximité du marécage, dans un caisson en ciment "chauffé" par le pipe-line.

L'enquête conclut très rapidement à un suicide et l'affaire est classée.

 

Le manque de zèle de ses collègues navre le jeune policier...

"Erlendur se demandait si le manque de zèle de ses collègues tenait au statut social de la victime, s’ils ne considéraient pas en fin de compte qu’il ne s’était rien passé de notable, si ce n’est que depuis il y avait un clochard de moins dans les rues. C’était peut-être aussi simple que ça. Peut-être pas. Peu avant son décès, l’homme avait dit à Erlendur que quelqu’un avait tenté d’incendier la cave dans laquelle il habitait. Personne ne l’avait cru, y compris Erlendur. Ça l’obsédait de ne pas l’avoir écouté et de lui avoir manifesté la même indifférence que les autres."

 

Un an après, l'étrange destin de ce SDF le hante toujours.

La jeune femme qui avait disparu le même jour, n'a toujours pas été retrouvée.

Les deux affaires sont-elles liées ?

 

Erlendur décide de se renseigner sur la vie d'Hannibal. Il se remémore les moments où il l'a rencontré ; il questionne ses proches et n'hésite pas à se rendre dans les quartiers miséreux. Il retrouve les SDF se chauffant sur les places au soleil dans la journée et n'hésite pas à les suivre jusque dans leurs abris.

Parallèlement, il interroge le mari et les proches de la jeune femme disparue...

 

On découvre un jeune policier intuitif, désireux de connaître la vérité et qui, discrètement et sans relâche, va avancer contre vents et marées avec obstination, allant de découverte en découverte.

Erlendur se battra jusqu'au bout, quitte à enfreindre les règles de la police, car d'une part, il ne supporte pas que des personnes disparaissent sans laisser de traces  (le lecteur saura pourquoi en lisant ce roman ou les autres) et d'autre part, il n'accepte pas que les plus pauvres et les plus démunis soient en plus maltraités...

 

La résolution de cette affaire éclairera d'un jour nouveau d'autres affaires non résolues.

 

 

Ce que j'en pense

 

C'est le premier roman de l'auteur que je lis. Je ne connaissais donc pas le personnage d'Erlendur qui apparaît dans ses autres romans.

 

Je ne m'attendais pas du tout à un roman noir de ce genre. Je ne sais pas, pour autant, si je qualifierai d'ailleurs ce roman noir de "thriller".

Pas de suspense haletant mais une enquête tranquille, très lente malgré quelques rebondissements, une enquête reposant entièrement sur la minutie, l'analyse rigoureuse des faits et surtout la personnalité de cet Erlendur taciturne, secret, taiseux et solitaire, voire asocial...

 

L'auteur a voulu nous montrer que même sous ces latitudes glaciales, il y avait des SDF (et beaucoup de pauvres). Vous en doutiez ?

Il a voulu aussi aborder le sujet de l'excès de consommation d'alcool qui entraine bagarres, conduites en état d'ivresse, violences conjugales terribles...

Il décrit avec une certaine noirceur toute la détresse du monde, identique sous toutes les latitudes. Des faits d'une banalité telle, qu'ils ne peuvent nous laisser indifférents.

 

Ce roman donne donc au lecteur, une vision de l'Islande bien éloignée des clichés touristiques...l'envers du décor en quelque sorte.

 

C'est un roman qui se lit facilement et que j'ai lu avec plaisir malgré sa noirceur.

Il y a des passages amusants comme par exemple, les discussions entre Erlendur et ses deux collègues autour des pizzas...et des passages plus émouvants lorsque le héros pense à son passé, s'entretient avec Rebekka, la soeur d'Hannibal, ou encore avec sa petite amie, Halldora.

Les chapitres sont courts et le lecteur ne se perd pas dans les événements.

Toutefois l'auteur sait parfaitement nous plonger dans cette atmosphère de tristesse et de noirceur.

