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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:45
Parution en VO 1994 / 1997 pour la traduction française

Parution en VO 1994 / 1997 pour la traduction française

Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu. Mais ça faisait vint-sept ans que le monde y passait sur ce bateau : et ça faisait vingt-sept ans que Novecento, sur ce bateau, le guettait. Et lui volait son âme.

 

En 1900, sur un bateau qui traverse l'Atlantique et fait escale à Boston,  Danny Boodmann, un des marins du bord, trouve un nouveau-né, bien installé dans une boîte d'emballage de citrons posée sur un piano. Il a sans doute été abandonné par une des immigrées dans l'impossibilité de le garder avec elle et ne sachant rien de ce qui l'attendait à terre.

 

Le nourrisson a environ dix jours et ne pleure pas.

Le géant noir tombe immédiatement sous le charme du bébé, persuadé que l'enfant a été mis là uniquement pour lui, et d'autant plus que sur le carton, il y les initiales T.D.( qu'il interprète comme voulant dire "Thanks Danny").

N'est-ce pas un signe du destin ?

Il baptise le bébé Danny Boodmann (=son nom à lui), T. D. (=thanks Danny) Lemon (=citron)  à cause de la caisse, et Novecento (=1900), en l'honneur de la nouvelle année qui débute ! 

 

Lorsque Tim Tooney, le narrateur, débarque sur le Virginian en 1927, afin d'être engagé comme trompettiste, il fait la connaissance de celui qui depuis le temps a été baptisé "Novecento" tout court, et tous deux deviennent amis.

 

Novecento est un musicien hors pair qui joue de la musique divinement bien sans partition, ni aucune connaissance particulière. Et chose surprenante pour la plupart des personnes se trouvant à bord, il n'est jamais descendu du paquebot.

Mais faut-il parcourir le monde pour le connaître ? 

 

Un jour monte à bord l'inventeur du jazz, le grand Jelly Roll Morton. Il est venu là uniquement pour rencontrer Novecento, dont tout le monde parle et il bien décidé à le provoquer "en duel"... musical. 

 

Les désirs déchiraient mon âme. J'aurais pu les vivre, mais j'y suis pas arrivé.
Alors je les ai ensorcelés.
Et je les ai laissé l'un après l'autre derrière moi.
...
La terre qui était la mienne, quelques part dans le monde, je l'ai ensorcelée en écoutant chanter un homme qui venait du Nord, et en l'écoutant tu voyais tout, tu voyais la vallée, les montagnes autour, la rivière qui descendait, la neige l'hiver, les loups dans la nuit, et quand cet homme eut fini de chanter, alors ma terre, où qu'elle se trouve, a été finie à jamais.

 

Ce court texte a été écrit pour le théâtre. Il se déguste tout en se lisant très vite. 

C'est une sorte de conte philosophique d'une grande poésie car rythmé par la musique et le mouvement incessant des vagues.

Le lecteur a l'impression d'être sur le bateau. Il écoute la musique, entend les vagues se briser sur la coque, et c'est tout juste s'il n'aperçoit pas à l'horizon, lui-aussi, l'Amérique !

L'histoire de ce pianiste "le plus grand du monde" qui n'a jamais quitté le paquebot où il est né, est passionnante surtout lorsque l'on comprend que ce n'est pas la gloire qu'il recherche.

Ce qu'il veut, finalement c'est ne faire qu'un avec la mer, "sa" mer. 

Le narrateur trouve toujours les mots justes pour nous faire partager son histoire.

 

Ce texte en forme de monologue a été joué au théâtre par André Dussolier. 

Un film intitulé "La légende du pianiste sur l'océan" (1998) a été tirée de cette courte histoire. Vous pouvez visionner la bande-annonce du film ci-dessous. 

 

Il avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire. Pas les livres, ça, tout le monde le peut, lui, ce qu'il savait lire c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, toute leur histoire

 

J'ai découvert l'auteur à l'automne dernier avec son dernier roman "La jeune épouse" qui ne m'avait pas convaincu. Je comprend mieux après la lecture de ce court texte très poétique, que l'auteur ait obtenu plusieurs prix...

 

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:42
P.O.L. 2015

P.O.L. 2015

La grammaire a des usages auxquels vous devez strictement vous conformer.
Certainement, monsieur, répond Jean qui aime se sentir corseté, éprouver dans sa chair et dans sa bouche la puissance des liens imposés.

