Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:17
Bayard jeunesse 2015

Bayard jeunesse 2015

 

Voilà un livre-jeu génialement conçu pour les détectives en herbe !

Il est parfait pour les enfants qui savent déjà bien lire, et passionnera les enfants dès l'âge de 8 ans (avec un peu d'aide au début) et jusqu'à 12 ans environ.

Je ne connaissais pas le concept (c'est le troisième titre, mais le premier que je découvre).

C'est en recherchant un livre un peu original pour les 8 ans de ma petite-fille, que je suis tombée sur des avis très positifs concernant cette série. 

Et voilà... je n'ai pas résisté !

Lire en jouant, c'est idéal pour les enfants de cet âge ainsi ils font des progrès sans s'en apercevoir.   

Ce livre possède beaucoup d'atouts pour aider à se perfectionner en lecture. Il incite à lire plusieurs fois les mêmes passages sans se lasser comme par exemple, les indices ou les témoignages ; à observer de près les détails des illustrations ; à réfléchir ; à déduire ; à vérifier ses hypothèses... tout ce qui est nécessaire pour satisfaire les enfants curieux et observateurs, qui vont, s'ils ne le sont pas déjà, de toute façon le devenir en le lisant.

 

 

C'est un livre dont les pages se replient vers le centre, selon une ligne médiane déjà prévue par l'éditeur.  Chaque double page permet ainsi de voir les lieux de l'extérieur (pages repliées) et lorsqu'on ouvre le double volet formé par le pliage, de l'intérieur. 

Le lecteur doit répondre aux questions qui lui sont posées et rechercher les indices qui se trouvent dans les illustrations qui servent de décor à la scène de crime (mais de crime je vous rassure il n'y en a point), ou bien en prenant connaissance des témoignages des victimes présumées. Mais attention, le coupable se cache parfois parmi elles... 

Il y a en principe huit personnages en tout pour chaque énigme ce qui est bien suffisant. 

Vous trouverez bien sûr les solutions à la fin du livre...

Vous saurez ainsi qui a volé le butin de la Langouste ; où se trouve le trésor de Kernach ; qui a dérobé les pizzas dans le manoir de Mortelune ;...ou saboter l'usine du père noël !

Treize énigmes sont ainsi proposées. Toutes ces énigmes ont déjà été publiées séparément dans le magazine ASTRAPI, donc pour les abonnés ce ne sera pas une nouveauté...quoique, les enfants peuvent avoir du plaisir à retrouver ces énigmes réunies dans un seul livre.

Je suis sûre que ce livre-jeu plaira aux enfants et aux pré-adolescents comme il plaît à ma petite-fille même s'il lui faut encore un peu d'aide pour l'instant...

Le fait de pouvoir manipuler un livre en le pliant-dépliant est aussi une façon de lire, de prendre des repères et de s'approprier l'objet-livre différemment. 

A tester donc si vous avez des enfants de cet âge. C'est un cadeau idéal pour un anniversaire...car il est à la fois ludique, inventif et stimulant, mais aussi superbement et richement illustré. 

 

 

Les complices de Paul Martin sont : Fred Sochard, Charles Dutertre, Vincent Bergier, Sylvie Bessard, Matthias Malingrey, Cotka, Manu Boisteau, et Emile Harel.

Tous sont pour moi de parfaits inconnus, sauf Fred Sochard l'illustrateur de l'album "Danse, petite lune" que je vous ai présenté récemment sur ce blog.

 

Partager cet article

Repost 0
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:15
L'arbre des secrets / Agnès de Lestrade et Mathilde Lebeau

 

Aujourd'hui je vous présente à nouveau un livre jeunesse ! Désolée pour ceux qui n'ont pas d'enfants, ni de petits-enfants...

Mais que voulez-vous, j'ai passé une partie des vacances à raconter des histoires à mes petits-enfants alors autant vous en parler tout de suite avant que je les oublie, vu que les livres sont repartis dans leurs valises, au milieu des autres souvenirs de vacances. 

Je vous parlerai plus tard des quelques lectures que j'ai pu faire et surtout des jolies balades printanières, puisque nous avons eu de la chance : le soleil était au rendez-vous !

Celui-ci est une histoire à la fois touchante et tout à fait adaptée à l'imaginaire des plus jeunes. 

 

Quand j'étais petit, il me consolait quand j'avais du chagrin. Quand j'ai dû partir loin, j'ai écrit mon nom sur son tronc. Et je lui ai promis qu'un jour on se reverrait.

 

Rami et Lara ont décidé d'aller construire une cabane.

Mais alors que Rami grimpe dans un arbre, ce dernier qui pourtant semblait tout à fait mort, se met à pousser, pousser, pousser toujours plus haut vers le ciel, entraînant avec lui le petit garçon en larmes, très loin au dessus du sol...

Et si l'arbre avait dans son coeur un si grand secret qu'il n'ait pas trouvé d'autre moyen pour en parler ?

Il faudra l'aide de tous les petits animaux de la forêt pour que Lara le découvre et puisse sauver ainsi son petit frère en le faisant redescendre sur terre. 

Pour une fois, je vous dévoile un peu de ce secret dans l'extrait ci-dessous...

 

Autrefois, cet arbre avait pour ami un petit garçon. Un jour, ce petit garçon a dû partir loin. L'arbre n'a pas supporté de perdre son ami.

 

Je vous ai déjà parlé de cette collection "Un Monde à Lire CP" qui s'adresse aux enfants qui commencent l'apprentissage de la lecture lorsque je vous ai présenté "La plante du bonheur" et "Kimamila le lutin". 

Ce livre est dans la même veine...

Et mon petit-fils me réclame les autres titres alors je n'ai pas fini de vous en parler ! Mais bon, on apprend à lire qu'une seule fois dans sa vie...

Partager cet article

Repost 0
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:15
Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Tu portes l'emblème des anciens dieux de la terre. Délivre-moi et je serai ton serviteur fidèle...

 

En des temps très anciens, vivait un roi adoré de ses sujets...

 

Il vivait heureux avec sa femme et ses trois fils.

Mais un jour la reine tomba malade au grand désespoir des siens. Avant de mourir, elle donna à chacun de ses fils un médaillon pour leur porter chance. 

Quelques temps après, le roi se consola et tomba sous le charme d'une sorcière déguisée en une charmante dame.

Les trois fils ayant deviné la supercherie mettent en garde aussitôt le père, puis décident de quitter le château pour s'établir dans une cabane située au fin fond de la forêt...

 

Tandis que les aînés partent tous les jours à la chasse, le plus jeune, appelé Cadet, s'occupe de la maison et prépare les repas.

Un jour, il trouve à son retour un étrange petit homme dans la maison...qui disparaît mystérieusement dans un souterrain. 

Bien décidés à découvrir son secret,  les deux aînés pénètrent dans le souterrain à leur tour, mais ne reviennent pas. 

 

Resté seul, Cadet est désespéré... 

Que va-t-il devenir ?

Que peut-il faire pour aider ses frères ?

Il ne sait plus à qui demander de l'aide. Il devra malgré sa peur suivre le chemin pris par ses frères et pénétrer à son tour dans l'obscur souterrain peuplé de créatures étranges et fantastiques...

Arrivera-t-il à vaincre toutes les épreuves qui l'attendent ?

Réussira-t-il à découvrir le secret du souterrain ?

 

Au fond de la caverne, Cadet trouva un nouveau passage. Des flambeaux accrochés aux murs éclairaient faiblement les lieux. Des couloirs s'ouvraient sur la droite et sur la gauche, mais Cadet fila tout droit. Il marcha, marcha sans rencontrer personne...Comment s'orienter dans ce labyrinthe ?

