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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 06:00
Dargaud, 2015

Dargaud, 2015

Il a un truc en travers de la gargagnole, ton paternel. Quelque chose qu'est pas passé. Quand il était petiot c'était un amour, et puis, à l'adolescence, c'est devenu une sorte d'Attila en baskets.

 

Le tome 3 commence bien mal pour notre petit groupe de sexagénaires et leur entourage...

Mimile et Antoine gardent Juliette lorsque des pluies torrentielles s'abattent  sur le village.  La maison de Sophie prend l'eau, et la rivière en contrebas du village déborde, provoquant l'inondation d'un lotissement et de nombreux embouteillages. Voilà qu'en plus Sophie, qui revient d'un spectacle de marionnettes, tarde à rentrer...

 

Tandis qu'Antoine va porter secours, en râlant, à Berthe, la vieille folle des ravines, dont les bêtes risquent de se noyer, Mimile fait un malaise laissant la petite Juliette seule dans la maison, en train de s'égosiller dans sa chambre. 

 

Pendant ce temps à Paris, Pierrot se retrouve en garde à vue, suite à une manifestation. Le problème est qu'il est déguisé en abeille...

C'est alors que Sophie rentre chez elle, après moultes  péripéties, que je ne vous raconterai pas et elle trouve Juliette endormie d'épuisement...et surtout Mimile par terre. Il ne lui reste plus qu'à appeler le SAMU.  

 

Tu commences à me courir sur l'endive, à toujours poser des questions sur la préhistoire ! T'es marionnettiste ou archéologue ?
Tu ferais mieux de t'occuper de l'avenir !

 

Avec ce tome 3, la pression monte d'un cran pour nos trois compères ! 

Cette fois, c'est autour de Mimile d'être au centre du récit...

Le lecteur va enfin apprendre pourquoi il a tout quitté subitement en 1955, y compris son équipe de rugby, pour partir en Australie et devenir un baroudeur, et même un chasseur de trésors à ses heures.

Il faudra d'abord attendre qu'il sorte de son coma pour l'écouter nous raconter son histoire et savoir comment il a rencontré  le vieil Errol qui le cherche partout.

 

Dans ce tome-là, les auteurs font ressortir de vieilles querelles de village, des actes dont les trois compères ne sont pas très fiers et sur lesquels ils osent enfin porter un regard critique. Bien qu'ils soient souvent de mauvaise foi, il faut le reconnaître, cela leur arrive d'avoir des regrets...Et puis, vu qu'eux-même sont loin d'avoir été irréprochables, ils feraient mieux de garder leurs conseils pour eux !

 

Il y a donc un peu moins d'humour et davantage de gravité dans ce troisième tome mais il est aussi beaucoup plus riche en émotions et en humanité.

Les dialogues sont toujours aussi pimentés mais sous la rigolade, c'est du sérieux et on parle d'actualité : la délocalisation, le chômage, la protection des abeilles,...mais aussi la solitude de la vieillesse et ses dérives, les erreurs de jeunesse et les conflits entre génération.

Les dessins pleins de vie et fourmillant de détails, ne pourront que vous combler et puis, ce qui est délicieux, c'est que tout le monde en prend pour son grade ! 

Difficile de résister donc et de ne pas attendre avec impatience la sortie du tome 4 en novembre prochain...

 

Politiquement, ton grand-père, il dit que des âneries du matin au soir! Alors l’hiver, encore, ça va, les journées sont courtes...

Si les abeilles pouvaient se défendre toutes seules...

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 06:00
Dargaud 2014

Dargaud 2014

L'anarchie c'est pas le bordel, mon cher ! C'est l'ordre, moins le pouvoir, nuance.

 

Dans le premier tome, présenté hier sur ce blog, nous avions fait la connaissance de nos "vieux fourneaux". Et c'est en particulier Antoine qui était mis à l'honneur. Nous avions aussi rencontré Sophie, sa petite-fille qui, rappelez-vous, attendait un bébé.

 

Dans ce tome 2...

Sophie a mis au monde une petite Juliette avec qui elle refait le monde.

Encore une fois un secret va surgir dans la vie d'un de nos protagonistes et le replonger dans son passé et, les vieux amis vont tenter de l'aider, pour éclairer les événements d'un regard neuf.

C'est maintenant au tour de Pierrot d'être mis à l'honneur. On va en apprendre davantage sur lui et mieux comprendre sa personnalité et son engagement militant.

 

Mais qui a bien pu envoyer tout cet argent à Pierrot à destination de son collectif anarchiste "Ni yeux, ni maître"  ?

Vous, lecteur vous le saurez dès les premières pages (et si je vous le dis vous allez découvrir la fin du tome précédent) mais lui, n'en sait rien et n'en parle à personne, car, il est persuadé qu'il s'agit de son amour de jeunesse, Ann Bonny, qui refait surface et dont il n'avait plus jamais eu de nouvelles.

Mais la personne qui est derrière cet envoi,  n'est pas celle qu'il croit... La lettre envoyée avec les billets, a bien été signée, Ann Bonny, parce que c'est le nom d'une femme pirate célèbre. La personne ignorait tout simplement qu'Ann Bonny avait réellement existé dans la vie de Pierrot, et que c'était le surnom de celle qu'il avait aimé, et qu'il avait attendu des années durant.

Pierrot en est tout chamboulé et ses souvenirs reviennent le hanter.

C'est l'occasion pour le lecteur de plonger dans les années 60 où il se retrouve à Paris, en pleine guerre d'Algérie, alors que des manifestations contre l'OAS se multiplient dans l'hexagone... 

 

Tandis que Pierrot disparaît, Antoine qui avait rendez-vous avec lui, débarque à Paris pour la grande Manif et se retrouve seul, sans Mimile qui a quitté la maison de retraite pour se rendre auprès de Sophie et de Juliette... 

 

Vieillir tue...

 

Au fait, je ne vous ai pas dit que "fourneau" en argot cela voulait dire... "crétin" !

Bon ce n'est pas très flatteur pour notre génération, mais c'est ainsi que pour apprécier ce tome, il faut avoir connu ces temps de militantisme, autour des années 68, ou en avoir beaucoup entendu parler durant notre adolescence.

 

Mais il faut bien reconnaître que ces soixante-huitards attardés qui ont vieilli, certes mais gardent le coeur et l'idéalisme de leur jeunesse, ils nous touchent parce que justement, ils sont su garder leur fraîcheur. 

Donc, sauf si votre pensée et votre coeur penchent vraiment à droite, et dans ce cas vous n'apprécierez pas certains passages de ce tome (vous êtes prévenus), vous trouverez encore, beaucoup de tendresse et d'humanité,  de l'humour, des dialogues inénarrables, des personnages forts en gueule mais si touchants qu'on en redemande...

Tous trois veulent toujours aller de l'avant et vivre, ici et maintenant. Soit vous les suivez, soit vous les regarderez de loin, à vous de choisir ! Mais quoi que vous fassiez, ils vous feront rire et découvrir la passion qui les anime...

Moi je voudrais bien que Pierrot, Mimile et Antoine me racontent encore des histoires de leur passé parce qu'ils nous parlent des femmes et des hommes qui se sont battus pour la liberté et qu'il ne faudrait pas les oublier. 

 

Les lieux sont décrits de manière spectaculaire...

Qui n'a pas rêvé qu'un lieu comme "l'île de la Tordue", où vivent plusieurs générations ensemble dans l'entraide et la tolérance, existe vraiment...

La critique de notre société de consommation est finement menée, comme dans le scénario à la boulangerie, autour de la baguette de pain. C'est tellement réaliste que le lecteur ne peut qu'en rire et je vous assure que vous ne pourrez plus jamais demander une baguette à votre boulangère, et qu'elle vous demande de choisir entre quinze sortes différentes aux noms biscornus, sans y penser !

De nouveaux personnages apparaissent dans ce tome, mais je vous laisse les découvrir...

Inutile, en effet que je vous décrive les frasques de celui que l'on surnomme "human bomb" et qui possède en effet une arme de destruction massive qui fait fuir tout le monde sur commande ; ni de Baba, l'organisateur des attentats gériatriques (bon je vous rassure, ils sont tout à fait inoffensifs et ne tuent personne) ; ni non plus de Francine de la RocheBonnefoy, aristocrate et anarchiste, si, si...il faut me croire, ça existe et en plus passionnée d'informatique !   

 

Cette BD totalement anticonformiste a obtenu en 2015 le prix des Libraires. 

Alors demain, si vous le voulez bien... je vous parle du tome 3 ?

Et en attendant, vous pouvez lire l'avis d'Hélène ci-dessous...

 

Tout le deuxième étage, ce sont des étudiants fauchés qu’on héberge. Alors là grosse sélection, parce qu'on reçoit beaucoup de dossiers, tu t'en doutes...
- C'est quoi les critères ?
- Déjà, il faut étudier des matières totalement baroques. Musicologie, philosophie, l’art étrusque, l’histoire antique…. Les trucs que le monde libéral qualifie d’inutiles, quoi…

Vous savez où vous pouvez vous la carrer, votre fleurimeuline du Papé ?

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 06:00
Dargaud 2014

Dargaud 2014

Je pense que pour des vieux flibustiers, vous avez de beaux restes...

 

Voilà une BD dont j'ai énormément entendu parler depuis sa sortie et que je me suis décidée à emprunter en médiathèque, vu que pour une fois  les trois tomes étaient disponibles en même temps, une vrai chance !

Je vais donc aujourd'hui et les deux jours prochains vous les présenter...

Je sais que certains d'entre vous n'aiment pas lire des bandes dessinées. Pourtant je vous assure que ce type de fresque sociale ne pourrait pas être racontée de manière aussi réaliste, sur un autre support.

C'est un pur régal...

 

L'histoire...

 

Trois amis d'enfance, maintenant septuagénaires, se retrouvent pour l'enterrement de Lucette, celle qui jeune femme a su faire battre leur coeur d'adolescents. 

Il y a Pierrot qui a toujours été un syndicaliste et un activiste engagé. Il est aujourd'hui à la tête d'un groupe d'aveugles, "Ni yeux, ni maître" qui sévit surtout sur Paris et s'incruste dans les dîners mondains, réunions politiques et autres lieux stratégiques pour y mettre la pagaille.

Il y a Mimile, placé aujourd'hui dans une maison de retraite, mais qui a été à ses heures un aventurier hors pair, et a parcouru le monde en bateau.

Puis il y a Antoine, le veuf, celui qui a eu la chance d'épouser la pétillante Lucette, dont tout le monde était amoureux.

 

Lucette en son temps avait quitté subitement le "Laboratoire Garan-Servier", la plus grosse entreprise pharmaceutique de la région, pour créer un théâtre de marionnettes "Le loup en slip", et donner du plaisir autour d'elle, théâtre que vient de reprendre Sophie, leur petite-fille, aujourd'hui enceinte de 7 mois.

 

Mais voilà qu'au lendemain des obsèques, Antoine, est convoqué chez le notaire pour lire le testament laissé par sa femme. Il découvre une lettre où celle-ci lui annonce qu'elle a eu une relation avec son ancien employeur, qui réside aujourd'hui en Toscane et est atteint de la maladie d'Alzheimer. 

Voilà Antoine parti aussitôt sur les routes, comme un fou, en direction de l'Italie...et en possession de son fusil.

Que compte-t-il en faire ? Il y a tout lieu de s'en inquiéter... surtout lorsqu'on sait que son ancien patron le détestait parce qu'il avait monté contre lui tous les ouvriers de l'usine et les avait incité à réclamer leurs droits ? 

A ses trousses, vous vous en doutez, et dans le camion rouge pas du tout discret du théâtre de marionnettes, Mimile, Pierrot et Sophie vont  tenter de le rattraper avant qu'il ne fasse une très très grosse bêtise...

 

 

 

Je vais vous dire le fond de ma pensée, les cons. Si y avait pas Sophie, j'prendrais une louchée de bonbons Garan-Servier avec un litre de poire et j'men irais retrouver ma Lucette.

Et voilà comment passe une vie, tiens. Quarante piges à charger des camions dans cette saleté d'usine à bonbons. De la drogue légale à pleines palettes.
J'aurais dû me barrer à vingt ans comme toi, mon Pierrot.

- J'aurai préféré le tuer à coups de pied, mais avec mon arthrite..
...
- Non mais je rêve. C'est quoi, ce délire rétrojaloux ?

 

Ce que j'en pense

 

Tout a été dit sur cette BD décalée, dont les héros sont des vieux flibustiers qui en ont vu d'autres dans leur vie, et ne s'en laissent pas compter. Les dialogues sont savoureux et l'histoire aussi attachante que les personnages. 

J'ai adoré faire connaissance avec nos trois lascars. Les auteurs nous offrent des personnages haut en couleur, au vocabulaire on ne peut plus cru et imagé, sans jamais tomber pour autant dans la caricature_enfin un tout petit peu quand même mais c'est si drôle...

 

C'est un album plein d'humour et d'humanité qui nous propose de poser un regard tendre, doux et pudique sur nos trois vieillards, soudés par une solide amitié, qui fait chaud au coeur tant elle a franchi les ans, et qui les unit pour le meilleur et pour le pire. 

Un véritable coup de coeur pour moi !

Une BD qui a su m'émouvoir et me faire rire aux éclats. Le suspense est entier puisqu'à la fin de ce tome : on n'a qu'une hâte, c'est de découvrir le tome suivant, ce que j'ai eu la chance de pouvoir faire tout de suite... 

 

Si vous voulez en savoir davantage sur les auteurs de cette série, dont le tome 1 a reçu le Prix du Public à Angoulême, en  2015, je vous invite à cliquer sur les liens ci-dessous.

Pour tout savoir sur le dessinateur Paul Cauuet, dont je découvre les dessins réalistes et bourrés de détails truculents dans ce premier tome...

 

 

J'avais déjà fait connaissance avec le scénariste Wilfrid Lupano, dans une BD  "Le singe de Hartlepool", que je vous ai présenté sur ce blog et que j'avais beaucoup aimé. C'était déjà une BD sociologique et philosophique, à l'humour grinçant...

Vous pouvez lire sa biographie, ci-dessous pour en savoir davantage sur lui. 

 

Et c'est toujours intéressant de lire l'avis éclairé de Mimi et de Violette sur le tome 1  (et les tomes suivants) de cette série...

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 05:44
Steinkis, 2017

Steinkis, 2017

Mais chez-toi, c'est quand même la Tunisie ? Oui et non. Chez-moi, c'est où vivent mes enfants. L'amour d'un père pour son enfant est plus haut que les montagnes. Et l'amour d'une mère, plus profond que l'océan. Mais ici, il n'y a ni montagne ni océan. Si tu regardes bien, tu les verras au plus profond de toi, mon petit coeur.

