Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 05:20
Albin Michel, 2020

Albin Michel, 2020

J'aimais les "Livres dont vous êtes le héros". Chaque scène se terminait sur un suspense et il fallait décider de la suite de l'histoire. Tourner à gauche dans le Temple interdit, ou bien à droite ? Prendre le trésor maudit ou passer son chemin ? Dans ces aventures on était toujours maître de la situation...

C'est la première fois que je lis cet auteur dont j'ai pourtant beaucoup entendu parler sur internet par les fans de thrillers. J'ai donc profité des vacances pour la découvrir. 

 

Telly et Sharlah ont appris très jeunes à se débrouiller seuls dans leur vie quotidienne, et à faire face à un père violent et une mère soumise et incapable d'assumer son rôle, tant elle est sous l'emprise de l'alcool et de la drogue. Mais un soir pas comme les autres, la situation déborde et Telly qui est pourtant un tout jeune garçon de 9 ans, tue son père... puis sa mère.

Après cette terrible soirée, durant laquelle les enfants ont perdu leurs deux parents, ils sont tous deux placés séparément dans des familles d'accueil. Sharlah qui n'avait que 5 ans au moment des faits et qui a eu le bras cassé par son frère, a désormais peur de Telly, tout du moins c'est ce qu'elle déclare alors qu'elle est encore à l'hôpital.  On interdit donc à Telly de s'en approcher.

 

Des années plus tard, alors que Sharlah, 13 ans, va être adoptée par un couple aimant, une série de meurtres ébranle la région. Quel rapport y-t-il entre la tuerie de la station service et le meurtre de la famille d'accueil de Telly ? Tout pousse à croire que Telly, bientôt majeur, est directement impliqué dans cette sombre affaire. Les traumatismes du passé ont-ils refait surface ?

 

Les enquêteurs sont d'autant plus inquiets qu'ils découvrent des photos de sa sœur dans ses affaires, certaines la présentent avec une cible au milieu du front. Ils décident de mettre la fillette à l'abri tandis que la chasse à l'homme s'organise.  

Les parents adoptifs de Sharlah sont sur l'affaire : Pierre Quincy est un ex-profiler du FBI à la retraite, appelé en renfort par le shérif pour l'aider à élucider les crimes. Quant à Rainie, en tant qu'ancienne policière, et mère d'adoption,  sa place est toute trouvée.

Mais comme habituellement dans les thrillers, il ne faut pas se fier aux apparences ! 

J'ai l'impression que je devrais faire quelque chose, mais je ne sais pas quoi.
Le passé est un luxe que ne peuvent pas s'offrir les enfants placés. Nous sommes trop occupés à vivre dans l'instant. Si j'ai autrefois eu des pensées au sujet de mes parents, je ne m'y plonge plus. Si j'ai eu des émotions devant le geste de mon frère, je ne les éprouve plus.
Je me demande si Telly avait lui aussi tiré un trait sur le passé. Jusqu'à ce matin...

Une des fausses idées les plus répandues concernant le pistage de fugitif voudrait que ce soient les limiers eux-mêmes qui tombent miraculeusement sur le râble de leur cible. Mais même expérimenté et travaillant en terrain connu, un pisteur comme Cal ne pouvait progresser qu'à un kilomètre à l'heure. Etant donné que le fugitif se déplaçait, lui, à cinq kilomètres à l'heure, Cal et ses coéquipiers n'avaient guère de chance de le rattraper...

Après un début du livre qui nous place aussitôt du côté des enfants maltraités et traumatisés, le lecteur est traversé par le doute, un doute efficace grâce à l'alternance des voix des différents protagonistes, au style fluide et sa façon bien à elle d'amener les différents rebondissements. 

Tout cela fait de ce roman un véritable page-turner remarquablement bien construit, bien que de façon tout à fait classique et déjà connu, ce qui ne m'a pas gênée du tout. 

L'auteur sait nous toucher avec des mots justes qui nous parlent de l'enfance maltraitée, des difficultés de s'adapter à différentes familles d'accueil, de la confiance jamais totalement retrouvée, et des traumatismes de l'enfance difficiles à oublier.

Un auteur à découvrir donc, pour les amoureux de thrillers, même si ses fans pensent que ce roman n'est pas son meilleur, et s'adresse davantage à des jeunes adultes, j'ai passé un très bon moment de lecture !

...si j'en suis encore au point de me demander comment on devient une famille, en revanche je sais déjà comment en perdre une. Je sais exactement ce qu'il faut pour briser une famille. Et se retrouver privée de ses deux parents...
L'assistante sociale avait raison : une famille ne se construit pas en un jour.
Mais il suffit d'un instant pour la détruire.

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 05:13
Presses de la Cité, 2020

Presses de la Cité, 2020

Tanaé me fait rire avec ses légendes qui remontent à trois millénaires...

- Vous savez, ici, à force de ne voir que des cocotiers, on finit par se demander ce que les touristes peuvent bien trouver d'original dans nos paysages.

Au cœur des îles Marquises, dans cet archipel isolé du reste du monde, elles sont cinq femmes à avoir été sélectionnées pour un atelier d'écriture particulier, animé par le célèbre auteur de best-sellers,  Pierre-Yves François, PYF pour les intimes. Elles ont toutes été choisies pour une raison bien connue de la seule organisatrice qui elle, est restée en Europe et les appelle tous les jours à heure fixe.  

Ces écrivaines en herbe sont hébergées dans la pension de Tanaé, qui vit là, sur l'île de Hiva Oa, l'île aux tikis, avec ses deux filles, Poe et Moana, et fait tout son possible pour rendre le séjour de ses hôtes agréable. 

 

Martine est une star sur son blog et sur Instagram mais elle se dévoue surtout à ses dix chats;  Éloïse est la douceur incarnée et elle sait particulièrement bien charmer son monde, mais cache un lourd secret ; Marie-Ambre est riche et le montre à tous, elle est venue accompagnée de Maïma qui connaît déjà les lieux ; Clémence est curieuse de tout et toujours en tenue de sport, c'est l'aventurière du groupe ; et enfin Farèyne est capitaine de police. Elle est venue avec  Yann, son mari qui est gendarme... 

 

Les débuts sont prometteurs, elles aiment toutes écrire et se régalent avec PYF qui ne les déçoit pas. 

Mais dès le second jour, alors qu'elles sont toutes invitées à écrire leurs observations et leur ressenti durant leur séjour, et que les premiers exercices pratiques "Avant de mourir je voudrais..." ont déjà été ramassés par l'écrivain, celui-ci disparaît mystérieusement...

Véritable disparition ou simple jeu pour stimuler leur imagination ?

Et si chacune d'elles avait des raisons bien à elles de se retrouver-là pour se séjour particulier sur cette île de rêve ? Êtes-vous bien certains qu'elles soient arrivées-là par hasard ? 

Comment se fait-il que les cinq tikis installés sur l'île récemment par un mystérieux artiste local, ressemble comme par hasard aux cinq femmes que personne ne connaissaient auparavant ? 

 

Evidemment je ne vais pas vous en dire plus, juste qu'une d'entre-elles va être assassinée...

Qui sera la prochaine ?

Je suis debout sur la dalle de basalte. Immobile. C'est une pierre de sacrifice, destinée à s'y agenouiller, la tête penchée au-dessus de la pierre voisine, celle du bourreau. La roche en est encore rose, gorgée du sang des centaines de Marquisiens décapités ici pendant des siècles...
Le tatoueur se tient à côté de moi.

Comme j'apprécie beaucoup l'auteur, qui sait si bien nous surprendre dans chacun de ses romans, j'ai passé un bon moment de lecture, dépaysant, dans un lieu paradisiaque. Mais je note tout de même que ce roman-ci n'est pas son meilleur et que j'avais sans doute mis la barre trop haut, ce qui explique mon léger sentiment de déception. Les personnages m'ont paru un peu trop caricaturaux au départ, mais c'est nécessaire pour la suite et de toute façon, il ne faut jamais se fier aux apparences avec Bussi, vous le savez bien !

Comme d'habitude, il distille le doute avec juste ce qu'il faut pour que nous ne sachions plus qui est qui. Très vite, on comprend les motivations de certains personnages et on sait que les dés sont truqués, mais on ne sait pas tout ce qu'il faudrait savoir, et cela aiguise forcément notre curiosité et nous donne envie de poursuivre notre lecture.

 

J'ai aimé me retrouver immergée dans ce paradis aux multiples mystères, une terre qui a inspiré Gauguin et Brel dont l'auteur nous parle tout au long du livre. Il nous parle aussi beaucoup de "Dix petits nègres" auquel il fait souvent référence (et nous-aussi du coup !). Le lecteur fait connaissance avec les coutumes de l'île, les symboles, la vie des autochtones, l'importance du tatouage et sa signification. 

Le roman alterne essentiellement les voix de Maïma qui écrit le déroulé de l'enquête, celles de Clémence et parfois de Yann. Mais au milieu, se glisse judicieusement les écrits des apprentis-écrivaines.

Le rythme est soutenu même si l'action met du temps à se mettre en place mais on profite tous du soleil et de la plage n'est-ce pas ? C'est aussi le but du voyage ! 

 

J'ai eu du plaisir à cette lecture simple et facile, mais prenante et parfaite pour les vacances et j'ai passé un bon moment au milieu de la forêt tropicale à tenter de résoudre l'énigme. 

Avant de mourir, je voudrais...

Partager cet article

Repost0
30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 05:15
Albin Michel, 2007 / Le Livre de Poche, 2009

Albin Michel, 2007 / Le Livre de Poche, 2009

Enfant, je m'amusais souvent à dessiner le genre de maison que j'aurais aimé habiter. Dans mon imagination, un de mes endroits favoris était une pièce où je passerais mes après-midi à lire. Elle contenait toujours une cheminée et une bibliothèque. Ou un canapé confortable au creux duquel je me pelotonnais, un livre à la main...

Voilà un bon moment que je n'avais pas lu de roman de Mary Higgins Clark et puis j'ai trouvé celui-ci dans une boîte à livres... J'ai pensé tout de suite que ce serait une bonne lecture de vacances et je ne me suis pas trompée. En effet, même si ce titre est un peu en-dessous de ceux que j'ai déjà lu de cet auteur, j'ai passé un bon moment de lecture, sans prise de tête. 

 

Peter Carrington a tout pour être heureux car il vient de refaire sa vie avec Kay dont il est tombé fou amoureux alors qu'elle était tout simplement venue chez lui, lui demander de lui prêter sa maison pour y organiser un gala de charité...

Pourtant, il n'a pas vécu que des moments faciles dans sa vie. Quatre ans auparavant, son ex-femme Grace est morte noyée dans leur piscine, alors qu'elle était enceinte. Il y a vingt-deux ans, quand il était jeune, il a été le principal suspect dans la disparition de Susan, une jeune fille qui était son amie et qu'il était le dernier à avoir vu vivante cette nuit-là... Tout l'accusait puisqu'il l'avait raccompagné chez elle.

Mais alors que le jeune couple revient à peine de son voyage de noces, des ouvriers déterrent un cadavre en bordure du terrain des Carrington : cela ne fait aucun doute, c'est celui de Susan ! 

 

Persuadée de son innocence, Kay sa jeune épouse dont le père a travaillé dans la famille de Peter, va chercher à découvrir ce qui se cache derrière les apparences...

Enfant, elle venait déjà chez les Carrington car son père était le jardinier du domaine. Peu après avoir été licencié, il a lui-même mystérieusement disparu, sa voiture a été retrouvée au bord de la rivière mais son corps n'a jamais été repêché. Il buvait beaucoup depuis la mort de sa femme et tout le monde a pensé qu'il s'était suicidé. La petite fille n'a jamais accepté d'être abandonnée.  Elle se souvient très bien d'un des derniers jours passé avec lui au domaine, où cachée par curiosité dans la chapelle, elle avait entendu deux adultes se disputer assez violemment et l'homme partir en fredonnant une drôle de chanson (d'où le titre du roman). Ce qu'elle ne sait pas c'est que ce souvenir pourrait bien la mettre en danger ! 

 

Le lecteur passe par toutes les suppositions d'autant plus que Kay découvre que Peter est somnambule.

Peut-il avoir commis ces crimes en état de somnolence ? Il en est lui-même persuadé...

 

Aujourd'hui, j'avais vu au tribunal un Peter acculé, suivi le soir d'un Peter apeuré debout devant une valise qu'il ne se souvenait pas d'avoir faite. A présent, je voyais un Peter autoritaire, excédé par les explications d'un domestique. Quel était le vrai Peter ? me demandai-je lorsque nous fûmes prêts à nous coucher.
Je ne connaissais pas la réponse.

Comme d'habitude, il vous faudra attendre de lire les dernières pages pour connaître le dénouement ! 

Le suspense est bien présent même si j'ai deviné je l'avoue, qui était le véritable assassin avant la fin, j'ai tout de même douté, imaginé, déduis en me trompant souvent sur les motivations des uns ou des autres personnages, tant il y a de suspects possibles.

Le couple formé par Kay et Peter est attachant. J'ai également beaucoup aimé Maggie, la grand-mère et bien évidemment, j'ai détesté les méchants qui leur veulent du mal...et ils sont nombreux.

 

Un bon polar, même si c'est un classique du genre... il est facile à lire et on y retrouve le style de l'auteur avec plaisir.

Partager cet article

Repost0
4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 05:17
Michel Lafon, 2019

Michel Lafon, 2019

La nuit fut chargée d'une armée de mauvais rêves qui se déversèrent sur Avalone et les communes avoisinantes. Les souvenirs avaient été ravivés, comme autant de croque-mitaines sortant des placards et de sous les lits.

Voilà longtemps que je voulais découvrir la plume d'Olivier Norek. 

Et bien entendu, ces derniers temps la lecture d'un polar me tentait...alors dans ma pile en attente, c'est celui-ci que j'ai choisi pour passer un bon moment de lecture. 

Les vieilles bâtisses vivent. Qu'elles soient immergés ou non, elles parlent la nuit, grincent, frottent, se contractent ou se dilatent. Sous l'eau, le son se ressent plus qu'il ne s'entend...
Si les pierres des murs avaient un message à transmettre à Hugo, une alerte ou une mise en garde, il était prêt à l'entendre. Il s'assit donc simplement sur l'un des fauteuils de la salle de réunion aquatique, ferma les yeux, respira le plus doucement possible et tendit l'oreille. Par son silence, la maison l'invita à poursuivre...

Le polar démarre tragiquement par une fusillade d'une rare violence durant laquelle Noémie Chastain, capitaine à la PJ de Paris, est gravement blessée à la tête. Elle se retrouve défigurée pour toujours.

Adriel, son ami du moment, la délaisse ne pouvant supporter son nouveau visage mais heureusement les quelques amis restants cherchent à l'aider à franchir le cap de sa convalescence du mieux possible et à se reconstruire. 

Lorsqu'elle veut reprendre son travail, elle découvre que même son chef désire l'écarter du service. Elle n'est pas dupe : tous les jours elle rappellera désormais à son équipe les risques du métier.

 

Là voilà détachée pour un mois à Decazeville, un commissariat où il ne se passe jamais rien et qui a en charge plusieurs communes limitrophes. Elle est censée justifier par sa présence et le rapport qu'elle doit faire, la fermeture du service. 

Là-bas, elle est accueillie avec curiosité mais comme une héroïne, tout le monde bien entendu ayant eu vent de son histoire tragique. Mais elle doit apprendre à vivre et à mener une nouvelle équipe dont elle ne sait rien, alors qu'elle nage elle-même en plein doute. 

Alors qu'elle pensait vivre un mois tranquille, rien ne se passera comme prévu vous vous en doutez !

