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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 05:18
Calligram, 1992, 1997, 2004

Calligram, 1992, 1997, 2004

Pour ce premier mercredi du mois de septembre, symbole de rentrée des classes, je débute mes présentations de livres, avec un livre jeunesse sous forme de BD de petit format, qui appartient à une série que beaucoup de parents connaissent déjà.

 

Personnellement, j'ai connu la série dans les années 90 à ses débuts, et je l'ai toujours beaucoup appréciée, souvent offerte et lu avec toujours autant de plaisir. D'ailleurs tous les titres sont régulièrement réédités ce qui prouve bien qu'elle n'a pas pris une ride.

L'auteur, Dominique de Saint Mars, ancienne journaliste à Astrapi sait particulièrement bien écrire des histoires qui savent toucher les enfants. Elle décrit leur ressenti avec beaucoup de justesse et analyse les situations avec finesse. Elle est actuellement marraine de l'Oeuvre Falret, une association qui aide à prévenir et lutter contre les souffrances psychiques. 

L'illustrateur, Serge Bloch, est un grand sentimental. Ses dessins sont pétris de tendresse et d'humour. J'ai toujours adoré ses illustrations et je ne m'en lasse pas encore aujourd'hui. 

 

Voilà pourquoi j'ai décidé de vous présenter cette série dont ce titre n'est qu'un des multiples exemples possibles, car il y a déjà 123 titres sortis (en mai 2020).

Les différents tomes abordent tous des sujets liés à la famille, à l'école, à la vie en société et concernent les enfants à partir de 8 ans. Lorsque je travaillais encore en collège, j'achetais certains titres pour le CDI car ils conviennent aussi, pour certains sujets bien précis, aux pré-ados.

 

L'intérêt de ces petits livres, c'est la façon dont le sujet est traité, car il s'agit souvent de sujets difficiles ou qui méritent réflexion ou débat, et pour lesquels les enfants ne peuvent trouver de réponses à leurs questions tous seuls : le divorce, le deuil, le harcèlement, l'amour, la protection de la nature, la maltraitance, la politesse, la drogue...et bien d'autres sujets touchant au caractère et à la personnalité de chacun.

 

Je suis certaine que chaque parent trouvera si nécessaire un titre qui correspond au problème familial du moment. Ce qui m'a beaucoup amusé c'est que c'est ma petite-fille qui a voulu l'acheter pour son frère pendant les vacances.  Je la cite à quelques mots près "pour qu'il réfléchisse un peu et comprenne pourquoi elle en a assez qu'il soit toujours derrière elle !" mais elle a reconnu après l'avoir lu que souvent quand elle est toute seule elle est bien contente qu'il soit là pour jouer avec elle.

Je ne dis pas que c'est suite à la lecture de ce livre ensemble, mais ils ont été tous deux particulièrement gentils et attentionnés l'un pour l'autre cet été.  

 

L'histoire...

 

Dans celui-ci vous l'aurez deviné, Max et sa sœur Lili n'arrête pas de se disputer pour un oui pour un non. Ils sont jaloux l'un de l'autre et pensent que leurs parents sont injustes car ils favorisent toujours... l'autre. 

L'après-midi débute bien mal pour Max qui est jaloux de Lili parce qu'elle a invité Sarah son amie et bien entendu les deux filles ne veulent pas du petit frère, trop "bébé" à leurs yeux. Tandis qu'après le goûter, Lili raccompagne son amie,  Max en profite pour lui emprunter son vélo et chute, abîmant le garde-boue. Les deux enfants se bagarrent ! 

Evidemment, la maman intervient et devra tenter de rassurer les deux enfants sur son amour, tout en mettant le doigt sur leur personnalité différente, et sur chaque chose précise qu'elle admire chez l'un et chez l'autre.

Il faudra bien que les enfants signent un pacte de paix, mais peut-être pas pour très longtemps.

Ainsi va la vie...

 

L'histoire présentée en vignettes, style BD, est toujours attrayante car elle met le doigt sur un problème à la fois par titre. L'auteur sait particulièrement bien montrer le ressenti des deux enfants, leurs questionnements et leurs doutes, dans celui-ci le sentiment d'injustice, la jalousie, l'impression d'être moins aimé que l'autre. Du coup, les enfants se sentent toujours concernés par l'histoire car c'est du vécu ! 

Il y a toujours matière à débattre avec les enfants en les faisant parler de leur propre ressenti, d'une situation vécue qui ressemble à celle du livre. L'amour entre frère et soeur se construit à travers les partages, les jeux, la vie de famille... mais on ne peut pas toujours tout partager pour autant et d'ailleurs les parents doivent veiller à ce que chacun puisse exprimer sa personnalité différemment, ce qui est loin d'être facile.

 

Le plus : l'humour toujours bien présent permet de faire rire l'enfant qui, en plus, se reconnaît à un moment donné de l'histoire et donc peut prendre un peu de recul par rapport à son vécu.

Et à la fin, un petit questionnaire intitulé "Et toi ?" permet à l'enfant de se poser des questions et de réfléchir à son propre comportement...

 

Une série qui ne manquera pas d'amener des débats très constructifs ! 

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 05:22

 

Voilà une BD ou plutôt un roman graphique dont le sous-titre est, je trouve, intrigant mais non dénué de malice : Autobiographie prénatale.

L'auteur nous raconte en effet l'aventure, qui aurait pu très mal se terminer, vécue par sa mère durant les mois qui ont précédé sa naissance en 1973, dans la Grèce des Colonels.

Steinkis, 2020

Steinkis, 2020

La toute jeune Séverine a toujours voulu savoir pourquoi elle était née en Grèce et sa mère a toujours éludé les questions, lui disant que ce n'était pas prévu, sans jamais ni donner d'explication claire, ni d'autres détails, amenant la petite fille à imaginer toutes sortes de situations, toutes aussi éloignées les unes que les autres de la réalité.

Mais un jour, devenue adulte, elle décide qu'elle saura tout de son histoire, que connaître le pourquoi des événements, elle en a besoin pour elle-même, mais aussi pour reconstituer le puzzle familial. Elle interroge d'abord sa mère, puis son père, mais découvre que tous deux n'ont pas toujours la même version de l'histoire !

Alors elle recherche leurs amis, et toute personne les ayant croisé durant leur jeunesse, pendant près de dix ans.  Le mystère va s’éclaircir peu à peu...

 

Dans les années 70, nombreux étaient les jeunes attirés par le désir du voyage vers l’Afghanistan,  l'Inde,  le Népal... C'était le paradis sur terre pour ces révoltés, déçus que les événements de mai 68 n'aient pas changé assez rapidement la société à leurs yeux. Désireux de vivre en toute liberté, Viviane et Eric, les parents de Séverine Laliberté, partent ainsi avec deux amis et traversent l'Europe avec l'insouciance de leur jeunesse, faisant fi des difficultés des pays parcourus. C'est en effet loin d'être une époque sereine : les années de plomb en Italie, le rideau de fer à l'Est, les Colonels en Grèce...

 

A leur retour, après avoir traversé la Turquie, Viviane, au volant de sa 4L verte est arrêtée à la frontière grecque et accusée d'avoir tenté de passer de la drogue. Incarcérée pendant de long mois en Grèce, puis jugée, elle est condamnée à purger une lourde peine de prison. Séverine naît pendant cette détention... 

Bien entendu, je ne vous donnerai pas davantage de détails sur leur périple, ni sur la vie des femmes en prison à cette époque, ni sur les personnes qui interviendront pour aider Viviane, ni sur les suites de cette aventure qui aurait pu être dramatique...le suspense est bien présent et les rebondissements inattendus. 

Les hippies Trail étaient à la fois des voyages initiatiques, spirituels mais aussi des aventures humaines faites de rencontres, de générosité, de partages. L'époque hippie, dans les années 60 et au début des années 70, est une époque qui a marqué la jeunesse de ceux nés après la guerre. Les jeunes partaient pour connaître l'aventure, mais aussi la philosophie orientale. Ils partaient souvent pour consommer librement de la drogue, facilement accessible, et parfois même goûtaient aux drogues dures.

L'auteur nous plonge à la fois dans son histoire familiale, le voyage de ses parents, l'histoire politique des pays traversés, mais son récit est avant tout un récit d'aventure, car les jeunes à cette époque partaient sans rien organiser, et sans un sou en poche ou presque, ce qui les amenaient à se mettre dans des situations périlleuses...

Le ton est souvent drôle, réaliste mais toujours pudique. Même si l'histoire de ses parents est parfois dramatique et touchante parce qu'elle rejoint la sienne, l'auteur pose sur leurs aventures un regard distancié, mais non moins empli d'une certaine tendresse, sans jamais porter aucun  jugement sur leurs actes. 

 

Le lecteur est captivé dès les premières pages par l'histoire, mais aussi par la présentation du récit, entrecoupé de cartes, de clins d’œil, de photographies anciennes, de dessins et de lettres, autant de vestiges émouvants, prouvant la véracité de l'histoire à ceux qui penseraient, en particulier parmi les jeunes d'aujourd'hui, que cela ne pourrait être vrai, ce dont bien entendu moi-même, je n'ai pas douté un seul instant. 

Le lecteur apprendra aussi beaucoup en lisant les encarts didactiques sur les pays traversés, encarts que vous pourrez en toute liberté sauter pour avancer davantage dans le récit, puis reprendre une fois le dénouement arrivé, ce que j'ai fait, je l'avoue, tant je voulais savoir comment tout cela allait se terminer.

Et rien ne vous empêche de piocher dans la Playlist en début d'ouvrage, pour faire ce voyage en musique...

Illustration (https://ellea-bird.com/)

Illustration (https://ellea-bird.com/)

L'auteur, Séverine Laliberté, est archéologue au CNRS. Ce n'est pas étonnant qu'elle ait eu envie de fouiller dans son propre passé et que sa curiosité naturelle et sa ténacité, lui aient permis d'avoir la patience d'attendre des années, que le puzzle de sa vie familiale se reconstitue, pour nous livrer avec brio cet épisode de sa vie familiale. Et comme il n'y a pas de coïncidence dans la vie, sans connaître le lien avec sa propre histoire, son métier l'a amené à participer à de nombreuses fouilles au Moyen-Orient. 

Elle nous livre ici une belle quête familiale émouvante, souvent drôle, pleine de suspense, doublée d'un récit d'aventure totalement dépaysant. 

Illustration (https://ellea-bird.com/)

Illustration (https://ellea-bird.com/)

La dessinatrice Elléa Bird que vous pouvez retrouver sur son site ICI a comme sujet de prédilection la place des femmes dans la société contemporaine. Elle a tout de suite été séduite par l'histoire de Séverine Laliberté. 