 

Monji est né en Tunisie, mais suite à la mort prématurée de sa mère et au remariage de Baba Farouk, son père, la vie n'est pas facile pour lui et pour son frère aîné. Ballottés de famille d'accueil en famille d'accueil, les deux frères restent très soudés et doivent se débrouiller seuls dans la vie. 

Nous sommes dans les années 70 en Tunisie. Devenu grand, bien qu'ayant obtenu son diplôme, ce n'est pas facile pour Monji comme pour la plupart des jeunes de sa génération de trouver du travail. 

Un jour, un énorme navire arrive au port. La compagnie maritime cherche des hommes jeunes et forts.

Monji  et ses amis n'hésitent pas un instant. Ils embarquent vers la Terre promise, la France, avec pour unique bagage, une petite valise en carton contenant toutes leurs affaires, laissant  derrière eux en Tunisie, leur famille mais surtout leurs racines...

 

A l'école je faisais de mon mieux parce qu'Abdel me disait de travailler dur pour avoir un bel avenir. Il insistait : "chaque être humain a un passé, mais il faut prendre en main son avenir"

Je suis parti avec une valise en carton. Une valise en carton ?
Oui, avec tout ce que je possédais à l'intérieur. Comme dans la chanson de Younsi "Passeport Lahkdar".

 

Ce roman graphique empli à la fois de douceur, de tendresse et de nostalgie, mais aussi d'humour, est bourré d'anecdotes. Il nous raconte l'histoire de Monji et de sa famille.

Le lecteur découvre le long voyage en bateau, l'arrivée en France, les découvertes d'une autre culture...et d'un autre climat. 

Il se réjouit quand Monji rencontre celle qui deviendra sa femme. D'origine belge, la jeune femme devra mentir à sa famille, puis se battre pour faire accepter son désir d'épouser "un étranger".

Nous sommes dans les années 70 et les préjugés sont bien ancrés dans les mentalités. Les différences font peur et les gens se renferment derrière les "on-dit". 

La BD met bien à plat les préjugés de l'époque, mais le fait avec beaucoup d'humour. Malheureusement nous savons bien que certains sont encore d'actualité, plus de quarante ans après. 

 

Au passage, le lecteur apprendra certaines des coutumes tunisiennes. Les différences sont là mais sont si plaisantes à (re)découvrir ! 

Par exemple j'avoue que je ne savais pas que "jeter des seaux d'eau derrière celui qui part", est une façon de lui souhaiter bonne chance tout en demandant à Dieu de le protéger ; ni que c'était les tunisiens qui avaient donné l'habitude de demander un verre d'eau avec leur café dans un bar...

 

Le lecteur s'immerge avec grand plaisir dans la vie de cette famille où règne joie de vivre, convivialité, partage...

Monji s'adresse à ses deux petits-enfants avec beaucoup de malice. Tour à tour, ils lui posent des questions mais veulent aussi qu'il leur conte des histoires de là-bas. C'est ainsi que le lecteur se retrouve plongé en plein conte des mille et unes nuits...

Il écoute avec ravissement l"histoire de Nour et Biba, deux oies, obligées de quitter les bords du lac, désormais pollué par  une usine et qui se demandent comment migrer en emmenant avec elle leur amie la tortue. Puis ce sera l'histoire de la grue et du homard...

 

Au delà de l'histoire qui est celle de milliers d'immigrés obligés de trouver un travail à l'étranger, des thèmes abordés comme, la différence de culture, l'exil, la difficulté d'être accepté dans un pays étranger, ce que j'ai trouvé très fort, c'est la façon dont Monji explique à ses petits-enfants ses racines_donc leurs racines_ et pourquoi SA terre est à la fois la Tunisie et la France et son coeur, partagé entre les deux.  

 

J'ai trouvé le graphisme assez sombre quand j'ai feuilleté la BD à réception, la première fois...

Puis lors de ma lecture approfondie, j'ai découvert des personnages très expressifs, au regard malicieux, des paysages variés nous faisant voyager de la Tunisie à la France, des moments plus noirs car emplis de nostalgie, et d'autres très gais et colorés avec une multitude de détails tous aussi savoureux qu'instructifs. 

En tous les cas, j'ai eu envie de continuer le voyage car il me fallait absolument entendre le grand-père raconter "l'histoire du gros poisson aux écailles d'or et yeux de diamants", que lui réclame plusieurs fois son petit-fils, au fil des pages...

Pas vous ? Alors si vous voulez la connaître aussi, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

 

C'est une BD intéressante et plaisante à lire, qui saura faire le lien entre les générations.

Je dirai que pour bien la comprendre, il faut avoir au moins 12-13 ans. 

 

Merci à Babelio, à l'opération Masse Crtique et à l'éditeur Steinkis de m'avoir fait confiance pour découvrir cette bande dessinée. 

 

Je me sentais minuscule face à ces navires géants, et tous ces gens...des espagnols, des turcs, des marocains...on se comprenait. On travaillait tous dur, très dur. On avait une bonne formation et un bon salaire.

 

Qui sont les auteurs ?

Laïla Koubaa est d'origine tunisienne et vit avec ses deux enfants et son mari l'écrivain Bart Koubaa à Gand. Elle est titulaire d'une maîtrise en langues et civilisations orientales et aide les jeunes ayant des besoins particuliers dans les différentes écoles. Elle publie des ouvrages destinés à la jeunesse en Belgique, l'un d'eux, "Aziz, le jasmin et l'oiseau", est paru en France en 2014 (Rue du Monde).

 

Laura Janssens est titulaire d'une maîtrise en beaux-arts. Elle publie des bandes dessinées et des illustrations dans la presse belge. "Plus profond que l'océan" est son premier roman graphique.

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:19
Dargaud, 2016

Dargaud, 2016

Deux mètres de longueur sur un mètre de largeur et de profondeur, voilà ce qu'il faut de terre à l'homme.

 

Voilà une BD très intéressante adaptée d'une nouvelle de Léon Tolstoï écrite en 1886 et traduite en français sous différents titres selon les éditions comme par exemple "Qu'il faut peu de place sur terre à l'homme". 

 

Pacôme, un paysan de Sibérie vit avec sa femme et son fils sur son lopin de terre. Sa ferme, ses ruches et les quelques animaux qu'ils possèdent leur suffisent pour vivre heureux.

Ils vivent dans une petite communauté où chacun a appris à se donner un coup de main lors des moissons par exemple, sans demander de contrepartie. 

Mais Pacôme se sent à l'étroit, aussi lorsque son beau-frère, richissime lui propose de lui prêter de l'argent, l'idée germe dans son esprit qu'il pourrait avoir davantage de terres...
 

 

Ce qu'il faut de terre à l'homme / Martin Veyron

 

Lorsque le fils de la Barynia, une riche propriétaire voisine, décide de placer un intendant sur les terres de sa mère qui laissait jusqu'à présent les paysans en profiter librement, les moujiks découvrent avec lui l'intolérance et la violence.

Aussi lorsque Pacôme apprend que la Barynia compte vendre ses terres à son intendant, il décide de convaincre les hommes du village d'investir pour les acheter à sa place.

Mais comment se contenter de si peu quand on peut avoir beaucoup plus ?

De possession en possession, Pacôme devient un autre homme...

Et pourquoi ne pas se rendre aussi chez les bachkirs, qui vendent leur terre pour presque rien. Pacôme se met en route sans hésiter pour un long voyage, avec sa carriole emplie de cadeaux...

 

Ce qu'il faut de terre à l'homme / Martin Veyron

Si seulement j'avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux.

 

Voilà une BD au graphisme tout en finesse et très doux s'adaptant idéalement à chacune des situations.

L'auteur trouve le ton juste pour nous parler en sept chapitres qui sont sept étapes de la vie de Pacôme, d'un thème intemporel, la cupidité des hommes.

Il le fait sans fioriture et avec une pointe d'humour voire de cynisme. La fin, tout à fait cruelle mais inévitable, n'en est pas moins porteuse de leçon. Car il faut bien constater que cette fable philosophique n'a pas pris une ride, malheureusement...

Les hommes tireront-ils un jour les leçons de leur avidité ?

De quoi a-t-on réellement besoin pour vivre ?

Deux questions parmi d'autres qui me viennent à l'esprit en terminant cette lecture...

De nombreux dessins, pleine page, renforcent la teneur du récit.

J'ai eu envie de lire cette BD et donc de redécouvrir cette nouvelle qui fait partie des classiques, lus durant ma jeunesse, suite à la chronique écrite par Yv sur son blog.

 

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 06:11
Sarbacane /2014

Sarbacane /2014

 

Adelaïde est française et vient d'atterrir à Calcutta pour la première fois. Elle est enceinte de huit mois et la chaleur est étouffante dans la ville.

Elle est venue dans ce pays avant tout pour chercher à comprendre pourquoi Mathieu, son compagnon, informaticien, qui a été embauché par une entreprise quelques mois auparavant, ne donne plus aucun signe de vie depuis un mois.

 

A peine arrivée, elle alerte aussitôt la police qui ne semble pas s'inquiéter de la disparition de son ami.

Devant leur inefficacité, Adélaïde est bien obligée de se résoudre à mener sa propre enquête dans ce pays, pour elle complètement inconnu, mais dont heureusement elle comprend la langue. 

Aidée et même complètement prise en charge par Imran, un jeune chauffeur de taxi adorable, elle entreprend elle-même de se rendre à l'adresse de l'entreprise mais découvre qu'elle n'existe pas...

Elle va alors se rendre sur les lieux où son mari a été vu pour la dernière fois, pour constater que l'appartement a été déménagé en pleine nuit...quelques jours auparavant. 

 

Désespérée, fatiguée par la chaleur et l'agitation de la ville qui est en pleine fête de la Durga Puja, la célébration chantée et nocturne de la déesse Durga, Adelaïde ne renoncera pas...

 

D'autant plus qu'elle s'aperçoit que les traces du passage de Mathieu ont été de plus en plus effacées et que le policier chargé de l'enquête ainsi que l'ambassade ne semblent pas du tout prêts à l'aider. 

 

Que cache en réalité la disparition de Mathieu ?

 

 

Rouge Karma / Eddy Simon et Pierre-Henri Gomont

 

C'est une BD très réaliste proche du roman graphique qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout.

Il y a de l'amour, de la générosité, du suspense et de l'aventure...et le voyage en Inde au pays des odeurs et des couleurs, est gratuit !

 

Cette jeune femme courageuse à la recherche du père de son enfant est résolument moderne. Elle ne se laisse pas endormir par les mensonges et tient bien à éclaircir la disparition improbable de son compagnon.

 

Le lecteur sent tout de suite que le scénariste, Eddy Simonconnaît bien le paysIl nous le décrit sans concession y compris pour  son côté corrompu...

Il connaît bien les enjeux de l'Inde et nous faisant toucher du doigt, un de ses problèmes majeurs : le partage de l'eau avec le Bangladesh proche, une eau indispensable à la vie.

 

J'ai beaucoup aimé les dessins de Pierre-Henry Gomont. Ses aquarelles, toutes dans des tons rose et jaune, donnent beaucoup de douceur à l'ensemble et à cette histoire qui, somme toute, est assez sordide.

Il utilise aussi beaucoup de couleurs toniques et on imagine sans peine la foule et les saris colorés... très bollywoodiens ! 

Retrouvez-le sur son site perso ICI.

 

C'est d'ailleurs ces couleurs qui m'ont incité à emprunter cette BD à la médiathèque...et je n'ai pas été déçue.

Car c'est un beau voyage sous forme de polar politique, aux côtés d'une jeune femme incroyable et d'un indien empli d'humanité qui vous attend à sa lecture...

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 07:08
Éditions Çà et Là 2015

Éditions Çà et Là 2015

 

Sabrina est une jeune femme italienne de 25 ans. Comme beaucoup de ses compatriotes, la crise économique l'oblige à vivre encore chez ses parents où l'ambiance est explosive. 

 

Heureusement entre son boulot de vendeuse, Stefano, son petit ami, et sa bande de copains, elle peut aller prendre l'air et se détacher des contingences matérielles, ce que bien sûr sa mère lui reproche constamment.

 

Mais déjà que la vie est compliquée pour elle, deux nouvelles vont lui tomber dessus peu de temps avant noël : elle perd son emploi et elle s'aperçoit qu'elle est enceinte. 

 

Malgré la tendresse et l'écoute de Stefano, Sabrina va devoir affronter seule, non seulement le regard des autres et de sa bande d'amis, tous aussi fêtards les uns que les autres, mais aussi celui du corps médical.

De plus elle va devoir prendre seule, la décision de se faire avorter.

 

Mais le rendez-vous à la clinique est fixé au mois suivant, fêtes de fin d'année obligent. Et l'attente peu à peu devient insoutenable pour la jeune femme au caractère coléreux et instable...

 

Tout son entourage en prend pour son grade au fur et à mesure que la date approche !

 

Point de fuite / Lucia Biagi

 

C'est une BD dont le sujet ne peut laisser indifférent. Il s'agit d'un sujet grave et intimiste qui est abordé ici avec beaucoup de compassion et de finesse.

 

De plus l'histoire se passe dans un pays où vivre l'IVG est encore plus difficile qu'ailleurs, à cause du poids de la religion, des tabous  et de la culpabilité.

 

Sabrina va vivre une crise existentielle très difficile car elle doit assumer ses choix et entrer dans le monde des adultes.

Son naturel coléreux, voire haineux et peu propice à la réflexion, la détourne de son entourage proche qui pourtant est prêt à lui tendre la main.

Bien sûr, elle ne sait pas que "l'après IVG" sera aussi difficile pour elle que l'attente, ni qu'elle devra aussi se battre pour retrouver un nouvel équilibre...

 

La BD se fixe sur l'essentiel. Les dessins en bichromie, tout en nuances de jaune et bleu, transcrivent l'expression des personnages de manière très réaliste. Certaines planches sont d'ailleurs totalement sans paroles.

 

Tour à tour touchante ou carrément tête à claques, Sabrina révèle peu à peu sa sensibilité, ses doutes, ses contradictions, son mal-être, et sa solitude, face à cette décision qu'elle a prise en toute conscience mais qu'elle doit maintenant assumer pour tenir le coup jusqu'au bout. 

 

J'ai été déstabilisée, non pas par l'histoire elle-même qui sonne juste à chaque page et qui est un sujet intergénérationnel, toujours actuel et douloureux, mais par le côté désabusé de cette génération de jeunes qui passe son temps à boire et à faire la fête...sans réellement faire de projets d'avenir. 