 

Contre toute attente, le corps d'un enfant disparu depuis plus de 25 ans est découvert par un pêcheur, flottant dans un fût remonté mystérieusement en surface.

Sous les eaux du lac, les ruines de l'ancien village, submergé lors de la mise en eau du barrage, ont bien des secrets à révéler...dont personne ici, ne veut. 

Nos expressions faciales ne nous sont d'aucune utilité personnelle, ce ne sont que des informations que nous affichons pour qui veut nous comprendre...

Chacun réagit comme il peut, plus ou moins bien, avec plus ou moins de classe, de surprise, de malaise ou de franc dégoût. Une moitié de son visage avait marché sur une mine, c'était son problème et pas celui des autres. Elle ne pouvait pas demander à tous ceux qu'elle croisait de décrocher un prix d'interprétation.

Voici un polar très prenant que j'ai eu un immense plaisir à découvrir. Dès les premières lignes, le lecteur est happé par l'histoire et n'a qu'un désir, ne pas être dérangé pour poursuivre sa lecture. ça tombe bien en ce moment ! 

 

La plume de l'auteur y est pour beaucoup bien entendu. Des chapitres courts, des descriptions réalistes, une étude psychologique très fine des personnages...tout cela n'est que prétexte à nous parler de nos sociétés, de la lâcheté des hommes, de la difficulté à se reconstruire après un drame, tel que le vit Noémie, mais aussi tels que le vivent les parents des enfants disparus.

 

Noémie est un personnage féminin très fort qui nous touche beaucoup. Forcément le lecteur éprouve immédiatement de l'empathie pour elle. Tout est dit sur sa souffrance psychologique, sa difficulté à s'accepter telle qu'elle est devenue, l'impossibilité de s'aimer et donc de s'ouvrir aux autres.

L'auteur choisit de la décrire avec ses forces et ses faiblesses, son cynisme et sa capacité d'auto dérision, son agressivité protectrice...mais tout cela ne nous la rend que davantage sympathique au fil des pages. 

 

Un auteur à découvrir absolument, si vous aimez les polars ! 

Partager cet article

Repost0
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 06:15
French Pulp éditions, 2019

French Pulp éditions, 2019

Un colosse vêtu d'un pantalon de treillis et d'un tee-shirt moulant kaki gardait l'entrée du club privé. Il se tenait adossé à l'une des parois, dans l'ombre, et mâchonnait un cure-dent en bois. Ses yeux étaient cachés par une paire de lunettes noires. Ses bras étaient couverts de tatouages. C'était le genre d'hommes au-dessus duquel on devine le panneau géant : "Ne cherchez pas de problèmes, vous les avez trouvés".

Quinn affectait la décontraction, appuyant parfois son front contre la vitre d'un bus. Il en profitait pour étudier, dans le reflet de la vitre, les autres occupants du véhicule. Il mimait la somnolence et, à travers le rideau de ses paupières légèrement entrouvertes, examinait avec un soin méticuleux les passagers voisins

 

Je découvre ce nouveau héros Justin Case, alors qu’il en est déjà au quatrième volet de ses aventures ! Il s’agit en fait d’une réédition dans une nouvelle collection et un nouvel éditeur, cet ouvrage étant précédemment paru chez Gründ en 2014.

J’ai emprunté ce roman parce que je connaissais l’auteur ayant déjà présenté sur ce blog deux de ses romans noirs pour adultes ICI et ICI.


Matthew Slides, l’ancien avocat d’affaire du père de Justin, reçoit un étrange SMS de son ami, Allistair Quinn. Celui-ci craint pour sa vie. Il serait poursuivi par les services secrets russes et accusé d’avoir participé à un trafic de matériaux nucléaires.

Matthew n’en croit pas ses yeux, il connait son ami qui ne peut être impliqué dans ce genre d’affaires !

Il n’y a donc pas de temps à perdre et il se met immédiatement en contact avec Justin, son filleul.

 

Justin habite New York. Il est devenu millionnaire à la mort de ses parents qui lui ont légué non seulement la fortune mais l'entreprise. Depuis il utilise son argent pour aider ceux que la justice a abandonné, comme elle l'avait fait pour son propre père...

Mais dans le cas d'Allistair, Justin est bien embêté car la loi c’est la loi, n'est-ce pas ? Et il a beau être l’ami de Matthew, Justin pense qu'il ne lui dit pas toute la vérité.

Quand Matthew arrive à le convaincre, Justin embarque immédiatement pour Moscou, accompagné par la sublime Helena, qui est à la fois son chauffeur, son pilote et son garde du corps. Ils seront aidés à distance par Sunny Boy, leur ami hacker...

Vous vous en doutez, réussir à faire sortir Allistair du pays ne sera pas une tâche facile ! 

 

Voilà un roman d’espionnage parfait pour les adolescents. Il y a du suspense, de l’humour et beaucoup de rebondissements qui nous tiennent en haleine tout au long de notre lecture.

Certes, Justin est un héros tombé dans la caricature quand il était petit. Il est beau et en tous les cas très charismatique, il est généreux et courtois voire même galant, tout lui réussit et en plus il est riche. Que demander de plus !

 

C'est vous l'aurez compris, une série à suivre pour passer une bonne soirée de lecture, facile et plaisante, et un livre à offrir aux ados friands de suspense, de polars et de séries télé.

Partager cet article

Repost0
11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 06:18
Trompe-l'oeil / Patricia Cornwell

Lamont a profité de sa réélection à l'automne dernier pour renvoyer tous les membres de son équipe. Les nouveaux départs, c'est une obsession chez elle. Surtout avec les gens. Une fois qu'ils ont rempli leur rôle, il est temps de procéder à un changement, ou plutôt, comme elle dit, à une résurrection, en se débarrassant de ce qui n'est plus essentiel.

Il ne peut l'empêcher de conduire. Alors ils veille au moins à ce qu'elle ne tombe pas en panne sèche sur le bas-côté, en pleine nature. Nana a tendance à oublier les réalités triviales, comme mettre de l'essence dans sa voiture, vérifier le niveau d'huile, s'assurer que les papiers sont dans la boîte à gants, verrouiller les portes, faire des courses, payer les factures. Des petites choses dans ce genre...

Une éternité que je n'avais rien lu de cet auteur et donc, je n'ai pas hésité à emprunter ce roman facile à lire et sans prise de tête, pour le découvrir pendant les dernières vacances. 

Il m'a fallu tout de même un peu de temps et quelques pages pour me remettre dans l'ambiance.

Le début du roman est complexe : l'auteur introduit les différents personnages et plante le décor du polar, comme il se doit, mais comme je n'avais pas lu le précédent opus, "Tolérance zéro", j'ai eu un peu de mal à entrer dedans. Il vaut donc mieux les lire dans l'ordre ! 

Le procureur Monique Lamont, au caractère bien trempé et que, dès le début, nous ne trouvons pas sympathique du tout, ordonne à Win d'enquêter sur un meurtre ayant eu lieu 45 ans auparavant...celui d'une jeune anglaise, Janie Brolin, aveugle et adorable d'après tous ceux qui la connaissaient.

Aurait-elle été victime elle-aussi de l'étrangleur de Boston ?

 

Win doit trouver un moyen de travailler avec la police anglaise et il a l'obligation de mener l'enquête avec Stump, une jeune policière qui tient aussi une épicerie dont elle a hérité, et avec qui il ne s'entend pas vraiment. D'ailleurs celle-ci dès le début, refuse de collaborer.

Win n'est pas dupe et comprend très vite que derrière cette enquête imposée, le procureur cache des intentions politiques.

 

Les personnages ont beaucoup de choses à cacher, en particulier le procureur, mais aussi Stump qui va énormément mentir à Win. Et la mystérieuse Raggedy Ann, qui semble le suivre partout.

Ils ne sont pas ce que nous pensons et dès le départ, l'enquête se révèle être compliquée à résoudre parce qu'aucun des protagonistes n'y met du sien et que les intentions cachées de chacun complique le travail de Win.

Il va devoir en plus surveiller le procureur qui met carrément leur vie en danger, un procureur que Win avait déjà sauvé dans le précédent roman (que je n'ai pas lu, mais c'est expliqué même si le lecteur ne sait pas pourquoi avant la fin). 

Et puis il y a Nana, la grand-mère de Win, qui l'a élevé et qui croit aux choses occultes. Elle lui prédit souvent des événements qui finissent par se réaliser ce qui ne manque pas d'inquiéter Win. 

 

En fait, tout l'intérêt de ce roman policier n'est pas dans l'enquête qui finalement se résoudra assez facilement à la fin, mais dans les personnages, leur besoin de reconnaissance, leurs erreurs passées, leur droit à l'oubli.

C'est un petit polar, sans prétention et certainement pas le meilleur de l'auteur, mais bon je l'ai tout de même terminé sans difficulté et c'est la fin qui m'a le plus intéressée. 

Un téléfilm éponyme, que sans doute beaucoup d'entre vous ont déjà vu à la TV,  a été tiré de ce court roman, parfait à lire en vacances.

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 06:21
Albin Michel, 2015 /Le Livre de Poche, 2016

Albin Michel, 2015 /Le Livre de Poche, 2016

Les moines du Septième Monastère de Shaolin étaient des légendes vivantes. Ceux qui en connaissaient l'existence les redoutaient. Ceux qui les rencontraient étaient terrifiés de la puissance physique et morale qu'ils représentaient. Leurs combats étaient toujours justes et ils ne faisaient d'exception à cette règle que pour défendre l'un des leurs, quitte à le punir eux-mêmes par la suite, de façon toujours plus sévère et plus impitoyable que ne l'aurait fait la justice.

Voici la suite des aventures d'Yeruldelgger dont le premier opus est présenté ICI !

 

L'hiver est rude dans les steppes glacées, et le pays est victime pour la troisième année consécutive du malheur blanc, le terrible dzüüd qui fait suite à des étés courts et caniculaires, et vitrifie la steppe prise entre blizzard et brouillard. 

La Mongolie est à l'abandon et considérablement appauvrie durant cette période post-soviétique.

Les villes sont polluées, les habitants s'enfoncent dans la pauvreté, et la corruption est partout. Le lecteur découvrira au cours de sa lecture, Krosnokamensk, une de ces villes à la dérive, connue pour ses mines d'uranium à ciel ouvert, ses quartiers emplis d'ouvriers mongols désœuvrés, où traînent de vieux nomades imbibés de vodka. Et Mardaï, surnommée la ville secrète, car elle ne figurait encore sur aucune carte quinze ans après le départ des soviétiques.

- On ne tue pas trois bidasses parce qu'ils ont volé un yack.
- On les a éliminés pour que leurs petites conneries n'attirent pas l'attention sur des conneries bien plus grosses.

Et nulle part, comme il l'avait tant espéré, un signe de Nerguii, son maître à penser du Septième Monastère.
- Il m'abandonne. Il me laisse à mes colères et ne viendra pas à mon aide. Cette fois il veut que je m'affronte. Je vais devoir descendre plus bas que moi-même et je ne suis pas certain d'en avoir la force. Mon âme n'est plus en harmonie avec l'âme de ce pays. En s'effritant, il m'érode. Il m'use. Ce que je perds en force d'âme, je vais devoir le gagner en colère. C'est ce qu'il veut me pousser à apprendre. C'est le message de son silence...

 

L'inspecteur Oyun est appelée sur une scène de crime. Un yack gît, le corps complètement glacé sur un mystérieux cavalier et son cheval. Gourian, un militaire du coin est chargé de l'accompagner. Elle va succomber à ses charmes, elle qui s'était promis de ne plus jamais laisser un homme s'approcher d'elle.
 

Pendant ce temps, ailleurs, au milieu de la steppe glacée,  dans un lieu protégée du massif de l'Otgonrenger, Yeruldelgger accompagne un passionné de rapaces, le "professeur" Boyardjian, toujours suivi  par Grandgousier, son yack apprivoisé qui accourt dès qu'il le siffle. Le "professeur" ne manque pas d'imagination et donne le nom d'auteurs français du siècle des Lumières, Voltaire, Diderot Montesquieu... à ces gypaètes ! Il a aussi créé un musée dédié à la faune et la flore de la région. En observant les oiseaux à la jumelle, tous deux découvrent un corps suspendu à la falaise.

 

Yeruldelgger est commissaire à la Criminelle d'Oulan-Bator, en Mongolie. Comme toujours, les ennuis pleuvent sur lui. Il se fait arrêter, et accuser du meurtre de son indic, une femme qu'on le soupçonne d'avoir également pris pour maîtresse. Il sera heureusement assez vite relâché. Mais qui a organisé cette arrestation ? Est-il victime d'un complot ?

Lui s'inquiète plutôt de la disparition du gamin de la victime. Elle l'avait adopté pour le sortir de la rue. En même temps que lui, un autre enfant a disparu : c'est Gantulga que le commissaire connait bien puisqu'il l'a en quelque sorte adopté lui-aussi, en le confiant à un monastère Shaolin.

 

Son enquête va le mener à la frontière russe et jusqu'en Europe, en France, au Havre exactement, sur la piste d'enfants disparus...piste suivie aussi par Zarzavadjian, un inspecteur arménien, qui découvre que les gamins sont séquestrés dans des containers. Zarza, qui apparaît dans la série pour la première fois ainsi que Soulzic, le journaliste trop curieux, a lui-aussi, comme Yeruldelgger, été mis de côté parce qu'il dérangeait. Il travaille aujourd'hui dans l'inspection des gares, des trains et donc des containers...

Mon avis...

 

Malgré le plaisir que j'ai eu à lire ce thriller, j'ai trouvé l'intrigue un peu plus embrouillée que dans le premier tome, comme vous vous en doutez les trois enquêtes vont se recouper. Il faut impérativement à mon avis, lire ce roman sans grandes interruptions sous peine de se perdre dans les lieux et les machinations. 

Heureusement que l'on connaît bien les personnages puisqu'on les a presque tous déjà rencontrés dans le premier opus. Le lecteur retrouve en effet, des personnages récurrents dans la série aux côtés de l'inspectrice Oyun. Il y a Gantulga, un des gamins rescapé du conteneur ; Solongo, le médecin légiste, amoureuse de Yeruldelgger ;  et surtout celui dont tout le monde a peur, et qui est recherché par tous car il représente la clé de tous les meurtres et trafics... Erdenbat. 

Même si on les connait déjà, ils font tous l'objet d'un portrait psychologique remarquablement bien brossé. 

 

J'ai trouvé que certains passages étaient très durs à lire, comme par exemple, les scènes de torture et les attaques dans les steppes glacées.

L'ambiance de ce roman noir est vraiment pétrifiante. Les morts dans ces étendues glacées n'ont rien de douces...

A la peur qui habite les hommes, s'ajoute la présence des loups qui protègent mystérieusement Yeruldelgger de ses ennemis.

Il y a aussi tous ces militaires qui survolent les lieux en hélicoptère pour parvenir à réaliser leur sombre trafic et n'hésitent pas à se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas. Oyun en paiera le prix. 

 

Ce qui est intéressant, et là on sent bien que l'auteur est un journaliste passionné, c'est que se mêlent dans le roman, problèmes contemporains, coutumes ancestrales (j'ai adoré toutes ces références au peuple mongol), descriptions fabuleuses des paysages, et bien entendu grand intérêt pour des personnages pétris d'humanité et des ennemis totalement pourris, cruels et prêts à tout pour survivre..

Un auteur à découvrir pour les fans de thrillers ! 

Rien de ce qu'il venait de faire ne ressemblait à l'homme qu'il avait été. C'est à eux qu'il ressemblait maintenant. Il était devenu comme eux. Pire peut-être.
Mais il devait bien ça à Colette.

