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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 05:13
In "Transpositions hasardeuses" eMmA MessanA 2020 (œuvre de l'auteur)

In "Transpositions hasardeuses" eMmA MessanA 2020 (œuvre de l'auteur)

Vous êtes nombreux à connaître le blog d'eMmA et à avoir du plaisir à découvrir ses créations en particulier ses encres, ses collages et ses aquarelles. C'est toujours avec une infinie gentillesse qu'elle va répondre à vos commentaires et accueillir vos remarques. 

 

Tout son blog et ses créations respirent la douceur, la tendresse, la tolérance, l'humanité et le plaisir du partage. Elle sait nous surprendre, nous émouvoir et faire renaître en nous, la sensibilité et l'émerveillement de notre petite enfance.   

D'ailleurs, elle est déjà l'auteur de plusieurs livres pour la jeunesse, dont "Et toi ? C'est quoi ta couleur" que je vous ai présenté ICI sur mon blog.

Si vous voulez en apprendre davantage sur elle, vous pouvez aller lire sa biographie sur son blog ICI. 

 

Je ne pouvais passer sous silence la publication prochaine de son quatrième livre, en hommage à sa maman disparue depuis peu :  "Transpositions hasardeuses", un recueil de poèmes, illustré d'encres et de collages dans les tons de bleu...

Le recueil sera préfacé par Yves Duteil et vous pouvez découvrir la couverture du recueil ci-dessous. 

Si vous le souhaitez, vous pouvez dès à présent participer à la prévente ICI. 

Vous trouverez très bientôt son recueil à la vente sur le site de l'éditeur ICI, chez votre éditeur personnel et autre circuit de distribution habituel. 

 

Je vous invite à découvrir son blog dans lequel vous trouverez entre autres, tous les détails concernant la publication (lien ci-dessous) mais beaucoup d'autres merveilles qui embelliront votre vie. 

Vous pouvez aussi lire la présentation de cette publication plus en détails sur le fichier- joint. 

Voilà un recueil que nous allons être nombreux à attendre avec impatience et qui sera un merveilleux cadeau à offrir ou à s'offrir...

Merci eMmA  ! 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 05:15
Delcourt

Delcourt

L'incroyable, c'est qu'aucune de tes mésaventures ne t'ait servi de leçon ! Quel fanfaron tu fais ! Je suis sûr qu'à la première pétarade, tu recommences...

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voilà la quatrième et dernière BD adaptée du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Ce tome correspond aux derniers chapitres du roman, jusqu'à l'épilogue.

 

Nous avions laissé Crapaud au fond de l'eau et pensions qu'il s'était noyé...

Pas du tout ! Il en ressort prêt à s'amender, à s'améliorer, bref à oublier ses projets les plus fous.

Mais est-il pour autant capable de sagesse ? 

 

Il est encore une fois mis à l'épreuve quand il découvre que son château a été envahi par une foule de belettes, fouines, hermines du Bois-Sauvage. C'est un sacré foutoir chez lui !  De plus, tous ces fêtards ont décidé de se servir directement dans les caves et placards du château. Les réserves ont été pillées. 

Crapaud est prêt à tout pour récupérer son château et son droit de propriété ! La bagarre est inévitable...

 

Voilà un dernier volume plein d'humour et de dynamisme car il est presque totalement consacré à l'action avec un grand A.  Le lecteur y retrouve cependant l'ensemble des personnages.

Les valeurs d'amitié et de respect qui régissent la série, sont toujours mises au premier plan... 

Et la série se termine en beauté ! 

 

L'auteur nous parle finalement, avec beaucoup de poésie et d'humour, des choses simples qui font le bonheur de tous les jours, si on prend le temps de les regarder ce que parfois nous oublions de faire... Il nous parle de la vie tout simplement ! 

C'est une série que j'ai trouvé vraiment superbe avec des dessins remarquables, riches en détails qu'on ne finit pas de découvrir...

Au risque de me répéter...elle est à partager en famille à s'offrir et à offrir, absolument  ! 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 05:15
Delcourt 1999

Delcourt 1999

La lune n'était pas encore levée et la nuit s'avérait bien noire sur la rivière. Tout n'était qu'ombre, bruissements furtifs et frémissements inquiétants. C'était certain, tous les monstres qui vivent d'habitude sous nos lits s'étaient donnés rendez-vous là...

-C'est l'heure bleue.
Chut...Ecoutez.
C'était vrai. Tout était silencieux.
Même le clapotis de l'eau semblait avoir cessé. Même le bruit de leur respiration.
Mais chut. Écoutons nous aussi ce silence avec nos amis.

D'après le roman de Kenneth Grahame.

Voici la troisième BD de la série, adaptée du célèbre roman de littérature jeunesse paru en 1908 en langue anglaise et en 1935 en France. 

Ce volume correspond aux chapitres VII à IX du roman. 

 

Vous vous demandiez comment le monde pouvait continuer de tourner sans Crapaud désormais emprisonné ? 

Vous pensiez que condamné à 20 ans de prison ferme, pour avoir volé une voiture, tout était fini pour lui ? 

C'était sans compter sur ses fidèles amis et surtout sur ses charmes naturels, son intelligence exceptionnelle et sa GRANDE générosité...

Pendant que Rat et Taupe goûtent leur tranquillité enfin retrouvée, Crapaud se morfond dans sa cellule.

Mais, la fille du geôlier le prend en pitié et demande à son père de s'occuper personnellement de lui. Elle va inventer un stratagème pour le faire évader...le déguiser en blanchisseuse. Crapaud va-t-il y perdre sa dignité ? 

La route est fort longue pour rentrer au château quand on est ainsi ridiculement affublé et quelle surprise à l'arrivée quand Crapaud découvre que durant son absence, celui-ci a été squatté ! 

 

J'ai vraiment lu la série dans un souffle tout en passant beaucoup de temps sur les différents chapitres, tant j'aime ces tableaux champêtres emplis de poésie où l'humour est omniprésent à chaque page. Les hommes en prennent pour leur grade et les personnages humains ou pas sont tous fortement attachants... Et en plus ce qui ajoute à notre plaisir, c'est que ce tome débute par quelques pages absolument magiques, dans lesquelles le lecteur apprend à écouter la nature...

Une belle suite ! 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 06:20
Edilivre, 2015

Edilivre, 2015

Pétales de neige

confettis vol au vent

cerisiers en pluie

 

Depuis hier, c'est le printemps...parlons un peu poésie ! 

D'autres fleurs sont arrivées au jardin. La nature se réveille pour de bon et les oiseaux s'en donnent à cœur joie.  

C'est une saison idéale pour la poésie...

Nous allons donc découvrir aujourd'hui un recueil de haïkus, emplis de petits poèmes légers et malicieux qui  s'envolent et tournicotent autour de nous, dès que nous ouvrons ses pages...comme le feraient des papillons multicolores dans une prairie fleurie.

 

Comme le dit Dominique Borée dans la préface du recueil...

 

La vie foisonne dans les haïkus, et poèmes courts de Marine Dussarat.
Dans son beau Béarn, au fil des jours et des saisons (...) Marine glane des petits riens : un vol de cigognes au-dessus du port, "un papillon éberlué"...
D'un ton léger, elle nous fait partager ses instants d'émotion, lors de ses rencontres...

Un papillon éberlué

le jardin est un monde

inattendu

Que rajouter de plus !

 

Ce recueil  de poésie propose plusieurs sortes de formes courtes : des haïkus mais aussi des tankas (ancêtres des haïkus mais plus longs), des tercets (qui comme leur nom l'indique, contiennent trois vers) et des senryus dont je l'avoue pour ces derniers, je ne connaissais pas du tout l'existence. Ils nous parlent des faiblesses humaines au lieu de nous parler, comme les haïkus, de la nature. 

Au dedans de soi

bâtir un roc solide

y appuyer ses doutes

Empruntés à la culture japonaise, légers comme des papillons, les haïkus nous dépaysent pour mieux nous faire vivre dans l'instant présent. Ces formes courtes sont autant de portes ouvertes vers une autre culture où la poésie rythme les jours.

 

Les haïkus sont les plus connus chez nous. Ils sont devenus populaires depuis peu alors qu'ils le sont au Japon, depuis des siècles, car ils permettent de  rythmer les saisons.

Non seulement le nombre de syllabes est fixé mais, obligatoirement le haïku doit comporter un mot relatif à la saison donc à la nature. D'où les nombreux mot associés à la saison que l'on retrouve dans la culture japonaise. Il y en a des dictionnaires entiers paraît-il ! 

 

A la lecture de ces poèmes courts, une émotion, une image, surgit et ne nous quitte plus. Nous sommes bien-là, au milieu du jardin, au bord du chemin ou sur la plage...et nous ne faisons qu'un avec les fleurs, les oiseaux, et les éléments. 

Ces poèmes courts sont de purs moments d'émotion ! 

L'émerveillement est au rendez-vous et la lecture de ces poèmes nous réserve à chaque page de belles rencontres, au cœur de la nature ou dans les profondeurs de l'âme humaine. 

 

J'ai retrouvé avec plaisir la plume sensible et toute en pudeur de Marine,  le pouvoir d'évocation de ses mots et la légèreté de ses jolis poèmes... 

 

Un recueil à lire et à relire, à offrir et s'offrir...absolument ! 

 

J'ai oublié de dire aussi que la couverture est une petite merveille. Merci à Marine et à Quichottine de m'y avoir fait penser. C'est une création d'Emma Messana, collagiste, que vous pouvez retrouver, sur son blog ICI. 

 

Matin et gazouillis

un oiseau invente le ciel

écoutes la vie

Retrouvez les poèmes de Marine sur ses blogs...

Et deux de ces recueils de poèmes déjà présentés sur ce blog :

- La nuit-guépard...

- La part de l'oiseau...

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 06:20
Quelques blogs découverts en 2018

Chaque année, nous faisons de belles découvertes en visitant la blogosphère, soit au hasard de nos recherches, soit parce que nous cliquons sur un pseudo chez un de nos amis blogueurs, soit encore parce qu'un blogueur a fait de même et nous a mis un commentaire auquel nous répondons gentiment, en lui faisant une petite visite...

 

Ainsi ma liste de blogs préférés, s'allongent chaque année davantage, m'obligeant certains jours et je le regrette, à en négliger d'autres pour ne pas passer trop de temps à bloguer... 

Il m'est impossible d'être exhaustive car bien entendu ce serait beaucoup trop long ! N'en prenez pas ombrage, nous aurons d'autres occasions dans les semaines à venir, l'année ne fait que commencer...

 

Aujourd'hui, je vais m'attarder sur des blogs qui proposent des créations originales et souvent poétiques, nous invitent au voyage, ou partagent des mots qui font du bien...

 

Tout d'abord un blog qui sent bon la Provence !

J'ai connu le blog de Lyne depuis peu, grâce à Martine, habitant le Vaucluse, dont je vous ai déjà présenté le blog. A noter pour les créatrices, Lyne ne se contente pas de partager ses balades et ses découvertes, elle partage aussi sur son blog ses créations, et je peux vous dire qu'elle est douée ! 

 

Plus loin de chez moi, mais depuis peu aussi, j'ai croisé le blog d'Eliane, une créatrice-née, fan de steampunk, d'humour décalé, de musique. Je vous laisse découvrir ses articles engagés et son blog si romantique...un délice ! 

Un jour gris (sans aucun doute parce que je ne la connaissais pas encore), Véronique est arrivée sur mon blog et m'a laissé un si doux commentaire que je n'ai pas hésité une seconde à aller la voir en retour. Bercée par la poésie de ses propos, subjuguée par ses photos lumineuses, j'espère que vous le serez aussi...

Depuis longtemps, je voyais ce pseudo dans les commentaires de mes amis blogueurs, et puis un jour de pluie d'automne, j'ai cliqué...

Mille petits bonheurs, des photos magnifiques, des randonnées en montagne et de sublimes paysages m'attendaient... autant de bonheurs partagés avec Elisa et ses sympathiques compagnons à quatre pattes.

Enfin, pour terminer cette modeste mise en valeur, au fil des pages de ce joli blog... des mots, des photos, des peintures, des voyages et beaucoup de poésie vous attendent. Je vous invite à visiter "Au pays des images et des mots", pour un dépaysement assuré !

Bonne découverte ! 

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:18
Presses des Portes-ferrées, Limoges

Presses des Portes-ferrées, Limoges

 

Encore une fois je remercie Marine pour m'avoir fait connaître ce recueil que j'ai découvert en même temps que "La part de l'oiseau", présenté récemment sur le blog.

Les deux recueils sont illustrés par les encres très expressives d'Arnaud Bouchet. 

 

Ces recueils sont différents mais je les ai savouré tout autant...et en prenant mon temps comme toujours avec la poésie. 

Trente-trois poèmes sont réunis dans celui-ci...

Encore une fois je pourrai m'arrêter sur chacun d'eux et vous donner mon ressenti très personnel. Le choix a été difficile, mais j'ai décidé de vous faire pénétrer plutôt dans une ambiance, pour vous donner envie de découvrir les écrits de Marine. 

 

Il se dégage de ce recueil davantage de tristesse, de mélancolie que dans le premier, mais aussi une grande force et un grand vent de liberté. Ce sont aussi des poèmes plus intimes...

 

Être libre, se sentir vivre, oublier les angoisses et les morsures de la vie...c'est un beau programme qui nous emporte tout d'abord vers le côté sombre de l'existence. 

Les poèmes parlent alors de la nuit qui laisse toute latitude à nos angoisses (La bête-nuit, p. 26...), des pensées qui nous envahissent et contre lesquelles nous ne pouvons nous protéger, et de la solitude...

 

Personne
Personne

Dans le creux de la vague
Dans le peu des espaces
Dans le feu des tempêtes

Personne

Dans l'éclat du ressac
Dans la peur des abîmes
Dans l'abus des fureurs

Personne
...

Extrait de "Personne" " La nuit-guépard" page 37

 

Parfois, la solitude apporte son lot de tristesse et de souffrance...

Elle est là dans de nombreux poèmes comme dans "L'ombre de l'amour" page 13 ; "Cendres bleues" page 14 ; "Taureau" page 20...tous aussi beaux les uns que les autres. 

Mais j'ai choisi celui-ci...

 

Pulsation / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 28

Pulsation / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 28

 

Mais parfois, au contraire la solitude et le silence peuvent aider le poète comme tout un chacun à retrouver foi en la vie, et nous inciter à y puiser notre force quotidienne.

C'est ce qui arrive quand on ressent l'impression si exaltante, d'être seul au monde, comme seul sur la Terre mais appartenant à l'Univers. 

...
Le monde est vide
Un seul être posé sur la boule ronde
Qui tourne tourne tourne
Enivré de beauté fugace.

Extrait "D'ocre" / "La Nuit-guépard" page 16

 

Après le rude hiver, le printemps revient...et la nature renaît, comme l'espoir que l'aube ne manque pas d'amener dans nos cœurs. 

C'est l'autre versant de ce recueil, le côté lumineux et joyeux de la vie ! 

 

Les poèmes deviennent plus légers...

Ils mènent nos pas vers diverses contrées ("A Culassou"  page 21; "La flûte-oiseau" page 22 ; ...).

Ils chantent le jour, l'amour, l'espoir, la beauté de la nature et le plaisir des découvertes.

Ils nous amènent jusque dans les terres andalouses, au bord de la mer ou dans la lande sauvage.

 

Lune vierge / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 36

Lune vierge / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 36

 

Marine nous invite alors à une véritable chevauchée pour croquer la vie. Quelles que soient les difficultés qu'elle nous réserve, l'espoir est toujours au bout du chemin. A nous les terres inconnues ! 

...
Qu'est-ce que tu sais de la fin,
Qu'est-ce que tu sais de la lumière des jours,
Et de l'ombre de plus tard...

Galope, galope,
Caballo bueno,
A fond,
Prends la vie de plein fouet !

Extrait de "Caballo bueno" " La nuit-guépard" page 46

 

J'ai retrouvé avec bonheur ce mélange de délicatesse, d'amour, et de passion que Marine sait si bien transmettre dans ses écrits.

Dans ce recueil, un vent de révolte souffle, mais c'est de liberté et d'amour de la vie que nous parlent ses poèmes...