 

Et j'ai eu du mal à trouver dans cette BD, une petite note d'espoir, mais sans nul doute les jeunes seront sensibles à l'histoire et se retrouveront dans cette bande fêtarde...  

 

Qui est l'auteur ?

 

Née en 1980 à Pise, Lucia Biagi est la cofondatrice et animatrice du label "Amenità Comics" et elle s’occupe avec son compagnon d’une librairie spécialisée BD à Turin, "Belleville Comics".

"Point de Fuite" (publié en 2014 en Italie chez Diabolo Edizioni) est sa deuxième bande dessinée, après "Pets" (Kappa Edizioni, 2009).

Elle a également réalisé le reportage dessiné "Japonize Me", un guide du manga publié sous forme d’ebook en 2014 (Zandegu).

Lucia Biagi a fait partie des jeunes talents sélectionnés pour la mostra Futur Antérieur du Napoli Comicon de 2012.

 

Source : Éditions Çà et Là

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:39
Dargaud, 2015

Dargaud, 2015

L'unique but de ma vie, c'était d'écrire.

 

Tout petit, Jean-Paul Sartre était déjà différent des autres... Passionné par les livres, il lit très jeune, des écrits qui ne sont pas de son âge.

 

Devenu professeur de philosophie, sa rencontre avec Simone de Beauvoir, la seule dont il acceptera toujours les critiques, marquera le début du mythe.

Elle devient sa muse, son amour "nécessaire" et indispensable.

 

Dans cette biographie unique en son genre, une partie essentielle de la vie de ce grand philosophe est décortiquée dans ses moindres détails.

La BD retrace en effet, surtout la période qui va de l'école normale au refus du Prix Nobel. C'est en fait la période de sa vie la plus intéressante qui est ici évoquée souvent avec une certaine pudeur. Ses rencontres essentielles, son amour fusionnel avec Simone de Beauvoir, la naissance de l'existentialisme.

La pensée du philosophe n'est pas approfondie mais juste suggérée au sein de l'intellect de l'époque.

Les autres événements de sa vie sont juste survolés (son enfance et son adolescence par exemple).

 

L'enfance de Sartre auprès de son grand-père qui l'a beaucoup marqué...

L'enfance de Sartre auprès de son grand-père qui l'a beaucoup marqué...

 

On y découvre un Sartre plus fragile que ce qu'il en avait l'air. Mais un Sartre bouillonnant d'idées...

Sa vie quotidienne est empreinte d'une liberté qui pouvait choquer à l'époque.

Son indépendance intellectuelle lui permet de se démarquer des autres écrivains de son temps et lui vaut de nombreuses critiques.

Car Sartre était à la fois un révolutionnaire et un libre penseur !

 

Sur un fond d'histoire des idées et d'Histoire tout court, le lecteur redécouvre cette vie unique en son genre, les rencontres et les amitiés mais aussi les déboires, les luttes politiques, le temps de la guerre où Sartre est fait prisonnier, les amis qui s'éloignent, les batailles intellectuelles vaines ou constructives...

 

On y rencontre tour à tour, Jean Genet, Boris Vian, Merleau-Ponty, Claude Levi-Strauss, André Malraux ou Albert Camus...les personnages importants du monde de l'édition (surtout de la NRF) mais aussi tous ceux qui ont assisté à la naissance de l'existentialisme...

 

Celui qui a été tour à tour romancier, dramaturge, autobiographe et philosophe, et le père de l'exitentialisme, nous apparaît ainsi dans sa vie privée comme un homme libre mais très attaché à celle qu'il surnommait le "castor" malgré, de part et d'autres du couple, beaucoup de rencontres éphémères.

Lui qui refusa le Prix Nobel, parce qu'il ne pensait pas mériter les honneurs, lutta aussi contre sa propre classe sociale, dont il a toujours été capable de faire la critique. 

 

Cette BD montre bien l'engagement politique, les erreurs, la nature des écrits, les difficultés de la vie... de celui qui se définissait ainsi :

Ses rencontres essentielles, son amour fusionnel pour Simone de Beauvoir...la naissance de l'existentialisme. La pensée du philosophe n'est pas approfondie mais évoquée au sein du bouillonnement intellectuel de l'époque. 

Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui...

Dans le métro...

Dans le métro...

 

Voilà donc une BD qui ne manque pas d'intérêt. Elle est à la fois historique et biographique, et témoigne d'une époque proche de la nôtre, très importante pour comprendre les idées d'aujourd'hui. Elle se lit avec plaisir malgré le texte abondant. 

 

Réalisée à l'occasion des 35 ans de la mort de Jean-Paul Sartre en 2015, elle aborde un sujet difficile car déjà largement connu du public et du monde littéraire.

La vie de Sartre n'est un secret pour personne et apporter sa touche personnelle à la vie du philosophe et au mythe bâti autour du couple charismatique qu'il a formé avec Simone de Beauvoir, n'était pas chose facile pour les auteurs.  De plus cette BD est à la fois pudique et révélatrice, à la fois pleine d'humour et très sérieuse, ce qui ne gâche rien ! 

 

Seuls les dessins m'ont au départ paru un peu trop classiques, assez froids même, et parfois trop rigides. Le visage de certains des personnages apparaît comme plutôt hermétique et manquant d'expression...Mais finalement après quelques planches, cela m'a paru évident qu'un dessin différent n'aurait rien apporté au récit ! 

Il y a un rythme, une précision dans les attitudes des personnages qui sont nécessaires au récit et qui nous permettent de les reconnaître. Ce qui est le plus important est mis en valeur : le dynamisme de Sartre, les moments de partage avec sa muse, les rencontres avec les amis et les discordes, les divergences d'opinion, les moments de doute et de solitude, d'enfermement (lorsqu'il est fait prisonnier) sont criants de réalisme...

Cela donne une BD très vivante !

 

C'est la couverture qui m'a incité à emprunter cet ouvrage...car je ne suis pas spécialement une adepte des biographies, tout en étant très attirée depuis mon adolescence par les écrits de Sartre, que j'ai beaucoup lu dans ma jeunesse et que cette BD me donne d'ailleurs envie de relire...

 

Le récit biographique est précédée d'un arbre généalogique et suivie d'une annexe où les auteurs présentent les proches de Sartre. 

 

C'est donc une BD d'une très grande qualité qui peut être proposée aux ados, dès le lycée, âge où en principe ils découvrent aussi l'auteur et la plupart des personnages présents dans l'histoire parmi les proches de Sartre. 

 

Qui sont les auteurs ?

 

Le scénario est signé Mathilde Ramadier.

Née en 1987, Mathilde Ramadier débute ses études à l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'arts. Puis elle s'éloigne du graphisme pour étudier l'esthétique et la psychanalyse. 
Elle achève ses études par un master de philosophie à l'École normale supérieure. Pendant quatre ans, elle anime également, sur Radio Campus Paris, une émission hebdomadaire sur les musiques électroniques.

Son premier roman graphique, "Rêves syncopés" (Dargaud, 2013), dessiné par Laurent Bonneau, parle des musiques électroniques et de Laurent Garnier.

Mathilde vit aujourd'hui à Berlin, où elle écrit, autour de la philosophie en général, sur la sociologie et l'écologie en particulier.

Normalienne et philosophe, elle était donc l'auteur idéal pour écrire le scénario de cette BD ! 

Pour en savoir plus sur l'auteur retrouvez-la sur son site perso

 

Le dessin est réalisé par Anaïs Depommier dont c'est la première réalisation.

Son dessin est précis et délicat. Très simple, il montre l'essentiel, ce que j'ai vous déjà dit. J'ai déjà parlé aussi plus haut de mes premières impressions face à ces dessins.

Enfin voilà comment nos deux auteurs se sont rencontrées...

 

"Anaïs Depommier et Mathilde Ramadier naissent à la fin des années 1980 dans un petit village de la Drôme. Elles partagent le même couffin, tour à tour chez les parents de l'une et de l'autre. Inséparables à l'école, elles passent leurs week-ends à construire des cabanes dans les buis, à observer les processions de gendarmes, à jouer à Mouse Stampede sur un Macintosh Classic, à manger des tartines beurre-chocolat et à lire plein de BD. Elle se retrouvent plus tard dans l'atelier du soir du peintre Jean-Michel Pétrissans à Valence, quand vient l'heure de préparer les concours d'entrée en école d'art. Anaïs étudie le dessin pendant quatre ans à l'école Émile-Cohl de Lyon, puis cocrée l'atelier OneShot, lieu de travail où sont régulièrement organisés des cours de modèle vivant et autres expositions. Elle vit aujourd'hui à Paris et travaille dans la BD, le graphisme et le dessin d'animation"

Source Dargaud.

Retrouvez la page facebook de la dessinatrice ICI.

 

Les couleurs sont l'oeuvre de Anaïs Depommier et Nawëlle Saïdi, sur laquelle je n'ai trouvé aucun élément biographique. Si elle lit ces lignes, ou si quelqu'un possède des renseignements sur cette jeune coloriste, je suis preneuse car elle aussi mérite qu'on la cite puisqu'elle a travaillé avec la dessinatrice pour créer l'atmosphère particulière de la BD.

 

 

 

Bonne découverte et bonne lecture  !

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 12:30
Le Lombard, 2012

Le Lombard, 2012

Pour ne pas oublier...

 

Aujourd'hui 8 mai est un jour férié et un jour de commémoration.

C'est en effet un jour important qui a signifié la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, suite à la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et à l'annonce de sa capitulation, signée le 7 mai 1945. 

C'est l'occasion de se rappeler aussi, que la capitulation n'est pas la paix puisqu'il faudra 4 mois supplémentaires et le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki (les 6 et 9 août 45), pour que le Japon capitule enfin (le 2 septembre 1945) et que les milliers de soldats qui se battaient encore là-bas rentrent chez eux. 

 

Le 8 mai est surtout un jour où nous nous devons de rappeler à nos enfants (ou petits-enfants) que certaines horreurs de la guerre ne doivent pas être oubliées...C'est notre devoir de mémoire. 

Mais voilà une tâche bien difficile.

Cette BD qui est une petite merveille, pourra nous aider. 

Peut-être la connaissez-vous déjà, car elle est sortie en 2012 ?

Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre.

Primo Levi

 

L'histoire... 

 

Elsa n'arrive pas à dormir. La petite fille se lève et trouve Dounia, sa grand-mère, dans le salon. Dounia a l'air si triste, en regardant ses vieilles photos, qu'Elsa veut la consoler et la questionne...

Dounia décide de lui confier son histoire, alors qu'elle n'avait jamais pu le faire pour son fils. 

Avec des mots simples, elle va raconter à sa petite-fille, l'histoire de leur famille juive pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

C'était il y a bien longtemps, au début de la guerre, Dounia était une petite fille heureuse de vivre et qui ne savait pas qu'elle était juive. 

Elle avait des amies et allait à l'école.

Mais un jour, ses parents lui expliquent qu'elle doit porter une étoile jaune cousue sur ses vêtements. Pour la protéger, son père lui raconte qu'on leur a demandé de devenir une famille de shérifs et qu'il a accepté sans leur demander leur avis.

 

Une des planches de l'album

Une des planches de l'album

 

Bien sûr, Dounia se rend très vite compte que ce n'est pas vrai et que ses parents lui ont menti.

A partir de ce jour, tout va changer pour elle : la maîtresse lui demande de s'asseoir au fond de la classe et ne l'interroge plus même si elle lève le doigt, ses camarades ne veulent plus jouer avec elle, son copain Isaac ne revient plus à l'école... et finalement ses parents décident de la retirer de l'école.

 

Une nuit, la milice débarque à la maison et les arrêtent. Ses parents ont juste eu le temps de la cacher dans le double fond d'une armoire et elle n'a pas le temps de leur dire qu'elle les aime de tout son coeur. Elle a peur et ne sait pas si elle va les revoir un jour. 

 

Heureusement, dès le départ de la milice, une voisine aimante va la prendre en charge, puis la cacher à la campagne chez Germaine...

 

Maman n'arrêtait pas de dire qu'elle m'aimait. Elle le disait tellement que ça me faisait peur.
Et puis...papa aussi, il a dit qu'il m'aimait fort et que j'étais sa petite fille chérie...
Moi aussi, j'avais envie de leur dire que je les aimais fort fort fort...
Mais je n'ai pas eu le temps.

 

C'est une BD indispensable pour appréhender cette période de l'histoire avec tous les enfants à partir de 10 ans.

Bien sûr vous, vous connaissez l'histoire : le port obligatoire de l'étoile pour tous les juifs, les humiliations, les dénonciations, la vie dans la clandestinité, les rafles, la peur,...

 

Mais comment peut-on raconter tout cela à des enfants ?

Comment trouver les mots justes pour raconter l'indiscible ?

Et leur parler des pires horreurs dont les hommes sont capables ?

 

Le lecteur est immédiatement touché par le récit de Dounia enfant et le lien très fort qu'elle a avec sa petite-fille lui permet de raconter son enfance sans donner trop de détails.

Ce qui n'est pas raconté, est suggéré ou montré en images...

 

C'est une BD en forme d'hommage à la générosité humaine et à tous les Résistants...pour ne jamais oublier toutes ces personnes, anonymes, qui au péril de leurs vies, ont permis de sauver des familles et des milliers d'enfants de la mort. 

 

Cette BD est une petite merveille de délicatesse...un grand espoir à transmettre aux enfants d'aujourd'hui : la vie est précieuse et nous devons tout faire pour préserver la paix...

 

Réalisée en collaboration avec l’APJN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie), ce témoignage bouleversant s’avère d’une justesse incroyable.

 

Une exposition pédagogique est à la disposition des écoles, des collèges, des bibliothèques.

Elle a été construite à partir de la BD et propose 10 panneaux très bien illustrés. Vous pouvez la visualiser en totalité sur le site de l'APJN. L'expo est accompagnée par des livrets pédagogiques que vous pourrez télécharger sur le site.

 

Elle est parfaite pour le collège mais peut être visitée dès l'âge de 8-9 ans avec un accompagnement adulte ou dans le cadre de l'école.

Le panneau numéro 4 parlant de la vie quotidienne.

Le panneau numéro 4 parlant de la vie quotidienne.

Qui sont les auteurs ?

 

Marc Lizano, le dessinateur, est né en 1970. Il a d'abord fait des études à Rennes, puis a travaillé pour la presse (Bayard, Milan) puis dans la littérature jeunesse, avant de se lancer dans la BD.

Il sait créer des dessins expressifs, profondément sensibles et humains, mais tout en simplicité...

Les bouilles rondes des personnages, allègent le témoignage et le rendent accessible aux plus jeunes. 