 

Voilà un conte classique riche en péripéties et magnifiquement illustré...

Si vous voulez en savoir plus sur les auteurs, je vous invite à consulter ma chronique d'hier ICI

"Les trois frères et le dragon" est un conte plus complexe et plus long à raconter que "Le grand loup noir" mais il nous permet de découvrir de nombreux personnages et de vivre de fantastiques aventures, à réserver donc aux plus de 7-8 ans...et même aux collégiens. 

Le temps fut-il long, fut-il court, toujours est-il que les petits hommes accostèrent et l'entraînèrent vers une salle creusée dans le rocher. Le roi des petits hommes était assis là, sur un trône d'or...

 

Petite remarque...

Me voilà de retour à la maison !

J'avais programmé tous mes derniers articles et je vais pouvoir enfin venir me balader sur vos blogs, rattraper le retard dans mes visites, et répondre à vos commentaires.

Désolée pour le captcha qui s'est installé tout seul sur nos blogs overblog pour une raison inconnue. A partir de mon vieux téléphone portable, seul outil à ma disposition, je n'ai pas eu accès aux pages admin permettant de le supprimer. Voilà pourquoi il vous a bien embêté...

Donc en principe tout est rétabli depuis hier soir.

Merci à celles et ceux qui ont eu néanmoins la patience et la gentillesse de me laisser tout de même un commentaire. 

A très bientôt...

Partager cet article

Repost 0
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:31
Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Dans la montagne, tout près d'ici, vit un sage qui a pris les traits d'un aigle aux longues plumes blanches et noires. Donne-moi le parchemin et je lui proposerai de le lire.

 

Il était une fois une très vieille femme qui vivait seule au fond des bois... 

 

Elle cultive quelques légumes pour se nourrir et aux beaux jours, elle parcourt la forêt pour y cueillir des fruits sauvages.

Un jour, pendant qu'elle fait sa cueillette, elle aperçoit un loup et prise de panique, s'enfuit. Mais le loup la suit jusque chez elle.

Au matin, lorsqu'elle ouvre son unique volet, le loup est encore là, tout près...

La veille femme, inquiète n'ose plus sortir. Pourtant le loup lui assure qu'il ne lui fera aucun mal. Il veut tout simplement savoir où se trouve le Château des Rêves.

S'il ne va pas là-bas, il mourra, lui explique-t-il. La vieille femme qui a une âme généreuse, a pitié de lui et décide de l'aider mais les embûches sont nombreuses sur leur chemin...

Elle devra en particulier vaincre ses peurs et tenter de gagner le château par ses propres moyens. 

Mais arriveront-ils pour autant à délivrer l'esprit des rêves fait prisonnier, il y a bien longtemps dans le plus obscur des souterrains du château ?

 

Un conte à lire à partir de 6 ans, mais qui plaira aussi aux grands...

 

A la nuit tombée, elle parvient dans une grande pièce éclairée de lustres de cristal et de mille flambeaux, dans laquelle festoient de nobles seigneurs. Elle se dit qu'une grande fête se tient là, et n'ose entrer.

 

Présentation de l'éditeur

La collection "Les contes du lièvre blanc" remontent le temps pour explorer au fil des pages des contrées merveilleuses. Héros malmenés, marâtres, dragons, grimoires, les ingrédients s'agencent comme dans un rêve déroutant et pourtant si familier.

 

Tout le monde sait que derrière la simple histoire, les animaux, les fées, les épreuves sont autant de symboles qui agissent sur l'inconscient de l'enfant et lui permettent de grandir.

C'est parce que les contes ont un aspect universel et cette valeur symbolique qu'ils peuvent être lus et relus à tous les âges. 

 

Les contes permettent de développer l'imaginaire mais aussi de trouver des solutions aux problèmes qui se trouvent sur notre route. Ils sont en effet le reflet de notre vie : les relations familiales, les rapports avec nos parents ou la fratrie,  la mort ou la maladie, l'affirmation de soi, le dépassement des conflits psychologiques, comme l'Oedipe par exemple dont on oublie souvent l'importance...tout se retrouve dans les contes.

C'est la raison pour laquelle les contes sont de plus en plus utilisés en psychothérapie et la raison pour laquelle il faut les raconter aux enfants sans changer le cours de l'histoire, en les laissant exprimer leur peur ou trouver des solutions par eux-même. 

 

La lecture des contes éveilleraient même pour nous, adultes, notre "enfant intérieur" et quelques psychanalystes bien avisés vous prouveraient que même mes extraits n'ont pas été choisis au hasard. En fait ils l'ont été, j'ai fait ouvrir les pages par mon petit-fils qui ne sait pas encore lire...

 

Freud en 1900 a été le premier à découvrir la nature symbolique des contes et à rapprocher les contes de nos rêves. Mais c'est surtout Bruno Bettelheim (en 1976) qui a permis de mettre ses théories à la portée du grand public avec son livre "Psychanalyse des contes de fées". Il y montre la relation étroite entre l'enfant et les contes et prouve leur utilité thérapeutique.  Je l'avais lu à l'époque de sa sortie et c'est peut-être pour cela que lorsque j'étais bibliothécaire j'avais créé la fameuse "heure  du conte" bien avant que ce soit la mode... 

 

La belle caresse longuement le pelage du grand loup noir, et ils s'enfoncent tous deux au coeur de la forêt, avant que les courtisans ne reviennent avec leurs chiens pour les traquer.
Ils marchent longtemps et finissent par trouver une caverne...

 

Les auteurs 

 

Bernard Chouvier est enseignant de psychopathologie clinique à l'Université Lumière-Lyon 2. Il a écrit de nombreux ouvrages spécialisés dont "La médiation thérapeutique par les contes" (paru chez Dunod en 2015).

 

Autant dire que c'est un spécialiste de la symbolique du conte et qu'on peut lui faire confiance pour inquiéter puis rassurer les enfants, qui n'ont d'ailleurs aucun mal  à s'identifier aux personnages... 

Ce conte est son premier livre pour la jeunesse avec "Les trois frères et le dragon" que je vous présenterai demain. 

 

Nicola Bernadelli est l'illustrateur. 

Né à Vérone en Italie, il a commencé par faire des études littéraires avant de fréquenter l'école Emile Cohl

Il aime utiliser pour dessiner le crayon, le graphite et les couleurs. Parfois il mélange à ses dessins, l'encre et l'aquarelle, et utilise aussi le numérique. 

 

Il donne au conte une dimension fantastique grâce à ses dessins vivants et très réalistes. 

Vous pouvez découvrir son univers en vous rendant sur son site perso (ci-dessous) ou sa page Facebook ...

 

Partager cet article

Repost 0
18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:19
Mercure de France, 2016

Mercure de France, 2016

Le soir même, je me met à pleurer et Paul me console. Il me répète : Tu pars quand tu veux. Mais ce que je veux, c’est rester avec lui et retrouver Vincent, aller jusqu'au bout du voyage et rentrer demain. Partir, rester.

 

Lili a 20 ans au début des années 80 lorsqu'elle embarque sur le Horus avec son frère Paul.

Lili et Paul ont toujours été très proches. Lui quitte sans regret Alice, la jeune femme qu'il aime, n'espérant pas qu'elle attende son retour. Lili, elle, vient de tomber amoureuse de Vincent et regrette déjà de le laisser derrière elle...mais elle a besoin de se sentir libre, loin de toute attache familiale. Faustine, la meilleure amie de Lili les accompagne et tous trois doivent retrouver Benjamin à Dakar qui les aidera à faire la traversée.