 

La puissance évocatrice de ses mots nous emmène très loin dans les vallons ou les forêts, au cœur des vignobles, ou sur le sable...et nous invite à nous enivrer de la beauté du monde. 

Une merveilleuse façon d'oublier les feulements du guépard et ses griffes acérées, de nous laisser emporter et bercer par la musique de ses poèmes...

 

Je vous rappelle que vous pouvez retrouver Marine sur ses blogs : Emprises de Brises ; Le jardin de Titi ; et Dans les voiles...Il vous suffit de cliquer sur les liens pour découvrir son univers.

Elle a participé également à des revues et vous retrouverez certains de ces poèmes en particulier sur la Revue de poésie en ligne, Lichen

 

Dernière étape / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 30

Dernière étape / Marine Dussarrat " La nuit-guépard" page 30

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 05:25
Clubs des Ménestrels, 1992

Clubs des Ménestrels, 1992

Poète dans mon âme, éprise et sans défense,
J'ouvre et livre mon cœur tel est mon seul désir,
Sur ses ailes la Muse accède à mon enfance
Révélant ses secrets, pour mon plus grand plaisir.
(...)

Extrait "Le Pouvoir d'une Muse" page 22

 

Voilà plus d'un an que ce recueil m'accompagne et que je ne peux l'ouvrir sans m'y arrêter un moment...c'est comme un havre de paix qui m'attend et je sais qu'il est là près de moi, quand j'en ai besoin. 

 

Beaucoup d'entre vous connaissent bien Nell grâce à son blog, sur lequel d'ailleurs elle nous délivre quelques-uns de ses poèmes (je vous mets le lien en bas de page...).

Alors, comment puis-je parler de ses mots...c'est très difficile pour moi et en plus, je ne veux pas vous gâcher le plaisir d'en découvrir d'autres sur son blog.

 

Déjà le titre nous indique le thème de son recueil, recueil d'ailleurs soit dit en passant qui a été primé et qui nous offre 40 pages de pur bonheur...

 

Réminiscences...c'est un mot qui, à lui seul, évoque notre faculté de revivre des souvenirs et rien que ce mot nous permet de faire resurgir de notre passé des couleurs et des odeurs, et de revivre des sensations que l'on croyait oubliées...

Parfois les images sont si faibles, si vagues, sans contours que l'on ne peut en préciser ni le lieu, ni l'instant, ni identifier les personnes qui nous entourent comme si nous étions en train de rêver, nous sommes alors juste baignés dans une ambiance...

Parfois au contraire elles sont si précises, que notre affect prend le dessus et que nous revivons ces instants comme si nous y étions...le cœur battant ! 

 

Il est une île bleue, arrimez vos bagages,
Jetez l'ancre en mouillage aux coraux de son cœur,
Elle enferme l'attrait de ces pays sauvages
Mais ses sites perdus sont empreints de douceur.
(...)

Extrait "Mon île bleue" page 24

 

Nell nous livre son cœur en laissant remonter à la surface des souvenirs heureux ou emplis de nostalgie...

 

Avec simplicité, mais une parfaite maîtrise de la langue et de l'alexandrin, elle nous parle de la beauté du monde, de l'amour maternel ou de celui d'une mère ("Maman" page 7 ; "Première ébauche" page 16...)

(...)
Dérouler sous ses pas un merveilleux jardin
Empli de sons joyeux, de couleurs, de ramages.
Ouvrir la porte close adieu toutes les cages
Pour l'amour des oiseaux qui s'enfuient au matin.
(...)

Extrait "Berceuse à l'enfant" page 26

 

Elle évoque la tendresse, le bonheur ou la tristesse, nous parle de la nature qu'elle aime ("Mon vieux chêne" page 21 ; "Parures du givre" page 27) et déplore que les hommes ne la respectent pas davantage (comme dans "L'agonie du goéland" page 12 par exemple).

Ils avaient labouré, défiguré la terre
Puisant dedans son ventre et ceci chaque jour
Pour ensuite accomplir sous un autre séjour
Leur funeste ripaille avec point de mystère.
(...)

Extrait "Revanche de la nature" page 23

 

Elle se révolte quand elle observe le monde qui nous entoure, si éloigné de celui dans lequel elle voudrait vivre...

(...)
Il pense à son enfance, au toit de sa maison,
Tout ce qui le rattache à son Pays, sa Terre,
Mais sans un détour qu'il fuit cet horizon,
Implorant le chagrin de son âme à se taire
(...)

Extrait "L'Exilé" page 13

Ils attendent la pluie, espérant ce moment
Et leurs yeux agrandis scrutent ce ciel austère,
Sur ce sol craquelé que le soleil altère,
Lieu stérile à la vie où tout meurt lentement.
(...)

Extrait "Aux enfants d'Ethiopie" page 41

 

Elle rend aussi hommage à des êtres aimés, comme sa chienne Betty ("A ma douce Betty" page 9), à des personnes connues ou pas que nous reconnaissons à travers ses mots ("La passion de Camille" page 31 ; "A Romy" page 17, par exemple).

 

Le mieux est finalement, que pour vous mettre dans l'ambiance de ce recueil, je vous livre deux de ses poèmes.

 

Le premier est tout à fait d'actualité car il est un hommage à son instituteur, "Bien à vous, Monsieur l'instituteur", et ceux de notre génération y reconnaîtront le leur...bien que personnellement je n'ai eu que des institutrices, ce qui ne change rien à ses mots et aux souvenirs évoqués ici. 

 

"Bien à vous, Monsieur l'instituteur" page 8 du recueil

"Bien à vous, Monsieur l'instituteur" page 8 du recueil

 

Le second, "Le jardin abandonné", nous parle de notre enfance. Nous avons tous en nous un jardin secret où l'on peut se retrouver...pour moi c'est sans nul doute celui de ma grand-mère et c'est celui que je vois en lisant ces vers. 

 

"Le jardin abandonné" page 19 du recueil

"Le jardin abandonné" page 19 du recueil

 

Voilà un recueil très émouvant...

Bien que nous ne partagions pas les mêmes souvenirs d'enfance, beaucoup de ses poèmes ont su toucher ma propre sensibilité et me rappeler de doux souvenirs...

Un grand MERCI Nell de m'avoir fait découvrir cette facette de ta personnalité que j'ai eu également l'occasion de découvrir en vrai, et sur ton blog.  

Ne change rien surtout et livre-nous encore tes mots emplis d'espoir... 

 

(...)
De ces jours si lointains et de l'odeur subtile
De ce bonheur d'enfant, de ma terre fertile
il me reste à jamais le goût de ces instants.
(...)

Extrait "Les violettes de ma mère"

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 05:18

 

Au printemps dernier j'ai reçu un courrier inattendu contenant deux recueils de poésie en provenance de leur auteur, Marine Dussarrat, que beaucoup d'entre vous connaissent grâce à ses blogs.

Pour ceux qui veulent la connaître, vous retrouverez les liens en bas d'article.

Cela m'a beaucoup touché car, rien ne l'obligeait à me faire cet envoi étant donné que comme beaucoup d'entre vous, j'appréciais déjà ses poèmes sur ses blogs. 

Je vais donc aujourd'hui vous présenter le premier de ces recueils.

 

Le Typograph', 1995

Le Typograph', 1995

...
Qui sait où vont les choses
Que l'on a aimées ?
...

"Dans le nulle part" page 43

 

Je pourrais m'arrêter un instant sur chacun de ses poèmes et vous donner à lire mes passages préférés. Il y en aurait beaucoup trop ! 

Aussi, pour vous mettre dans l'ambiance de ce superbe recueil, je me contenterai de vous livrer quelques titres, extraits et poèmes...

Vous trouverez d'autres poèmes de Marine sur internet et en particulier sur le blog de Quichottine.

Elle avait parlé du recueil de Marine ICI, alors que je ne la connaissais pas encore et que je n'avais pas encore créé mon propre blog. 

 

Le recueil et la couverture sont illustrés par les dessins très expressifs d'Arnaud Bouchet que je ne connaissais pas. 

 

Respires le ciel gris
Où s'égoutte la pluie
Respires tous les soirs
La grande odeur d'étoiles
Qui déploient dans la nuit
Tant de scintillements !

Respires la promesse du jour et de la vie...

"Respires" page 51

 

Tout d'abord, les poèmes de ce recueil dévoilent la grande sensibilité de Marine, son amour de la nature, des jardins en fleurs, des saisons ("Phoebus" page 48), des jolies maisons blotties au cœur des superbes paysages de sa région ("La maison sous les marronniers" page 55) et bien sûr de tous les êtres vivants, dont les oiseaux ("Folle petite fauvette d'hiver" page 36)...

 

"L'oiseau" devient ici le symbole de la liberté, là...le messager de l'amour et des souvenirs, ou celui de l'espoir d'un avenir meilleur qui verrait le monde se transformer pour devenir plus humain.

Il devient au fil des pages le symbole de tout ce que nous avons besoin de "lâcher" pour nous libérer et pour espérer être heureux un jour. Ce fardeau que nous connaissons tous et qui assombrit nos jours et nos nuits et nous empêche de faire des choix éclairés et d'avancer dans notre vie...

 

Ainsi, dans le recueil, le lecteur passe de la gaieté et de la légèreté à la nostalgie et aux regrets ("Reflux" page 21)...Qui n'en a pas !

 

La Part de l'oiseau / Marine Dussarrat

 

Ce sont les mille petits détails que Marine croise chaque jour qui éveillent son envie d'écrire. Écrire c'est atteindre une certaine liberté, c'est écouter son cœur et mettre en mot son ressenti.

Elle nous transmet à travers ses poèmes...cette faculté qu'elle a de s'émerveiller à chaque instant, mais aussi l'envie d'avancer coûte que coûte, quelles que soient les difficultés, les deuils à faire, les déceptions ou les meurtrissures de l'âme ("Par quatre chemins" pages 7-8 ; "Coeur de rocher" page17). 

Enfin, Marine nous fait partager cet amour incommensurable de la vie et son besoin de s'immerger au cœur de la nature, un besoin dont je pressens qu'elle ne pourrait pas se passer. 

 

Moi qui n'ai jamais écrit de poésie, ses mots ont su me toucher grâce à leur immense pouvoir d'évocation et à l'atmosphère qui se dégage de ses poèmes. Il faut prendre le temps de se laisser bercer, de balader avec elle par les chemins. 

Je me suis promenée avec plaisir dans sa région aimée ("Lauragais" page 29), dans les villages ou au cœur des forêts...

 

La Part de l'oiseau / Marine Dussarrat

 

...le long des ruisseaux ou au bord de la mer, et je me suis arrêtée pour écouter les oiseaux chanter ou voir s'épanouir une simple fleur, comme je le fais habituellement mais la nature a changé de couleur, accompagnée de ses mots. 

 

Grâce à l'évocation de la douceur d'un jour d'été, du pépiement d'un oiseau, de l'odeur des prés mouillés de rosée, des arbres caressés par le vent, des paysages infinis que l'on découvre au détour d'un chemin, les poèmes de ce beau recueil nous invitent à célébrer la nature lumineuse qui nous entoure mais aussi à se pencher sur nos peurs enfouies, sur nos souvenirs douloureux et sur les êtres aimés qui ne sont plus et, enfin, sur ce monde qui nous entoure et dans lequel nous ne nous reconnaissons pas toujours ("Monde" page 12)...

 

 

Voici les liens qui vous permettront de découvrir, pour ceux qui ne la connaissent pas encore et le désirent, les blogs de Marine. Vous pouvez aller admirer ses photos, qui sont superbes et souvent accompagnées de haïkus, de citations ou d'un de ses poèmes...

 

Merci Marine pour ce beau cadeau qui m'a permis d'entrer dans ton univers et que tu m'as offert avec la générosité qui est la tienne. 

Je vous parlerai bientôt du second recueil, enfin, comme d'habitude...si vous le voulez bien ! 

 

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 05:24

 

Rien ne vaut l'été pour savourer quelques poèmes...ce que j'ai fait avec grand plaisir durant les vacances. Notre rentrée, ce mois de septembre, sera donc placée sous le signe de la poésie.

Aussi je ne vous en voudrais pas si vous passez votre chemin, car je sais que certains d'entre vous n'aiment pas ce genre de lecture. 

Je vais en effet, vous présenter dans les jours à venir, quelques recueils de poèmes qui ont été mes compagnons de route, certains depuis quelques mois déjà, d'autres plus récemment. Pour ne pas vous lasser, j'alternerai bien sûr avec d'autres sujets...

 

Le recueil que je vous présente aujourd'hui,  a été présenté par Quichottine sur son blog.

C'est elle qui a effectué la mise en page du recueil. C'est elle aussi qui m'a donné envie de le découvrir.

 

Ce recueil a été composé par Lorraine, Marthe Englebert de son vrai nom, alors qu'elle se savait malade. Il a été illustré par sa fille Marianne Vanhecke. 

Il a été publié par les Anthologies Éphémères et les droits d'auteur sont intégralement reversés à l'Association Rêves qui permet à des enfants gravement malades de réaliser un rêve et d'avoir ainsi un peu de bonheur pour oublier les mauvais jours.

 

Vous pouvez acquérir ce recueil en vous rendant sur le site de l'éditeur ICI.  Merci à Colette de m'avoir indiqué mon oubli...

 

The BookEdition.com, 2018

The BookEdition.com, 2018

(...)
Donne-moi la main. Vois comme les roses
Aux têtes poudrées, aux cils vaporeux
S'inclinent en rêvant et disent des choses
Que seuls entendront les cœurs amoureux
(...)

Extrait de "Roses du soir" page 49

 

C'est très difficile comme d’habitude pour moi de parler de poésie...Notre ressenti est si personnel ! 

J'ai trouvé ce recueil très émouvant. Je ne connaissais pourtant pas Lorraine ni son blog de son vivant et donc je n'avais lu aucun de ses écrits. Les hasards de la blogosphère sont ainsi fait que parfois on se croise, parfois non et nous ne savons pas toujours pourquoi c'est ainsi. 

 

A travers les mots qu'elle distille dans ses poèmes je pressens quelle personne elle était : une personne qui aimait la vie, qui honorait la nature, savait écouter les oiseaux, les sources et les arbres et, une personne emplie de tendresse pour ses proches et attentive à leur bonheur.

De tout ça, je n'en doute pas un instant...

 

Dans ce recueil, Lorraine nous parle des saisons et du temps qui passe, de ses souvenirs de jeunesse et de la petite fille, de l'adolescente, de la jeune femme qu'elle a été.

Elle nous fait part de ses réflexions sur le monde qui nous entoure, de ce qu'elle aime ou qu'elle voudrait voir changer. Elle nous fait part aussi de ses rêves et de ses espoirs.

Ses poèmes sont apaisants, emplis de douceur et de gaieté, vivants et lumineux, même si parfois ici ou là, pointe un peu de nostalgie.

Elle écrit avec simplicité des mots qui nous touchent droit au cœur et dans lesquels on se reconnaît...

 

Un cahier de vieux dessins
Me rappelle l'âge des tresses
L'âge où l'on n'a pas de seins
Mais le cœur plein de promesses

Un cahier sans fioritures
Évoque les bancs de l'école
Le col blanc à l'encolure
Et l'esprit qui caracole
(...)

Extrait "Le vieux cahier" page 32

Que savons-nous des fleurs qui dans le soir d'été
Exhalent en mourant une âme si sereine
Que l'écureuil furtif s'arrête, impressionné
Le friselis de l'eau irradie la fontaine
Que savons-nous des fleurs ?

(...)

Extrait de "Que savons-nous du soir ?" page 70

Poème "Le mas" page 37

Poème "Le mas" page 37

 

Voilà donc mon ressenti...

J'ai savouré ses poèmes comme, enfant, on suce un bonbon, en sachant  que c'est le seul qu'on obtiendra avant très longtemps...donc en faisant durer la découverte et le plaisir le plus longtemps possible.

 

Et maintenant, lorsque je regarde la couverture du recueil, je me dis en voyant Lorraine, penchée ainsi si appliquée sur son cahier, que j'ai l'impression de la connaître depuis toujours, et je sais que ses mots, ainsi livrés à tous, ne me quitteront jamais. 

 

Un recueil à offrir et à s'offrir...