 

Il était temps que je lise le Prix Médicis 2015...

Bientôt l'automne et la nouvelle série de Prix !! 

Je n'avais jamais rien lu de cet auteur et c'est chose faite avec ce roman dans lequel l'auteur aborde l'histoire d'une jeune femme d'aujourd'hui, moderne et intelligente qui vient d'être délaissée par son amant, un homme marié qui a décidé de ne pas quitter sa femme malgré son amour pour elle. Classique me direz-vous ! 

 

Aidée par sa plongée dans la lecture de Racine et dans la vie de l'écrivain et, vous l'aurez compris surtout dans "Bérénice", cette reine de Palestine délaissée elle aussi par Titus, l'empereur de Rome qui lui a préféré sa femme, la Bérénice moderne va tenter de comprendre en pénétrant les mots de Racine, la teneur de l'amour que son amant lui portait.

Elle entreprend donc d'entrer dans l'oeuvre et la vie du tragédien, et cet attrait va devenir pour elle, une véritable thérapie...

 

L'auteur se lance alors dans le récit de l'histoire et de la vie de Racine, une histoire romancée certes mais qui ne manque pas de sel.

 

Ainsi le lecteur apprend tout de sa jeunesse et de sa découverte des mots et du latin, de son plaisir à traduire à sa façon les textes que ses maîtres jansénistes lui imposaient.

On le voit se battre pour monter à Paris, tenter de se faire connaître, puis gravir pas à pas les échelons qui vont l'amener à devenir un des plus grands tragédiens de son temps et un des favoris du Roi.

 

Il est intéressant de voir que déjà à l'époque de Louis XIV,  la concurrence était rude et parfois amère, la jalousie présente et la violence un état de fait.

Pourtant les mots de Racine sont empreints d'amour et de douceur.

Comment un homme comme Racine, avec l'éducation et la vie qu'il a eu, a-t-il pu en venir à écrire ces mots-là, ces tragédies-là ? 

 

Sous la plume de Nathalie Azoulaï, Racine devient le confident de toutes les dames esseulées, invitées à lui raconter les sentiments qui les animent après avoir été délaissées, amoureuses comblées ou mal-aimées, autant de matière à l'écriture de ses futures tragédies, au risque de choquer les biens-pensants de son temps.

 

Notre Bérénice moderne en arrivera à la conclusion que si Titus a quitté Bérénice c'est qu'il ne l'aimait tout simplement pas aussi fort qu'elle l'aimait.

 

 

 

A travers la fenêtre du carrosse qui l'emmène à Paris, Jean comprend qu'on peut traverser l'espace comme les sentiments vous traversent : les paysages familiers se retirent tandis que les nouveaux s'approchent, en masse. Ses souvenirs se mêlent à ses espoirs...

 

Mon avis

 

La lecture à deux niveaux est par instant difficile à suivre. L'histoire, somme toute bien anodine de la Bérénice moderne, n'est en fait qu'un prétexte à entrer dans les mots et dans le rôle de l'héroïne de la tragédie racinienne, ainsi que dans la vie du grand Racine.

 

Peut-être ce livre vous donnera-t-il envie de relire vos classiques ?  Et de les lire à haute voix pour s'imprégner non seulement des mots mais aussi de leur musique. C'est à essayer...

 

Le théâtre est fait pour être déclamé...vous n'en douterez plus un seul instant après avoir lu ce livre qui reste néanmoins difficile à aborder.

 

Il ne m'a pas totalement convaincue, tout en m'offrant quelques belles envolées littéraires...et le plaisir d'une écriture toute en sensibilité et qui sonne toujours juste. 

Et je l'ai donc découvert avec plaisir...et lu sans aucun ennui.

Mais je garde un avis réservé sur cette lecture très (trop) intellectuelle et qui ne pourra pas plaire à tout le monde. Vous êtes prévenus...

 

C'était ma lecture intellectuelle de l'été. 

Quand les petits-enfants ne sont pas là, tout devient possible...

J'ai hâte de connaître votre avis si vous l'avez lu ! 

 

...Jean éprouve d'autres sensations lorsqu'il compose ; parfois, entre les paquets de vers galants qui lui viennent ensemble, la mécanique ralentit et laisse arriver un alexandrin plus singulier, plus libre, tête nue dans le vent.
"Mon âme loin de vous languira solitaire".
Il déclame son vers en boucle, enchanté et surpris, comme s'il était écrit pas un autre. De ces surgissements, il ne parle jamais...