Il distille juste ce qu'il faut de détails pour retenir notre attention et à la différence d'autres romans policiers, cette attention est davantage centrée sur la psychologie des personnages (héros compris) que sur les faits.

Très astucieux !

 

Un livre audio est disponible à la librairie du noir du polar

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 07:10

Encore une lecture facile pour ce premier jour de l'été : le vent est enfin tombé depuis ce matin et la chaleur revient.

 

Les cigales qui sont de la partie depuis deux jours m'empêcheraient presque de me concentrer !!

Un avion sans elle / Michel Bussi

Comment un si petit bébé de trois mois, une fille, a-t-il pu être le seul survivant du crash de l'Airbus 5403 en provenance d'Istambul ?

Qui sont ses parents ? 

 

L'avion qui se dirigeait vers Paris s'est s’écrasé dans le Jura sur les flancs du Mont Terri et tous les passagers sont morts. Suite au crash les journalistes baptiseront d'ailleurs cette montagne le Mont Terrible...

 

Seul le nourrisson a été éjecté de l'avion avant que celui-ci ne prenne feu, puis le petit corps a été maintenu au chaud jusqu'à l'arrivée des secours, grâce à la chaleur dégagée par la carlingue.

 

Deux familles se disputent la jolie petite "libellule" aux yeux si bleus.

Le juge doit trancher après une enquête longue, épuisante et surtout l'absence de preuves...

Aucune des deux familles ne possèdent de photos récentes du bébé et toutes deux la réclament et disent la reconnaître.

 

Le nourrisson survivant est-il Emilie Vitral ou Lyse-Rose De Carville ?

 

Tout oppose les deux familles : la première est pauvre bien que Pierre et Nicole travaillent  courageusement pour gagner leur vie dans leur baraque à frites ; la deuxième est une famille puissante et riche, prête à payer cher les plus brillants avocats et même à acheter la première.

Chez les Vitral, le crash a déjà fait un orphelin, le petit Marc âgé de deux ans, resté avec ses grands-parents durant le voyage de ses parents et de sa petite soeur en Turquie.

Chez les De Carville, Malvina la soeur aînée, âgée de 6 ans, attend sa petite soeur chez les grands-parents pour fêter noël.

 

Mais le juge n'a pas dit son dernier mot...

 

Aujourd'hui, celle que tout le monde a surnommé Lylie, a dix-huit ans et beaucoup de mal à accepter de ne pas savoir qui elle est, car le doute subsiste toujours.

 

C'est alors que Crédule Grand-Duc, le détective privé, payé une petite fortune annuelle par la famille De Carville, pour enquêter sur l'affaire, s'apprête à tout laisser tomber : il a décidé d'en finir avec la vie, mais avant de mourir il donne son carnet de notes à Lylie qui après lecture, le confie à Marc.

Alors que le détective est prêt à passer à l'acte, une révélation lui permet enfin, de remettre en question toute son enquête.

Et plus rien ne se passera comme il l'avait prévu...

 

 

Ce roman a obtenu le Prix Maison de la Presse en 2012.

 

Il nous parle de la difficulté de vivre quand on ne sait pas d'où on vient. Du vide que Lylie ressent car elle ne sait pas qui elle est et laquelle des deux familles est la sienne. Elle a du mal à se construire et à se projeter dans l'avenir.

 

Tient-elle son amour et son don pour la musique des Carville ? Sa gentillesse et sa simplicité de la famille Vitral ?

 

Qu'elle est la part de l'inné et celle de l'acquis se demande le lecteur ?

 

Marc, avec qui elle a été élevée, est-il son frère ?

Leur amour est-il le reflet d'un rapprochement inévitable ou un amour incestueux ?

Marc est persuadé que Lylie ne peut pas être sa soeur et veut tout faire pour le prouver.

Mais il est pressé par le temps : Lylie a disparu et ne lui laisse que des messages énigmatiques sur son répondeur.  Que s'apprête-t-elle à faire ?

Il faudra à Marc, l'aide de sa grand-mère pour le comprendre.