 

Paul a beau avoir toujours été passionné de voile, traverser l'Atlantique, même en passant par la côte africaine et le Sénégal, ce n'est pas pour autant de tout repos.

Il faut essuyer des tempêtes et d'un port à l'autre, les étapes sont parfois plus longues que prévues et toujours éprouvantes. 

Aussi personne n'a le temps de s'ennuyer : ils lisent, écrivent et rencontrent aux escales des tas de gens avec qui ils sympathisent le temps de quelques dîners ou autres soirées communes. Parfois ils font même un petit bout de chemin (enfin de voilier je devrais dire) ensemble ou s'installent dans des coins paradisiaques.

 

Pourtant les absents sont très présents et Lili va devoir se résoudre à rentrer à Bordeaux, où elle doit retrouver Vincent.

Mais alors que son frère Paul continue seul son périple, elle va découvrir que ce qu'elle a vécu lors de cette traversée, l'a transformé à tout jamais...

Pourra-t-elle retrouver une vie dite "normale" ?

 

Un bonheur sourd m'empêche de trouver le sommeil. L'impatience que j'éprouvais, enfant, me revient. C'était l'été, le soir, dans mon lit ; j'essayais de fermer les yeux sans succès, la perspective de la journée suivante me débordait.

 

Ce livre au rythme très lent est un roman initiatique.

Ne vous attendez pas à lire une odyssée ou un récit de voyage palpitant...il n'en est rien ! 

Cette jeune femme qui raconte de manière quasi linéaire son voyage, n'est qu'un prétexte pour l'auteur de parler d'elle, de cette jeune femme qu'elle a été, constamment en proie à des doutes existentiels et à un sentiment de manque.

Partagée entre deux cultures, Lili devra enfin se résoudre à dire les mots que personne n'a jamais voulu prononcer, à parler avec son père de l'exil qui a marqué sa famille et l'a conduit à ne jamais se sentir pleinement bien, là où elle se trouve...car à n'être jamais nulle part à sa place. 

 

C'est donc un beau sujet pour un roman intimiste qui nous montre les faiblesses de cette jeune femme, ses interrogations et ses doutes alors qu'à plus de vingt ans, elle n'a pas encore trouvé sa place ni affectivement, ni professionnellement et qu'elle se cherche encore...

 

Ce roman est facile à lire et ceux qui aiment la voile et la mer, y trouveront leur compte car beaucoup de passages relatent les manoeuvres et les difficultés de navigation, liées aux aléas du climat local. 

Moi je l'ai trouvé simplement facile à lire. Le ton sonne toujours juste et j'ai été touchée par cette jeune femme adulte certes, mais encore si fragile.

J'aurais aimé par instant davantage de profondeur...mais ce roman ne montre-t-il pas, tout simplement, l'insouciance qui est le propre de la jeunesse ?

C'est le premier roman que je lis de cet auteur et j'avoue que j'aimerais bien poursuivre encore un peu le voyage auprès d'elle.

 

Les trois bateaux se sont retrouvés, nous nous mettons à la cape pour passer la nuit loin des récifs et approcher au matin. j'aime quand on fait ça, qu'on immobilise le bateau sans jeter l'ancre car la chaîne n'y suffirait pas, juste avec le foc à contre-vent. J'aime l'idée que le bateau se stabilise, se transforme en îlot.

Partager cet article

Repost 0
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:30
Grasset, 2016

Grasset, 2016

J'ai choisi depuis longtemps de ne pas m'enfermer, de ne pas considérer les choses de manière figée, mais de prêter plutôt l'oreille à la rumeur du monde.
Je ne suis pas devenu écrivain parce que j'ai quitté mon pays natal. En revanche, j'ai posé un autre regard sur celui-ci une fois que je m'en suis éloigné (...)
Le déplacement a contribué à renforcer en moi cette inquiétude qui fonde à mes yeux toute démarche de création: on écrit peut-être parce que "quelque chose ne tourne pas rond", parce qu'on voudrait remuer les montagnes ou introduire un éléphant dans le chat d'une aiguille. L'écriture devient alors un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l'horizon(...)
Je considère les rencontres insolites, les lieux, les voyages, les auteurs et l’écriture comme un moyen de féconder un humanisme où l’imaginaire serait aussi bariolé que l’arc-en-ciel et nous pousserait à nous remettre en question.

 

Cet essai, écrit par un amoureux de la langue française, débute par une carte...celle de tous les lieux dont il va nous parler dans son livre avec une mention spéciale pour trois endroits, le Congo où il est né et qui est le "lieu du cordon ombilical", la France où il a étudié qui est la "patrie d'adoption de ses rêves" et les USA et en particulier la Californie, "un coin depuis lequel je regarde les empreintes de mon errance", un lieu où il enseigne la littérature en faisant salle comble à chacune de ses interventions...

Dans ce livre qui se lit comme un roman, Alain Mabanckou nous fait voyager d'un pays à l'autre, d'un lieu à l'autre et d'une rencontre à une autre,  tout en nous contant comme il sait si bien le faire mille anecdotes toutes plus émouvantes, amusantes, surprenantes les unes que les autres.

 

Que ce soit dans un colloque, une conférence, une table ronde, un avion ou lors d'un festival...et même dans la rue, il nous fait part de ces rencontres qui l'ont marqué, lui ont parfois apporté des réponses ou ont été source d'inspiration pour ses romans.

Ainsi il lui est arrivé de s'endormir en pleine conférence alors qu'il attendait depuis longtemps d'écouter la parole de Le Clézio sur les peuplades oubliées dans le monde, d'interviewer dans l'avion de retour, Edouardo Manet,  de partager des recettes de cuisine avec Dany Laferrière rencontré à Montréal ou de discuter dans la rue, de sa descendance africaine avec un clochard de La Nouvelle-Orléans. 

 

Ce livre est un véritable hommage à la langue française, cette langue qu'il aime tant. Il nous prouve que le français n'appartient pas qu'à la France (c'est la seconde langue parlée dans le monde après l'anglais) et que la poésie est toujours vivante même si elle connaît une désaffection évidente. Elle apparaît aussi dans les romans que nous aimons, les contes que nous lisons à nos enfants, les pièces de théâtre que nous allons voir... "c'est le parfum qui enveloppe notre inspiration" dit-il dans la vidéo que je vous ai mis en bas de page. 

 

Mais au-delà de la langue c'est de culture qu'il nous parle...car la langue véhicule des pensées et des émotions différentes selon l'endroit, l'âge, ou le métier des personnes croisées. 

 

Nous rencontrons avec lui des gens célèbres :  Le Clézio, Edouard Glissant, Gary Victor, Dany Laferrière, Henri Lopes, Camara Laye, Mongo Beti, Bessora, Jean-Joseph Rabearivelo, Jacques Rabemananjara, Rachid O., Ernesto Sabato, Léonardo Padura, Jean Métellus et plein d'autres comme par exemple Sony Labou Tansi (Marcel Sony), un professeur d'anglais qui écrit en français dans son cahier à spirales...

Nous croisons aussi de parfaits inconnus qui ont en commun avec nous, d'aimer la langue française, ou des francophiles comme Douglas Kennedy qui prendra des cours de français pendant des mois, pour maîtriser la langue et pouvoir la parler avec les francophones rencontrés lors de ses voyages. 

 

Mais c'est avant tout, une sorte d'autobiographie où  Alain Mabanckou nous raconte sa vie à travers les autres...

On retrouve avec plaisir sa bienveillance, le ton non dénué d'humour, où la tolérance et le plaisir de la découverte de l'autre priment. 