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 09:58
Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?
Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?
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Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?
Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?
Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?

Ce spectacle circule à travers la France depuis plusieurs années déjà. Peut-être l'avez-vous déjà vu ?

"Faust, une légende allemande" est un film muet allemand réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau en 1926 inspiré de l'oeuvre de Goethe.

Ce conte populaire allemand date du XVIe siècle et a fait l'objet de nombreuses interprétations.

 

 

La légende de Faust... 

 

 

Dans les nuées célestes, l'archange de lumière, symbole du Bien, et Méphisto le diable, font un pari.

Si le diable parvient à démontrer que l'homme est aussi noir que ce qu'il croit, alors la Terre sera à lui. S'il n'y arrive pas, il renoncera à posséder la Terre.

Méphisto doit par son intelligence, corrompre l'âme d'un homme "bien". Son choix se porte sur le docteur Faust, un vieil alchimiste célèbre pour ses travaux et sa piété.

Mephisto doit réussir à le corrompre et à détruire en lui tout ce qui est de l'ordre du divin...

 

Il commence par amener la peste sur le monde et plus particulièrement dans le village dans lequel Faust habite.

Les prières de Faust ne servent à rien pour enrayer la mort des villageois les uns après les autres. Désespéré et impuissant, il finit par appeler le diable, qui bien sûr arrive aussitôt et lui propose d'être à son service à l'essai pour 24 heures. 

 

Mephisto accepte de sauver les villageois mais Faust en échange ne devra plus s'approcher du divin. Il est alors banni par les villageois. 

Tous deux partent, en tapis volant, découvrir les merveilles et les plaisirs terrestres. Faust aveuglé, se soumet entièrement au diable.

Il décide de lui donner son âme en échange de la jeunesse éternelle et des plaisirs qui vont avec...

 

Mais Faust veut revenir vers son village : il se lasse de toutes ces futilités.

Durant le voyage de retour, Faust tombe éperdument amoureux de Marguerite (Grentchen), une pure jeune fille. Valentin le frère s'interpose et provoque Faust en duel.

C'est Mephisto qui a tout manigancé (vous vous en doutez !): il porte le coup fatal à Valentin, mais c'est Faust qui va être accusé du meurtre et qui sera encore obligé de s'enfuir.

Mephisto assiste impuissant aux approches des deux amoureux : il est jaloux de leur romance, lui que ne sait pas ce que c'est que l'amour.

Il va tout faire pour les séparer, mais malgré toutes les machinations qu'il mettra en oeuvre, et le drame final... c'est l'amour qui triomphera malgré tout. Seul ce mot est en effet capable de briser le pacte diabolique !

 

Le spectacle

 

Tandis que le film de Faust est projeté sur un écran, les trois acteurs produisent dialogues, bruitages et musique. 

 

D'un côté de la scène, il y a deux musiciens (Pierre Marcon et Jérôme Favarel) équipés d'un clavier et d'instruments divers, de l'autre un seul homme qui va nous interpéter tous les personnages (Faust jeune ou vieux, Mephisto, Marguerite, sa mère, sa tante...) en plus de certains bruitages.

Cet homme c'est Patrick Ponce, le réalisateur du spectacle.

 

Pour rendre le spectacle vivant, les acteurs collent parfaitement à l'image en "doublant" avec la musique, les voix, les mimiques, les mouvements des différents personnages...

 

Le spectateur devient complice de l'histoire. Il entend rugir le diable, parler ou pleurer la jeune Marguerite, crépiter les flammes...comme s'il y était ! 

Quant aux bruitages tous les objets sont bons mais je ne vous les dévoilerez pas car ils font partie intégrante de la mise en scène...

 

Le spectateur doit intégrer les différentes informations, l'image ne doit pas primer sur le spectacle. Tout est question d'équilibre. Le regard du spectateur va donc changer de focale : il ira de la projection au musicien, puis au comédien où il restera en pause sur l'image tout en savourant les paroles et les bruitages...Le spectacle est partout. C'est absolument magique !

 

Et le spectateur aimerait recommencer aussitôt car il n'a pas eu le temps de regarder, avec quel objet le comédien a fait tel ou tel bruitage...ni à quel moment la musique a pris toute la place...ou quel visage a pris le comédien pendant telle ou telle scène...

 

Mais là où la réputation de la troupe ne fait pas défaut c'est qu'on y retrouve l'humour décalé, improbable et  inattendu...dans ce drame qui se déroule sous nos yeux.

 

"Tiens je vais aller dans le mur" dit Mephisto en passant réellement à travers le mur.

 

Et que dire de la façon dont l'acteur se met à parler au milieu du spectacle même, avec la voix de Murnau, le metteur en scène du film, et lui fait expliquer certains de ses choix d'artiste et certaines scènes de son film...

 

Tout à fait désopilant !

 

Présentation du spectacle "Faust" au Festival d'Avignon en 2011

 

"Cartoun (=cartoon) sardines (parce que troupe marseillaise) Théâtre" ?

 

En 1979, Patrick Ponce et Philippe Car se rencontrent dans l'école de mime de Pinok et Matho. 

Très vite, ils font le projet de monter un spectacle et créent "Mimonettes", un spectacle pour enfants. Un troisième larron les rejoint, c'est Martial Gimeno. 

Puis ils fondent ce qui deviendra plus tard le Cartoun Sardines théâtre.

 

La troupe poursuit son aventure en 1986 avec des spectacles désopilants et inventifs d'où les spectateurs sortent avec mal au ventre d'avoir trop ri devant ce déballage de mimes, d'ombres, d'équilibristes, de masques, de décors fabuleux...c'est selon !

 

Une trentaine de spectacles depuis leur création leur a permis d'explorer les textes classiques ou modernes, les réalisant dans un univers résolument moderne mais décalé et toujours émotionnellement fort et très poétique. 

 

Puis la troupe se sépare et chacun va suivre son chemin.

 

Philippe Car crée alors la Compagnie Philippe Car - Agence de voyages imaginaires. Vous retrouverez sur son site l'histoire des débuts des Cartoun sardines puis de sa propre compagnie.

 

Patrick Ponce, lui, décide d'expérimenter sur scène le théâtre-cinéma. Il travaille sur le cinéma muet, tout en gardant l'humour décalé des origines et en modernisant des textes classiques.

 

Pour en savoir plus sur la Compagnie et leurs spectacles en cours, retrouvez-les sur leur site.

 

Archives : La troupe en 1994 au Festival d'Avignon

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Published by manou - dans lecture théâtre cinéma
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 09:10
Comment je suis devenu stupide de Martin Page au théâtre...

Férocement drôle, ce petit ouvrage à lire à partir de 16 ans, retrace la vie d’Antoine, un jeune homme brillant, bardé de diplômes, et néanmoins farouchement malheureux.

 

A force de vouloir tout comprendre, tout analyser, tout saisir, Antoine ne parvient pas à vivre spontanément. Après de vaines tentatives pour devenir alcoolique - les spiritueux lui semblent un bon remède contre l’intelligence - et se suicider, il décide alors de devenir stupide.


Une entreprise déroutante à laquelle Antoine va, comme dans le reste, exceller. S’ensuivent quelques pages jubilatoires où notre héros plonge progressivement dans le puits sans fond de la bêtise...

 

 

La Nième Compagnie (69) m'informe qu'Antoine,  (l’anti)-héros du livre de Martin Page intitulé "Comment je suis devenu stupide", est en ce moment même à Paris dans une adaptation et une mise en scène de  Claire Truche.

Je vous livre ici les termes exacts de leur message mis en ligne en com sur ma chronique ICI sur ce blog.


"Ce roman a connu un vrai succès dès sa parution, et il se prête à merveille à un plateau de théâtre. Il parle avec acuité de notre société et d'un certain air du temps.

C’est donc l’histoire d’Antoine, un jeune homme seul.
Qui, après avoir éprouvé que la pensée qui analyse trop, livrée à elle-même, isole et désole... après avoir vainement tenté de devenir alcoolique et de se suicider, sous heurozac, décide de devenir stupide pour ne plus penser.
Un voyage singulier au pays de nos us et coutumes.
Le texte, porté par la mise en scène ciselée, pose un regard incisif, mordant, poétique et (malgré tout !) drôle sur notre société. Jaufré Saint Gal de Pons, l’acteur, est sidérant tant il s’engage avec subtilité, humour (et intelligence!) dans chaque personnage incarné.

Nous serions très heureux de votre présence à ce spectacle, présenté pour la première fois à Paris, au Théâtre de la Manufacture des Abbesses
7, rue Véron -75018 Paris- Métro Abbesses ou Blanche.
Du 2 décembre au 16 janvier -du mercredi au samedi à 19h (relâche le 24 et 25 décembre)".

 

Voilà ! Je me permets donc de leur faire ici sur mon modeste blog un peu de pub, car les livres de Martin Page sont tout à fait hilarants et plaisent beaucoup aux lycéens. Je pense que vous passerez un bon moment au théâtre, si vous avez l'occasion de vous rendre à Paris pour assister à une de leurs représentations.

Moi ce ne sera pas le cas...mais je me tiendrai au courant de leur tournée.

 

A défaut d'avoir pu lire et vous mettre en lien, leur dossier de presse, joint dans les coms d'OB, mais que je sache il n'y a pas de possibilité de lire les pièces jointes...sauf si on passe par le formulaire de contact, je vous laisse ici, le lien vers leur site.

 

N'hésitez pas à les contacter !!


 

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 11:07

Voici la petite histoire de l'œuvre littéraire écrite par Marcel Pagnol.

Pour chaque oeuvre (sauf le théâtre qui fera l'objet d'un article séparé), vous trouverez  un bref résumé et parfois quelques anecdotes.

 

  

 

Marcel Pagnol, romancier et nouvelliste...

 

- "Le mariage de Peluque" appelé maintenant "Pirouettes"  a été écrit sous forme d'épisodes, pour la revue FORTUNIO en 1920.

Il s'agissait de "combler les trous" de la revue en allongeant plus ou moins l'histoire. Je rappelle que FORTUNIO est la revue créée par Pagnol et ses copains, tous étudiants.

"Pirouettes" a été ensuite publié par les Éditions Fasquelle en 1932  par Eugène Fasquelle, un grand ami de Pagnol.

Marcel Pagnol aurait renoncé à transformer le texte, comme il en avait l'intention au départ, ce qui explique qu'il ait gardé toute sa fraîcheur.

 

Dans cette nouvelle, l'action se situe en plein Marseille dans le quartier de la Plaine.

Jacques Panier, le narrateur encore lycéen, qui nous conte cette histoire, et qui ressemble étrangement à Marcel Pagnol, a pour ami un philosophe farfelu,  Louis-Irénée Peluque.

Celui-ci court, d'amourette en amourette : il se fiance à Lucie, car il croit son père très riche tout en continuant à courtiser la petite couturière, Pomponette.

Ces amis le poussent à rompre, il ne veut pas.

Mais, finalement c'est avec une troisième conquête au sourire enjoleur que les folles aventures amoureuses de Peluque se termineront... non sans scandale.

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'histoire et le contexte local, rendez-vous sur la page du site mon-marseille.

 

 

- "La Petite fille aux yeux sombres" a été d'abord publié en épisodes dans Fortunio en 1921, puis par Julliard en 1984.

 

On y retrouve des personnages du  "Mariage de Peluque" dont Peluque, le philosophe farfelu et ses amis Jacques Panier (Marcel Pagnol) et Félix-Antoine Grasse. 

 

Ils habitent toujours à Marseille, la plus belle cité du monde !

Chacun à son tour raconte l'histoire...

 

Peluque est devenu gardien au jardin zoologique. Félix est le  poète et philosophe du groupe.  Quant à Jacques, il a trouvé un travail chez un éditeur.

La nouvelle nous raconte les premiers amours de Jacques.

Ses deux amis s'interrogent : "L'amour est-il un piège que nous tend le génie de l'Espèce, aux seules fins de se perpétuer ?"

Jacques est d'accord avec eux et a juré qu'il ne s'en laisserait pas conter...

Mais un jour, il rencontre une petite fille aux yeux sombres, discrète et timide qui passe tous les jours à la même heure devant lui, alors qu'il fume sa pipe tout en philosophant tranquillement, assis sur un banc de la Plaine...

 

Marcel Pagnol en littérature...

 

 

Puis Marcel Pagnol commence  à écrire ses "Souvenirs d'Enfance" en 1956 à La Treille, lieu proprice à cette écriture. Ses proches l'encouragent.
Les premiers chapitres sont publiés dans le magazine Elle.