 

Les personnages sont étudiés avec une grande finesse psychologique...même si l'auteur tombe parfois dans la caricature.

Tous les personnages paraissent crédibles, alors que le lecteur sait très bien que le fait même qu'un bébé ait pu être le seul rescapé d'un crash aussi meurtrier, est bien improbable.

Seule Malvina, est un peu forcée dans son rôle de "soeur" devenue folle à force d'attendre le retour de Lylie.

 

L'histoire se situe habilement dans les années 80, années où les tests d'ADN n'étaient pas encore pratiqués. Impossible donc de prouver les liens entre le bébé et une des deux familles.

 

L'auteur nous propose des chapitres courts où alternent, le récit des différents personnages avec tous les détails depuis le crash, et les notes du détective.

Tout cela permet au lecteur de mieux connaître la principale intéressée, Lylie, qui est omniprésente à chaque page mais totalement absente dans la réalité.

Le carnet de bord du détective relate les détails de son enquête et tous les indices trouvés depuis 18 ans, mais aussi les espoirs, les déceptions, l'attachement qu'il a manifesté pour la petite Lylie, puis l'adolescente et sa famille.

 

La lecture du carnet fait monter le suspense mais le récit s'arrête forcément quand le lecteur veut en savoir plus. Sinon ce ne serait pas drôle !

Il faut avouer que ça marche et qu'il est difficile de lâcher ce roman tant il nous happe dès la première page...

 

Vous serez tentés de lire les dernières pages tout de suite...Impossible ! Il suffit juste de savoir que personne n'aurait pu trouver la réponse si dix-huit ans ne s'étaient pas écoulés...donc inutile de se presser, vous avez dix-huit ans devant vous !

 

Bon je l'avoue ici, j'avais trouvé en partie la réponse sans aller la chercher en lisant la fin... certains personnages de l'histoire ont les yeux trop bleus pour être honnête.

 

C'est une lecture idéale pour vos vacances si vous ne l'avez pas encore lu.  Vous pourrez la partager avec vos ados s'ils ont plus de 15 ans.

Une bonne occasion de leur faire réviser l'argumentation sans en avoir l'air !

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 16:00
Gravé dans le sable / Michel Bussi

Pour les 70 ans du Débarquement en Normandie, l'auteur offre à ses lecteurs la réédition de son premier roman, un bel hommage aux soldats américains, morts lors du débarquement en Normandie pour une guerre qui n'était pas la leur.

 

Ce roman (écrit en 1994) a en effet été précédemment publié sous le titre "Omaha Crimes", en 2007 aux Éditions des Falaises.

Épuisé, il vient de faire l'objet d'une réédition en octobre 2014, aux Presses de La Cité.

 

Ce roman a obtenu de nombreux prix :

- prix Sang d’encre de la ville de Vienne, 2007
- prix littéraire du premier roman policier de la ville de Lens, 2008
- prix littéraire lycéen de la ville de Caen, 2008
- prix Octave Mirbeau de la ville de Trévières, 2008
- prix des lecteurs Ancres noires de la ville du Havre, 2008

 

Il s'agit d'un polar ayant pour thème le Débarquement, thème déjà largement visité par la littérature. Mais pourtant à sa lecture, je n'ai eu aucune impression de déjà vu...

Voici l'histoire...

 

Le 6 juin 1944, sur les côtes normandes, un groupe de 188 soldats terrifiés, composant le 9° Rangers, s'apprêtent à prendre d'assaut la Pointe-Guillaume en Normandie.

 

Trois jours plus tôt, alors qu'ils sont déjà en mer, leurs supérieurs ont préparé l'assaut...

Il leur faudra faire sauter à la dynamite la fortification  qui empêche l'accès à la falaise. Les vingts premiers soldats qui débarqueront seront "sacrifiés" : ils seront immanquablement tués puisque totalement à découvert lors du premier assaut.

De plus, ils devront réaliser la prouesse de ramper sur la plage avec le matériel, de placer les charges qui permettront de réaliser une brèche dans  le mur, puis de retourner vers leurs camarades pour ne pas être blessés par l'explosion...