Aujourd'hui, Marc Lizano se refuse à entrer dans une catégorie et écrit aussi bien des histoires pour les grands que pour les petits. N'hésitez pas à consulter son site ICI et sa page facebook.

 


Loïc Dauvillier, le scénariste, se lance d'abord dans la micro-édition et crée les éditions Charrette. Puis il se met à écrire pour la jeunesse puis pour les adultes et devient scénariste.

Depuis 2015, il développe le projet "il était une fois..." qui propose des lectures, des concerts et des spectacles dessinés...ainsi que des expositions.

Vous pouvez faire connaissance avec lui sur son site ICI.

 

Greg Salsedo, le coloriste est né en 1984. Après des études de commerce qui ne le passionne pas, il se penche vers l'infographie et se passionne pour la création web, la colorisation de BD, et la photographie... Il a plusieurs projets en cours, entre autre avec son frère Frédérik.

Vous pouvez consulter leur site commun Ici et leur page facebook...

 

Cette BD a obtenu le Prix des écoles au Festival de Lys Les Lannoy en 2012, une mention spéciale du jury oecuménique en 2013, et le prix de littérature jeunesse "L'échappée lecture" en 2013, également.

 

Bonne lecture à tous !

La dame m'a expliqué que je devais changer de nom.
Elle disait que Dounia Cohen, ça faisait trop juif !
Elle disait aussi qu'en ce moment, les gens n'aimaient pas les juifs.
Mais bon...ça, j'avais déjà compris.
Alors, j'ai dit que j'étais d'accord.

L'enfant cachée / Marc Lizano, Loïc Dauvillier et Greg Salsedo

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 07:16
La boîte à bulles, juin 2010

La boîte à bulles, juin 2010

Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Nelson Mendela

"Les chemins de traverse" est une bande dessinée franco-belge qui comprend deux histoires créées par les deux dessinateurs.

 

La première, dessinée avec beaucoup de réalisme par Soulman, nous raconte l'histoire bouleversante d'Osama Abu Ayash, un palestinien de 44 ans. Il nous explique comment il a commencé à militer dans un mouvement israélo-palestinien, "Le cercle des parents", suite à la mort violente de plusieurs membres de sa famille et à sa rencontre avec un israélien qui venait, lui aussi, de perdre sa fille dans un attentat...

Osama va tout faire pour faire évoluer les pensées des membres de sa famille et leur faire comprendre que tous sont pareillement meurtris (et détruits) par la mort violente de leur enfant ou d'un des proches. 

Une histoire très émouvante qui ne peut que nous toucher en plein coeur car nous savons bien que dans tout conflit, les deux parties en présence souffrent pareillement et que les médias, selon qu'ils prennent partie pour l'un ou l'autre, oublient souvent de faire un bilan réel des violences, des morts et des blessés des deux côtés.

 

 

 

[Rami] Il a commencé à me raconter comment il avait perdu sa fille bien-aimée...Et combien elle lui manquait.
Il m'a dit qu'il reconnaissait la souffrance palestinienne.
Il considérait qu'il était impératif qu'un état palestinien soit crée, et qu'il était avant tout nécessaire de mettre un terme à l'occupation...
Il m'a présenté le forum, ses membres, ses objectifs et ses activités.
Ses paroles étaient fortes et convaincantes.

Les chemins de traverse / Maximilien Le Roy et Soulman

A la fin de la journée, lorsque nous nous sommes retrouvés tous les deux à l’hôtel, elle était bouleversée. Toutes ces histoires lui avaient fait réaliser que les larmes avaient le même goût salé, quelle que soit la terre de naissance.

 

La seconde, dessinée de manière très épurée par Maximilien Le Roy, nous raconte l'histoire de Matan Cohen, un israélien de 22 ans, qui s'engage au sein du mouvement "Les anarchistes contre le mur". 

Engagé depuis l'âge de 14 ans en Palestine pour apporter son aide humanitaire, il a refusé de faire son service militaire à 17 ans : il est devenu objecteur de conscience. Il a décidé qu'il ne porterait jamais une arme sur un être humain qu'il soit palestinien ou pas. 

Matan continuera à prôner le "Vivre-ensemble" et la désobéissance civile...et pour l'heure participe à une conférence de soutien à la campagne internationale de boycott, outil de pression citoyen vivant à imposer au gouvernement israélien l'application du droit international et le respect des droits des palestiniens...

Son discours intelligent amène le lecteur à réfléchir même si cette entreprise nous apparaît comme fort optimiste...

C’est à l’âge de 14 ans que j’ai commencé à me rendre dans les territoires occupés. D’abord par simple curiosité, je dirais. C’est là que j’ai pris conscience de la réalité concrète et humaine des Palestiniens. Ils n’étaient plus des numéros ou des caractères typographiques d’une colonne de journal. Ils prenaient une dimension réelle qu’il m’était dès lors impossible d’occulter.

Les chemins de traverse / Maximilien Le Roy et Soulman

La sensation de peur vient de l'ignorance de la situation réelle.
Nous avons grandi avec du brouillard devant les yeux.
Des générations entières vivent sous l'emprise permanente de la peur.

La plus belle chose qui me soit arrivée a été de découvrir que j'étais le bienvenu parmi les Palestiniens, les gens me parlaient en hébreu. J'ai appris un peu l'arabe.

Les chemins de traverse / Maximilien Le Roy et Soulman

On me disait : "T'as perdu un oeil pour permettre de faire entendre notre voix".
Les médias israéliens ont parlé de moi à ce moment-là. Mais pas un mot sur les 14 palestiniens également blessés. Le sang des militants de gauche et des arabes ne vaut pas cher.

Cette BD constitue pour les auteurs la fin d'un cycle consacré au conflit israélo-palestinien. Dans celui-ci, point de leçon d'histoire, ni de rappel des origines du conflit...

Je n'ai pas lu les deux précédents opus : "Gaza, un pavé dans la mer"  qui parlait des bombardements dans la bande de Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009 ; et "Faire le mur" qui parlait d'un jeune cisjordanien vivant dans un camp de réfugiés.

 

Dans ce dernier ouvrage, les auteurs cherchent à rassembler les deux communautés pour tenter de trouver des solutions à ce conflit qu'on dit sans fin possible.

Sur ce sentier étroit, ce chemin de traverse, plus direct qu'une route et qui relie deux protagonistes, un Palestinien, l'autre Israélien, des connexions sont possibles. Le taayoush (le vivre-ensemble) peut exister et briser à jamais la violence et l'incompréhension. 

 

C'est en tous les cas ce que nous affirme les auteurs qui ont choisi de nous présenter deux personnages particulièrement lucides et non violents, dont le seul désir est de prôner la paix et le respect des Droits de l'homme, et qui veulent sincèrement que cesse ce conflit.

Leurs témoignages sont très intéressants car cela fait du bien de penser que des gens, sur place, se battent pour trouver des solutions, ce que les médias ne nous montrent que trop rarement. 

La postface est un entretien avec Michel Warschawski, journaliste et militant pacifiste israélien.  

 

Cette BD a reçu la Mention Spéciale du Jury oecuménique de la bande dessinée à Angoulême en 2011. 

 

J'aimerais que les jeunes de ma génération, avant d'intégrer l'armée, viennent avec nous dans les territoires occupés. Ils ne sont pas mauvais par nature, mais ils ne se posent pas de questions. Ils ne cherchent ni à savoir, ni à comprendre. Ils obéissent.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 07:17
Gallimard jeunesse, septembre 2015

Gallimard jeunesse, septembre 2015

Dans cette Bande dessinée toute en noir et blanc, qui est en fait un roman graphique, Pénélope Bagieu nous raconte la vie d'Ellen Naomi Cohen, alias Mama Cass Elliot, qui dans les années 60, rêve dès sa plus tendre enfance de devenir chanteuse.

Le lecteur la suit jusqu'à la fondation du groupe "The Mama's & the Papa's" dont elle deviendra un des éléments marquants.

Je ne suis pas particulièrement attirée par la vie des chanteurs mais je dois reconnaître que cela faisait longtemps que je voulais lire une BD de Pénélope Bagieu, donc je me suis laissée tenter...

 

L'enfance d'Ellen se  passe dans une famille aimante. Ses parents sont juifs et pauvres et tiennent une petite boutique d'épicerie qui ne marche pas très fort. Mais son enfance est bercée par la musique : son père adore écouter de l'opéra et sa mère chante. 

 

La jeune Ellen quitte définitivement sa ville de Baltimore pour tenter sa chance à New York. Mais faire sa place dans le monde de la musique, même si on a une voix magnifique, une présence sur scène remarquable et une personnalité attachante, s'avère plus complexe que ce qu'elle pensait. Les jalousies sont nombreuses dans ce milieu.  D'autant plus que le besoin d'amour immense que possède Ellen, lui fait commettre bien des erreurs et jeter son dévolu sur des personnes qui profitent d'elle, la considèrent comme une simple copine et la font souffrir. De plus, son physique n'a rien à voir avec les normes de beauté du moment...

 

Dans chaque chapitre, c'est une personne différente de l'entourage d'Ellen qui parle et qui nous décrit une portion de sa vie, selon un point de vue très personnel. Cette construction du récit donne beaucoup de réalisme et de vivacité à l'histoire. Le changement de point de vue donne l'impression d'un reportage cinématographique...Parfois le narrateur est un simple témoin passif, parfois il nous entraine dans ses réflexions. 

La bande dessinée débute alors que les fans d'Ellen sont interviewées à la radio...Le lecteur sait donc tout de suite qu'Ellen est devenue une star. 

 

Les illustrations au trait, toute en noir (gris)  et blanc, de Pénélope Bagieu rendent merveilleusement bien, le physique de la jeune prodige,  sa personnalité pétillante ainsi que l'ambiance particulièrement légère des années 60. 

 

Un conseil : écouter ou réécouter les chansons du groupe après ou pendant la lecture !

p 65 [source Télérama]

p 65 [source Télérama]

 

Vous l'avez deviné le titre de la Bande dessinée est le titre d'une chanson mythique du groupe rock "The Mama's & the Papa's", sortie en 1965.

On assiste d'ailleurs dans la BD à la naissance de ce titre qui deviendra une des 500 plus grandes chansons de tous les temps. Il ne se passe pas une journée sans que cette chanson soit diffusée à la radio...

On assiste aussi à la difficulté pour les musiciens d'abandonner le folk pour le rock, davantage en vogue. La chanson a été écrite en 1963 par John et Michelle Phillips pendant qu'ils habitaient à New York, inspirée par le mal du pays (la Californie) de Michelle. 

 

C'est une bande dessinée qui rappelle comment était talentueuse mais si fragile et si malheureuse en amour, l'attachante Mama Cass. Elle connaîtra un destin tragique puisqu'elle mourra subitement à l'issu d'un concert en 1974, alors qu'elle démarrait une prometteuse carrière en solo.

 

A lire dès l'adolescence pour les amateurs de musique et les nostalgiques des sixties...

The Mama's & the Papa's 1968 [de gauche à droite : Michelle Phillips, Cass Elliot, Denny Doherty, and John Phillips]

The Mama's & the Papa's 1968 [de gauche à droite : Michelle Phillips, Cass Elliot, Denny Doherty, and John Phillips]

Qui est Pénélope Bagieu ?

 

Pénélope Bagieu naît en 1982, à Paris, de parents corses et basques.

Après le bac, elle étudie le cinéma d'animation à l'École nationale supérieure des Arts décoratifs, puis fait un passage à la Central St Martins de Londres.

De retour à Paris, elle crée en 2007 Ma vie est tout à fait fascinante, un blog dessiné où elle expose sa vie quotidienne avec un humour et une grâce qui font mouche. La publication du livre prolonge bientôt en librairie le succès du blog.

Elle multiplie les couvertures de romans et autres illustrations pour l'édition, œuvre pour de grandes campagnes publicitaires, dessine les aventures de Joséphine et signe même une ligne de lingerie.

Avec, dans tout ce qu'elle fait, une façon bien à elle d'épouser l'époque sans en être dupe.

"Cadavre exquis" est son premier récit au long cours.

 

California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu
California Dreamin' / Pénélope Bagieu

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 05:49
Glénat / collection Explora, mars 2016

Glénat / collection Explora, mars 2016

L'histoire commence en 1831 alors que le jeune Darwin, tout juste diplômé,  s'apprête à devenir pasteur pour faire plaisir à son père...En effet celui-ci est déçu que son fils ne s'intéresse ni à la médecine, ni aux études et qu'il préfère s'amuser avec ses amis.

Il a peur que Darwin devienne oisif et entend bien, en lui permettant de devenir pasteur, lui laisser la possibilité de satisfaire son incessante curiosité pour la nature. 

Le jeune Darwin qui aime particulièrement se promener et discuter avec un de ses jeunes professeurs, John Stevens Henslow,  va avoir la chance d'être recommandé par lui, en tant que naturaliste, pour participer au voyage d'exploration à bord du Beagle, un navire de sa Majesté, sous les ordres du capitaine Robert Fitz Roy.

Le voyage qui doit durer deux ans, va permettre l'exploration de l'extrémité méridionale de l'Amérique. Il durera finalement presque 5 ans !

Malgré le refus de son père et les personnes aimées qu'il laisse au port, Darwin réussit à quitter l'Angleterre et à embarquer pour ce qui sera l'aventure de sa vie...mais il ne le sait pas encore !

 

La vie à bord n'est pas de tout repos. Il faut faire face d'abord au mal de mer, apprendre à vivre en groupe. Il faut aussi résister à l'animosité qui l'oppose au naturaliste déjà présent, le chirurgien de bord, Robert Mc Cormick, prêt à tout pour empêcher Darwin de récolter des échantillons...

Heureusement les marins et le capitaine le soutiennent en ce qui concerne sa curiosité envers la nature et font escale très souvent afin de favoriser ses explorations à l'intérieur des terres.

Mais Darwin fait preuve d'un humanisme peu commun à cette époque qui provoquera diverses discussions et fâcheries avec le capitaine, car celui-ci ne partage pas ces idées. 

 

Durant le voyage, Darwin étudiera donc la géologie, mais aussi tous les spécimens vivants qu'il va rencontrer, ou les individus fossiles qu'il va mettre au jour. 

On assiste par exemple à la découverte d'ossements de tatou géant, animal aujourd'hui disparu. Darwin découvre que ces vestiges sont beaucoup plus gros que ceux du tatou actuel. Ces premières observations vont jeter le doute dans son esprit, et entrainer des interrogations, nouvelles pour lui, qui ne cesseront plus jamais de le tourmenter...

L'espèce a donc évolué au cours du temps ?!

 

 

Tout dans cette BD m'a plu...