Avec sa technique de dessin particulière, les personnages se reconnaissent aisément et le lecteur a l'impression de faire partie du voyage. Les quelques flash-back et encarts sont facilement repérables, et la foule de détails décrivent bien les différences culturelles des pays traversés et les situations humaines vécues. Le noir et blanc donne de la profondeur et un petit côté rétro aux illustrations.  Les quelques touches de couleur par-ci par-là pour nous montrer la beauté des paysages ou faire ressortir un détail, une carte et LA fameuse 4L verte, reine du voyage ajoute au charme de cette BD qui est une très belle découverte à lire aussi avec  vos ados ! 

 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 05:15
Delcourt

Delcourt

L'incroyable, c'est qu'aucune de tes mésaventures ne t'ait servi de leçon ! Quel fanfaron tu fais ! Je suis sûr qu'à la première pétarade, tu recommences...

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voilà la quatrième et dernière BD adaptée du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Ce tome correspond aux derniers chapitres du roman, jusqu'à l'épilogue.

 

Nous avions laissé Crapaud au fond de l'eau et pensions qu'il s'était noyé...

Pas du tout ! Il en ressort prêt à s'amender, à s'améliorer, bref à oublier ses projets les plus fous.

Mais est-il pour autant capable de sagesse ? 

 

Il est encore une fois mis à l'épreuve quand il découvre que son château a été envahi par une foule de belettes, fouines, hermines du Bois-Sauvage. C'est un sacré foutoir chez lui !  De plus, tous ces fêtards ont décidé de se servir directement dans les caves et placards du château. Les réserves ont été pillées. 

Crapaud est prêt à tout pour récupérer son château et son droit de propriété ! La bagarre est inévitable...

 

Voilà un dernier volume plein d'humour et de dynamisme car il est presque totalement consacré à l'action avec un grand A.  Le lecteur y retrouve cependant l'ensemble des personnages.

Les valeurs d'amitié et de respect qui régissent la série, sont toujours mises au premier plan... 

Et la série se termine en beauté ! 

 

L'auteur nous parle finalement, avec beaucoup de poésie et d'humour, des choses simples qui font le bonheur de tous les jours, si on prend le temps de les regarder ce que parfois nous oublions de faire... Il nous parle de la vie tout simplement ! 

C'est une série que j'ai trouvé vraiment superbe avec des dessins remarquables, riches en détails qu'on ne finit pas de découvrir...

Au risque de me répéter...elle est à partager en famille à s'offrir et à offrir, absolument  ! 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 05:15
Delcourt 1999

Delcourt 1999

La lune n'était pas encore levée et la nuit s'avérait bien noire sur la rivière. Tout n'était qu'ombre, bruissements furtifs et frémissements inquiétants. C'était certain, tous les monstres qui vivent d'habitude sous nos lits s'étaient donnés rendez-vous là...

-C'est l'heure bleue.
Chut...Ecoutez.
C'était vrai. Tout était silencieux.
Même le clapotis de l'eau semblait avoir cessé. Même le bruit de leur respiration.
Mais chut. Écoutons nous aussi ce silence avec nos amis.

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voici la troisième BD de la série, adaptée du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Ce volume correspond aux chapitres VII à IX du roman. 

 

Vous vous demandiez comment le monde pouvait continuer de tourner sans Crapaud désormais emprisonné ? 

Vous pensiez que condamné à 20 ans de prison ferme, pour avoir volé une voiture, tout était fini pour lui ? 

C'était sans compter sur ses fidèles amis et surtout sur ses charmes naturels, son intelligence exceptionnelle et sa GRANDE générosité...

Pendant que Rat et Taupe goûtent leur tranquillité enfin retrouvée, Crapaud se morfond dans sa cellule.

Mais, la fille du geôlier le prend en pitié et demande à son père de s'occuper personnellement de lui. Elle va inventer un stratagème pour le faire évader...le déguiser en blanchisseuse. Crapaud va-t-il y perdre sa dignité ? 

La route est fort longue pour rentrer au château quand on est ainsi ridiculement affublé et quelle surprise à l'arrivée quand Crapaud découvre que durant son absence, celui-ci a été squatté ! 

 

J'ai vraiment lu la série dans un souffle tout en passant beaucoup de temps sur les différents chapitres, tant j'aime ces tableaux champêtres emplis de poésie où l'humour est omniprésent à chaque page. Les hommes en prennent pour leur grade et les personnages humains ou pas sont tous fortement attachants... Et en plus ce qui ajoute à notre plaisir, c'est que ce tome débute par quelques pages absolument magiques, dans lesquelles le lecteur apprend à écouter la nature...

Une belle suite ! 

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 05:16
Delcourt,

Delcourt,

Il écouta leur récit avec attention se contentant de le ponctuer de petits hochements de tête. Blaireau ne portait pas de jugements sur les gens et les choses.

Blaireau avait l'art de vous faire sentir les choses derrière les choses. Comme s'il y avait un ordre immuable, qu'aucune de nos misérables gesticulations frénétiques ne pourrait altérer...

Mais l'automobile ça permet de se déplacer plus vite qu'à pied ou même en calèche. En plus, c'est moins fatiguant.
- Justement ! Si cet engin se développe, les gens envahiront tous les plus beaux endroits ! Il faudra construire des routes pour y aller et des immeubles pour les loger, détruisant ainsi ce qu'ils sont venus y chercher.

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voici la seconde BD de la série adaptée du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Ce tome correspond aux chapitres IV à VI inclus. Il fait suite au tome 1 que je vous ai présenté récemment. 

Blaireau sauve in-extremis Rat et Taupe, des périls du Bois Sauvage et surtout du froid car les deux amis sont congelés ! 

Tous deux découvrent Blaireau sous un autre jour et sont stupéfaits de trouver un intérieur aussi chaleureux sous-terre. Sous ses airs distants, Blaireau s'avère être un ami accueillant et généreux.

Hélas, il leur faut partir un jour... Les voilà de nouveau perdus dans la neige sauf qu'au dernier moment Taupe se souvient que près du village des hommes, il y a sa maison et c'est à son tour d'inviter son ami... Les deux amis vont être bientôt rejoints par les enfants du village et ils vont fêter le réveillon tous ensemble. 

Mais pendant ce temps au château, Crapaud décide d'acquérir une automobile et ses amis décident alors de l'enfermer pour éviter de nouvelles catastrophes.

C'est mal connaître leur ami Crapaud ! Ce dernier n'est pas capable de se  tenir tranquille. Et pour réaliser son rêve, puisqu'il veut une voiture tout de suite, il la vole.  

Voilà les amis bien embarrassés et.... Crapaud, sous les verrous pour un bout de temps !

Un tome 2 à découvrir !

Je ne boude pas mon plaisir de retrouver nos chers compères. D'aucun diront que la série est vraiment pour les enfants et qu'elle est pétrie de bons sentiments. Vraiment ?! Mais quel bonheur de partager avec nos gentils personnages, un repas simple entre amis, de se réchauffer quand on a eu froid, d'être rassurés quand on a eu peur, et d'inviter tous ceux que l'on aime pour fêter noël. Ah si seulement les hommes et leurs tentations n'étaient pas si près et Crapaud si irresponsable...

Non, croyez-moi, comme d'habitude les humains ont inventé quelque chose de formidable, mais c'est le pire qu'ils en tireront et ils gâcheront leur vie et celles des autres. C'est-à-dire la nôtre !

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 05:21
Glénarrrrg,  2018

Glénarrrrg, 2018

Oui, c'est moi...tu t'es levée tôt, dis donc...J'imagine que tu es allée acheter des croissants, c'est adorable, ça tombe bien, j'ai une faim de loup...

Moins qu'hier (plus que demain) / Fabcaro

Cette Bande dessinée est un recueil de 62 planches humoristiques mettant en scène un couple différent à chaque page, sauf un qui revient plusieurs fois au cours du livre...celui formé par Géraldine et Fabien (extrait ci-dessus). Elle est partie pendant qu'il dormait, emportant sa valise, lui ne veut pas comprendre et lui téléphone, se réjouissant par avance qu'elle soit sortie acheter les croissants pour leur petit-déjeuner en amoureux ! Fabien l'attend toujours quand le soir revient à la fin de la BD...

 

Les autres couples s'appellent Flore et Jérémy, Béatrice et Victor, Amandine et Paul, Lou et Cédric (je prends leur nom au hasard en tournant les pages sans choisir leur histoire...). 

Nous les retrouvons dans leur vie quotidienne, chez eux, au restaurant, dans la voiture,  visitant une expo, sur la plage...

Ils vivent ensemble ou se retrouvent seulement pour quelques heures. 

 

Peu de texte et des illustrations minimalistes. Les histoires sont donc courtes, percutantes et la chute est totalement imprévisible, pour notre plus grand plaisir.

 

J'aime l'humour décalé de Fabcaro que j'avais découvert en lisant son album "Zaï Zaï Zaï Zaï".

Il est tantôt féroce, tantôt détaché du sujet...mais ses propos sonnent toujours juste. Bon je vous rassure, on ne se reconnait pas à chaque page, heureusement, je dois dire !  Personnellement, j'ai beaucoup ri en le lisant, même si je comprends bien que ce genre d'écrit ne peut pas plaire à tout le monde.

Pas de couple idéal donc dans ce recueil mais des instantanés de vie, des couples humains si je puis dire avec leurs défauts, leurs manques, leur monde à eux, leurs désirs incompris...

 

L'auteur n'a pas son pareil pour mettre le doigt là où ça fait mal, mais il soulève bien dans ce recueil la différence entre le ressenti de chacun et son vécu, surtout quand il faut faire des concessions, partager sa vie, faire plaisir à l'autre et quand parfois, au bout de quelques années, rien n'est plus comme avant. 

 

Rire de soi et des autres, permet de dédramatiser bien des situations de la vie quotidienne. 

Finalement cette BD dénonce les contraintes et le poids du quotidien, mais aussi le poids des autres et de la société, tout ce qui finalement empoisonne le couple et l'étouffe peu à peu, s'il ne se méfie pas et ne lutte pas pour maintenir à flot son bonheur...

Un excellent moment de détente à lire et à offrir.. et bien entendu aussi à méditer ! 

Moins qu'hier (plus que demain) / Fabcaro
Moins qu'hier (plus que demain) / Fabcaro

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 05:12
Delcourt, 1996

Delcourt, 1996

- Parlez-moi un peu de Crapaud...
C'est un bon ami. Bien sûr, il n'est pas très intelligent, plutôt vantard et trouillard, soupe au lait, naïf, orgueilleux et un peu lâche. Mais il a aussi ses qualités.