 

Les supérieurs, dont le lieutenant Dean, décident (pour simplifier ou par sadisme ?) de fixer l'ordre de débarquement des soldats par tirage au sort.

 

Les numéros de 1 à 188 sont placés dans un casque et chaque soldat, lorsqu'il se sent assez de courage pour se lever, tire un numéro dans le silence respectueux de ses camarades.

 

Oscar Arlington n'a pas plus envie de mourir que les autres mais il a de l'argent (sa mère est sénatrice au Congrès). Il échange sa place (n° 4) contre celle de Lucky Marry (n°148)  en échange d'une forte somme (1,44 millions de dollars) qu'il s'engage à lui verser dès son retour (ou que sa mère Emilia Arlington lui versera s'il meurt). Le pacte est scellé par un contrat écrit devant deux témoins amis, Alan Woe et Ralph Finn. Bien sûr, leurs supérieurs n'en sauront rien : ils n'auraient jamais permis cela.

 

Mais Lucky qui avait toujours été chanceux jusque là, est tué au cours de sa mission. Il arrive juste avant de mourir, à placer ses explosifs et à faire une brèche dans le mur, ce qui permet à ses camarades de grimper la falaise. 

Sa délicieuse fiancée, Alice Queen, le pleure...

 

Lison Munier qui habite le petit village proche de Château-le-Diable, retrouve un soldat blessé : c'est Alan Woe : elle le soigne et les deux jeunes gens tombent amoureux. Il n'a plus de famille aux États-Unis et décide de déserter, de rester en France et se fait donc "porter disparu". Il s'installe avec Lison au village. Ils sont s'occuper pendant vingt ans du bar du coin.

 

Vingt ans après, en 1964, lors d'une commémoration en Normandie,  alors qu'Alice revient sur les lieux du débarquement pour la deuxième fois, après avoir séjourné un certain temps en Australie, puis être retournée aux États-Unis, elle apprend que Lucky avait échangé sa place.

 

Bien décidée à faire valoir ses droits de "veuve" et à réclamer cet argent à Oscar Arlington, elle contacte dès son retour la mère de ce dernier...Mais Oscar vient d'être retrouvé mort dans sa voiture quelques jours plus tôt.

La mère d'Oscar refuse que son fils soit traité de lâche. Elle est persuadée qu'il ne s'est pas suicidé comme le mot qu'il a laissé à côté de lui (et qu'elle cache aussitôt) le laisse supposer.

Elle pense qu'Alice ment...

 

Alice, de son côté, est bien décidée à rétablir l'odieuse vérité qui a coûté la vie à son fiancé et cherche à mieux comprendre pourquoi il a accepté de signer ce terrible pacte.

Elle ne le fait pas pour l'argent mais pour l'honneur. Elle fait donc appel à Nick Hornett, un détective privé et le charge de retrouver les soldats survivants et en particulier Ralph et Alan, les deux témoins en possession du fameux contrat.

 

Mais les choses se compliquent ...

 

En Normandie, Alan quitte subitement Lison pour se rendre aux États-Unis mais, malgré sa promesse, il ne revient pas et cesse même de lui donner des nouvelles.

Aux États-Unis, Alice échappe de justesse à l'explosion de son appartement, puis Nick Hornett est grièvement blessé...

 

Le sort s'acharne sur Alice qui semble attirer les accidents, voire les morts.

 

 

Mon avis

 

C'est le premier roman que je lis de cet auteur donc je ne peux pas le comparer aux suivants, déjà parus.

 

C'est un roman, non pas sur la guerre, ni sur le débarquement en Normandie, mais sur les dégâts collatéraux de la guerre : la souffrance des familles, le traumatisme des soldats, les villages dévastés, les populations qui doivent tout reconstruire...et surtout les mères, veuves et fiancées éplorées, persuadées qu'elles ne pourront plus jamais aimer et être aimer et qui veulent, par amour, honnorer à tous prix les disparus.

 

Mais attention, c'est un thriller !