Vous l'aurez compris c'est un livre empli de fraternité et d'humanité à lire que vous soyez amoureux de la littérature et de notre langue ou pas.  

Il se lit comme une longue confidence et tout au long de sa lecture vous aurez l'impression que c'est un ami qui nous parle de ses passions, de ses espoirs, et de ses découvertes.

De plus, il nous donne envie de faire connaissance avec les auteurs que nous ne connaissons pas...

 

Partager cet article

Repost 0
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 06:01
Éditions Langue au Chat / Collection Chatouille, avril 2017

Éditions Langue au Chat / Collection Chatouille, avril 2017

Un jour je serai vétérinaire.
Ce jour-là les animaux défileront à la queue leu leu dans mon cabinet.
Du rat avec un chat dans la gorge au bourdon qui a le cafard, je soignerai tous les bobos...

 

Voici une façon ludique d'aborder avec les petits, la signification de quelques expressions imagées de la langue française. Des expressions faciles à comprendre, mises en scène avec humour dans ce joli album au format carré.

 

Le métier de vétérinaire intéresse beaucoup les petits. Que leur animal familier ait aussi un docteur qui les ausculte ou leur donne du sirop pour la toux est tout à fait rassurant. D'autant plus que ce vétérinaire-là, en blouse blanche, est tout à fait sympathique et ressemble étrangement au docteur que voudraient bien avoir tous les enfants malades.

 

Voilà un album délicieux, bourré de tendresse et d'humour, grâce auquel vous apprendrez à moucher les baleines et à soigner un perroquet enroué...ce qui, avouez-le, manquait à votre palmarès et peut s'avérer fort utile... 

 

Un jour, je serai vétérinaire / Cee Cee Mia, Pog et Fabien Ôckto Lambert

 

La collection Chatouille, que je découvre ici, grâce à l'opération Masse critique de Babelio, offre de petits albums intelligents qui permettent aux petits à partir de 3-4 ans mais aussi aux plus grands, de rire ensemble et d'approcher avec humour différents sujets, parfois graves.

Une façon de prendre un peu de recul et de relativiser les problèmes. 


 

Un jour, je serai vétérinaire / Cee Cee Mia, Pog et Fabien Ôckto Lambert

 

Qui ont les auteurs ?

 

Fabien Öckto Lambert a fait des études de communication visuelle à l'école Brassart de Tours. Pendant 5 ans, il a participé à diverses expositions et a acquis une expérience de graphiste. Puis il est devenu illustrateur indépendant. L'illustration jeunesse est devenue sa passion. Il vit aujourd'hui dans la région de Nantes.

Ses illustrations nous vont droit au coeur et je vous assure que, même adulte, on se sent rassuré par ses dessins drôles et très vivants...Cela ne vous étonne pas j'imagine, que je sois touchée par son graphisme, car vous le savez bien, j'ai un peu gardé mon âme d'enfant.

 

Alors qu'elle est d'origine italienne, Cee Cee Mia est née en Belgique. Enfant et adolescente, elle a beaucoup voyagé et a toujours aimé écrire..."J'écris comme je respire" déclare-t-elle Elle a travaillé dans le commerce, puis dans le paramédical. Devenue maman, elle écrit d'abord pour faire lire ses histoires à ses trois enfants, puis les publient pour notre plus grand plaisir.

 

Olivier Pog a participé à l'écriture de l'album. Lui il touche à tout : il aime autant écrire qu'illustrer des livres. Il est venu à l'écriture par le biais de chansons et tous les médias l'intéressent. Ce sont les enfants eux-mêmes qui sont sa principale source d'inspiration. Il est déjà l'auteur d'une dizaine de livres jeunesse. Il écrit aussi entre autre, dans "Histoires pour les petits" un magazine édité par Milan. 

 

Un jour, je serai vétérinaire / Cee Cee Mia, Pog et Fabien Ôckto Lambert

 

C'était ma participation du jour au thème "animal" proposé par Magda pour ce mois d'avril...

 

Bon dimanche à tous ! 

Un jour, je serai vétérinaire / Cee Cee Mia, Pog et Fabien Ôckto Lambert

Partager cet article

Repost 0
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 06:04
Le Cherche midi, 2016

Le Cherche midi, 2016

 

Comme je vous l'ai annoncé lorsque je vous ai parlé du livre "Mille femmes blanches", j'ai lu le second volet écrit par Jim Fergus quinze ans après et paru l'automne dernier. 

Dès la couverture, que personnellement je trouve magnifique, le lecteur entre dans l'ambiance du roman. Sur cette couverture en effet, c'est Pretty Nose qui est représentée, une indienne arapaho (tribu amie des cheyennes). Son regard est magnifique mais il nous montre une sorte de renoncement et de grande tristesse comme si elle voulait nous annoncer qu'elle sait la fin de son peuple toute proche...

L'histoire nous plonge encore une fois dans les guerres indiennes, celle des Blacks Hills (entre 1876 et 1877) opposant l'armée US aux  Lakotas (les Sious) et leurs tribus amies, les Cheyennes et les Arapahos.  Nous assistons, impuissants à l'avancée inéluctable de l'histoire et à la bataille de Rosebud Creek durant laquelle  Sittting Bull, Little Wolf et Crazy Horse se sont battus contre Cook et Custer...

 

Encore une fois l'auteur livre ici un puissant hommage à la culture amérindienne. Il a bien sûr réalisé des recherches abondantes pour être au plus près de la réalité de l'époque. La plupart des personnages, comme dans le premier tome ont réellement existé. Les batailles bien sûr nous sont connues mais elles sont racontées du point de vue des indiens et non pas des blancs. Il nous parle de la condition de ces femmes méprisées et utilisées par le gouvernement, et du rôle qu'elles vont avoir à jouer dans leur destinée.

Encore une fois, il va opposer les deux cultures indiennes et américaines. 

Nous retrouvons avec plaisir ce peuple pacifique qui vivait en harmonie parfaite avec la nature, dans le respect de ce qu'elle lui offrait.  Eux qui pensaient que l'homme blanc ne voyait et ne comprenait que la surface des choses, étaient d'une grande richesse spirituelle. 

Encore une fois, le lecteur est pris par les descriptions de ces paysages fantastiques et sauvages, tant convoités par les colons blancs, prêts à tout pour les conquérir. A l'époque on ne parlait pas encore de génocide...

 

Quand un jeune enfant meurt...ce moment-là détermine la suite. Tout ce qu'il y avait avant, ce que nous étions, ce qu'il était, tout ce qu'il aurait pu devenir, et nous avec lui, tout cela disparaît, effacé comme un coup de craie sur un tableau noir. Et nous disparaissons ensemble.

 

Le roman commence exactement là où s'arrêtait le précédent...

Pendant l'hiver 1875-1876, le camp de Little Wolf vient d'être attaqué : c'est un massacre et May, l'auteur des carnets du premier tome a été mortellement blessée. Cependant quelques-unes des femmes de la tribu, dont certaines sont blanches, ont pu se sauver. Elle fuient avec leurs enfants dont la plupart vont mourir de froid durant le trajet. 

 

Jim Fergus leur donne entièrement la parole.

Nous les suivons à travers leurs écrits. C'est alternativement les soeurs Kelly, survivantes à la fin du premier tome, et Molly Mc Gill qui fait partie du second convoi de femmes blanches, qui nous racontent les événements.