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voilà une adaptation en BD du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Le roman est découpée en quatre BD...

 

Voilà la vraie vie, messieurs la seule qui mérite qu'on soit ici sur Terre. Voyager, se laisser aller au gré des chemins, chausser des semelles de vent...

Taupe en a assez de faire du nettoyage de printemps dans sa maisonnette et décide de faire un tour à l'extérieur. Le printemps est de retour !  

Quelle bonne idée puisqu'il va faire ainsi la connaissance de Rat qui lui propose un tour de barque et un pique-nique improvisé.  

En chemin, Rat lui présente aussi ses amis : Loutre, Crapaud et ses lubies qui tournent souvent à la catastrophe et Blaireau, mais ce dernier n'est pas du tout sociable et habite au fin-fond d'une sombre forêt...le Bois Sauvage ! 

 

Cette BD est ce qu'on appelle une fantasy animalière. Ici tout est paisible et bucolique, mais les personnages sont très zoomorphes et c'est pour cela que les adultes peuvent aussi se délecter de ce grand classique de la littérature jeunesse. 

 

Dans ce premier tome où sont regroupés les premiers chapitres du roman, Michel Plessix réussit parfaitement à rendre l'ambiance et l'harmonie qui régnerait dans une nature préservée par les hommes.

En regardant ses jolies illustrations, il nous semble sentir l’odeur de l’herbe et des fleurs, et entendre la rivière couler...

En plus, l'humour est bien présent dans les dialogues comme dans les situations et la foule de détails est un plus, qui ne nuit en rien à l'histoire.

 

Pour une fois, c'est une adaptation BD que j'ai adoré et qui me donne envie de relire ce grand classique. 

Les personnages sont hauts en couleur et la vie est belle !

Cette BD est un instant de poésie incontournable d'une grande qualité. C'est une BD qui fait du bien ! 

 

Comme dans le roman, on retrouve dans la bande dessinée, de belles valeurs : l'amitié, le partage, l'acceptation des différences et une "morale" qui finalement ne fait pas de mal d'être rappelée aujourd'hui "vouloir toujours plus, ne rend pas forcément plus heureux" ! 

Je vais donc aller de ce pas à la médiathèque voir si les autres tomes sont disponibles...

A lire à partir de 7 ans et durant toute la vie. Moi j'ai toujours 7 ans, mais il était temps tout de même que je découvre cette adaptation ! 

 

Quichottine avait parlé de cet album sur son blog mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas retrouvé trace de son article !

En attendant que je le trouve... vous pouvez découvrir aussi l'article d'Hélène sur son blog, ci-dessous. Elle vous donne davantage de détails que moi, en particulier sur l'auteur et son parcours. 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 06:18
Glénat, 2018

Glénat, 2018

Depuis je vis paisiblement, car au fond, vieillir n'est pas autre chose que de n'avoir plus peur de son passé.

D'après le roman éponyme de Stefan Zweig. 

Alors qu'il est en vacances sur la côte californienne, le narrateur assiste incrédule à la disparition de Clarissa, l'épouse d'un des vacanciers. Elle aurait quitté son mari et ses deux filles pour partir subitement avec le jeune prof de tennis, un jeune playboy qu'elle connaissait à peine depuis 24 heures.

Les langues se délient et tous les vacanciers présents émettent leurs hypothèses. Parmi eux, seul Brett Burroughs, le narrateur, écrivain de son état, va la défendre avec sincérité. 

Le soir venu, Madame Z., touchée par ses paroles, va lui confier à son tour qu'elle aussi a vécu, des années auparavant, un épisode de passion intense, inexorablement attirée par les mains d'un homme, croisé par hasard et qu'elle ne connaissait pas auparavant. 

 

L'auteur Nicolas Otero a choisi, pour cette adaptation en Bande dessinée, de transposer le grand classique de Stefan Zweig dans le Las Vegas des années 80.

Il y glisse au passage quelques références de ces années-là, mais les personnages rebaptisés, y jouent le même rôle. Malgré ces quelques changements, le texte d'origine a été conservé dans sa majeure partie.  

 

J'ai tout de même été gênée par le décalage avec l'oeuvre de Zweig.

L'intensité dramatique n'est pas au rendez-vous et les moments de passion ressentis à la lecture du roman de Zweig, sont comme "assourdis" dans la bande dessinée.

La transposition dans les années 80 n'apporte rien à l'histoire et la rend moins crédible : les femmes étaient bien plus libres à cette époque que dans les années 30 et si une femme mariée quittait ainsi subitement son mari, cela ne provoquait pas du tout le même genre de "scandale", même dans les milieux bourgeois, qu'au début du XXe siècle comme c'est le cas dans le roman de Zweig. 

 

Je ne connaissais pas le graphisme de Nicolas Otero et j'ai découvert une oeuvre très cinématographique intéressante. 

Mais le fait de la transposer dans des temps plus modernes a, à mes yeux, enlevé beaucoup au charme de ce classique que par ailleurs j'adore.

Même si cette Bande dessinée se lit facilement, je n'y ai pas retrouvé  l'intensité de la passion du récit d'origine.

 

J'ai trouvé par contre la couverture magnifique mais je reste et resterai une inconditionnelle de la version d'origine...

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 06:29
Dargaud, 2018

Dargaud, 2018

On a réfléchi, et on s’est dit : quand c’est le Qatar qui rachète les musées, les plages privées et les clubs de foot, personne ne crie à l’invasion arabe. Tout le monde est content.

Donc ce ne sont pas les étrangers qui font peur, ce sont les étrangers PAUVRES.

Alors quoi ? On oublie tout ça ? Les Italiens ? Les Polonais ? Les Arméniens ? Les 600 000 tirailleurs sénégalais ? C'est tout le pays qu'à Alzheimer, ou quoi ? On est 500 millions de guignols en Europe et on veut nous faire croire qu'on peut pas accueillir 1 million de pauvres gens ? ça fait même pas un par village !

Alors je dois aller faire quoi, Mimile au stade de France ? Encourager qui ?
La France, qui refuse d'accueillir les pauvres gens, ou l'Australie, qui crée des camps de concentration dans des îles qu'elle a défoncées à coup de bulldozers ?

 

Impossible de rater le match de rugby France-Australie, prévu le soir même. Et pourtant encore une fois rien ne se passera comme prévu. Mimile avait pourtant pris les billets !

 

Mais de retour à Paris, Antoine qui ramène la petite Juliette à sa mère, tombe dans un piège. Sophie a décidé d'obliger Antoine à se rabibocher avec son fils, en leur donnant à tous les deux... la garde de la petite fille jusqu'au lendemain !

 

Mimile n'a plus qu'une solution : demander à Pierrot de l'accompagner. Mais celui-ci aussi est bien occupé : il s'est engagé en faveur des migrants et ne veut pas cautionner les actions des deux pays...

 

Comme d'habitude, nos vieux râleurs nous emmènent là où on ne pensait pas aller. Avec leur humour décalé, ils font passer des messages graves sur notre monde...et si nous rions souvent de leurs frasques, nous sommes aussi submergés par l'émotion qui se dégage de ces situations si réalistes, qu'elles n'en sont que plus émouvantes. 

 

Un tome qui est donc bien dans la note des précédents volumes et que j'ai trouvé encore plus touchant, peut-être parce que le sujet des réfugiés est particulièrement sensible, et que ce qui est dit devait l'être... 

Les fans attendent donc la suite...l'année prochaine ! 

 

D'autres avis pour ce tome 5, en cliquant sur les prénoms... chez Eve, Violette et Mimi !

Et retrouvez, ci-dessous les résumés des tomes précédents...

 

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 05:34

 

C'est presque la rentrée... 

Jusqu'à début septembre je reste encore pour 15 jours en mode semi-vacances !

Publications uniquement les mardis, jeudis et samedis, comme je l'ai fait en juillet...

 

Aujourd'hui, pour démarrer en douceur, voici la suite de la série "Le chat du Rabbin" dont je vous ai présenté le premier opus ici...

 

Dargaud 2002, 2015

Dargaud 2002, 2015

Tu es rabbin ici depuis trente ans et ceux-là qui n'ont jamais fichu un pied chez nous veulent dire qui est Rabbin ou pas. Et pour faire la prière en hébreu à des juifs qui parlent arabe, ils veulent que tu écrives ne français ; alors pour moi, ce sont des fous....

 

Le chat voudrait bien lire tranquillement avec son maître les deux lettres qui sont arrivées ce matin, mais la matinée commence mal...

Quand enfin son maître se décide à les ouvrir, il y a une bonne nouvelle dans l'une et une mauvaise, dans l'autre. La bonne, c'est la venue du fameux "Malka des lions", un cousin du maître, auréolé de légendes incroyables, mais le chat n'est pas dupe...nous le savons déjà !

La mauvaise, c'est que le Rabbin a un sérieux problème : le consistoire israélite de France, exige de vérifier qu'il parle correctement le français et lui propose donc, de faire une dictée. Cela doit lui permettre de devenir Rabbin officiel. 

Le chat lui propose de l'aider à s'entraîner...Dans sa grande sagesse, il note qu'on demande à son maître de savoir écrire en français, pour dire la prière en hébreu à des juifs qui ne parlent que l'arabe !

 

L'entrainement se passe mal et le chat décide d'accompagner le Rabbin sur le lieu de l'épreuve, mais au dernier moment, ce jour-là,  il ne peut pas entrer dans la salle.  C'est interdit aux animaux...

Persuadé de son échec, le Rabbin se referme sur lui-même et refuse même d'ouvrir la lettre officielle contenant les résultats. 

Heureusement son cousin, le Malka des Lions, lui rend visite ce qui donne l'occasion aux deux hommes de partager quelques parties de rigolades. 

 

Mais ce que le Rabbin ne sait pas, c'est que pendant l'épreuve, le chat a invoqué le nom de Dieu, ce qui est formellement interdit, et comme punition, il a définitivement perdu l'usage de la parole...et ne sait dire que "Miaou". 

Heureusement (pour nous !), il nous livre tout de même ses pensées.

La chat accepte son triste sort, mais son angoisse monte d'un cran le jour où il s'aperçoit qu'il ne peut du coup pas donner son avis, à sa jeune et belle maîtresse qui vient de tomber folle amoureuse d'un jeune homme qui ne lui plaît pas du tout, mais alors PAS DU TOUT...

 

Voilà un second opus... à savourer comme le premier, pour le plaisir !