 

Dès les premières pages, le lecteur est mis dans l'ambiance. Les premières scènes du débarquement sont très réalistes et émouvantes.

Le lecteur est pris aux tripes et entre dans l'engrenage : il veut savoir et ne lâchera plus le livre !

 

Les personnages recherchent tous quelque chose, c'est ce qui les rend si attachants.

Pour l'amour de sa vie, Alice veut faire éclater la vérité quitte à mettre sa vie en danger, Emilia, sauver l'honneur de la famille et celui de son fils, Lison connaître le secret d'Alan et être sûre que son amour est sincère...

Nick veut tout faire pour être aimé par Alice, Ralph, lui, ne veut plus jamais être humilié comme il l'a été durant la guerre...et Ted Silva le tueur à gages, coiffeur veut devenir célèbre, enfin !

 

Quant aux autre personnages, vous les découvrirez en lisant le roman car je vous en ai assez dit !

 

C'est un roman très bien écrit, une enquête haletante, le tout dans un contexte historique et politique et dans une ambiance, très réaliste.

 

Quand le lecteur est certain d'avoir trouvé une piste, de nombreux rebondissements l'obligent à revoir sa copie et à s'interroger à nouveau sur les intentions réelles des personnages. Le suspens est garanti !

Il vous faudra attendre les toutes dernières pages pour connaître le dénouement.

 

Malgré les passages qui parlent du débarquement et de la guerre ce n'est pas un livre triste. Certaines pages sont remplies d'humour comme par exemple, celles où Nick nous livre ses sentiments pour la belle Alice dont il est tombé fou amoureux : un pur délice... ou bien celles qui décrivent les discussions de comptoir, au café "Le Conquérant" de Château-le-Diable, au coeur de ce pittoresque petit village de Normandie devenu célèbre, bien malgré lui.

 

Pour moi c'est sûr, je vais lire d'autres romans de cet auteur... et grâce à la chronique de Velidhu, j'ai l'embarras du choix !

 

 

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 15:16
La faiseuse d'anges / Camilla Läckberg

En 1974, sur l'île de Valö, située en face du petit port de pêche de Fjällbacka, une famille entière disparaît mystérieusement, sans laisser de traces.

La table du dîner de Pâques est dressée, mais il ne reste sur l'île qu'une toute petite fille d'un an à peine, incapable donc de raconter de ce qui s'est passé. C'est Ebba...

Elle est aussitôt recueillie par une famille d'accueil qui l'adoptera définitivement quelques temps plus tard.

 

Trente ans après, Ebba, devenue adulte, revient sur les lieux avec son mari Melker. Ils viennent de perdre leur fils de trois ans dans des circonstances tragiques quelques mois auparavant. Ils ont décidé de fuir leur ancienne vie et de restaurer la vieille demeure pour en faire des chambres d'hôtes.

A peine arrivés sur l'île, alors que tous deux se tuent à la tâche pour tenter de survivre à la douleur du deuil difficile qu'ils ont à traverser, un incendie criminel se déclare en pleine nuit dans leur maison. Melker réveille Ebba pour la tirer des fumées toxiques...

 

D'autres événements vont venir perturber leur installation.

Lorsqu'ils commencent à ôter le plancher de la salle à manger, ils découvrent du sang coagulé en-dessous.

Puis quelques jours plus tard, on tire sur Ebba avec un pistolet, alors qu'elle se trouve dans la cuisine.

 

Patrik Hedström et son équipe sont immédiatement dépêchés sur les lieux. Dans l'équipe de Patrik, il y a le chef, Bertil Mellberg, pas toujours très subtil ; Paula qui est enceinte et en congé mais va venir les aider ; Martin qui vient d'apprendre la maladie incurable de sa femme et plonge dans la dépression ; Gösta qui tout d'un coup fait preuve d'un zèle bien inhabituel et Annika.