Margaret et Susan Kelly ont refusé de regagner la civilisation. Traumatisées par la perte de leurs jumelles, elles veulent se venger des blancs qui ne leur ont fait que du mal depuis toujours. Cela devient leur nouvelle raison de vivre et ce à quoi elles se raccrochent au quotidien. Mais cette vengeance est-elle bien nécessaire ? Elles vont pourtant s'engager dans la guerre et rejoindre la tribu de Sitting Bull... 

 

Les femmes convoyées vers le territoire des Cheyennes dans le cadre du projet FBI, toujours en cours, vont être enlevées par les Sioux dès leur arrivée. Elles vont réussir à se sauver et s'unir aux soeurs Kelly pour combattre elles-aussi, d'une part afin d'assurer leur survie, mais aussi parce qu'elles ne veulent pas retourner chez elle. Il leur faudra s'adapter à leur nouvelle vie, comme l'avaient fait avant elles, les femmes du premier convoi. 

 

Molly est un personnage différent de May et le lecteur doit apprendre à la connaître. Courageuse, téméraire et emplie de douceur, elle sait nous toucher lorsqu'elle nous raconte sa propre histoire.

Bien sûr le lecteur se doute bien qu'elle va tomber amoureuse de Hawk le mystérieux sang-mêlé qui lui aussi a perdu femme et enfant (nous sommes dans une fiction !) et qui parle sa langue. 

 

Nous suivons ces femmes dans leur vie quotidienne jusqu'à la veille de la célèbre bataille de Little Big Horn au cours de laquelle Custer perdra la vie mais malheureusement de nombreux indiens aussi, même si ce sont eux qui seront déclarés vainqueurs, bataille que l'auteur nous racontera sans nul doute dans le prochain opus.


 

Dois-je réellement croire qu'il [Hawk] saura où je me trouve, qu'il viendra me délivrer ? Qu'il sait se transformer en faucon ? Qu'il vole ?...
La seule chose dont je sois sûre, c'est qu'il imite à la perfection le cri du rapace, au point que l'on ne fait pas la différence. Et il donne l'impression que cela vient du ciel. Mais voler ? Suis-je devenue folle ? Cela défie la raison et tout ce que nous savons du monde physique...
Mais la raison, le monde physique, le réel lui-même sont d'un autre ordre chez les natifs...

 

J'ai trouvé ce roman un peu en dessous du précédent.

Ce n'est pas lié à la construction qui pourrait lasser certains, car il est bâti sur le même principe du journal intime.

Non... c'est plutôt que je n'ai pas retrouvé chez ces femmes la même force que celle que May déployait.

Pourtant les personnages restent crédibles et vivants. Le début est un peu lent à se mettre en place et la fin laisse présager une suite que l'auteur a d'ailleurs annoncé ce qui est surprenant 15 ans après.

Jim Fergus dit que c'est en parcourant à nouveau ces grands espaces qu'il aime tant, qu'il a eu envie de se remettre à écrire... mais surtout pour que personne n'oublie cette période de l'histoire, ces peuples magnifiques qui ont vécu là et que l'homme blanc a voulu exterminer.

 

Malgré tout, j'ai eu beaucoup de plaisir à cette lecture et je lirai la suite sans problème tant l'auteur sait mettre en avant la parole de ces femmes, les liens d'amitié et de solidarité, leur décision de combattre auprès des hommes et la culture indienne que j'aime tant. 

Jim Fergus introduit son second roman en faisant se rencontrer (bien sûr, c'est une fiction) le fils de celui qui a publié les carnets de May, avec une étrange jeune femme capable de prendre l'apparence qu'elle souhaite et dont vous comprendrez, à la fin du livre, de qui elle est la descendante...

 

Les Cheyennes croient que tout ce qui s'est passé quelque part continue d'exister dans la terre...depuis les premiers cris des bébés qui ont ouvert les yeux jusqu'aux derniers chants de mort des mourants...Toutes les joies et les peines de la vie et de la mort, tout le sang versé dans le sol pendant des générations, la terre est imprégnée de la longue histoire du Peuple.

Partager cet article

Repost 0
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 06:35
Flammarion jeunesse, 2016 / Collection "Colère"

Flammarion jeunesse, 2016 / Collection "Colère"

Chez elle [fatou] on savait dire "je t'aime" à ses enfants. On les touchait. On les étouffait de caresses, pour vérifier qu'ils étaient encore vivants, pour vérifier qu'on l'était encore, qu'importe. On savait leur dire qu'ils comptaient plus que tout le reste. Bien plus que les fins de mois difficiles, que la haine qui régnait partout, sourde, dans cette ville, depuis qu'elle avait basculé entre les mains des racistes...

 

Annabelle est une jeune collégienne en classe de troisième. Elle vit une situation familiale difficile, sa mère étant dépressive et incapable de s'occuper d'elle. Heureusement, elle a une amie qu'elle apprécie beaucoup, c'est Fatou...

Chez elle ce n'est pas comme à la maison, on sait parler d'amour et manifester par des gestes et des mots tendres que l'on se soucie des autres.

 

Dans la classe d'Annabelle, rien n'est simple non plus et la situation est quasiment explosive en cette veille de weekend prolongé de Pentecôte. 

La jeune professeur de français que les élèves surnomment "Et chérie chérie" tente de les inviter à débattre sur le roman de Radiguet "le diable au corps" mais personne ne veut jouer le jeu. Elle finit par exclure les trois plus pénibles garçons de la classe qui se prennent la tête depuis le début du cours et sont incapables d'arrêter de s'insulter.

 

Mais Fabien, un des garçons exclus, décide de se venger à la fois de son professeur et de ses camarades qu'il juge responsables de cette exclusion.

Il va être aidé par Sébastien, l'ex-petit copain d'Annabelle qu'elle vient de quitter et qui le prend très mal (car c'est la première fois qu'une fille ose le faire). 

Tous deux n'hésiteront pas un instant à se rendre au concert prévu ce soir-là, pour laisser libre cours à leur agressivité, certains d'être dans leur bon droit et soutenus par leurs parents.

Toute la jeunesse de la ville s'y trouve réunie, car le concert est organisé pour soutenir les "sans-papiers" que le père de Fabien, adjoint au maire de la ville, fait expulser depuis que la municipalité a basculé à l'extrême.

Le drame éclate...

 

Les gens couraient dans tous les sens et je perdais complètement mes repères. Je n'arrivais plus à savoir exactement dans quelles directions se trouvaient les issues.
J'ai tenté de ramper sur le béton parmi les éclats de verre en me guidant tant bien que mal aux pas des spectateurs qui s'enfuyaient. La panique me faisait manquer d'air et de force. Chaque centimètre me coûtait un effort plus terrible que le précédent. J'allais abdiquer lorsque ma main a rencontré le petit corps d'une gamine assise-là sur mon passage et qui pleurait...Somaya appelait Fatou d'une voix sourde et déjà presque inaudible.

 

Dès le départ, le lecteur prend connaissance d'un drame à venir, même s'il ne sait pas lequel car le texte présente des encarts en italiques qui donnent la parole à deux personnes, encore vivantes...mais on ne sait pas encore pour combien de temps. 

Très vite, le lecteur va comprendre que ce n'est pas un hasard si l'auteur se focalise sur les événements survenus en classe, cet après-midi là... C'est un de ces jeunes adolescents qui va "péter un câble". 

La tension monte en effet rapidement et le lecteur, au fil du récit, se révolte devant tant d'injustice et de violence et finalement voit arriver le dénouement avec soulagement.

 

On se prend d'amitié pour Mokhtar qui n'est pas un mauvais bougre malgré sa fougue et sa promptitude à répondre. Il va servir de bouc émissaire à la cruauté et la trahison des jeunes racistes irresponsables, mais se croyant soutenus par leur famille. 