L'humour que j'avais aimé dans le premier tome est toujours là. Les relations entre le chat et sa maîtresse sont emplies de tendresse et les dialogues, toujours aussi savoureux et intelligents...

J'oublie de dire que les dessins très colorés, ajoutent au plaisir et à la drôlerie de l'ensemble ! 

 

Une série à suivre pour les fans de BD...

Vous avez même le temps de me rattraper car je n'ai pas encore emprunté le tome 3.

 

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 05:25
Dargaud, 2002, 2015

Dargaud, 2002, 2015

C'est à la fois une poésie, un conte pour adulte et une discussion intelligente, pondérée, et drôle, du judaïsme.

Préface d'Eliette Abecassis

Je veux étudier la kabbale, lui dis-je.
Non, répond-il. Tu es un ignorant. Tu n'y comprends rien. Il faut commencer par le commencement.
Je veux étudier la kabbale.
Non. Il faut avoir au moins cinquante ans pour l'étudier et tu n'as que sept ans.
Set fois sept : quarante-neuf, lui dis-je.
Quarante-neuf, ce n'est pas cinquante, me répond-il
Ce n'est pas vrai qu'il faut être vieux pour la kabbale. C'est juste un truc de talmudistes pour éviter que la doctrine mystique ne leur fasse concurrence, lui dis-je.
D'où sais-tu ça ?
Je l'ai lu...

 

Voilà une bande dessinée que je voulais relire depuis longtemps.

En effet cette bande dessinée est parue pour la première fois en 2002, et je l'avais à l'époque acheté, pour les élèves du Lycée professionnel où je travaillais comme enseignante-documentaliste.

C'est toujours un régal !

Cette bande dessinée n'a pas pris une ride (moi si !). Entre-temps elle a été à nouveau rééditée en 2010 et adaptée au cinéma en 2011. 

 

Voici l'histoire du premier opus...

Le chat du Rabbin est un chat heureux qui vit avec ses maîtres et ronronne dans les bras de sa sublime maîtresse, Zlabya, la fille du rabbin. 

Comme il en a assez d'entendre le perroquet de la maison palabrer, il décide de le manger tout cru...Quand on l'accuse, il n'hésite pas à mentir effrontément et à prétexter que ce dernier est parti faire une course. 

Mais manger le perroquet lui a transmis des pouvoirs : maintenant lui aussi peut parler et... il a des tas de choses à nous dire ! 

Suivent de nombreuses discussions entre le Rabbin qui veut faire de lui un bon juif, n'aime pas qu'il parle à tort et à travers et surtout qu'il mente comme le font les hommes, et le chat, qui veut faire sa Bar-Mitsa...mais n'arrive pas pour autant à taire ni ses pensées ni ses idées. Il bouscule ainsi peu à peu, toutes les certitudes non seulement du Rabbin mais du Rabbin du Rabbin...

Le Rabbin accepte finalement de lui enseigner les textes sacrés à la condition qu'il accepte de se taire et de ne plus mentir.

Par amour pour sa maîtresse qu'il n'a plus le droit de voir depuis qu'il parle, il accepte...

Mais arrivera-t-il à tenir parole ?

 

L'auteur, né lui-même dans une famille juive, donne la parole au chat du rabbin pour nous décrire la vie et les croyances d'une famille juive au début du XXe siècle, à Alger.

Le chat, qui a l'allure d'un chat trouvé, a une tête bien à lui...

Bourré de tendresse et très charismatique, c'est un chat particulièrement observateur et intelligent. 

Il réfléchit beaucoup et ne cesse de poser des questions et de remettre en questions ce qui est écrit...

Sa logique est implacable, c'est le moins qu'on puisse dire et le décalage entre les propos du Rabbin et les siens, est totalement savoureux et jubilatoire.

 

Voici une BD emplie de poésie et toute en subtilité. Elle permet de mieux comprendre les principales idées de la religion juive, à travers les incessantes questions du chat et ses réflexions (!) tout en nous faisant réfléchir sur le rôle de la parole et ses limites...

A partager avec vos grands ados cet été.

Pendant vos débats inévitables, les plus petits pourront toujours regarder le film d'animation en DVD (conseillé à partir de 6 ans).

 

Les cinq premiers tomes de la série ont été réédités en un seul volume : une intégrale à offrir ou à s'offrir...

Pour vous faire une idée plus précise, vous pouvez aussi aller visiter le site de la série ci-dessous.

 

 

 

L'auteur qui compte plus d'une centaine de BD à son actif nous livre ici son chef-d'oeuvre.

Bien sûr je sais que certains d'entre vous connaissent déjà cette série, mais il fallait que je la présente car le septième opus vient de sortir en décembre dernier...

Vous êtes donc tout à fait dans les temps pour la découvrir et moi, il me faut bien relire les 6 précédents avant de me plonger dans sa lecture...histoire de me remettre dans l'ambiance. 

 

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 05:27
Gallimard BD, 2017

Gallimard BD, 2017

 

Dans ce second tome encore consacré aux "femmes qui ne font que ce qu'elles veulent", Pénélope Bagieu dresse le portrait de quinze autres femmes formidables, peu ou pas connues. Je n'en connaissais que deux  cette fois !

 

Je pourrais reprendre mot à mot ce que je vous ai dit lorsque j'ai présenté le premier tome, mais ce serait me répéter. Il vaut mieux aller lire ma chronique ICI si vous voulez en savoir plus. 

 

La minutie de l'auteur, les détails qu'elle nous révèle sur ces femmes qui se sont affranchies des préjugés et libérées de leur éducation et de leur milieu, l'humour qu'elle met dans ces planches...tout donne envie de poursuivre l'aventure.

 

Comme je l'ai dit, et encore une fois c'est vrai, le lecteur a envie d'en savoir davantage et de prolonger les recherches pour tout savoir sur ces femmes courageuses et émouvantes qui se sont battues pour avoir les mêmes droits que les hommes et ont réussi à imposer leurs idées dans un contexte totalement défavorable. L'auteur forcément aurait pu n'en choisir qu'une seule mais elle a préféré nous les présenter toutes pour les mettre à l'honneur. 

 

Elle les a choisi de divers milieux et de différents pays, pour nous montrer que malgré des difficultés propres à chacune d'elles, à leur époque, à leur religion et aux coutumes du pays, elles sont devenues ce qu'elles voulaient être : activiste, musicienne, sportive de haut niveau,  scientifique, artiste, inventrice...

 

Mary Temple Grandin née en 1947, qui se considère elle-même comme une "anthropologue sur Mars" parce qu'elle est autiste, s'est impliquée dans les recherches sur le bien-être animal pendant l'élevage et sujet d'actualité, l'abattage. Elle s'oppose en particulier à l'élevage en batterie.

Parallèlement, elle se bat pour que les personnes autistes soient reconnues dans leur différence...

 

Mary Temple Grandin (photo du net)

Mary Temple Grandin (photo du net)

 

Sonita Alizadeh deviendra la première rappeuse d'origine afghane, alors qu'elle est promise à un époux dès l'âge de 9 ans...

En Afghanistan ce n'est pas facile d'être une fille et toute cette colère coincée dans sa gorge se transformera en chansons. Réfugiée en Iran, elle parlera dans ses chansons de la condition féminine dans son pays et en particulier des mariages forcés.

Vous pouvez lire son histoire en cliquant sur son nom. Le lien vous amène directement sur les pages du blog du Monde, où Pénélope Bagieu a publié ses planches avant d'en faire un album. 

 

Si vous aimez la chanson, vous croiserez aussi Betty Davis, auteur(e) et compositeur(trice). The Shaggs, un groupe formée de trois sœurs, totalement inconnues pour moi, mais qui elles n'ont pas réellement été culottées car c'est leur père qui les a forcé à devenir ce qu'elles sont devenues.

 

Chéryl Bridges deviendra athlète et battra le record mondial du marathon en 1971...Qui a dit que les filles n'avaient pas le droit de courir ?

 

Jesselyn Radack, est une avocate américaine qui s'est s'engagée pour que la vérité ne soit jamais occultée. Elle se bat pour défendre les lanceurs d'alerte dans son pays, mais défend aussi des journalistes...

 

Naziq-al-Abid, surnommée "la Jeanne d'Arc arabe" se battra toute sa vie, contre l'injustice et le droit des femmes dans son pays, la Syrie. Pour cela il lui faudra renoncer à sa vie aisée dans une famille aristocratique et s'exiler...

 

Et puis il y a celles que j'ai particulièrement aimé, car vous vous en doutez toutes ces femmes ne m'ont pas touché de la même façon.

Nelly Bly (1864-1922), deviendra la première journaliste d'investigation femme. Elle n'hésitera pas à aller voir sur place comment les choses se passent même lorsqu'il s'agit d'un hôpital psychiatrique. 

Je connaissais déjà Katia Krafft (1942-1991), volcanologue, car j'avais lu sa biographie dans mes jeunes années. Elle a eu la chance de partager sa passion avec son mari qui respectait son choix.

Maé Jemison (1956-) est la première femme noire passionnée de sciences à être allée dans l'espace en 1992.

Et Phulan Devi (1963- 2001), était une jeune femme indienne au destin incroyable, surnommée la "reine des bandits". Elle n'a jamais cessé de combattre la loi du silence et l'obscurantisme en Inde et elle est morte assassinée. 

 

Phulan Devi

Phulan Devi

 

Et vous, laquelle préférerez-vous quand vous aurez lu cette BD ?

Une BD à lire absolument, à offrir à vos filles et à vos garçons et bien sûr à faire connaître autour de soi, parce que nous voyons bien que la liberté des femmes n'est jamais définitivement acquise. 

 

Vous pouvez lire ci-dessous l'avis de Violette...

 

Et encore une fois je participe avec ce titre au challenge de Philippe "Lire sous la contrainte" puisque cette fois encore le titre devait être...

 

 

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 05:21
Edtions Soleil, 2017

Edtions Soleil, 2017

De mon temps, c'était au preux chevalier de se porter à la rescousse de la jolie princesse en péril !
- Et bien, disons que désormais, les rôles sont inversés.

Quel poème, un jour, dira ce que peuvent contenir nos larmes ?

Le feu des femmes fait peur aux hommes. Ils peuvent nous nier. Ils peuvent nous ôter jusqu’au goût de la vie. Ils peuvent nous enterrer. Mais chaque fois qu’ils tuent le feu d’une femme, le feu d’une autre femme, ailleurs, s’allume...

 

Au début des années 20, en Angleterre, la jeune Emma est poète et passe ses journées à écrire des vers. Elle supporte de plus en plus difficilement la canicule qui règne depuis quelques temps sur la région.