Partager cet article

Repost0
28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 05:28
Métaillé, 2015

Métaillé, 2015

Le blizzard faisait rage sur le glacier.
Il ne voyait rien devant lui, parvenait tout juste à distinguer la boussole au creux de sa main. Même s'il l'avait voulu, impossible de faire demi-tour. La tempête lui cinglait le visage, criblant sa peu de flocons durs et froids venus de toutes les directions. Une épaisse croûte de neige s'était formée sur ses vêtements et, à chaque pas, ils s'enfonçaient jusqu'aux genoux. Il avait perdu toute notion du temps...

En 1945, avant de s'écraser à la surface du plus grand glacier d'Islande, le Vatnajökull, les hommes présents dans le bombardier allemand ont juste le temps d'apercevoir une ferme en contrebas et deux hommes en train de les observer. Persuadés qu'ils sont tout à côté, l'un d'entre eux, le plus gradé, décide de rejoindre la ferme, malgré la violente tempête de neige et le blizzard qui en peu de temps, ensevelit l'avion et le fait disparaître à tout jamais. Il a menotté à son poignet une mallette métallique, et porte dans sa main une boussole. Il n'arrivera jamais à la ferme et les secours ne parviendront que plusieurs jours après sur les lieux et se retrouveront dans l'incapacité de retrouver la moindre trace de l'appareil.

 

Les années suivantes, plusieurs campagnes seront menées pour tenter de retrouver le bombardier disparu, comme avalé par le glacier. Pour ne pas alarmer les islandais, elles auront lieu dans le plus grand secret, et sous des prétextes divers. 

 

En 1999, grâce aux nouveaux moyens de prospection, par photos satellites, et grâce aussi à la fonte du glacier, un morceau de carlingue est repéré. Aussitôt des soldats de la force spéciale d'intervention de l'armée américaine sont déployés sur les lieux, dans le plus grand secret, prétextant auprès du gouvernement islandais qu'il ne s'agit que d'un simple entrainement.

Pendant cette mission ultra secrète, au mépris de toutes  les règles politiques internationales en vigueur, ils doivent dégager puis démonter la carlingue à toute vitesse, et sans toucher à rien de ce qui se trouve à l'intérieur, héliporter les restes jusqu'à la base militaire de Keflavik. Tous sont sous les ordres de Ratoff, un américain "cinglé" et particulièrement sadique.

 

C'est alors que deux jeunes randonneurs, appartenant à un groupe de secouristes de Reykjavík,  s'approchent trop près des lieux, ils vont être immédiatement torturés et jetés pour morts au fond d'une crevasse. L'un d'entre eux a eu le temps, juste avant d'être capturé par les soldats, d'informer Kristin, sa sœur, une avocate sans histoire, de sa surprenante découverte et de la présence de nombreux soldats installés sur le glacier...

Celle-ci folle d'inquiétude, va chercher à en savoir plus : son frère ne répond plus au téléphone ! De plus, elle apprend que celui-ci n'est pas revenu à la base. Elle va réussir à se faire aider et à en apprendre davantage sur cet avion mystérieusement inconnu de tous les islandais...

Que contenait-il ? Des documents secrets ? De la drogue ?Des lingots d'or ?

En même temps que Kristin, le lecteur imagine tous les possibles au fur et à mesure des découvertes, des indices, des recoupements...

 

Bravant le danger, Kristin va tout faire pour se rendre sur les lieux, se jeter dans la gueule du loup si je puis dire, mais gagner le glacier ne sera pas de tout repos pour elle...

Ayant achevé sa lecture, il resta planté au milieu de la tente, abasourdi, enveloppant d'un regard vide les documents, la mallette, les passeports et le journal du pilote. Il lui fallu un long moment pour saisir toutes les implications et les replacer dans le contexte de ce qu'il savait déjà. Il examina à nouveau les signatures, passa en revue tous les noms mentionnés. Ils lui étaient très familiers...

L'Histoire n'est qu'un tissu de mensonges_nous le savons bien, vous et moi. Il y a eu tant de dissimulations, tant de choses inventées de toutes pièces ; nous avons dit la vérité sur des mensonges, et menti sur la vérité, enlevé telle chose pour la remplacer par telle autre. C'est notre job. Vous m'avez dit un jour que l'histoire de l'humanité n'était rien d'autre qu'une succession de crimes et de malheurs. Et bien, c'est aussi une succession de mensonges savamment construits.

Ce roman fait partie des premiers écrits de l'auteur (son troisième je crois, paru en Islande en 1999 et édité en France en 2015). Il présente donc quelques maladresses, mais il est riche en rebondissements.

L'auteur réinvente la Grande Histoire à sa façon, tout en nous faisant plonger dans certains éléments réels de la vie quotidienne des islandais. Il montre bien les contradictions des islandais qui se sentent sécurisés par la présence de l'armée américaine, tout en ne voulant pas des soldats sur leur territoire. Il montre aussi à quel point le comportement des jeunes femmes lors de ce que les habitants appelaient "la situation", provoque encore de vives réactions parmi la population, des années après la fin de la guerre. 

Les américains n'ont pas non plus le beau rôle. 

Kristin est un personnage attachant qui porte un amour démesuré à son petit frère dont elle s'est beaucoup occupée en étant jeune et dont elle se sent responsable depuis la mort de ses parents. Elle est tenace et intelligente, entourée par un panel de personnages et d'amis qui vont l'aider (et en payer les conséquences pour certains). Bien entendu il y a quelques raccourcis un peu faciles, comme le fait qu'elle arrive à dévier les tueurs partis sur ses traces  mais, nous sommes dans une fiction n'est-ce-pas ?! 

 

Même si la fin que je ne vous raconterai pas, peut vous surprendre, le suspense est au rendez-vous et vous n'aurez qu'une envie en commençant votre lecture, ce sera de connaître le secret enfoui depuis tant d'années au cœur de ce désert glacé. 

Bien entendu, des indices seront semés sur votre route et des vérités historiques que l'on pensait acquises pour toujours, seront remises en question de manière inquiétante...La théorie du complot n'est pas loin ! 

Encore un thriller à dévorer en vacances où le temps d'un week-end pluvieux, si vous aimez l'ambiance nordique de cet auteur islandais. Et, si vous n'avez pas le courage de le lire, vous pouvez désormais l'écouter, puisqu'il existe en livre audio. 

Bonne lecture ! 

Partager cet article

Repost0
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 05:11
Métaillé, 2018

Métaillé, 2018

Konrad se rappelait ces instantanés comme s'ils dataient d'hier. Il pensait souvent à son enfance dans ce quartier. Sa mère faisait figure d'exception puisqu'elle travaillait et apportait un salaire au foyer. Incapable de garder un emploi fixe, son père se livrait à toutes sortes de trafics et de magouilles...

...il existait en Islande une tradition foisonnante de contes populaires transmis oralement depuis des siècles, les longues nuits d'hiver.
...
Ces étranges récits étaient nés de la confrontation de l'homme à une nature hostile, de la difficulté à survivre dans ce pays désolé et des peurs qu’engendrait la longue nuit hivernale. A cela venait s'ajouter le plaisir de raconter des histoires et une imagination fertile qui avaient donné naissance à des univers merveilleux, tout aussi réels que le réel lui-même pour un certain nombre de gens.

Les contes populaires nous permettent de comprendre l'univers mental des petites gens. Ces récits nous en apprennent beaucoup sur la manière de penser de notre nation et son évolution au fils des siècles, qu'il s'agisse de sa peur de l'inconnu, de son aspiration à une vie plus confortable ou de ses rêves d'un monde meilleur.
Aussi bien directement qu'indirectement, ils nous renseignent beaucoup sur la vie d'autrefois.

Ce roman est le troisième opus de la "Trilogie des ombres" commencé avec "Dans l'ombre" et "La femme de l'ombre".

Je rappelle que les enquêtes sont indépendantes et que les trois romans peuvent se lire séparément. Cependant si vous désirez comprendre l'histoire du pays, mieux vaut les lire dans l'ordre...

 

La guerre est finie depuis longtemps et, ce qu'on a appelé "la situation" c'est-à-dire l'occupation anglaise, puis américaine, est presque oublié dans la vie quotidienne des islandais, lorsqu'on retrouve un vieil homme mort dans son appartement. Il semble s'être endormi dans son sommeil, en fait, il a été étouffé.

Les recherches révèlent que ce vieil homme s'est intéressé récemment de près, à une enquête menée pendant la guerre par la Brigade criminelle de Reyjavik, et en particulier par Flovent et Thorson, dont nous avons fait connaissance dans les tomes précédents.

A l'époque, en 1944, ils enquêtaient en effet sur le meurtre d'une jeune couturière, Rosamunda, retrouvée assassinée derrière le Théâtre National. L'assassin n'avait jamais été retrouvé. 

 

L'ex-inspecteur Konrad, élevé dans le quartier des Ombres, va se sentir tout de suite concerné par cette affaire, car il se souvient bien que son père avait lui aussi joué un rôle trouble à l'époque dans cette triste histoire. Il va donc proposer son aide à Marta son ex-collègue de la criminelle.

Tandis que le lecteur découvre que l'Islande au temps de "la situation" n'a pas fait de cadeaux aux jeunes filles qui fréquentaient des soldats, l'enquête d'aujourd'hui nous conduit au pays des elfes, des croyances populaires et du spiritisme, alors à la mode durant la dernière guerre.

Ne me demandez pas plus de détails car cela m'obligerait à vous révéler tout ce qui fait le sel de cette lecture !

 

Comme d'habitude, le grand intérêt des polars d'Arnaldur Indridason, c'est de nous détendre par une enquête bien menée, et de nous permettre, en parallèle, d'en apprendre davantage sur l'histoire de son pays.

Le récit mêle donc présent et passé, avec la finesse habituelle de l'auteur et sa façon bien à lui de parler des différents personnages, et de relier les affaires entre elles sans jamais nous perdre. 

 

Ici, on découvre la façon dont les soldats, pour la plupart mariés dans leur pays, traitaient les jeunes filles islandaises, les baratinant jusqu'à obtenir leurs faveurs, avant de les laisser tomber une fois enceintes. On découvre aussi tout le trafic parallèle de cette sombre histoire, faiseuses d'anges, charlatans en tous genres et surtout...corruption, mais aussi la façon dont l'Islande a basculé d'un coup dans la modernité alors qu'elle n'y était pas préparée. 

 

Si vous ne connaissez pas cette trilogie, et que vous aimez ce genre de lecture, les vacances seront une belle occasion de la découvrir. La lecture est facile et prenante et dès le début du livre, vous n'aurez qu'une envie, ce sera de le terminer ! 

 

Vous pouvez lire l'avis de Zazy ci-dessous...

Voilà exactement ce que je voulais entendre. C'est une affaire très sensible et je crois qu'il est préférable de la régler dans la plus grande discrétion, conclut le député.

Partager cet article

Repost0
17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 05:17
Fayard 1989 / Zulma, 2014

Fayard 1989 / Zulma, 2014

Et pourtant quelque chose en moi me poussait à faire un grand détour pour éviter les gens qui venaient à ma rencontre. Je contournais le cercle lumineux des réverbères, je cherchais la pénombre, et quand j’entendais des pas derrière moi, je sursautais. A un coin de rue obscur, j’entendis une voiture passer lentement près de moi. J’appelai, la voiture s’arrêta, et un cocher somnolent me ramena chez moi.

Quand je vois Dina, je suis comme un chien à la chaîne qui la surveille. Quiconque s'approche d'elle devient mon ennemi mortel. Je veux garder pour moi tout seul le moindre de ses regards, la moindre de ses paroles. Pourquoi ne puis-je la quitter, me lever et en finir une fois pour toutes ? Cela fait mal, cela me brûle au fond de moi-même...

Monsieur le baron a certainement pris froid lui aussi. Moi, je dis toujours qu'il faut prendre un quart de vin, le réchauffer, et y ajouter une écorce de cannelle. Voilà mon remède ! Avec un peu de fleurs de muscadier, un clou de girofle, le tout bien sucré. C'est un remède très efficace.

Voilà un polar facile à lire, empreint d'une touche de fantastique que j'avais déjà lu lors de sa première parution et que je voulais relire car l'auteur est un écrivain peu connu, mais qui est considéré comme un maître dans l'art du récit ! 

 

L'histoire se déroule à Vienne en 1909. Un soir où plusieurs amis se retrouvent pour jouer de la musique, dans le salon de la famille Bischoff. Le mari Eugen, un acteur connu, est retrouvé mort dans son pavillon au fond du jardin...

Meurtre ou suicide ?

Tout accuse le baron Von Yosch, le narrateur, qui nous raconte cette histoire, des années après. Il a été en effet l'amant de Dina, la femme d'Eugen Bischoff, et il ne s'est jamais remis de la retrouver mariée, à son retour de mission à l'étranger. Sa pipe est  retrouvée sur les lieux, alors qu'il assure ne pas avoir mis les pieds dans la salle.

Dès le début de l'histoire, cette accusation ne tient pas.

Le suicide paraît impossible d'autant plus que personne n'a dévoilé à Eugen que son contrat avec le théâtre, qui l'emploie comme comédien, allait prendre fin et que la banque, dans laquelle il avait placé toutes ces économies, venait de faire faillite, ce qui pourtant était paru dans la presse le matin même, ce que tout le monde, y compris Dina, a tout fait pour lui cacher !

 

Le docteur Gorski qui a invité le baron à se joindre à eux, et l'ingénieur Waldemer Solgrub, un ami de la famille vont mener l'enquête, espérant démontrer à Félix, le frère de Dina, que le baron est totalement innocent. 

 

Les voilà partis sur la piste de mystérieux suicidés étrangement ressemblants qui faisaient partie du milieu des artistes..Cela qui les amène sur les traces d'un hypothétique "monstre" qui pousserait ses victimes à passer à l'acte. 

 

A partir de ce moment-là, le lecteur plonge dans l'univers de l'auteur, entre raison et folie, mystère et réalité...Vous l'aurez compris, il bascule dans un autre monde où toutes les peurs deviennent réelles et les événements les plus mystérieux, totalement plausibles.

Ainsi les enquêteurs (et les lecteurs du coup aussi) en viennent à se poser des questions loufoques : Le "monstre" est-il bien un être de chair et de sang ? Est-il italien ? Quel rapport y a-t-il entre lui et un expert en sciences occultes ? A quoi peut bien servir ce vieil atlas du XVIe siècle qui joue un rôle dans l'histoire ?

Et si le monstre était tout simplement en nous ?

Et si je vous disais en guise de réponse que le "Maître du Jugement dernier" a réellement existé ! 

 

L'enquête est menée tambour battant et le lecteur, pris au piège, termine le livre en un rien de temps...

La légèreté de ton de l'auteur, son humour, sa façon de distiller les indices et de nous perdre, tout en nous amenant là où il désire nous mener...sans jamais nous laisser le temps de réfléchir ou de nous arrêter un instant en chemin, font de ce roman un polar très prenant. 

Au-delà  de cette enquête pas comme les autres, c'est de l'homme que nous parle Léo Pérutz, de son imagination débordante, de ses peurs, de sa façon bien à lui de revisiter sa propre histoire pour la modeler à sa guise, la rendre présentable aux autres et trouver ainsi sa place parmi les autres...

 

Un excellent moment de (re)lecture qui me donne envie de ré-explorer l'oeuvre de ce grand auteur classique !

 

Partager cet article

Repost0
30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 05:19
Editions Métailié 2017

Editions Métailié 2017

Mes fraudeurs de parents aimaient viscéralement l'argent.
...
L'argent est le Tout ; le condensé de tout ce qui s'achète dans un monde où tout est à vendre. Il est la réponse à toutes les questions. il est la langue d'avant Babel qui réunit tous les hommes.
Ils avaient tout perdu, y compris leur pays. Il ne restait plus rien de la Tunisie française de mon père, rien non plus de la Vienne juive de ma mère. Personne avec qui parler le pataouète ou le yiddish. Pas même les morts dans un cimetière.