Erica Falck, la femme de Patrik, journaliste et  écrivain, qui a toujours été fascinée par cette histoire, va aussitôt replonger dans le dossier. Elle décide, malgré ses obligations familiales, de se donner les moyens de fourrer son nez partout au grand dam de son mari ! Heureusement sa belle-mère veille au grain et vient garder les trois enfants...

 

Anna, la sœur d'Erica, va se retrouver, bien malgré elle, impliquée dans le drame. Elle s'est lancée dans la décoration intérieure et va venir prêter main-forte à Ebba pour la rénovation. 

 

Les mystères  du passé ressurgissent...

 

Qui a appelé la police ce fameux jour de Pâques 1974 pour leur demander de se rendre en urgence sur l'île ?

Où sont passés les membres de la famille Elvander ?

La mère et le père d'Ebba, et les trois enfants de son père, ne seront jamais retrouvés...

Ont-ils été assassinés ? Ont-ils disparu de leur plein gré et dans ce cas, pourquoi ont-ils abandonné leur petite fille ?

Quel rôle a joué à l'époque le policier Gösta ? Pourquoi s'investit-il autant dans cette nouvelle affaire ? Quels liens le rattachent à Ebba ?

 

En 1974, cette grande maison était  un internat pour jeunes gens issus de familles aisées. La plupart des élèves étaient rentrés chez eux pour les vacances. Seuls quelques garçons étaient restés sur place. N'étant pas invités au repas de fête, ils seraient partis à la pêche au maquereau. Ils n'ont bien sûr, rien vu ni rien entendu.

L'internat était tenu d'une main de maître par le despotique Rune et sa deuxième femme, Inez, était plutôt maltraitée comme le lecteur le découvrira au cours du roman.

Rune avait eu trois enfants d'un précédent mariage, Claes, Annelie et le petit dernier Johan, le seul qui s'était attaché à Inez. Puis Rune et Inez avait eu ensemble la petite Ebba.

 

 

L'enquête sur la mystérieuse disparition de la famille reprend et les policiers décident d'interroger les anciens professeurs et de partir à la recherche des jeunes ados qui fréquentaient l'école. Ils sont tous devenus des adultes que le lecteur va avoir le temps de découvrir.

John est devenu un politicien d'extrême droite ; Léon a eu un grave accident qui le laisse tétraplégique ; Joseph veut construire un musée de la mémoire car ses parents (juifs) sont décédés en déportation ; Sebastian est un homme d'affaires corrompu ; enfin, Percy a hérité du château familial mais n'a plus d'argent pour l'entretenir.

 

Ils sont liés par un secret étouffant qui va peu à peu les ramener vers Fjällbacka et qu'ils vont devoir dévoiler...

 

En parallèle le lecteur suit le récit de la mystérieuse "faiseuse d'anges", Helga Svenson, une femme qui gardait des enfants en nourrice et qui a été accusée d'infanticide en 1908.

Elle faisait disparaître les enfants, pensant que les parents ne reviendraient jamais les chercher. Elle et son mari, accusé de complicité, ont été exécutés. Leur fille légitime, Dagmar, est recueillie par une famille, humiliée par les enfants de l'école et violentée par le père d'accueil qui abuse d'elle. C'est elle qui prend la parole pour nous raconter sa triste vie.

Un jour Dagmar croise sur son chemin celui de l'aviateur, Hermann Göring venu faire la fête à Valö. Ensemble, ils passent une nuit fabuleuse pendant laquelle, pour la première fois, Dagmar se sent aimée.  Suite à leur rencontre, une petite fille Laura, verra le jour. Persuadée que Göring l'aime à la folie (alors qu'il a juste passé une nuit plaisante avec une jolie serveuse), Dagmar passera sa vie à le rechercher jusqu'à sombrer  dans la folie et se noyer dans l'alcool, laissant Laura seule au monde.

 

Ce que j'en pense

 

C'est la première fois que je lis un roman de cet auteur dont j'ai beaucoup entendu parler. Je n'ai donc pas de comparaison possible avec ses autres titres.

Souvent je lis des polars quand j'ai envie de me détendre et ça marche ! Ce n'est pas pour ça que je vais lire n'importe quoi.