De plus, elle aimerait avoir des nouvelles de son fiancé, Roald Hodges, qui est parti explorer la Norvège depuis plus d'un an.

Se marieront-ils un jour... comme il le lui a promis ?

 

Issu d'une longue lignée d'explorateurs, tous disparus, Roald est parti au bord du lac Inari, en Laponie, espérant retrouver le tombeau de la déesse Dolla et les trésors qui ne manqueront pas de s'y trouver.

Les membres de la National Geographic Society ne peuvent rien dire de plus à Emma pour la rassurer sur son sort. Eux-aussi ont perdu la trace de l'expédition quelques mois auparavant...

Emma décide alors de tout quitter pour se rendre compte par elle-même car elle le sent et en est persuadée, Roald est bien vivant ! 

Mais en chemin, elle perd peu à peu ses certitudes...

 

Elle aurait dû ouvrir la lettre que Roald lui a confié avant de partir, et  sur l'enveloppe de laquelle il avait bien fait mention...

"à n'ouvrir que dans le cas où il m'arriverait malheur..." 

Vous aussi lecteur, vous qui allez trouver cette lettre dans les pages de la BD, ainsi qu'une photo de Roald, et le billet d'embarquement d'Emma, attendez la fin pour la lire :) 

 

Voilà une BD qui ressemble à un coffre à trésors ! 

Elle s'ouvre en deux volets aimantés et sa couverture dorée est superbe.

Elle contient donc trois objets qui ajoutent au mystère de l'histoire...

Mon seul bémol : j'ai trouvé dommage que la soeur d'Emma dévoile en partie le contenu de la lettre de Roald, au cours de la BD.

 

Cette poétesse britannique, à la fois féministe avant l'heure, romantique et aventurière n'a jamais existé que dans l’imagination de son créateur.

Mais le temps de votre lecture vous la croirez réelle d'autant plus que les délicieuses illustrations d'Edith, toute en finesse, vous plongerons dans l'ambiance dès le début de l'histoire et que les extraits de poèmes vous feront penser à une réelle publication...

 

Pour vous faire une idée, voici la présentation de l'album en vidéo...

Bonne lecture ! 

 

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:23
Gallimard 2016

Gallimard 2016

 

Voici, pour les amateurs de BD et de Pénélope Bagieu, une lecture qui ne manque pas d'intérêt.

 

Vous allez découvrir quinze portraits de femmes qui à des époques bien différentes, ont su réaliser leur rêve et maîtriser leur destin.

Publiées à l'origine dans le blog du Monde, les planches sont réunies ici pour notre plus grand bonheur en deux volumes. 

 

Ces femmes "culottées" ont su particulièrement faire voler en éclats les préjugés.

De Clémentine Delait, femme à barbe bien connue, à Agnodice, gynécologue dans l'Antiquité, d'Annette Kellerman qui a inventé le maillot de bain d'aujourd'hui, à Lozen chamane et guerrière, de Tove Jansson, créatrice de trolls à Georgina Read, gardienne de phare...en passant par Josephine Baker, Margaret Hamilton et bien d'autres...vous croiserez donc des femmes célèbres ou de parfaites inconnues.

 

Bien qu'elles ne soient jamais entrées dans les manuels d'histoire, toutes ont osé faire avancer la cause des femmes. 

 

Extrait de l'histoire de Clémentine Delait

Extrait de l'histoire de Clémentine Delait

 

Chaque histoire est parfaitement documentée et ne nous donne qu'une seule envie, celle d'en savoir plus et de chercher davantage de détails sur leur incroyable existence.

 

Les dessins sont de qualité, la lecture facile et abordable même pour des ados, et tout cela bien entendu avec l'humour bien connu de l'auteur que j'avais déjà apprécié ICI.

Extrait de l'histoire de Tove Jansson

Extrait de l'histoire de Tove Jansson

 

Être femme est un combat de tous les jours et il ne faut jamais baisser les bras ! J'en suis persuadée...pas vous ? 

Alors, même si vous n'êtes pas fan de BD, laissez-vous tenter, car le destin de ces femmes ne pourra pas vous laisser indifférents.

Pour ma part, j'espère découvrir très bientôt le tome 2. 

 

Les planches sont extraites de l'interview de l'auteur que vous pouvez lire ci-dessous...

 

 

Et c'est ma première participation au challenge de Philippe "Lire sous la contrainte", s'il accepte les BD car je ne lui ai pas posé de question à ce sujet.

Il fallait que mon titre soit ...

Culottées 1 : Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent / Pénélope Bagieu

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 05:24
Dargaud, 2017

Dargaud, 2017

Te laisse pas confire le citron par la saumure réactionnaire.
Tu veux quoi ? Rendre tout le monde heureux d'un coup ? T'es marionnettiste, pas magicienne.

 

Nous sommes toujours dans le sud-ouest, dans le Tarn et Garonne exactement.

Antoine a accompagné Sophie, sa petite-fille, durant la tournée d'été du "loup en slip", le spectacle de marionnettes qu'elle fait revivre et qui a eu beaucoup de succès auprès du public... Il a gardé avec plaisir la petite Juliette pendant les spectacles, et coulé des jours heureux en famille. 

 

De retour au bercail, les soucis sont toujours là pour Sophie. Le vieux camion tombe en panne, le couvreur qui devait refaire son toit recule la date des travaux...Et elle doit bien se débrouiller toute seule !

 

Antoine quant à lui, apprend que durant son absence, l'extension prévue de l'Entreprise Garan-Servier est ajournée.

Lui qui n'attend que ça pour voir refleurir sa région au point de vue économique, est bien sûr en colère d'autant plus que des ZADistes occupent désormais les lieux.

Ils sont soutenus par des écologistes qui ont découvert qu'une sauterelle protégée par les nouvelles normes européennes, a colonisé les champs des environs...C'est la magicienne dentelée !

 

Mais les ZADistes ont également découvert que pour pouvoir étendre leur laboratoire, l'entreprise Garan-Servier avait obtenu une dérogation, contre la promesse de créer des emplois sur place. 

 

Du coup, le village entier se mobilise mais pour des raisons différentes car bien sûr, les avis divergent : les chasseurs avaient prévu une battue au sanglier dans la forêt ; l'endroit prévu pour l'extension est le coin à champignons de certains riverains ; d'autres pensent que les jeunes, ayant de toute façon déserté le village, c'est inutile de créer des emplois !

C'est alors que les amis parisiens d'Antoine débarquent...

Retrouver Pierrot et sa bande de malvoyants ne lui fait vraiment pas plaisir... En effet, ils viennent uniquement pour soutenir la ZAD !

 

Ce tome 4 tient ses promesses, bien que je l'ai trouvé un peu en-dessous des tomes précédents, ce qui arrive souvent avec les séries. 

Les auteurs s'amusent autant que nous à dresser le portrait de cette génération engagée et révoltée. On retrouve nos papys si attachants et qui savent si bien nous charmer avec leur caractère entier, leur façon bien à eux de s'exprimer, et l'enthousiasme qu'ils mettent à s'engager dans l'action et la rébellion. 

 

Ce tome est ancré dans la réalité de nos sociétés. On y parle d'agriculture Bio, de protection de la nature, de biodiversité, de développement économique et de désertification de nos campagnes...

Que des sujets sérieux comme d'habitude, mais traités  avec l'humour souvent décalé, cher aux auteurs. 

 

Dans ce tome, c'est Sophie qui est mis en avant : elle va nous révéler ce qu'a été sa vie jusqu'à présent et nous en apprendrons un peu plus sur le père de Juliette, une Juliette de plus en plus présente dans l'histoire et tellement drôle et craquante, elle-aussi !

 

Une adaptation cinématographique est en cours, et un cinquième tome  déjà en préparation : l'intrigue se déroulera en partie à Paris. Mais chut... je n'en dirai pas plus ! 

 

A suivre donc...pour les fans de BD.

Vous pouvez lire ci-dessous l'avis de Mimi...

 

 

Et retrouver mes chroniques des tomes précédents...si vous le désirez ! 

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 05:30
Dargaurd, 2016

Dargaurd, 2016

Ce que j'aimais quand j'étais petit enfant, c'était grimper dans les citronniers du jardin...planter des oignons au pied des orangers et manger des clémentines sous les arbres.

 

Cette bande dessinée retrace l'histoire vraie de Haytham, un jeune syrien, aujourd'hui réfugié en France avec sa famille. Le lecteur découvre donc le parcours de ce jeune adolescent.

 

Haytham est né en 1996 à Deraa. Il a 14 ans quand la révolution éclate en Syrie au printemps 2011. Il va se joindre aux manifestants. Il est clair pour lui que les jeunes manifestent pour la paix...pas par engagement politique. 

La répression est terrible : l'armée tire aussitôt sur la foule ! 

 

Son père enseigne les mathématiques. Mais, parce qu'il tient des propos qui vont à l'encontre du gouvernement de Bachar El Assad, il perd son travail et finit par s'engager dans la révolte.

Il est contacté par la BBC et couvre pour l'Occident les événements de son pays. Ses interventions sont très médiatisées et il devient l'un des leaders politiques le plus recherché du pays : il doit désormais fuir la Syrie pour sauver sa vie. Il se rend tout d'abord en Jordanie, puis gagne la France. Quelque temps après, sa femme et ses deux fils, dont Haytham partent à leur tour pour le rejoindre. La famille est enfin réunie et saine et sauve, mais les débuts sont difficiles malgré tout. 

 

Haytham va tout d'abord apprendre le français, puis poursuivre brillamment ses études en maths. Il obtient le baccalauréat S en 2015, avec mention Bien, et poursuit aujourd'hui des études scientifiques. 

 

L'auteur raconte avec beaucoup de simplicité mais une certaine distance, les événements qui ont obligé Haytham et sa famille, à fuir leur pays en 2012.

Il manque un petit quelque chose qui nous fait rester en dehors du récit et qui nous empêche d'être véritablement touchés. Mais ce n'est pas grave car  l'auteur, a voulu, avant toute chose, apporter un témoignage, faire entendre une voix réelle..plutôt que d'émouvoir. 

 

Le contraste entre les deux pays, les deux modes de vie est bien sûr évoqué, mais l'important est mis sur ce moment stratégique où tout bascule dans la vie de la famille, et où il n'est plus possible pour le père de rester en vie dans son propre pays, tout simplement parce qu'il a eu le tort de penser différemment du gouvernement en place. 

 

Cette BD est donc à la fois un récit de vie et un documentaire. Elle est intéressante à proposer aux ados dès 13 ans.  Elle peut leur permettre d'y voir plus clair dans les événements actuels en Syrie, et elle me semble parfaite pour une première approche.