En la couvant des yeux avec fierté, mon père...disait d'elle qu'elle était comme une oeuvre d'art : très belle, mais d'une valeur d'usage absolument nulle.

- Collectionneuse de feux d'artifice ! Mais comment tu veux collectionner une chose pareille ?
- Dans ma tête. Je voyagerai autour du monde pour les voir.
- Tu es la première collectionneuse de feux d'artifices que je rencontre ! Enchantée.
Là, elle a hélé un photographe de ses amis afin qu'il immortalise ce moment inédit. Elle a fait tirer deux photos. Une pour moi et une pour elle.

Patience Portefeux travaille comme traductrice judiciaire. Elle passe ses journées à traduire de l'arabe en français les conversations des petits ou gros malfrats mis sur écoute et participe souvent aussi à leur interrogatoire. 

 

Devenue veuve jeune, elle a élevée seule et sans argent ses deux filles, adultes aujourd'hui. A 53 ans elle voit sa vie et ses désirs réduits à néant, n'ayant comme loisirs que de s'occuper de sa mère placée en EPHAD, une mère égoïste et dépensière qui en plus ne l'a jamais aimé. 

Elle sait aussi que le Ministère qui l'emploie la paie au black depuis des années et donc qu'elle n'aura aucune retraite et ne laissera rien à ses filles...

Pourtant son enfance ne l'avait pas préparé à cette vie-là. Son père était dans les affaires et leur offrait une belle vie et de belles vacances même s'il n'était jamais là. Et elle dans ses robes à smocks de petite fille modèle n'en perdait pas une miette de ce qui se passait autour d'elle...

 

Un jour, elle se prend d'affection pour une famille de trafiquants marocains, parce qu'elle trouve le garçon travailleur et sérieux. Lorsqu'elle découvre que c'est en plus le fils d'une des employées de l'établissement où réside sa mère, elle n'hésite pas un instant à enfreindre la loi et à la prévenir que celui-ci va être arrêté. Il sort de l'autoroute et planque la drogue. Il n'en fallait pas plus  pour que Patience franchisse la ligne rouge...elle devient la Daronne, assurant ainsi un avenir à toute sa famille et enterrant à jamais ses inquiétudes pour l'avenir.

 

Je trouve que ce roman considéré comme un polar sort vraiment des sentiers battus... 

Le style de l'auteur, concis et percutant, empli d'humour et de réflexions sur le fonctionnement de notre société, est une découverte pour moi qui n'avait encore jamais rien lu d'elle. 

Dans ses pages, elle traite avec réalisme du trafic de drogue mais avec autant d'ironie et de réalisme, du fonctionnement des EPHAD par exemple, tant au point de vue des personnels que des conséquences de leur coût exorbitant, pour les familles. 

Les personnages sont tous attachants parce que l'auteur a une façon bien à elle de nous les décrire et de nous montrer aussi bien leur force que leur faiblesse. 

Un roman court (172 pages à peine) que j'ai aimé pour son côté "politiquement incorrect". Et oui de temps en temps cela fait du bien ! 

 

L'auteur est avocate pénaliste. Elle est également scénariste, ce qui ne m'étonne guère vu le rythme particulier donné à ce roman qui a obtenu en 2017 le Prix du Polar européen et le Grand Prix de Littérature Policière. 

Je me fis la remarque qu'on ne se souvient jamais de ce qu'on pensait enfant des événements dont on a été témoin ; à peine se les représente-t-on, comme s'il s'agissait d'une fiction ou d'histoires qui sont arrivés à une autre personne.

La directrice les nomme "les résidents", jouant ainsi avec un certain humour sur l'incertitude orthographique de ce mot. "Résident" avec un "e" comme citoyen d'une résidence et non un "a" comme des personnes qui habitent quelque part...et qui peuvent en repartir quand elles le veulent.

Partager cet article

Repost0
10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 05:09
Robert Laffont, collection La Bête noire, 2018

Robert Laffont, collection La Bête noire, 2018

Voici le troisième volet de la série "Les Détectives du Yorkshire" que j'ai commencé à lire avec "Rendez-vous avec le crime", présenté ICI et "Rendez-vous avec le Mal, ICI. 

Pour une fois, je lis les différents tomes dans l'ordre, mais vous pouvez sans problème les lire séparément, l'auteur rappelant les faits essentiels pour la compréhension de l'histoire. De toute façon, même si on retrouve les mêmes personnages, les enquêtes sont à chaque fois différentes, je le rappelle ici. 

Après le départ de ses visiteurs, il était resté prostré dans la cuisine abandonnée, à revivre les scènes de violence, à réentendre l'écho de pleurs fantomatiques, tandis que le passé s'abattait sur lui. Cette pièce n'avait jamais été chaude même quand le poêle était chargé à bloc.

Dans ce tome, Samson O'Brien est embauché par Matty Thistlethwaite, notaire à Bruncliffe, pour mettre la main sur un simple certificat de décès afin de clore une affaire de succession. La maman de Jimmy vient de décéder et elle a pour une raison mystérieuse, cédée par testament, la moitié de son héritage à sa fille Livvy, décédée 20 ans auparavant. Jimmy Thornton est abasourdi par la nouvelle...

 

Evidemment Delilah va participer aux recherches...ce qui ennuie profondément Samson qui, comme d'habitude, préfère travailler seul. 

Très vite, tous deux vont se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Non seulement le certificat est introuvable dans la ville où Livvy, la jeune fille héritière, est censée avoir trouvée la mort vingt ans auparavant, mais même dans les journaux de l'époque, il n'y a pas trace de l'accident dont son frère dit qu'elle a été victime. Ses parents lui auraient-ils caché certains éléments de cette triste histoire, il n'avait que 8 ans à l'époque où sa sœur a quitté la maison.

 

Samson et Delilah sont bien décidés à faire toute la lumière sur cette triste affaire... mais c'est sans compter sur ce besoin constant des habitants de la petite ville de toujours bien garder à l'abri tous leurs secrets...

Ils étaient partis. La moto rugissante disparaissait le long de la piste dans un nuage de poussière, le bruit du moteur s'attardait dans les échos renvoyés par la roche.
Ils avaient apporté le trouble dans cet endroit. L'avaient extirpé de son calme habituel. Et ils avaient commencé à extirper aussi le passé. Et ça, on ne pouvait pas se le permettre.
(...)
Parce que le passé devait être protégé. Coûte que coûte.

Le lecteur est content de retrouver les personnages de cette série, plaisante et facile à lire, sans prise de tête mais intéressante car emplie d'humour, de rebondissements et de suspense, le mystère étant maintenu jusqu'à la toute fin du livre. Le lecteur a pourtant de nombreux doutes et il suit mentalement de nombreuses pistes possibles...

Samson et Delilah ne sont pourtant pas au mieux de leur forme, mais on a l'impression de retrouver de vieux amis ! 

Delilah tremble à l'idée que son ex-mari vienne lui enlever Calimero, son adorable chien et, le banquier surveille toujours ses comptes de près concernant son agence. On l'aime quand elle est sensible et si fragile, elle qui d'habitude est si enjouée et fougueuse ! 

Samson est toujours aussi taciturne et ce n'est pas son passé qui le poursuit toujours qui va arranger les choses. C'est de plus en plus lourd à porter pour lui et il a l'impression que tout le monde autour de lui est au courant de l'affaire. De plus sa relation avec son père est toujours autant compliquée.

 

Malgré la lenteur de l'enquête, nos deux protagonistes prenant tout leur temps comme habituellement, le lecteur est heureux de retrouver l'ambiance de cette petite ville de campagne, l'heure du thé, imbuvable pour certains dont Samson, les courses à pied dans la campagne et les petits et grands secrets des habitants...

 

A lire avec vos ados pour partager un moment de lecture convivial et so british ! 

Pour Samson, cette affaire était devenue plus que la simple recherche d'un document manquant, c'était une affaire personnelle. Il tenait absolument à découvrir ce qui était arrivé à la jeune femme pleine de vie dont tout Bruncliffe se souvenait. La ville l'avait déjà laissé tomber une fois...

Partager cet article

Repost0
6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 05:16
Robert Laffont / La Bête Noire, 2018

Robert Laffont / La Bête Noire, 2018

Ce jour-là, grâce aux frimas de la veille, on se serait cru dans un conte de fées.
Les champs immaculés étincelaient sous un soleil radieux. Les murs de pierre grise étaient nappés d'un glaçage de fête qui adoucissait leurs lignes dures édifiées sur les pentes des siècles auparavant. Les versants des collines s'élevaient en douces vagues blanches, vierges de tout roc, de toute trace de terre.

La première chose qu'elle vit fut le jardin de derrière et le bout de colline qui dépassait du bâtiment opposé. La seconde fut que la porte de sa chambre était ouverte. L'avait-elle laissée comme cela ? Elle essaya de se remémorer ses faits et gestes, mais un brouillard de confusion familier obscurcissait sa mémoire, laissant percer par moment des tranches de sa jeunesse.

Bienvenus à Bruncliffe, la ville où tout le monde se mêle des affaires de tout le monde !

 

Alors que noël approche, et que l'ambiance de la petite ville est à la fête, Samson O'Brien, détective privé de l'Agence de Recherche des Vallons, est alerté par une vieille dame de Fellside Court, la résidence pour personnes âgées de Bruncliffe, où se trouve placé son propre père. Elle prétend que quelqu'un cherche à l'assassiner...

Des vols ont bien été perpétrés sur les lieux mais comme Alice Shepherd, la vieille dame, perd un peu la tête et s'embrouille dans ses explications, Samson ne prête pas réellement attention à sa requête. Pourtant peu de temps après, elle est retrouvée morte : elle a fait une overdose de son médicament habituel. 

 

En même temps, le propriétaire de la ferme de Mire End, Clive Knowles, vient se plaindre que Ralph, son bélier reproducteur, a mystérieusement disparu. Fuite ou enlèvement ? Samson qui a besoin d'argent est bien obligé de se lancer dans l'enquête, suivi par Delilah qui bien entendu, prétexte mieux connaître que lui, les gens de la petite ville...ce qui n'est pas faux, Samson n'étant revenu sur les lieux que depuis sept semaines à peine.

 

 

Samson et Delilah ne manquent pas d'occupations pour résoudre ces deux affaires, d'autant plus qu'à la résidence, le vieil Eric Bradley fait un malaise en pleine nuit, alors que son concentrateur d'oxygène semble fonctionner normalement... 

Accident ou tentative de meurtre ? Ce sera à nos deux enquêteurs de découvrir la vérité...

 

Le lecteur est heureux de retrouver les deux enquêteurs dont il avait fait connaissance dans le tome 1 de la série.

Il faut dire aussi qu'ils ne sont pas en manque d'imagination, ni d'humour pour résoudre les affaires en cours !

Delilah a toujours autant de mal à faire tourner ses sociétés qui sont dans le rouge.  Son ex-mari l'encombre avec ses affaires et menace de venir récupérer Calimero, un Calimero attachant, victime d'angoisse de séparation qui transforme les coussins en confettis et les chaussures en lambeaux, mais qu'elle aime tant et auquel  le ténébreux et mystérieux Samson s'est également profondément attaché. 

 

L'ambiance parmi les personnes âgées de la maison de retraite est particulière. Ils sont pleins d'attention et de tendresse les uns pour les autres, et le lecteur tremble pour eux face aux terribles événements qui vont secouer leur vie quotidienne... Il est véritablement soulagé quand Samson et Delilah découvrent qui est derrière toute cette terrible affaire. 

 

Bien que chaque tome nous donne à résoudre une enquête parfaitement indépendante, certains faits se poursuivent d'un tome à l'autre et forment une trame pour qui veut lire les différents tomes dans l'ordre chronologique de sortie.

Dans le cas contraire, les faits sont rappelés juste ce qu'il faut pour que le lecteur ne se perde pas et éprouve du plaisir à résoudre les enquêtes en cours.

Mais des questions restent évidemment sans réponse pour nous donner envie de poursuivre la série. 

Là par exemple le lecteur s'inquiète pour Calimero. Neil Taylor, l'ex-mari de Delilah vat-il venir le récupérer comme il en a le droit, les papiers étant tous à son nom  ?

Le lecteur ne sait toujours pas si l'enquête interne dont fait l'objet Samson et qui est la cause de son retour dans sa ville, va aboutir ou pas... 

 

Voici une série captivante, bien écrite et bien traduite, parfaite pour des vacances ! Elle se lit sans prise de tête.  Il y a des rebondissements, de l'humour, des sentiments, de l'amitié et de l'amour, brefs de bons ingrédients pour passer un bon moment... entre deux lectures plus difficiles ou pas, selon nos désirs.

De plus, le Yorkshire est un endroit magnifique et superbement décrit par l'auteur, ce qui ne gâche rien pour qui aime cette ambiance bucolique et "so british". Bref ce roman de cosy mystery  est à la hauteur de nos attentes...

Je trouve même que ce tome 2 est encore plus plaisant que le tome 1. Les personnages sont devenus quasiment familiers et nous avons envie de savoir ce qui va leur arriver...

Et pour une fois, j'ai vraiment eu de la chance, puisque je n'ai pas eu à attendre longtemps pour lire le tome 3... j'ai pu les emprunter tous les deux en même temps à la médiathèque.

Je vous parle donc de la suite très prochainement puisque je l'ai déjà lu pendant mes dernières vacances. 

Partager cet article

Repost0
10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 06:23
XO Editions, 2012 / Pocket, 2013

XO Editions, 2012 / Pocket, 2013

Tout le monde a ses secrets, tout le monde a quelque chose à cacher, et personne n'est uniquement ce qu'il paraît.

C'est en lisant pendant les vacances de noël, le premier roman de Bernard Minier, "Glacé", que j'ai réalisé que je ne vous avais pas encore présenté celui-ci que j'ai pourtant lu cet automne. Il était temps... avant que j'oublie de le faire ! 

 

L'histoire se passe à Marsac, une petite ville du sud-ouest envahie par ses nombreux étudiants qui représentent l'élite de la région...

Un des professeurs de la plus prestigieuse des écoles locales (fictive) est retrouvée sauvagement assassinée. Elle était belle, "brillantissime" et très courtisée. On la retrouve morte noyée dans sa baignoire et l'assassin a pris la peine et le temps de la ligoter consciencieusement avant d'ouvrir le robinet.

Hugo, un de ses élèves est retrouvé sur les lieux, en état de choc, assis au bord de la piscine où se trouvent répandues une multitude de poupées que la victime collectionnait, et qui flottent à présent dans l'eau, comme des noyées. 

Il a été drogué.

Est-il coupable ou innocent ? Tout l'accuse !

 

Le commandant Martin Servaz, ce héros cabossé par la vie que j'avais déjà croisé dans "N'éteins pas la lumière" est mis sur l'affaire.

Ce qu'il ne sait pas en fait, c'est que cette affaire va prendre une tournure vraiment personnelle et le replonger dans un passé douloureux qu'il a vainement tenté de fuir. La mère de Hugo est en effet son plus grand amour de jeunesse. Il n'a pas réussi à l'oublier, ni à guérir de sa trahison. 

De plus, lui-même a été élève dans cette prestigieuse école et sa fille Margot y poursuit actuellement ses études. Elle connaît tout le monde, élèves comme professeurs et cela ne va pas tarder à lui procurer des ennuis.

 

L'affaire se corse lorsque Servaz reçoit un mail signé par les initiales d'un sérial-killer évadé depuis peu de prison, qu'il a lui-même fait arrêter...