 

En fait Jean-Louis Chiabrando dans son livre intitulé "Ces acteurs qui ont fait Pagnol" raconte l'anecdote suivante : (p.28)

"Alors que Pagnol dînait avec son ami Pierre Lazareff et sa femme qui dirigeait le magazine "Elle", celle-ci lui fit remarquer qu'il n'avait jamais écrit pour son journal. Pagnol lui répond qu'il ne saurait pas...écrire pour les femmes. Elle insiste. Il dit qu'il verra et oublie après le dîner sa promesse.Mais elle est tenace et elle n'a pas oublié..."

Bon ben je vais pas tout vous raconter le mieux est que vous lisiez ce livre !

C'est ainsi que Pagnol se mit à écrire ses souvenirs d'enfance.

 

 

 

 

- "La Gloire de mon Père"  / Souvenirs d'Enfance, Tome I (1957)

 

"Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des chevriers".

C'est ainsi que commence l'autobiographie de Pagnol.

 

Marcel, petit Marseillais du siècle dernier nous raconte son enfance : l'école,  la vie de famille, les premières vacances, la découverte des collines à La Treille et la première chasse à la bartavelle avec son père...

 

On y découvre Joseph, le père instituteur, au caractère bien trempé ; Augustine, la maman couturière effacée et de santé fragile ; l'oncle Jules et la tante Rose, le petit frère Paul...et les senteurs de la Provence.

 

Indescriptible !


 

- "Le Château de ma Mère" / Souvenirs d'Enfance, Tome II  (1958)

 

Le père a loué "la Bastide Neuve" mais le trajet pour s'y rendre est long et fatiguant pour Augustine et toute la famille.

Un matin de vacances, Marcel rencontre Lili des Bellons. Une grande amitié naît entre eux. Toutes leurs vacances seront désormais différentes...

Avec lui il apprend à connaître la nature et découvre un monde qu'en tant que "petit marseillais", il ne pouvait pas connaître.

 

Le petit Lili est un personnage extraordinaire qui va transformer Marcel...


""Hé ! l'ami ! "
 Je vis un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. "Il ne faut pas toucher les pièges des autres. dit-il. Un piège, c'est sacré ! - Je n'allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l'oiseau.
 II s'approcha : c 'était un petit paysan. Il était, brun, avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille."

 

C'est dans ce roman que Pagnol raconte la terrible scène où, ayant pris un raccourci, la famille se retrouve face au gardien du château...(Il s'agit du château de la Buzine).

 

 

Marcel Pagnol en littérature...

 

- "Le Temps des Secrets" / Souvenirs d'Enfance, Tome III (1960)


Ce tome commence par le récit des grandes vacances, durant lesquelles le jeune Marcel sort de l'innocence de la petite enfance, pour découvrir l'amour et les premières inquiétudes et trahisons. Puis c'est la rentrée en sixième et la découverte d'un nouveau monde "loin" de sa famille.

 

Marcel approche de l'adolescence. Il va bientôt entrer en sixième. Mais c'est d'abord les vacances à La Treille...

Lili doit travailler aux champs avec son père, et Marcel s'ennuie.

Lorsqu'il rencontre Isabelle, la fille du poète Loïs de Montmajour, il découvre l'amour !

Du coup, il laisse complètement tomber Lili.

Mais Isabelle le mène par le bout du nez et le ridiculise en public.

Puis c'est la rentrée 1905 et le lycée Thiers qui l'attend mais aussi de nouvelles amitiés.

 

Extraits :

 

« Isabelle ne connaissait pas le petit garçon que j'étais dans ma famille. Et le personnage que je jouais avec elle, je ne pouvais pas le montrer aux miens qui ne l'auraient pas reconnu. »

 

« La reine, naturellement, c'était elle, et le chevalier, c'était moi. Nous commençâmes par la fabrication de nos costumes, car comme toutes les filles, elle adorait se guignoliser. »

Marcel Pagnol en littérature...

 

 

- "Jean de Florette" / L'Eau des Collines Tome I (1962)

 

 

Au village des Bastides Blanches, on hait ceux de Crespin. C'est pourquoi lorsque Jean Cadoret, le Bossu, s'installe à la ferme, des Romarins, on ne lui parle pas de la source cachée.

Ce qui facilite les manoeuvres des Soubeyran, le Papet et son neveu Ugolin, qui veulent lui racheter son domaine à bas prix...