Annabelle, l'héroïne, nous émeut par ses questionnements et ses "moments de grâce" auxquels elle s'accroche pour trouver quelque chose de positif à sa vie quotidienne. Son envie de vivre et d'être heureuse nous touchent de près.

Isabelle l'enseignante, qui nous semble bien démunie au départ, est un des personnages attachants du roman car elle montre bien que parfois, il est difficile quand on a ses propres problèmes de faire face à ces ados rebelles et agressifs. 

 

L'auteur nous offre ici une belle écriture, un rythme époustouflant pour ce roman qui nous entraîne dans la spirale de la violence.

A la fois roman d'ado et thriller social, il montre bien comment de simples violences verbales vont être montées en épingle et servir de prétexte à des actes barbares et irréfléchis.

Voilà donc un roman très réaliste et crédible qui, je l'espère fera réfléchir les jeunes sur la montée de la violence et les conséquences de leurs actes...

Une lecture marquante pour un roman très fort dont nous ne sortons pas non plus indemnes, je vous l'assure.

A réserver aux plus  de 13-14 ans. 

 

J'ai repris le chemin de la maison en songeant que mon jardin secret était planté de pousses maladroites et semblables. Des mauvaises herbes qui luttaient, qui parfois réussissaient à fissurer les murs, les trottoirs et la ville, mais pour en faire un chouette jardin d'agrément, c'était assez pauvre. Il fallait que je change les choses.

 

Hubert Ben Kemoun est devenu un auteur prolifique en littérature jeunesse dès les années 90. Il a toujours ancré ses romans dans la réalité et les problèmes de société. 

Mais là alors qu'il a fini d'écrire ce livre, c'est la réalité cette fois qui l'a tragiquement rattrapé et il s'en excuse à la fin du livre. 

 

J'ai découvert ce titre chez DocBird, une blogueuse enseignante-documentaliste passionnée et qui partage avec nous ses lectures adultes et ados : romans, documentaires, mangas, il y en a pour tous les goûts. C'est elle qui m'a donné envie de le lire et de l'emprunter à la médiathèque de mon village...

Je la remercie ici pour cette belle découverte.

N'hésitez pas à aller lire sur son blog sa superbe chronique, en cliquant ci-dessous...

 

Partager cet article

Repost 0
4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 06:02
Gautier Languereau/ Hachette Livre, 2015

Gautier Languereau/ Hachette Livre, 2015

 

Cet album est une découverte pour moi, car bien que j'ai entendu parler de l'auteur lors de la sortie de son premier album "Imagine", paru en 2014 en France, et intitulé "Journey" en anglais, je n'étais jamais entrée dans son merveilleux univers.

C'est grâce à Mousse qui m'en a parlé dans un de ses commentaires, que j'ai eu envie d'en savoir plus sur cet auteur qui favorise l'imagination des enfants en proposant des albums magnifiquement illustrés et SANS TEXTE. 

 

"Voyage" est l'histoire de deux enfants, une fille et un garçon, qui se promènent dans leur ville un jour de pluie triste et gris. Ils s'ennuient... Alors qu'ils se retrouvent à côté d'une porte fermée, un mystérieux roi ouvre la porte et leur demande de l'aide pour sauver son royaume des envahisseurs armés qui veulent incendier la ville.  

Les enfants n'hésitent pas un  instant et armés de leurs clés magiques qu'ils viennent de dessiner, ils réussissent à ouvrir la porte du royaume et à pénétrer jusqu'au château.

Par chance, pour les aider, le roi leur a remis, juste avant d'être fait prisonnier, une drôle de carte montrant six lieux différents correspondant chacun à un des lieux où ils doivent se rendre et à une des couleurs de l'arc-en-ciel. Nos deux amis, toujours accompagnés de leur oiseau violet, sont prêts à tout pour tenter l'aventure !

Et...s'il leur fallait retrouver d'abord les couleurs de l'arc-en ciel pour sauver le royaume  ?

 

Un très bel album très poétique, où se mêlent dessins à l'encre, à la plume et aquarelles de l'auteur. Une pure merveille à offrir dès 5 ans, qui prouve bien que souvent les mots sont superflus.

Je parie que l'imagination sans limite des enfants, vous emmènera bien plus loin encore, dans le monde enchanteur et magique de ce vieux roi, que ce que je vous raconte ici ! 

 

Pour vous faire une idée plus précise, vous pouvez visualiser ci-dessous des extraits de l'album..

 

 

Né à Baltimore, dans les années 60, Aaron Becker a toujours aimé dessiner et imaginer ses propres mondes parallèles. Il a été designer à San Francisco, puis animateur au sein des studios Disney, Pixar et Lucasfilm, avant de créer son premier album. 

 

N'oubliez pas d'aller faire un petit coucou à Mousse de ma part en cliquant sur le lien ci-dessous...vous en sortirez durablement emplis de sérénité. 

Partager cet article

Repost 0
1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:18
Gallimard / Hors série "connaissance", 2014

Gallimard / Hors série "connaissance", 2014

Tu es donc condamnée « à être toi », sans raison, mais tu n’as rien à regretter ! Tu sais bien que ta question, aucun animal ne se la pose : le chat se contente tranquillement d’être chat, car il ne dispose pas d’une langue lui permettant de se distinguer des autres chats à l’aide de la première personne du singulier, et il ne s’oppose aux autres animaux que par son instinct. Au contraire, ta question prouve que le moi humain (donc le tien !), est inquiet, ouvert à d’autres possibilités que lui-même. C’est toute la richesse de cette « identité humaine sans raison » qui, toujours soucieuse de ce qu’elle n’est pas, s’invente, avec le Temps, des raisons d’être.

Extrait de la réponse à la question "Pourquoi moi je suis moi ? Annie, 5 ans

 

Cela arrive souvent que les enfants nous surprennent par leurs questions, posées à des moments où on ne s'y attend pas. Ces questions, pourtant simples et souvent emplies de logique, nous troublent parfois et nous ne trouvons pas de réponse immédiate qui nous satisfasse. 

Pierre Péju, l'auteur de ce petit livre, tente de remettre ces questions dans leur contexte pour leur donner un sens, et il y répond en s'adressant à un enfant imaginaire. 

Pendant deux ans, alors qu'il travaillait dans une chronique régulière pour Philosophe magazine, l'auteur a répondu chaque jour à une vraie question posée par un enfant, en s'adaptant toujours à l'âge de l'enfant.

 

Voici un livre un brin métaphysique mais toujours poétique qui nous permet de retrouver notre enfance, ce temps où nous avons découvert la pensée, la mort d'un être cher, l'existence, la liberté, les droits et les devoirs...

Parmi les 21 questions différentes qui ont été réunies dans ce recueil vous y trouverez des questions du style : "Qu'est-ce qu'il y a dans le noir qui fait toujours peur ?" ; "Et moi, est-ce que je pourrais faire la guerre, un jour ?" ; "Si on remplaçait les billets de banque par des feuilles d'arbres, personne ne serait pauvre ?" ; "Une fois qu'on nous a fait un baiser, comment on fait pour l'enlever ?" ; ou "un jour, tu vas mourir, mais qu'est-ce que tu feras quand tu auras fini d'être mort ?" etc...

Des questions souvent poétiques, comme beaucoup d'enfants savent si bien les poser lorsqu'ils découvrent le monde.

Je vous laisse donc le soin de découvrir les réponses...