Ce qui ajoute au suspense, c'est qu'une voix "off", nous met  sur la piste d'un dangereux psychopathe, en donnant la parole à une jeune femme emprisonnée, dont le lecteur ne connaîtra l'identité qu'à la toute fin du roman.

Mais bien sûr, je ne vous dirai rien de plus ! 

 

Lorsqu'elle avait senti la tiédeur du soleil sur ses bras nus et ses épaules, deviné sa lumière à travers le sac, respiré l'odeur de la terre et des champs encore humides, le parfum des fourrés en fleurs, entendu le ramdam des oiseaux au lever du soleil, elle avait été près de s'évanouir...

Il savait que le poids de l'humanité est fait des actions additionnées de chaque homme et de chaque femme...

 

"Le cercle" est le second thriller que je lis de Bernard Minier.

Ce roman fait suite à "Glacé" que je viens de terminer et que je vous présenterai bientôt ! Comme les romans peuvent se lire séparément, cela ne pose pas de problème.

Bien évidemment, je ne vous donnerai pas la signification du titre, ni ne vous direz l'importance dans l'histoire de ce fameux "cercle", ni pourquoi ou comment il va se retrouver au centre de l'enquête. 

Ce que j'aime chez Bernard Minier, c'est cette façon qu'il a de nous balader entre faits réels et fiction, son côté machiavélique, ses réflexions politiques poussées qui étayent le roman et sa façon bien à lui de nous ancrer dans la réalité. 

Il sait décrire les faiblesses humaines, la jalousie, la trahison, le désir de vengeance, la lâcheté, la peur, sans porter aucun jugement.

Mais il s'engage par contre totalement, en nous livrant ses réflexions sur notre société moderne et ses travers, comme en particulier lorsqu'il nous parle du port d'arme, des conditions inhumaines de vie en prison, du rôle négatif des publicitaires dans le monde d'aujourd'hui...entre autres ! 

 

Je ne peux que saluer également, la finesse avec laquelle il analyse la psychologie du sérial-killer. Le passage où celui-ci "joue avec sa victime" dans la forêt est tout à fait glaçant. 

 

J'ai été touchée par sa façon de parler avec beaucoup de réalisme de l'enfance maltraitée, à travers le personnage de David, mais aussi des blessures de la vie, de la perte d'un être cher et de la difficulté de se débarrasser de certains souvenirs trop douloureux.

 

Enfin j'aime aussi ce commissaire meurtri par la vie, hanté par son passé, et en manque de reconnaissance, qui cache ses faiblesses derrière une façade bourrue, alors qu'il déborde de tendresse et d'amour pour ses proches et d'empathie pour les victimes et leur famille.

Un excellent thriller à ne pas rater ! 

 

D'autres avis ci-dessous...chez Eve et Mimi. 

Partager cet article

Repost0
17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 05:28
Presses de la cité/ Collection Sang d'encre, 2018

Presses de la cité/ Collection Sang d'encre, 2018

C'est comme si quelque chose s'était abattu sur la maison de Rachel, et l'avait retournée, tandis que le reste de la ville demeurait intact.

Si je vais dans sa chambre, je verrai les ombres de l'orme côté sud, jouant sur le parquet. Le chien assoupi, vautré au bas du lit, assez près pour qu'elle puisse le caresser rien qu'en laissant traîner sa main. Et Rachel, endormie.
J'ouvre les yeux.

 

Tous les week-ends, Nora prend le train pour se rendre chez Rachel, sa soeur qui vit en campagne. 

C'est une façon pour elle de fuir Londres où elle travaille, mais aussi de retrouver celle qui est à la fois une soeur, une amie et une confidente. 

 

A son arrivée c'est le choc. Rachel a été sauvagement assassinée et même le chien a été étranglé à sa propre laisse. 

Nora est perdue, elle est incapable de retourner travailler et s'installe à l'auberge du village. Au début parce qu'elle est sous le choc et désire rester encore un peu près de sa soeur, ensuite parce qu'elle émet des suppositions, découvre des événements dont elle n'avait pas connaissance et peu à peu, mène en parallèle sa propre enquête, ce que n'apprécient pas du tout les enquêteurs chargés de la résoudre, ni ceux qui connaissaient Rachel de près, et qui chacun à leur tour seront soupçonnés. 

 

Cet assassinat est-il lié au travail de Rachel à l'hôpital voisin ? 

A-t-il un rapport avec le passé tumultueux des deux jeunes femmes et à leurs recherches incessantes autour des faits divers ?

Ou bien, est-il le fait d'un simple déséquilibré de passage ?

Je ne vous en dirai pas davantage...

 

Nous voulions revenir année après année, jusqu'au jour où nous serions vieilles.
L'escalier s'évanouit au bas de la falaise, et j'imagine Rachel remontant les marches. Dans quarante ans. La mer en contrebas, les ruissellements sur la paroi. Une vieille dame formidable, les cheveux humides après son bain matinal...

 

Voilà un roman policier distrayant, qui sait prendre des airs de thriller par moment pour mieux nous donner envie de tourner les pages.

Cependant il faut noter qu'il n'atteint pas les sommets du genre. L'intrigue est simple et connue : un meurtre, une enquête qui piétine, une famille qui découvre la face cachée de la victime et qui en apprend davantage que les enquêteurs... 

Il est facile à lire et bien construit. Il vous fera passer un bon moment sans prise de tête, car le suspense est maintenu jusqu'aux dernières pages et les rebondissements sont nombreux...

Il se lit donc d'une traite.

 

Ce qui m'a agréablement surprise en le lisant, c'est le regard porté par l'auteur sur la psychologique des personnages. Je ne m'y attendais pas et pensais à un roman beaucoup plus superficiel, lorsque j'ai reçu la proposition de sa lecture, dans le cadre d'une Masse critique exceptionnelle de Babelio. 

Entrer dans les personnages, connaître leur enfance douloureuse, découvrir le poids des traumatismes et l'obsession qui en découle, assister à la douleur du deuil d'un proche avec les divers sentiments qui l'entourent (accablement, révolte, renoncement, colère, émergence de nombreux souvenirs heureux ou malheureux, sentiments de culpabilité et difficulté de laisser couler les larmes)... tout cela nous emmène beaucoup plus loin que l'histoire elle-même.

Et c'est ce qui fait pour moi l'unique intérêt de ce roman policier...

 

Sa faiblesse (au-delà de l'histoire très simple donc) ce sont les erreurs d'impression (mots manquants, lettres mal imprimées...)  mais peut-être n'ai-je pas eu en main un exemplaire définitif, comme cela arrive parfois dans le cadre de Masse critique de Babelio (qui habituellement me prévient de ce fait)...

Si c'est le cas, je m'excuse auprès de l'éditeur de cette remarque.

Sinon, il ferait bien de corriger plus précisément les épreuves avant de lancer l’édition définitive, car ce n'est pas pour une simple coquille que je fais cette remarque...et je ne vais pas lui apprendre son métier !

 

A noter que dans sa version originale, ce premier roman d'un jeune auteur américain née en 1986, a été encensé par la presse américaine, en tête des meilleures ventes et couronné par le Prix Edgar du premier roman en 2017. 

Pour moi, il reste moyen et juste fait pour passer un bon moment, mais sans nul doute, cette jeune femme écrivain, n'a encore pas dit son dernier mot...

 

tous les livres sur Babelio.com

Partager cet article

Repost0
12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 05:26
Robert Laffont / La Bête noire, 2018

Robert Laffont / La Bête noire, 2018

Les cimes enneigées dominaient une forêt millénaire, surgissant comme des lames opaques d'un épais tapis d'arbres. Elles faisaient penser aux géants de la mythologie, elles vous obligeaient à lever la tête, avec une sensation de vertige dans l'âme. Au fond des sous-bois, entre les pins des Alpes et les ronciers de myrtilles, jaillissaient des torrents aux eaux transparentes qui s'écoulaient avec agilité entre les rochers, les stalactites et une mousse odorante...

 

Voilà un thriller qui nous fait voyager en Italie, et nous emmène au fin fond d'une vallée de montagne, dans le petit village fictif de Travesi, resté longtemps loin de tout. 

Là, les habitants savent garder les secrets, c'est le moins qu'on puisse dire, et ils savent même les enfouir au plus profond de leur mémoire durant des décennies...

Mais lorsqu'un  habitant du village est retrouvé mort, dans des circonstances mystérieuses faisant l'objet d'une mise en scène particulièrement énigmatique et morbide, le froid des montagnes et la peur s'installent rapidement parmi eux...

 

Teresa Battaglia, la commissaire chargée de l'enquête, va devoir mener ses investigations toute seule, heureusement aidée par une équipe qui, malgré ses remarques acerbes et son caractère acariâtre, lui voue une indéfectible fidélité.

Seul, le petit nouveau Massimo Marini, a du mal à s'y faire mais, il saura découvrir les failles qui expliquent pourquoi Teresa est une personne pourtant forte et indépendante, mais que l'on a très envie de protéger...

 

Dès le départ, Teresa est persuadée qu'elle doit faire face à un tueur en série et cherche à dresser son portrait psychologique. Mais lorsque d'autres victimes sont découvertes, encore vivantes, elle doit se rendre à l'évidence : elle a fait erreur sur toute la ligne. Il ne s'agit pas d'un tueur ! 

Mais le savoir ne lui simplifie pas du tout la tâche, au contraire, et vous ne découvrirez qu'à la toute fin du roman qui est le coupable...

 

Lucia craignait ce moment : c'était l'heure où les fantômes faisaient leur apparition dans le bois. Elle avait dit à sa mère qu'il était arrivé quelque chose en lisière de la forêt de pins, mais cette dernière ne l'avait pas crue.

 

Le suspense est donc maintenu jusqu'au bout, même si nous nous doutons bien, en tant que lecteur, que les indices semés sur notre chemin seront tous utiles pour la compréhension de l'histoire, nous n'en devinons pas pour autant les zones d'ombre. 

 

Les chapitres sont courts et les époques alternent.

D'abord le récit des événements d'aujourd'hui nous permet de participer à l'enquête, ensuite la voix-off de l'assassin nous fait entrer dans son état d'esprit. Puis nous faisons quelques sauts dans les années 80, dans une cabane située au cœur de la forêt de Travesi, mais là, chut...je n'en dirai pas plus. Et enfin, nous nous rendons fréquemment en Autriche, durant les années 70. Là, le lecteur se retrouve plongé dans l'ambiance glauque d'une mystérieuse école où sont menées des expériences secrètes...Les personnes qui y travaillent, sont tenues d'obéir sans discuter à cette simple devise : "Vois. Observe. Oublie."

L'effet est immédiat : le lecteur a envie de tourner les pages pour savoir ce qui se passe dans l'époque qu'il vient de délaisser !

 

Les personnages sont plutôt sympathiquesTeresa qui apparaît comme quelqu'un de détestable a priori, s'avère être passionnée par son travail de commissaire. Elle est d'une grande empathie pour les victimes. Le regard qu'elle porte en particulier sur les enfants et leur mode de survie m'a beaucoup touché. 

Le jeune Massimo en fait trop pour se faire accepter par l'équipe mais on voit bien qu'il est tombé sous le charme de sa supérieure. Il en devient touchant lui-aussi. 

 

C'est de plus un roman qui aborde plusieurs thèmes intéressants et souvent douloureux, comme la maltraitance, la solitude, l'absence d'amour parental, l'importance du groupe chez les enfants et d'un modèle à imiter,  la solidarité...et qui nous montre que les bourreaux sont souvent aussi des victimes. 

Le style est proche des romans nordiques. On y retrouve une certaine lenteur et une ambiance glaciale. 

 

C'est un roman psychologique que j'ai lu avec plaisir.

Il m'a manqué cependant, un petit quelque chose que je n'arrive pas à définir pour en faire un coup de cœur. Quelques maladresses ou incohérences, peut-être un problème de traduction (des ronciers de myrtilles ça existe ?) ou trop de découpages peut-être, qui m'ont empêché d'entrer totalement dans l'ambiance. J'ai eu l'impression par moment de rester trop en dehors de l'histoire, à d'autres d'y être en totale immersion...mais pas de quoi faire des cauchemars tout de même, je vous rassure. 

 

Peut-être ces individus-là perçoivent-ils le monde mieux que moi, fit-elle dans un murmure. Ils voient l'enfer que nous avons sous nos pieds, alors que nous autres, nous ne voyons que les fleurs qui poussent sur la terre. Leur passé les a privé d'un filtre qui, au contraire, nous a été transmis.

Les voix des victimes l'accompagnaient à tous les instants de la journée et, dans la noirceur de la nuit, elles s'élevaient avec plus de force. Elles ne lui permettaient jamais de se reposer, tant que le coupable ne serait pas démasqué et que ce cercle de mort ne serait pas brisé.

La vie faisait peur, quand on regardait en face ce qu'elle pouvait être vraiment, mais elle demeurait sacrée, inviolable, une aventure extraordinaire qu'il convenait d'affronter avec le cœur battant à tout rompre et un sentiment d'émerveillement qui ne pouvait s'éteindre, même devant la douleur la plus déchirante.

 

Je remercie Babelio de m'avoir proposé ce thriller dans le cadre d'une Masse critique exceptionnelle...

Cela m'a permis de découvrir ce jeune auteur.

Je lirai ses prochains romans avec plaisir puisque d'après ce qui est annoncé, celui-ci n'est que le premier opus d'une série, dont les différents tomes se liront séparément, et qui tournera autour de  la formidable Teresa, cette héroïne si surprenante, mais si humaine et emplie d'empathie, qu'elle en devient au fil des pages, très attachante.

Ce jeune auteur qu'on appelle déjà en Italie la "Donato Carrisi au féminin" est donc à suivre...

 

tous les livres sur Babelio.com

Partager cet article

Repost0
27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 05:30
Éditions Méraillé, 2017 / Roman traduit de l'islandais par Éric Boury

Éditions Méraillé, 2017 / Roman traduit de l'islandais par Éric Boury

Les autocars arrivaient les uns derrière les autres et descendaient jusqu'au port, légèrement à l'écart de la ville. La plupart des passagers avaient fait un long voyage. Partis du Danemark, ils avaient rejoint la Suède en bateau avant de la traverser pour atteindre la frontière finlandaise. Sur la dernière portion du trajet jusqu'à Petsamo, les véhicules avaient emprunté des routes défoncées, traversant les territoires où les Russes et les Finlandais s'étaient affrontés. Partout, on ne voyait que destruction, maisons éventrées et cratères d'obus dans les champs...

 

L'histoire...

 

Durant l'hiver 1942, Karolina attend fébrilement Osvaldur, son fiancé, qui doit embarquer avec elle sur l'Esja, à Petsamo. La plupart des islandais sont autorisés à  fuir la guerre et à rentrer chez eux, abandonnant leurs études ou leur travail pour se mettre en sécurité. Le Danemark vient en effet d'être envahi par l'Allemagne et l'Islande désire avant tout rester neutre dans le conflit. 

 

Mais le jeune homme, qui devait arriver de Copenhague où il faisait ses études de médecine, ne se présente pas à l'embarquement.

Inquiète, Ingimar, un de ses camarades de faculté lui apprend que Osvaldur vient d'être arrêté par la Gestapo. Quelques temps avant, il lui avait en effet fait part, de sa volonté de s'engager dans la Résistance. 

Ingimar tente de la consoler comme il le peut...Mais Karolina est d'autant plus contrariée, qu'elle croise Manfred, un jeune homme avec qui elle a eu une liaison ce qu'elle regrette à présent. Elle ne comprend pas sa présence sur le bateau...

Bien qu'autorisé par le Troisième Reich, le convoi est très surveillé, et la traversée ne se passe pas sans problèmes, ni sans quelques escales imprévues et contrôles d'identité. C'est alors que les voisins de cabine d'Ingimar donne l'alerte : il a mystérieusement disparu. Tout le monde pense à un accident ou à un suicide, le jeune homme serait passé par-dessus bord...Impossible de faire demi-tour ! 