 

L'écriture de ce roman est fluide. Il est facile à comprendre malgré le récit des deux histoires parallèles : elles sont très bien identifiables car la typographie change.

 

Les personnages sont dépeints avec beaucoup de psychologie, ce qui les rend tout de suite familiers au lecteur et très attachants. Du coup, sachant qu'il s'agit d'une série, cela me donne envie de lire les autres romans pour les retrouver... Mais peut-être que, comme certains lecteurs le disent sur le net, je me lasserai. On verra bien !

 

Le suspense est maintenu grâce à l'alternance dans le récit, d'une part des événements contemporains et d'autres part, de retours dans le passé...Puis peu à peu les deux histoires se rejoignent, le lecteur sent qu'il y a un rapport entre les deux, mais ne devine pas forcément lequel. Il y a donc un effet de surprise à la fin.

 

Mais ces histoires personnelles rejoignent aussi la grande Histoire.

L'auteur, en effet,  nous parle à travers l'histoire d'Hermann Göring de la montée du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale, puisque Göring était un militaire et un homme politique allemand important qui est devenu le bras droit d'Hitler...

 

En nous parlant de John, qui faisait partie des ados scolarisés sur l'île, elle nous parle du parti d'extrême droite auquel il adhère. Elle nous le décrit comme un être plutôt charmeur, ce qui le rend d'autant plus dangereux.

Son portrait est prétexte à une description de nos sociétés modernes.

A noter : comme elle le mentionne à la fin du roman , elle a écrit la fin de ce roman au moment de l'attentat à la bombe d'Oslo et de la tuerie qui a eu lieu en Norvège sur l'île d'Utoya.

 

L'auteur nous parle aussi avec justesse du deuil à travers l'histoire d'Ebba et de son mari. On les voit souffrir au début du roman, se chercher, se rejeter, ne supportant plus de se toucher. Ils se font des reproches incessants, culpabilisent et rejettent la responsabilité de la mort de leur enfant sur l'autre. L'auteur dévoile là tout son talent dans cette situation très réaliste et émouvante. Le lecteur voudrait tant qu'ils retrouvent tous deux un peu de paix et d'amour...Mais ce ne sera pas le cas !

 

Enfin elle aborde le problème de la maltraitance familiale, transmise de génération en génération, à travers le destin tragique de Dagmar et de sa descendance...

 

Finalement sous une apparente légèreté, elle aborde des sujets très sérieux et d'actualité.

 

L'auteur surnommée la "reine du polar" explique dans un interview édité sur le site suisse de la librairie Payot en 2014, que l'idée de ce roman lui est venue lorsqu'elle a appris qu'Hermann Göring, s'était rendu, avec sa femme Carin, sur l'île de Valö pour participer à une fête. Cette île bien connue de l'auteur car elle y a séjourné enfant, en colonie de vacances, est située juste en face de Fjällbacka.

 

Fjällbacka est sa ville natale et même si elle n'y habite plus, sa mère y vit toujours et elle la connaît intimement.

"On garde toute sa vie en mémoire les odeurs, les bruits, l'ambiance de l'endroit où l'on a grandi" dit-elle. De plus, "rien de mieux que les petites villes pour créer une tension. Car il faut une grande pression sociale pour garder un secret et, dans une petite ville, ce que l'on pense de vous est primordial".

 

Elle a aussi utilisé l'histoire vraie de la dernière faiseuse d'anges du pays, pendue en 1912 pour avoir tué les bébés non désirés qu'on lui confie. L'auteur a simplement cherché à comprendre ce que cela ferait d'être sa fille.

 

Enfin, l'image d'une grande table familiale dressée pour Pâques, mais avec personne autour, juste un petit enfant seul...lui est apparu.

 

Et voilà tous les ingrédients réunis pour faire un bon polar !

 

Je vous conseille de découvrir cet auteur sans tarder, la plupart de ses romans sont parus en poche...

Petite biographie sans prétention de Camilla Läckberg

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