 

 

Au voleur

 

Il s'est approché d'elle en ce matin d'été

Dans la douce maison où vécut leur romance

Il a pris dans sa main la vieille main fanée

L'amour ne vieillit pas, il change d'apparence

 

Il était beau et grand, son cœur il a volé

Il y a cinquante ans, il en a souvenance

Et ce soir ils iront sous le ciel étoilé

Se promener tous deux, comme à l'adolescence.

 

"Le cahier du soir" page 107

 

 

Pour finir, je me permets de citer (sans son accord mais je sais par avance qu'elle ne m'en tiendra pas rigueur), ces mots écrits par sa fille sur son propre blog...

Elle aurait aimé savoir qu'au-delà de l'émotion littéraire, ses vers, joyeux ou nostalgiques, servent aussi à mettre un peu de baume au cœur de petits patients courageux que la réalisation de leur rêve peut aider à lutter contre la maladie.

http://mamilouve.canalblog.com/archives/2018/06/19/36500840.html

Voici la quatrième de couverture du recueil

Voici la quatrième de couverture du recueil

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 06:30
Albin Michel, 2016

Albin Michel, 2016

La paille fraîchement répandue dans l’enclos forme un îlot doré qui lui au soleil du matin, elle exhale une odeur douceâtre, celle du corps étendu sur ce pan de jaune d’or est plus lourde, pénétrante. Corps de la mère, tout de roseur soyeuse et d’une splendide énormité, voluptueux de tiédeur.

 

J'ai découvert Sylvie Germain il y a des années de cela lors de la parution de son roman "Jours de colère" qui a obtenu le prix Femina en 1989, puis en lisant  "La pleurante des rues de Prague" paru en  1991, et enfin  "Magnus" prix Goncourt des lycéens en 2005, des romans qu'il faudra qu'un jour prochain je relise pour pouvoir en parler sur ce blog. 

J'ai beaucoup aimé aussi "Petites scènes capitales" que je vous ai présenté sur ce blog et  "L'inaperçu" paru en 2008 aux Editions Albin Michel (puis en poche en 2010), dans lequel elle raconte l'histoire des Bérynx, une famille ordinaire à qui la vie n'a pas fait de cadeaux et qui tente de se reconstruire après un terrible deuil.

 

Tout ceci explique que j'étais très contente de pouvoir emprunter et lire "A la table des hommes" lorsque je l'ai croisé à la médiathèque.

Même si j'ai retrouvé avec plaisir la plume de l'auteur, et la poésie de son écriture, ce dernier roman, sorti en 2016 est surprenant à plus d'un titre...

Il oscille entre la réalité et le fantastique et devient poésie, fable ou conte philosophique au fil des pages... 

 

 

Il sait s’orienter, se protéger des dangers, trouver où et comment se dissimuler au moindre bruit suspect, surtout s’il s’agit de voix ou de pas d’hommes. Il se méfie bien davantage de ceux-ci que des animaux sauvages, car les humains fouinent partout, et certains portent un fusil à l’épaule, prêtes à tirer sur toute bête comestible, et aussi, par mégarde, par excitation ou par jubilation, sur tout ce qui bouge, comme si la vie des autres vivants leur était un défi, un obstacle à abattre, la promesse d’une bouffée d’ivresse sanguine.

Il a reçu sa part de fraternité, des destructeurs la lui ont arrachée, mais sous la douleur de ce rapt, il conserve la joie d’avoir un jour reçu cette part d’amour et d’amitié, et cette joie, personne ne pourra la lui retirer.

 

En pleine guerre civile, alors qu'une bombe éclate au-dessus d'un village, seuls une femme et un porcelet sont miraculeusement épargnés. Elle vient de perdre son nourrisson et va finalement nourrir le petit animal...

Mais il se retrouve bientôt tout seul et il est bien obligé de se débrouiller pour survivre. 

 

Un jour en pleine forêt, le jeune porcelet, par une surprenante et magique mutation devient... Babel, un jeune homme plein de charme, mais naïf car il ne sait rien de notre monde.

 

Le lecteur assiste alors à l'éveil de cet adolescent charismatique, à sa découverte du monde et des hommes.

Il va apprendre à parler et à comprendre les hommes, mais gardera toute sa vie un lien très fort avec la nature et les animaux, avec qui il communique sans problème, comme il le fait avec cette mystérieuse corneille qui le suit depuis sa naissance.

 

Mon avis...

 

Le roman, très prenant au départ, tombe très vite dans l'abstraction.

L'auteur s'interroge...

Quels sont les points communs entre les animaux et les hommes ?

Qui de l'homme ou de l'animal, apparaît comme le plus sauvage ? 

Qu'est ce qui nous distingue des animaux ? Est-ce  le langage ? les croyances ? les sentiments ? l'amour ?

 

Elle aborde donc des thèmes très intéressants et d'actualité.

Mais, j'ai trouvé ce roman trop déroutant !

J'ai bien compris que l'auteur a voulu parler de la cruauté de notre monde, de la guerre, des croyances et de la violence qu'elles engendrent.

Elle a voulu opposer à ce mal, l'innocence, la candeur, la fragilité et la sensibilité d'un être né au cœur de la nature, pur et incapable de faire du mal, lui seul capable d'ailleurs de la préserver et de l'aimer.

C'est en effet le sujet principal du livre que, vous aurez compris, il faut interpréter à un autre niveau que celui de l'histoire.

 

Je sais qu'il est de bon ton de faire des chroniques élogieuses d'un auteur connu, mais j'ai terminé ce roman sous la contrainte, et je suis restée en dehors, ou plutôt, non j'ai décroché, après un démarrage qui m'avait plutôt intéressé et interpellé.

On retrouve cependant dans ce roman-fable-conte, la plume très poétique de l'auteur, ses merveilleuses descriptions de la nature, ses mots qui nous embarquent dans un voyage imaginaire et, si l'histoire nous apparaît incroyable (et elle l'est !), la réflexion philosophique sur la nature humaine, qui l'accompagne, reste tout à fait intéressante. 

 

A lire donc, si vous aimez l'auteur, pour vous faire votre propre opinion sur ce roman...mais ne commencez-pas par celui-ci, si vous n'avez jamais rien lu d'elle. Elle mérite vraiment d'être découverte et ce serait dommage ! 

 

Zazy ne partage pas mon avis...et donc cela peut vous aider de lire le sien. 

 

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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 06:35
Alma Éditeur, 2015 /

Alma Éditeur, 2015 /

En tant que professeur de littérature, je ne juge jamais une poésie. Contrairement à mes collègues, je me refuse à toute analyse. L'écriture est un acte personnel. Je demande à mes élèves de réagir, d'expliquer ce qu'ils ressentent, les effets, pas la cause.

 

Suite à un dramatique accident survenu durant son enfance, Florin vit seul et sans aucun souvenir. Il a passé plusieurs jours dans le coma et depuis ne ressent plus aucune émotion, donc comme les souvenirs sont tous liés à des émotions, il ne possède plus, ni les uns ni les autres.  

Pour peupler sa vie et se rattacher à son passé, il remplit des bocaux avec des petits cailloux, chacun de forme et de texture différente, lui rappelant tel ou tel événement de sa vie. 

 

Le roman débute avec Pascal qui vient s'installer pour les vacances d'été dans une maison de location près du village de Saint-Just-sur-Harmac dans la vallée perdue de Chantebrie.

Il est professeur et emmène avec lui Margaux, une de ses jeunes élèves, et fille d'un ami, qui fuit un passé douloureux. Le père a accepté de lui confier sa fille car leurs relations posent problème et, lui-même, désire y voir plus clair dans sa vie.

Cette jeune fille, qui va bientôt avoir 18 ans, est totalement paumée.

Elle est persuadée d'être responsable de la mort accidentelle de sa mère (et donc du désamour de son père) alors qu'elle-même n'était qu'une toute petite fille au moment des événements. De plus, elle vient d'être totalement traumatisée par son voisin qui la harcelait et qu'elle pense avoir gravement blessée. Et du coup, les choses ne sont pas si simples pour elle...

 

Par chance, tous deux vont faire la connaissance de Florin.

Des liens d'amitié se tissent au fur et à mesure que les bouteilles de vin s'ouvrent, que les pipes sont bourrées et que les langues se délient, chacun racontant à son tour un peu de sa vie, tandis que le lapin aux olives mijote...

 

Mais Florin, grâce aux petits cailloux, a plein d'histoires à leur raconter. Je ne vous les dévoilerai pas pour vous laisser le plaisir de les découvrir !

Mais vous saurez enfin...

- pourquoi Jorge Luis Borges n'a jamais eu le Prix Nobel,

- comment faire disparaître un diamant,

- pourquoi une piscine peut finalement servir de potager,

- les habitants d'un village passer des années sous la pluie sans se douter qu'ailleurs...il fait soleil,

- un potier écouter la voix de Clovis dans ses vases

- et plein d'autres anecdotes dont une se passe au temps de Jeanne d'Arc, une autre dans un des cimetières d'une ville où sévissent des fossoyeurs sans foi ni loi...

 

Vous saurez aussi comment Florin, qui n'a pas d'argent, a acquis sa jolie maison ! 

Mais chut...

 

Petit carnet, je viens d'avoir mon bac avec mention bien. Je devrais être satisfaite, mais je n'y arrive pas. D'ailleurs, serai-je un jour contente de moi ? Ai-je le gène du bonheur ? J'en doute...

- Gardes-tu des cailloux pour les souvenirs les plus douloureux ou les plus horribles ?
- C'est une bonne question. Le cerveau a tendance à filtrer les souvenirs. Instinctivement, il privilégie les émotions positives, donc les souvenirs heureux.
...
- Pour répondre à ta question, il y a quelques cailloux que j'ai fini pas jeter. Ils étaient trop pesants. Ils prenaient trop de place dans les pots.

 

Ce jeune auteur donc vous pouvez aller consulter le site ICI, est un formidable conteur qui nous entraîne dans son sillage et nous donne envie d'en savoir plus.

J'ai avalé le roman en deux soirs et j'ai quitté à regret les personnages...parce qu'ils sont réellement attachants et que beaucoup de non-dits subsistent.

Le lecteur ne peut pas s'empêcher d'imaginer une suite possible à leur rencontre ! 

 

Les anecdotes sont tantôt jubilatoires, dramatiques, incroyables ou totalement effroyables et l'auteur nous entraîne dans un roman complètement atypique.

J'ai aimé retrouver ce côté décalé que j'avais découvert dans "la fractale des raviolis" dont vous pouvez lire la présentation ICI.

 

Le roman se partage entre moments de tendresse, de poésie, et d’amitié, et cette rencontre entre trois personnages différents mais chacun meurtris à sa façon est totalement captivante.

Des extraits des petits carnets de Margaux, des poèmes, s'intercalent entre deux chapitres ou  deux histoires.

 

Mais si cette lecture est plaisante, elle nous fait aussi réfléchir.

A-t-on en effet besoin pour être heureux de s’embarrasser du passé, d'être "esclave de ses souvenirs" ?

Voilà donc un petit rayon de soleil, à lire pour un pur moment poétique et plein de fantaisie...

 

Vous pouvez lire ci-dessous, l'avis de Yves, un lecteur passionné mais toujours sincère dans ses chroniques...

C'est lui qui m'a donné envie de relire cet auteur et je ne regrette pas de l'avoir fait...

Merci Yves ! 

 

A l'époque, j'étais responsable sécurité et j'ai assisté à une réunion assommante du bureau des normes et règlements. Les gars devaient choisir les caractères officiels d'un clavier cent deux touches standards en France. La réunion dura trente-deux heures !
- Non !
- Le point d'achoppement, c'était la lettre "ù". Il faut savoir qu'il n'y a qu'un seul mot dans la langue française qui utilise cette lettre : le mot "où". Par rapport à la lettre "ê", c'est ridicule. Mais certains tenaient absolument à voir le "ù" présent sur tous les claviers français.
...
Alors la réunion s'est envenimée. Une vraie lutte idéologique...

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 06:28
Éditions Héloïse d'Ormesson, 2017

Éditions Héloïse d'Ormesson, 2017

Où étais-tu, ma mère, quand j'étais seul dans l'immensité du silence ? Où t'envolais-tu quand j'avais besoin de toi ?
...Il se laisse dériver le long des courants de son monde intérieur, entre les laminaires des songes, les phosphorescences et les coraux où cristallisent les mots qu'il n'a pas encore attrapés, ceux qu'il désire comme l'insaisissable baleine blanche. De sa mère, il ne dit rien, pas un mot. Sa mère si peu sienne, ce territoire retranché derrière les barbelés de l'enfance dont il ne s'approche pas, de peur de disperser ces miettes d'amour volées à la distraction qui lui ont permis de supporter de grandir.

 

Voici un livre dont j'ai entendu parler en bien, à plusieurs occasions depuis sa sortie, et que je languissais d'emprunter à la médiathèque...

Le précédent livre de l'auteur "La part des flammes" est toujours dans ma longue liste de livres à lire. Il me reste encore à le découvrir donc. 

 

"Légende d'un dormeur éveillé" n'est pas un roman mais une biographie romancée d'un poète que j'aime beaucoup, Robert Desnos. En quatre parties bien distinctes, l'auteur nous révèle les principaux événements de la vie de ce grand poète, des années 20 à l'Occupation.

 

Tout le monde connaît Robert Desnos, et a appris à l'école au moins une de ses poésies ("Une souris de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête"...ça vous parle ?!). Mais Desnos ne se réduit pas à cette image que l'on a de lui, ni à ce poème que les petits apprennent encore à l'école.

Sa vie est finalement peu connue, même si tout le monde sait que le poète est mort en déportation.

 

Le récit débute alors que Desnos vient de rentrer de Cuba. Nous sommes en 1928. 

Nous faisons avec lui des haltes fréquentes à Montparnasse, nous écrivons dans son atelier de la rue Blomet, nous croisons des noms connus comme Antonin Artaud, Jacques Prévert, Louis Aragon, Paul Eluard, mais aussi Pablo Neruda, Picasso, Garcia Lorca...et bien d'autres.

Nous buvons un coup au café des "Deux magots" ou passons la nuit à débattre avec les artistes surréalistes, ou bien encore à danser au Bal Nègre...

Nous traversons les années auprès de lui et de ses amis ! Une impression étrange de promiscuité, comme si nous étions là nous-aussi, à chaque instant, en train de discuter avec ses amis...

 

Robert Desnos est toujours hanté par Yvonne (la chanteuse Yvonne George) qui a contractée la tuberculose et se noie dans l'opium entre deux séjours au sanatorium. Mais il finit par tomber amoureux fou de Youki Foujita, qui deviendra son grand amour et à laquelle il restera attaché toute sa vie.

Mais toutes deux le feront beaucoup souffrir...car elles sont volages et instables, mais d'un autre côté, elles seront source d'inspiration pour le poète. 

 

Dans ce milieu d'artistes parisiens de l'avant-guerre, tout le monde ne pense qu'à s'amuser, à boire, à manger, à discuter mais aussi à abuser de drogues diverses et à mélanger le tout dans un cocktail détonant.

C'est bien l'image que j'avais des années folles à Paris !

Mais dans ce milieu intellectuel particulier, la fête n'empêche pas les artistes d'être également très réalistes. Tous voient très vite les dangers de la montée du nazisme en Europe...

Robert Desnos, dans ses chroniques, continuera à écrire et à dire ce qu'il pense, sans présager qu'un jour tout cela pourrait se retourner contre lui, et cela ne l'empêchera pas non plus de s'engager dans la résistance, ce qui causera sa perte... 

 

J'ai eu du plaisir à découvrir ce récit romancé, mais cela ne m'empêche pas moi aussi, de rester lucide et critique...


 

L’été 1930 est reparti comme un voleur, emportant sur son dos un sac de mauvais présages. Robert, Youki et Foujita ont regardé les files s’allonger aux portes des soupes populaires, entendu les clameurs montant des ventres affamés. Cette rage qui tourne comme un fauve à la recherche d’un défoulement, fût-il brutal et aveugle. Occuper des journées blêmes, sans horizon. La valse sans fin de gouvernements interchangeables, dont on ricane pour ne pas en pleurer. L’impuissance devant ces marionnettes qui n’ont que patrie et morale à la bouche. Réarmer ou pas, dévaluer le franc ou pas. Faire confiance à l’Allemagne ou redouter cette ennemie de toujours. Fermer les frontières de décrets en motions et en quotas, ou demeurer fidèles à une tradition d’accueil vieille de plusieurs siècles. Un jeu d’échecs où le peuple des crève-la faim est toujours mat, quelle que soit la stratégie retenue.