 

Quelques temps après en Islande, en 1943, un corps est rejeté à la mer et les enquêteurs pensent à un suicide jusqu'à ce qu'ils découvrent que le jeune homme a été anesthésié avant d'être jeté à l'eau. Il ne pouvait donc que se noyer...

En parallèle, Jenny, un jeune homosexuel est découvert sauvagement massacré près d'un bar fréquenté uniquement par des militaires, puis Elly, une jeune femme qui s'amusait un peu trop avec les militaires est portée à son tour disparue...

Tandis que les enquêteurs tentent de s'y retrouver dans ces meurtres, Karolina cherche toujours à comprendre qui a dénoncé son fiancé, tandis que Kristmann, le frère d'Ingimar ne croit pas un instant au suicide de son frère qui n'avait aucune raison de passer par-dessus bord durant la traversée et avait par ailleurs un moral d'acier...

 

Mon avis...

 

Ce roman est le second opus de la "Trilogie des ombres". Il fait suite à "Dans l'ombre" que je vous ai présenté récemment. 

Bien que les enquêtes soient indépendantes et soient résolues dans chacun des livres je trouve intéressant de les lire à la suite. Ce n'est donc pas une trilogie pour rien.

 

Thorson et Flovent les jeunes enquêteurs de Reykjavik, que nous avions découvert dans le premier tome vont encore une fois devoir développer leur sens critique et ne pas se laisser influencer par les apparences. Ils ont deux enquêtes parallèles à mener et les gens du coin ne leur facilitent pas la tâche !

De nombreuses bagarres ont lieu entre les autochtones et les soldats qui s'amusent comme ils peuvent en s'imbibant d'alcool dans les bars qui jouxtent les bases militaires.

Les affaires de mœurs ne sont pas en reste et les deux enquêteurs ne savent plus dans quelle direction mener leurs interrogatoires.

Ils vont encore une fois nous surprendre par leur patience, leur dextérité et leur minutie que certains lecteurs qualifieront de lenteur.

Et pourtant, même si le lecteur a parfois l'impression que les enquêtes piétinent et que tout se déroule au ralenti, le roman est  passionnant et écrit dans une langue simple mais très imagée. L'intrigue est bien ficelée et le suspense maintenu jusqu'au bout. Car bien sûr, vous l'aurez deviné tout se recoupe et se met en place à la fin !

Les personnages sont tous terriblement humains. Ils ont des secrets inavouables et des motivations personnelles qui les poussent à commettre l'irréparable. Le lecteur n'arrive pas à prendre partie car face aux atrocités perpétrées par les nazis et leurs proches, le reste semble bien dérisoire...

 

Arnaldur Indridason est un auteur que j'apprécie de plus en plus et qui sait captiver ses lecteurs tout en nous prouvant que les coupables peuvent parfois être des personnages fortement attachants (mais pas tous, je vous rassure !) alors que les innocents, ou ceux qui semblent l'être ne sont pas parfaits eux non plus. 

Le fait que l'auteur mêle polar et histoire avec brio, rend ses romans particulièrement intéressants. Cependant certains lecteurs n'aiment pas son style...un peu trop lent. 

 

Ce roman a obtenu le Prix Blood Drop du Roman Policier Islandais en 2017.

C'est une nouvelle  plongée dans les années de guerre et les méfaits de la montée du nazisme en Islande. C'est donc une bonne façon de mieux connaître l'histoire de ce pays, l'évolution des hommes et les dérives liées à la guerre comme en particulier, les méfaits de la prostitution, de l'alcool, de l'intolérance...

Le lecteur découvre que ce pays a eu d'énormes difficultés à maintenir l'harmonie de son peuple, extrêmement pauvre, durant l'occupation du territoire par les américains.

Bravo au traducteur qui sait si bien nous permettre d'oublier que le livre est traduit !

 

Partager cet article

Repost0
25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:25
Éditions Métaillé, 2017/ Roman traduit de l'islandais par Eric Boury.

Éditions Métaillé, 2017/ Roman traduit de l'islandais par Eric Boury.

 

Ce roman est le premier tome de la "Trilogie des ombres".

Vous qui êtes fans de l'auteur, il faut savoir avant de vous plonger dans sa lecture, que vous ne retrouverez pas dans ces pages, le célèbre enquêteur Erlendur de la précédente série.

 

L'histoire

Le corps d'un représentant de commerce est retrouvé dans un appartement de Reykjavík. L'appartement est loué habituellement par un certain Félix Rudof et au départ, tout laisse à penser que c'est lui la victime.

Aussitôt, en cet été 1941, les soupçons se portent sur les soldats étrangers alliés, britanniques et américains, venus contrer l'expansion nazie en Islande, d'autant plus que l'arme utilisée est un modèle qui leur appartient.

Flovent, le policier chargé de l'enquête criminelle reçoit donc en renfort le jeune Thorson, qui appartient à l'armée américaine mais parle couramment l'islandais. Il est censé aider à résoudre l'enquête, mais aussi à faire remonter les infos au cas où ce soit bien un des soldats qui soit coupable du meurtre.

Mais l'entourage des soldats est également passé au peigne fin car tous ceux qui les fréquentent et qui sont comme on le dit à l'époque, "dans la situation", sont également soupçonnés. 

C'est alors que les enquêteurs découvrent que l'assassin a tracé sur le front de la victime...une croix gammée. 

 

Flovent s'efforça de se rappeler la procédure à suivre concernant l'examen d'une scène de crime. Les meurtres étaient exceptionnels à Reykjavik, il avait très peu d’expérience en la matière et tenait à s'appliquer.

 

En fait, la victime n'est pas le locataire de l'appartement mais, Eyvindur, un autre représentant de commerce qui travaillait pour une autre entreprise...mais, tous deux se sont connus dans leur enfance.

Les enquêteurs se mettent donc en quête de Félix Rudof. Il devient le principal suspect, d'autant plus que les policiers ont trouvé, cachée dans la doublure de sa valise de représentant,  une capsule de cyanure.

 

Voilà nos deux enquêteurs obligés de suivre  plusieurs pistes divergentes. Il leur faut à la fois entrer dans la vie quotidienne de cette petite ville de pêcheur envahie par les soldats et qui tente de s'en sortir indemne, et suivre la piste probable d'une action de représailles du parti nazi...

Mais tout ce complique encore, car les histoires entre soldats à cause des femmes islandaises et en particulier d'une certaine Véra, l'ex-compagne de Eyvindur devenue blanchisseuse pour l'armée, provoquent de multiples bagarres et règlements de compte qui brouillent les pistes.

S'agit-il d'une affaire d'espionnage ? d'une affaire de cœur qui a mal tourné ? d'une autre affaire en lien avec le passé de la victime ?

L'intrigue est imprévisible et l'auteur nous tient en haleine jusqu'au bout...

 

Il fut accueilli par une forte odeur de terre émanant des murs et du sol, mêlée à une autre qui ressemblait à celle de la tourbe en combustion. Il entendait de la musique classique à l'intérieur. En avançant dans le passage couvert qui conduisait vers l'intérieur de l'ancienne ferme, tandis que ses yeux s'habituaient à la pénombre, il se demanda si elle n'avait pas été transformée en forge...
L'homme le fixait de son oeil unique...

 

Arnaldur Indridason est le plus grand auteur islandais contemporain. Je l'avais découvert en lisant "Les nuits de Reykjavik" et n'avais rien lu d'autre depuis. 

J'ai retrouvé avec plaisir le ton de l'auteur, sa minutie pour étudier tous les détails de l'enquête, sa façon bien à lui de nous faire pénétrer dans son pays et de s'éloigner des clichés idylliques pour nous en présenter le côté sombre.

L'ambiance du roman est particulière et le lecteur entre dans la psychologie des personnages et ne peut que chercher à mieux les comprendre.

Tout se déroule avec une certaine lenteur. Ne vous attendez pas à des rebondissements spectaculaires car cette lecture fait penser à la réalisation d'un gigantesque puzzle, dont vous ne pourrez découvrir l'image finale, qu'après avoir posé la dernière pièce...

 

Ce qui est particulièrement intéressant dans ce polar c'est que le lecteur en apprend davantage sur l'histoire de l'Islande qu'on n'étudie pas spécialement en classe. La période des années 30 aux années 40, nous apparaît bien sombre. Un parti nazi influant prône l'idée d'une race aryenne ayant des racines au temps des Vikings, des directeurs d'école se prêtent avec le médecin et l'infirmière scolaire, à des expériences sur des enfants, sous prétexte que les parents sont des délinquants ou des criminels. Enfin, l'occupation de l'île par les soldats ne se fait pas sans heurts et change profondément le pays. Quand aux femmes, elles commencent à voir apparaître une autre vie, plus libre...

A découvrir donc...pour les amateurs de polars nordiques. 

 

Du linge immaculé flottait au vent à l'arrière de la maison et une bassine vide reposait dans l'herbe. Il descendit de voiture et s'approcha des étendoirs pour regarder le golfe de Faxafloi et les nuages blancs d'été sur l'océan, et se rappela combien il avait trouvé ce paysage et cette lumière magnifiques quand il était arrivé en Islande. Il aimait le silence et la sérénité qu'il procurait...

Partager cet article

Repost0
16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 05:13
Editions de La Martinière, 2016

Editions de La Martinière, 2016

Le fjord les accueillit sous le gris oppressant d'un ciel chargé. Des nuages traversés de bourrasque escamotaient l'encerclement des montagnes, empêchant le paysage de révéler toute sa splendeur. Sous la faible lumière, les toits des maisons se fondaient dans un monochrome uniforme ; une mince couche de neige tapissait leurs jardins, traversée ça et là par des touffes d'herbe rebelles qui paraissaient refuser l'hiver. Tout autour se dressait la masse écrasante des montagnes.

 

Ari Thór, nouvellement diplômé de son école de police de Reykjavik, vient d'obtenir son premier poste. Il doit donc partir à Siglufjördur, une ville du nord de l'Islande.

Pour cela, il abandonne Kristin, sa jeune compagne, encore étudiante en médecine et qui doit poursuivre ses études.

 

Ari est surpris par la rudesse du climat car il neige sans discontinuer et tout lui paraît de plus en plus lugubre dans la ville. Mais Tómas, son supérieur lui assure que pour sa première affectation, il ne pouvait pas trouver mieux : il ne se passe jamais rien ici !

Très vite,  Ari va, bien évidemment, comme vous vous en doutez, découvrir qu'il n'en est rien...

 

En fait, comme dans toutes les petites villes de province du monde, tous les habitants  se connaissent, savent tout les uns des autres, mais les secrets sont bien gardés. 

Lorsque le vieil Hrolfur, un célèbre écrivain qui s'occupe de la troupe de théâtre de la ville, fait une chute mortelle dans l'escalier lors d'une répétition, puis que Linda, la femme de Karl qui joue le rôle principal dans la pièce, est retrouvée à son tour quasiment morte dans la neige, devant chez elle, il semble bien que, la ville ne soit tranquille qu'en apparence...

 

Voilà encore un bon policier dans lequel on ne s'ennuie pas. Les événements s’enchaînent pour le plaisir du lecteur.  Le roman en effet est bien rythmé et riche en péripéties.

Sans être un coup de coeur (pour moi... mais je compare avec les plus grands, c'est pas juste), c'est un roman idéal pour se distraire ou pour une première approche du polar nordique. 

Le déroulé est cependant assez classique avec une enquête linéaire, des rebondissements et bien sûr quelques surprises.

Le suspense est maintenu jusqu'au bout !

C'est impossible de trouver le coupable ou de comprendre le déroulement des événements jusqu'à la fin. Nous élaborons de multiples stratagèmes mais aucun n'est le bon.

Une voix-off nous met sur la piste d'un autre crime (passé ou récent, nous n'en savons rien jusqu'à la fin...). Certains chapitres donnent la parole à divers protagonistes qui nous livrent "en live" leur ressenti, et nous entraînent sur de fausses pistes.

En fait, il y a plusieurs histoires parallèles qui vont se recouper...

 

L'auteur sait particulièrement bien créer une ambiance non seulement glaçante mais étouffante. 

Bien sûr pour moi qui aime les romans noirs et les auteurs nordiques, rien de bien nouveau : il fait froid, il neige, l'unique route se retrouve bloquée par une avalanche, les gens sont assez distants et ce n'est pas facile de s'intégrer mais finalement cela se passera plutôt bien pour notre jeune recrue.

Le long et rude hiver, la nuit profonde, les tempêtes de neige, tout cela crée une sensation d'étouffement et perturbe le jeune policier qui doute de plus en plus de ses capacités, se retrouve irrésistiblement attiré par Ugla une jeune femme qui fait partie de la troupe de théâtre, et s'angoisse car il surprend quelqu'un qui s'est introduit chez lui en pleine nuit. 


 

Soudain, il comprit pourquoi il s'était réveillé si brutalement.
Il y avait quelqu'un dans la maison.
Il n'était pas seul.
Son coeur se mit à marteler sa poitrine. La peur obscurcissait sa raison. Il savait qu'il devait réfléchir à toute vitesse, cesser de penser à cette neige qui l'étouffait un instant plus tôt. Mais il était incapable de bouger.

Elle ne comprenait pas pourquoi personne ne lui était jamais venu en aide. Pourquoi sa mère, victime elle-même, avait ignoré toute cette violence ? La seule fois où Nina essaya de se plaindre, sa mère détourna la tête en lui disant que c'était mal de raconter des mensonges sur les gens. Après cela, elle n'en parla plus jamais.

 

L'auteur est un ancien avocat qui a toujours vécu immergé dans les polars car il est traducteur des romans d'Agatha Christie en Islandais et cofondateur du festival de polar "Iceland Noir".

Il connaît bien la ville dont il est originaire. Il nous introduit donc comme il le fait pour son jeune policier, dans la ville, nous parle de son histoire, de l'époque de son expansion liée à la pêche du hareng (aujourd'hui quasiment disparu) et nous fait bien comprendre les conséquences liées au départ de la jeune génération pour le sud du pays.

Le seul bémol réside dans les noms de lieux et des personnages plutôt compliqués et souvent ressemblant. Perso cela ne me dérange pas car je ne cherche ni à les prononcer, ni à les retenir. J'en fais tout simplement une sorte de photographie dans leur forme globale ! 

Ce premier polar a déjà fait parlé de lui et les deux suivants dans lesquels on retrouve certains des personnages, feront partie sans nul doute de mes prochaines lectures de vacances.

 

A découvrir donc... si vous aimez les polars pour une bonne lecture de détente.

Partager cet article

Repost0
22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 05:27
Seuil policier, 2006

Seuil policier, 2006

C'était toujours à ce moment, au petit matin, qu'il se sentait le plus vulnérable. Il pensa qu'il était un policier de trente-sept ans, qu'il essayait de mener une vie digne. Rien de remarquable, rien qui sorte de l'ordinaire. Mais c'était quoi l'ordinaire ?

"- Ces yougoslaves, dit-il. Il y en a de plus en plus.
- On devrait les renvoyer chez eux, répond son père. Ils n'ont rien à venir chercher en Suède. On a déjà assez à faire avec les Finlandais. Sans parler des gitans. Il faudrait les exterminer."
Stefan se rappelait l'échange mot à mot. Ce n'était pas une reconstruction. Son père avait dit cela et le vendeur n'avait pas réagi à la dernière phrase, "il faudrait les exterminer"...Il n'avait pas réagi.