 

Partager cet article

Repost 0
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 06:39
Le Cherche midi éditeur, 2000 / Pocket, 2011

Le Cherche midi éditeur, 2000 / Pocket, 2011

 

Cela fait quelque temps déjà que je voulais lire "La vengeance des mères" de Jim Fergus, un roman paru en automne dernier...qui est la suite de "Mille femmes blanches" que j'ai déjà lu lors de sa sortie en France, il y a déjà 17 ans.

Avant d'aborder cette suite dont je vous parlerai bientôt, une relecture du premier roman s'imposait donc ! 

L'histoire démarre alors que les guerres indiennes font rage en Amérique du Nord.

 

Pour favoriser la paix avec les hommes blancs, le grand chef cheyenne, Little Wolf accepte de se rendre à Washington pour rencontrer le président Grant.

Là, il lui propose un échange incroyable, des chevaux contre mille femmes blanches, afin d'assurer la pérennité de son peuple par des naissances, et de sceller la paix entre les deux peuples, l'enfant appartenant dans la tradition cheyenne, au peuple de la mère.

Les blancs pensent que grâce à ces femmes, on pourra convertir le peuple indien au monde des blancs (le pervertir serait plus juste).

Très vite le projet qui sera désigné par le nom de "Brides for Indians" (BFI) prend forme dans le plus grand secret. Une centaine de femmes se porte volontaires, en majorité des prisonnières ou des femmes enfermées en asiles. Elles sont bien décidées à aller vivre avec les cheyennes, en échange de leur liberté et elles s'engagent à rester deux ans parmi les indiens avant de pouvoir retrouver, si elles le désirent toujours à ce moment-là, le monde civilisé. 

Mais durant l'hiver 1876,  l'armée américaine, sans tenir compte de l'insertion de ces femmes blanches parmi les indiens, attaquent sans prévenir les cheyennes qui n'ont pas accepté, comme préconisé par le gouvernement, de se rendre dans les réserves. Seules quelques-unes parmi elles et quelques bébés échapperont au massacre... 

 

De même qu'ils redoutent les femmes qui expriment leurs désirs, les hommes dédaignent celles qui affichent leurs opinions_quelles quelles soient et quel qu'en soit le sujet.

 

Le roman est présenté d'une manière très agréable, sous forme de carnets intimes précisément datés, écrits par une de ces femmes, May Dodd.

May avait été internée en asile parce qu'elle avait osé avoir des enfants hors mariage, avec Harry qu'elle aimait, mais qui était d'une condition sociale inférieure à la sienne. Rejetée par sa famille, qui s'était bien sûr opposée au mariage, elle avait été enlevée en pleine nuit par sa famille, afin d'être enfermée à l'asile et ses deux enfants lui avaient été retirés. 

Les carnets de May auraient été conservés pendant des décennies dans le sac médecine du peuple cheyenne puis dans leurs archives, et enfin découverts par un de ses descendants, devenu journaliste et bien décidé à réhabiliter sa grand-mère au sein de sa famille, mais ceci n'est bien sûr que pure fiction...

 

Les blancs bâtissent leurs forts et leurs maisons, leurs entrepôts et leurs églises comme autant de remparts peu convaincants devant l'immensité d'une Terre qu'ils sont incapables d'aimer, d'un vide qu'ils tentent vainement de combler.

 

May est mariée à Little Wolf,  le plus puissant des guerriers et chefs cheyenne.

Dans ses carnets, dans lesquels elle s'adresse tour à tour à Harry, à sa soeur ou à ses enfants, elle décrit le long voyage d'approche, l'arrivée au fort, l'accueil de la tribu puis les difficultés des femmes blanches pour s'adapter aux nouvelles coutumes et aux interdits, mais aussi pour se faire accepter par les autres membres de la tribu.

May décrit en détails  leurs conditions de vie chez les indiens, les croyances et les coutumes. Peu à peu le lecteur vit avec elle, au milieu de ces êtres qui ont le sens de la fête, aiment les rituels et ont toujours beaucoup d'humour et de curiosité face aux habitudes des blancs.

Mais May ne cache rien, ni des combats violents et sanguinaires entre tribus,ni de la naïveté de ce peuple ou de ses déceptions, ni des ravages occasionnés par l'alcool, ni des viols ou autres exactions... 

Elle montre bien la déchéance de ceux qui sont allés vivre dans les réserves, le problème d'identité des sangs-mêlés, la pauvreté de ceux qui viennent quémander près des forts en espérant un peu de whisky. 

Elle assiste, impuissante, à l'agonie de son peuple d'adoption...un peuple doux qui savait vivre en harmonie avec la nature. 

Le lecteur découvre (ou redécouvre) avec plaisir ce peuple naïf qui croit en la parole de l'homme blanc et au respect des traités signés...ce peuple qui veut vivre tout simplement sur ses terres, chasser et continuer à changer d'endroit pour suivre le gibier selon les saisons, tout en conservant leurs coutumes et en faisant commerce avec l'homme blanc pour avoir un peu de sucre, de café ou autres denrées dont ils ne peuvent plus se passer.

C'est un peuple tolérant, chaleureux et ouvert d'esprit, prêt à accepter le changement, généreux et respectueux des femmes et des enfants qui n'impose jamais rien aux autres.

Le roman se termine quand commence la guerre des Black Hills en 1876. 

 

 

Je vais être un peu longue mais ce roman en vaut la peine.

Jim Fergus nous offre ici à la fois une oeuvre de fiction et, un témoignage historique qui relate l'histoire des massacres perpétrés par les hommes blancs, massacres qui ont amené les peuples indiens à disparaître ou à être "parqués" dans des réserves, où l'ennui et l'alcool les attendaient. Je ne vous apprends rien.

 

Le roman part d'un événement réel, la visite du grand chef cheyenne à Washington. Les guerres indiennes font rage depuis des années et le grand chef veut la paix pour son peuple. Les colons continuent d'avancer vers l'ouest et de plus, les hommes blancs viennent de découvrir de l'or dans les Black Hills, des montagnes qui pourtant ont été données par traité "pour l'éternité" aux indiens.

 

La plupart des personnages cités ont réellement existé. C'est le cas en particulier de ceux qui ont joué un rôle dans les massacres indiens comme le général Georges Crook, très actif durant les guerres indiennes, qui n'a eu de cesse de traquer les amérindiens pour les exterminer, afin que les colons puissent s'approprier leurs terres et leurs richesses. George Armstrong Custer, ainsi que Ranald S. Mackensie sont aussi des figures incontournables de cette période de l'histoire.

Même John Gregory Bourke a lui aussi réellement existé et il a bel et bien joué un grand rôle dans les études faites sur les indiens apaches et cheyennes ce qui a permis de plaider leur cause.

 

Cette immersion au coeur du peuple cheyenne ressemble tellement à un témoignage, que le lecteur ne saurait à aucun moment dire si tel ou tel événement est réel ou fictif. Les expressions propres aux cheyennes, les noms donnés aux jeunes femmes, sont tous traduits. Un glossaire permet de retrouver tous les noms indiens à la fin. 

 

Tout sonne juste, même l'histoire d'amour imprévue entre le capitaine Bourke et la superbe May, les sentiments contradictoires des soldats qui hésitent à faire feu, le massacre des indiens en plein hiver, par des soldats pressés d'en finir, les violences commises sur ceux qu'ils considèrent comme des "sauvages".

A cela se rajoute les descriptions fabuleuses des paysages, des grandes étendues de prairies et de forêts et la découverte par ses femmes, pour la plupart citadines, de la nature sauvage et des animaux.

Jim Fergus, encore une fois, dresse des portraits de femmes inoubliables, toutes solidaires dans exil et dans cette aventure qui les terrorise. Elles s'aident à accepter ce nouveau mode de vie et à découvrir ce peuple jusque-là décrié et caricaturé.