 

Le texte, dont les mots inconnus sont clairement expliqués en bas de page, permettra aux adolescents dès 13 ans, mais aussi aux adultes, de plonger dans l'aventure et d'apprendre davantage de choses sur cette époque : les croyances religieuses, les idées, le respect des anciens et des maîtres, et l'importance de la hiérarchie, le poids de la religion et des traditions par exemple...

Le lecteur apprendra aussi beaucoup de choses sur l'exploration elle-même, sur la vie à bord, les coutumes des marins (comme celle de tondre les novices lorsqu'ils passent l'équateur), la nature sauvage inexplorée, telle que Darwin la découvre, les moeurs des peuples qu'ils rencontrent...

La rencontre avec les indigènes sera mémorable pour Darwin : il réalisera la différence entre l'homme sauvage et l'homme civilisé, et se posera beaucoup de questions sur les raisons de ces différences.

 

Le lecteur apprendra aussi beaucoup d'éléments sur les idées et les aprioris de l'époque en ce qui concerne les sciences bien sûr, mais aussi l'humanité puisqu'il va découvrir comment les êtres civilisés considèrent les "sauvages" ou les esclaves.  

Le lecteur suivra avec grand intérêt, l'évolution des idées chez Darwin, ses croyances religieuses étant mises à l'épreuve par ses découvertes et ses observations au fur et à mesure du voyage. 

 

L'album est étayé d'extraits de correspondance...

Il se termine par un dossier historique comprenant une biographie de Darwin dans sa jeunesse, la présentation du voyage et de l'équipage (avec un plan du Beagle) et un bref résumé sur les différents personnages qui apparaissent dans la BD, y compris les indiens de la Terre de feu. 

Enfin une courte bibliographie et "sitographie" permet au lecteur de poursuivre ses recherches sur Darwin et son voyage.

 

Les illustrations de Fabio Bono nous permettent d'entrer immédiatement dans l'ambiance, tantôt sombre, austère ou plaisante...Le lecteur partage avec Darwin, son émerveillement constant face à la diversité de la nature en particulier quand le navire aborde la forêt luxuriante du Brésil. Les pages sur la nature sauvage sont absolument magnifiques !

 

Le tome 2 abordera plus en détails les théories évolutionnistes de Darwin (qui s'opposeront aux théories créationnistes de l'époque) ainsi que la seconde partie de la vie du célèbre naturaliste. 

 

 

Voilà donc une BD qui ne manque pas d'intérêt pour qui s'intéresse non seulement aux grands explorateurs de ce monde, mais aussi à la nature et à l'histoire des Sciences.

 

Qui ne connaît pas Darwin, l'immense naturaliste, auteur d'une théorie de l'évolution intitulée "L'origine des espèces par la sélection naturelle", théorie qui a révolutionné en son temps, la vision fixiste des scientifiques de l'époque et a permis l'émergence de notre vision du monde et de l'évolution.

Une théorie qui dérange encore aujourd'hui en particulier aux États-Unis où un courant fondamentaliste (=créationniste), relance régulièrement le débat.

 

Une théorie qui affirme (je simplifie) que la terre a été peu à peu colonisée par des êtres unicellulaires, puis de mutation en mutation par des êtres pluricellulaires, plantes et animaux...qui ont évolué peu à peu par la sélection naturelle. Seuls les êtres vivants adaptés à leur milieu de vie ont donc survécu et ont eu la chance de se reproduire et de transmettre leurs gènes aux générations futures...

 

En effet, au siècle de Darwin, la religion avait beaucoup d'emprise sur les pensées et la plupart des scientifiques pensaient que la création était l'oeuvre de Dieu. C'était donc lui seul qui, à leurs yeux, était responsable de la création des espèces animales et végétales, et de leur évolution.

On cite souvent à ce sujet la réaction de l'épouse de l'évêque de Manchester qui, à la lecture du livre de Darwin, aurait déclaré : "Descendre du singe ? Espérons que ce n'est pas vrai...Mais si c'est vrai, prions pour que la chose ne s'ébruite pas !"

 

En attendant de lire le tome 2 de la BD, pour en savoir plus, retrouvez le voyage de Darwin en détails sur le site du CNRS, voyage animé, richement illustré et sonorisé avec lecture d'extraits de textes !

 

Merci à l'éditeur et à Babelio de m'avoir permis de recevoir cette bande dessinée.

 

Qui sont les auteurs ?

 

Christian Clot est le directeur de la collection Explora. Lui-même explorateur et aventurier, il sait de quoi il parle ! 

Il partage sa vie entre exploration et écriture...

Après un premier voyage au Népal en 1999, il participe à de nombreux voyages d'exploration dans différentes parties du monde à pied, en kayak, à la voile ou à cheval...

Ce qu'il aime avant tout c'est découvrir des lieux et surtout, des hommes et des modes de vie authentiques. 

Depuis 2010, il est vice-président de la Société des Explorateurs français. 

Vous trouverez de nombreux éléments sur sa vie dans son blog ICI, et dans son site ICI. 

 

 

Fabio Bono [source Glénat ]

Il est né à Sanremo, en Italie, en 1971.

Il étudie à la Scuola del Fumetto de Milan. Dès 1994, il travaille pour de nombreux éditeurs italiens et étrangers (Corrierino dei Piccoli, Warner Bros, Stratelibri, Chaosium, éditions Piemme).

En 2000, il dessine de la BD historique pour l'éditeur italien Messaggero di S.Antonio Editrice et il crée avec son épouse Marzia la série jeunesse "Nonno Gidio"(8 tomes parus).

En 2009, il dessine la série "Confessions d'un Templier"pour les éditions Soleil (déjà publié 3 tomes). À partir de 2010, il dessine la série "Cathares", pour les éditions Glenat.

Il vit actuellement à Ventimille en Italie, petite ville proche de la frontière française.

 

Découvrez les autres titres de la collection ICI.

 

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 07:09
Prix de la BD FNAC 2016

Prix de la BD FNAC 2016

Un renard timide, gringalet et bien trop gentil tente de devenir un prédateur redoutable...

Mais chaque fois qu'il s'introduit dans le poulailler voisin, il ne réussit même pas à faire peur aux poules, alors, de là à en attraper une ! 

Le cochon et le lapin le prennent en pitié et lui offrent des navets pour le consoler. Sans eux, il serait déjà mort de faim depuis longtemps. 

Un jour, son ami le loup, lui conseille d'aller voler des oeufs dans le poulailler, puis de les couver jusqu'à ce qu'il en sorte des poussins, puis de les élever pour les faire grossir avant de les...croquer.

 

Mais le renard s'attache aux petits poussins qui le prennent pour leur mère et sont persuadés d'être des renards. Il devient un véritable papa poule attachant et attendrissant au possible... 

Réussira-t-il à empêcher le loup de les dévorer ?

 

 

Quel suspense...A partir de cette histoire toute simple, l'auteur nous livre les mésaventures d'une micro société formée par les animaux de la ferme.

Dans le poulailler, les poules revendicatrices se sont associées pour former un club installé à chaque réunion près de la niche du chien de garde, un chien plutôt paresseux et qui ne garde rien du tout.

Les lapins ne sont pas très malins...

Les poussins fréquentent une école moderne, où l'on pratique de multiples activités et où se prépare un super spectacle de fin d'année.

Quant aux cochons à vous de le découvrir...

 

Peut-on choisir d'être qui l'on veut dans la logique biologique imposée par la nature quand on est un renard ?

Peut-on choisir de sortir du chemin auquel nous sommes (pré)destinés ou de celui imposé par la société quand on est un être humain ?

 

Le dessin est vif et très expressif. Les situations sont pleines d'humour. 

L'histoire est découpée en vignettes mais sans case et le texte est situé dans des bulles imaginaires (sans bordure non plus).

Du coup l'histoire est aussi fluide que si on lisait un roman ! 

 

C'est un livre pour tous les âges, à lire en famille et à expliquer aux plus jeunes.

Bien sûr, les plus grands verront au-delà de la tendre et amusante histoire de ce trop gentil renard, une fable féroce, une critique de nos relations familiales et de notre société, car les humains, vous vous en doutez ne sont pas très loin...

 

Eclats de rire garantis !  

 

Cette BD a obtenu le Prix de la BD FNAC 2016 parce qu'elle le mérite bien...et le Prix Jeunesse du Festival d'Angoulême 2016.

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 07:07
La tectonique des plaques / Margaux Motin

 

J'avais déjà eu l'occasion de voir les dessins de Margaux Motin et de visiter son blog... (bien sûr elle est aussi sur facebook) mais je ne m'étais jamais plongée dans une BD entière.

 

Si vous pensez ne plus avoir l'âge, puisque partout on voit écrit que ses albums s'adressent surtout aux jeunes trentenaires, parisiennes et forcément modernes puisqu'il n'y a que les parisiennes qui le sont...(quand j'avais trente ans c'était déjà le cas dans les journaux féminins) vous avez tout faux !

 

En effet je reste persuadée que ses dessins et ses albums s'adressent à toutes les femmes...qui ont été un jour amoureuse, qui ont eu des enfants, qui ont travaillé ou pas, qui se sont senties coupables de ne pas assez s'occuper de leurs enfants, qui ont des copines avec qui elles partagent confidences et fous-rires, qui se sont un jour senties dépassées par une situation, stressées, ou impatientes, qui ont vécu ou ont eu peur de vivre une rupture...et qui ont une mère, la vie quoi !

 

Et c'est cette vie que je retrouve dans ces dessins pleins d'humour, qui racontent les mésaventures de l'auteur mais dans lesquels, vous l'aurez compris, toutes les femmes se reconnaîtront, même si je reste persuadée que la plupart des trentenaires ne vivent pas, fort heureusement (!) dans les excès en tous genres décrits dans la BD...mais peut-être que je me trompe (?)

 

En tous les cas, cette jeune femme passionnée, un poil déjantée, qui retrouve l'amour après une rupture et change radicalement de vie, nous touche par sa sensibilité à fleur de peau...et nous surprend par sa lucidité et sa capacité d'auto-dérision...

 

Nous avons toutes été des adolescentes, puis des jeunes femmes et souvent des mères...et nous le sommes encore au fond de nous (là je crois que je parle un peu pour moi...).

 

Ce côté "jeune maman débordée" m'a bien fait rire et la maturité de la petite fille est très amusante aussi...quand à la grand-mère qui fait la morale. Non ce n'est pas moi, car je n'ai pas de fille, mais peut-être ce que parfois nous pensons très fort  ! 

 

Le dessin au trait tout en finesse sait rendre parfaitement le dynamisme...mais aussi la poésie, l'émotion et l'humour du texte. 

Les situations sont pleine page ou étalées sur plusieurs pages.

 

Ci-dessous quelques citations...à vous de retrouver dans l'album, les dessins qui vont avec !

 

Après une séparation, tu fais un genre de crise d'adolescence et tu pars en quête de celle que tu as sacrifiée sur l'autel de l'institution du couple: la folle, la tarée, la déglingos, le génie créatif, la rebelle, l'antéchrist de la vie conjugale. Après une séparation, quel que soit ton âge, tu as 14 ans.

La vérité sort de la bouche des enfants...mais ça serait bien que des fois, ils ferment leur petite gueule.

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai appris à développer un système de défense imparable contre la douleur. Un genre de technique Ninja d'anticipation redoutablement efficace qui paralyse l'ennemi...et me permet d'éviter torture et souffrance.

Les devoirs : un grand moment de partage, d'amour et de sérénité...

 

Une Bande dessinée remarquable à offrir pour le plaisir de la partager et de prendre un peu de recul par rapport à nos défauts.

 

A noter dans cette BD, le lecteur voit apparaître un nouveau personnage, c'est Pacco (Pascal Dorwling Carter). C'est le prince charmant...

Lui aussi est dessinateur. 

 

Qui est l'auteur ?

 

Née en 1978, Margaux Motin est dessinatrice. 

Après un bac d'Arts plastiques et des études d’Arts appliqués à l’ENSAAMA Olivier de Serres, Margaux fait plein de petits boulots.

Puis elle se lance dans l’illustration de presse chez "Muteen", puis Cosmopolitain, Marie-Claire, Elle, Glamour...et dans la publicité (La Redoute par exemple). 

Elle lance son blog en 2008.

Très vite son style imparable et son humour déjanté la rendent populaire.

Elle publie deux recueils contenant pour la plupart des dessins déjà édités sur son blog. 

"J’aurais adoré être ethnologue" et "La Théorie de la contorsion" aux éditions Marabout.

Dans ces recueils, elle raconte sa vie de trentenaire et livre des anecdotes truculentes. 

 

En 2009, elle collabore avec Florence Foresti (vous trouverez des dessins sur son blog) pour les illustrations du DVD de son spectacle " Mother Fucker". 

 

Elle travaille aujourd’hui avec Pacco, son « jumeau maléfique » sur la série BD "Very Bad Twinz", en prépublication dans le magazine Fluide G et en album chez le même éditeur.

 

Il n’y a rien de plus féministe que d’assumer ses choix et de les vivre sans se laisser imposer de diktats ! 

Les albums déjà parus...
Les albums déjà parus...
Les albums déjà parus...

Les albums déjà parus...

Ceux avec Pacco...
Ceux avec Pacco...

Ceux avec Pacco...

Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...
Albums ou livres simplement illustrés...

Albums ou livres simplement illustrés...

Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...
Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...
Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...
Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...
Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...

Les "gadgets" pour apprendre à s'organiser...

Les albums pour les tous petits (certains sont introuvables car épuisés)
Les albums pour les tous petits (certains sont introuvables car épuisés)
Les albums pour les tous petits (certains sont introuvables car épuisés)
Les albums pour les tous petits (certains sont introuvables car épuisés)

Les albums pour les tous petits (certains sont introuvables car épuisés)

 

Et pour finir je vous donne ici une image à intégrer dans un de vos articles...

 

J'ai récupéré ce coeur de l'amitié sur le blog de Nell.

 

Sans obligation bien sûr, autre que de signaler où vous l'avez trouvé à votre tour...

Le coeur de l'amitié à intégrer dans un de vos articles !

Le coeur de l'amitié à intégrer dans un de vos articles !

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 08:00
(Gallimard-BD, 2015)

(Gallimard-BD, 2015)

Fauve d'or Angoulême 2016.

 

J'ai décidé de me remettre à lire quelques BD en 2016 et j'essaie de m'y tenir. 

 

"Ici" n'est pas à proprement parlé une BD.

C'est en fait un roman graphique qui raconte l'histoire d'un lieu, une simple pièce dans une maison américaine de style colonial, dont les principaux repères immuables sont la fenêtre et la cheminée.