A la fin de son récit, le jeune adolescent syrien remercie tous ceux qui l'ont aidé. Il pense en particulier qu'il doit sa réussite actuelle à la France qui l'a accueilli, sa famille et lui...

 

Le récit de la vie du jeune Haytham est racontée par Nicolas Hénin, un reporter spécialiste de la Syrie qui connaît bien le pays et qui a été pendant près d'un an otage de Daesh ( de juin 2013 à avril 2014). Elle est illustrée, de façon très réaliste et tout en noir et blanc par Hyungeun Park.

 

Vous pouvez écouter Haytham sur la vidéo ci-dessous. Elle vous donnera sans aucun doute envie de lire son histoire...ou de partager cette lecture avec vos ados. 

 

Parler, raconter sa Syrie avant l'exil, c'est ce qui compte pour lui. Il est toujours prêt à témoigner, dire le manque de liberté, le bref printemps syrien violemment réprimé. Son père, prof de maths, faisait partie des démocrates au premier rang des défilés qui demandaient plus de liberté au pouvoir.

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 06:30
Dargaud, 2017

Dargaud, 2017

Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?
– C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça.

 

Les années ont passé... Les Faldérault sont maintenant à la retraite !

Depuis 30 ans qu'elle est entrée dans la famille, il leur faut se séparer de leur compagne préférée : Mam'zelle Estérel. Ils ont partagé tant de choses avec elle, et ont tant de souvenirs qu'ils ont bien du mal...mais bon, ça y est, l'annonce est passée : la 4L est à vendre !

 

C'est l'occasion pour la famille de se remémorer, avec une pointe de nostalgie, les vacances 1962, alors qu'ils n'étaient qu'un tout jeune couple et qu'ils s'apprêtaient à partir en vacances dans le sud, en emmenant avec eux Julie, l'aînée et Nicole, encore bébé, ainsi que les parents de Madeleine dans leur 4L toute neuve que Grospapy venait de leur offrir.

C'est la moindre des choses, certes, mais c'est sans compter sur le caractère bien trempé, quasi dictatorial, de MamYvette qui leur fait finalement prendre la direction de Saint-Etienne, pour une courte escale qui durera... le temps des vacances, et des vacances qui s'annoncent épuisantes !

Pourquoi changer ses habitudes n'est-ce pas ?

Pauvre Grospapy qui préfère de loin les frites à toute autre repas de vacances, mais qui va devoir s'en priver...

Adieu mer bleue, pique-nique et farniente sur la plage...les rêves de Pierre et Madeleine s'envolent ! 

 

Voyons, Pierre, soyez sérieux ! Vous ne comptiez tout de même pas nous demander de manger assis dans l'herbe au milieu des fourmis comme des...comme des boy-scouts ?

Que voulez-vous ? Vieillir c'est comme conduire une voiture : on a beau savoir qu'il faut regarder la route devant soi, on ne peut pas s'empêcher de zieuter tout le temps dans le rétroviseur !

 

Comme dans les tomes précédents, Zidrou s'amuse des situations et des quiproquos.

La joie de vivre et l'émotion sont au rendez-vous et malgré le caractère de MamYvette qui fait marcher son monde à la baguette, cet album respire la tendresse, la complicité et l'amour. Il est étayé de tous ces petits riens qui nous font aimer la vie. 

De plus l'époque est retranscrite à merveille. Cette année-là, on dansait sur "Let's Twist Again" (j'ai appris à danser le twist dessus !) et Cloclo chantait "Belle, belle belle..." (mon frère m'avait offert le disque, je n'étais pas bien grande et je la chantais toute la journée). 

Le lecteur qui a aimé les tomes précédents, aimera celui-là, car on y retrouve tous les petits rituels amusants : Pierre est en retard pour finir les planches de sa prochaine BD et recule donc d'autant le départ alors que les valises sont bouclées ; la 4L déborde tant elle est chargée ; les douaniers bons enfants sont attendris par les bouilles rondes des petites filles (nous aussi !)...et les péripéties modifient le programme des vacances !

 

Un album qui fait du bien même s'il n'a rien à voir avec les vacances de mon enfance, et j'adore ça.

Vous pouvez le lire indépendamment des tome 1 et tome 2...bien que je trouve dommage de ne pas succomber à leur lecture.

A réserver aux fans de bande dessinée, bien sûr...

 

Je vous recommande de lire l'avis d'Hélène sur son blog. Elle adore aussi !

 

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 06:31
Olivius, 2013

Olivius, 2013

Quand la vie devient art...non...quand l'art devient la vie...

 

Le tome 2 se terminait mal et laissait présager une suite pas du tout conforme à ce que j'imaginais. Nous sommes en 1874, toujours à Montparnasse et nous retrouvons nos quatre héroïnes.

 

Garance peint toujours mais s'interroge beaucoup sur sa peinture.

Veut-elle continuer à peindre des natures mortes...à utiliser ces tons neutres et finalement trop tristes ? 

Elle va découvrir par hasard le courant impressionniste. Sa peinture va alors prendre un nouveau tournant, tout à fait inattendu. La jeune artiste va se passionner pour un nouveau sujet qui risque de faire parler d'elle...mais pourra-t-elle pour autant montrer aux autres ses nouvelles œuvres ?

 

Amélie n'arrive plus à écrire et se sent de plus en plus mal dans sa peau : elle ne se reconnaît plus et, en plus, elle a pris du poids et a perdu le goût de vivre. 

Comment se remettre de l'humiliation qu'elle a subi ? Arrivera-t-elle à affronter la réalité et à aller dire ses quatre vérités, à cet odieux Gaston Blanchart, qui l'a humilié en lui volant son histoire ?

 

Elise se rapproche enfin de son père et ne voudrait plus du tout que sa vie soit différente. Elle revient vivre avec les filles (enfin c'est ce que j'ai compris !) pour être plus près de lui. Chante-t-elle encore ? Nous ne le saurons pas dans ce tome...

 

Quant à Rose-Aymée, dont l'histoire est au centre de la seconde partie de cet opus, elle va être obligée d'affronter son passé, car être modèle à cette époque, cela voulait dire beaucoup d'autres choses sous-entendues...

Et même si ses amies sont surprises de ce qu'elles apprennent sur elle, et qu'elles auraient aimé apprendre directement, rien ne change quant à leur amitié et les jeunes femmes vont se serrer les coudes.

 

Un vent de révolte souffle lorsqu'elles font connaissance avec un groupe de féministes affirmées, les jupes noires, dont la "meneuse" n'est autre qu'une ancienne amie de Rose-Aymée qui, comme elle, a rejeté son passé. 

Amélie en verra sa vie bouleversée et elle ne sera pas la seule...


 

Comme si on n'existait qu'au moyen de ce qu'on montre...Merde !
C'est pas ça qui est important...c'est ce qu'on fait librement, sans contrainte, c'est ce qui compte !

 

Même si, bien sûr, cette BD n'est que pure fiction, elle nous rappelle que les mouvements féministes sont nés à la fin du XIXe siècle. Des femmes, dont on ne parle presque jamais, se sont battues pour notre liberté d'aujourd'hui. Elles venaient de différents milieux...Ne les oublions pas ! 

Voici une BD résolument moderne et réaliste dans laquelle les héroïnes s'affirment et se révoltent. Nous retrouvons de belles planches colorées, et une jolie fresque féminine et toujours aussi intimiste et sensuelle...qui ne plaira pas à tout le monde, je le sais bien, mais  que j'ai trouvé agréable à découvrir. 

Ce que j'ai dit, sur les précédents tomes, est toujours vrai : les couleurs, le dynamisme, les sentiments de nos héroïnes, tout est là pour une lecture plaisante, qui se "regarde" comme un tableau vivant mais, peut-on dire cela d'une lecture ?!

L'auteur a voulu nous montrer que l'histoire de ces jeunes femmes était intemporelle. Derrière leur vie quotidienne et leurs déboires amoureux, elles, qui ont une vie bien plus difficile que la nôtre et se heurtent sans cesse au pouvoir des hommes, ne désirent qu'une chose, être reconnues pour ce qu'elles font et... être libres. 

 

Prendre le pouvoir...
les femmes n'en sont pas là...
elles en sont encore à se débattre avec elles-mêmes...
à se définir, à demander qu'on reconnaisse leur existence...

Olympe de Gouges ! Eugénie Niboyet ! Flora Tristan ! Claire Démar ! Toutes ces femmes qui ont donné leur vie, leurs forces pour la cause des autres femmes ! Elles se sont battues contre l'esclavage, ont posé les fondements d'une société nouvelle où les femmes ne seront plus considérées comme des animaux uniquement nécessaires à la reproduction...
N'est-ce pas merveilleusement inspirant ?
Bien sûr, mais...

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 06:36
Olivius, 2013

Olivius, 2013

 

Voici la suite de la tétralogie qui a commencé avec "Un grand écrivain" que je vous ai présenté récemment. 

Je sais que beaucoup d'entre vous n'aiment pas lire des BD mais je continuerai tout de même à vous présenter mes lectures ou mes découvertes. 

 

Dans cet opus, le lecteur retrouve avec plaisir l'ambiance particulière de Paris, et en particulier de Montparnasse, à la Belle époque. Et nos quatre héroïnes sont toujours là avec leur volonté d'être plus que jamais libres et indépendantes...

 

Dans ce tome, c'est l'histoire d'Elise qui est mise en avant.

Un nouveau voisin vient d'emménager dans l'appartement proche de celui des filles. Il s'appelle Tarkan et il est peintre. Son air sombre interpelle les jeunes femmes. Il s'avère qu'il n'est autre que le père d'Elise ce qu'elle ne veut pas du tout accepter.

Le lecteur découvre donc une part importante du passé de la jeune femme. Pour mieux fuir cette partie-là de sa vie, car elle ne veut pas entendre parler de ce père tombé du ciel, mais aussi parce qu'elle cède au chantage de son producteur, Elise se décide à quitter ses amies pour aller vivre dans un appartement luxueux mis à sa disposition... 

Malgré son succès grandissant dans la chanson, la voilà bien coincée et malheureuse. Elle tombe dans la drogue. Son père pourrait l'aider et ses amies ne savent pas non plus comment le faire, car pour elles aussi, la vie n'a rien de facile.  

 

Parallèlement, Amélie se fâche quand elle découvre que l'écrivain à succès pour qui elle travaillait, lui a volé son histoire d'amour...et en a fait un roman qui bien sûr va être édité. Elle s'en veut d'avoir craqué un jour de déprime et de lui avoir raconté son histoire... 