 

En empruntant ce Mankell à la médiathèque, je pensais enfin faire connaissance avec le commissaire Wallander depuis que j'en entends parler ici ou là ! Et bien non, dans ce polar d'Henning Mankell c'est un policier plus jeune qui mène l'enquête  : Stephan Lindman... Ma rencontre avec Wallander attendra donc encore un peu ! 

 

Stephan Lindman ne sait plus où il en est : il apprend quasiment en même temps qu'il a un grave cancer de la langue à l'issue incertaine, et que son ancien collègue de travail à la retraite, Herbert Molin, a été sauvagement assassiné. 

Pour en savoir plus, mais surtout parce qu'il est mort de trouille et ne sait comment tromper son angoisse en attendant le rendez-vous fatidique de son premier traitement, il décide de partir à l'autre bout du pays, dans le nord,  là où Molin s'était établi, pour tenter d'en apprendre davantage sur cette triste histoire.

Il n'a pas le droit de participer officiellement à l'enquête car ce n'est pas son secteur et en plus il est en congé maladie, mais tout de suite le courant passe avec Giuseppe, un des enquêteurs locaux et tous deux vont collaborer efficacement. 

Dans la maison isolée dans la forêt, les enquêteurs ont découvert que le tueur a esquissé des pas de tango avec sa victime : les traces de sang laissées par cette danse macabre, imprègnent le parquet. C'est leur seule piste...

 

Pourtant Herbert Molin avait tout du retraité tranquille. Il passait son temps à faire des puzzles et à écouter de la musique, et c'est vrai, il possédait une poupée grandeur nature avec laquelle il passait des soirées à danser. Mais était-ce un crime ?

Peu de temps après, la mort frappe à nouveau sauvagement : l'unique voisin, vivant à presque dix kilomètres est à son tour assassiné...

Qu'ont-ils en commun ? 

 

Ce polar suédois est tout ce que j'aime, un mélange d'histoire et de suspense. 

Les enquêteurs sont sympathiques mais leur présence est discrète même si le lecteur entre dans leur vie privée. 

L'intrigue est bien ficelée...

C'est vrai qu'on découvre assez facilement certains éléments, mais il nous manque tout de même les détails de l'affaire et le suspense est maintenu jusqu'au bout.  Il faudra donc bien attendre la fin du roman, pour comprendre le fin mot de l'histoire !

Herbert Morin n'a rien à perdre et n'hésite pas à prendre des risques pour arriver à ses fins. Mais s'il arrive à découvrir la véritable identité de son ex-collègue, à dévoiler ses actions passées, il va aussi mettre le doigt sur des secrets concernant sa propre famille, qu'il aurait préféré ignorer...

Un des grands plaisirs de cette lecture est que lecteur plonge dans la campagne suédoise, dans ces petits villages perdus mais si chaleureux. Mais il découvre avec horreur que même là-bas, l'idéologie nazi a fait des ravages pendant la dernière guerre mondiale et continue aujourd'hui, son inexorable poussée. 

 

Un polar que j'ai lu avec grand plaisir malgré le sujet sordide.

 

Vous pouvez lire ci-dessous l'avis de Yves qui est un grand fan d'Henning Mankell 

 

 

et prendre connaissance de l'article de Laramicelle qui elle-aussi ne s'en lasse pas...

Je croyais que c'était fini. Toutes ces atrocités. Mais les idées formées dans le cerveau tordu de Hitler sont encore là. Elles sont pris d'autres noms, mais ce sont les mêmes.Par exemple, l'idée qu'il est tout à fait possible d'exterminer un peuple entier si on le juge utile. Avec les nouvelles techniques, les groupes qui propagent ces idées, n'ont aucun mal à communiquer entre eux.

Partager cet article

Repost0
10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 05:15
Fortune de mer / Jean-Luc Coatalem

Le temps avait ses humeurs, il pouvait être délicat ou belliqueux, nous n'obéissions jamais qu'à l'Iroise et aux orgues du vent. Mais, grâce à cet isolement, Ouessant restait cet endroit hors norme, entier et rude. Une pierre brute à la brassée des eaux...

 

Jean-Luc Coatalem vient d'obtenir le Prix de la Langue française 2017 et dans la catégorie Essai, le Fémina 2017, pour son dernier livre, que je n'ai pas encore lu, "Mes pas vont ailleurs".

 

Je n'avais pas le souvenir d'avoir déjà lu cet auteur et donc j'ai voulu tenter la lecture de ce court polar qui se passe en Bretagne et plus particulièrement sur l'île d'Ouessant. Une façon de partir un peu en vacances...

L'auteur sait de quoi il parle parce que la mer, il connait. Il est originaire de la région de Brest et a vécu toute sa vie entre la Polynésie et l'océan indien. Rédacteur en chef adjoint du magazine Géo, il s'adonne à l'écriture et a déjà publié une vingtaine de livres. Il était temps que je le découvre...

 

 

L'histoire

 

Robin Lescop, biologiste passionné par l'abeille noire, embarque pour Ouessant, où il doit contrôler des ruchers.

A bord du petit avion qui fait la traversée, deux hommes (deux druides) qui vont célébrer un mariage celtique et Lucia Parma, une journaliste espagnole charismatique qui doit couvrir l'événement pour "El Pais" sont présents à côté de lui.

 

Robin vient souvent sur l'île car il travaille pour un groupe de cosmétiques qui utilise le miel pour ses produits de beauté. Il tombe immédiatement sous le charme de la belle espagnole, gracieuse comme une danseuse et dotée d'un charmant chignon qu'il rêve aussitôt de défaire...

 

Là, sur l'île, quelques personnages gravitent autour de Robin Lescop dont le vieux Vassili, un ancien chanteur à succès venu se cacher ici, suite à une affaire de mœurs.

Il est souvent bien "imbibé" d'alcool...

Se trouvent aussi des ornithologues japonais qui ont envahi la pension  de famille de Mme Kermarec, où Robin Lescop est descendu, comme habituellement et, un certain Monsieur Pommereau qui joue au détective privé.

 

L'histoire en elle-même, l'intrigue policière ne vous tiendra pas en haleine... Ce sont les descriptions de cette île sauvage, battue par les vents qui tiennent toute la place.

Sur ce bout de lande, traversé par les tempêtes va se jouer un drame, car les vents et la météo changeante, la solitude, et le côté sauvage de l'île d'Ouessant, affolent les hommes et les incitent à commettre le pire...

Durant trois jours les événements vont se succéder, rythmés par une météo changeante et imprévisible et  bien sûr,  je ne vais pas vous les raconter...

 

C'est un roman qui se lit comme un conte. Il est imprégné des légendes de l'île, comme celle du poulpe géant, où rêves et réalités se mélangent. 

C'est la plume de son auteur qui le rend agréable à lire, mais aussi le côté décalé des personnages, tous devenus autres... au moment même où ils posent le pied sur l'île !

"Qui voit Ouessant voit son sang" dit le dicton...

Ce qui n'empêche pas l'humour d'être bien présent !

 

L'auteur dit avoir été inspiré tout au long de l'écriture de son roman par la chanson de Christophe Miossec, dont il  a emprunté le titre.

Ne connaissant pas cette chanson, je suis donc allée l'écouter sur youtube afin de me mettre dans l'ambiance !


 

 

 

Un auteur à découvrir même si celui-ci n'est pas son meilleur, paraît-il, il me donne envie d'explorer davantage ses écrits. 

Et vous, vous l'aviez déjà lu ?

Dehors derrière le grillage, le lot des ruches qui nous étaient allouées s'alignait devant les massifs de fougères_plus exactement, la lande défrichée s'arrêtait là pour reprendre ensuite, vigoureuse et farouche, derrière la parcelle d'où rayonnaient des sentiers.

Ça se gâtait, en effet. Nous étions sous des nuages encrés qui, de nouveau, roulaient les uns sur les autres. Tombant en diagonale, les rayons qui parvenaient à percer se transformaient en lames d'or pur. De là, on voyait bien que la côte était râpée, qu'aucun arbre ne pouvait tenir, que les deux baies...essuyaient en permanence les vents...

Partager cet article

Repost0
16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 05:26
Robert Laffont, 2018

Robert Laffont, 2018

Comment peut-on aimer un endroit et en même temps le détester ?
Sans être persuadé qu'il existe une réponse à cette question, l'homme arrêta sa moto en haut de Gunnerstang Brow, coupa le contact, enleva son casque et contempla les toits d'ardoise qui pavaient le fond du vallon en contrebas. C'était le milieu de l'après-midi, la lumière rasante du soleil d'octobre embrasait la falaise de craie à laquelle la ville était adossée, et se réverbérait sur des maisons et des rues où il n'avait pas remis les pieds une seule fois en plus de quatorze ans.
Bruncliffe.

 

Lorsqu'il arrive au volant de la moto rouge de son père, Samson O'Brien comprend aussitôt qu'il n'est pas le bienvenu à Bruncliffe, sa ville natale, après des années passées à Londres à travailler d'abord à la Met (la police de la ville) puis détaché pendant 6 ans, au service des autorités policières secrètes où il était employé à démanteler des organisations criminelles et des cartels de la drogue.

 

Il s'en doutait... mais il ne pensait pas ressentir une telle hostilité, de la part de ses anciens voisins ou camarades de classe...

C'est vrai qu'il est parti dans des circonstances dramatiques, après une violente dispute avec son père dont personne ne connaît la raison exacte. En fait, Samson ne lui a jamais pardonné de se laisser aller au point de devenir alcoolique. Aller chercher son père au bar, ou au poste, quand on est un jeune ado, c'est forcément la honte. Difficile de passer outre...surtout quand on n'arrive déjà pas à surmonter la mort de sa propre mère. 

Heureusement que personne ne sait qu'il revient au pays pour s'y cacher...De quoi exactement me direz-vous ? Et bien, le lecteur ne le saura pas précisément dans ce tome-ci (peut-être dans le suivant ?).  

 

Samson a loué un local dans la ville et compte bien ouvrir dès son arrivée, une agence de détective privé. 

Mais ça commence plutôt mal pour lui car, la propriétaire de ce local, n'est autre que Dalilah Metcalfe, la jeune sœur de son meilleur ami Ryan.

Elle lui en veut d'être parti le jour même du baptême de Nathan, son neveu (qui est aussi le filleul de Sam) et de n'être même pas venu à l'enterrement de Ryan. Samson doit cacher son trouble car il n'en savait rien... A cette époque, il était infiltré et coupé totalement du monde mais ne peut le dire à personne. 

D'autres surprises désagréables l'attendent : son père a vendu la ferme familiale pour une bouchée de pain et Samson n'a plus de logement.

Heureusement, très vite, il va entrer en action car un homme est retrouvé mort et sa mère ne croit pas à son suicide, puis peu après, deux autres disparitions sont à déplorer...

Coïncidence ou pas, pour une si petite ville, les trois hommes s'étaient tous inscrits dans l'agence de rencontres de Dalilah, et ils avaient même participé à sa dernière soirée. 

Samson et Dalilah vont  être obligés de s'unir pour enquêter.

Et, vous vous en doutez... ils ne seront pas au bout de leur surprise ! 

 

Si quelqu'un cherchait la bagarre, il n'était pas d'humeur à laisser couler. Pas ce soir. Pas après sa rencontre avec son père.
Les retrouvailles se s'étaient pas passées comme prévu_le choc de voir Joseph O'Brien avait fait remonter à la surface une vague de culpabilité et de regret qu'il avait masquée sous la colère. Réaction typiquement O'Brien. Enfouir les vraies émotions sous de l'agressivité...

Il y était presque. Encore une traction, et il franchit la porte restée ouverte, en traînant Harry avec lui.
L'air. Doux et frais. Mais tout danger n'était pas écarté.
Il se releva en titubant, la vision brouillée. Plaçant ses mains en crochet sous les aisselles d'Harry, il le souleva...
Il s'était à peine éloigné de quelques pas quand il y eut un éclair aveuglant, aussitôt suivi d'un bruit de tonnerre. Puis une force stupéfiante plaqua les deux hommes à terre.

 

C'est un roman policier bien construit bien que sans surprise.

Ce qui fait le sel de l'histoire c'est qu'il ne manque ni d'action, ni de secrets de famille enfouis, ni de rebondissements.

Bon je l'avoue,  j'avais deviné assez tôt le coupable !

Mais j'ai aimé l'ambiance de ce roman qui se passe dans le Yorkshire, avec ses beaux paysages verdoyants, ses moutons et ses fermes éparpillées dans la campagne.

La plupart des personnages sont assez charismatiques. Ils se débattent avec une vie familiale et personnelle difficile et la fierté les empêche le plus souvent de se laisser aller, mais c'est ce qui fait une partie de leur charme. 

Cette petite ville perdue dans la campagne, où tout le monde est toujours au courant de tout sur tout le monde, et qui a comme média principal le pub du coin, sait pourtant taire ses plus sombres secrets.

L'arrivée de Samson perturbe le fragile équilibre et les rancœurs se retrouvent exacerbées...et je vous l'assure, il y en a des comptes à régler !

 

C'est le premier volet d'une série de "cosy mysteries" ("Mystères cosy" ou "cosies" en français) que je continuerai sans doute pour son côté léger, mais si drôle.

Comment, vous ne savez pas pourquoi on appelle ces romans policiers, des "cosy mysteries" ?

Et bien, ce sont des romans policiers légers à l'ambiance chaleureuse et sympathique. Ils sont emplis d'humour et de moments sympa et, au moins un des héros est un amateur. Dans celui-ci, même les vrais policiers de la ville le sont. Heureusement Samson a lui, une certaine expérience.

C'est donc normal qu'on retrouve l'ambiance "so british" de la série d'Agatha Raisin, mais dans celui-ci, il y a beaucoup plus d'action.

 

C'est donc une lecture facile et parfaite pour les vacances, sans prise de tête, à partager avec vos ados surtout s'ils aiment la moto, le rugby, l'informatique et les concours de fléchettes, mais aussi les chiens et leurs léchouilles et...la course à pied ainsi que les séries TV ! 

 

Vous ne le trouverez pas encore en médiathèque, car il vient tout juste de sortir le 12 avril dernier...et je remercie l'éditeur Robert Laffont, ainsi que Babelio de m'avoir permis de le découvrir en avant première.  

Bonne lecture ! 

 

 

Julia Chapman est le pseudonyme de Julia Stagg. Elle est l'auteur d'une série que je ne connais pas du tout, la série "Fogas Chronicles" qui se déroule en France, dans les Pyrénées. 

Elle est née en Angleterre mais elle est devenue professeur d'anglais dans divers pays comme l'Australie, le Japon, les Etats-Unis et la France.

Elle vit aujourd'hui dans le Yorkshire...

 

Partager cet article

Repost0
7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 05:20
Pocket 2013

Pocket 2013

Cela dura treize jours. Le temps d'une évasion. Trois femmes vivaient dans un village.
La troisième était la plus douée, la deuxième était la plus rusée, la première la plus déterminée.
A votre avis, laquelle parvint à s'échapper ?

Elle tremble maintenant, elle tremble de froid dans l'ombre des arbres. Sa robe est mouillée. Pourquoi mouillée ? Ses pensées se brouillent. Elle ne comprend pas, l'herbe de la prairie lui semblait grillée sous le soleil. Peu importe. Elle se sent si sale. Elle passe sa main devant ses yeux, elle cherche avec maladresse à essuyer les larmes qui coulent.
Mon Dieu !
Les pupilles révulsées de Stéphanie ne peuvent se détacher de ses deux paumes : elles sont rouges. Rouge sang !

 

Voilà un roman de Michel Bussi que je voulais découvrir absolument depuis que tout le monde me dit que c'est son meilleur...

 

L'histoire se passe à Giverny, vous savez ce petit village de l'Eure où un certain Claude Monet est venu poser ses chevalets et peindre ses fameux nymphéas qui ont occupé toute sa fin de vie...Il y a résidé de 1883 à 1926. 