Le lecteur voit défiler tous les êtres qui sont venus y vivre à travers les siècles, voire les millénaires, puisque l'histoire remonte bien avant la présence de l'homme sur les lieux et s'étale de 800 000 ans avant J.-C. à 2314 !

 

Mais les premier et dernier tableaux se situent en 2014...

 

Les premières pages sont vides et personne n'a l'air d'habiter les lieux puis soudain en 1957, une femme ne sait plus ce qu'elle venait chercher dans la pièce comme cela nous arrive parfois et l'histoire commence !

 

Dans cet espace, les existences se croisent sur la même page ou sur des pages différentes, se répondent, puis disparaissent à jamais. 

L'auteur se permet même un petit clin d'oeil vers l'avenir jusqu'en 2313...

 

Pour saisir ces instants, le lecteur n'a donc que des bribes de phrases dont il ne peut que deviner le contexte, des instants fugaces, des jeux d'enfants dont on perçoit sans difficulté le bruit, des instants de tendresse, d'attentions répétées ("tu as tes clés ? ta montre ?"...).

Des mystères restent entiers : on ne saura pas ce que le cambrioleur a volé en 1997, ni qui est mort en 1916, ni pourquoi deux individus se disputent en 1910, ni qui se marie en 1990....

 

Des événements se répètent à des décennies d'intervalle...comme les photos des enfants sur le canapé par exemple. Parfois ce sont les mêmes enfants qui grandissent...parfois non.

On suit certains personnages  la même année, sur plusieurs pages ou au contraire, on ne les verra plus jamais. 

 

C'est magique, cela donne le tournis, notre imagination galope et nous fait réfléchir au temps qui passe.

 

C'est une BD que l'on prend le temps de regarder, qu'on peut ouvrir au hasard des pages sans problèmes car il n'y a pas de sens de lecture préconisé. On n'a qu'une envie d'ailleurs c'est d'y revenir, de lire et relire tel dialogue, ou de visionner telle page, car une foule de détails nous échappent à la première lecture. 

 

Il ne s'agit que de petites histoires de la vie quotidienne qui n'ont pas un réel intérêt sorties comme elles le sont de leur contexte. Non, ce qui fait la force de ce roman graphique, c'est le point de vue duquel on se place pour regarder ces bribes de vie. Car le lecteur ne change jamais de place : il est là où le dessinateur a ouvert la "fenêtre" et y restera jusqu'à la fin...

 

C'est très original...

 

Après la lecture je me suis mise à songer à certains lieux que j'aime...ce serait merveilleux d'en connaître l'histoire exacte, de pouvoir comme dans "Ici", y voir vivre les différentes générations qui s'y sont succédées et qui lui ont donné une âme.

 

Le dessin tout en subtilité est soit tout simplement au crayon, soit à l'aquarelle ou bien les images sont composées de collages...

 

Vous pouvez visionner quelques vignettes sur le site du Nouvel obs.

Le lieu en 1957...

Le lieu en 1957...

Et en 1623...

Et en 1623...

L'auteur Richard McGuire est né dans le New Jersey en 1957 et vit aujourd'hui à New York. Graphiste de formation, il se révèle un incroyable touche-à-tout et ouvre de nouvelles portes dans tous les domaines qu'il aborde.

À l'origine de quelques fameuses couvertures du «New Yorker», il est aussi l'auteur de livres pour enfants salués par la critique.

Mais c'est en bande dessinée qu'il marque durablement les esprits avec, en 1989, la publication des six planches de «Here» dans le magazine «RAW» d'Art Spiegelman.

Au début des années 2000, il entre en résidence à la Maison des auteurs à Angoulême et participe au long-métrage d'animation «Peur[s] du noir».

Vingt-cinq ans après sa première version, Richard McGuire déploie le concept de «Here» en plus de trois cent pages, dans une grande fresque de la mémoire et de la vie.

L'idée lui est venue lorsqu'il s'est installé dans sa maison de Perth Amboy dans le New Jersey, explique-t-il dans une interview sur France Inter. 

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 08:38
Edition "6 Pieds sous terre", 2015

Edition "6 Pieds sous terre", 2015

Un homme est pris à partie à la caisse d'un magasin parce qu'il a oublié sa carte de fidélité restée dans son autre pantalon. Rien de bien grave me direz-vous...

Mais pas du tout, vous vous trompez fortement ! 

La vendeuse appelle le vigile. Il demande aussitôt à l'homme de le suivre.

Celui-ci bien sûr se fâche puisque personne ne le croit : il  menace le vigile d'un poireau.

Dès lors tout bascule dans l'absurde et dans le non-sens.

L'homme se sauve...

La direction prend l'affaire en main et la police est prévenue.  Elle vient interroger les témoins. L'homme pendant  ce temps  s'enfuit en stop, le plus loin possible de sa famille. 

Les médias s'emparent de l'affaire, donnent son signalement, le décrivent comme un homme dangereux et apprennent aux auditeurs que cet homme appartient à une minorité peu connue mais à surveiller : c'est un auteur de BD !

 

 

- Et comme par hasard c'est un auteur de BD... Je te les foutrais tous dans un charter moi et hop, direction Bruxelles.
- Non mais attends comment tu peux dire un truc pareil ?! C'est ignoble !!
- Amandine...
- Pour toi, tous les auteurs de BD ont pas leur carte du magasin, c'est ça ? Bonjour le cliché dégueulasse...
- Amandine, ne caractérise pas, ton père n'a pas dit ça...
- Je dis juste que voilà, à force...

 

L'affaire est  montée en épingle.

La psychose gagne les familles qui ne laissent plus jouer les enfants dehors. 

 

 

- Pierre-Kévin, où vas-tu?
- Je vais jouer dehors avec Jean-Hugo...
- Tu sais, ces temps-ci, je préférerais que tu restes dedans..
- Mais pourquoi?
- Avec ce voyou qui rôde...
Imagine qu'il te kidnappe et te séquestre dans une cave en te mettant des objets dans les fesses...
- Quoi comme objets?
- Bah je sais pas, des bouteilles de Perrier, par exemple...
- De 1,5L?
- Nooon, des petites de 33 cl...
- Aaah, tu m'as fait peur!
- Ah ah ah, non, quand même, 1,5L, t'imagines?...

 

Recherché par la police comme un véritable malfaiteur, l'homme est traqué jusqu'à l'autre bout de la France, là où les médias n'arrivent jamais... en Lozère ! 

 

Est-il réellement dangereux ? Cette question divise la société... 

Même les spécialistes sont invités à donner leur avis sur l'affaire et je ne vous parle pas des politiques !

 

Il est vrai qu'avoir sa carte de fidélité permet d'obtenir plein d'avantages que certaines familles apprécient...

 

 

Mon avis

 

Voilà une BD tout à fait hilarante mais il faut bien reconnaître que parfois on rit "jaune".

En effet tout le monde en prend pour son grade : les voisins, les gendarmes, le personnel et la direction des supermarchés, les médias, le héros...et même NOUS et tous les autres citoyens ! 

Notre société de consommation est disséquée.

Bien sûr les cartes de fidélité deviennent la cible des critiques car on sait bien qu'elles sont une façon détournée de tout savoir sur NOUS : notre compte en banque, nos habitudes de consommation, nos loisirs...

 

Le récit décalé est parfaitement délirant et donne l'occasion de situations absurdes ou tout simplement de conversations dénuées de tout bon sens.

J'ai adoré celle où le présentateur de télé en train de passer en direct au JT est pris à partie par sa femme qui râle parce que tous les soirs à 20 heures elle aimerait bien passer à table et qu'encore une fois le repas sera froid...

Ou l'interrogatoire du directeur du supermarché qui répond aux questions comme s'il était lui-même interrogé, alors qu'on lui parle du fugitif... 

Ou bien encore lorsque le lecteur réalise la punition qui attend le fugitif pour son crime...

 

Et bien d'autres passages puisqu'à chaque page, la chute est surprenante !

 

- Fais pas le con ! Rends-toi et tout se passera bien !
- Je veux pas aller en prison ! Mes filles vont trop me manquer ! En plus j'ai une illus' à rendre pour lundi...
- Je te promets que t'iras pas en prison ! Si tu te rends calmement, tu t'en tireras avec 25 min de karaoké grand max !
- Quoi ?! Mais puisque je vous dis que je suis innocent !
- Du calme, mon garçon, du calme... Avec un peu de chance, ce sera des chansons faciles...
- Oui mais si c'est "Mon fils ma bataille" de Balavoine ?
- Il nous fait une crise de panique, on le perd...

Les personnages sont tous d'un naturel désopilant dans ces situations de la vie quotidienne. Ils se lâchent et parlent sans aucune culpabilité de leurs peurs...

C'est si réaliste que c'est ce qui m'a fait le moins "rire" car au fond c'est exactement ce qui se passe dans notre société en ce moment...

 

C'est donc un récit entre faits divers et road movie où l'auteur décrit une société excessive qui provoque par ses réactions tout un enchainement de propos tous plus absurdes les uns que les autres et sans lien avec le fait de départ...mais tellement crédible !

 

Le dessin minimaliste tout en vert et noir permet de se focaliser sur les situations et les propos plutôt que sur les décors ou les expressions. 

 

C'est une BD à lire absolument car l'auteur à travers ces scènes de la vie ordinaire, nous interpelle sur l'intolérance et beaucoup d'autres sujets pas si anodins que ça ! 

 

Un autre avis chez Mimi sur le blog "Mes petites boîtes" vous allez me dire ENCORE chez Mimi ! J'y peux rien moi !

Je ne savais pas qu'elle l'avait lu aussi et qu'elle avait aimé :)

 

 

Les récompenses

 

Grand Prix de la critique ACBD 2016 (attribué en décembre 2015) 

l' ACBD = L'Association des Critiques et journalistes de BD.

 

- Prix Quai des Bulles 2015 au Festival de Saint Malo, décerné par un jury de lecteurs. 

 

- "Coup de coeur"du prix Landerneau de la BD (prix attribué à Manu Larcenet pour le rapport de Brodeck).

 

Pour les Prix à venir...la BD fait partie de la Sélection 2016 du Prix Polar SNCF, catégorie BD.

 

 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 10:32
Fauve d'or du festival 2016

Fauve d'or du festival 2016

Le 27 janvier dernier je donnais aux amateurs de BD quelques infos sur le festival d'Angoulême...

Le palmarès officiel 2016 a bien été rendu et se trouve à présent sur le site officiel du festival.

 

Je suis étonnée car pendant longtemps, chaque année, les médias parlaient longuement du festival. Cette année j'ai surtout entendu parler des polémiques autour du festival. C'est bien dommage !

 

Le Grand Prix du Festival d'Angoulême 2016 a été attribué à Hermann auteur d'une centaine d'albums. Il succède à Katsuhiro Otomo.

C'est un dessinateur et un scénariste autodidacte et passionné. En tandem avec Greg, il a conçu dans les années 60, la série de BD d'aventures Bernard Prince qui est d'abord publiée dans le journal Tintin. On lui doit plusieurs séries de BD comme "Les Tours de Bois-Maury" ; "Comanche" ; "Jeremiah"...

 

Amateur de BD, retrouvez -le sur son site officiel ICI ; sur sa page Facebook ICI.; ou communiquer avec lui sur twitter ICI.

 

Et retrouver sa biographie complète et sa bibliographie en cliquant sur le lien ci-dessous, puis écoutez-le lors de l'émission de Bunuel "La Grande Librairie" du 28 janvier dernier.

 

Hermann a été reçu le lendemain de la réception du prix, à la Grande Librairie.

 

La dernière polémique autour du festival...dont vous avez certainement déjà entendu parler !

 

Après avoir dans un premier temps annoncé un faux palmarès, les organisateurs ont finalement primé «Ici» de Richard McGuire (Fauve d'or 2016).

 

L'animateur de la soirée Richard Gaitet a voulu faire une blague qui n'a pas du tout été bien vécue par les artistes.

Il y a de quoi en effet...

Le canular ne passe pas et n'a pas fait rire les auteurs et éditeurs présents (et cités).

Quand on entend son nom au micro, on ne peut pas s'empêcher d'y croire. Rien de plus humiliant que de découvrir que c'était une blague...surtout lorsque les réseaux sociaux ont dans l'immédiat déjà publiés les fausses infos. 

En effet tout est allé très vite !

Heureusement quand même que les auteurs n'ont pas été appelés à monter sur scène car l'info n'a été démentie par l'animateur lui-même qu'au bout de 9 longues minutes...

C'est long... 9 minutes quand on pense avoir gagné un prix auquel on ne croyait pas.

 

Le responsable de cette stupide entrée en matière a fait son mea culpa par écrit. Voir l'article du monde du 31/01/2016 à ce sujet.  

 

Certes la BD est un art qui fait très souvent appel à l'humour.

Je n'y étais pas, mais bon cette blague-là, d'après moi, est plutôt de mauvais goût. 

Décidément pour une fois que j'avais décidé de parler un peu de ce festival...tout va de mal en pis.  C'est dommage, car du coup cela discrédite le sérieux de la profession déjà mise à mal par la conjoncture actuelle.

Entre la polémique lié à l'absence de femmes dans la sélection (ce qui a été réparé au dernier moment) et  ette blague qui a eu lieu lors de la remise des prix, je trouve que les organisateurs devraient se poser des questions...

 

Bon, les Editions Cornélius concernées par la blague ont décidé de réagir avec humour et d'apposer sur leur BD "Les intrus" un sticker "Faux-fauve Angoulême 2016".

Une façon d'amener le public à les soutenir et sans aucun doute à lire leur BD... 

 

Faux fauve d'Angoulême 2016

Faux fauve d'Angoulême 2016

 

En bref, voici donc les Prix réels...

 

- Le Fauve d'or a été attribué à ICI de Richard McGuire (Gallimard)

 

Puis les Fauves d'Angoulême...

 

- Le Prix du Public (Cultura)  a été attribué à "Cher pays de notre enfance, Enquête sur les années de plomb de la Vème république", de Benoit Collombat et Etienne Davodeau (Futuropolis).

 

- Le Prix special du Jury a été attribué à "Carnet de santé foireuse", de Pozla. (Delcourt).

 

- Le Prix de la série a été attribué à "Ms. Marvel tome 1", de Adrian Alphona (dessinateur) et G. Willow Wilson (scénario). (Panini Comics).

 

- Le Prix Révélation,  à "Une étoile tranquille" – Portrait sentimental de Primo Levi, de Pietro Scarnera (Rackham).

 

- Le Prix Jeunesse qui est également le Prix BD FNAC 2016 cette année  est "Le grand méchant renard", de Benjamin Renner (Delcourt).

 

- Le Prix du Patrimoine à "Père et fils – Vater und Sohn – L’intégrale", de Erich Ohser et E. O. Plauen (Warum).