 

Les dialogues sont savoureux et les personnages à la fois drôles et terrifiants.


"Tu comprends, s'ils avaient bu l'eau de la citerne, c'est sûr qu'ils seraient morts tous les trois, et moi ça m'aurait embêté. D'avoir bouché la source, c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. Mais si, à cause de ça, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions."

 

 

 

- "Manon des Sources" / L'Eau des Collines Tome II (1963)

 

Après la mort du Bossu, et la vente des Romarins, Manon et sa mère s'installent dans la grotte de Baptistine. Quelques années plus tard, Manon trouve l'occasion de se venger...


"Le murmure était plus fort ; c'était une chanson tintante et cristalline...
Elle s'arrêta, éleva la petite flamme au-dessus de sa tête, et vit sur le sol danser une étoile : comme elle se penchait, un visage monta vers elle, et c 'était le sien".

 

 

 

- "Le Temps des Amours" / Souvenirs d'Enfance Tome IV (1977) Publication posthume.

 

La suite des souvenirs d'enfance et d'adolescence. Les amours mais aussi les amitiés et la vie au lycée...

 

"Quand je revois la longue série de personnages que j'ai joués dans ma vie, je me demande parfois qui je suis. J'étais, avec ma mère, un petit garçon dévoué, obéissant, et pourtant audacieux, et pourtant faible ; avec Clémentine, j'avais été un spectateur toujours étonné, mais doué d'une incomparable (je veux dire incomparable à la sienne) force physique ; avec Isabelle, j'avais couru à quatre pattes, puis je m'étais enfui, écœuré... Au lycée, enfin, j'étais un organisateur, un chef astucieux, et je n'avais qu'une envie, c'était de ne pas laisser entrer les miens dans le royaume que je venais de découvrir, et où je craignais qu'ils ne fussent pas à leur place."

 

 

 

Puis Marcel Pagnol  a publié  deux recueils de nouvelles.

 

- "L'Infâme Truc" paru en 1922.

 

Quelques malheureux élèves, qui n'ont personne chez qui passer les fêtes, passent la nuit de Noël dans le grand lycée où ils sont pensionnaires.

Il leur arrive le pire qu'ils puissent imaginer : ils sont surveillés par "l’infâme Truc", un méchant répétiteur borgne, à la grosse barbe noire et au visage balafré.

Mais la nuit de Noël n'est-elle pas celle de tous les miracles ?

 

Cette nouvelle a été reprise au cinéma par Marcel Pagnol en 1935,  sous le titre de ‘’Merlusse’’.

 

- "L'Infâme Truc et autres nouvelles", a été publié à titre posthume par Julliard, en 1984.

Marcel Pagnol en littérature...

 

- "Les Sermons de Marcel Pagnol", rassemblés par le R.P Norbert Calmels, Abbé Général des Prémontrés . Robert Morel, 1968.

 

Les sermons de Pagnol sont tout simplement extraits de ses films ou de ses oeuvres théâtrales.

Ils sont présentés dans le recueil par ordre de leur parution en librairie...

 

 « J’ai mis un sermon dans la plupart de mes films ou pièces, parce que, de mon temps, dans les villages et même les villes, il y avait deux personnages importants : le curé étant l’instituteur religieux, et l’instituteur, le curé laïque. C’est de leur confrontation que naissait l’esprit du village…J’ai écrit mes sermons en écoutant les curés de mon village et en lisant les sermons de Masaillon et de Bossuet. »

 

Marcel PAGNOL est interviewé le 12 novembre 1965 à propos de son livre. Attendre quelques secondes que la pub, que je ne peut pas supprimer,,se termine !!

Marcel Pagnol, traducteur...

 

- La première traduction de Pagnol a été "Hamlet". Sa version a été ensuite jouée au théâtre en 1955 par Serge Reggiani et Dominique Blanchar.

Elle a été publiée chez NAGEL en 1947 et est introuvable aujourd'hui.

 

- "Les Bucoliques" (1958)

C'est la traduction de l'oeuvre de Virgile du même nom.

 

À défaut d'encombrants bagages, Pagnol emportait avec lui lors de ses voyages, une édition des Bucoliques. Avant d'écrire un scénario, il se plongeait alors dans cette lecture et passait du temps à la traduire.