Là-bas, le jardin que Monet a transformé en verger, agrémenté d'un étang et de parterre de fleur est devenu un parc qui attire des milliers de touristes chaque année et, il y a même à proximité un moulin, bordé par un joli petit ruisseau qui amène l'eau vers l'étang aux nymphéas dont il existe de nombreuses interprétations dans l'oeuvre du peintre.

Mais voilà qu'un meurtre atroce va bousculer la vie tranquille de la petite bourgade et le si joli tableau bucolique et fleuri...

Jérôme Morval, un enfant du pays, devenu chirurgien ophtalmologue à Paris, est retrouvé sauvagement assassiné, le crâne fracassé et la tête plongée dans le ruisseau...

 

Dès le départ l'enquête piétine : Jérôme Morval était amateur de femmes ce que les enquêteurs ne tardent pas à découvrir d'autant plus qu'un corbeau se charge de leur fournir quelques preuves en images..

Mais il était aussi amateur de tableaux et en particulier de Monet et rêvait de posséder un de ses nymphéas.

Son meurtre est-il l'oeuvre d'un mari jaloux, d'un amateur d'art ? Que signifie la carte retrouvée dans sa poche, souhaitant l'anniversaire à un enfant de 11 ans ?

 

C'est bien vrai que tout n'est qu'illusion dans ce roman, comme nous l'annonce la présentation de l'éditeur...

Les inspecteurs Sylvio Benavides et Laurenç Sérénac, ne savent pas quelle piste suivre...Tous deux vont aborder cette histoire très différemment...avec calme et rigueur pour Sylvio, en suivant son unique intuition pour Laurenç...

 

Au coeur  de l'intrigue se retrouvent trois femmes, toutes trois d'âge différent.

La première, Fanette Morelle, est une fillette de onze ans passionnée de peinture et particulièrement douée pour son âge. Sa mère qui l'élève seule, ne veut rien savoir de cette passion et la fillette va s'attacher à James, un vieil américain venu peindre sur les pas de Monet...

La seconde, Stéphanie Dupain, la superbe et mystérieuse institutrice du village, suscite les passions autour d'elle. Le mari est malade de jalousie et pourrait bien devenir violent tant il a peur de la perdre. Il fait donc un suspect idéal ! Il se trouve aussi que l'inspecteur Sérénac n'est pas insensible à ses charmes...

La troisième est une vieille femme qui habite le moulin et que les enfants prennent pour une vieille sorcière...c'est elle qui raconte l'histoire ! 

Que fait-elle à sa fenêtre en train de contrôler tous les faits et gestes des habitants ? Que sait-elle exactement sur les crimes ? 

Car de crimes, il n'y en a pas qu'un et certains n'ont jamais réussi à être élucidés...depuis des années !

 

Vous avez compris. Toutes les trois étaient assez différentes. Elles possédaient pourtant un point commun, un secret, en quelque sorte : toutes les trois rêvaient de partir. Oui, de quitter Giverny, ce si ce fameux village, dont le seul nom donne envie à une foule de gens de traverser le monde entier juste pour s'y promener quelques heures.

 

Le lecteur est entraîné dans cette lecture comme sait si bien le faire Michel Bussi. Vous partez sur des pistes fausses, rassemblez les pièces du puzzle sans pouvoir le terminer pour autant et ne n'est qu'à la fin que tout s'assemble enfin !! une fin...absolument imprévisible et tout simplement incroyable !

C'est un roman très prenant et riche, un roman instructif qui vous amènera dans les jardins de Giverny aux côtés des impressionnistes et de Claude Monet, un jardin où vous aurez envie d'aller vous promenez...maintenant que les meurtres sont élucidés !

Pas étonnant que ce roman ait obtenu plusieurs prix littéraires....

Avec "Gravé dans le sable" qui m'a fait découvrir l'auteur, ce sont pour moi aujourd'hui, mes deux romans préférés de Michel Bussi. 

 

Voilà encore un roman que je lis, qui me permet de participer au challenge de Philippe "Lire sous la contrainte". Le titre du roman devait contenir un des sons suivants...

 

Nymphéas noirs / Michel Bussi

Partager cet article

Repost0
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 05:44
Editions du Rouergue, 2017

Editions du Rouergue, 2017

C'est là en regardant le prêtre dérouler ses prières au bout de la nef, que tout s'est mélangé dans ma tête. Comme si d'un coup je faisais le point sur ma vie et sur le monde autour de moi. J'ai pensé à ce métier, à notre pitoyable armée de travailleuses sociales, avec nos outils bancals et notre bonne volonté pour réparer des situations humaines qui nous dépassent...

 

Je ne savais pas en empruntant ce thriller dans les rayons de la petite médiathèque de mon village, qu'il avait obtenu le Prix Landernau du Polar au printemps dernier. 

 

Dans une région isolée des Causses, Evelyne Ducat, une femme de 48 ans, mariée à un enfant d'ici qui a fait fortune à Paris avant de revenir vivre dans la région, disparaît mystérieusement. On retrouve sa voiture au bord de la route le lendemain matin, face à un chemin de randonnée qu'elle aimait emprunter seule même par mauvais temps. En ce jour glacial de janvier, les recherches s'organisent...

Mais après quelques jours, la réalité s'impose : il y en a des endroits pour cacher un cadavre dans cette nature hostile où seules quelques fermes isolées se dressent courageusement !

Le décor est planté. Seules les bêtes apportent un peu de réconfort à ces éleveurs dispersés et très seuls. 

 

A-t-elle été victime de la tourmente ? 

Cinq voix nous répondent, cinq voix solitaires, la parole de chacune donnant des réponses aux questions laissées en suspens par les autres.

 

Tandis que le lecteur découvre la vie bourgeoise d'Evelyne Ducat, les rancunes ancestrales entre voisins, les non-dits amoureux au coeur des couples du village, et les secrets inavoués, les enquêteurs n'ont pas une seule piste et comptent bien sur l'assistante sociale du village, pour récolter quelques indices et même soutirer quelques rumeurs, lors de ses visites chez les agriculteurs du coin. D'ailleurs c'est elle qui prend la parole en premier.

Le puzzle machiavélique, se met en place et comme il ne faut jamais se fier aux apparences, il nous emmènera bien loin de là, dans un endroit où les rêves de bonheur répondent au nôtres, à leur façon.

Est-ce le début de l'histoire et de cette spirale infernale ou la fin, vous aurez peut-être la réponse en lisant ce thriller...

 

Là-haut, quand la nuit est installée pour de bon, c'est le pire. C'est là que tu réalises vraiment. T'es sous les draps, encore à moitié habillé dans ce grand lit qui connaît que toi et tout autour tu sens le poids de cette baraque que la vie a désertée avec les années...

 

Ce roman est construit avec beaucoup d'originalité puisque, tour à tour, il donne la parole à ceux qui, de près ou de loin, se sentent responsables de la disparition d'Evelyne. Tout les accuse, mais le lecteur ne saura qu'à la fin qui est le véritable coupable...

Le ton, le style, les univers changent en fonction des témoignages et c'est ce qui donne sa force à ce roman choral, d'une grande intensité dramatique, où la vie des uns et des autres s'imbriquent, avec une logique implacable.

Cinq voix en mal d'amour, cinq personnes qui feraient n'importe quoi pour  se sentir moins seuls et être aimés, enfin...

Un thriller époustouflant, à lire absolument pour les amateurs du genre !

 

Colin Niel, que vous pouvez retrouver sur sa page Facebook ICI et que je n'avais encore jamais lu, est l'auteur de trois autres polars, tous primés ! 

 

En fait dans cette région qui n'était pas la mienne, j'ai toujours été un étranger. Une pièce rapportée. Ce n'était pas que les gars n'étaient pas sympas avec moi, non, j'aimais bien aller chasser avec eux à l'automne c'est vrai. Mais souvent ils me faisaient sentir que je n'étais pas d'ici...

Partager cet article

Repost0
20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:00
Presses de la cité, 2016

Presses de la cité, 2016

Will ne s'était pas attendu à ce que Lily soit la première à déménager. Il avait pensé qu'elle resterait auprès de lui, il avait même compté là-dessus, sur sa présence rassurante jusqu'au moment où il bouclerait ses bagages et lui ferait ses adieux...
Il lui restait quatre jours à rester tout seul.

 

Cela fait longtemps que Mimi me conseillait de lire la série de romans policiers d'Elisabeth George.

J'ai donc profité de la grosse chaleur du mois d'août, pour suivre son conseil et me plonger aux heures les plus chaudes dans la lecture de ce gros pavé de plus de 600 pages, qui est tout de même le dix-neuvième de la série.

Je vous rassure, je ne pense pas lire tous les tomes, ou alors ce sera occasionnellement !

 

Voilà un roman idéal pour les vacances... 

 

Je regrette de ne pas avoir tout de suite suivi tes conseils. J'avais besoin d'une thérapie pour traverser ce deuil. J'ai réfléchi à ce qui me bloquait, plus que tu ne saurais l'imaginer, et la seule explication que je vois est celle-ci : la mort de Will m'a anéanti parce que je me reprochais de ne pas avoir pu l'empêcher.

 

De quoi ça parle ? 

 

Le sergent Barbara Havers, est sous surveillance étroite, suite à son comportement lors du précédent opus qui se passait en Italie ("Juste une mauvaise action"), comportement dont on ne saura rien. Elle a même au-dessus de sa tête une épée de Damoclès_une demande de mutation faite par Isabelle Ardery, son chef, pour un patelin au fin fond du pays.

Faire partie de Scotland Yard, cela se mérite ! 

Cela ne fait pas du tout rigoler son coéquipier, Thomass Lynley qui trouve que depuis cette histoire, l'esprit de Barbara tourne au ralenti et qu'elle n'est pas du tout au top de sa forme. Mais la commissaire est intraitable et décide de ne pas revenir en arrière.

 

Voilà que pour redorer son blason, Barbara Havers est envoyée à Cambridge, enquêter sur le décès de Clare Abott, une féministe célèbre, auteur de nombreux ouvrages connus.

Le sergent Winston Nkata l'accompagne : il est chargé de l'épauler, mais aussi de la surveiller et doit fournir un rapport quotidien à Londres. 

Tous deux vont découvrir, suite à l'insistance de l'éditrice de la victime, Rory Statham, que Clare Abott n'est pas morte d'une simple crise cardiaque, comme l'ont supposé tout d'abord les médecins.  

 

Quelques temps auparavant, l'assistante de Clare Abott, Caroline Godrace, a perdu tragiquement son plus jeune fils qui s'est jeté du haut d'une falaise alors qu'il campait avec sa fiancée, Lily, et que tout semblait bien se passer pour ce jeune couple. Pourquoi a-t-il commis cet acte impensable qui meurtrit tous ses proches ? Qu'a découvert Lily dans le carnet intime de Will qui l'oblige à harceler à présent Caroline, au point qu'elle est interdite de visite à son domicile ? Quel lien existe-t-il entre ces différentes affaires ? 

Voilà Barbara et Winston bien empêtrés tous deux dans cette terrible enquête...

Ils vont mettre à jour un bien glauque secret de famille.

 

En parallèle de l'enquête et de ses rebondissements, le lecteur fait connaissance avec l'équipe et la vie privée des différents protagonistes s'il ne l'a pas déjà fait en lisant les tomes précédents, ce qui était mon cas...

 

 

En fait, j'ai un avis mitigé sur cette lecture d'été.

Je n'ai pas du tout été gênée de ne pas avoir lu les précédents opus car l'enquête policière est le centre du roman

 

Ce qui est négatif, c'est qu'il faut attendre la page 170 pour que les événements se bousculent et que l'on découvre enfin des morts, puisque c'est le but n'est-ce pas d'un roman policier... ! 

Je n'ai pas ressenti le plaisir légitimement attendu :  j'ai trouvé que l'histoire s'étirait un peu trop en longueur.

J'ai même lu je l'avoue, certains passages en diagonale, ce que je ne fais jamais depuis que je suis à la retraite et surtout depuis que je ne fais plus partie de comités de lecture qui m'obligeaient à lire rapidement un trop grand nombre de livres. Habituellement je fais cela quand je veux connaître plus vite la suite. Mais là ce n'était pas pour ça ! 

Je n'ai pas du tout, non plus, ressenti l'immense plaisir que j'éprouve à la lecture des romans policiers de Camilla Läckberg, ce qui ne veut pas dire que ce roman d'Elisabeth George soit inintéressant, bien entendu. 

 

Ce qui est positif, c'est que l'auteur prend le temps de mettre en place les différents personnages qui auront un rôle à jouer dans le roman.

Dommage pour moi, car les trois personnages qui avaient réussi à me toucher sont ceux qui disparaissent des écrans : Will, parce qu'il se suicide ; Lily, sa compagne, parce qu'on ne parle plus d'elle ou presque jusqu'à la fin ; et la principale intéressée, Clare Abott, la féministe qui est retrouvée morte empoisonnée.

Je me suis donc fait avoir en beauté et je reconnais donc-là, que le scénario est bien monté !

L'analyse psychologique des personnages est également très intéressante. D'ailleurs le frère de Will est psychologue. On n'en attendait pas moins. 

 

Mais, il m'a manqué un petit quelque chose pour ressentir un plaisir total lors de cette lecture, malgré le suspense et les zones d'ombre qui s'éclairent peu à peu. L'auteur brouille les pistes ce qui peut être intéressant, mais comme l'intrigue est un peu trop tarabiscotée, je me suis perdue par moment et j'ai trouvé non seulement qu'il y avait des longueurs, comme je vous l'ai déjà dit, mais que certaines conclusions étaient trop peu crédibles.  

Je tenterai lors de prochaines vacances, la lecture d'un autre tome pour voir si cette impression se reproduit car ce ressenti, est peut-être tout simplement parce qu'il me faut faire plus ample connaissance avec l'équipe des enquêteurs...

 

L'auteur d'origine américaine est mondialement connue depuis son premier roman "Enquête dans le brouillard" sorti en 1988. Elle est surnommée "la reine du crime".

Si j'ai lu dans le passé, lorsque j'étais bibliothécaire, un de ses romans, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne m'aura pas marqué ! Enfin, c'est à vérifier... si un jour je retrouve ce fameux carnet que je cherche dans mes archives personnelles depuis plusieurs mois où je notais à l'époque toutes mes lectures.

 

Je vous invite à lire un autre avis sur ce roman, chez Laramicelle, ci-dessous...

 

Il aimait les fils de Caro - il les avait toujours aimés -mais, n'étant pas leur père, il ne pouvait pas avoir la sensation d'être amputé d'un avenir. Caroline n'arrivait pas à comprendre ça. Elle considérait que s'il avait fait son deuil, c'est qu'il n'avait pas aimé Will. Impossible de lui enlever cette idée de la tête. Au bout du compte, il leur était désormais plus facile de s'éviter que de se regarder en face en essayant de sonder leurs émotions réciproques.

Partager cet article

Repost0

Encore Un Blog ?

  • : Dans la Bulle de Manou
  • Dans la Bulle de Manou
  • : Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes ou mes voyages : intellectuel, spirituel, botanique ou culinaire...
  • Contact

Qui Suis Je ?

  • manou
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...

BLOG Zéro carbone !

Perdu Dans Le Blog ?

Y a-t-il des curieux ?

litterature

 

  D'où viennent-ils ?

 

  litterature

L'automne est arrivé...

 

N'oubliez pas de protéger Xin Xin et de le nourrir en cliquant sur more...

 

 

Mes Tags

Mes livres sur BABELIO

Les dix droits imprescriptibles du lecteur

mod article2138927 3

Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

Illustrations de Quentin Blake

Retrouvez-moi sur Pinterest !

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -