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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 05:44
Editions du Rouergue, 2017

Editions du Rouergue, 2017

C'est là en regardant le prêtre dérouler ses prières au bout de la nef, que tout s'est mélangé dans ma tête. Comme si d'un coup je faisais le point sur ma vie et sur le monde autour de moi. J'ai pensé à ce métier, à notre pitoyable armée de travailleuses sociales, avec nos outils bancals et notre bonne volonté pour réparer des situations humaines qui nous dépassent...

 

Je ne savais pas en empruntant ce thriller dans les rayons de la petite médiathèque de mon village, qu'il avait obtenu le Prix Landernau du Polar au printemps dernier. 

 

Dans une région isolée des Causses, Evelyne Ducat, une femme de 48 ans, mariée à un enfant d'ici qui a fait fortune à Paris avant de revenir vivre dans la région, disparaît mystérieusement. On retrouve sa voiture au bord de la route le lendemain matin, face à un chemin de randonnée qu'elle aimait emprunter seule même par mauvais temps. En ce jour glacial de janvier, les recherches s'organisent...

Mais après quelques jours, la réalité s'impose : il y en a des endroits pour cacher un cadavre dans cette nature hostile où seules quelques fermes isolées se dressent courageusement !

Le décor est planté. Seules les bêtes apportent un peu de réconfort à ces éleveurs dispersés et très seuls. 

 

A-t-elle été victime de la tourmente ? 

Cinq voix nous répondent, cinq voix solitaires, la parole de chacune donnant des réponses aux questions laissées en suspens par les autres.

 

Tandis que le lecteur découvre la vie bourgeoise d'Evelyne Ducat, les rancunes ancestrales entre voisins, les non-dits amoureux au coeur des couples du village, et les secrets inavoués, les enquêteurs n'ont pas une seule piste et comptent bien sur l'assistante sociale du village, pour récolter quelques indices et même soutirer quelques rumeurs, lors de ses visites chez les agriculteurs du coin. D'ailleurs c'est elle qui prend la parole en premier.

Le puzzle machiavélique, se met en place et comme il ne faut jamais se fier aux apparences, il nous emmènera bien loin de là, dans un endroit où les rêves de bonheur répondent au nôtres, à leur façon.

Est-ce le début de l'histoire et de cette spirale infernale ou la fin, vous aurez peut-être la réponse en lisant ce thriller...

 

Là-haut, quand la nuit est installée pour de bon, c'est le pire. C'est là que tu réalises vraiment. T'es sous les draps, encore à moitié habillé dans ce grand lit qui connaît que toi et tout autour tu sens le poids de cette baraque que la vie a désertée avec les années...

 

Ce roman est construit avec beaucoup d'originalité puisque, tour à tour, il donne la parole à ceux qui, de près ou de loin, se sentent responsables de la disparition d'Evelyne. Tout les accuse, mais le lecteur ne saura qu'à la fin qui est le véritable coupable...

Le ton, le style, les univers changent en fonction des témoignages et c'est ce qui donne sa force à ce roman choral, d'une grande intensité dramatique, où la vie des uns et des autres s'imbriquent, avec une logique implacable.

Cinq voix en mal d'amour, cinq personnes qui feraient n'importe quoi pour  se sentir moins seuls et être aimés, enfin...

Un thriller époustouflant, à lire absolument pour les amateurs du genre !

 

Colin Niel, que vous pouvez retrouver sur sa page Facebook ICI et que je n'avais encore jamais lu, est l'auteur de trois autres polars, tous primés ! 

 

En fait dans cette région qui n'était pas la mienne, j'ai toujours été un étranger. Une pièce rapportée. Ce n'était pas que les gars n'étaient pas sympas avec moi, non, j'aimais bien aller chasser avec eux à l'automne c'est vrai. Mais souvent ils me faisaient sentir que je n'étais pas d'ici...

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:00
Presses de la cité, 2016

Presses de la cité, 2016

Will ne s'était pas attendu à ce que Lily soit la première à déménager. Il avait pensé qu'elle resterait auprès de lui, il avait même compté là-dessus, sur sa présence rassurante jusqu'au moment où il bouclerait ses bagages et lui ferait ses adieux...
Il lui restait quatre jours à rester tout seul.

 

Cela fait longtemps que Mimi me conseillait de lire la série de romans policiers d'Elisabeth George.

J'ai donc profité de la grosse chaleur du mois d'août, pour suivre son conseil et me plonger aux heures les plus chaudes dans la lecture de ce gros pavé de plus de 600 pages, qui est tout de même le dix-neuvième de la série.

Je vous rassure, je ne pense pas lire tous les tomes, ou alors ce sera occasionnellement !

 

Voilà un roman idéal pour les vacances... 

 

Je regrette de ne pas avoir tout de suite suivi tes conseils. J'avais besoin d'une thérapie pour traverser ce deuil. J'ai réfléchi à ce qui me bloquait, plus que tu ne saurais l'imaginer, et la seule explication que je vois est celle-ci : la mort de Will m'a anéanti parce que je me reprochais de ne pas avoir pu l'empêcher.

 

De quoi ça parle ? 

 

Le sergent Barbara Havers, est sous surveillance étroite, suite à son comportement lors du précédent opus qui se passait en Italie ("Juste une mauvaise action"), comportement dont on ne saura rien. Elle a même au-dessus de sa tête une épée de Damoclès_une demande de mutation faite par Isabelle Ardery, son chef, pour un patelin au fin fond du pays.

Faire partie de Scotland Yard, cela se mérite ! 

Cela ne fait pas du tout rigoler son coéquipier, Thomass Lynley qui trouve que depuis cette histoire, l'esprit de Barbara tourne au ralenti et qu'elle n'est pas du tout au top de sa forme. Mais la commissaire est intraitable et décide de ne pas revenir en arrière.

 

Voilà que pour redorer son blason, Barbara Havers est envoyée à Cambridge, enquêter sur le décès de Clare Abott, une féministe célèbre, auteur de nombreux ouvrages connus.

Le sergent Winston Nkata l'accompagne : il est chargé de l'épauler, mais aussi de la surveiller et doit fournir un rapport quotidien à Londres. 

Tous deux vont découvrir, suite à l'insistance de l'éditrice de la victime, Rory Statham, que Clare Abott n'est pas morte d'une simple crise cardiaque, comme l'ont supposé tout d'abord les médecins.  

 

Quelques temps auparavant, l'assistante de Clare Abott, Caroline Godrace, a perdu tragiquement son plus jeune fils qui s'est jeté du haut d'une falaise alors qu'il campait avec sa fiancée, Lily, et que tout semblait bien se passer pour ce jeune couple. Pourquoi a-t-il commis cet acte impensable qui meurtrit tous ses proches ? Qu'a découvert Lily dans le carnet intime de Will qui l'oblige à harceler à présent Caroline, au point qu'elle est interdite de visite à son domicile ? Quel lien existe-t-il entre ces différentes affaires ? 

Voilà Barbara et Winston bien empêtrés tous deux dans cette terrible enquête...

Ils vont mettre à jour un bien glauque secret de famille.

 

En parallèle de l'enquête et de ses rebondissements, le lecteur fait connaissance avec l'équipe et la vie privée des différents protagonistes s'il ne l'a pas déjà fait en lisant les tomes précédents, ce qui était mon cas...

 

 

En fait, j'ai un avis mitigé sur cette lecture d'été.

Je n'ai pas du tout été gênée de ne pas avoir lu les précédents opus car l'enquête policière est le centre du roman

 

Ce qui est négatif, c'est qu'il faut attendre la page 170 pour que les événements se bousculent et que l'on découvre enfin des morts, puisque c'est le but n'est-ce pas d'un roman policier... ! 

Je n'ai pas ressenti le plaisir légitimement attendu :  j'ai trouvé que l'histoire s'étirait un peu trop en longueur.

J'ai même lu je l'avoue, certains passages en diagonale, ce que je ne fais jamais depuis que je suis à la retraite et surtout depuis que je ne fais plus partie de comités de lecture qui m'obligeaient à lire rapidement un trop grand nombre de livres. Habituellement je fais cela quand je veux connaître plus vite la suite. Mais là ce n'était pas pour ça ! 

Je n'ai pas du tout, non plus, ressenti l'immense plaisir que j'éprouve à la lecture des romans policiers de Camilla Läckberg, ce qui ne veut pas dire que ce roman d'Elisabeth George soit inintéressant, bien entendu. 

 

Ce qui est positif, c'est que l'auteur prend le temps de mettre en place les différents personnages qui auront un rôle à jouer dans le roman.

Dommage pour moi, car les trois personnages qui avaient réussi à me toucher sont ceux qui disparaissent des écrans : Will, parce qu'il se suicide ; Lily, sa compagne, parce qu'on ne parle plus d'elle ou presque jusqu'à la fin ; et la principale intéressée, Clare Abott, la féministe qui est retrouvée morte empoisonnée.

Je me suis donc fait avoir en beauté et je reconnais donc-là, que le scénario est bien monté !

L'analyse psychologique des personnages est également très intéressante. D'ailleurs le frère de Will est psychologue. On n'en attendait pas moins. 

 

Mais, il m'a manqué un petit quelque chose pour ressentir un plaisir total lors de cette lecture, malgré le suspense et les zones d'ombre qui s'éclairent peu à peu. L'auteur brouille les pistes ce qui peut être intéressant, mais comme l'intrigue est un peu trop tarabiscotée, je me suis perdue par moment et j'ai trouvé non seulement qu'il y avait des longueurs, comme je vous l'ai déjà dit, mais que certaines conclusions étaient trop peu crédibles.  

Je tenterai lors de prochaines vacances, la lecture d'un autre tome pour voir si cette impression se reproduit car ce ressenti, est peut-être tout simplement parce qu'il me faut faire plus ample connaissance avec l'équipe des enquêteurs...

 

L'auteur d'origine américaine est mondialement connue depuis son premier roman "Enquête dans le brouillard" sorti en 1988. Elle est surnommée "la reine du crime".

Si j'ai lu dans le passé, lorsque j'étais bibliothécaire, un de ses romans, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne m'aura pas marqué ! Enfin, c'est à vérifier... si un jour je retrouve ce fameux carnet que je cherche dans mes archives personnelles depuis plusieurs mois où je notais à l'époque toutes mes lectures.

 

Je vous invite à lire un autre avis sur ce roman, chez Laramicelle, ci-dessous...

 

Il aimait les fils de Caro - il les avait toujours aimés -mais, n'étant pas leur père, il ne pouvait pas avoir la sensation d'être amputé d'un avenir. Caroline n'arrivait pas à comprendre ça. Elle considérait que s'il avait fait son deuil, c'est qu'il n'avait pas aimé Will. Impossible de lui enlever cette idée de la tête. Au bout du compte, il leur était désormais plus facile de s'éviter que de se regarder en face en essayant de sonder leurs émotions réciproques.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 05:59
Albin Michel 2016

Albin Michel 2016

Ce qu'il y a de charmant dans les rêves, c'est qu'on peut en écrire les dialogues...

 

Cela faisait longtemps que je voulais découvrir cette série policière pas comme les autres, portée par une héroïne hors norme. Mais n'ayant pas trouvé en médiathèque le tome 1 qui a assuré le succès de la série, je me suis repliée sur le tome 2. 

En fait, les tomes peuvent sans problème être lus séparément, bien que de nombreuses allusions au tome précédent donnent envie de lire les différents tomes dans l'ordre. 

Une fois le feu allumé et le chat nourri, un whisky bien tassé dans le gosier, Agatha sentit qu'elle survivrait. Que James Lacey aille se faire foutre, lui et ses congénères !

 

Agatha Raison, toujours célibataire, s'est installée dans un joli cottage dans la petite ville de Carsely.

Un nouveau vétérinaire vient d'arriver, et toutes les femmes se précipitent pour faire sa connaissance. Il est apparemment charmant !  

Agatha bien sûr, succombe à la curiosité et lui amène elle aussi son chat, qui n'est pas malade, afin de faire connaissance, et, surtout en espérant attirer ses faveurs.

Je parle du vétérinaire, là, pas du chat : il faut suivre...

 

Peu de temps après, l'homme est retrouvé mort, près d'un cheval qu'il s'apprêtait à opérer. Meurtre ou accident ? Comment a-t-il réussi à tomber pile sur la seringue emplie de tranquillisant ?

La mort paraît, bien sûr, aussitôt suspecte à Agatha, mais la police conclut à un accident.

Accompagnée de son voisin, James Lacey, un colonel à la retraite, elle décide de mener sa propre enquête, en parallèle de la police et du sergent Bill, qu'elle connaît bien.

James, pour une fois va la suivre dans toutes ses pérégrinations, tout en se tenant à une distance respectable, car Agatha n'arrive pas à lui cacher malgré ses efforts, qu'elle aimerait bien qu'il s'intéresse autant à l'affaire, qu'à elle.  

 

Il se trouve que le vétérinaire était un homme à femmes...d'ailleurs elles pleuraient toutes à son enterrement, mais était-ce seulement parce qu'elles étaient toutes tombées amoureuses de lui ? Agatha en doute...

 

Il admirait, frappé d'émerveillement, les cascades de fleurs d'un cerisier, quand elle demanda d'un ton brusque : "Bon, on va rester là la journée, ou alors on se met au boulot?"

 

Bon vous l'aurez compris, c'est un roman policier amusant et facile à lire, parfait pour des vacances et une lecture sans prise de tête ! Une lecture peut-être même à partager avec vos ados...

L'héroïne est une quinqua sans scrupule, mais pas sans complexe. Pugnace, curieuse, imprévisible mais tout à fait pétillante,  elle sait mener son enquête avec brio.

Ne vous attendez pas à un roman au suspense époustouflant pour autant.  Mais j'ai succombé à l'ambiance "british", à la sérénité de ce petit village, à la vie entourée de chat...ah ! qu'il doit faire bon vivre dans ce type de campagne anglaise. 

J'ai passé un bon moment de détente avec ce livre léger mais sympathique, mais je ne sais pas si je suivrais la série complète pour autant, car peut-être qu'à la longue on risque de se lasser des frasques d'Agatha...

 

En tous les cas, c'est un roman parfait à lire en vacances !

Et vous, vous aimez cette série ?

 

 

Née en 1936 à Glasgow, M. C. Beaton, dont le véritable nom est Marion Chesney, était libraire et journaliste, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus en Grande-Bretagne. 

Elle a écrit deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et Agatha Raison (15 millions d'exemplaires vendus dans le monde). 

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 05:27
Albin Michel, août 2017

Albin Michel, août 2017

Kiruna était une jolie ville quand elle était couverte de neige fraîche.
La montagne de scories recrachées par la mine se transformait en une montagne en terrasses, vêtue de blanc. Les maisons jaunes, comme on nommait les bâtiments en bois construits jadis pour loger les mineurs, semblaient tout droit sorties d'un roman d'Astrid Lindgren.

 

Que va devenir le petit Marcus, âgé de 8 ans à peine, maintenant que Sol-Britt, sa grand-mère vient d'être sauvagement assassinée à coup de fourche et sachant que sa mère, partie refaire sa vie à Stockholm, ne veut pas s'en occuper ? 

Que faisait le petit, endormi dans cette cabane abandonnée, en pleine nuit ? A-t-il vu l'assassin ou simplement entendu du bruit ? A-t-il eu peur, ce qui expliquerait qu'il se soit sauvé ? Sa vie est-elle désormais en danger ?

 

Marcus ne semble se souvenir de rien et ne pas être affecté par la disparition de sa grand-mère...Mais les enfants peuvent enfouir au fond d'eux-même, le pire des traumatismes. 

 

Krister posa sa joue sur les cheveux de Marcus.
N'aie pas peur, petit chien perdu, je suis là, songeait-il. Je vais veiller sur toi.
"Tu es très fort ! Tu peux me porter, chuchota Marcus tout près de son oreille. Et les chasseurs ne me verront pas.
- Non, les chasseurs ne verront rien du tout."
Krister sentit ses yeux s'embuer.

 

La procureuse Rebecka Martisson, qui a été écartée de l'enquête sous prétexte qu'elle connaissait la victime, n'a pas dit son dernier mot. Elle n'est pas revenue à Kiruna et ne s'est pas installée dans la maison de sa grand-mère, pour s'entendre dire ça.

Elle veut continuer à chercher à comprendre qui en voulait assez à la victime pour l'assassiner, aussi sauvagement, en pleine nuit...

Est-ce un amant éconduit ? ou est-ce lié à un secret de famille...car des secrets, la famille de Sol-Britt en possède plus que les autres.

 

Tout récemment, le père de Sol-Britt a été retrouvé mort dans le ventre d'un ours, abattu en Laponie suédoise. Il avait été adoptée par Flisan, une amie d'Elina, sa mère, alors qu'il était encore bébé. Cette dernière, jeune institutrice à Kiruna, avait été retrouvée morte après avoir été sauvagement violée.  

Le fils de Sol-Britt a été victime d'un chauffard, il y a trois ans, alors qu'il faisait son jogging matinal. Il a été retrouvé mort dans un fossé.

Des coïncidences qui font comprendre à Rebecka que la malédiction ne s'est pas abattue sur la famille de Marcus, comme les faits pourraient nous le laisser croire, mais que les morts considérées comme accidentelles jusque-là, ne le sont peut-être pas.

Elle reprend l'enquête en cachette, avec ses deux collègues Krister Eriksson, le maître-chien et Lars Pohjanen, le médecin légiste, laissant Carl Von Post, qui en est chargé à présent, et espère bien être promu une fois qu'il aura résolu l'affaire, se fourvoyer sur une fausse piste et commettre de nombreux et graves impairs. 

 

Anna-Maria qui n'en revient pas que Alf Björnfot, le procureur général, ait éjecté Rebecka, tente de les aider à distance le plus possible mais elle est débordée par sa vie familiale et n'arrive pas toujours à faire le lien entre tous les membres de l'équipe.

 

Pendant ce temps, le petit Marcus, resté avec Krister et les chiens, tente de se remettre de son traumatisme, tout en gardant le silence, et ces derniers s'attachent tous les jours davantage à lui... 

 

Oser venir ici ! crache Flisan. Après toutes ces années !"...
Elle reprend son souffle. Elle va enfin pouvoir lui dire sa façon de penser...
"Figurez-vous que je pensais à vous aujourd'hui. Dans son sermon, le pasteur a parlé de Moloch, la fausse divinité à qui on sacrifiait des petits enfants pour obtenir des richesses. J'étais là, sur le banc à me dire que je connaissais une personne comme ça. Vous !"

 

Voilà un thriller  haletant, qui  fait froid dans le dos, et démarre "tout en douceur", si je puis dire, pour mieux nous tromper et nous entraîner sur de fausses pistes en nous racontant une simple traque à l'ours, un ours dans l'estomac duquel, tout de même, on retrouve des restes humains...

Le récit alterne entre le présent, avec les aléas et les rebondissements de l'enquête, et le passé, avec l'histoire de la jeune institutrice, l'arrière-grand-mère de Marcus, de son arrivée dans le petit village de Kiruna à son terrible décès. L'histoire d'Elina est racontée au présent comme si on la vivait aujourd'hui, alors qu'elle se situe il y a plus de cent ans, aux alentours de la première guerre mondiale.

 

Ce roman m'a subjugué, et je ne dis pas ça parce qu'il a reçu le Prix du Meilleur Roman Suédois, mais bien parce que j'ai adoré la façon dont les faits sont amenés, les recoupements entre les différents éléments qui apparaissent au fur et à mesure que Rebecka les découvrent, l'immersion du lecteur sans qu'il s'en rende compte dans la vie quotidienne des enquêteurs et des victimes...

 

Les personnages, qu'ils soient du bon ou du mauvais côté, sont tous décrits avec beaucoup de réalisme. 

J'ai aimé le personnage d'Anna-Maria, partagée entre ses enfants et son boulot, qui aimerait tant avoir le temps de se faire une amie, en la personne de Rebecka.

J'ai adoré celui d'Elina, si courageuse pour s'affirmer en tant que femme libre et autonome en ce début du XXe siècle. 

J'ai été émue par celui de Krister qui est fou amoureux de Rebecka, mais a décidé de prendre ce qu'elle lui donne, sans rien demander de plus, car il sait que Rebecka a un petit ami, même s'ils sont tous deux éloignés, et surtout que son physique à lui n'est pas attirant depuis qu'il a été grièvement brûlé lorsqu'il était enfant...

 

J'ai été touchée par l'humour, la tendresse et la profonde humanité de ce roman qui dénonce la violence verbale ou physique faite aux femmes, la difficulté pour les plus pauvres de se sortir de leur condition, le récit axé autour de ce petit garçon, dont on sait dès le début que la maman ne veut pas. D'ailleurs l'abandon des enfants est un thème qui touche plusieurs des personnages du roman mais je ne vous dirai pas lesquels...

 

Je ne vous révélerai rien des secrets de famille, ni des motivations de l'assassin, ni des liens de paternité de Marcus, ni des petites bagarres internes qui pourrissent l'ambiance dans l'équipe d'enquêteurs.

Je ne vous dirai rien non plus des nombreuses références littéraires qui étayent le récit.

Mais je peux vous assurer que dans ce roman, on passe par toutes les émotions possibles. Il y a des passages terriblement émouvants et d'autres qui vous prennent aux tripes parce que la peur de ce qui peut advenir est là !

Etant donné que je ne connais pas les autres titres de l'auteur je ne peux pas comparer cette lecture avec les autres. D'après ce que j'ai découvert sur le net, l'auteur reprend la même équipe pour une nouvelle enquête. 

 

Voilà donc un auteur nordique que je ne connaissais pas encore et qui a su me conquérir dès la première lecture. 

Son écriture est à découvrir absolument.  Vous plongerez ainsi au-dessus du cercle polaire dans la rigueur arctique, là où la rudesse du climat, explique que la générosité et l'entraide soient de mise entre les hommes. 

Un grand merci à Babelio et aux Editions Albin Michel qui m'ont permis de découvrir ce thriller en avant-première avant sa sortie prévue à la fin du mois. 

 

 

Asa Larsson a grandi à Kiruna, où se déroule son roman. C'est une petite ville de Suède située au-dessus du cercle polaire. D'abord avocate, ce qui explique qu'elle connaît bien ce métier et peut ainsi décrire merveilleusement bien son personnage central, Rebecka Martinsson, qui a aussi été avocate, elle ne se consacre aujourd'hui qu'à l'écriture de ses romans.

Elle a déjà publié chez Albin Michel, "Le sang versé", "La piste noire" et "Tant que dure ta colère"...des romans que je chercherais à me procurer sans tarder. 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 05:41
10/18 Grands Détectives, 2016

10/18 Grands Détectives, 2016

Pendant tout l'après-midi, Jemina repensa à ses paroles, enfermée toute seule dans sa cellule pourvue d'une unique fenêtre placée très au-dessus du niveau des yeux. Elle entendait les détenues pousser des cris et éclater de rire, mais c'était un son dur et rauque, totalement dénué de joie.

 

Je n'avais jamais rien lu de celle qu'on surnomme la "Reine du polar victorien"...mais je savais qu'ayant elle-même bien connu le milieu carcéral de l'intérieur, elle savait très bien bâtir des histoires crédibles et prenantes. 

Surtout connue depuis ces deux séries, les enquêtes du couple Charlotte et Thomas Pitt et celles de l'inspecteur amnésique William Monk, elle s'est depuis penchée davantage sur diverses périodes historiques en écrivant plusieurs romans qui se passent à différentes périodes...

J'ai trouvé que ses romans étaient des lectures idéales pour une pause sans prise de tête ! Ce qui fait du bien évidemment entre deux lectures plus sérieuses, pour se changer les idées. De plus, celui-ci est court (156 pages) et se lit facilement.

 

L'histoire se passe au début du XXe siècle à New York, mais débute en fait sur le bateau qui amène en Amérique Jemina, la fille de Charlotte et Thomas Pitt (personnages de la première série de l'auteur, bien connus des fans).

Elle a été chargée d'accompagner son amie, Phinnie Cardew qui doit se marier bientôt avec le fils d'un homme d'affaires, ami avec son propre père. Mais comme ce dernier est malade, il ne peut l'accompagner et faire cette longue traversée.

 

Le prétendant, Brent Albright, est un jeune homme distingué mais très traditionaliste. Sa famille est une des plus riches de la ville et son union avec la jeune Phinnie âgée à peine de 16 ans, est attendue comme l'événement majeur de l'année qui va réunir deux familles d'aristocrates richissimes.

Tout se passe bien au départ pour les deux jeunes femmes. Phinnie prépare son mariage et fait connaissance avec les membres de la famille, tandis que Jemina visite la ville avec Harley, le charismatique frère de Brent.

Mais voilà que Harley demande à Jemina de l'aider à empêcher la mère de Phinnie, Marie Cardew d'assister au mariage. En effet, la présence de celle-ci n'est pas désirée et viendrait tout gâcher, vu qu'elle a abandonné sa fille, il y a 16 ans maintenant, sans jamais chercher à la revoir...

Jemina ne comprend pas comment Marie a pu disparaître pour réapparaître justement maintenant, mais comme elle a bon coeur elle accepte. 

Cependant, une fois arrivée à son domicile, Jemina la retrouve morte...

C'est alors que tout se gâte pour elle quand un policier, averti par Harley, débarque sur les lieux et que tout semble accuser la jeune femme.

La voilà questionnée, puis incarcérée en attendant son  jugement....

Heureusement, l'agent de police Patrick Flannery croit en son innocence !

 

J'avoue avoir passé un bon moment en lisant ce court roman policier, léger mais bien construit. Le suspense est pourtant vite retombé car j'ai tout de suite compris qui était le coupable. Par contre, le lecteur ne comprend ses motivations qu'à la fin ce qui maintient l'envie d'en savoir plus !

L'auteur prend tout de même le temps de nous présenter ses personnages et d'entrer dans l'histoire avant de précipiter le dénouement.

Le personnage de Jemina, si libre et indépendante pour l'époque est tout à fait sympathique et on compatit à la déception de Phinnie qui vivait un vrai conte de fée...

La magie de noël et la neige forment une toile de fond tout à fait plaisante. 

Un élément historique vient donner un peu de profondeur au roman puisque dans l'histoire, il est question de ségrégation raciale et du combat que certains des personnages ont mené pour aider les noirs, au péril de leur vie. Mais je n'en dirais pas plus...

 

Ce roman entre dans une série qui s'intitule "Histoires de noël". En effet chaque année au moment de noël, l'auteur édite une courte histoire policière dans laquelle un personnage secondaire apparu dans ses autres romans, mène l'enquête (ici Jemina).

En résumé, c'est donc un roman facile et plaisant, qu'à défaut de lire sous la couette vue la saison, est plutôt à lire sous la tonnelle, au bord de la piscine pour celles et ceux qui ont la chance  d'en avoir une, ou pour ceux qui aiment, à la plage ! 

Je vous invite à lire la chronique de Nath ci-dessous ..

 

 

Et n'oubliez pas de visiter le second blog de Cathyrose dans lequel elle nous parle souvent de lecture.

Cathyrose a été la première blogueuse à me parler de cet auteur, et à me donner envie de la lire ! 

 

Bon week-end du 14 juillet à TOUS...

Je me mets en courte pause pour les trois jours à venir et

je vous retrouve dès lundi avec grand plaisir pour une semaine de balade en Camargue.

Si ça vous tente...

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 06:08
Actes sud, actes noirs, 2013

Actes sud, actes noirs, 2013

On commet souvent l’erreur de ne pas vouloir déranger celui qui pleure. On pense qu’il lui faut du calme et de la tranquillité, qu’on doit le laisser en paix. C’est totalement faux. L’être humain est un animal de meute. Il a besoin d’être entouré, il a besoin de proximité, de chaleur et du contact d’autrui.

Je n'ai jamais dit que les chats n'avaient rien vu. J'ai seulement dit que moi, je n'avais rien vu. Mais Marilyn, elle, elle a vu une voiture tôt, très tôt le samedi matin, elle était assise à la fenêtre de la cuisine. Elle n'arrêtait pas de cracher, elle était déchaînée.
- Marilyn a vu une voiture ? Quelle marque ? Dit Martin en décidant de ne pas tenir compte de l'absurdité de sa question.
Grip le regarda avec pitié.
- tu crois que les chats connaissent les marques de voiture, toi ?

 

Annie vient de s'enfuir de chez elle, terrorisée et les mains pleines de sang, en emmenant avec elle Sam, son jeune fils.

Elle se réfugie dans le seul endroit où elle se sent chez elle, sur l'île de Graskär, une île dont elle a hérité de ses parents. Son père y était gardien de phare et elle y a passé son enfance. Elle n'a pas peur de s'y retrouver seule avec son fils bien que cette île, soit surnommée par les gens du pays, "l'île aux esprits" : elle serait hantée par des gens ayant habités l'île, et donc morts depuis des années.

 

Quelques jours plus tard, la police retrouve Mats Sverin assassiné. Il était revenu vivre à Fjällbacka depuis quelques mois, abandonnant son ancien travail pour revenir vers sa ville natale. Lorsque  Patrick Eldström et son équipe tentent d'en savoir plus sur son passé, ils se heurtent à un mur de silence. 

Mais il se trouve que, juste avant de mourir, il est allé rendre visite à Annie, son amour d'adolescent.

 

Erica, malgré la naissance de ses jumeaux, ne peut s'empêcher de mener sa propre enquête, en parallèle de celle de Patrick. Elle connaissait bien Mats car elle était en classe au lycée avec lui et avec Annie. 

Elle tente aussi d'aider sa soeur qui a perdu son bébé...

 

L'enquête piétine :  Mats n'avait aucun ennemi, tout le monde l'aimait. Seul son ancien travail, dans une association d'aide aux femmes battues, aurait pu lui attirer des ennuis.  

 

La plupart des hommes qui battent leur femme ou leurs enfants ne comprennent pas qu’ils agissent mal. A leurs yeux, c’est la femme qui est en tort. Il s’agit de pouvoir et de contrôle. Et, s’ils menacent quelqu’un, ce sont les femmes, pas les structures d’accueil.

 

Ce que j'en pense...

 

Comme d'habitude, l'auteur s'amuse avec ses lecteurs : rebondissements, flashbacks, ennuis familiaux...

Mais cette fois, elle distille aussi un petit brin de fantastique. En effet, en parallèle avec l'histoire, le lecteur découvre la vie quotidienne d'Emelie, venue vivre sur "l'île aux esprits "au XIXe siècle, dès son mariage avec le gardien de phare de l'époque. Très seule et isolée de tous, maltraitée par son mari, elle trouve un réconfort dans la présence silencieuse des esprits qui l'entourent, vivent sur l'île avec elle et, lui parlent.

Annie, revenue vivre sur l'île, voit elle aussi réellement les esprits et croise des personnes disparues depuis fort longtemps qui ont habité l'île...dont justement, Emelie et son fils. Ils semblent d'ailleurs vouloir la mettre en garde et lui dire quelque chose qu'elle ne comprend pas. 

 

Comme d'habitude, Camilla Läckberg sait parfaitement analyser ses personnages avec beaucoup de finesse psychologique, nous donner envie d'en savoir davantage sur eux et sur leur vie quotidienne. 

La thématique générale du roman est la violence faite aux femmes et aux enfants. En plus d'Annie, qui a fuit la violence de son mari qu'on retrouvera assassiné, le lecteur va croiser des femmes, prêtes à retourner vivre avec leur bourreau pour apaiser leur culpabilité ; à vivre cachées loin de leur pays et de leur famille ; des fratries brisées comme Viviane et son frère Anders qui n'arrivent pas à oublier leur enfance meurtrie par leur beau-père ; sans oublier bien sûr, Emelie et son fils Gustav  qui ont vécu dans un autre siècle mais cloîtrés sur l'île, sans avoir le droit ni de voir personne, ni d'en sortir.


 

On jouait aux billes et au foot à la récré. On était des enfants. C’était tout simple. Aujourd’hui, tout le monde est tellement pressé d’être adulte. Il faut fumer, baiser, picoler et je ne sais pas quoi d’autre encore avant même d’entrer au collège…

 

Une autre thématique abordé dans le roman est la difficulté de faire son deuil qui peut aller jusqu'au déni.

Mais je ne vous en dirai pas plus, de peur d'en dévoiler un peu trop...

 

Voilà...ce titre est le dernier roman de la série que je lis. Sans nul doute je lirai le prochain opus sans problème, quand il sortira (peut-être l'an prochain). Je ne suis pas encore lassée !

Il faudra bien qu'un jour ou l'autre l'auteur trouve une façon de clore la série mais en attendant, même si ce roman aborde un thème difficile, cette lecture reste une excellente lecture de vacances. 

 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 05:44
La sirène / Camilla Läckberg

Comment avait-il pu se leurrer ainsi ? Il avait vécu retiré pendant tant d'années qu'il s'était cru autorisé à sortir à nouveau. Même en recevant les lettres, il avait continué à se persuader que c'était fini, qu'il ne craignait plus rien.

 

Comme je vous l'ai dit, en vacances et avec la chaleur, je ne lis que des romans de détente, facile à lire mais plaisant et les romans policiers ont donc une place privilégiée dans ma pile de l'été.

 

J'avais promis de terminer la série de Camilla Läckberg et "La sirène" est l'avant-dernier titre que je n'ai pas lu. Donc bien sûr lorsque je l'ai trouvé à la médiathèque ainsi que celui qui lui fait immédiatement suite, "le gardien de phare" je les ai emporté tous les deux !

 

Alors que mère s'approchait, père s'accroupit devant lui. Ses yeux étaient grands ouverts et effrayés quand il dit à voix basse, le visage tout près du sien : "On ne parlera jamais de ça. Et si jamais tu recommences, je te chasserai tellement vite que tu n'entendras même pas la porte claquer derrière toi. Compris ! Tu ne la toucheras plus jamais."

 

Tandis que Patrick Hedström et son équipe tentent de résoudre la mystérieuse disparition de Magnus Kjellner afin d'apporter des réponses à sa famille (A-t-il été enlevé ? Est-il parti de son plein gré ? Est-il mort ?), Erica Fälck aide Christian Thydell à publier son premier roman, intitulé "La Sirène", qui s'avère être un grand succès dès sa sortie.

Christian est nerveux lors des interviews mais bientôt Erica découvre que c'est en fait parce qu'il reçoit régulièrement des lettres anonymes de menace depuis qu'il a commencé à écrire.

Erica, enceinte de ses jumeaux, n'aime pas rester en marge d'une affaire. Sa curiosité naturelle la pousse toujours à chercher à en savoir plus. Alors, elle en subtilise une et décide de chercher à percer ce mystère d'autant plus qu'elle voit bien que cela met Christian dans un embarras croissant et que l'angoisse monte de plus en plus. 

Mais voilà qu'on retrouve le corps de Magnus pris dans la glace. Il a été assassiné, cela ne fait plus aucun doute. Or les deux hommes étaient amis.

Quel rapport y-a-t-il entre l'assassinat de Magnus et les lettres anonymes reçues par Christian ? 

Alors que l'enquête piétine, des accidents surviennent parmi les proches, suffisamment graves pour inquiéter tout le monde... 

 

Depuis la veille cependant, elle se perdait en conjectures. Était-ce à cause de cette ombre qu'il n'était plus là ? Quelle en était l'origine ? Pourquoi ne lui en avait-il pas parlé ? Elle avait cru qu'ils se disaient tout, qu'elle savait tout de lui, comme il savait tout d'elle. Et si elle s'était trompée, si elle avait vécu dans une totale ignorance ?

 

C'est un des meilleurs de la série. Le suspense est incroyable et les ficelles déjà utilisées par l'auteur dans ses autres livres,  se font vite oublier !

Je comprends que certains lecteurs se lassent puisqu'il est vrai que maintenant on connaît toutes les ficelles. Mais c'est justement ce qui est rassurant et...reposant en vacances. 

Le lecteur entre dans la vie de quatre couples amis, qui ont chacun leur façon de fonctionner...Comme d'habitude,  l'auteur va croiser deux époques. Le présent, dans les chapitres qui constituent le corps du roman et de courtes digressions qui reviennent sur des événements passés qui, peu à peu, permettent au lecteur de comprendre des éléments de l'histoire du personnage central.

Bien sûr, j'avais deviné certaines choses mais, cette fois, je reconnais que la fin m'a bluffé car je ne m'attendais pas du tout à ça ! 

Il faut dire qu'avec Camilla Läckberg on pénètre en douceur dans la psychologie des personnages. Elle est très fine en matière de détails et d'analyse de ces personnages. Je pense que son roman est suffisamment bien documenté pour que ce qu'elle nous propose comme explication, soit plausible.

En tous les cas, elle implante ses personnages dans la vraie vie, nous les décrit avec humour et beaucoup de justesse... c'est ce qui fait je crois le succès de sa série. 

J'aime la façon dont elle nous livre ses personnages, tels quels avec leurs défauts et bien sûr leurs grandes qualités. Ils sont si humains et si proches de nous !

Seul bémol, les frasques d'Erica enceinte de ses jumeaux pourront en lasser certains. Mais ce sont de très courts passages qui reviennent assez fréquemment au cours du roman. Pourquoi met-elle ainsi sa santé en danger et pourquoi cache-t-elle toujours à Patrick qu'elle enquête par derrière ?

Moi je la trouve vraiment incroyable !

Comme chaque fois la toute fin du livre nous donne envie d'en savoir plus (une façon de préserver l'envie du lecteur de connaître la suite). Mais cette fois-ci le suspense monte d'un cran et là, je reconnais que pour la première fois je suis très contente d'aborder le tome suivant dans la foulée...

Donc, vous saurez la suite très vite, puisque je suis déjà en train de la lire ! 

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 06:02

 

Magda nous demande de parler au mois de juin ce que nous allons faire de notre été...

Comme d'habitude aux heures les plus chaudes, quand je ne peux pas sortir tant la température augmente, je vais lire...une façon comme une autre de respecter la sacro-sainte sieste du sud ! 

Je compte en particulier terminer la série de Camilla Läckerg que je lis dans le désordre depuis déjà pas mal de temps puisque j'ai commencé la série en mai 2015. 

Oui je sais c'est idiot de lire une série dans le désordre mais ça fait travailler la mémoire, je vous l'assure, puisque lorsque je lis un tome je dois obligatoirement me rappeler ce qui se passe après...et ce qui s'est passé avant !

En fait Camilla Läckberg propose dans chacun de ses tomes une nouvelle enquête. Donc pas de problèmes pour suivre...

Mais ce qui est original dans sa série, c'est qu'elle met en scène la même petite ville et la même équipe d'enquêteurs. Du coup, on les suit comme dans une série télé. On entre dans leur vie et, même moi qui ne suis pas particulièrement fan des ragots en tous genres, faits divers et autres événements, je reconnais qu'elle n'a pas son pareil pour nous faire entrer dans la vie de ses personnages en nous faisant voir les faits à travers leurs yeux et leur ressenti. 

 

C'est pour moi un véritable plaisir toujours renouvelé de lire ses romans et une agréable façon de me détendre.

Les premières chaleurs arrivant, j'ai donc déjà commencé à emprunter les romans que je n'avais pas encore lu à la médiathèque et cette semaine j'ai lu "le prédicateur" qui est le tome 2 de la série. 

 

La série "Erica Falck et Patrick Hedström" comprend (pour ceux qui ne connaissent pas les différents romans) :

- La princesse des glaces (2008)

- Le prédicateur (2009) dont je vais vous parler aujourd'hui

- Le tailleur de pierre (2009) 

- L'oiseau de mauvaise augure (2010)

- L'enfant allemand (2011)

- La sirène (2012) 

- Le gardien de phare (2013)

- La faiseuse d'anges (2014) 

- Le dompteur de lions (2016)

Et sans doute bientôt un nouveau sera annoncé, mais quand ?

 

Il ne m'en reste donc que deux à lire en ce début d'été et ensuite je passerai à autre chose, une autre série peut-être ?

 

Actes sud / Actes noirs 2009

Actes sud / Actes noirs 2009

Solveig lui appuya plusieurs fois sur la poitrine avec un doigt si dur qu'il recula à chaque coup. Il avait déjà le dos contre le rebord de la fenêtre et ne pouvait pas s'éloigner davantage. Il était acculé.

 

Dans des rochers proches du village de Fjällbacka (depuis le temps il faut toujours que je vérifie l'orthographe de ce nom-là !), on découvre le corps d'une jeune femme. Mais l'affaire se complique quand les experts trouvent à proximité, les squelettes de deux jeunes filles disparues vingt-quatre ans auparavant...

C'est ainsi que l'équipe de Patrick Hedström, qui est chargée de l'enquête, va se remémorer les événements survenus autour de la famille Hult, une famille coupée en deux depuis que Johannes s'est suicidé suite au témoignage de son propre frère, l'accusant ouvertement d'avoir été vu avec une des victimes.

 

Depuis dans la famille, la haine est au rendez-vous. C'est une famille brisée par les non-dits et entourée de mystère. La jalousie est au rendez-vous et alors qu'une branche de la famille est restée dans la misère suite au drame, l'autre jouit d'une vie plutôt facile et sans problèmes. Mais le mystère plane toujours autour d'eux. 

En effet, tout le monde se rappelle très bien Ephraïm, le grand-père, qui magnétisait les foules accompagné de ses deux adorables petits garçons qui eux aussi avaient le pouvoir de guérison...

La pression monte d'autant plus qu'avec la canicule (on est en été 2003), l'affaire fait fuir les touristes qui désertent la petite ville portuaire.

Mais voilà qu'alors que l'équipe tourne en rond, Jenny, une jeune fille qui campait avec ses parents, disparaît à son tour...

 

L'enfer des premiers jours en primaire n'avait fait que continuer. Les piques, les coups, l'exclusion l'avaient amené à construire un mur autour de lui, solide comme du granit, et bientôt les actes suivirent ses pensées. Toute la colère qu'il avait accumulée derrière le mur se mettait à suinter par de petits trous qui devenaient de plus en plus grands...

 

Ce qui fait la force de cette série ce sont les personnages, et en particulier l'équipe des enquêteurs et leur famille. Je ne vais pas répéter ce que je dis chaque fois que je lis un des tomes. Je ne m'en lasse pas et je suis contente de les retrouver.

 

Dans ce tome, Erica est un peu en dehors du coup car elle est enceinte. L'été 2003 est là, avec sa chaleur, et même sa sensation d'étouffement. Erica ne sait plus comment se mettre pour dormir, ne sait plus comment se rafraîchir. Tout cela rappellera des souvenirs à certaines d'entre nous ! Elle veut comme d'habitude aider Patrick mais lui veut la préserver tout en étant très perturbé par l'enquête et par le manque de sommeil. Il y a quelques exagérations dans le roman, en particulier lorsque des membres éloignés de la famille ou des amis viennent squatter leur maison pour profiter de l'été et de la mer mais bon cela met un peu de légèreté dans le roman qui sinon serait très noir.

Mais à part ce bémol, l'ensemble est plaisant et puis, en lisant les tomes dans le désordre, je sais déjà ce qui va arriver après, alors je ne m'en fais pas ! 

L'intrigue  est solide et on se laisse prendre par le suspense et les rebondissements. Ce que vivent les jeunes filles est un véritable cauchemar...très dur à supporter.

Comme le lecteur doute jusqu'à la fin, c'est vraiment toujours une surprise de découvrir le coupable.

Bon d'accord, je vous l'accorde, je l'avais déjà découvert avant la fin mais je n'en étais pas sûre !  Je vous rappelle que j'ai lu presque toute la série en été alors, tout le monde sait que les méninges sont ralenties par la chaleur et que l'été, on est un peu plus dur à la comprenette...Non ?

Voilà à quoi je vais passer le début de l'été entre deux travaux à la maison et quelques balades ou baignades pour se rafraîchir..

 

Le prédicateur / Camilla Läckberg

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:55
Du Monde Entier / Gallimard, août 2016

Du Monde Entier / Gallimard, août 2016

 

Sebastian von Eschburg est originaire d'une famille aisée qui appartient depuis des générations à l'aristocratie et a donné son nom au village d'Eschburg-le-Château, situé entre Salsbourg et Munich. 

Il habite dans le superbe manoir construit au XVIIIe siècle par ses ancêtres,  où sa mère élève des chevaux.

Personne ne s'occupe réellement de lui : sa mère s'adonne à sa passion et son père travaille, se saoûle ou passe son temps dans son bureau et à ses parties de chasse.

A dix ans, Sebastian est envoyé en pension en Suisse, là où tous ses ancêtres ont fait leurs études secondaires. 

Un été, alors qu'il est venu passer ses vacances chez ses parents, son père se suicide et c'est le jeune Sébastian qui découvre découvre son corps. 

Sebastian s'était assoupi dans le fauteuil. Quand il entendit la détonation, il dévala les escaliers dans la pénombre, traversa en toute hâte le vestibule du rez-de-chaussée, trébucha, se meurtrit le genou, fila sans désemparer le long du couloir qui conduisait au bureau de son père. Il ouvrit brusquement la porte...

"Nous avons encore le temps" lui avait dit son père.

 

Sa mère nie le suicide et lui parle d'un terrible accident.  

Sebastian va s'enfermer dans son imaginaire. Il a depuis l'enfance un don particulier pour percevoir les couleurs...c'est ce qu'on appelle la synesthésie, une perception particulière qui lui fait voir le monde différemment des autres.

 

Sa mère ne va avoir qu'une hâte c'est de vendre la demeure et de refaire sa vie, ce qu'elle fait quand Sebastian atteint ses 16 ans. 

Sebastian qui s'entend mal avec son beau-père va essayer d'oublier son enfance , la mort brutale de son père et le manoir où il adorait vivre, en se plongeant dans l'art.

Il se consacre alors à la photographie et suit une formation chez un photographe célèbre, avant d'ouvrir son propre studio à Berlin.

 

Il travaille beaucoup sur la beauté et photographie de nombreux artistes, mais il montre aussi la solitude des hommes et n'a rien contre un peu de sexe, puisqu'il photographie aussi beaucoup de nus, dont Sofia sa maîtresse, qui semble être la seule à le comprendre. 

Ses photographies sont très originales : elles montrent que vérité et réalité sont deux choses totalement différentes et en sont même effrayantes.

Mais cela plaît et il devient célèbre a seulement 25 ans. 

Tout bascule alors qu'il est au sommet de sa gloire... le jour où Sebastian est accusé d'avoir tué une jeune femme dont on a retrouvé des traces de sang dans sa voiture et qui aurait appelé les secours alors qu'elle se trouvait enfermée dans la malle.

 

Le policer chargé de l'interrogatoire le menace, tandis que le procureur Monika Landau se retrouve au coeur de l'affaire. Malgré les preuves, aucun coprs n'est retrouvé et l'identité de la victime reste inconnue.

Mais Sebastian avoue le crime... 

 

Un interrogatoire est une entreprise bien délicate songeait Landau. Pourquoi le suspect passerait-il aux aveux , s'il réfléchit ne serait-ce qu'un instant, il s'apercevra qu'il n'a rien à y gagner. Un homme n'avoue qu'il a commis un crime que s'il a un bénéfice à en retirer...

 

Konrad Biegler, un célèbre avocat de Berlin accepte de se charger de sa défense, et de prouver l'innocence de son client, alors que lui-même est amoindri par un événement récent : il vient d'être victime d'un sérieux burn-out et se remet avec peine de sa dépression... 

 


"- Je voudrais que vous me défendiez comme si je n'étais pas l'assassin.
- Comme si vous n'étiez pas l'assassin ? Qu'est-ce à dire ? Est-ce que c'est vous, oui ou non ?
-Est-ce si important ?"
C'était une bonne question. Et la première fois qu'un client la lui posait.

 

C'est un roman surprenant à bien des égards.

Est-ce un problème de traduction... j'ai trouvé que la première partie manquait de fluidité.

C'est vrai que de nombreux événements se succèdent, mais l'alternance des rythmes ne facilite pas la lecture. 

La description trop poussée de certains personnages qui ne s'avèreront d'aucune utilité ni pour l'histoire, ni pour l'ambiance, ainsi que certains détails m'ont même ennuyé. 

Il en est de même pour tout ce qui concerne la technique photographique. Certes ces détails peuvent peut-être passionner un photographe, mais n'apportent rien au récit, ni à la résolution de l'affaire. 

 

Ce qui est intéressant par contre, c'est la manière dont le personnage se plonge dans sa passion (la photographie) pour essayer d'échapper à la réalité du monde qui l'entoure. L'art est un refuge, la photographie lui permet de mettre une distance entre lui et le monde qui le fait souffrir, mais ne va pas suffire à le rendre heureux.

Le roman s'ouvre d'ailleurs sur une brève introduction mettant en scène Louis Daguerre, l'inventeur de la photographie, l'auteur montrant par là son intention de porter aussi une reflexion sur l'image, certes, mais surtout sur le regard du photographe. 

 

Le suspense démarre réellement au niveau de la seconde partie lorsque  le crime est révélé et le héros accusé. A partir de là, le lecteur veut connaître la vérité et n'aura de cesse de suivre les pérégrinations et les réflexions de l'avocat qui cherche à comprendre.

Est-ce vraiment la jeune demi-soeur de Sebastian qui a été assassinée ? 

 

Mais là encore j'ai été déçue : l'avocat est un personnage sans aucune profondeur et le lecteur est même étonné qu'il réussisse à résoudre une telle énigme et à prouver l'innocence de son client. Là encore beaucoup de problèmes surgissent lors de la lecture...

L'histoire de la torture arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle aussi n'est pas crédible dans la mesure où le policier n'était pas seul lors de l'interrogatoire. Comment le procureur a-t-il pu tolérer de telles menaces ? Ce fait est plus que surprenant !

Le fait que l'accusé ait semé un certain nombre d'indices sur sa route, avant son accusation, n'est absolument pas crédible non plus !

Mais le lecteur, en bon public, est prêt à oublier ce détail...ce qui lui permet même d'être surpris quand il découvre toute la vérité sur l'affaire.

Certains personnages sont totalement imaginaires alors que nous avons cru à leur existence et vice versa. 

C'est à la fois amusant et déconcertant car cela nous interpelle sur la notion de vérité, de culpabilité, mais aussi de crime et sur notre propre façon d'anticiper les événements et de les imaginer.

Car vérité et réalité sont forcément différents...

C'est ce que l'auteur a voulu nous montrer comme le ferait le regard porté par le photographe sur le monde.

 

Malgré le manque de fluidité de la première partie (122 pages / 224 ) qui empêche finalement le lecteur d'éprouver une quelconque empathie avec le héros, malgré le manque de crédibilité de l'histoire, j'ai finalement eu du plaisir à lire la seconde moitié du roman.

Pour moi ce n'est absolument pas un roman policier, car il n'y a pas véritablement d'enquête. L'avocat doit résoudre des énigmes dans une sorte de jeux de piste...que l'assassin présumé lui a laissé avant d'être inculpé.

 

Malgré l'originalité de la construction de l'histoire, je garde un avis mitigé sur ce roman mais je tiens à remercier les Éditions Gallimard et Masse critique de Babelio pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et ce roman en avant-première de la Rentrée Littéraire 2016.

 

tous les livres sur Babelio.com

 

L'auteur est avocat de la défense au barreau de Berlin depuis 1994.

Il a déjà publié plusieurs ouvrages dont deux ont été traduits en français et ont reçu un succès international. 

Crimes et Coupables (nouvelles)

L'affaire Collini

Le présent roman paru en 2013 en allemagne est traduit de l'allemand par Olivier Le Lay

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 06:52
Actes Sud, mai 2016

Actes Sud, mai 2016

 

Vous savez maintenant que j'aime me détendre en lisant des policiers de temps en temps et qu'en particulier, j'aime ceux écrits par des auteurs nordiques !

Voilà un certain temps que je voulais lire le dernier Camilla Läckberg, puisque je suis tombée sous le charme de sa série...

C'est confortable de retrouver Erica Falck, Patrick Hedström et tous ses collaborateurs pour une nouvelle enquête, encore une fois assez sordide. C'est agréable de connaître le schéma narratif de l'auteur et toutes les ficelles qu'elle utilise pour nous séduire.

Pour l'instant, je ne m'en lasse pas ! 

Comme d'habitude, l'auteur emmêle plusieurs histoires et le lecteur même s'il a des doutes ne trouvera qu'à la fin, la réponse à ses questions...

 

Il fait froid à Fjällbacka lorsqu'une jeune fille à demi-nue est percutée par un véhicule à la sortie de la forêt. Aussitôt, pendant qu'elle est transportée à l'hôpital, elle est identifiée comme étant Victoria, une jeune fille disparue depuis quatre mois. Les policiers apprennent avec horreur qu'elle a été affreusement mutilée pendant sa détention. Elle ne survivra pas et ne pourra donc fournir aucune piste sur son ravisseur...

 

D'autres cas semblables mettent les policiers sur la piste d'un dangereux psychopathe...

 

De son côté Erica enquête pour son futur roman. Elle rencontre pour cela une étrange femme qui purge sa peine depuis près de 30 ans mais refuse toujours de parler de son drame familial qui l'a pourtant conduite en prison.

Erica devine aussitôt, avec son intuition légendaire, qu'elle lui cache l'essentiel...

Elle est accusée d'avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions qui a tout quitté par amour pour elle : sa passion pour le cirque,ainsi que sa famille.

Elle l'aurait poignardé à coups de couteaux parce qu'il martyrisait sa fille en l'enfermant dans la cave, enchaînée, et en la laissant seule dans le noir...

 

 

Pour ce nouveau volet de la série, vous ne serez pas déçus ! 

 

Encore une fois l'auteur nous entraîne dans son imaginaire et nous séduit, même si pour cela elle doit nous décrire les pires horreurs. Celle que l'on surnomme la "reine du polar" et qui a été subjuguée par la lecture d'Agatha Christie est elle-même débordée par sa vie de famille (elle a 4 enfants !) et, comme Erica, elle vit chaque jour le difficile choix qui s'impose, entre son métier d'écrivain et sa famille...

 

En dehors de l'enquête policière et de la sympathique équipe qui entoure Patrick, j'avoue me demander pourquoi j'aime autant cette série.

Je crois que c'est parce que l'auteur sait me toucher parce qu'elle aborde non seulement les secrets de famille et toutes les difficultés de la vie quotidienne, mais aussi la maltraitance qui choque toujours autant mon coeur de mère et de grand-mère, ainsi que la problématique de la maternité et du conflit intérieur qu'elle engendre chez tout parent qui doit choisir entre enfants et vie professionnelle...

 

Encore une bonne lecture pour les vacances !

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:34
Gallimard, 2015

Gallimard, 2015

Quelques années après la chute de Lehman Brothers, alors que le monde politique voit enfin la sortie de crise à l'horizon, le Crédit parisien,  la plus grande banque française, est sur le point de sombrer.  Elle a besoin d'un plan de sauvetage en urgence mais Isabelle Colson, la ministre de l'Economie, au sommet des sondages, devenue le symbole de la gauche au pouvoir, entend tout faire pour que Bercy ne mette pas sur pied un plan similaire à celui de 2008 lors de la crise des subprimes.

Elle est d'ailleurs intraitable sur ce sujet et ne veut même pas en entendre parler...Elle craint que son électorat soit mécontent, si on aide encore une fois avec les deniers publics, une entreprise privée.

Antoine Fertel, le patron de la banque oeuvre en secret pour faire tomber la ministre. 

 

Mais un événement inattendu vient perturber ses plans...

Le corps de Stéphanie Sacco, une jeune IGF (inspectrice générale des finances) que l'on croyait morte après avoir retrouvé sa voiture abandonnée, vient d'être découvert dans la cour de l'Hôtel des ministres à Bercy. La jeune femme s'est jetée du toit... 

Dans ses mains...une clé, celle de l'appartement de Nathalie Renaudier où les deux jeunes femmes se retrouvaient pour travailler.

Toutes deux étaient chargées en 2008 de faire un rapport sur le plan de sauvetage de la banque. 

Ce suicide est-il un message ?

Nathalie Renaudier s'est en effet elle aussi suicidée, plusieurs années auparavant. 

Christophe Demory, le compagnon de Nathalie, ne s'est jamais remis de sa brutale disparition. Il n'a jamais compris que Nathalie ne lui parle pas de ses problèmes. Il va donc se rendre dans son ancien appartement qu'il croyait vendu...Ce qu'il va découvrir va bouleverser sa vie.

 

Devenu directeur de cabinet de la ministre, il tente de surnager devant les nouveaux événements comme il peut, et surtout refuse de prendre partie. 

Ce qu'il veut avant tout maintenant, c'est découvrir la vérité sur le suicide de Nathalie et le fameux rapport que les deux jeunes femmes IGF ont remis à leur supérieur, mettant ainsi en péril leur carrière et...leur vie.

 

 

Thomas Bronnec est né à Brest. Il est journaliste et auteur de documentaires pour la télévision. Il a exploré pendant plusieurs années le Ministère des Finances et a utilisé pour ce polar sa connaissance parfaite de Bercy. 

Le lecteur voit tout de suite, à la façon dont l'auteur plante le décor, que son sujet est largement maîtrisé ! 

On entre dès les premières pages dans le milieu de la finance, le pouvoir, l'ambition et l'argent ainsi que tout ce qui l'entoure, les coups bas, les arrangements cachés et compensations diverses, les alliances et les non-dits...et les règles communes de ce monde cynique, fait de faux-semblants et de codes inconnus pour les non initiés(d'où le titre du roman). 

Cela ne m'a pas véritablement gênée durant les premières pages. 

 

Mais ensuite, une fois l'intrigue mise en place, je me suis ennuyée durant les nombreux chapitres où l'auteur nous décrit en détails le fonctionnement de ce ministère. Cela ne veut pas dire que les nombreux dialogues entre les différents protagonistes ne soient pas intéressants...

Simplement, pour moi ce livre est avant tout un documentaire sur Bercy.

L'intrigue est quasi oubliée en cours de route. Seul le personnage de Christophe Demory a su me toucher tant ce jeune homme est incroyablement fragilisé par les événements...et tente de rester intègre malgré tout, au milieu de ce panier de crabes.

 

Ce livre malgré son écriture parfaite et son décor bien planté et réaliste, n'est donc pas pour moi un thriller comme cela a été annoncé dans les médias.

Les passionnés de politique auront sans doute beaucoup de plaisir à le lire. Moi j'aurais préféré un bon polar de vacances ! Je suis donc restée sur ma faim et j'ai décroché en cours de lecture ce qui n'est pas dans mes habitudes. 

Je garde donc un avis mitigé sur cette lecture...

 

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:51
Sonatine, 2015

Sonatine, 2015

« Un suspense formidable qui m’a tenu éveillé jusqu’au bout de la nuit ! »
Stephen King

 

Entre Londres où elle est censée aller travailler et la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour.

Chaque fois, elle est assise à la même place et elle observe une jolie maison, située en contre-bas de la voie ferrée, lors d'un arrêt régulier du train.

Cette maison, elle la connaît par cœur, car elle a habité une maison strictement identique située à quelques numéros de là.

Elle observe la vie de ses habitants et elle a même donné un nom au jeune couple,  Jason et Jess, car elle ne les connait pas : ils ne vivaient pas là lorsqu'elle habitait encore le quartier.

 

Elle qui ne s'est jamais remise de son divorce, leur invente une vie parfaite et heureuse, sans nuages...elle se fait des films, revit sa propre vie de jeune femme aimée, projette sur eux tout ce qu'elle n'a pas pu vivre, les aime ou les déteste selon ce qu'elle voit chaque jour. Ils remplissent sa vie et deviennent indispensables à son quotidien, comme l'est, à ses heures perdues, la boisson à laquelle elle s'adonne sans répit dès le matin qu'elle soit seule ou pas. 

 

Rachel a été heureuse dans le passé avec Tom, avant qu'il ne la trompe avec Anna qui est maintenant devenue sa femme et la mère de sa petite fille. 

C'est la raison pour laquelle elle boit. Elle a perdu son travail à cause de ces événements et le cache à sa colocataire qui est en fait une ancienne amie qui l'héberge, ainsi qu'à sa famille et à ses amis qui le découvrent peu à peu au hasard de leurs rencontres...

 

Mais la situation s'aggrave lorsqu'un matin, Rachel découvre un autre homme que Jason dans le jardin de la maisonnette. Jess et cet homme s'embrassent comme le feraient deux amants !

 

Bouleversée, elle ne sait plus que penser d'autant plus que les jours suivants la maison semble déserte et qu'elle apprend avec stupeur à la UNE des journaux que la jeune femme qui se nomme en fait Megan Hipwell, a mystérieusement disparue.

Or ce soir-là, totalement ivre, elle a été vue dans les parages et a même harcelé Anna...mais elle ne se souvient de rien ! 

 

Pour en savoir plus, elle décide alors de se faire passer pour une amie de Megan et d'aller sonner à la porte de Jason, qui se nomme en fait Scott, ce qu'elle apprend dans les journaux...

 

 

 

C'est un thriller haletant qu'on ne peut pas lâcher jusqu'à la fin même, si j'y ai trouvé quelques situations trop répétitives !

Au départ on ne voit pas trop comment le monde imaginaire de la jeune femme et la vie réelle de ses personnages vont pouvoir se réunir.

Mais peu à peu le lecteur, même s'il n'a rien d'un voyeur tombe dans le piège...

Chaque chapitre fait parler un des personnages de son point de vue à lui et au fil des chapitres le lecteur s'enfonce en même temps que Rachel dans la paranoïa ambiante.

Il y a donc du suspense, des rebondissements, des personnages qui deviennent la clé de l'énigme et dont on ne soupçonnait pas le rôle, des coupables qui n'en sont pas...bref tous les ingrédients d'un bon thriller.

 

A noter : ce roman connaît un succès sans précédent aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre et a été traduit en 26 langues...

Il est même en cours d'adaptation cinématographique...

 

C'est donc un bon roman pour vos vacances...si vous êtes amateurs du genre, bien sûr ! 

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 06:47
Phébus 2015

Phébus 2015

 

Ce roman, paru en 1941 en Hongrie, a été traduit pour la première fois en français en 2015 par Sophie Képès. Il a obtenu le Prix Bagarry-Karatson pour sa traduction !

 

C'est un petit roman que j'ai emprunté en Médiathèque tant le titre m'a intrigué...

En effet comment un assassin peut-il être innocent ?

 

L'auteur nous propose d'entrer, pour une journée seulement, dans une maison bourgeoise quelque part en Hongrie durant la première moitié du XXème siècle.

Mais ce ne sont que des déductions de ma part, car de tout cela, il ne vous dira rien !

Le début de l'histoire peut d'ailleurs paraître déroutant pour le lecteur. Une ambiance particulière règne en effet dès les premières pages du roman.

L'auteur fait tout ce qui est en son pouvoir, pour nous présenter les personnages un à un, durant leurs occupations quotidiennes, avant de nous laisser faire le lien entre eux et parfois de les nommer. 

Parfois en début de chapitre, on ne sait pas qui parle, car chacun s'exprime à son tour...

Peu à peu le puzzle se met en place, dans un décor réfrigérant, car non seulement il neige au dehors, mais il fait un froid très éprouvant partout ; la maison est sombre et les enfants sont livrés à eux-mêmes ; la nourrice est d'une rigidité déconcertante ; la décoration intérieure est si austère qu'elle ajoute son ombre au tableau.

 

Dans cette maison bourgeoise où les heures s'égrènent les unes après les autres, va se dérouler un drame dont l'enquête se résoudra en huis-clos...

 

L'ambiance est tendue : tous les membres de la famille ou leur entourage ont quelque chose à se reprocher...

Le père tout d'abord qui a ouvert un club privé de jeux et s'expose ainsi à des poursuites, vient de passer une nuit épouvantable mais a pu sauver in extrémis de la mort, un jeune écervelé, neveu d'un de ses amis qui avait tout perdu en jouant. 

La mère Magda, a pour seule hantise celle de vieillir prématurément et d'être délaissée par son amant, le merveilleux Robert, un ami de son mari, qui gâte tous ses caprices...

Poupée, surnommée ainsi par sa famille, a 14 ans et profite de son temps libre pour fréquenter en cachette, Pista, le fils du gardien, un ado pauvre mais au coeur d'or qui s'est engagé avec ses amis dans la révolution...

Et puis il y a Petit, le plus jeune de la famille qui cherche, malgré ses douze ans, à attirer l'attention de ses parents  parce qu'ils ne sont jamais là et ne s'occupent jamais de lui...

 

Beaucoup de tensions, de non-dits entourent cette famille bourgeoise mais bien sûr toute parole déplacée est aussitôt retenue. Même la nourrice n'ose pas dire ce qu'elle pense de leur façon de vivre.

 

C'est alors que Robert Gedeon, l'ami de la famille et amant de Magda,  est retrouvé assassiné...

 

Tous peuvent être coupables !

 

Péterffy, le policier chargé de l'enquête va devoir démêler le vrai du faux et étudier de près les mensonges par omission de ceux, volontaires, visant à protéger tel ou tel membre de la famille.

Ecrivant lui-même des romans policiers sous le pseudonyme d'Archibald Cross, il n'aura de cesse d'entrer dans la psychologie des personnages et de déjouer leurs plans afin d'établir l'identité de l'assassin.

Mais au delà de l'enquête menée avec brio et intuition, il a du mal à se détacher de l'écrivain qui sommeille en lui, et cherche à chaque instant l'événement qu'il pourra coucher sur le papier et immortaliser dans son prochain roman.

 

Finalement lorsque les preuves se referment sur l'assassin, le lecteur découvre, ébahi que le titre n'avait pas menti : seul celui-ci est véritablement innocent, tous par leurs actions et leurs attitudes l'ont peu à peu amené à effectuer son geste !

 

 

Quelque chose de pesant, d’angoissant flottait dans l’air de l’appartement. Quelque chose de tellement épouvantable et sinistre qu’on aurait voulu hurler de terreur, comme si des fauves inconnus se tenaient aux aguets quelque part aux environs, prêts à bondir, avides de sang frais et de tiède chair humaine.

 

C'est un roman qui sort de l'ordinaire tant sa construction est originale et proche d'une oeuvre de théâtre...

Plutôt lent au départ, ce roman, à la fois thriller psychologique et roman policier, prend sa vitesse de croisière dès l'annonce du meurtre pour se dérouler ensuite en huis-clos, au sein  d'une famille désunie, mais qui tient absolument à sauver les apparences.

 

La façon dont l'auteur entre dans la psychologie de ses personnages, en particulier celle du couple, est tout à fait fascinante. L'auteur met à jour leurs faiblesses sans concession ni émotion. 

Leur relation est très particulière et le lecteur se sent parfois en position de voyeur, ce qui renforce son malaise... 

 

Le lecteur entre dans le jeu et soupçonne tour à tour chacun des personnages qui eux-même se soupçonnent entre eux !  Cette situation renforce la tension omniprésente, liée au huis-clos mais aussi le suspense, et il faut bien le dire, ne manque pas d'humour... 

 

Mais le dénouement reste tragique et la façon dont chacun des personnages va se mettre à nu, particulièrement éprouvante.

 

Un thriller intéressant, à réserver cependant aux adultes, car je ne crois pas que les ados adhèrent au démarrage un peu lent du roman. 

Mais bien sûr je peux me tromper !

 

 

 

Qui est l'auteur ?

 

Née à Budapest, Julia Székely (1906-1986) est une écrivaine et une pianiste douée. Elle fut l'élève de Béla Bartók et de Zoltán Kodály. 

Elle est l'auteur de dix-sept ouvrages, romans, pièces de théâtre et biographies (sur Beethoven, Liszt, Bartók, Chopin notamment) dont 

Sa première oeuvre à l'avoir propulsé sur le devant de la scène est "Rue de la Chimère" paru en 1939 (Buchet-Chastel, 2005) qui a connu un immense succès.

Publié en 1941, son deuxième roman, "Seul l'assassin est innocent", confirme son immense talent et en fait l'égale de son compatriote, Sándor Márai (1900-1989).

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 06:49
Actes Sud 2009

Actes Sud 2009

 

Un pêcheur de Fjällbacka retrouve dans son casier à homards, le corps d'une petite fille noyée.

 

Patrick Heldström découvre, avec stupeur et horreur, que l'enfant n'est autre que Sara, la petite fille de Charlotte, une nouvelle amie d'Erica.

Elle s'est visiblement noyée par accident.

 

Mais l'autopsie révèle la présence d'eau douce et de savon dans ses poumons. Tout porte à croire qu'elle a donc été noyée dans une baignoire avant d'être jetée à la mer. 

 

Sensibilisé par son tout nouveau statut de père (Erica et lui viennent d'avoir leur petite Maja), épuisé par les nuits d'insomnie même si c'est Erica qui en bave le plus, Patrick va tout faire pour démêler l'écheveau complexe de ce meurtre qui le bouleverse.

 

D'autant plus que toute l'équipe est sur les dents : Martin l'équipier habituel de Patrick est mis sur une autre affaire et un des collègues de la brigade accumule les bourdes...

De nombreux rebondissements compliquent leurs investigations et ils n'ont pas l'ombre d'une piste valable. 

C'est alors que le labo découvre que l'assassin a fait avaler à la fillette de la cendre, mais pas n'importe laquelle, une cendre ancienne contenant de mystérieux restes...humains.

 

Comment s'est-elle retrouvée là ?

Qui peut vouloir du mal à une petite fille de 7 ans ?

 

Patrick et son équipe vont plonger au coeur de conflits familiaux insoupçonnés, de non-dits éprouvants, de trahisons familiales, de querelles de voisinage sans fin, et même d'un réseau de pédophiles...

Ils feront en particulier la connaissance de Morgan, atteint du syndrome d'Asperger, une forme peu connu d'autisme.

 

Comme toujours, plusieurs histoires se déroulent en parallèle avant de se rejoindre...un peu tardivement à mon goût cette fois, mais cela permet de ménager le suspense !

 

Bien sûr, il y a d'abord les différents protagonistes impliqués dans l'affaire : la famille de Sara, le voisinage et les secrets de chacun. 

La vie quotidienne d'Erica et de Patrick avec leur petite Maja qui déstabilise le jeune couple et perturbe leur équilibre nerveux, tient aussi beaucoup de place. Erica est victime du baby blues et rien n'est caché sur son état de fatigue et de déprime...Elle, toute absorbée par son bébé, ne voit rien autour d'elle : elle ne s'aperçoit pas que sa soeur Anna, ne donne plus de nouvelles.

 

En parallèle, le lecteur remonte aux années 20 et découvre la vie d'un courageux tailleur de pierre qui est tombé amoureux d'Agnès, la fille de son patron, une gamine colérique et capriceuse qui aime avoir le monde à ses pieds et qui va tout ravager sur son passage par vengeance

Bien sûr ce n'est pas un hasard ou une digression gratuite de l'auteur : on se doute bien que tout cela a un rapport direct avec l'enquête...

 

Le roman se promène donc entre passé et présent, enquête et vie familiale, vie publique ou vie privée...

Comme toujours, les indices brouillent les pistes, et nous amènent vers des voies sans issues.

L'auteur n'a pas son pareil pour nous faire entrer dans la psychologie des personnages et leurs pensées les plus sauvages et inavouables. 

Une façon de nous tenir en haleine et encore une fois...ça marche. 

J'ai lu ce roman presque d'une seule traite...détente garantie !

 

 

 

 

Après "La princesse des glaces" (2008) et "Le prédicateur" (2009) que je n'ai pas encore lu, voici le troisième volet des aventures et enquêtes d'Erica Fälck et Patrick Eldström, que je lis toujours dans le désordre...

 

J'ai profité d'un week-end tranquille pour continuer la lecture de cette série, distrayante à souhait...

 

Parmi la série, j'ai donc déjà lu :

- La Princesse des glaces (2008)

- Le tailleur de pierre (2009)

- L'oiseau de mauvaise augure (2010)

- L'enfant allemand (2011)

- La faiseuse d'ange (2014)

 

Il me reste à lire :

- Le prédicateur (2009)

- La sirène (2012)

- Le gardien de phare (2013)

- et Le dompteur de lions (qui vient de paraître)

 

Bientôt les prochaines vacances !!

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 06:46
Actes sud / Actes noirs, 2015

Actes sud / Actes noirs, 2015

 

Dans les années 60, dans le petit village de Finsterau en Bavière, un ivrogne déclare connaître le véritable coupable d'un double meurtre perpétré presque 20 ans auparavant. 

L'aubergiste n'y croit pas au départ mais le lendemain, une coupure de journal est retrouvée dans le porte-feuille de l'homme...qui est malencontreusement tombé derrière une chaise. 

Sur la photo illustrant l'article, le procureur Augustin paraît bien jeune, mais il est parfaitement reconnaissable.

Il vient souvent ici prendre une bière. 

L'aubergiste décide de lui répéter les mots du vagabond. 

C'est le père de la jeune Afra qui a été accusé du meurtre et il purge sa peine dans un asile de fou. 

 

Augustin accepte de réouvrir l'enquête. Pendant que les différents témoins s'expriment sur l'affaire, chapitre après chapitre, le lecteur prend connaissance des multiples dépositions ou rapports qui s'accumulent dans le dossier.

 

La jeune Afra tombe enceinte d'un soldat français, soldat qui bien sûr comme tant d'autres, ne saura jamais qu'il a eu un fils.

Elle est bien obligée de revenir chez ses parents en cette année 1944...

Elle a perdu son emploi et tout le monde la rejette pour avoir fricoter avec l'ennemi. 

 

Faut pas perdre de vue son intérêt personnel, n’oublie jamais ça. Le Français me sera plus utile qu’une bonne femme. J’ai besoin de bras, à la ferme comme à la maison. De gens à qui le travail ne fait pas peur. Je me fous complètement d’où ils viennent, les gens, et le Français, il ne me coûte presque rien.

 

Elle avait quitté le foyer des années plus tôt pour aller chercher du travail en ville et s'éloigner de l'extrême pauvreté de ses parents, Johann et Theres Zauner, les "sans terre" comme on les appellait dans le village. 

 

Très pauvres mais cependant très croyants, ils la recueillent tout en ayant honte de son comportement. Malgré sa grossesse, ils lui mènent la vie dure et même après la naissance du petit Albert, les disputes avec son père sont incessantes...et de plus en plus violentes. 

 

Un jour où la mère s'est absentée pour la journée, Afra et le petit Albert, âgé de deux ans à peine, sont retrouvés morts...

 

 

- Tu sais, Afra, je finirai par t'avoir. T'auras pas le choix. Des pauvres diables comme vous, des crève-la-faim, et ton père qui commence à travailler du chapeau. Tu peux bien me jeter dehors aujourd'hui, je vais te dire une chose, je reviendrai. je te montrerai ce que c'est un homme, un vrai. Et tu sera contente que je revienne...

 

Tout le village accuse Johann, le père. Condamné à une peine de 10 ans, il sera ensuite interné dans un asile, vu son état mental, à la demande expresse du procureur...

 

L'affaire est close !

Chez nous, on ne meurt pas assassiné, ni par un inconnu, ni encore moins par son propre père. Quand on meurt, on meurt dans son lit, que ce soit de maladie – de phtisie par exemple – ou en couches, ou simplement de vieillesse, parce qu’il est temps de s’en aller. Il peut arriver, même si c’est rare, que quelqu’un ait un accident sur son lieu de travail.

 

Voilà un polar tout à fait passionnant presque trop court (à peine 109 pages) d'un auteur que je connaissais absolument pas.

Les propos sont intenses et l'analyse des comportements humains sans concession.

Ce petit village d'après-guerre fait comme il peut pour se sortir de la pauvreté et des traditions qui l'empêchent d'évoluer vers davantage d'ouverture aux autres et de modernité.

La simplicité des gens se fait complice d'une accusation erronée...

Le coupable idéal ayant été trouvé, personne ne relève les indices démontrant le contraire, même les personnes chargées de l'enquête.

 

 

J’ai appris qu’il y a des raisons très différentes d’avouer un crime, et qu’on peut même avouer de manière très convaincante un crime qu’on n’a jamais commis. Il est parfois difficile de reconnaître la vérité, et il arrive que des policiers pourtant consciencieux n’entendent que ce qu’ils ont envie d’entendre, ils ne sont pas différents des autres gens.

 

Le personnage principal qui est filigrane tout au long du roman est bien sûr celui de la jeune femme assasinée sauvagement avec son petit garçon.

Mais même si elle est bien la seule à nous parler de sentiments, et s'il est touché par l'horreur du carnage, le lecteur ne s'attache à aucun personnage, reste en dehors comme s'il s'agissait d'un simple reportage...

Cette façon d'appréhender les faits est tout à fait intéressante et j'ai passé un bon moment de lecture avec ce petit roman, très bien mené et idéal pour une soirée tranquille !

Un auteur à découvrir...pour les amateurs de polar !

 

Il ne savait pas combien de temps il avait déjà passé dans cette pièce. Ils l'avaient arrêté et emmené ici. Lorsque la voiture avait démarré devant la maison, il s'était retourné et avait regardé par le pare-brise arrière. Le linge, toujours sur les cordes, était comme un mur blanc infranchissable. Le vent était tombé...

 

Andrea Maria Schenkel est née en 1962 à Ratisbonne en Allemagne.

 

Elle est surtout connue pour son premier roman, inspiré d'une histoire vraie, "La ferme du crime" paru en 2006. Il s'agit de l'histoire de l'assassinat d'une famille entière de fermiers dans le hameau de Hinterkaifeck, en Bavière. Les faits se sont déroulés en 1920 et l'affaire n'a jamais été élucidée. Mais elle a replacé les événements dans les années 50. Ce roman-témoignage-reportage décrit avec précision le monde rural conservateur et catholique de l'époque. 

Plus tard, lorsqu'ils lui demandèrent : "Pourquoi le gamin ?", il leur répondit :
- Quand une chatte meurt, on tue ses petits.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 07:08
La maison des absents / Tana French

Voilà un livre que vous n'arriverez pas à lâcher ! 

 

 

L'histoire se passe près de Dublin à Brianstown.

L'inspecteur principal Kennedy se voit chargé d'une nouvelle enquête. Il avait été mis au placard depuis la dernière et compte bien se racheter en élucidant celle-là. Cependant lorsqu'il arrive sur les lieux, il ne s'attend pas du tout à ce qu'il va trouver : une famille entière a été assassinée. Il n'y a pas eu d'effraction, les deux enfants ont été étouffés et le père tué à coups de couteau. Seule la femme a été laissée pour morte mais respire encore.  

 

Revenir dans ce quartier récemment construit, perturbe profondément l'inspecteur Kennedy : enfant, il y venait en vacances avec sa famille, au temps où ce quartier s'appelait Broken Harbour. Il y a vécu un drame familial qui le poursuit encore aujourd'hui.

Pour cette enquête, l'inspecteur va faire équipe avec l'inspecteur Richie Curran, un "bleu" qui doit faire ses preuves et que Kennedy paterne gentiment, tout en lui laissant prendre des initiatives.

 

Jenny et Pat Spain formaient un couple apparemment sans histoire. Ils se sont installés là dans ce quartier en construction, il y a quelques années et se sont endettés pour cela.

Mais la crise financière a contraint le promoteur immobilier à cesser les constructions et la famille s'est retrouvée au milieu de maisons à l'abandon, ce qui donne à l'ensemble du quartier un air particulièrement sinistre.

De plus Pat, lui aussi a été licencié, ce qui a aggravé la situation du couple...Malgré leurs efforts pour sauver les apparences, le couple a peu à peu perdu pied. Ils se sont isolés de plus en plus, rejetant même, famille et amis.

 

Au fur et à mesure que l'enquête progresse, il paraît de plus en plus inévitable que l'un des deux parents soit coupable...Pourtant un coupable est découvert et appréhendé : il avoue même le meurtre sans discuter. C'est un ancien ami de la famille et le parrain de la petite Emma dont il conserve chez lui un dessin taché de sang.

 

Mais malgré ses aveux, de nombreuses incohérences subsistent : pourquoi Pat avait-il fait des trous dans les plafonds et les murs de cette maison, par ailleurs impeccable ? A quoi servaient les nombreuses caméras installées dans la maison ? A qui ou à quoi était destiné le piège installé au grenier ?

 

Kennedy se sent de plus en plus impliqué dans cette affaire. Ses problèmes personnels le rattrapent. Il perd pied et se rend compte que son comportement lors des interrogatoires dérape trop vite. Mais Richie, son associé, a lui aussi un comportement bizarre !

Les deux hommes vont devoir confronter leurs points de vue...mais devant le drame qu'ils découvrent sous leurs yeux, arriveront-ils à conserver leur intégrité ?

 

En parallèle de la découverte de la lente descente aux enfers du couple adorable et sans histoire, formé par Pat et Jenny,  l'auteur nous décrit avec beaucoup d'humanité, l'obsession d'un inspecteur poursuivie par le traumatisme de son enfance...dans un lieu qui devient aux yeux du lecteur de plus en plus sordide !

Car attention, dans ce lotissement fantomatique, la peur sera au rendez-vous, et la tension, extrême... d'un bout à l'autre du roman.

 

C'est un roman très fort qui présente cependant quelques petites longueurs que vous aurez envie de lire en diagonale pour savoir vite la fin...

 

Au delà de l'histoire et de l'intrigue en elle-même, l'auteur nous décrit avec beaucoup de psychologie, les déboires de toute une génération de personnes touchées par la crise financière et le chômage qui ont perdu tous leurs repères et ne savent plus à quoi se raccrocher. 

Le lecteur ressent les sentiments des personnages, leurs blessures et leurs déceptions... On a l'impression d'être dans la réalité et de les connaître.

 

Un excellent polar pour les amateurs du genre et un auteur...à suivre donc !

Car c'est le premier livre que je lis de cet auteur de polar irlandais...

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 07:08
Le quatrième volet des aventures de Patrick et Erica...

Le quatrième volet des aventures de Patrick et Erica...

Quatrième de couverture

 

"L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...


Dans ce quatrième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l'écheveau d'une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisisssant, le lecteur en redemande."

 

 

Comme toujours, j'entre immédiatement en mode détente lorsque je commence un roman de Camilla Läckberg. Elle est incomparable mais je peux comprendre que certains lecteurs lui préfèrent d'autres intrigues, plus complexes, style celles de la série "Millenium", dont je n'ai pas encore lu le quatrième opus, d'ailleurs.

Moi, j'aime les deux, pour des raisons totalement différentes...

 

 

J'ai encore une fois (je l'avoue sous la torture...) retrouvé avec un immense plaisir les personnages principaux, Erica et sa soeur Anna, qui va mal au début du roman, mais si je vous dis pourquoi vous saurez comment se termine pour elle, le tome précédent ("Le tailleur de pierre") que vous êtes peut-être en train de lire...

On retrouve bien sûr Patrick et sa dynamique équipe de policiers qui vient de voir arriver Hanna, une nouvelle recrue, en renfort...parce que la petite ville va être envahie provisoirement par l'équipe d'un jeu de télé-réalité et qu'il faut bien contenir toute cette jeunesse déchaînée et capable de tous types de débordements.

 

Erica et Patrick sont censés préparer leur mariage. Mais rien ne sera simple pour eux.

A la maison, Erica doit s'occuper des deux enfants d'Anna, car sa soeur nage en pleine dépression et de sa petite Maja qui grandie mais est encore un bébé.

Au boulot, Patrick se retrouve vite dépassé car il découvre que ce qui semblait n'être qu'un simple accident de la circulation est en fait un meurtre.

Marit, la conductrice du véhicule accidenté a été retrouvée avec un taux d'alcool hors norme (c'est ce qui l'a tué) alors qu'elle ne buvait jamais...

 

Est-ce un règlement de compte parce qu'elle est homosexuelle ?

Son ancien compagnon est-il impliqué ? 

 

Au fil des découvertes, les enquêteurs vont s'apercevoir que d'autres meurtres similaires ont eu lieu un peu partout dans le pays.

 

Puis quelques jours plus tard, c'est un autre cadavre qui est retrouvé dans une poubelle. La jeune fille, sans famille, était une des stars de la télé-réalité. 

 

L'équipe est -elle impliquée ? 

 

 

Encore une fois, l'auteur nous transporte dans son monde macabre tout en nous faisant la critique de la société suédoise : alcoolisme à outrance, rigidité et intolérance (en ce qui concerne l'homosexualité).

Elle nous plonge également dans le monde violent de la télé-réalité, son exhibitionnisme, ses excès et ses dérapages. 

 

Comme toujours, l'histoire est riche en rebondissement et nous tient en haleine jusqu'au bout.

Bon d'accord, c'est vrai...j'avais encore deviné qui était coupable mais pas ses motivations mais vous ne me ferez pas dire qui c'est (non, n'insistez pas !) et de toute façon, il faut lire le roman jusqu'au bout pour les comprendre.

 

Les chapitres consacrés aux préparatifs de mariage sont un bol d'oxygène dans ce monde de brutes. 

 

Pourtant l'intrigue est construite selon le schéma habituel que maintenant je commence à bien connaître : l'auteur alterne dans ses chapitres entre passé et présent, une voix off sème le trouble dans notre esprit pour trouver son explication...à la toute fin du livre.

 

Mais le lecteur ne s'en lasse pas ! 

Il s'attache même davantage aux personnages, au fur et à mesure qu'ils lui deviennent de plus en plus familiers.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste puisque, dans cet opus, le lecteur apprend à mieux connaître certains membres de l'équipe comme le commissaire Melberg, ou Annika et ce qu'elle cache aux autres... 

 

On regrette juste qu'Erika ne participe pas à l'enquête : elle est trop occupée par ses soucis domestiques, les préparatifs du mariage, les déboires d'Anna, les enfants et la petite Maja qui commence à marcher à quatre pattes. 

C'est juste qu'elle apportait ce "je ne sais quoi" de féminin, un petit plus en somme avec son humour bien à elle...

 

 

Étant donné que je lis les romans de Camilla Läckberg dans le désordre je ne pourrai pas vous résumer les trois tomes précédents...en détails mais, pour vous faire patienter, voilà un petit bilan de la série et les liens vers ceux que j'ai déjà lu.

 

Les autres, je les garde pour mes prochaines vacances !

 

- La princesse des glaces (2008)

- Le prédicateur (2009)

- Le tailleur de pierre (2009)

- L'oiseau de mauvaise augure (2010) celui que je vous présente aujourd'hui.

- L'enfant allemand (2011)

- La sirène (2012)

- Le gardien de phare (2013)

- La faiseuse d'anges (2014)

- Le dompteur de lions (à paraître en mai prochain)...

 

A noter : tous ces romans sont parus chez Actes Sud.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 08:58
Les âmes grises / Philippe Claudel

Relecture...

 

Ce roman a obtenu le Prix Renaudot 2003 et le Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2004.

Nous sommes en 1917, la Grande Guerre fait rage...

Ceux qui croyaient qu'elle ne durerait pas, déchantent.

 

Dans un petit bourg du nord-est de la France, situé près de la ville de V., juste assez près du front pour que les habitants entendent les obus, une petite fille de 10 ans est découverte morte :  elle a été étranglée. C'est la petite "Belle de jour" que tout le monde connaissait alentour, puisque son père tient "le Rébillon", le seul restaurant du bourg.

 

Vingt ans plus tard le narrateur, un policier qui a participé à l'enquête (ce qu'on ne saura que vers la fin du roman) et dont on ne saura jamais le nom, se souvient de cette terrible journée glaciale de décembre...

 

"Belle de jour" avait été retrouvée sur les berges du canal à deux pas de l'usine et du château, la demeure du procureur Destinat.

Le procureur y vivait seul depuis  de nombreuses années avec ses domestiques, depuis que sa toute jeune femme était prématurément décédée. 

 

Qui a fait le coup ? Le procureur Destnat, toujours triste et seul, qui a été aperçu avec la fillette la veille au soir ? Le juge Mierck, personnage dégoûtant et imbu de sa personne ? Un homme du village qui avait trop bu ? Un déserteur de passage, fuyant le front ? Un des ouvriers de l'usine ?

 

L'affaire ne sera jamais résolue et va soulever beaucoup d'interrogations...

 

 

Le narrateur se rémémore les différents événements, fouillant sa mémoire, tout en écrivant dans un petit carnet les témoignages des gens, les réactions du procureur, celles du juge, du maire, des commerçants, des gendarmes présents sur les lieux du drame, des gens du village et de tous ceux qui, de près ou de loin, ont tenu un rôle dans cette affaire.

 

Il nous décrit les lieux et les gens avec minutie et discrétion : l'usine en bordure du canal, construite fin XIXème avec ses logements ouvriers proches, les ouvriers qui sont heureux d'échapper à la mobilisation générale tout en culpabilisant de ne pas être partis, les soldats qui ne font que passer au village, pour se rendre au front ou qui en reviennent démolis de l'intérieur ou blessés et gémissants, les gens du village qui entendent les bruits de la guerre mais se sentent néanmoins éloignés de ce carnage parce qu'ils ont leurs propres souffrances, leurs secrets, leurs doutes...

 

Il se remémore aussi les conséquences que l'enquête a eu sur sa vie personnelle, et le drame qui l'a broyé à jamais, ainsi que le suicide de Lysia, la petite institutrice au sourire si doux, la mort du médecin qui a préféré se laisser mourir de faim plutôt que de se faire payer par ceux qui n'avaient pas d'argent, les tortures infligées par des hommes de justice aux deux déserteurs qui seront accusés à tort du meurtre. 

Ces morts-là prennent toute la place occultant ceux de la Grande Guerre toute proche.  Car la guerre est bien là, on l'entend, on parle d'elle mais on ne la voit jamais. Elle touche ceux qui sont au village... de l'extérieur. 

 

Le récit monte crescendo dans le drame, créant une tension qui ne se démentira jamais, au fur et à mesure que le narrateur dévoile peu à peu les secrets, enfouis au plus profond de lui toute sa vie ,et qui ne seront révélés en totalité au lecteur qu'à la toute fin de l'histoire...

 

C'est un récit bouleversant, alourdi par le poids du remords, des deuils, des innocents condamnés pour rien, et des accusations qui n'ont pu avoir lieu à l'encontre des bourgeois de la ville, faisant bloc par solidarité. 

 

Mais dans ce monde si particulier où tout est ambivalence, où la frontière entre le bien et le mal est floue, rien ni personne, n'est tout blanc ou tout noir...

Les âmes sont grises parce terriblement humaines...tout simplement d'où le titre du roman.

 

J'ai une fois de plus été plus que séduite par l'écriture de cet auteur, toute en finesse et  je ne regrette pas d'avoir choisi cette relecture...

Du roman a été tiré un film, sorti en 2005, que je n'ai jamais eu l'occasion de voir...

Voir le site officiel ICI.

 

Extraits 

 

"Ce n'est guère gros un corps de dix ans, qui plus est mouillé par une eau d'hiver...

Elle ressemblait à une princesse de conte aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel. Ses petites mains s'étaient fermées sur du vide." p.19

 

"La mort brutale prend les belles choses, mais les gardent en l'état. C'est là la vraie grandeur. On ne peut pas lutter contre." p.46

 

"Commencèrent ensuite des jours étranges. Il y avait toujours la guerre, et plus encore peut-être qu'à tout autre moment : les routes devenaient les sillons d'une interminable fourmilière qui se teignait de gris et de barbes harassées. Le bruit du canon avait fini par ne plus cesser, que ce fût la journée ou la nuit, et il ponctuait nos existences comme une horloge macabre qui brassait de sa grande aiguille les corps blessés et les vies mortes. Le pire est qu'on avait fini par ne presque plus l'entendre." p.70

 

"Pour essayer de comprendre les hommes, il faut creuser jusqu'aux racines. Il ne suffit pas de pousser le temps d'un coup d'épaule pour lui donner des airs avantageux : il faut le creuser dans ses fissures et lui faire rendre le pus. Se salir les mains. p.109

 

"Depuis, il n'y a pas un jour où je n'ai regretté ce baiser que je ne lui ai pas donné. "Bonne route..." m'a-t-elle dit. Ce furent là ses derniers mots. Et ce sont mes petits trésors. Je les ai encore dans l'oreille, intacts, et je les fais jouer chaque soir." p.145

 

"Je ne savais pas qu'on pouvait parler des fleurs. Je veux dire, je ne savais pas qu'on pouvait parler des hommes rien qu'en parlant de fleurs, sans jamais prononcer les mots d'homme, de destin, de mort, de fin et de perte. Je l'ai su ce soir-là". p.165

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 09:16
Des anglais si tranquilles / Nicole Collette

Je suis tombée par hasard sur ce petit polar en médiathèque et comme j'avais envie d'un roman facile et pas prise de tête du tout pour ce week-end pluvieux qui s'annonçait, j'ai eu envie de l'emprunter.

 

L'histoire se déroule en Normandie, près de la baie du Mont Saint Michel. Depuis des décennies des anglais sont venus s'installer là, de l'autre côté de la Manche et s'y sentent chez eux. Certains continuent à venir y passer une retraite bien méritée et les agents immobiliers se frottent les mains.

 

Mais alors que jusqu'à présent tout se passait bien entre les deux communautés, voilà qu'un premier incendie ravage une grange. De l'essence est repérée sur les lieux. Puis un second affecte un couple dont la femme est peintre. Là c'est plus grave car le compagnon est retrouvé mort dans sa voiture.

Il n'en faut pas plus pour mettre la région en émoi. Les enfants se chamaillent à l'école et l'instituteur ne sait plus comment régler les conflits. L'agressivité monte d'un cran au pub du coin, tenu par une anglaise.

 

Quelques jours avant, l'anglais mort dans l'incendie de la grange, était venu vendre des livres à Paul Ménard, le bouquiniste du village proche et celui-ci découvre à la fin de l'un d'entre eux, une page collée cachant trois noms écrits avec une telle rage que la plume a marqué le papier sur l'envers, le déchirant presque...

Paul se lance sans réfléchir dans une véritable enquête qui l'obligera à remonter jusqu'à la Guerre de Crimée.

Quel rapport y-a-t-il entre les événements de la Guerre de Crimée qui ont vu des milliers d'hommes périr de faim, et non pas au combat, et les incendies criminels touchant les anglais de la région ?

 

Pour le comprendre, le commissaire Morvan devra démêler les différents éléments en sa possession...

Mais les différents protagonistes lui disent-ils bien toute la vérité sur cette affaire ?

Paul Ménard va se décider à dévoiler ses sources, à ses risques et périls... 

 

Un polar un peu complexe au départ comme c'est souvent le cas dans les enquêtes policières, car chaque chapitre parle d'un événement et d'un personnage nouveau...Puis peu à peu le puzzle se met en place.

C'est un roman qui intéressera particulièrement les habitants de la région car ils connaissent sans nul doute les différents lieux traversés !

Il est facile à lire et le suspense est suffisant pour nous changer les idées.

C'est un bon polar pour les vacances...

Par contre je ne pense pas qu'il soit disponible à l'achat car il a déjà un certain âge et l'auteur n'est pas très connu.

Sans doute le trouverez-vous, comme moi en médiathèque ?

Nicole Collette a travaillé d'abord comme guide à Londres puis comme enseignante de français. Elle a ensuite traversé la manche pour venir enseigner l'anglais en France. 

 

Elle aime à dire qu'elle habite l'Anglonormandie, un pays imaginaire où il fait bon vivre. Elle vit dans la région de l'Avranchin, un petit pays normand au sud du département de la Manche, où se situe son livre et la ville d'Avranches, celle où vit le bouquiniste.

 

Ce polar est son unique roman connu, de ce côté-ci de la Manche. 

 

Elle est surtout connue dans la région pour ses articles dans divers journaux et ses conférences où elle aborde l'histoire de la venue des anglais en Normandie au XIXème siècle et leur intégration. 

 

Elle est l'auteur entre autres, de...

- "Un avranchinois peu ordinaire : le baron de Tonge" publié dans la Revue de l'Avranchin et du pays de Granville (mars 2014) mais aussi dans la revue anglaise "Middleton archeological "Society" et dont la maison a été détruite en 2013. 

- "Edouard  Le Hericher, un normand anglophile" paru dans la même revue en 2010. Edouard Le Héricher était un philologue et archéologue français, auteur de nombreux ouvrages. 

 

 

 

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 13:34
Du sang sur la glace / Jo Nesbo

En Norvège dans les années 70, Olav gagne sa vie en supprimant des gens : il est tueur à gages.

C'est un "expéditeur" efficace et discret qui fait ce qu'on lui demande de faire sans poser de questions inutiles.

On ne peut pas dire qu'il ait choisi son métier...Non c'est plutôt parce qu'il n'était ni doué pour les braquages, ni doué pour le proxénétisme, et parce qu'il ne savait pas compter, qu'il est devenu tueur à gage.

 

Mais lorsque Daniel Hoffmann, son "patron", un gangster sans scrupules qui dirige tous les trafics d'Oslo (de la drogue à la prostitution) lui demande d'expédier (entendez "tuer") Corina, sa jeune épouse uniquement parce qu'elle est infidèle, Olav n'y arrive pas...

Il tombe sous le(s) charme(s) de la jeune femme et change ses projets pour pouvoir la sauver !

 

Jusqu'à présent Olaf a connu peu de femmes. Il s'est attaché à Maria, une jeune fille sourde-muette qu'il protège et a sauvé des griffes d'un amant violent qui voulait la mettre sur le trottoir : elle travaille désormais dans une épicerie.

Le voilà donc dans une situation qui lui échappe, obligé d'installer chez lui Corina pour la cacher...

 

Mais la situation dégénère et s'aggrave un peu plus à chacune de ses actions.

D'autant plus que jusqu'à présent il n'a "expédié" que les hommes du "Pêcheur", le principal rival d'Hoffmann. Et que celui-ci commence à lui causer du souci...

 

Voilà je ne peux pas dévoiler davantage l'intrigue sous peine de trop en dire !

 

Mon avis

 

Je ne connaissais pas Jo Nesbo. J'avais entendu parler de lui depuis que je m'intéresse aux auteurs scandinaves parce que sa série de polars mettant en scène les aventures de Harry Hole l'a propulsé au devant de la scène médiatique européenne et américaine.

 

Dans ce one-shot aussi court qu'une nouvelle, qui sort donc des habituels romans en série de l'auteur, le lecteur se surprend à trouver sympathique Olaf, ce tueur à gages dyslexique, timide, philosophe à ses heures, qui tente de se cultiver en autodidacte mais interprète à sa façon ses lectures.

Il faut dire que l'auteur a choisi comme narrateur, Olaf en personne, ce qui rend ce polar à la fois drôle et cynique.

 

C'est un roman qui se lit d'une traite. Il est très court (154 p.) et les chapitres ne font que quelques pages. Il est si prenant que le lecteur n'a qu'une hâte... le terminer !

 

Actions présentes et souvenirs alternent, nous faisant entrer de plus en plus dans la vie intime du tueur.

 

De plus l'alternance entre la poésie de l'écriture d'une part et, la cruauté et la violence des actes d'autre part, crée une ambiance tout à fait particulière.

 

Et la fin nous surprend encore quand on réalise que l'auteur nous a promené de bout en bout !

 

 

Qui est l'auteur ?

 

Jo Nesbo est un écrivain norvégien de romans policiers, né en 1960 à Oslo. Il a d'abord été journaliste économique puis s'est dirigé vers la musique avec le groupe de pop Di Derre, l'un des plus célèbres en Norvège de 1993 à 1998.

Son premier roman, le premier tome des aventures de Harry Hole, intitulé "L'Homme chauve-souris", sorti en 1997, a tout de suite remporté un vif succès. Il a obtenu l'année suivante le prix du meilleur roman policier scandinave de l'année.

Depuis le succès a toujours été au rendez-vous.

 

 

 

Extraits

 

"La neige dansait comme du coton dans la lumière du réverbère. Sans direction, sans savoir si elle voulait monter ou descendre, elle se laissait simplement guider par ce foutu vent glacial qui venait des grandes ténèbres du fjord d'Oslo. Ils tourbillonnaient ensemble, le vent et la neige, tournaient et tournaient sur les quais, dans le noir, entre les hangars fermés pour la nuit. Jusqu'à ce que le vent se lasse et laisse sa partenaire de danse tout contre le mur. Mur où la neige sèche, soufflée de part en part, s'était agrégée sous les chaussures de l'homme dans la poitrine et la gorge duquel je venais de tirer." (p. 7)

 

 

"Donc. En résumé, nous pouvons formuler les choses ainsi : je n’arrive pas à rouler lentement, je suis soft comme du beurre, je tombe bien trop facilement amoureux, je perds la tête quand je suis furieux, et je suis mauvais en maths. J’ai lu un ou deux trucs, mais j’en sais bien peu et en tout cas pas le genre de choses qui peuvent être utiles. Et j’écris plus lentement que ne se forme une stalactite.

Alors à quoi diable un homme comme Daniel Hoffmann pouvait-il employer un homme comme moi ?

La réponse est –comme vous l’aviez peut-être déjà déduit– expéditeur." (p. 14)

 

 

"Je me sentais comme un gars qui est assis à une table de poker avec quatre mauvais perdants lourdement armés et naturellement suspicieux. Et on venait de me distribuer une main de quatre as. Parfois, les bonnes nouvelles sont si invraisemblablement bonnes qu'elles sont mauvaises.
OK, ici, un joueur de poker intelligent aurait sans doute jeté les cartes, assumé cette défaite surmontable en espérant avoir plus de chance – et une chance plus adéquate – au prochain tour. Mon problème était qu'il était trop tard pour se coucher. Que je m'en charge ou que ce soit quelqu'un d'autre, je saurais que Hoffmann se tenait derrière l'ass
assinat de sa propre épouse." (p.21)

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 07:27
L'enfant allemand / Camilla Läckberg

Après "La princesse des glaces" (que j'ai lu récemment), puis "le prédicateur", "le tailleur de pierre" et "l'oiseau de mauvaise augure" que je n'ai pas encore lu, l'auteur nous donne ici un 5ème roman dans la veine des précédents. Comme à son habitude elle mêle saga familiale, étude psychologique des personnages, réalisme des scènes et enquête...

 

Etant donné que je lis ses romans dans le désordre, j'ai quelques difficultés à suivre les événements de la vie familiale pendant quelques pages. Mais comme l'auteur nous les rappelle cela ne pose aucun problème pour comprendre la suite !

 

Le lecteur retrouve le couple mythique de la série, formé par Erica Falck et l'inspecteur Patrick Hedström, qui viennent de se marier et ont maintenant une petite fille. Le lecteur entre dans la vie intime de la famille et le cercle privé des amis. Il retrouve aussi l'équipe du commissariat de Fjallbacka avec plaisir.

 

Pas de dépaysement donc...

 

Cette fois l'auteur nous amène au coeur de la Seconde Guerre mondiale dans une Suède neutre,  en marge de la guerre, mais qui vivra cependant au rythme de l'occupation de ses pays voisins.

 

L'histoire

 

Tandis qu'Erica continue ses rangements dans la maison familiale, elle découvre au grenier une petite brassière de bébé tachée de sang entourant trois petits carnets à la couverture bleue : il s'agit du journal intime de sa mère, alors adolescente.

A côté des carnets,  elle trouve une mystérieuse médaille, gravée d'une croix gamée.

Pourquoi sa mère a-t-elle gardé ces objets ? Que représentaient-ils pour elle ?

Erica, pour en savoir plus, confie donc la médaille à un vieux professeur d'histoire qui est spécialisé dans cette période.

 

Après beaucoup d'hésitation, et mille prétextes pour ne pas le faire, elle entreprend finalement la lecture des carnets. Le résultat est plutôt décevant car ceux-ci s'interrompent bizarrement brutalement en juin 1944 et elle n'en apprend pas vraiment plus sur sa mère pour l'instant...

 

Pendant ce temps, Patrick fait ses débuts en matière de baby-sitting puisqu'il a pris un congé parental, faisant suite à celui d''Erica qui s'est occupée pendant un an de Maja, leur petite fille.

 

C'est très dur pour lui de se tenir loin du commissariat...et il ne peut s'empêcher de rester au courant de la dernière affaire en date : un assassinat.

Le corps d'un homme âgé a en effet été retrouvé deux mois après le meurtre, par deux jeunes ados entrés par effraction dans sa maison, pour découvrir les objets de la collection privé de cet homme, un passionné d'histoire de la Seconde guerre mondiale.

 

Vous l'avez deviné : il s'agit du professeur d'histoire à qui Erica a confié la médaille de sa mère !

 

Dès lors nos deux protagonistes vont plonger dans le passé pour découvrir le lien entre les deux histoires.

Passé et présent se mêlent...

 

Erica découvrira que pendant la guerre, Elsy, sa mère, était une toute jeune fille, belle et pétillante...entourée de jeunes hommes qui l'adoraient.

 

Comment a-t-elle pu devenir une mère si froide et rigide ?

 

Quels événements tragiques  a-t-elle vécu ?

 

Pourquoi ces secrets ont-ils été enfouis pendant plus de 60 ans ?

 

 

Mon avis

 

 

Encore une fois, j'ai plongé dans un roman de Camilla Läkberg avec délice et sans aucune culpabilité...C'est beaucoup mieux que la télé !

 

L'intrigue est toujours bien construite. La technique bien rodée, des flash-back entre présent et passé, fonctionne bien.

La plongée dans les problèmes familiaux fait juste "languir un peu plus le lecteur" bien que j'ai trouvé quelques petites longueurs autour de ce sujet.

 

Dans ce roman, l'auteur ajoute des éléments historiques sur la Suède durant la Seconde Guerre Mondiale et  sur son implication dans le conflit.

Des réseaux de résistance aux camps de concentration, en passant par la vie quotidienne dans les prisons et l'action des groupes néo-nazis (hier et aujourd'hui), le lecteur se trouve confronté à la sombre réalité de l'Histoire.

 

Les relations humaines et surtout familiales sont bien explorées...

 

Même si les codes d'écriture de l'auteur me sont de plus en plus familiers, il faut admettre qu'elle sait distiller à merveille les infos, juste ce qu'il faut pour nous tenir en haleine jusqu'au bout, jouer entre le passé et le présent, nous faire rire des personnages et passer de l'amusement au drame.

Bon Ok, j'admets que j'ai deviné une partie de l'histoire bien avant le dénouement final : certaines coïncidences sont trop évidentes et le lecteur est capable de déduction !

 

C'est néanmoins, un bon polar qui permet de se détendre vraiment dans une ambiance sympa où l'amour et l'amitié sont omniprésentes rendant les personnages beaucoup plus proches de nous.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 08:10
La Princesse des glaces / Camilla Läckberg

Ce roman policier de la célèbre auteure suédoise est paru en France en 2008 et plus récemment en poche.

Il a obtenu en 2008 Le Grand Prix de Littérature Policière (catégorie Roman Etranger) et le Prix Polar international.

L'histoire se passe en Suède, à Fjällbacka, une petite ville paisible de la côte ouest.

 

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies est partie faire une petite promenade car elle n'arrive pas à se concentrer sur son travail d'écriture.

Elle vient de perdre subitement ses parents et s'est installée dans leur maison le temps de faire un peu de tri dans leurs affaires ce qui n'arrange pas son moral.

Elle se sent seule et déprimée.

 

Alors qu'elle marche dans le quartier de son enfance, elle entend crier Eilert Berg, un pêcheur du village qu'elle connaît bien et qui fait l'entretien de maisons durant l'absence de leur propriétaire.

 

Elle le suit et découvre dans une maison où elle n'était plus rentrée depuis très longtemps, le cadavre d'une amie d'enfance qu'elle n'avait pas revue depuis l'année de ses 12 ans. Il s'agit d'Alexandra Wijkner. Ses poignets ont été tailladés. Elle repose nue, dans sa baignoire d'eau gelée (d'où le titre du roman).

 

Alexandra et sa famille avaient subitement quitté la ville sans lui dire au revoir. Depuis, Erica ignorait ce qu'elle était devenue...

 

Suicide ou meurtre ?

 

Les parents d'Alexandra ne croient pas au suicide et son mari, un homme d’affaire très riche est totalement perdu.

 

Pourquoi la belle et talentueuse Alexandra aurait-elle voulu mourir ?

 

L'autopsie révèle que la jeune femme est morte depuis près d'une semaine. Avant que quelqu'un lui ouvre les veines, elle a été fortement droguée. De plus elle était enceinte de trois mois...

 

Impliquée malgré elle dans l'enquête, car la mère d'Alexandra lui a demandé d'écrire une nécrologie, Erica écarte rapidement la thèse du suicide. L'inspecteur Patrik Hedström, l'ami d'enfance d'Erica, est chargé de l'enquête et la rejoint sur ce point (et bien d'autres points, soit dit en passant...).

 

Peu de temps après, le corps d'un peintre local, marginal et alcoolique, est retrouvé.

Il s'est apparemment pendu mais le tabouret est trop loin de lui.

Suicide ou nouvel assassinat ?

 

Apparemment Alexandra et lui, malgré leurs différences se fréquentaient...

 

Entretenaient-ils une relation sexuelle, comme une rumeur l'atteste ou leur seul lien était-il l'art ?

 

Est-ce lui le père de l'enfant qu'Alexandra attendait ?

 

Jour après jour, de nombreux secrets vont refaire surface pour éclairer l'enquête et faire éclater la vérité. La petite ville cache bien des secrets, enfouis depuis des années et bien conservés par tout le monde, surtout dans l'intérêt de la famille la plus riche de la ville...

 

Angoissée par ses problèmes familiaux, Erica, qui ne supporte pas l'idée que sa soeur veuille vendre la maison de ses parents, se réfugie dans l'enquête et laisse place à sa curiosité naturelle tout en décidant d'écrire un roman...policier !

 

Sans le vouloir, elle va considérablement aider Patrick à résoudre l'affaire tout en tombant peu à peu amoureuse de lui, qui l'aime depuis leur adolescence...

 

 

Mon avis

 

C'est le second roman de l'auteure que je lis et je suis conquise. C'est un roman agréable qui se lit rapidement. Et je n'ai qu'une envie, c'est de lire les autres...

 

Il s'agit du premier de la série des enquêtes menées par Erica et Patrick et du début de leur histoire d'amour.

On retrouve déjà la tendance de l'auteure de mêler vie familiale, affaires de coeur et enquête policière ce qui donne une ambiance particulière au polar. Le récit alterne entre légèreté et drame.

Les amateurs de polars purs et durs n'apprécieront pas. Mais moi j'aime bien : c'est un bon polar pour les vacances !

 

L'auteure sait à merveille manier les rebondissements pour maintenir le suspense à un niveau élevé jusqu'à la fin. Impossible d'imaginer qui est le coupable !

 

Le cadre agréable de la petite ville balnéaire  crée un dépaysement tout à fait plaisant.

 

De plus, l'auteure a une façon bien à elle de croquer ses personnages. Le regard sans concession qu'elle porte sur la petite communauté, tranquille en surface mais beaucoup plus sombre qu'on ne le pense, démontre (déjà) le savoir-faire d'un grand auteur...

J'avais  découvert cet auteure récemment en empruntant à la médiathèque son roman intitulé : La faiseuse d'anges.

 

"La Princesse des glaces" est le premier volume des aventures d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. Il est toujours sur les listes des meilleures ventes en France depuis sa sortie. Il était temps que je le lise...

 

Depuis, six autres romans de la même série sont parus !

Après "La Princesse des glaces" sont sortis : "Le Prédicateur", "Le Tailleur de pierre", "L’Oiseau de mauvais augure", "L’Enfant allemand", "La Sirène", et enfin "La Faiseuse d’anges," septième volet de la série et dernier traduit en français. Je ne sais pas si d'autres sont attendus.

 

J'ai donc lu le premier et le dernier, il ne me reste plus qu'à lire ceux qui sont situés au milieu !!

 

 

La Princesse des glaces / Camilla Läckberg

 

 

Ce roman  a été adapté en BD en 2014, chez Casterman. Léonie Bischoff et Olivier Bocquet ont transposé avec fidélité, l'histoire de ce premier opus.

 

L'ambiance du roman est bien rendue et les fans vont adorer !

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:38
Ne lâche pas ma main / Michel Bussi

Martial et Liane forment un couple de touristes comme les autres.

Ils profitent paisiblement de leurs vacances sur l'île de La Réunion, se font bronzer près de la piscine de l'hôtel tout en s'occupant de Sofa, leur petite fille de 6 ans.

 

Un après-midi, Liane monte dans leur chambre et ne redescend plus.

Le soir, lorsque Martial donne l'alerte, du sang est retrouvé dans la chambre. La femme de ménage affirme ne pas avoir vu Liane, ressortir  : pourtant elle a bel et bien disparue.

 

Aussitôt son mari, Martial, devient le coupable idéal.

De plus, au moment où les policiers viennent pour l'arrêter, pris de panique,  il prend la fuite avec Sofa.

 

Est-ce un aveu ?

 

Une course-poursuite halletante débute alors sur l'île...

Martial réussit à se faufiler à travers les mailles du filet : il connaît l'île comme sa poche.

Mais la situation se complique car, à chacune de ses étapes,  un nouveau cadavre est retrouvé.

Les policiers n'ont pas de temps à perdre : ils sont convaincus d'avoir affaire à un tueur en série et mettent tout en oeuvre pour sauver la petite Sofa et la sortir rapidement des griffes de son père...

 

Mais êtes-vous bien sûrs que ce soit lui le coupable ?

 

Et s'il cherchait tout simplement à protéger ceux qu'il aime, de son propre passé ?

 

 

Mon  avis

 

L'histoire se passe sur l'ïle de la Réunion.

L'auteur est malin : il délocalise ses différentes intrigues pour créer le plus grand dépaysement possible chez ses lecteurs. 

Les lecteurs voyagent avec lui, s'imaginent au volant d'une voiture de location sur la route du littoral, humant les senteurs de la mer, des fleurs ou des arbres fruitiers, se frottant les yeux à cause de la poussière de cendres du volcan, sirotant un peu de rhum charrette près de la piscine ou encore se baignant dans le lagon turquoise (loin des requins de préférence).

 

Ce qui est très prenant, ce sont les chapitres où se fait entendre la petite voix de Sofa : elle cherche à comprendre où est sa mère, si son papa est coupable, pourquoi il l'emmène si loin de l'autre côté de l'île, et aussi pourquoi il lui recommande de ne pas parler fort, et surtout de ne pas lâcher sa main...

 

C'est un roman qui se lit très vite : le suspense est toujours bien présent, les détails sur les avancées de l'enquête sont semés au compte-goutte et on entre peu à peu dans la vie privée des personnages...mais j'avoue avoir deviné, bien avant le dénouement, qui était le véritable coupable.

 

On retrouve toujours l'humour de l'auteur qui joue avec les mots, sa capacité à nous mener par le bout du nez, à nous faire vivre des moments tragiques pour mieux nous rassurer quelques chapitres plus loin !

 

C'est donc un bon polar, distrayant et facile à lire, qui fait passer un bon moment...mais je le trouve un peu en dessous de Gravé dans le sable et d'Un avion sans elle.

 

Je vais faire un break "Bussi"en attendant d'emprunter "Nymphéas noirs" à la médiathèque :  je vais me replonger dans d'autres auteurs de polars connus ou pas, juste pour changer un peu !

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 08:12
Le dernier Lapon / Olivier Truc

Sorti en 2012, ce roman policier qui se passe (vous l'aurez deviné) en Laponie est toujours resté depuis cette date dans ma liste de livres en attente...

Ce titre a fait parti des "10 meilleurs polars à lire" sélectionnés en 2013 par le magazine LIRE. Il était temps que je le lise et les vacances sont faites pour ça aussi...prendre le temps de se plonger dans d'autres lectures.

 

Le roman commence par la traque subie par un lapon dénommé Aslak en 1693. Celui-ci a juste le temps de cacher un objet avant d'être fait prisonnier et brûlé vif.

 

Des décennies après, en l'an 2000, le lecteur se retrouve en Laponie, le jour précis où le soleil réapparaît à l'horizon quelques instants, mettant fin à la nuit polaire.

Klemet Nango, appartenant à la police des rennes, une police transfrontalière chargée de surveiller le respect des règles de cohabitation entre les éleveurs de troupeaux, attend cet instant où il va enfin redevenir un homme (puisqu'il pourra voir son ombre).

 

Mais dans la petite ville de Kautokeino, capitale de la Laponie centrale, deux événements vont venir perturber la quiétude de ces instants précieux...

 

Un mystérieux tambour traditionnel saami, utilisé par les chamans, est volé en pleine nuit dans son emballage d'expédition, en plein coeur du Musée de la ville, alors qu'il devait être exposé quelques jours plus tard.

C'est  Henry Mons, un français ayant participé à une expédition en 1939, en compagnie de Paul-Emile Victor, qui en a fait don à la ville.

Le lendemain, un éleveur de Rennes, Mattis Labba, fils et petit-fils de chaman, est retrouvé mort assassiné près de son gumpi (c'est l'habitation en bois des éleveurs de rennes). Ses deux oreilles ont été tranchées post-mortem et son scooter a été brûlé.

 

Chargé de l'enquête, Klemet Nango et  Nina Nansen, sa nouvelle coéquipière, toute nouvelle dans le métier, vont devoir s'atteler à la tâche et aller interroger tous les éleveurs. Ils ne tarderont pas à découvrir les nombreux confits  sous-jacents qui perdurent entre eux, parfois depuis plusieurs générations.

 

Cependant tous deux écartent assez vite le simple règlement de compte sanglant entre éleveurs et Nina sent intuitivement que le vol du tambour et le meurtre de Mattis, sont liés.

 

Peu après les deux policiers vont découvrir l'existence de l'expédition de 1939 durant laquelle certains membres ont mystérieusement disparu.

Ils apprennent le rôle joué au XVIII° siècle par les fondementalistes protestants laestadiens dans la destruction systématique des tambours saamis.

Ils découvrent aussi que certains indépendantistes saami auraient pu voler le tambour, tout simplement pour faire parler d’eux.

Et qu'en est-il de cette légende saami autour d'une mystérieuse mine d'or...

De quoi occuper leurs journées et leurs nuits !

 

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de Paul-Emile Victor ?

Pourquoi, l’un des guides a-t-il donné le tambour à Henry Mons avant de disparaître ?

Ce tambour traditionnel contient-il un message ?

Que vient faire ici Racagnal,  ce géologue français qui s'intéresse d'un peu trop près aux toutes jeunes filles ?

Quel rôle joue le mystérieux Aslak dans toute cette affaire ?

 

 

Mon avis

 

L'auteur réussit parfaitement à nous plonger dans l'ambiance arctique.

Pour moi qui aie eu la chance de connaître le Grand Nord canadien en été, lorsque j'étais étudiante, cela a été l'occasion de revivre de façon étrange, ce sentiment puissant et indescriptible de ne faire qu'un avec la nature, sentiment que j'avais ressenti alors devant les paysages sauvages et magnifiques, tout en marchant dans la toundra.

Je n'ai eu aucun mal à imaginer les rennes en train de brouter du lichen au milieu des grandes étendues désertiques, ni les tenues bariolés des lapons en route vers leurs familles,  bien installés sur leur scooter des neiges ou tout simplement au chaud dans leurs petites maisons...en train de boire du café.

 

Dans ce pays où les saamis luttent pour maintenir leurs traditions ancestrales, pris en conflit entre la modernité et leur culture, la vie quotidienne n'a rien d'un long fleuve tranquille et la mort guette à chaque instant : le froid intense, la panne de scooter, les animaux sauvages, le blizzard peuvent en un instant faire basculer une vie.

 

L'auteur dresse le portrait précis de toute une panoplie de personnages.

Klemet, le vieux célibataire qui n’a jamais su s’y prendre avec les filles, est un policier efficace qui avance pas à pas (preuve après preuve) dans l'enquête, en prenant son temps.

Nina Nansen, la jeune coéquipière sortie tout juste de l'école d'Oslo prend à coeur la cause des femmes laponnes, violées et méprisées par de nombreux suédois. Elle est réaliste et très intuitive. Les femmes sont rares dans la police et elle est promise à un bel avenir. Mais cela ne modifie en rien son comportement exemplaire.

Aslak, le mystérieux éleveur de rennes dont la femme est devenue folle suite à un viol, vit retranché du monde et fuit le modernisme. Mais il reste un homme très respecté par le peuple saami car tout le monde l'admire.

 

Et puis il y a ceux qui adhèrent à la cause de l'extrême droite, ceux qui se battent pour la reconnaissance de leur identité, Brattsen, le policier ripou manipulé par le vieil Olsen, le géologue Racagnal, expert dans son domaine mais pédophile fasciné par les très jeunes filles...

 

J'ai découvert que le peuple saami avait été persécuté par les pasteurs protestants qui voulaient imposer leur religion.  C'est une partie de l'histoire de l'Europe que j'ignorai (ou avait oublié si ces événéments m'ont été enseignés à l'école). Je savais par contre que ce peuple était le dernier peuple indigène d'Europe.

Pour en savoir plus sur la religion saami et l'usage des tambours magiques, vous pouvez consulter l'article de Wikipedia ICI.

 

C'est avec succès que l'auteur, journaliste, correspon­dant à Stockholm du journal Le Monde et du Point, se risque à l'écriture d'un roman ethnologique très bien documenté.

C'est un roman très prenant qui plonge le lecteur dans les traditions ancestrales des lapons sur fond de tambours chamaniques, de joïks (ces chants traditionnels chantés "a cappella" qui délivrent un message) et de légendes.

Le lecteur  découvre les difficultés de vivre du peuple saami depuis la colonisation de leur territoire par les suédois, les finlandais et les norvégiens, qui ont pillé les ressources natuelles et provoqué de nombreux problèmes politiques et sociaux...

 

Un roman à lire absolument !

 

Pour en savoir plus sur l'auteur et son livre, lire l'interview ci-dessous réalisée par le blog "Retour du monde".

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 17:37
Maman a tort / Michel Bussi

Voilà ! J'ai décidé de lire le plus possible de romans de Michel Bussi d'ici la fin de l'été. Il fait chaud et on passe les journées au frais, derrière les volets clos, dès 10 heures du matin.

Ses romans sont faciles à lire et très prenants. Difficile de lâcher celui que je commence, du coup j'arrive à m'abstraire du monde extérieur et c'est la détente assurée sans prise de tête !

Je lis, soit le matin très tôt, soit au moment de la sieste (des autres !)...

 

 

Une nouvelle fois avec "Maman a tort", son dixième roman sorti ce printemps (vous le savez maintenant j'ai toujours un temps de retard car je ne suis pas "sponsorisée"...), Michel Bussi nous dévoile son talent de narrateur hors pair. Il nous emmène encore une fois sur des (fausses) pistes surprenantes, loin de celles que le lecteur avait imaginées...

 

Malone, le héros du roman, est un petit bout de chou de trois ans et demi à peine qui ne lâche jamais bien longtemps son doudou, surnommé Gouti.

 

Mais lorsque la maîtresse, inquiète de ce qu'il raconte, le confie à Vasile Dragonman, le psychologue scolaire, celui-ci est surpris des confidences de l'enfant. A en croire Malone, Gouti lui parlerait tous les soirs... et sa maman-Da ne serait pas sa vraie maman, ni son papa-Di son vrai papa !

De plus, malgré le fait que cet enfant est en avance pour son âge, il raconte avec beaucoup de précision sa vie d'avant, avec sa vraie maman, lorsqu'ils habitaient près de la mer, du château et du bateau de pirate. Il affirme aussi avoir vu des fusées.

Est-il simplement un petit garçon à l'imagination débordante ?

 

Non, pense le psy, qui est étonné que le discours du petit Malone ne varie jamais et ne s'enrichisse pas au fur et à mesure de son discours, de nouveaux éléments imaginés en cours de route, comme le font les autres enfants de son âge...

 

Devant l'incompréhension de son entourage, Vasile Dragonman décide de confier ses inquiétudes à la police et contacte le service de Marianne Augresse.

Mais celle-ci, malgré le charme évident du jeune psy, a bien d'autres urgences. Elle et son équipe sont sur la piste de Timo Soler, un dangereux braqueur, un des responsables du braquage d'une bijouterie de Deauville, durant lequel deux jeunes complices ont trouvé la mort, et deux autres se sont enfuis. Timo Soler, qui vient de refaire surface, a été gravement blessé. Il souffre toujours de sa blessure et vient de contacter un médecin.

 

Le jeune psy arrive à convaincre Marianne de l'aider à prouver la véracité des  propos du petit Malone. Il y a urgence en effet car, vu le jeune âge du petit garçon, Vasile a très peur que ses souvenirs ne s'effacent à jamais et qu'on ne puisse plus retrouver ses vrais parents, s'ils existent.

 

Sans trop y croire, Marianne Augresse met alors sur le coup, son jeune stagiaire...

 

Mais un soir près d'une falaise, Vasile Dragonman est retrouvé mort, enfin ce qu'il en reste, car il a été brûlé vif. Aucune trace d'accident : il s'agit bien d'un assassinat.

 

Cette fois la commissaire ne met plus ses paroles en doute...

Tout le commissariat est consigné jusqu'à la résolution des deux affaires !

Mais ce que dont ne se doute pas un seul instant Marianne Augresse, c'est que sa vie personnelle et ses affaires en cours sont intimement liées...

Elle consacre alors tout son temps à l'enquête, négligeant son amie Angie qui pourtant a besoin d'elle.

 

Pas moins de 20 questions restent encore sans réponses et parmi elles, deux questions essentielles dont on n'aura la réponse qu'à la toute fin du roman...

 

Qui est véritablement le petit Malone ?

Qui sont ses vrais parents ?

 

 

Mon avis

 

Encore un suspense, riche en nombreux rebondissements, qui vous tiendra en haleine jusqu'au dernier chapitre.

 

La toile de fond de l'histoire est une région socialement désertée, des petits villages où les jeunes s'ennuient et où le chômage est bien présent.

 

La construction du roman est encore une fois très originale.

Le roman débute dans un aéroport (celui du Havre), une maman et son petit garçon sont sur le point de prendre l'avion : la situation crée le mystère. On retrouvera les "mêmes" personnages vers la fin du roman, vivant la même situation, éclairée par tout ce qu'on a appris en cours de route et alors que la plupart des questions ont trouvé des réponses. Eh oui vous allez encore émettre des hypothèses erronées !

Ensuite bien sûr on plonge dans le passé en fait, dans les quelques  jours précédents le départ...

 

Le roman est divisé en trois parties présentant les principaux personnages féminins de l'histoire et le narrateur change d'un chapitre à l'autre.

Lorsque c'est Malone qui parle, le lecteur se repère immédiatement car il marque le temps comme un petit garçon qui ne sait pas encore lire l'heure (vous verrez comment) ou bien il se repère dans les jours de la semaine selon son calendrier à lui (vous verrez lequel)...

 

Le texte est entrecoupé par les histoires que Gouti, le doudou, raconte le soir à Malone...Il faut entrer dans le jeu de l'auteur et les lire jusqu'au bout : vous verrez, elles ont leur importance.

 

Beaucoup d'humour aussi avec, pour alléger le texte, des anecdotes en début de chapitre qui sont des extraits d'un site internet (factice) intitulé "www.envie-de-tuer.com".

L'humour de l'auteur se retrouve aussi dans les noms donnés aux personnages. On se croirait dans un conte pour enfant...mais comme toute l'histoire tourne autour de Malone, c'est plutôt marrant.

 

Pour donner un peu de légèreté supplémentaire à son roman, il décrit les femmes d'une manière très amusante.

La commandante Augresse par exemple est à la recherche urgente d'un homme pour faire un enfant (elle a presque 40 ans) et cela devient vraiment une véritable obsession : elle reluque tous les culs qui passent, fantasment sur ses jeunes collègues et passent ses soirées entre filles à ne parler que des hommes.

 

C'est vrai que cela peut paraître un peu lourd par moment, mais ça permet de relâcher la pression...et vous verrez là aussi, rien n'est laissé au hasard, cela a une importance dans l'histoire.

 

Et puis ce que je voudrai dire, c'est qu'il faudrait que certains internautes arrêtent un peu de critiquer les romans légers, au suspense garanti, qui ne sont pas forcément des grands textes littéraires mais qui sont néanmoins bien écrits et bien construits : s'ils sont lus et aimés par d'autres lecteurs, c'est tout simplement parce qu'ils permettent une vrai détente et que pendant la lecture on ne peut penser à rien d'autre. (Attention cependant, surveillez quand même vos enfants !).

Hé oui on lit aussi pour se distraire, vous en doutiez !

Mais là où les critiques sont injustes, c'est que, dans chaque roman de Bussi, on apprend aussi toujours quelque chose.

Dans "Maman a tort", avouez-le, si vous n'avez jamais fait d'études de psychologie, et même si vous avez des enfants, vous avez appris pas mal de chose sur la mise en place de la mémoire et des souvenirs d'enfance. Intéressant. Non ?

 

C'est encore un roman machiavélique : certaines personnes sont manipulées par d'autres (non ! n'insistez pas je ne citerai pas les noms !). D'autres personnes gardent dans leur coeur des secrets inavouables...


Si vous voulez en savoir plus, prenez une heure de votre temps pour écouter l'interview de l'auteur lors d'une rencontre animée par Julie Malaure, journaliste au Point, autour de son dernier roman...

Rencontre autour de son dernier livre en direct sur Youtube.

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