Garance elle, décide de quitter l'académie de peinture, et Rose-Aymée se désespère à l'idée de ne plus lui servir de modèle. 

 

De belles planches nous attendent encore dans ce tome. Les couleurs sont éclatantes et les illustrations toujours aussi poétiques, sensuelles...voire érotiques selon le regard que vous leur porterez. Les belles vignettes colorées peuvent devenir plus sombres selon les moments du récit.

Au début de l'histoire, beaucoup d'événements différents nous font un peu partir dans tous les sens mais la fin (que je ne vous dévoilerai pas) nous permet de penser que la lecture du tome 3, verra sans doute évoluer le destin de ces jeunes femmes, qui jusqu'ici, semblait tout tracé.

 

Le seul bémol est que c'est difficile pour moi de m'attacher aux personnages car  je connais peu Paris et ne peut pas me transposer dans les lieux. Mais néanmoins, je trouve Amélie de plus en plus attachante et j'aime aussi l'amitié et l'entraide qui règnent entre les quatre jeunes femmes.

C'est donc toujours pour moi une série à découvrir...

 

Lorsqu'ils sont en détresse, les êtres faibles ont au moins le talent de trouver les plus forts pour se mettre sous leur protection.

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 06:35
Olivius, 2012

Olivius, 2012

 

Paris ! Nous sommes en 1873, à Montparnasse.

Amélie, Garance, Élise et Rose partagent le même appartement. Elles ont plein de projets en tête : Amélie veut devenir écrivain, Élise chante, Garance peint, et Rose-Aymée lui sert de modèle.

Dans ce premier opus, c'est le quotidien d'Amélie qui est mis en avant, mais les costumes, les fiacres, l'ambiance dans les rues ou les cabarets, nous plongent immédiatement au coeur de la capitale. 

L'auteur raconte en détails la vie quotidienne de ces jeunes femmes, leurs rêves et leurs difficultés d'exister en tant que femmes, dans ce Paris bohème où les hommes sont persuadés de leur supériorité et où elles ont le plus grand mal à se sentir libres. 

Ainsi Elise doit se soumettre entièrement à son patron, si elle veut percer dans la chanson. Amélie doit céder aux exigences d'un éditeur qui l'envoie "apprendre le métier d'écrivain", en devenant correctrice, chez un écrivain dépressif qui n'arrive plus à trouver l'inspiration. 

Le récit entrelace leurs histoires d'amour, leurs espoirs, leurs déceptions, et leurs moments de partage et d'amitié. 


 

Voici une BD étonnante...

Cette BD est avant tout, un témoignage social, qui atteste de la façon de vivre d'une époque et donc, nous donne une image précise de la société parisienne à la fin du XIXe, dans le milieu artistique. 

Grâce à ce témoignage, l'auteur développe des sujets encore d'actualité comme en particulier, la place de la femme dans la société et la suprématie des hommes dans la vie quotidienne et professionnelle. Elle aborde aussi la question de l'art et de son importance dans notre vie. 

 

Chaque case est entièrement réalisée à la gouache... 

Le lecteur revit en couleurs ces années qui ont suivi les événements de la Commune de Paris où tous les espoirs étaient permis pour recommencer à vivre, surtout au sein de la capitale, car bien sûr dans les campagnes, c'était différent.

L'auteur sait particulièrement bien croquer les visages et les attitudes, et nous faire partager les émotions de ses héroïnes. Tous les personnages sont très expressifs et vivants, mais c'est également une BD très sensuelle...

 

Ce tome est le premier volet d'une tétralogie que je lirai, c'est sûr, pas forcément pour l'histoire elle-même, qui est simple, mais bien pour les illustrations qui sont de véritables tableaux en miniature. 
 

Nadja, l'auteur et l'illustratrice, est née au Liban. Je l'ai connu en littérature jeunesse pour ses albums superbement illustrés, comme "Chien bleu", qui  fascinent toujours autant les enfants mais dérangent beaucoup certains parents. 

Les avis des internautes sont donc très partagés : on aime ou pas Nadja, ce qui fait que chacun est invité à donner son propre ressenti. 

Pour moi, c'est clair que j'aime !

Certaines planches sont magnifiques, d'autres me touchent moins ou différemment, mais c'est ainsi pour toutes les œuvres d'art ou les romans, je trouve...

A lire dès le lycée et à réserver, bien sûr, aux fans de bandes dessinées, aux amoureux de Paris et aux artistes.

 

Certaines femmes sont si ennuyeuses... qu'elles semblent avoir pour mission de précipiter les hommes dans les bras de celles qui vont les faire souffrir.

C'est peut-être ça, être écrivain...formuler tout ce que l'on pense sans faire attention aux sentiments des autres...

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:08
Casterman 2017

Casterman 2017

 

Voici une bande dessinée noir et blanc, très réaliste et extrêmement expressive, au graphisme tout en finesse. 

L'histoire est simple et je pourrai la résumer en une seule phrase : les premiers émois amoureux de deux adolescents !

Mais il se trouve que ce serait réducteur...

 

Antoine a treize ans, et Hélène seize, lorsqu'elle débarque dans sa vie. La jeune fille et sa mère viennent d'arriver en Bretagne pour passer quelques jours de vacances avec la famille d'Antoine, sur l'île aux Moines. 

Les deux ados vont très vite se lier d'amitié et les parents, heureux d'être en vacances, les laissent faire un peu ce qu'ils veulent...Le temps est au farniente, aux barbecues et à la baignade. Les ados profitent comme leurs parents de leurs vacances.

 

Hélène est belle et Antoine qui passait son temps à dessiner des pokémons et à jouer avec son petit frère, est fasciné par cette jeune adolescente qui a l'air si sûre d'elle et qui, en plus, partage sa chambre...en effet dans les maisons de vacances, il y a toujours des chambres d'enfants style dortoir, avec des lits superposés et les parents trouvent normal d'y installer les enfants quel que soit leur âge, tous ensemble.

 

Antoine est surpris de se retrouver si rapidement, si proche d'elle et même si elle le considère le plus souvent comme son petit frère, elle-même se sent rassurée par sa présence car, sous ses airs de grande ado, se cache une jeune fille en mal de repère et d'une extrême fragilité. 

Elle aime se faire aborder par des garçons plus âgés, tout en étant morte de trouille. En fait, elle les provoque, fume, boit pour faire comme eux et être acceptée dans le groupe et du coup, elle incite Antoine à faire de même.  Cependant, la présence d'Antoine lui permet de ne pas aller trop loin dans la transgression des interdits, de s'arrêter à temps et de rentrer plus vite à la maison. 

Pour Antoine, c'est différent bien sûr, car il est encore jeune mais il va découvrir un autre monde cet été-là. Il rêve de grandir plus vite mais il comprendra aussi que cela ne peut pas se faire en un jour...

 

Voilà donc un roman graphique qui nous parle de l'adolescence et de ses sentiments contradictoires.

La surprise de cette BD n'est pas dans l'histoire, mais dans la façon dont le dessinateur fixe cet instant magique où tout bascule entre les deux ados alors que l'instant d'avant rien ne semblait possible...

Avec son trait tout en pudeur et en finesse, le dessinateur dresse quelques scènes très réalistes, que certains jugeront peut-être trop crues, mais est-il utile de dire que les ados d'aujourd'hui ne sont pas nés de la dernière pluie...

 

Le scénario est bien mené. L'ambiance toute en légèreté est bien rendue...et les ados, en prise avec leurs émotions et leur sentiments sonnent toujours juste.

L'impression de solitude, les émotions violentes, les fous-rires pour un rien, l'envie de braver les interdits et de repousser les limites, le désir de suivre le groupe même si on sait très bien que les parents auraient dit non...tout est là pour décrire des moments forts, tendres, et éternels.

 

C'est donc une BD réaliste, sensible et sensuelle qui n'occulte pas bien sûr puisque c'est le sujet, l'éveil des sens, le désir maladroit mais intense, les fantasmes, l'envie de tendresse et de partage, mais aussi le goût du risque et ses conséquences.

Certains internautes n'ont vu dans cette BD qu'une façon d'aborder l'initiation à la sexualité.

Je ne suis pas d'accord... car autour de ces instants de découvertes, tout est tellement délicat, tendre et passionné...que je trouve que cette BD est avant tout, un superbe portrait de l'adolescence d'aujourd'hui et une belle ouverture vers un débat adulte-enfant, indispensable.  

A proposer aux ados donc à partir de 14 ans ou plus jeune, si bien sûr vous la lisez avant, et que vous pensez vos enfants prêts...

 

-Y a beau avoir plein de monde,
j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
- Même quand t'es avec nous ?
- Non, avec vous c'est chouette

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:30
Dargaud, 2016

Dargaud, 2016

C'est très aimable de votre part, Monsieur Marius ! Je ne sais pas comment vous remercier...
En me disant "Merci", pardi ! C'est un mot qui rend la vie jolie.

 

Je vous ai présenté récemment le tome 1 de la série qui nous raconte les vacances de la famille Faldérault durant l'été 73... Aujourd'hui, les auteurs nous proposent de remonter le temps, pour nous retrouver à la toute fin des années 60, en 1969 exactement. L'homme s'apprête à marcher sur la lune et les chansons des Beatles passent en boucle sur toutes les radios... 

La famille est sur le point de partir en vacances dans leur 4L rouge. Les parents prennent un dernier café avec Pépé Buelo, avant le vrai départ. Lui, les croyait déjà partis... mais comme dans le précédent opus, le père a pris du retard dans son travail. Il a beau promettre que ce sera la dernière fois, nous le savons bien, nous lecteurs, qu'il n'en sera rien !

 

Les voilà en route, enfin...Il leur faut bien sûr passer la douane. Puis, la 4L marque au compteur, ses 100 000 km...et ça se fête !

Les enfants participent chacun à leur façon. On chante en coeur les tubs de l'été, on se taquine, on se chamaille...Les pauses "pipi" indispensables sur le trajet des vacances tournent au drame pour Julie car elle ne veut surtout pas qu'on la voit ; Nicole la plus jeune en profite à chaque arrêt pour raconter à de parfaits inconnus que "maman attend un bébé", et Louis rêve... Et Paulette que l'on avait adoré dans le tome 1, et bien elle n'est pas encore née !

De nuit, la famille est obligée de faire une halte pour cause de fatigue et, plante la tente au beau milieu du jardin potager d'un couple...qui s'avérera le lendemain être... tout à fait charmant ! C'est l'occasion même de faire connaissance, d'échanger quelques confidences et de partager un bon déjeuner "à la bonne franquette"...

Enfin, les voilà arrivés dans les calanques !

 

Nous lecteurs, nous nous sommes déjà bien amusés durant le voyage...et nous sommes conquis ! 

C'est une BD qui ne manque pas de peps, ni d'humour et tout cela avec des tonnes de tendresse.  Elle vous réchauffera le cœur entre deux baignades. La joie de vivre et l'insouciance sont là. Les personnages sont drôles et merveilleusement bien croqués.

Même si vous n'avez jamais passé ce type de vacances, vous aimerez cette BD, emplie de douceur. 

J'ai trouvé très original de remonter le temps pour découvrir cette famille attachante qui nous invite à partager leurs vacances et leur quotidien, avec simplicité et chaleur. 

A découvrir pour les amateurs de BD...et de nostalgie ! 

 

On s'était promis de retourner vivre au pays, à ma retraite, et puis...vous savez ce que c'est !...
Les rêves, on les coupe, on les met dans un vase, ça fait joli sur la table du salon...
Mais t'as beau changer l'eau tous les jours, tes rêves, ils finissent toujours par se faner.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 06:59
Dargaud, 2015

Dargaud, 2015

 

Retour en 1973 ! Oui je sais certains d'entre vous n'étaient pas encore nés !

C'est le temps des vacances en famille. La famille Faldérault attend impatiemment de partir vers le sud de la France. Les bagages sont prêts mais Pierre, le père, dessinateur de BD, termine ses dernières planches...il veut avant tout partir l'esprit tranquille quitte à rogner un peu sur le temps des vacances. 

 

L'heure du départ sonne enfin et tout le monde s'entasse dans la 4L, rouge Estérel.

Voilà toute la famille en route pour le grand sud !

Tout est là pour nous mettre dans l'ambiance de l'époque : le passage de la douane (la famille vit en Belgique), l'étape pique-nique habituelle malheureusement déjà squattée, les chansons de vacances qui passent en boucle à la radio, les disputes à l'arrière entre les enfants...

Mais tout n'est pas rose pour autant même si tout le monde a besoin de ces vacances pour oublier l'année qui vient de passer et les soucis du quotidien, oublier le manque d'argent, les rêves enfouis, le manque de reconnaissance...la séparation des parents à venir. Car Mado la mère a en effet décidé de quitter son mari à la rentrée mais avant, elle veut offrir à ses enfants un mois inoubliable.

 

Les petits sont quatre à l'arrière de la 4L. Il y a d'abord Louis, le seul garçon de la fratrie, qui passe son temps le nez dans une BD de Lucky Luke et Tchouki, son ami imaginaire (vous verrez qu'il aura une importance capitale dans le récit).  

Puis les sœurs qui sont toutes différentes et traînent avec elles quelques problèmes : Julie est une angoissée de nature ; Nicole souffre beaucoup de ses rondeurs, et Paulette pose toujours la question qui dérange : c'est normal c'est la petite dernière ! 

Mais un deuil familial interrompt les vacances...

 

Voilà une BD emplie de poésie et de tendresse, qui nous offre tout un panel de personnages tous aussi attachants les uns que les autres...

Au cours de sa lecture, on ne peut empêcher la nostalgie de nous atteindre...

Cela nous donne envie de lire les autres tomes qui, au contraire de ce à quoi on pourrait s'attendre dans une série, remonte dans le temps au lieu de voir grandir les enfants...sans doute pour nous en apprendre un peu plus sur cette famille et ses blessures.

 

Un pur bonheur pour les fans de BD, désolée pour les autres ! 

J'ai adoré ce contraste entre le graphisme léger et joyeux tout en rondeur et dynamisme et la gravité du scénario...

 

 

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 06:36
Bamboo éditions, 2014

Bamboo éditions, 2014

C'est vous, je le sais ! J'ai décodé l'adresse ! Et si vous voulez tout savoir, j'ai trouvé ça très très beau !

 

Un jour où elle prend son déjeuner seule, Camélia s'assoit sur un banc. Là elle trouve un livre d'un auteur inconnu, où quelqu'un a écrit : "Ce livre est pour la personne qui le trouvera. Gardez-le. J'ai pris un grand plaisir à le lire, je tiens à ce que ce plaisir ne reste pas emprisonné sur une étagère de ma bibliothèque. Il est spécialement pour vous". 

 

En lisant le livre, Camélia découvre que certains mots sont entourés et qu'ensemble, mis bout à bout, ils forment cette phrase : "Longtemps, j'ai connu l'ennui dans ma vie. Longtemps j'ai souhaité de plus grandes émotions..."

 

Ces mots répondent exactement au ressenti de Camélia ! Elle aussi s'ennuie dans sa vie et dans son couple. Son mari s'intéresse plus à la notice de son nouveau téléphone portable et à ses séries TV qu'à son ressenti à elle.

Sa collègue de travail ne s'intéresse à elle que lorsqu'elle n'a pas pas mieux avec qui partager son repas...

 

Alors, Camélia décide que sa vie va changer et met elle-aussi quelques mots en guise de réponse dans le livre qu'elle repose ensuite sur le même banc...

Elle est bien décidée à voir, même en pleine nuit, qui viendra le chercher ! 

 

Voilà un livre léger et grave à la fois, qui pose bien le problème des rêves oubliés, de la confusion des sentiments qui fait suite à cette prise de conscience, et de la nécessité d'un peu de romantisme dans notre vie, pour être pleinement heureux.

Que serait notre vie sans rêves et la vie d'un jeune couple moderne sans un peu de piment et de fantasmes...

 

Cette BD qui est la première partie d'un diptyque, est très joliment illustrée. 

Le scénario nous invite à suivre cette héroïne sentimentale et moderne, passionnée de livres et très attachante... et la fin, pleine de surprise nous donne envie de lire le tome 2 que je n'ai pas encore trouvé en médiathèque.

 

C'est une lecture agréable, facile et divertissante qui m'a permis de découvrir deux auteurs totalement inconnus pour moi. 

 

Ouais, ben ton Victor Hugo, il n'avait pas un 120 pouces dans son salon, avec le son qui va bien avec et l e canapé pile devant !
Qu'est-ce qu'il y connaissait en séries TV, ton Victor Hugo, hein ?

 

Jim (Thierry Terrasson) est un scénariste et dessinateur qui travaille aussi bien pour la BD que pour les dessins animés. Il signe aussi sous  le pseudo "Téhy". Il a toujours une vision assez juste des rapports humains dans ses BD. Il aime parler des problèmes de couple et d'amour...Auteur de plus de 70 albums, il était temps que je croise son chemin ! 

Mig (David Laurent) était aussi pour moi un parfait inconnu. Issu de la génération Goldorak qui parlera à certains d'entre vous, il commence lui aussi par le dessin animé avant de devenir dessinateur freelance, tout en travaillant dans la pub et les produits dérivés. Vous pouvez visiter le blog ICI pour en savoir plus sur lui. 

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 06:30
Bamboo, mai 2017/ Grand Angle

Bamboo, mai 2017/ Grand Angle

 

La garua c'est la brume...qui s'installe au bord de l'océan et nous met aussitôt dans l'ambiance feutrée de ce tome 2, riche en surprise et en rebondissement.

Attention dans ce résumé je dévoile la fin du tome 1...que je vous ai présenté ICI.

Une des premières planches

Une des premières planches

 

La petite et adorable Qinaya est repartie dans son pays natal et ses parents adoptifs ont été accusés d'enlèvement. Eux qui désiraient tant avoir un enfant ont fermé les yeux sur des non-dits et des vices de forme dans la procédure d'adoption et en fait Qinaya avait une maman là-bas au Pérou.

C'est Alain, le fils de Gabriel, qui a assumé toutes les accusations et il est désormais en prison, tandis que Lynette, sa femme, demande le divorce. 

Depuis que la famille est dévastée et que sa femme est dépressive, Gabriel a refusé de rendre visite à Alain...

 

Après un an et demi de recherche, Gabriel retrouve la trace de la petite fille grâce à  José Luis, un détective privé qu'il a engagé. Il décide de se rendre seul à Lima pour la rencontrer... mais en dix-huit mois, Qinaya a grandi et ne se souvient plus du tout de son séjour en France, ni de son grand-père.

Gabriel découvre que la petite fille s'est attachée à un autre grand-père et que c'est dans ses bras à lui qu'elle se jette désormais...

 

Pour lui, c'est un vrai déchirement, mais il décide le coeur gros, de laisser la petite fille tranquille avec sa vraie famille, sans rien lui révéler de ce qu'ils ont vécu ensemble. 

Alors qu'il est bien décidé à rentrer aussitôt en France, il croise Marco, un quinquagénaire belge, venu chercher le corps de sa fille, décédée dans le tremblement de terre. Elle n'a toujours pas été identifiée parmi les victimes au grand désarroi de son père qui attend sur place un appel des services d'identification. Les deux hommes sympathisent et Gabriel va finalement prolonger son séjour pour explorer le pays avec lui. 

Mais en France, l'attendent ceux qui l'aiment et qu'il aime...

 

 

Quel gâchis ! Ils rêvaient de fonder une famille, ils en auront brisé trois.

 

Le premier tome m'avait conquise. Il était centré sur la relation entre la petite fille et son grand-père et je m'attendais comme tous les lecteurs à une fin heureuse...pour tous les protagonistes.

Mais c'était mal connaître l'auteur...

Dans ce tome 2 en effet, il nous emmène dans une direction qui n'est pas du tout celle à laquelle on s'attendait, et c'est tout à fait déroutant.

Pour tout vous dire, Gabriel, notre vieux bougon au coeur tendre, ne s'attendait pas non plus à vivre ce qu'il va vivre là-bas...alors imaginez-vous bien, que nous non plus !

L'auteur sait nous surprendre avec un final profondément humain et très riche en émotions, et c'est ce qui compte finalement.

 

Les rapports humains même au sein d'une même famille sont fragiles et il nous faut beaucoup de courage pour reconnaître nos propres erreurs. Mais parfois il faut savoir faire le premier pas et pardonner, pour être pardonnés. 

L'auteur nous montre aussi que dans la vie, même les événements malheureux peuvent nous faire progresser et nous aider à ouvrir notre coeur aux autres. Mais ça je le savais déjà...  

Le graphisme est toujours aussi splendide et met en scène avec brio les instants de tendresse et d'émotion ! 

Un dyptique à découvrir et des auteurs à suivre, pour les fans de BD...

 

Vous savez, Marco, ils ont beau s'éloigner, ils ont beau vieillir, c'est comme s'ils étaient toujours là, à courir dans nos pattes, comme quand ils étaient mômes.

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