 

J'ai trouvé très longue la première partie. Or c'est justement celle qui permet au lecteur d'accrocher avec le récit et les différents personnages...

Les petits potins de l'époque, les amours trahis des uns ou des autres, les excès en tous genres, j'avoue qu'ils ne m'ont pas spécialement passionnés.

J'ai trouvé aussi que l'auteur insistait beaucoup trop sur la discorde entre André Breton et Robert Desnos qui a abouti au reniement de ce dernier qui se considérait pourtant comme un véritable surréaliste. Cependant, l'intransigeance d'André Breton, son besoin d'être le centre du mouvement et que tous le suivent sans discuter est bien rendu. Je ne savais pas cependant que Breton ne supportait pas, que Robert Desnos continue à écrire en tant que journaliste et surtout, gagne sa vie grâce à la "presse bourgeoise".

 

 

Robert sort en claquant la porte. Marcher, c'est la seule chose à faire quand il n'est que rage. Marcher, tandis que son esprit martèle au rythme de ses pas les mots auxquels plus tard il lâchera la bride. Sa colère est un miroir traversé d'un poing sanglant qui l'étoile en milliers d'éclats meurtriers. Il y a des mois qu'il s'est éloigné du groupe surréaliste, et il sait que la survie du clan repose sur le rejet des individus qui cessent de croire en lui. Mais il n'a pas mérité un tel rejet.

 

La seconde et la troisième partie nous font découvrir ce poète impétueux, mais si sensible et ses multiples facettes.

Il a donc été écrivain et poète, journaliste et chroniqueur littéraire, ça nous le savions déjà, et le lecteur découvre comment il est devenu animateur de radio, scénariste. Il crée avec Antonin Artaud, à Radio Paris, suite à la sortie d'un nouvel épisode de la série Fantomas, "La complainte de Fantomas" qui deviendra un classique.

Mais bientôt, le poète rebelle et libre, est mobilisé. Il ne ne peut plus poursuivre son activité radiophonique et redevient journaliste...mais à cause de la censure, il est obligé de ruser pour poursuivre ses activités.

 

Sa colère, celle qu'il avait du mal à canaliser parfois et qui l'a amené souvent à se battre dans sa jeunesse, il apprendra à l'exprimer avec des mots et ce sont ces mots qui serviront la Résistance. 

La Résistance parlons-en justement, elle fait l'objet de la troisième partie qui se termine quand Desnos est arrêté. Il commencera par faire des faux-papiers puis s'engagera dans des actions plus directes et destructrices...

Il publiera sous son nom ou sous de nombreux pseudonymes, des poèmes engagés...comme "Maréchal Ducono" qui n'est autre que la critique du maréchal Pétain. Il fallait oser...

 

Maréchal Ducono se page avec méfiance,
Il rêve à la rebiffe et il crie au charron
Car il se sent déja loquedu et marron
Pour avoir arnaqué le populo de France.

S’il peut en écraser, s’étant rempli la panse,
En tant que maréchal à maousse ration,
Peut-il être à la bonne, ayant dans le croupion
Le pronostic des fumerons perdant patience ?

À la péter les vieux et les mignards calenchent,
Les durs bossent à cran et se brossent le manche:
Maréchal Ducono continue à pioncer.

C’est tarte, je t’écoute, à quatre-vingt-six berges,
De se savoir vomi comme fiotte et faux derge
Mais tant pis pour son fade, il aurait dû clamser

 

J'ai aimé la personnalité très attachante du poète, sa façon d'aimer, son désir de justice et sa liberté d'action et de ton. Ce désir de liberté, d'être maître de sa vie, de ses actes et de sa pensée, explique son éloignement du groupe surréaliste qui voulait l'enfermer dans une idéologie dans laquelle il ne se reconnaissait pas (et lui faire obligatoirement prendre sa carte au parti communiste). 

Il est non seulement un amoureux fidèle (bon à peu près je devrais dire) mais c'est aussi un ami sincère et généreux, qui n'hésite pas à partager ses maigres possessions. 

Toute oeuvre d'art porte une vision du monde, observe Robert que cette discussion passionne même si les traducteurs peinent à en suivre le rythme. Les despotes entendent imposer la leur, et nous leur opposons une multiplicité de regards et de points de vue qui leur est odieuse. Pour eux, il ne peut y avoir qu'une seule vérité, qui devient un catéchisme. La culture est un enjeu. Quand on permet à ceux qui en sont exclus d'accéder à l'art et à la connaissance, on sème une graine de liberté qui peut les soustraire à la toute-puissance des tyrans.

 

J'ai aimé que le texte soit étayé de vers du poète, sélectionnés juste au bon moment et avec une grande justesse.

J'ai aimé l'écriture de l'auteur, les recherches poussées qu'elle a effectuées pour écrire cette biographie et la façon, emplie de respect et d'admiration, avec laquelle elle nous parle de ce poète.

J'ai aimé l'amour immense de l'auteur pour la capitale, un amour qu'elle nous fait partager et qui nous donne envie de prendre immédiatement le TGV pour marcher dans ses pas et, voir ou revoir, ces lieux tels qu'ils étaient autrefois...

J'ai aimé la façon dont l'auteur nous décrit le contexte historique, nous fait entrer dans la grande Histoire en passant par la guerre d'Espagne, le Front populaire, la montée du nazisme et la guerre : cela donne beaucoup de force au texte. Se placer du côté des artistes, permet en effet de mieux comprendre les conséquences de l'Occupation pour leur vie intellectuelle et en particulier, les effets de la censure.

 

J'aurai aimé que soient davantage développés, les idées du poète, son ressenti, son besoin de liberté et tout ce qui a fait de lui un être à part.

Je suis restée sur ma faim, car le lecteur ne sait plus à un moment donné ce qui relève du réel et de la fiction. Si les noms des personnages et les faits historiques sont bien réels, qu'en est-il des dialogues, des rencontres, des sentiments supposés. Est-ce bien ce Desnos-là qui a réellement existé ? Était-il réellement comme l'auteur nous le décrit ? Ses pensées, ses motivations sont-elles pure fiction ou réalité ? 

 

J'ai moins aimé la quatrième partie du récit qui cite des extraits du journal (supposé ou réel ?) de Youki. Desnos a été arrêté et il n'est plus là. C'est à cet instant qu'elle s'aperçoit à quel point il comptait pour elle...mais bon, le sujet n'est pas là. Le lecteur vit le calvaire de Desnos de son arrestation à sa déportation en passant par sa fin de vie où atteint du typhus, il s'éteint à Térezin. C'est bouleversant bien sûr, mais j'ai eu un sentiment mitigé à cette lecture. C'est de trop je trouve...

 

Donc vous l'aurez compris, ce livre n'est pas facile à lire et c'est une lecture exigeante qui demande du temps : cela fait très longtemps que je l'ai commencé mais je n'ai pas pu lire ses 500 pages à la suite, ce qui est rare chez moi.

Il m'a fallu du temps pour entrer dans le récit, m'habituer à l'époque, me retrouver dans les personnages dont il n'y a parfois que le prénom, relire entre temps une biographie abrégée pour mettre un visage et un nom complet sur certains.

J'aurais aimé finalement un livre plus court car il y a des passages où je me suis presque ennuyée (surtout au début) et où j'ai eu envie d'abandonner la lecture. Quel dommage aussi d'avoir envie de sauter des pages quand on a tout le temps requis pour s'imprégner d'une lecture et que le froid ne nous permet que de faire de brèves balades au dehors.

J'ai donc un avis mitigé sur cette lecture que par moment j'ai trouvé trop longue, par moment passionnante, émouvante et très vivante, mais qui en tous les cas, donne envie de se replonger dans les poèmes de Desnos...C'est déjà ça ! 

 

Tu diras au revoir pour moi à la petite fille du pont
à la petite fille qui chante de si jolies chansons
à mon ami de toujours que j’ai négligé
à ma première maîtresse
à ceux qui connurent celle que tu sais
à mes vrais amis et tu les reconnaîtras aisément
à mon épée de verre
à ma sirène de cire
à mes monstres à mon lit
Quant à toi que j’aime plus que tout au monde
Je ne te dis pas encore au revoir
Je te reverrai
mais j'ai peur de n'avoir plus longtemps à te voir

En définitive ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète.

 

Cette biographie romancée entre encore dans le challenge de Philippe "Lire sous la contrainte".

Le titre de mon livre devait contenir un des sons ci-dessous...

Légende d'un dormeur éveillé / Gaëlle Nohant

 

Vous pouvez aussi relire mon article écrit sur Robert Desnos à l'occasion du Printemps des poètes 2015...

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 06:20

 

Aujourd'hui, c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et au delà de tous les thèmes que j'aurais pu aborder, j'ai choisi de mettre en avant pour cette journée spéciale, une femme active, sportive, bien dans sa peau et... poète (ce que j'ai découvert cette année sur le site du Printemps  des poètes).

Il s'agit de Stéphanie Bodet...

Cette jeune femme admirable que je trouve lumineuse et d'une grande douceur est passionnée d'escalade. Elle a enseigné le français dans le passé, mais pratique et enseigne le yoga aujourd'hui. 

J'avais entendu parler de son dernier livre qui s'intitule "A la verticale de soi", un livre que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire.

Elle a une belle façon de vivre en pleine harmonie avec la nature qui nous entoure mais aussi dans le respect des peuples qui vivent à proximité des lieux d'escalade et sans rechercher, ni prôner l'exploit, ce que je trouve remarquable pour une sportive d'un tel niveau. 

 

J'ai appris récemment qu'elle écrivait aussi des poèmes...et je vous laisse en découvrir un.

 

 

J’ai demandé la lune au rocher

 

(Poème de Stéphanie Bodet)

 

J’ai demandé la lune au rocher

J’ai pensé qu’en m’agrippant

Je sauverais l’instant

J’ai pensé qu’en m’accrochant

J’arrêterais le temps

 

J’ai demandé la lune au rocher

Et j’y ai cru longtemps 

M’entraînant

Soulevant des poids 

Brisant des plumes 

 

Je n’ai pas vu venir

Passer

Rides années 

Tout entière absorbée par le rocher

 

Je le caresserai toujours

Car je crois au vieil amour qu’on rajeunit 

De l’aile chaque jour

Mais je cède maintenant aux caprices du vent

Va mon cœur

Mène-moi où tu voudras

 

J’ai demandé la lune au rocher

Et j’ai cru lire un jour sur sa face 

Impassible 

« Oublie-la »

 

Et j’ai reçu en partage

L’étoffe des nuages

Qui déploie ses formes étranges

Le sourire des mésanges 

Le vieux pin qui là-haut

Doucement se balance

L’amour 

Encordé à jamais

 

J’ai demandé la lune au rocher

Et il m’a tout donné 

 

 

Poème extrait de À la verticale de soi ©Éditions Guérin

 

 

Biographie (extraite comme le poème du site du Printemps des poètes

 

Stéphanie Bodet, née le 14 mars 1976 à Limoges, est une grimpeuse et écrivain, française. Elle est connue pour ses expéditions ouvertures en grandes voies, souvent partagées avec son mari Arnaud Petit.

 

Pour Stéphanie, au-delà de la performance, l’escalade est un geste poétique et un bel apprentissage de la vie. Ce qu’elle aime en paroi, c’est vivre hors du temps avec juste l’essentiel et apprendre à apprivoiser ce milieu à priori austère. Dans une autre vie, Stéphanie a gagné la Coupe du Monde de bloc et enseigné le français. Plus tard elle a gravi El Capitan en libre et partagé 14 jours durant une paroi dans la jungle amazonienne avec 5 compagnons, dont elle a fait le récit dans « Salto Angel » aux Éditions Guérin. En 2016, elle publie toujours aux Éditions Guérin, « A la Verticale de Soi », un livre intime sur son parcours de petite fille asmathique devenue grimpeuse de haut niveau. Son camp de base est situé au pied de Ceüse. C’est ici qu’elle aime écrire au retour de ses expéditions à l’autre bout du monde ou d’une simple balade en forêt. Elle y vit avec Arnaud Petit, avec qui elle est en couple depuis plus de 20 ans et leur chat Pinpoune.

 

 

J'ai retrouvé sur "youtube" la vidéo de l'émission de la Grande Librairie où elle est venue, il y a quelques mois déjà, parler de son livre.

Si vous avez le temps de la visionner...

 

Vous pouvez aussi la retrouver sur son blog...

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 06:28
Actes Sud, 2017

Actes Sud, 2017

Je veux une poésie qui s'écrive à hauteur d'hommes. Qui regarde le malheur dans les yeux et sache que dire la chute, c'est encore rester debout.

Nous avons besoin des mots du poète, parce que se sont les seuls à être obscurs et clairs à la fois. Eux seuls, posés sur ce que nous vivons, donnent couleurs à nos vies et nous sauvent, un temps, de l'insignifiance et du bruit.

 

Voilà longtemps que je voulais vous parler de ce recueil de poésie qu'une amie m'a offert l'année dernière. Mais comme je vous l'ai dit lundi, je ne lis jamais les recueils d'un seul coup : je les lis poème après poème et celui-ci ne déroge pas à la règle car en plus il est très dur, donc il faut du temps pour avoir le cœur de passer d'un poème à un autre.

Finalement cela tombe plutôt bien que j'en parle cette semaine à l'occasion du Printemps des Poètes...

 

Laurent Gaudé est un auteur très connu. Il écrit des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre. Il a obtenu le Prix Goncourt en 2004 pour son roman "Le soleil des Scorta" et vous trouverez sur ce blog, en plus de ce dernier titre, trois autres chroniques..."Eldorado" ; Danser les ombres ; et Pour seul cortège.

Je connaissais donc l'amour de l'auteur pour les sujets difficiles et poignants, car c'est un auteur que j'aime pour ça justement et que je lis souvent... mais, c'est la première fois que je lisais ses poèmes. 

 

 

Ce recueil est composé de huit poèmes dont certains sont inédits. L'auteur donne la parole aux peuples oubliés par l'histoire, aux réfugiés en quête d'une terre...à tous ceux qui ont souffert pour survivre ou parce que victimes de la violence des hommes. 

C'est un recueil coup de poing et coup de gueule, où l'auteur laisse libre court à sa révolte, à la souffrance qu'engendrent ces images devenues trop banales dans nos médias et qui laissent trop de monde indifférent...

 

 

"Korshak" est une prière faite...non pas à Dieu, mais aux hommes. C'est la prière des hommes qui ne sont plus là, ceux qui ont été engloutis, ceux qui sont exploités, ceux qui se sentent à 20 ans à peine, déjà vieux, ceux qui sont en colère... mais inutile de s'adresser à Dieu même à genoux, il n'écoute rien.

 

"Le chant des sept tours" est un hommage aux milliers d'esclaves qui ont quitté leur terre sous les coups et le fouet, et ont été privés pour toujours de liberté.

Le titre fait référence à l'arbre de l'oubli. Les esclaves enchaînés et marqués devaient faire sept fois le tour de l'arbre (en réalité les femmes faisaient sept tours et les hommes neuf).

A chaque tour, ils oubliaient leur origine, leur pays, leurs coutumes et leur identité. Ainsi, ils devenaient dociles et obéissaient en tout. Puis ils attendaient, vaincus, les navires...

J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de cette étrange coutume avant de lire ce poème. 

A la fin du poème un homme va faire le tour de l'arbre à l'envers...des cris vont alors sortir de ses entrailles et il retrouvera son humanité. L'arbre du retour existe réellement et assure le retour au pays de leur âme après leur mort. 

 

"Et pourquoi pas la joie" nous parle d'Haïti après le tremblement de terre et de la vie qui tente de reprendre ses droits.

En voici un extrait...

 

Et pourquoi pas la joie ?
Au milieu de nos villes escaliers
Où les murs de parpaing suent du béton,
Où les fils électriques dessinent, sur les toits, des ciels d'araignées,
Et pourquoi pas la joie ?
Le temps d'une corde à sauter qui fait tourner le monde,
D'un ballon fatigué qui court de jambes en jambes
Et soulève la pauvreté dans les cris d'enfant,
Et pourquoi pas la joie ?
Les pieds dans l'immondice
Mais le regard droit.