 

- Le Fauve Polar SNCF  à "Tungstène", de Marcello Quintanilha (dessinateur), Christine Zonzon (traduction) et Marie Zeni (traduction) (éditions çà et là).

 

- Le prix de la BD alternative a été attribuée à une revue Laurence 666 (dont le numéro 5 vient de paraître)

 

Et les Prix Découvertes 2016  (prix Jeunes Talents ; Prix Challenge Digital ;  prix des lycées de Poitou-Charente ; Bd scolaire ...) que vous pouvez découvrir en cliquant ICI.

 

Peut-être bientôt, retrouverez-vous ici quelques chroniques sur ces BD...qui sait ?

 

 

Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...
Les vrais primés 2016...

Les vrais primés 2016...

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 08:03
L'affiche 2016, réalisée par le vainqueur du Grand Prix 2015, le japonais Katsuhiro Ōtomo

L'affiche 2016, réalisée par le vainqueur du Grand Prix 2015, le japonais Katsuhiro Ōtomo

 

 

Le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême a été créé officiellement en 1974, deux ans après une exposition intitulée "Dix millions d'images".

Dès la première année, des auteurs de BD prestigieux s'y retrouvent comme Hugo Pratt et André Franquin. 

Il devient le festival international de BD le plus connu d'Europe et dès les années 90, les plus grands auteurs et les éditeurs du monde entier s'y réunissent...

 

 

Retrouvez l'historique complet et les affiches du Festival, année par année, sur le fichier ci-dessous...

 

Pour connaître le programme complet des rencontres, concours (Jeunes Talentsconcours de la BD scolaireChallenge digital, BDJeune Création...) expositions, ou les modalités d'attribution des prix qui marqueront ce 43 ème Festival (du 28 au 31 janvier), rendez-vous sur le site du Festival ICI

 

 

Présentation de l'exposition de Jirô Taniguchi

 

Les prix attribués lors du Festival de BD, appelés désormais les Fauves d'Angoulême, sont décernés par des jurys distincts.

 

Ce sont les membres du Comité de Sélection qui oeuvrent toute l'année pour définir les albums qui feront partis des  listes de finalistes.

Ces cinq sélections  sont : Sélection officielle, Sélection Polar SNCF, Sélection Patrimoine, Sélection Jeunesse et Sélection Bande dessinée alternative.

 

Tout est expliqué sur la page dédiée aux prix du festival.  

 

Tout d'abord, chaque année, un auteur se voit récompensé pour l'ensemble de son oeuvre par le Grand Prix de la ville d'Angoulême.

 

Puis le Fauve d'or récompense un album paru dans l'année précédente.

 

Il y a ensuite : le prix special du jury ; le prix de la série ; le prix Révélation qui récompense un jeune auteur ou un premier album ; enfin le prix du Patrimoine mettant en valeur une réédition. 

 

A ces prix il faut ajouter : 

- le prix jeunesse.

- le prix du public Cultura, organisé par l'enseigne depuis 2013, faisant suite à la FNAC. 

- le prix de la Bande dessinée alternative (attribué à un fanzine)

- et enfin le fauve polar SNCF

 

La programmation 2016

J'y crois pas ! Sommes-nous bien au XXIème siècle ?

 

Une polémique importante a vu le jour depuis le début janvier car il n'y avait aucune femme, auteur de BD parmi les 40 albums sélectionnés en début de saison !

 Les auteurs n'y sont pour rien bien sûr. Ils ont même été nombreux à protester. 

 

Après l'annonce du départ de Riad Sattouf, nominé en 2016, et Prix du Meilleur album en 2015 pour son album "L'arabe du futur" et devant la mobilisation générale sur les réseaux sociaux, les organisateurs se sont dépêchés de rajouter quelques noms...

 

No comments !

 

Allez...sans rancune, à bientôt pour les résultats !

 

 

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 08:30
Prix de la BD FNAC 2016 (4ème édition)

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce prix en est à sa quatrième édition. 

Le prix de la BD FNAC a en effet été créé pour la première fois en 2012. Il permet de faire connaître la diversité des titres et des auteurs de BD.

 

Le principe est le même que pour le Prix du Roman FNAC : c'est le public qui vote parmi une sélection proposée.

Le public désigne ainsi 6 finalistes parmi les 30 BD proposées par les libraires de la FNAC.

Le vote est clos depuis le 14 décembre dernier. 

 

Les six finalistes 2016 étaient :

California Dreamin, de Pénélope Bagieu, (Gallimard BD)

Cher Pays de notre enfance, d’Étienne Davodeau et Benoît Collombat (Futuropolis)

Le Grand méchant renard, de Benjamin Renner (Delcourt)

Le Piano oriental, de Zeina Abirached (Casterman)

Le Sculpteur, de Scott McCloud (Rue de Sèvres)

Undertaker, tome 1, de Ralph Meyer et Xavier Dorison (Dargaud). Le tome 2 vient de sortir à l'automne.

  [source : l'article de ActuaLitté]

 

Le lauréat vient d'être dévoilé cette semaine.

Il s'agit de Benjamin Renner (co-réalisateur du film "Ernest et Célestine"), pour sa BD intitulée "Le grand méchant Renard", publiée aux Editions Delcourt. 

Il fait suite à Wilfrid Lupano (lauréat 2015) pour "Un océan d'amour" écrit avec Grégory Panaccione. C'est l'auteur d'une BD que j'avais beaucoup aimé : "Le singe de Hartlepool".

 

Dans "Le grand méchant Renard", l'auteur raconte l'histoire d'un renard qui vient chercher conseil auprès d'un loup car il n'est pas capable de chasser seul et de se nourrir.  Il rêve d'être fort et cruel... mais ne fait hélas, peur à personne. Comment devenir un véritable prédateur capable de terrifier les autres animaux ?  

Ensemble ils vont devoir trouver des solutions. Le renard se met à voler des oeufs, et oublie qu'avant de devenir des poules, il devra élever des poussins...mais que ces petites créatures peuvent être attachantes...

Le voilà avec d'autres bouches à nourrir, car il est devenu un papapoule, heureux et tyrannisé par sa progéniture d'adoption.

C'est une histoire singulière, bourré d'humour et de tendresse qui casse les clichés sur la gent masculine.

 

Pour en savoir plus, sur l'auteur rendez-vous sur le site de la FNAC.

Retrouver aussi sa biographie sur le site Bédéthèque.

 

Je n'ai pas encore eu le temps de lire cette BD.

Mais ce qui est sûr c'est que cela me donne très envie de me replonger dans ce type de lecture...

 

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 18:35
Le Tour de Valse / Pellejero -Lapière

J'avais lu cet album au moment de sa sortie chez Dupuis en 2004...A l'époque je travaillais auprès de jeunes lycéens et ils avaient particulièrement aimé ce récit proche de la réalité.

 

Aussi lorsque je suis tombée sur cette BD à la Médiathèque, je n'ai pas pu m'empêcher de l'emprunter pour la relire, étant donné que j'ai plongé depuis un certain temps dans la lecture d'auteurs russes.

 

De plus, un spectacle a été tiré de ce récit et fait un tabac dans la presse. Il sera joué au Festival OFF d'Avignon cet été ...

 

 

De quoi ça parle ?

 

La BD raconte l'histoire d'une famille russe brisée par l'Histoire.

Kalia et Vitor sont jeunes et amoureux. Ils se marient et ont deux beaux enfants, Serioja et Voulia. Mais leur bonheur en famille sera de courte durée. 

 

En 1946, Vitor Kolonieitsev est arrêté et déporté en Sibérie au camp de Taïchet. Il est condamné à dix ans de rééducation par le travail sans savoir de quoi on l'accuse et n'a le droit de communiquer que deux fois par an avec sa femme Kalia.

 

Elle se débrouille seule malgré le fait qu'elle est considérée comme la femme d'un zek, un "ennemi du peuple". Elle décide, avec ses deux enfants, d'écrire un livre qui racontera l'histoire de Vitor. Le "livre de papa" leur permet de garder espoir...

Mais un jour,  Vitor demande à Kalia de cesser de lui écrire, car ses lettres lui font trop de mal...

 

A la mort de Staline en 1953, tous les prisonniers encore en vie reviennent des camps et retrouvent leur famille. Ce n'est pas le cas de Vitor.

Kalia, tenace, décide de se rendre en Sibérie pour comprendre pourquoi son mari ne rentre pas.

 

Là-bas, elle va gagner peu à peu la confiance des habitants qui ne parlent jamais de ce qu'ils ont vu. C'est ainsi qu'elle apprend par un ancien zek, resté dans la région car il n'a plus nulle part où aller, que Vitor, qu'il a bien connu, est toujours en vie. Il sait où il se trouve et raconte à Kalia leurs conditions de vie dans les camps et l'instauration d'une pratique particulièrement perverse : le tour de valse. Une sorte de  récompense pour les meilleurs travailleurs...

Bien sûr ne comptez pas sur moi pour vous la décrire. Cette pratique qui met un peu d'espérance et de joie dans la vie quotidienne des prisonniers, leur procure aussi beaucoup de douleur et de culpabilité.

C'est le cas de Vitor qui ne peut rentrer chez lui...

 

 

Ce que j'en pense

 

Il s'agit d'une poignante histoire d'amour, terrible et cruelle car elle se passe dans un pays dévasté par le régime stalinien mais c'est un récit toujours plein d'espoir.

 

Les ados apprendront beaucoup de détails sur les ravages psychologiques d'un régime totalitaire.

 

Le personnage de Kalia ne pourra pas vous laisser indifférent. Elle est prête à tout pour retrouver l'homme qu'elle aime, qu'elle a attendu toutes ces années et qui est le père de ses enfants. Elles laissent d'ailleurs ses enfants seuls pour le rechercher et acceptera avec pudeur et beaucoup de sensibilité, les coups du sort qui empêchent son mari de revenir vers sa famille.

Toute la BD est baigné de sa tristesse, mais aussi de son espoir et de cet amour qu'elle lui porte sans relâche.

 

Le dessin est superbe à la fois très sombre et très réaliste. Les personnages sont expressifs et rendent le récit encore plus émouvant.

Une excellente BD à faire lire à vos ados dès le collège (13-14 ans) et à lire absolument.

 

 

Qui sont les auteurs ?

 

 

Le scénario a été écrit par Denis Lapière. C'est un auteur belge qui signe aussi sous le pseudo de Delaney. Il a débuté dans "Spirou" en écrivant des histoires courtes.  Il vous raconte tout sur son site perso ICI, y compris sa biographie...

Depuis 2010, il a écrit la série "Alter Ego" et les nouvelles aventures de "Michel Vaillant"  avec Philippe Graton.

 

 

Ruben Pellejero a dessiné l'album.

Né près de Barcelone en 1952, il devient dessinateur professionnel en 1970 et ne se tourne vers la bande dessinée qu’en 1982. Il est le dessinateur et le coloriste de séries connues comme le western en deux tomes "Loup de pluie", "Le silence de Malka" et  la BD historique "Secrets-l'écorché" en deux tomes également.

 

Et le spectacle alors ?

 

Il a vu le jour d'après une idée originale de Tony Canton. Il s'agit d'une BD-concert, d'un roman graphique musical en quelque sorte...

 

La BD est projetée sur grand écran en montage-video dans son intégralité.

Le spectacle est mis en musique par deux artistes : Tony Canton (violon, percu...) et Jean-Pierre Caporossi (piano, clavier, percu...).

 

Ce spectacle est en tournée dans toute la France et sera visible au festival off d'Avignon cet été.

 

Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à vous rendre sur le site ICI.

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 07:37
Mon fiancé chinois / Laure Garancher

 

De quoi ça parle ?

Aujourd'hui est un jour particulier pour Pad : Kim, sa petite fille se marie ce soir.

Alors maintenant que cela fait près de 50 ans qu'elle a quitté le Vietnam pour se marier en Chine, elle se souvient...

Elle est issue de la minorité Hmong, un peuple vivant dans le nord du Vietnam et très attaché à sa culture, à ses traditions, à sa langue et à son indépendance.

Parce qu'elle a eu une déception sentimentale, elle a quitté les montagnes du Nord du Vietnam pour la Chine.

Là-bas à cause de la politique de l'enfant unique, dans certaines familles, les femmes qui attendent des filles se font avorter. Donc devenus adultes, il y a trop de garçons et beaucoup de célibataires...

Tao, fils unique d'un couple de restaurateurs, ne trouve pas de femme et accepte d'épouser une vietnamienne. C'est comme ça que Pad quitte son pays natal, sa famille, ses coutumes pour adopter celles des chinois. Tout les oppose, la langue, les traditions et pourtant...

 

 

La BD est une chronique familiale et sociale.

C'est un récit à plusieurs voix, composé de cinq parties. Pad donne la parole d'abord à sa belle-mère chinoise, puis à sa mère du clan des Hmong, à son mari Tao avant d'évoquer sa propre enfance et d'expliquer pourquoi elle a quitté le Vietnam. Puis enfin elle évoque sa propre vie, une fois mariée.

 

Lan, la belle-mère de Pad, a eu un mariage arrangé avec un parfait inconnu, mais l'astrologue a dit que les thèmes de leurs horoscopes correspondaient...Elle épouse donc Chang et part vivre dans sa belle-famille, comme le veut la tradition. Cependant il faut absolument que le couple ait un garçon et la famille l'oblige à avorter, lorsqu'elle apprend qu'elle attend une fille...

 

Huong, la mère de Pad, était vietnamienne et appartenait au clan des Hmong. Elle vivait dans les montagnes dans un village isolé où il fallait travailler dur toute la journée pour cultiver le riz et s'occuper des bêtes.

Sa mère avait eu huit enfants et était morte lors de la naissance du dernier.  Il fallait donc que Huong s'occupe de la fratrie. Heureusement sa propre grand-mère l'aide et lui transmet les traditions.

La grande foire de la ville qui a lieu deux fois par an, permettait aux jeunes des différents clans de se retrouver et de choisir un partenaire.  Il était absolument interdit de se marier avec une personne du même clan...

 

Tao, le mari de Pad, était l'unique héritier d'un riche couple de restaurateurs. Gâté, à cause de la politique de l'enfant unique, donc enfant-roi à qui on passe tous ses caprices, il a passé son enfance en Chine. L'envers du décor est qu'il a subi de nombreuses pressions pour réussir à tous prix et faire honneur à sa famille.

Lorsqu'il n'arrive pas à trouver une compagne travailleuse qui puisse l'aider au restaurant, il accepte d'épouser une vietnamienne, c'est Pad.