Il ne pensait pas que cette traduction intéresserait des lecteurs...et, encouragé par ses amis (encore une fois !), il accepta de publier sa traduction en 1958.

 

Dans cette édition, Pagnol nous livre de nombreux commentaires et une préface dans laquelle il rend hommage à son frère Paul, le dernier berger-chevrier.

"J'ai travaillé à ce petit ouvrage pendant une trentaine d'années, pour mon plaisir et mon profit : je n'avais pas l'intention de le publier, car je pensais que Virgile et ses bergers n'intéressaient plus personne."

 

 

- "Le Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare a été traduit par Pagnol et créé en 1947, au Grand Théâtre de Monaco.

C'est Jacqueline Pagnol qui y joue le rôle d'Hermia, aux côtés de Robert Gaillard et de Madeleine Sylvain.

La traduction a été publiée dans les Œuvres complètes du Club de l'Honnête Homme, en 1970.

 

 

Marcel Pagnol, historien...

 

- "Le Masque de Fer" (1965) Essai historique repris et complété en 1973 sous le titre "Le Secret du Masque de fer".

 

L'histoire du prisonnier masqué met en scène de multiples personnages : Louis XIV, Louvois, Charles II, Saint-Mars, Fouquet, Lauzun, l'affreux Nallot, La Rivière, le silencieux major Rosarges, Antoine Rû, le porte-clefs provençal, et le méthodique du Junca, dont l'orthographe est un régal, et qui aurait écrit des lettres à Madame de Sévigné !

Tous ces personnages originaux entourent un homme masqué de haute taille qui se tait et dont on ne verra jamais le visage...

Marcel Pagnol en littérature...

Marcel Pagnol, essayiste...

 

- "Pagnol Inédit" (1986)  Publication posthume de textes inédits, écrits entre 1940 et 1960  rassemblés par Jacqueline et Frédéric Pagnol.

 

Pagnol était très curieux et s'intéressait à des sujets variés.

 

Ce recueil contient des réflexions sur la société, la Physique, l'Astrologie, la Géologie et les radiations, les Mathématiques, Notes sur les puissances et le dernier théorème de Fermat, projet de machine à vapeur...

 

 

Marcel Pagnol en littérature...

Pour les autres essais,  je vous renvoie sur le site officiel de Marcel Pagnol. qui contient une mine d'information qu'il est inutile de reproduire ici. Vous y trouverez le titre de nombreux essais, discours, textes, publiés dans des revues ou autres supports...

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 13:01

 

Depuis la mort de sa mère qui était servante au château, Marie a été recueillie par le baron et la baronne de Rochecourt. Elle a eu la chance de partager l'éducation des enfants de la famille. Elle sait donc lire et écrire.

Sa passion secrète, c'est le théâtre. Elle écrit d'ailleurs une petite pièce en 5 actes où elle décrit avec humour sa vie quotidienne.

Aussi lorsque Monsieur le Baron annonce la venue de Pierre Corneille, elle ne tient plus en place : elle va pouvoir rencontrer cet homme de lettre qu'elle admire tant !

 

Malheureusement,  elle doit rester en retrait pendant toute sa visite, le baron comptant mettre en avant ses propres enfants et en particulier, Thomas le fils aîné.

 

Mais la chance est décidément du côté de Marie...

Bien que simple servante et fille de surcroît, ses écrits vont être découverts et son talent d'écriture reconnu.

 

Ce petit roman facile à lire, à l'histoire somme toute assez banale, présente un intérêt à l'école et au collège.

 

Il peut, avec les plus grands, permettre de développer le thème de l'accès à l'écriture et de l'instruction des femmes au XVIIe siècle. Il permettra aussi de mieux connaître ce siècle et la vie quotidienne chez les gens aisés mais aussi de mieux comprendre les différences de classes sociales.

 

Enfin Marie aime tant les mots que ce plaisir ne demande qu'à être partagé... en alexandrins ! De nombreux enseignants de lettres pourront proposer à leurs élèves de décrire leur vie quotidienne à la manière de...Marie !

 

L'alternance du récit des événements quotidiens et des scènes écrites par Marie donne au roman toute son originalité.

 

C'est un roman qui fait partie de la Sélection de l'Éducation nationale (4e)  mais ne manquera pas de plaire aux pré-ados à partir de 10-11 ans. Ces derniers trouveront certains mots compliqués mais il y a heureusement un lexique à la fin !

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