 

Dans "Seul le vent", l'auteur nous parle des milliers de  réfugiés syriens qui fuient la guerre et doivent rejoindre un camp de réfugiés pour s'y installer sous des tentes de fortune, dans le froid et le vent, alors que l'hiver approche. 

Voici encore un extrait...

...
Que sommes-nous devenus ?
Nous étions hommes forts,
Paysans aux mains de pierre.
Nous étions pères de famille au sourire large
Prodiguant des conseils
Et veillant sur la tête de nos enfants.
Nous étions hommes au travail,
Courageux à la peine.
Nous étions combattants parfois,
Pour que notre peuple ne soit pas qu'un nom que l'on se transmet de père en fils, dans le secret des veillées,
Mais une terre aussi.
...

 

Dans "Si jamais un jour tu nais"...c'est du peuple kurde qu'il nous parle.  

Si un jour tu nais,
Ne crois pas que le monde se serrera autour de toi,
Pressé de voir ton visage,
Dans une agitation de grands festins.
N'imagine pas qu'on se bousculera,
Que chacun voudra te regarder, te prendre dans ses bras, te recommander aux dieux.
On t'a parlé des cris de joie qu'on pousse à la naissance d'un enfant,
On t'a dit la liesse,
Les coups de feu tirés en l'air,
Les tambours,
La clameur des hommes qui fêtent la vie,
Oublie tout cela.
Si jamais un jour tu nais,
De joie, il n'y en aura pas.
Mais l'inquiétude sur le visage de tous,
Comme toujours, l'inquiétude _
Ta venue au monde ne fera naître que cela.
...

 

"Notre-Dame-des-Jungles" parle bien sûr, vous l'avez compris, de la Jungle de Calais.

 

L'homme est tombé.
Souillure de vie de rien.
Sourire de honte.
Kurdes, Vietnamiens, Iraniens, Afghans,
Côte à côte,
Résignés,
Insensibles à la douleur les uns des autres
Car il faut tenir,
Ne se préoccuper que de soi.

 

 "De sang et de lumière" est un cri de colère dans lequel l'auteur montre du doigt l'Europe et ses contradictions en matière d'immigration...cette Europe qui a déjà tant souffert, celle d'où il vient et qui avant, savait parler de fraternité.

Un très beau texte dans lequel l'auteur nous parle aussi de ses origines et de ses ancêtres, de l'histoire commune des peuples qui l'habitent mais aussi de ce (et de ceux) qui relie l'Europe à la Méditerranée. 

 

 

 

 "Le serment de Paris" est un hommage aux victimes des attentats de tous les pays...

Maudits soient les hommes qui prient Dieu avant de tuer.
Ils ne nous feront pas flancher.
Leur haine, nous la connaissons bien.
Elle nous suit depuis toujours,
Nous escorte depuis des siècles,
Avec ces mots qui sont pour eux des insultes,
Et pour nous une fierté :
Mécréants,
Infidèles,
Je les prends, ces noms.
Juifs, dépravés, pédérastes,
Je les chéris,
Cosmopolites, libres penseurs, sodomites,
Cela fait longtemps que je les aime, ces noms, parce qu'ils les détestent.
Nous serons toujours du coté de la fesse joyeuse
Et du rire profanateur,
Nous serons toujours des femmes libres et des esprits athées,
Communistes, francs-maçons,
Je les prends,
Tous.

 

Voici donc un recueil à découvrir...un bel hommage empli d'humanité à ces femmes et ces hommes qui méritent le respect.

Et vous l'aurez compris, derrière les mots, témoins de la souffrance et des déchirements, l'auteur aborde  le terrorisme, l'esclavage, la jungle de Calais, l'exil forcé, les guerres et toutes les souffrances des hommes à travers des poèmes poignants qui incitent à rester debout et à se battre pour un monde plus humain...

 

Je veux une poésie qui défie l'oubli et pose ses yeux sur tous ceux qui vivent et meurent dans l'indifférence du temps.

 

Ce recueil de poésie entre dans le challenge de Philippe "Lire sous la contrainte"... enfin s'il accepte les recueils de poésie. 

Le titre de mon livre devait comporter un des sons suivants...c'est donc ma première participation à son challenge. 

De sang et de lumière / Laurent Gaudé

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 06:27
Stock, 2017

Stock, 2017

Ils ont vingt ans, beaucoup de gaieté, peu de besoins et juste assez de revenus versés par leurs parents pour ne pas se soucier de trouver vite un emploi. Autant continuer d'improbables études avant de se faire emprisonner par la vie...

De certains livres on dirait qu'ils vous ont choisi. Dès la première phrase, le coeur vous bat. Vous entendez une voix vous dire : "Tu veux être mon ami ? " C'est la voix du livre. Vous en pleureriez. Vous avez trouvé quelqu'un et ce quelqu'un est un livre, quelqu'un pour vous protéger.

Il est des livres qui sont des bateaux. Ou, si vous préférez, des grands frères. Ils vous embarquent, ils vous prennent la main. Ils vous aident à traverser cette mer cruelle et chahutée qu'est la jeunesse. Ils vous rendent plus fort, juste assez fort pour atteindre l'autre rive. Qui est votre vie.

 

Il fallait oser se lancer dans une biographie du grand "La Fontaine" surtout quand on voit tout ce qui a déjà été publié sur cet auteur, tant aimé des grands et des petits, et qui continue à ravir les écoliers de tous âges.

 

Voilà un essai qui ne manque pas de sel.

Ancré dans la modernité, c'est une vision très réaliste mais taquine qui nous est proposée par Erik Orsenna. On y rencontre bon nombre de "gentilles de corsage", "douces d'humeur" et des personnages de contes, bien éloignés des malicieux personnages des fables de notre enfance.

L'auteur en profite au passage pour nous parler de langue française, de la situation d'académicien, de l'amour des mots, des livres et de la lecture mais aussi de l'importance de la liberté dans la création.

 

Avec le talent qu'on lui connait, et beaucoup de malice, il nous donne envie de repartir sur les pas du poète et d'aller visiter les lieux de son existence, à Château-Thierry par exemple, là où il est né un certain 8 juillet 1621. 

Puis de nous rendre à Paris au Quartier latin, où il rencontra Molière, Racine et Boileau qui resteront ses amis pour la vie. 

 

Je ne vais pas vous raconter la vie de La Fontaine que vous pouvez retrouver n'importe où sur le net, juste vous dire que cet essai montre à quel point sa vie a été désordonnée, combien il a rejeté les bienséances, et la religion pour rester un homme libre et l'affirmer.

 

Ce que La Fontaine aime par dessus tout, c'est la langue française, l'amour et les belles demoiselles, la musique, ses amis et faire la fête avec eux loin des contraintes de la vie !

Mais il aime aussi démesurément la nature. N'a-t-il pas commencé sa vie comme "Maître des Eaux et des Forêts" ? 

 

Les éléments biographiques n'apportent rien de neuf à la vie connue du grand homme. On le retrouve mauvais époux et père absent, vivant une double vie.

On le retrouve écrivant des contes subversifs sans se soucier de la morale de l'époque, des contes qu'il dit lui-même avoir écrit, suite à la lecture de Boccace et de son célèbre Decameron. 

On le retrouve fidèle à son ami Fouquet, devenu son protecteur, alors que le surintendant des finances du roi est renié par la cour...

On retrouve La Fontaine alors démuni et sans le sou, à la solde de ses amis, ou de gentilles demoiselles.

Jamais la cour ne lui pardonnera d'être resté fidèle à son ami ! 

D'ailleurs, c'est à cause de cela que des années après, il aura des difficultés pour entrer à l'académie française...

 

C'est enfin à 47 ans, que La Fontaine écrit ses fameuses fables.

Il proclame bien haut qu'elles ne sont pas de lui, mais qu'il s'est inspiré pour certaines d'Esope, et cite clairement ceux qui les ont raconté les premiers. 

 

Je ne savais pas que La Fontaine à la fin de sa vie, avait été obligé si je puis dire, de renier ses propres écrits, par peur du jugement dernier et sous l'influence d'un certain abbé...

Je ne savais pas non plus qu'il était de bon ton à cette époque de faire croire qu'il était paresseux, alors que ses écrits étaient très travaillés, et que les manuscrits prouvaient tout le contraire ! 

 

L'essai est interrompu par de nombreux extraits de contes (et bien j'avoue que je les connais peu et que cela donne envie d'en savoir plus) et des anecdotes amusantes, devrais-je dire même plutôt... croustillantes !

 

Enfin, un mini recueil de fables choisies termine le récit ...histoire de ne pas oublier cette poésie des mots qui a enchanté notre enfance et enchante encore celle des générations d'aujourd'hui.

C'est sans doute leur côté universel en ce qui concerne la nature profonde des hommes, qui les rend indémodables...

 

Cette courte biographie est un livre accessible qui se lit avec plaisir.

Les chapitres sont courts et l'écriture d'Erik Orsenna est abordable.

Le personnage de La Fontaine, empli de défauts nous apparaît sous sa plume très attachant.

Même les lycéens peuvent se pencher sur cette lecture qui leur fera entrevoir toute une période de l'histoire, ainsi que les difficultés des artistes et créateurs qui n'étaient pas favoris du roi. Mais cet essai leur montrera aussi que certaines choses n'ont pas changé ! 

 

Ce livre a été l'occasion d'une série d'émissions sur France Inter durant l'été 2017, émissions que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter mais dont m'avait parlé une amie.

Voilà pourquoi j'ai eu envie de le découvrir...

 

Il est une première loi de notre espèce humaine : tous les puissants ont toujours été louangés. Il en est une autre, plus étonnante que la précédente : tous les puissants ont toujours goûté fort ces louanges, si démesurées soient-elles.

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 06:25
"Calligrammes" Guillaume Apollinaire

"Calligrammes" Guillaume Apollinaire

 

Chaque fois que je lis de la poésie, je le fais toujours à petite dose. Je vous l'ai déjà dit, la poésie ça se déguste, ça se lit plusieurs fois et même à haute voix, pour entendre chanter les mots, sentir le rythme, et entrer dans l'univers du poète.

La poésie, ça se lit en lâchant prise... 

Mais savons-nous encore faire cela aujourd'hui, dans notre société "moderne" où tout le monde court toujours ? 

 

A la lecture d'un poème, tel lecteur va accrocher, un autre pas du tout. Un poème va nous transporter, un autre moins, selon l'humeur du jour. Un poème va nous toucher en profondeur uniquement si on se laisse glisser vers les émotions qu'il suscite...

 

Je sais que certains d'entre vous, qui venez régulièrement sur mon blog, me disent ne pas aimer la poésie. Pourtant, la poésie est partout !

Elle est dans un joli paysage, un oiseau entrevu dans le ciel, une fleur qui s'ouvre au soleil, une couleur qui vous attire.

Chaque fois que vous aurez envie de vous arrêter un instant, d'oublier vos soucis du jour et les obligations quotidiennes, le temps de rêver un peu, vous serez dans la poésie...

Un poème va nous toucher uniquement s'il trouve un écho en nous. Le talent d'évocation de l'auteur, sa créativité, sa sensibilité nous feront vivre alors un instant magique et unique...

 

Ce n'est donc pas facile de lire des poèmes, car il faut se laisser du temps pour les apprécier. De même, c'est toujours très subjectif de parler d'un recueil de poésie.

 

Alors... pour profiter du Printemps des poètes, je vais mettre aujourd'hui à l'honneur, quelques-uns des blogs amis dont les auteurs écrivent de la poésie.

 

Vous en connaissez certains, vous en découvrirez d'autres...

Beaucoup d'entres eux appartiennent à la communauté des "Croqueurs de mots" ou à "L'herbier de poésie". Se promener dans leurs pages est toujours un bonheur. Je n'y laisse pas toujours une trace mais je le fais souvent rien que pour le plaisir. 

 

Marine et ses blogs...

 

 

Martine et son blog "Quai des rimes"...

 

 

Jazzy que je prends le temps d'aller voir moins souvent que je ne le voudrais...

 

Durgalola qui sème ces petites graines...

 

Azalaïs et son blog "Marge ou grève". 

 

Bien sûr, je pourrais aussi vous parler de Kri, dont les superbes photos sont illustrées de poèmes ; de Fanfan et de son blog empli d'humour ; de Quichottine que je ne présente plus d'Eglantine-Lilas, et  de Nell que je n'oublie pas, et dont le recueil "Jours et nuits de mes réminiscences" (un recueil qui a été primé) berce mes jours. 

Elles n'écrivent pas que des poèmes et nous enchantent par leur plume.

Vous pouvez cliquer sur leur pseudo et vous serez en direct sur leur blog. 

Et j'en oublie forcément...mais ce sera pour une autre fois.

 

Alors ? Vous n'aimez toujours pas la poésie ?

Bonne découverte !

 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 06:32
Printemps des poètes 2018 (affiche réalisée par Ernest Pignon-Ernes)

Printemps des poètes 2018 (affiche réalisée par Ernest Pignon-Ernes)

 

Le Printemps des poètes 2018 démarre aujourd'hui et se terminera le 19 mars prochain. Les dates sont toujours à peu près les mêmes chaque année !

Le printemps des poètes est parrainé cette année par Jean-Marc Barr, un acteur et réalisateur américain qui s'est fait connaître chez nous grâce au film de Luc Besson, "le grand bleu", un film qui a marqué tous les esprits...et provoqué beaucoup de passion et de débat, que l'on aime la plongée ou pas.

 

Le printemps des  poètes est placé cette année sous le signe de l'Ardeur...

L'ardeur est le souffle même de la poésie et avec elle, il y a donc la passion, l'étincelle, la fougue, l'emportement, la joie, le feu,  le mordant et l'amour...un beau programme, vous ne trouvez-pas !

Les poètes sont nombreux à avoir exploré ces thèmes...

 

Si vous vous intéressez à la poésie, n'oubliez-pas de regarder de près, les programmes dans votre région, de vous rapprocher de votre médiathèque et de votre libraire, afin de profiter des manifestations, expositions, lectures à voix haute, concours de poésie...une façon de participer à cette manifestation nationale.

 

 

 

 

Avant que la mer ne crache

sa vague de fond

avant que la tornade

ne détruise maisons villes et villages

ne divise le monde

 

Le désir était là

foudre sans nom

 

Claudine Bertrand

"Rouge assoiffée"

Editions Typo, 2011

 

 

Pour en savoir plus, pour connaître le programme de votre région et les poètes mis en avant cette année, vous pouvez vous rendre sur le site du Printemps des poètes.

A noter : tous les poèmes mis en ligne sur le site sont libres de droits.

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 06:30
Librinova, 2017

Librinova, 2017

La plupart des hommes ne sont pas des oisillons audacieux, seulement des couards qui préfèrent la sécurité de leur nid douillet et de leur télévision à l'appel de l'aventure, du vide de l'étincelle qui rallumerait pour toujours les yeux qu'ils ont éteints.

Jean sentait comme il écrivait le parfum léger de la soie, la puissance boisée du cèdre, la subtilité de la rose mêlée de sucre, de suave, de fleur d'oranger, à croquer dans l'air comme on goûte une pâtisserie au miel et aux pistaches.

Merci.
Il était très attaché à ce mot. Il le trouvait autosuffisant : il y avait plus dedans que dans tous les livres qu'il publierait un jour, et il l'avait écrit honnêtement, sincèrement.

 

On dit que tous les chemins mènent à Rome mais on ne nous dit pas pourquoi, pour s'y rendre, certains prennent le chemin de droite, tandis que d'autres prendront celui de gauche, ou choisiront d'aller tout droit, et même parfois de revenir sur leurs pas !

 

C'est pourtant ce qui arrive à nos cinq personnages. Ils ont tous à un moment donné eu envie de changer de vie et de faire la "Rêvolution"_entendons-nous bien_il s'agit de réaliser enfin leur rêves et de transformer leur vie au lieu de la subir et de n'avoir aucune emprise sur leur destinée. 

Mais avant d'écrire les dernières strophes de leur poème, il va leur falloir beaucoup de courage, de réflexion, de remise en question...et nous allons les suivre pas à pas dans leur démarche personnelle. 