 

N’ayant pu épouser son cousin, alors qu'ils s'aiment depuis leur enfance, Pad accepte de quitter sa famille et de partir en Chine. Elle ne connaît ni la Chine, ni la langue, ni Tao qui devient pourtant son mari. En échange sa famille reçoit de l'argent.

 

Le lecteur découvre plusieurs personnages appartenant à plusieurs générations de deux familles, de deux peuples différents. Il parcourt les régions et les villages et apprend leurs coutumes, l'importance et le poids de la famille, les différences d'éducation et leurs conséquences, et l'évolution des modes de vie.

 

Un premier one-shot de Laure Garancher plutôt plaisant. Une plongée dans l'histoire des femmes...et le choc des traditions.

 

Un arbre généalogique, situé en fin d'ouvrage, permet aux plus jeunes lecteurs de se repérer dans les personnages. Personnellement je l'ai trouvé après ma lecture et je n'en ai pas eu besoin...

 

A noter : L'auteur a passé plusieurs années au Vietnam pour l'OMS. Elle connaît donc bien l'histoire de ce pays. Elle a appris à dessiner avec sa grand-mère, peintre, et sa mère, professeur de dessin.

Elle sait très bien que dans la réalité les histoires ne se terminent pas aussi bien...

Mais ce roman graphique s'adresse aux jeunes adolescents à partir de 11-12 ans.

Si vous voulez en savoir plus :

 

- Un Site d'actualité sur le Vietnam où vous trouverez un(e) interview de l'auteur.

- L'auteur sur facebook.

- le site de l'éditeur Steinkis.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 06:38
Aâma de Frederik Peeters

Prix Angoulême de la meilleure série 2013

 

Dans un futur lointain, sur une planète inconnue, Verloc, notre héros se réveille en larmes sans se souvenir de rien d'autre que l'image de sa petite fille.

Il rencontre Churchill, un robot-singe qui lui apprend qu'ils se connaissent et sont sur la planète Ona(ji). Pour comprendre ce qu'il fait là, Churchill qui ne veut pas lui en dire plus, invite Verloc à lire un carnet qui est écrit de sa main : Verloc constate que c'est bien son journal de bord !

Tandis que tous deux marchent dans le désert, en direction de la colonie, Verloc reconstitue peu à peu son passé...

 

Sur la planète Radiant, Verloc est tombé bien bas. Il noit son chagrin dans l'ivresse du shia, cette drogue qui lui permet d'oublier qu'il a perdu tout ce à quoi il tenait vraiment : sa femme, Solice qui est partie ; sa boutique de livres anciens dont il avait hérité de son père dont le contenu a été entièrement volé par un escroc à cause de sa naïveté...

De plus, il n'a plus le droit de voir Lilja, sa fille, et vit depuis en marge de la société.  Il s'est débarassé de son filtre pharyngique et commence à ressentir les effets de la pollution. Il a aussi enlevé ses implants oculaires ce qui l'oblige à porter des lunettes à cause de sa terrible myopie.

 

Lorsqu'il rencontre  par hasard son jeune frère Conrad, celui-ci le prend en pitié. Devenu ingénieur de la société de biorobotique Muy-Tang Corporation, Conrad est parfaitement intégré dans la société hypertechnologique.

Il lui propose de l'accompagner pour une mission spéciale sur la planète Ona (ji). Parfaitement guidé et protégé par Churchill, le garde du corps de Conrad, le trio arrive à bon port. Là, ils vont rendre visite à une colonie de scientifiques abandonnée depuis des années...

Conrad doit y récupérer une substance...l'aâma : une sorte de "soupe" capable de créer des formes vivantes incroyables. Mais dès leur arrivée, ils se font attaqués par les robots de l'expédition que plus personne n'arrive à maîtriser.

De plus le professeur Woland, la scientifique de l'expédition (eh oui c'est une femme !) s'est sauvée en emportant l'aâma...pour la libérer sur une autre partie de la planète.

 

Mais pourquoi une étrange petite fille est-elle arrivée le même jour à la colonie : elle ressemble étrangement à Lilja, sa propre fille. Est-ce pour l'obliger à s'impliquer dans cette mission ? Pour lui dire quelque chose que lui seul peut comprendre ?

 

Voilà nos héros obligés de monter de toute urgence une nouvelle expédition et de partir sans attendre sur leurs ambulateurs pour se rendre vers les Marécages d’Enzulie. Ils ne seront pas au bout de leurs surprises...

Mya, avec qui Verloc s'est lié d'amitié, la petite fille qui ressemble à Lilja sur ses genoux, et Frienko, un membre de la colonie, accompagnent le trio...

 

L'Odeur de la poussière chaude, le premier tome débute au moment où Verloc reprend connaissance, perdu sur la planète Ona(ji). Churchill, le singe robot, lui remet son carnet de bord et Verloc replonge dans son passé…

 

La multitude invisible, le deuxième tome va nous en apprendre plus sur l'étrange planète Ona (Ji) et sur le programme aâma.

L'expédition devient de plus en plus dangereuse et surprenante car nos héros partis sur les traces de la scientifique vont faire des découvertes spectaculaires...tandis que le lecteur continue de découvrir le passé de Verloc et l'étrange maladie de sa petite Lilja...

 

Aâma de Frederik Peeters

 

Le désert des miroirs, le troisième tome va nous apprendre que l'aâma a complètement modifié l'environnement de la planète Ona(ji).

Alors que le petit groupe progresse dans cet univers hostile et déroutant, la vérité sur la nature d'aâma reste toujours inaccessible.

 

Est-ce une intelligence artificielle ? une plante génétiquement modifiée ? un simple organisme vivant devenu incontrôlable ?

Aâma de Frederik Peeters

 

Le quatrième tome clôturera le cycle qui, si la série fonctionne toujours aussi bien, se poursuivra par d'autres tomes...

Le mystère reste entier, peut-être ce tome apportera-t-il des réponses aux lecteurs impatients ?

 

 

Voilà une BD de science-fiction originale et plaisante à découvrir. Le futur et le passé se mélangent. Notre héros amnésique ne ressemble pas aux héros habituels de science-fiction : il est faible, meurtri par la vie, il pleure...

Le découpage des séquences est très bien construit ce qui facilite la compréhension des lieux.

Le graphisme nous plonge immédiatement dans l'ambiance et donne des planches magnifiques, riches en détails, cauchemardesques et très colorées.

Est-ce un rêve éveillé ?

 

A lire absolument...pour adultes et ados à partir de 13 ans.

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:28
Les Colombes du Roi-Soleil BD Tome 1 / Les comédiennes de Monsieur Racine de Anne-Marie Desplat-Duc

Voici en bande dessinée le tome 1 d'une série de littérature jeunesse à succès...

Le scénario réalisé par Roger Seiter s'inspire du roman du même nom d'Anne-Marie Desplat-Duc. Les illustrations sont de Mayalen Goust.

L'intérêt de cette série de littérature jeunesse est de faire lire des romans historiques. L'histoire se passe, vous l'aurez deviné, au temps du Roi-Soleil (donc de Louis XIV) !!

La parution en bande dessinée permettra aux plus jeunes de découvrir l'histoire dès l'école primaire.

Cette bande dessinée est une adaptation très réussie : le graphisme rajoute au charme de l'ensemble. Les costumes, le cadre, l'ambiance, tout est superbement réaliste et tels que le jeune lecteur a pu l'imaginer en lisant le roman.

 

*********************************************************

 

Dans le tome 1 l'histoire est celle de quatre amies, Hortense, Charlotte, Louise et Isabeau, toutes nobles de naissance mais désargentées. Elles sont pensionnaires à la Maison Royale de Saint Louis, à Saint- Cyr, établissement créé par Madame de Maintenon (la seconde femme du Roi) où elles reçoivent, comme les 250 autres jeunes filles, une excellente éducation en attendant leur 20 ans pour rentrer au couvent ou se marier (grâce à la dot offerte par le Roi) avec un des messieurs de la cour...

 

Elles doivent jouer dans la dernière pièce de Racine, pièce qu'il a composé juste pour elles : "Esther". Encore faut-il qu'elles soient sélectionnées pour y jouer un rôle ou pour chanter dans le coeur.  La pièce doit être jouée devant le roi. Toutes ont le trac car la perfection est forcément de rigueur !

 

Elles sont toutes les quatre charmantes, douces et obéissantes (enfin presque !). Elles souhaitent comme tant de jeunes demoiselles s'instruire mais aussi être amoureuses, honnorer leur famille et se faire une place à la cour.

 

Charlotte est plutôt rebelle. Elle ne pardonne pas au Roi d'avoir fait massacrer les siens lors des guerres de religion qui ont opposé les catholiques aux huguenots.  D'une famille d'origine protestante, elle tente de se convertir au catholicisme. Y arrivera-t-elle ? Pourra-t-elle pardonner les actes de barbarie qu'elle a vécu ?

 

Isabeau prend soin des plus jeunes et on lui demande d'ailleurs d'enseigner le français à une des deux jeunes fillettes récemment arrivées à l'école et qui ne parlent que le patois. Mais enseigner, ce qu'elle adore, c'est renoncer à autre chose, passer sa vie à Saint-Cyr et ne jamais se marier... Est-ce l'avenir qu'elle désire ?

 

Hortense est timide et touchante. Elle est si gentille que ses camarades l'encourage sans cesse. Elle qui voulait se dévouer à Dieu et entrer au couvent, va tomber amoureuse d'un jeune homme dont le regard a croisé le sien un soir de représentation : c'est Simon, le jeune frère de Charlotte. Il est fou d'elle et veut la demander en mariage. Mais leur union sera-t-elle possible puisqu'ils viennent de deux familles de religion opposées ?

 

Enfin, Louise ne comprend pas pourquoi le Roi s'intéresse personnellement à elle. Il lui a même caressée la joue un soir de représentation. On en saura plus dès la fin de ce tome et pour elle ce sera une sacré surprise. Saura-t-elle enfin qui sont ses parents ? 

 

Heureusement que nos quatre héroïnes ne savent pas que suite à cette pièce, c'est toute leur vie qui va changer à jamais. En attendant, elles appliquent sans se poser trop de questions les principes de base du règlement de l'établissement : respect des autres,  entr'aide, maîtrise de soi, politesse, patience... mais aussi le partage et l'amitié.

 

A noter : cette série plaît énormément aux filles...

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 08:23
La Quête d'Ewilan en BD / Tome 1 D'un monde à l'autre

Lorsque Camille se fait renverser par un camion, elle disparaît aux yeux de tous et passe dans un monde parallèle. Là,  à Gwendalavir, un valeureux chevalier la sauve in-extremis d'un ts'liche ! Lorsqu'elle revient dans sa ville, elle tient toujours dans sa main le pendentif ( une sphère-graphe) qu'elle a ramassé dans les bois. Cette fois c'est sûr, elle n'a pas rêvé et se confie à son ami Salim. Mais la situation s'aggrave, Camille s'aperçoit que ses rêves deviennent réalité lorsqu'elle imagine une scène, elle se produit !

 

Plus tard, devant chez elle, alors qu'elle est attaquée par des araignées géantes, Salim et Camille vont passer à nouveau dans le monde parallèle. Salim n'en revient pas ! Cette fois c'est Edwin qui va les sauver et les protéger. Mais Camille que tous appellent ici Ewilan, va devoir renconter l'analyste, Duom Nil'Erg. Il lui apprendra beaucoup de choses sur elle-même et sa famille...et en particulier qu'elle est née dans ce monde, que ses parents y vivaient et se sont battus pour sauver leur peuple, et que les Ts'liches sont au courant de son retour et la traquent...pour la tuer !

 

En effet le don prodigieux dont elle a hérité de ses parents, le Dessin, est une arme formidable pour aider le peuple de Gwendalavir à reconquérir la liberté perdue et le pouvoir... Camille-Ewilan n'hésite pas une seconde à s'engager dans cette quête !

 

Voici donc l'adaptation en bande dessinée par Lylian, de la célèbre triologie de romans de fantasy de Pierre Bottero qui fait encore rêver des générations d'adolescents et...d'adultes.

Laurence Baldetti, pour le dessin,  et Loïc Chevallier pour la couleur,  nous font entrer dans l'ambiance particulière de Gwendalavir. Ils reconstituent, avec brio et magie, le scénario de cet  univers étrange et ensorcellant que tous les lecteurs du roman avait déjà imaginé, forcément différemment !

Mais croyez-moi, que vous ayez lu ou pas la série, vous ne serez pas décus. J'aime beaucoup et les ados se jettent dessus !

Cette Bd est une vrai réussite.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 09:04
Quatre soeurs en BD Tome 2 / Hortense de Malika Ferdjoukh et Cati Baur

Voici une adaptation en bande dessinée, très réussie, du second tome de la quadrilogie de Malika Ferdjoukh où l'auteur raconte la vie quotidienne des cinq soeurs Verdelaine. Une bonne occasion de lire ou relire ces romans...

Le lecteur retrouve avec plaisir les personnages vivant à la Vill'Hervé, une grande maison située au bord de la falaise où apparaissent de temps en temps les fantômes des parents...

 

Si vous n'avez pas encore lu le tome 1 en BD, cliquer ICI pour connaître l'histoire...Et ICI pour connaître les romans.

 

Résumé du tome 2

 

Hortense continue à écrire dans son journal même dehors au bord de la falaise.  Elle rêve d'être fille unique tout en sachant très bien qu'elle n'aurait pas aimé être toute seule à la mort de ses parents. Dure contradiction !

 

Mais comment exister au milieu de sa fratrie ?  Elle rencontre Muguette, gravement malade qui loge quelques temps chez des voisins, tout en se faisant soignée. Elles deviennent amies. Muguette si légère et si fragile mais non dénuée d'humour, va beaucoup lui apporter.

 

Pour vaincre sa timidité maladive, Hortense va s'inscrire à des cours de théâtre...

 

Même si ce tome est axée sur Hortense, les autres soeurs sont toujours bien présentes : Charlie fait ses comptes de fin d'année (noël approche), Geneviève continue à pratiquer la boxe thaïe en cachette, mais tout en culpabilisant car elle déteste mentir et Bettina tombe amoureuse du livreur de surgelés, Merlin, un garçon adorable, un peu magicien et plein d'humour mais très moche. Elle va donc le cacher à ses amies car elle a honte de lui et bientôt... elle aura honte d'elle-même. Quand à Enid, elle continue à s'entretenir avec le gnome de la chasse d'eau à qui elle peut tout confier tout en n'ignorant rien des secrets de ses aînées, car, elles ont toutes quelques chose à cacher...

 

Encore une histoire pleine de rebondissements, de tendresse, d'humanité  et d'humour. Une ambiance particulière où le lecteur se retrouve avec plaisir.

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