Voici un roman choral, dans lequel l'auteur donne tour à tour la parole à chacun des personnages tous masculins...mais, je vous rassure les femmes ont aussi leur rôle à jouer dans l'histoire. 

 

Mickaël aura-t-il un chat comme il le voudrait tant depuis qu'il a compris qu'il ne pourrait jamais réaliser son rêve d'avoir un enfant avec Annie ?  Que faire d'autre pour remplir le vide de leur vie ? Après des années de démarches pour adopter un bébé, il leur faut se rendre à l'évidence. "Personne ne leur dira jamais que c'est fini, qu'il ne faut plus attendre". Mais la cruelle vérité est là et les torture. Ils doivent se résoudre pourtant à vivre autrement et prendre les décisions qui s'imposent. 

 

Jean a choisi l'écriture pour remplir sa vie...

Il écrit un roman sur Ban Bayan, un riche marchand se rendant à Babylone.  Il veut raconter son épopée à travers le désert. Mais il ne s'en sort pas. Trop cartésien, il pinaille, n'arrive pas à se laisser aller, par habitude, parce qu'il intellectualise tout, et a peur de ne pas être compris...

 

Anatole lui, ne sait parler que de son travail, de la finance dans laquelle il travaille et de lui-même, de ses réussites personnelles, ou de ses vacances forcément plus formidables que celles des autres, puisque à l'autre bout du monde. Résultat : il fait fuir tous ses amis ! Que lui faudra-t-il pour qu'il réalise qu'il passe à côté de sa vie ? 

 

Thomas lui est au pied du mur, enfin je veux dire de son mur de banlieue, à Paris. Il se sent comme "jeté nu dans l'arène" et ne veut pas de cette vie qu'on lui propose. A quoi lui sert d'ailleurs sa licence de lettres ! Lui aussi avec ses potes a des rêves, de révolte, de justice...Ils expriment bien sûr sur le mur "leur irrépressible envie de vivre, de tout renverser, d'imaginer les choses autrement." Sans ça, comment en sortir ? Heureusement qu'il y a Leila...

 

Le vagabond, lui, a bien une petite idée de nouvelles pancartes à écrire pour arriver à toucher les passants indifférents...mais est-ce bien suffisant pour que certains s'intéressent à lui. Evidemment personne ne se doute qu'il n'a pas toujours été un vagabond...mais chut, vous n'en saurez pas plus ! 

 

Quels liens unissent tous ces hommes apparemment très différents ?

Qui sont-ils ? Quels sont leurs rêves ?

Et comment en sont-ils arrivés là ? Comment vont-ils pouvoir briser leur destinée qui semble pourtant toute tracée...

Je ne vous le dirai pas, mais je vous invite à lire ce court roman car la fin vous surprendra, j'en suis certaine. 

Et vous, si vous pouviez changer le cours de votre vie, quelle direction prendriez-vous ? 

 

C'est un roman qui fait du bien...léger, poétique et profond à sa façon. L'écriture est fluide. Le ton empli d'humour. Les personnages de fiction se mêlent au personnages réels, à moins que ce ne soit l'inverse !  

J'ai lu ce livre avec plaisir...

Le seul bémol c'est que c'est la première fois que lire sur ma liseuse me pose problème. J'avais envie de pouvoir toucher et tourner les pages, de revenir en arrière pour lire les poèmes qui débutent chacun des chapitres, tout en gardant un oeil sur ma page en cours, de relire l'histoire de Bab Bayan, véritable épopée-conte insérée dans l'histoire...oui je sais on peut faire tout ça avec une liseuse et je sais le faire !

Ce que je veux dire c'est que j'ai eu juste une vague impression de manque et je ne sais pas si je dois l'attribuer au support, aux réflexions amenées par l'histoire sur ma propre vie (pourtant bien remplie et opposée à celle de nos personnages), ou bien à la fatigue de l'hiver. J'ai eu comme un petit je ne sais quoi, qui m'a empêché de suivre tous les personnages avec la même attention, le même intérêt, la même empathie...et d'entrer dans leurs rêves.

Ainsi, alors que j'ai beaucoup apprécié Thomas et Michaël en particulier, ainsi qu'Annie sa femme, j'ai beaucoup moins apprécié Anatole mais je reconnais que la fin m'a réconcilié avec lui...

Quant à Jean et le vagabond, je ne vous dirai rien et je préfère vous les laisser découvrir...

...ils avaient créé tous ces tags multicolores, des mots pour sauver leurs âmes,et pour exorciser, faire fuir le démon des cités...

C'est écrit sur un mur
C'est cri silencieux...

Révolution.
Ce soir, Mickaël ne voulait qu’un tout petit changement : ni bombe ni
fusillade… simplement modifier « l’accent aigu ».
— Que dis-tu, mon chéri ?
— Je dis que je t’aime, cher cœur, que je suis d’accord pour jouer au petit
prince ce soir.
Annie lui fit son sourire de petite princesse, celui qui le faisait fondre
inévitablement, à tous les coups.
— Et je voudrais qu’on apprivoise un renard... poursuivit-il.
— Mais oui ! Un renard, j’en ai toujours rêvé aussi. Et dire que je n’avais
jamais osé t’en parler. On se met parfois de ces barrières !
— Ou un chat alors... tu es d’accord pour un chat, n’est-ce pas ? Un gris,
aux yeux orange, d’humeur et de couleur égale, le jour comme la nuit, un
doux. Il aimerait les câlins, et reconnaîtrait nos pas alors qu’on approche sur
le palier. Il viendrait nous dire bonsoir quand on rentre à la maison... On
entendrait ses petites pattes silencieuses sur le parquet derrière la porte...

 

L'auteur est né en Bretagne. Il connait bien le milieu de la finance d'entreprise, car, comme Anatole, il y a travaillé lui-même pendant près de vingt ans. Il a beaucoup voyagé entre autre à Singapour et c'est là-bas qu'il a eu envie comme Jean de se mettre à écrire...

Il ne nous dit pas qui a inspiré ses autres personnages !

Merci à l'auteur et aux éditions Librinova de m'avoir permis de découvrir ce roman...

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 06:30

 

Quelle surprise et quelle émotion pour moi, jeudi dernier, de trouver dans les commentaires de la journée, un message d'une poétesse que j'avais mis en avant lors du Printemps des poètes 2017 et de la Journée de la femme (le 8 mars dernier donc).

Il s'agit de Fatoumata Keïta.

Dans un message mis dans les commentaires, elle me remercie d'avoir écrit un article sur elle et m'offre en cadeau de remerciement un poème inédit qui paraîtra dans son prochain recueil au Mali. Vous pouvez aller relire mon modeste article en cliquant ICI. Vous trouverez dans les commentaires le message que je vous retranscris ci-dessous.

 

Manou j'ai envie de te remercier pour ce que tu as fais pour moi. C'est un ami qui m'en a parlé. J'en ai les larmes aux yeux. Je manque de mots. J'ai beaucoup de poésie musicale que je peux vous envoyer pour votre écoute et pour diffusion. Qui parle de condition des femmes dans les situations de conflit. Mille mercis d'être aussi concise et précise. Merci à vous tous aussi pour vos commentaires aussi chaleureux. Malheureusement je n'ai que mon livre sur l’excision qu'à l'Harmatan. La trilogie est la librairies terre des livres à Lyon, J'aimais cet homme qui chantait le fleuve à LA PASSE DES VENTS à Lyon. Tout le reste, on ne peut les avoir qu'on Mali. Voici un extrait de poème de mon prochain livre que je m'en vais vous envoyer comme bises et comme cadeau de remerciement: :Ce n’est jamais fini

 

J'ai donc décidé de vous offrir ce poème à tous et en particulier à toutes les femmes. Car ce cadeau se doit d'être partagé, n'est-ce pas et si je le laisse dans les commentaires, il ne sera vu que par quelques personnes...vous êtes bien d'accord avec moi ?

 

Je la remercie ici encore une fois pour son combat pour toutes les femmes et pour ses mots qu'elle mettra sans doute en musique, certains mots composant un refrain. 

 

Ce n’est jamais fini…

 POÉSIE

 Fatoumata KEITA

 

 Ce n’est jamais fini…

 À ceux qui ont peu souri dans la vie

 Qui ont toujours eu l’échine courbée

 À force de pleurs silencieusement avalés

 

À ceux qui douloureusement ont péri

Au souvenir desquels je tressaillis

 

 À ceux qui ont l’artère rompue

 À force d’infortunes vécues

 

 À ceux qui portent le sceau du désespoir

 Dans le cœur du noir dans l’ombre de l’isoloir

 Sans jamais se plaindre ni même se lamenter

 

 À ceux-là cette note de symphonie et d’espoir

 L’espoir qui barre la route au gouffre du désespoir

 L’espoir qui chasse la brume du cœur et soigne la gueule de bois

 À ceux-là ces vers d’espérance ouvrant la voie à la délivrance

 

Ce n’est jamais fini…

C’est Ivon le MEN qui l’a dit

D'une oreille favorable j’écoute Robert mon ami

Et d’un seul regard il me fait renverser le vase du doute

D'une main ferme je saisis fermement ma plume

Pour écrire une ballade mal débitée

Dont j'en ferai une berceuse pour mon ami B. Konaré

Pour qu’il continue à avoir foi en l’humanité

Et nous convie les jeudis à l’unité

Pour nous permettre un temps de nous poser…et de rêver 

 

Ce n’est jamais fini…

Toujours les mêmes pas pressés

Toujours le même air essoufflé

Toujours les mêmes regards hagards

Toujours le même combat pour la survie

Toujours la même soif de vaincre

Le seul rein toujours à ceindre

Toujours les mêmes mots devant les mêmes maux répétés

Là où s’entend un rire mélodieux

Là même s'exposent des tableaux odieux

Et ce n’est jamais fini…

Ce n’est jamais fini…

Toujours les mêmes scènes

Les mêmes haines qui enchaînent

Toujours les morts par centaine

La même rengaine qui nous freine

Et ce n’est jamais fini…

Il faut qu’on y arrive pourtant un jour

Qu’on arrive à briser les murs de séparation

De lamentation de discrimination

D’où s’élève la haine en montagne

Dans les cœurs que le désamour gagne

Il faut qu’on y arrive un jour ma sœur Manou

Qu’on arrivera à planter dans le désert des cœurs

Les tentes de l’amour et pour tout l’alentour

Il faut qu’on arrive à bâtir le temple de l’humanité

Pour partager une tranche du pain chaud de la fraternité

Ce n’est jamais fini

Moi je cherche simplement la paix

Je la cherche toujours sur ma page blanche

Ma page que je noircis avec l’encre de mes douleurs

Je la cherche entre les lignes acérées

Que j’écris et jette à ce monde épuisé

Je la cherche dans le cœur de la nuit

Dans l’ultime tentative de survie

Je la cherche entre les pages de la vie

Et sur mon chemin je suis heureuse

Heureuse de faire chemin avec tous ceux et toutes celles

Qui ne dorment pas la nuit venu

Qui prennent la lune en témoin et avance avec lui en silence

Qui ignorent les malveillances et continuent leurs besognes

Avec ces personnes je cherche chaque instant la paix

Je la cherche dans le rire requinquant de mes enfants

Qui n’ont pas encore goûtée à l’amère saveur de cette vie

Je la cherche sous le soleil de midi

Je la cherche partout où il y a une vie

Sur chaque portion de terre où existe un conflit

Je la cherche

Quand le fleuve de la bienveillance cesse de couler dans les cœurs

O Mohamed ! Enfant aux yeux encore brillants de bonheur

Souviens-toi toujours que l’homme n’a de place que dans la cité

Auprès de ses frères et de ses sœurs

Loin des sillages sombres de l’animosité

Souviens-toi Papafitini : Souviens-toi

O Hawa ma mie au regard rêveur et lointain

Souviens-toi Papy Nancoman mon grand

L’humain n’a d’issue que dans le cœur de l’humanité

Ne laissez pas les malveillants vous rendre méchants !

Soyez bons soyez vrais mais vraiment mes enfants!

Et le regard clair de la lune veillera sur vos pas

Doux papillons aux ailes colorés d’amour

N’ayez pas peur des loups ni des vautours

Allez-y confiant vers la vie champions

Avancez la bonté dans la main

Et la gaieté dans le cœur

La vie vous attend impatiemment

Les bras du monde vous appellent ouvertement

Vivre et avancer est la recette à essayer

Apprenez donc mes enfants apprenez

Apprenez des jours qui vous visitent et passent

Apprenez des heures qui courent sans trébucher

Apprenez du rire et des pleurs du temps

Apprenez de la douleur obscure de l’ignorant

Apprenez des courts matins couleur-bonheur

Apprenez de la maladie

De l’expérience de la force fléchie

Apprenez de vos grands moments de folies

Apprenez des saisons de passions

Et de vos nuits froides pleines de leçons

Apprenez de la saison des ombres

Apprenez de vos instants de déboires

Mais surtout des heures furtives de gloire

Ce n’est jamais fini

Il faudra prendre la vie à la volée

Il faudra aimer il faudra souvent céder

Et il faudra prier et il faudra chaque jour louer

Celui qui garde dans Ses paumes altruistes

La sève de toutes choses créées

L’essence de l’humanité

La source de l’inspiration et la finalité

Ce n’est jamais fini

La vie relève de la magie

On n’a pas demandé à venir

On est là

On ne demandera pas à partir

 Et par ce chemin brumeux on s’en ira

La vie et la mort

C’est vraiment l’œuvre de la magie

Il faudra donc la tailler en pierre

Pour céder à Dieu mais résister au temps

Résister au temps et aux vents violents

De ceux qui tuent froidement

En invoquant le nom de Dieu le Clément

 

Ce n’est jamais fini

 

Il nous faudra ensemble élever la voix et crier en pleine nuit

Il nous faudra élever la voix et hurler contre l’injustice

Il nous faudra hausser le ton pour contester contre la prison

La prison dans laquelle on veut nous enfermer éveillée

Elle est une reine bien laide à genoux la liberté

Il nous faudra hurler contre ces vents de terreur

Qui remplissent nos yeux nos nez de poussière

Il nous faudra nous lever pour bannir toutes ses horreurs

En plein air par ceux qui pètent les plombs

Jettent les bombes les sens fermés

Et font de nos cœurs des décombres sombres

 

Et ce n’est jamais fini…

Toujours les mêmes scènes les mêmes peines

Les mêmes haines qui s’enchaînent

Toujours les mêmes morts par centaine

La même rengaine qui nous freine

Toujours le même ton levé pour la liberté

La même sueur toujours versée pour la dignité

Que nos enfants essayeront peut-être de préserver

 

Ce n’est jamais fini

 

Il faut qu’on y arrive un jour

Qu’on arrive à réinventer l’histoire

Qu’on arrive aux heures de gloire

Qu’on arrive à tenir tête à la violence

Qu’on arrive à soigner les démences

Qu’on arrive à modérer les passions

Qu’on arrive à briser les murs de séparation

Il faut qu’on y arrive un jour

Qu’on arrive à bâtir le temple de l’humanité

Pour y inviter toutes les nations à l’unité

Et partager une tranche du pain de l’amitié

Il faut qu’on y arrive un jour Manou

Qu’on arrive à oublier nos différences

Pour nous centrer sur nos ressemblances

Et partager le pain chaud de la fraternité

Nous sommes tous de la même matière

La poussière

Ce n’est jamais fini…

Le temps est en dent de scie

Avec lui on chute

Avec lui on se relève et redresse le buste

Avec lui on souffle avec lui on souffre

Avec lui on glisse jusqu’au fond du gouffre

Avec lui on traverse sans bougie la nuit

Avec lui on visite le cœur de minuit

Avec lui on reçoit le soleil de midi

Avec lui on chante de belles symphonies

Avec lui la complainte des jours qui pleurent

Avec lui à Madrid Nagnouma ma sœur

Nagnouma et son tout petit jardin rempli de fleurs

 

Et ce n’est jamais fini…

Le temps est quelques fois comme un amant infidèle

Qui nous sert avec sa grâce qu’on croit éternelle

Sa belle grâce hypocrite qui fait dessiner dans le ciel

De beaux et d’éphémères arcs - en- ciel

Et ce n’est jamais fini…

Le temps nous pousse vers la même gare

On y est parti et on y reviendra

Avec les mêmes pas pressés

Avec le même air essoufflé

Avec les mêmes sourires sympas

Avec les mêmes illusions

Avec des moments de fusion

Et souvent le vide dans l’âme malmenée

Avec le même soupir réédité

Avec le même cri

Celui de notre première heure

Celui de la toute dernière

À la même gare on part

Et de la même gare on revient

Là où tout a commencé

Là où tout prendra fin

Dans le ventre de la terre

Et c’est la gueule ouverte du temps

Qui nous poussera dans ce ventre gourmand

Où tout prendra fin

Où tout recommencera là-bas

La vie et le trépas

Tout est là

Entre deux pas

Tout est là

Et ce n’est jamais fini…

 

Ce n’est jamais fini…

On fait ce qu’on peut pour vivre notre vie

On fait ce qu’on peut pour terrasser nos douleurs

On fait ce qu’on peut pour affronter nos peurs

On fait comme on peut pour arroser nos passions

On fait ce qu’on peut pour faire fleurir nos rêves

On fait ce qu’on peut pour élever nos enfants

On fait ce qu’on peut sans jamais baisser les bras

Sans plus d’une nuit se lamenter sur nos tourments

Et ce n’est jamais fini ma sœur Kady…

Quand tu crois avoir raté le départ

Quand tu te crois vraiment en retard

Il y a toujours un train à l’arrêt

Un train qui t’attend pour démarrer

À l’arrêt ton train à l’heure pile

Tu n’auras pas à faire de long fil

Pour prendre ton départ Kady

 

Ce n’est jamais fini…

Toujours présente la grâce de dernière heure

Celle qui précède la fin et succède à l’agonie

S’ouvre toujours une porte pour le secours

Le recours incroyable est toujours là à l’heure pile

Ce n’est jamais fini

Il nous faut d’autres histoires à dire

Des histoires qui aident à grandir

Des histoires qui aident à sourire

Des histoires qui aident à rêver

Des histoires qui aident à agir à avancer

Des histoires qui remplissent les poches

Des histoires toutes pleines la sacoche

Des histoires pour se former et son destin forger

Il nous les faut mon frère Modibo Kanfo

Il nous faut visiter les chemins d’ombres qui débouchent sur le progrès

La gloire est faite de sueur et de peurs avalées

D’écorces de caïcédrat mâché et de désert traversés

Et ce n’est jamais fini…

 

Malgré la laideur des nuits d’éclipse

Malgré la vilenie humaine

Mon âme reste saine

Toujours confiante en l’humain et en la vie

Et ma vie reste remplie de poésie

La poésie ma mélodie mon art ma seule vertu

 

Ce n’est jamais fini…

La terre est un lieu de rencontres inouïes

Et la vie une grande gourde remplie

Dans laquelle on boit du miel et du fiel

Malgré la rudesse du chemin parcouru

Malgré la traîtrise des faux-fuyants

Malgré les soupirs malgré la cruauté du temps

Ma sœur Maragoue reçoit le nouveau jour

Comme tu reçois ton bien aimé avec amour

Élégance et reconnaissance

Mariam Lagaré Nana Nassira mes soeurs-amies

En chacun de nous mille autres vies

En chacun de nous une ombre qui suit

En chacun de nous un rêve qui sourit

En chacun de nous une espérance inédite

Un appétit un désir une folie

En chacun un amour qui attend d’être donné

En chacun un air qui appelle à danser

En chacun un poème qu’on déclame en silence

En chacun un conte à relater un chant à fredonner

En chacun une terre toute étrangère

Que l’on range quelques fois à l’étagère

Pour ne pas aller vers l’insolite

En chacun une branche d’espérance

Mille fois en mille morceaux cassés

Ramassée et mille fois recollée

En chacun une rivière d’ignorance

Qui coule et nous cache nos lendemains

En chacun hurle un chant

Chant d’espoir vital à la vie

Chant de réveil chant de minuit

Chant qu’on entonne pour briser le silence de la nuit

Qu’on entonne pour essuyer la laideur du jour

Qu’on récite par cœur les jours gris

Pour recharger la batterie de l’endurance

Ce n’est jamais fini…

Devant nous des bras toujours grand ouverts

Qui attendent toujours l’élan de nos cœurs

Toujours pour nous un cœur disponible

Qui donne et s’adonne à nous sans compter

Merci à toi mon Isaac Niiaré ma destinée

 

Ce n’est jamais fini…

Là où il y a une lueur

Existe toujours une zone d’ombre

Un rire crispé un regard effaré

Un bonheur égaré là où il y a un rayon de soleil

Ce n’est jamais fini…

Là où il y a un voile de ténèbres

Existe une petite clairière

Une larme séchée une poignée de main

Un rêve renouvelé un vœu reformulé

Une promesse réaffirmée une main tendue

Un baiser à offrir

Là où il y a un voile de deuil

Et ce n’est jamais fini…

 

 Fatoumata KEITA

 

Un grand Merci à Fatoumata pour ces mots porteurs d'espoir qu'elle nous offre avec son cœur

N'oubliez pas d'aller faire plus ample connaissance avec elle, sur son blog (lien ci-dessous).

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 06:16
Editions Zulma, 2017

Editions Zulma, 2017

En ce temps-là j'étais un être désaccordé. Tellement désaccordé que je ne savais plus quel jour on était, ni quel mois, quelle année ou l'année de quel mois...

 

Voilà un premier roman qui m'a complètement dérouté...

Je l'ai pris, posé, repris, reposé et finalement terminé en le lisant dans le plus complet désordre...

C'est si rare chez moi qui adore cet éditeur que je suis donc allée me balader sur le net avant d'écrire ma chronique ce que je ne fais jamais avant, mais parfois après, afin de ne pas me laisser influencer par l'avis des autres !

 

Tous les ingrédients pour une réussite était pourtant là : 

- Un auteur haïtien qui écrit son premier roman mais n'en est pas pour autant à ses premiers écrits, car il est poète, et un poète reconnu. 

- Un sujet bouleversant puisqu'il s'agit du tremblement de terre qui a eu lieu en Haïti le 12 janvier 2010 et a fait plus de 300 000 morts et autant de blessés, sans parler du traumatisme des survivants, de ceux qui ont tout perdu, des orphelins...

- Une histoire d'amour entre deux personnes de culture différente...

J'aime en principe les auteurs haïtiens même si parfois j'ai du mal, pendant les premières pages, à entrer dans leurs écrits à cause du vocabulaire, dont je ne comprends pas toujours le sens, mais je m'accroche...

 

L'histoire est simple.

Le roman débute avec Bernard, il vient de s'embarquer dans un avion pour rejoindre l'Italie. Amore, d'origine italienne, dont il est tombé amoureux et qui travaille pour une ONG l'accompagne ou l'attend (je n'ai pas bien compris mais là n'est pas l'important !).

Elle lui a sauvé la vie deux fois. La première en le sortant des décombres et la seconde en lui permettant de vivre leur merveilleuse histoire d'amour.

Sept ans après, elle lui a donné envie de partir vivre en Italie avec elle pour enfin, depuis tout ce temps, se reconstruire, tenter d'oublier le drame vécu dans son pays et peut-être fonder une famille.

La vie est là et elle est belle, quoi que le destin nous réserve...il nous faut rebondir, vivre pleinement et l'amour est là pour nous y aider ! 

Un beau sujet... vous ne trouvez pas ?

 

Le problème réside dans la construction du texte.

Dans de courts chapitres (qui pourraient parfois davantage s'apparenter à des paragraphes), l'auteur nous raconte le chaos, l'indicible, les morts et les vivants sortis des décombres...

Il donne la parole à plusieurs personnes.

Ainsi, le "je" peut exprimer aussi bien le ressenti de Bernard qui parle le plus souvent, mais aussi d'Amore, de Paloma, d'un aveugle, de Romain, d'un athée, d'un évangéliste, et de bien d'autres...

Tous ont quelque chose à nous raconter en tant que témoins des événements.

Entre deux chapitres, l'auteur expose des faits, l'arrivée des ONG, la disparition des oiseaux, l'explosion des prix de l'immobilier, l'aide internationale, ce qui lui donne l'occasion de critiquer au passage l'argent mal utilisé, les ONG qui tire la couverture à eux...

Se mêlent causes et conséquences, observations et ressentis et une petite musique qui virevolte comme le ferait un papillon...et dont je n'ai pas compris la symbolique. 

 

Les différents chapitres dont les titres évocateurs sont écrits entre crochets sont à mon avis à lire totalement au feeling, dans le plus complet désordre. Original comme lecture, non ?

Il n'y aucun fil directeur dans le roman, aucune linéarité et l'ensemble est si déroutant...qu'il est impossible d'éprouver du plaisir à sa lecture.

La lecture seule de fragments d'écrits est arrivée à me toucher. La lecture linéaire m'a perdu, voire ennuyé, l'auteur passant d'un sujet à l'autre, d'une personne à l'autre dans le chaos le plus total. 

Il doit donc se transformer en papillon pour glaner ici ou là, une info, un petit morceau de phrase, une image. Cela a été pour moi la seule et meilleure façon d'appréhender ce roman qui, finalement, n'en est pas un. Pas évident de lire dans le désordre, de se demander sans cesse, où on est, qui parle et avec qui, et de deviner ce qui se cache derrière les mots...

 

Ce que je n'ai pas aimé : la construction du roman. Son absence de fil conducteur, le méli-mélo des mots, des phrases, des chapitres... même si je suis bien consciente qu'il traduit bien le chaos qui a fait suite au séisme. 

 

Ce que j'ai aimé : certains fragments de phrases où la langue poétique de l'auteur s'exprime pleinement...

 

Les bons poètes font-ils pour autant de bons romanciers ? 

Et bien, c'est la question qui me taraude depuis que j'ai lu le dernier chapitre, le seul où finalement, les événements sont compréhensibles. 

 

Autour de moi, j'écoutais se fracasser l'univers, ma ville recevait le coup en plein coeur, elle bondissait et voltigeait dans tous les sens....De la fumée partout. Des gémissements déchirant la nuit, des appels à l'aide, des cris d'au secours...De la poussière...

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 06:55
Thebookedition.com, 2017

Thebookedition.com, 2017

Un beau matin...
Ou peut-être une nuit, qui sait ?
Une "idée" est partie en voyage...

Extrait du poème introductif d'Eglantine-Lilas, "Une idée, un livre" p.4

 

Cela fait un mois exactement que je vous ai parlé de cette anthologie parue aux éditions thebookedition.com.

La souscription est terminée et a déjà permis de faire un bilan très positif dont vous trouverez les détails sur le site des Anthologies éphémères ICI.

Mais l'opération continue en direct sur le site de l'éditeur et une version numérique existe aussi pour les fans. 

 

J'ai reçu cette anthologie il y a quelques jours à peine, et depuis je picore ici ou là les écrits avec un grand plaisir. Les écrits sont variés : certains m'ont fait rire, d'autres m'ont ému, tous m'ont fait rêver !

 

Voici aujourd'hui une petite sélection pour vous donner l'eau à la bouche si je puis dire...car elle est autour du thème de l'eau !

N'y voyez aucun favoritisme de ma part...

D'ailleurs certaines personnes citées sont pour moi de parfaites inconnues et je compte bien aller leur rendre visite pour faire leur connaissance.

J'espère surtout que les extraits choisis vous plairont et vous donneront envie de faire de même.

Vous trouverez les liens vers les blogs ou sites de auteurs en cliquant tout simplement sur leur nom. 

 

Tout d'abord, un coup de coeur pour moi...ce poème que je publie ici sans autorisation de l'auteur... mais je ne pense pas que Balaline, que je ne connais pas encore, m'en tienne rigueur, car je viens de voir qu'elle a déjà publié son texte, ainsi que l'illustration, sur son blog...

 

 

 

 

 

 

Fanfan crée le suspense en nous emmenant sur la barque de deux pêcheurs, et vous ne saurez qu'à la fin qui est le narrateur de l'histoire...

...j'ai toujours rêvé de faire de beaux voyages, sur de grands navires. Faire le tour du monde, visiter les îles, tutoyer les beaux poissons bariolés. Je ne craignais rien pas même les requins...

Extrait du texte de Fanfan "Marine" p. 231

 

Eglantine-Lilas nous offre un conte intitulé "La cruche"...dans lequel une cruche, désespérée parce qu'on ne la regarde jamais, décide de profiter d'une nuit sans lune...pour se sauver.

Seulement voilà, comment faire lorsqu'on est pas plus bête qu'une autre, mais qu'on est quand même une cruche ?

Extrait du texte d'Eglantine-Lilas "La cruche" p. 24

 

Cathycat nous raconte l'histoire d'une petite goutte d'eau qui un jour d'orage atterrit dans un joli jardin, au milieu des fleurs...

Ploc, ploc, ploc, ploc...
S'égrainent des gouttes sur un rythme de métronome. Une gouttière fuit quelque part.
Ploc, ploc, ploc, Blob.

Extrait du texte de Cathycat "Petite goutte" p.173

 

Certains jettent des bouteilles à la mer...comme nous le raconte Martine.

Quand la mer était calme, ça allait à peu près, mais je ne vous dis pas lorsqu'il y avait la tempête, je me suis fait des montées et des descentes d'enfer.

Extrait du texte de Martine "D'une plage à l'autre" p. 227

 

Il est aussi question de bateaux chez Josette...

Quand ils se croisaient
Les bateaux se racontaient
Leurs traversées leurs tempêtes
Et ce que leur apprenaient les mouettes...

Extrait du poème de Josette " Le petit bateau" p.66

 

Et de plages...

Vous pourrez faire quelques pas sur le sable avec Carole Chollet, et y laisser votre trace...

Trace que tout efface. Trace de vie qui va
...
Extrait du poème de Carole Chollet "Des pas sur le sable"

 

Et Océane, 13 ans, vous raconte une jolie légende...dans laquelle vous apprendrez, qui a rencontré la princesse Jade, lorsqu'elle s'est aventurée hors du palais.  

Quoi !
Vous n'avez jamais entendu parler du "lac de la princesse Jade" ?
Laissez-moi vous raconter la légende...

Extrait du texte d'Océane "Le lac de la princesse Jade" p.16

 

Les illustrations ne sont pas en reste : dessins, aquarelles, photographies mais ce sera l'objet d'un prochain article. Car je ne compte pas en rester là ! 

 

Comme je vous l'ai déjà dit, les auteurs se sont livrés avec leur cœur pour que ce projet aboutisse...et c'est ce qui compte.

A plusieurs, on est plus fort et on va plus loin ! 

 

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 05:54
TheBookedition.com / septembre 2017

TheBookedition.com / septembre 2017

Les choses mènent sûrement
quelque part... – mais où ?

Extrait de "Regardez sécher les lettres" A. C.

Les ondes déploient leurs bras infinis,
les vents frappent fort, attrapent les voiles,
pour jouer avec elles, et rendre aux étoiles
les âmes des hommes, celles des maris.

Extrait de "Chant de la mer" A. C.

 

J'ai accepté avec grand plaisir de lire en avant-première, ce recueil écrit à quatre mains, par Aurélien Di Sanzo dont je vous ai déjà parlé sur ce blog, et son ami poète, Alexis C.

Dans ce recueil donc, les deux poètes ont uni leur plume, pour écrire ensemble et nous présenter leurs poèmes, d'une façon tout à fait originale.

 

En effet, dans une première partie du recueil, chaque poème, écrit par l'un des poètes (page de gauche), est un poème-miroir : il trouve son propre reflet, écrit par l'autre (page de droite), et tous deux nous embarquent dans un véritable tourbillon d'émotions. Le reflet n'existe... que parce que l'image est visible dans le miroir.

Les deux poèmes partagent un même thème, une ambiance, un vers commun, parfois un seul mot, tandis que chacun des poètes apporte sa touche personnelle, son propre rythme, son imagination et sa sensibilité.

 

Vous découvrirez ainsi trente-six poèmes écrits en miroir, une autre façon d'explorer la poésie...à deux.

Voici deux de ces poèmes, sélectionnés dans la première partie du recueil.

 

 

DEVENIR UNE ENCRE


Dans le verbe et dans le geste,
dans les heures et la lenteur,
nous passons le temps.


Dans le vide et près des rives,
dans les rêves et sur la grève,
le temps se passe de nous.


A.C.

 

 

L’AIGUILLE ME JOUE DES TOURS...


L'aiguille me joue des tours
L'encre se fout des lignes
Et l'instant de tout un jour
Succombe et se résigne.


La mer joue des vagues
Une boucle qui répète
Qu’encore l'instant divague
Dans une grâce imparfaite.


L'aiguille fait ses tours
L'encre rempli ses lignes
Et le futur toujours
Se dessine et s'illumine


Dans une grâce des signes.


Aurélien Di Sanzo

 

 

Vous pouvez lire, un autre poème-miroir et son reflet, mis en ligne sur le site d'Aurélien ICI.

 

A la fin de cette partie commune, dans une seconde partie du recueil, les deux poètes nous livrent chacun leur tour, d'autres textes, plus personnels, voire intimistes. Chacun d'eux y retrouve son autonomie, son rythme, ses thèmes préférés. 

 

Alexis C., dans la partie intitulée "Bruissements", explore sa région natale et la nature qu'il adore. Il nous parle, dans des poèmes emplis d'une infinie douceur et tout en légèreté, de la forêt comme de la mer, du vent, du ciel, du soleil ou des saisons, mais aussi des rêves qui marquent le temps qui passe...

Ses poèmes ont un pouvoir évocateur très fort et nous emmènent au coeur des éléments pour mieux en sentir la force.  

J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir son univers, sa sensibilité, son rythme, et la rigueur que l'on sent à travers ses poèmes, dans la première partie du recueil, mais aussi dans cette seconde partie plus personnelle. 


 

DÉESSE

Dans la lumière
du soleil d'hiver
j'ai lu –
– la tristesse
d'une déesse
qui n'existait plus.

A. C.

 

Dans "Rupture", Aurélien Di Sanzo évoque tout d'abord la mort,  et nous livre son coeur, en rendant hommage à une jeune poétesse trop tôt disparue, Evelyne Vijaya...  Vous pouvez aller lire les poèmes de cette jeune femme poète, sur son blog personnel toujours actif...

Et ta disparition nous rappelle l’essentiel, combien il est
important de laisser derrière soi un hameau, un
horizon, peuplé de mots, peuplé de sons. Pour que
dans ta terre, celui qui viendra se recueillir, puisse
trouver non pas les graines du souvenir mais celles du
savoir, de la beauté et de l’éternel.

Extrait de "Le poème le plus triste du monde" (Hommage à Evelyne Vijaya)

 

C'est avec beaucoup de plaisir que je redécouvre son talent... Aurélien Di Sanzo est un jeune poète qui a fait son chemin depuis que je vous ai présenté son second recueil ici.

Son univers a évolué. Ses poèmes sont écrits en vers, lui qui aimait tant jusqu'à présent écrire en prose, et montrent davantage de maturité, de profondeur...

L'emploi du "je" est toujours assez fréquent dans ses poèmes. 

Ce sont des poèmes nostalgiques et parfois vraiment pessimistes...qui crient la douleur de l'absence, le vide de la solitude mais nous parlent aussi de renouveau, d'amour, de la saveur de découvrir le monde et les choses qui nous entourent, comme la nature et les différents éléments, qui vont nous redonner l'énergie, la force et l'envie de vivre pleinement l'instant présent.

 

...
Ils ont inventé le temps pour détruire nos vies.
Je voudrais le détruire pour récupérer la mienne.
...
Ils ont inventé le temps pour récupérer nos vies.
Je voudrais le détruire pour inventer la mienne.
...

Extrait du poème "Le présent à l'heure bleue" Aurélien Di Sanzo

...La flamme légère de l'amour danse
Elle irise les cieux de cette transe
Qui palpite et tremble d'incertitude
Face aux lendemains de solitude
...

Extrait de "Laisse-moi peindre tes lèvres" Aurélien Di Sanzo

 

Dans ce recueil sont réunis 59 poèmes d'une grande diversité, de style mais aussi de thème, et de rythme. 

Ce recueil est un beau partage d'amitié, une belle expérience d'écriture, un vibrant hommage à la nature si nécessaire à nos existences.

Un recueil qui nous parle du temps qui passe mais nous invite aussi à "courir sur le ciel", à rêver d'amour, à oublier "les jours sans soleil"...comme nous le propose Aurélien Di Sanzo et, comme nous répond en écho Alexis C., "oublier le fardeau du temps".

Laissez-vous porter par leur écriture et leurs poèmes qui clament la nécessité de profiter du temps présent et, le désir de vivre et d'aimer sans tarder.

 

La préface écrite par Aurélien Di Sanzo est superbe et la post-face d'Alexis C., ouverte à tous les possibles et sans nul doute à d'autre projets communs. 

 

Il y a des hommes de l'ombre, des hommes de l'ombre silencieux, qui n'aiment pas s'exposer au grand jour, qui savent rester assis pendant des heures jusqu'au moment précieux où ils arracheront à l'obscurité le bon mot ou le bon vers...

 

Un recueil à lire ou à offrir, qui paraîtra le 13 septembre prochain.

Vous pouvez vous le procurer en cliquant ICI sur le site de l'éditeur...

Je tiens à remercier Aurélien Di Sanzo de m'avoir permis de le lire en avant-première.

Pour les fans, retrouvez-le sur sa page Facebook ICI.  

...Pour éviter un poème trop formel
Saupoudrez de rimes endiablées
Rajoutez quelques mots en béchamel
L’esthétique doit vraiment en jeter !
...
Extrait de "Recette pour un bon poème" Aurélien Di Sanzo

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 05:55
Albin Michel, 1997

Albin Michel, 1997

 

Il était temps que je me décide à emprunter le titre emblématique d'Alessandro Baricco, qui l'a propulsé sur le devant de la scène littéraire et vous savez quoi et bien je l'avais déjà lu lors de sa sortie... il y a à peu près 20 ans ! 

Comme quoi, la mémoire nous joue parfois des tours, car je n'en avais aucun souvenir précis. 

 

Dès les premières lignes, une fois entrée dans l'ambiance, toute l'histoire m'est revenue d'un seul coup et le relire a donc été un double plaisir ! 

 

On était en 1861. Flaubert finissait Salammbô, l’éclairage électrique n’était encore qu’une hypothèse et Abraham Lincoln, de l’autre côté de l’Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin. Les sériciculteurs de Lavilledieu se mirent en société et rassemblèrent la somme, considérable, nécessaire à l’expédition. Il parut à tous logique de la confier à Hervé Joncour.

 

Hervé Joncour est un sériciculteur sérieux et passionné par son métier.

En 1860, les élevages de vers à soie sont en péril, suite à une épidémie inconnue, qui touche les oeufs.

Pour sauver les entreprises de son village de Lavilledieu (en Ardèche), et trouver des oeufs sains, il se voit contraint, pour ne pas décevoir les habitants qui lui font confiance, de partir au bout du monde, toujours tout droit, c'est-à-dire, au Japon ce qui n'était pas une mince affaire en ce temps-là. Il ira quatre fois, quatre expéditions mémorables !

Mais là-bas, outre les différences culturelles, auxquelles il lui faut faire face, son regard croise celui d'une jeune femme mystérieuse et envoûtante... 

Sa vie monotone et ennuyeuse jusque-là, bascule : il est pourtant marié et aime Hélène, sa femme, de tout son coeur. 

 

Notre héros, jusque-là spectateur de sa vie, va vivre des moments chargés d'émotions dans la plus parfaite indifférence apparente. 

 

Toute sa vie se déroule sous nos yeux, en quelques pages impossibles à raconter tant elles sont étranges, jusqu'au final que je ne peux vous dévoiler. 

 

A acheter et vendre des vers à soie, Hervé Joncour gagnait chaque année une somme suffisante pour assurer à sa femme et à lui-même ce confort qu'en province on tendrait à nommer luxe. Il jouissait avec discrétion de ses biens, et la perspective, vraisemblable, de devenir réellement riche, le laissait tout à fait indifférent. C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

 

Est-ce un roman ou un conte ?

Est-ce de la poésie ou une partition de musique ?

Est-ce une ambiance ?

C'est tout cela à la fois...

 

C'est un roman bref mais intense, doux, pudique et sensuel comme la soie, écrit dans un style limpide, mais minimaliste, sans fioritures inutiles.

Les quatre longs voyages sont racontés en une-demi page, toujours identiques d'année en année, et répétitifs comme le refrain d'une chanson. 

 

Ce roman est une belle histoire d'amour au XIXe siècle ou plutôt une histoire sur l'amour : celui dont on rêve et qu'on recherche toute notre vie, celui qu'on a reçu ou perdu à jamais, celui  qu'on reçoit...si on sait voir qu'il est près de nous.

Cet amour est aussi fragile que ces oeufs de vers à soie, qu'il faut mettre au chaud et protéger tant ils sont vulnérables, nourrir au bon moment avec patience et attention, et libérer comme le papillon qui sort de sa chrysalide, pour avoir le plus doux des cadeaux, ce qui reste après tout ce travail quotidien... le doux cocon de soie. 

 

Même en le dégustant, ce court roman se lit d'une traite en une soirée et quand on referme la dernière page, on regrette que ce soit déjà fini.

Mais l'essentiel, comme toujours avec Baricco, est dans ce qui n'est pas dit et que chacun interprétera à sa façon...

 

- Tu étais mort.
Dit-elle.
- Et il n'y avait plus rien de beau, au monde.

Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu'au lac et passait des heures à le regarder, parce qu'il semblait voir, dessiné sur l'eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu'avait été sa vie.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:45
Parution en VO 1994 / 1997 pour la traduction française

Parution en VO 1994 / 1997 pour la traduction française

Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu. Mais ça faisait vint-sept ans que le monde y passait sur ce bateau : et ça faisait vingt-sept ans que Novecento, sur ce bateau, le guettait. Et lui volait son âme.

 

En 1900, sur un bateau qui traverse l'Atlantique et fait escale à Boston,  Danny Boodmann, un des marins du bord, trouve un nouveau-né, bien installé dans une boîte d'emballage de citrons posée sur un piano. Il a sans doute été abandonné par une des immigrées dans l'impossibilité de le garder avec elle et ne sachant rien de ce qui l'attendait à terre.

 

Le nourrisson a environ dix jours et ne pleure pas.

Le géant noir tombe immédiatement sous le charme du bébé, persuadé que l'enfant a été mis là uniquement pour lui, et d'autant plus que sur le carton, il y les initiales T.D.( qu'il interprète comme voulant dire "Thanks Danny").

N'est-ce pas un signe du destin ?

Il baptise le bébé Danny Boodmann (=son nom à lui), T. D. (=thanks Danny) Lemon (=citron)  à cause de la caisse, et Novecento (=1900), en l'honneur de la nouvelle année qui débute ! 

 

Lorsque Tim Tooney, le narrateur, débarque sur le Virginian en 1927, afin d'être engagé comme trompettiste, il fait la connaissance de celui qui depuis le temps a été baptisé "Novecento" tout court, et tous deux deviennent amis.

 

Novecento est un musicien hors pair qui joue de la musique divinement bien sans partition, ni aucune connaissance particulière. Et chose surprenante pour la plupart des personnes se trouvant à bord, il n'est jamais descendu du paquebot.

Mais faut-il parcourir le monde pour le connaître ? 

 

Un jour monte à bord l'inventeur du jazz, le grand Jelly Roll Morton. Il est venu là uniquement pour rencontrer Novecento, dont tout le monde parle et il bien décidé à le provoquer "en duel"... musical. 

 

Les désirs déchiraient mon âme. J'aurais pu les vivre, mais j'y suis pas arrivé.
Alors je les ai ensorcelés.
Et je les ai laissé l'un après l'autre derrière moi.
...
La terre qui était la mienne, quelques part dans le monde, je l'ai ensorcelée en écoutant chanter un homme qui venait du Nord, et en l'écoutant tu voyais tout, tu voyais la vallée, les montagnes autour, la rivière qui descendait, la neige l'hiver, les loups dans la nuit, et quand cet homme eut fini de chanter, alors ma terre, où qu'elle se trouve, a été finie à jamais.

 

Ce court texte a été écrit pour le théâtre. Il se déguste tout en se lisant très vite. 

C'est une sorte de conte philosophique d'une grande poésie car rythmé par la musique et le mouvement incessant des vagues.

Le lecteur a l'impression d'être sur le bateau. Il écoute la musique, entend les vagues se briser sur la coque, et c'est tout juste s'il n'aperçoit pas à l'horizon, lui-aussi, l'Amérique !

L'histoire de ce pianiste "le plus grand du monde" qui n'a jamais quitté le paquebot où il est né, est passionnante surtout lorsque l'on comprend que ce n'est pas la gloire qu'il recherche.

Ce qu'il veut, finalement c'est ne faire qu'un avec la mer, "sa" mer. 

Le narrateur trouve toujours les mots justes pour nous faire partager son histoire.

 

Ce texte en forme de monologue a été joué au théâtre par André Dussolier. 

Un film intitulé "La légende du pianiste sur l'océan" (1998) a été tirée de cette courte histoire. Vous pouvez visionner la bande-annonce du film ci-dessous. 

 

Il avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire. Pas les livres, ça, tout le monde le peut, lui, ce qu'il savait lire c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, toute leur histoire

 

J'ai découvert l'auteur à l'automne dernier avec son dernier roman "La jeune épouse" qui ne m'avait pas convaincu. Je comprend mieux après la lecture de ce court texte très poétique, que l'auteur ait obtenu plusieurs prix...

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 07:00
Inutile de venir frapper à ma porte...

Inutile de venir frapper à ma porte...

 

Cet article est programmé et je ne pourrais pas aujourd'hui venir sur vos blogs car je serais loin de chez moi et très occupée...

 

En effet, aujourd'hui est un jour exceptionnel où le virtuel rejoint pour moi la réalité puisque je vais rencontrer deux personnes qui me sont chères parmi mes amies virtuelles : il s'agit de Mimi et de Maryse que beaucoup d'entre vous connaissent déjà...

Si ce n'est pas le cas, je vous invite à aller les visiter. 

 

Que d'émotions en perspective ! 

 

Ne comptez tout de même pas sur moi pour vous mettre des photos de cette rencontre, vous savez que ce n'est pas mon style. Par contre si le temps le permet je vous montrerai où nous nous sommes retrouvées.

Ce jour, nous serons connectées toutes les trois en pensée à une merveilleuse blogueuse que beaucoup d'entre vous connaissent déjà ! Non seulement elle est douée de ses mains, nous fait visiter sa région, mais en plus elle écrit des poèmes.

 

C'est parce qu'elle va beaucoup nous manquer aujourd'hui que je tiens tout particulièrement à la mettre à l'honneur, en publiant dans mes pages, un de ses poèmes qui parle de ma Provence, comme je n'aurais jamais su (ni pu) le faire moi-même. 

A-t-elle vu ma maison en rêve ? 

 

Quelle me pardonne ici de lui avoir emprunté ce poème SANS son autorisation...cela m'était impossible car on ne prévient pas quelqu'un d'une mise à l'honneur, n'est-ce pas ? 

Voilà son poème pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore lu.

 

Un mas en Provence


L’air s’est chargé d’odeurs, de thym et de garrigue,

Quand le soleil brûlant a surgi du coteau,

Seul dans le coin du ciel un fil d’argent navigue :

On croirait voir soudain l’écume d’un bateau.

Puis c’est l’or qui ruisselle et coule à la fontaine

D’une eau qui s’éclabousse en perles sur ma chair,

L’ombre de la cité me parait bien lointaine

Quand je demeure ici, dans ce monde si clair.

Les volets bleus sont clos et la porte est ouverte

Juste ceinte d’un voile où s’amuse le vent,

Pas un son, un écho, la cour semble déserte

Elle qui s’offre aux jeux, aux rires si souvent.

Ce petit mas perdu n’a qu’une seule route

Qui serpente et s’attarde à l’horizon vermeil,

Alors sans un regret ni sans l’ombre d’un doute

Venez donc recueillir l’instant de son éveil.

http://nell-touche-a-tout.over-blog.com/2015/09/un-mas-en-provence.html

 

N'hésitez pas à aller lui rendre  visite et à lire ses autres poèmes.

Pour cela, à partir de la page d'accueil du blog, il suffit de taper sur la catégorie "Poèmes"...et vous y êtes !

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