C'est au delà de l'histoire des indiens, un roman très instructif sur les conditions des femmes américaines au XIXe siècle. Ces femmes qu'on n'hésite pas à utiliser à des fins politiques et dont personne ne se souciera par la suite...

 

Bien sûr, nous sommes épouvantés par l'histoire et nous ne pourrons que nous interroger sur la nature même des hommes, et se demander qui entre l'homme blanc et l'indien, est le véritable "sauvage". Nous ne pouvons que faire un constat effroyable puisque nous connaissons l'issue de ce massacre.

La scène, alors que les femmes se trouvent encore dans le train qui traverse les prairies, durant laquelle les hommes se divertissent en tuant des bisons, femelles ou bébés, et en les laissant en place, pour le simple jeu de tuer, est superbement décrite. 

La fin ne nous laisse aucun répit puisque Harold, un des descendants de May vit dans un HLM dans la réserve de Tongue River et que par contraste évident avec ce que nous venons de lire, nous ne pouvons que trouver sa vie, bien morne et dénuée d'intérêt.

 

J'ai maintenant le sentiment d'être également un élément si minuscule soit-il, de l'univers complet et parfait...
Quand je mourrai, le vent soufflera toujours et les étoiles continueront de scintiller, car la place que j'occupe sur cette terre, est aussi éphémère que mes eaux, absorbées par le sol sablonneux ou aussitôt évaporées par le vent constant de la prairie.

 

Né à Chicago en 1950, d'une mère française et d'un père américain, Jim Fergus se passionne très vite pour la cause indienne alors qu'il est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Il avait pour projet initial d'écrire une biographie du grand chef cheyenne, Little Wolf. Il sillonne alors le Middle West américain jusqu'au Montana.

A partir d'un fait authentique, il imagine le journal d'une des femmes qui ont été données en mariage aux indiens en 1875. 

Ce roman a obtenu le prix du premier roman étranger dès sa sortie en 2000.

De cet auteur, j'ai déjà chroniqué sur ce blog...

 

 

 

Pour en savoir plus sur l'auteur je vous invite à consulter son blog...

Partager cet article

Repost 0
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 07:11
Nathan 2015

Nathan 2015

Kimamila déteste les disputes !

 

Un jour Petitou le chien, qui n'a de petit que le nom, emmène chez ses amis, Manu et Alorie, un petit lutin trouvé dans la forêt et qui s'est perdu dans la neige : c'est Kimamila.

Que fait-il là et d'où vient-il ? Aucun des deux enfants ne se le demande, car ils sont bien trop occupés à se disputer tous les deux pour un oui ou pour un non, puis à montrer leur trouvaille à leurs petits camarades de classe.

Et si Kimamila avait une mission à accomplir ?

 

Un conte tout simple qui s'adresse aux enfants en cours d'apprentissage de la lecture. Bien sûr on y trouvera quelques répétitions salutaires pour l'apprenti lecteur et oh combien encourageante pour lui.

Les illustrations complètent très bien le texte et servent de support à la découverte de l'histoire.

Une série indispensable à avoir à la maison pour les 5-6 ans et faire le lien entre la Grande section de maternelle et l'année du CP.

L'histoire, bien sûr peut être lue à des enfants plus jeunes !

 

Comme ça doit être bon, un bisou, pense Kimamila.
Ça doit être sucré.
Ça doit descendre jusque dans le coeur.
Moi, personne ne me fait de bisous.

 

Je vous ai déjà parlé de cette collection "Un Monde à Lire CP" qui s'adresse aux enfants qui commencent l'apprentissage de la lecture lorsque je vous ai présenté "La plante du bonheur"

Ce livre est dans la même veine...

Partager cet article

Repost 0
20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 07:19
Quai Voltaire 2016

Quai Voltaire 2016

Personne ne m’avait jamais regardé avant Suzanne, pas véritablement, elle était devenue ma référence.

Je remarquais leurs cheveux tout d'abord longs et pas coiffés. Puis leurs bijoux qui captaient l'éclat du soleil....Ces filles semblaient glisser au-dessus de tout ce qui les entourait...

 

L'histoire se passe dans le nord de la Californie à la fin des années 60. Evie, 14 ans est une adolescente sans histoires. Elle est simplement mal dans sa peau et accepte mal le divorce de ses parents. De plus, elle vient de se fâcher avec Connie, son amie d'enfance. Que va-t-elle faire de ce long été, surtout que la perspective de l'internat qui l'attend à la rentrée ne l'enchante guère...

 

Un jour qu'elle se balade en ville, elle est attirée par un groupe de filles débraillées pour ne pas dire carrément sales, qui semblent se moquer de tout et en particulier du regard des autres.

Elles vivent dans une sorte de communauté qui squatte une demeure délabrée au fin fond des collines, le ranch.

Aussitôt Evie va être fascinée par Suzanne, la plus âgée des filles qui semble les mener toutes par le bout du nez et elle va se laisser entraîner dans ce cercle de filles, toutes sous l'influence du maître, le charismatique Russell, dont elles sont amoureuses...

 

Subjuguée par ce qu'elle découvre, le vent de liberté et l'atmosphère particulière du lieu, Evie ne voit pas que ce qu'elle trouve exotique ne l'est pas. Elle a une telle soif d'être regardée et adoptée, qu'elle est prête à tout pour passer au ranch, le plus de temps possible.

Ainsi, pendant que sa mère la croit chez Connie, elle se rend là-bas et peu à peu, se fait adoptée, participe à la vie de la communauté, aux corvées mais aussi aux descentes au village où il est question de trouver à manger, voire de voler, y compris sa propre mère...

 

Obsédée et profondément troublée par le regard de Suzanne, Evie va commettre méfaits sur méfaits pour apparaître comme  la meilleure à ses yeux.

Elle ne s'aperçoit pas que peu à peu Russell plonge la communauté dans la violence psychologique...jusqu'à l'inéluctable. 


 

La façon dont ces filles parlaient de Russell, c'était différent, leur adoration était plus pragmatique...Leur certitude était inébranlable, elles évoquaient le pouvoir et la magie de Russell comme s'ils étaient aussi largement reconnus que la force marémotrice de la lune ou de l'orbite terrestre.

 

Racontée par une Evie devenue adulte, mais toujours meurtrie par les événements passés, l'histoire de ces jeunes femmes enrôlées dans cette secte et sous la coupe de cet homme charismatique, prend une force incroyable. 

Le roman démarre d'ailleurs alors qu'Evie adulte est logée par un ami dans sa maison. Julian, le fils de celui-ci débarque sans prévenir avec sa petite amie.  Ils vont la questionner sur ce passé qu'elle voudrait tant arriver à oublier.

Elle va alors se remémorer l'été de ses 14 ans, et sa rencontre avec les filles de Russell...

 

Autant le livre de Simon Liberati sur le même thème et sorti quasiment en même temps, ne me tentait pas du tout, autant ce roman-là qui est un premier roman m'a époustouflé et je l'ai lu quasiment d'une traite.

Ne voyez aucun voyeurisme dans cela, car si je n'ignorais pas que l'histoire s'inspirait du fait réel, c'est-à-dire du meurtre en 1969 de Sharon Tate (l'épouse de Roman Polanski) et de ses amis par la bande de la communauté de Charles Manson, c'est la lecture de la chronique d'Hélène du blog Lecturissime dont je vous mets le lien plus bas qui m'a convaincu de le lire.

En effet, ici point d'étalage de violence, de personnages nommés ou de descriptions sanglantes...

L'auteur s'attache à donner la parole à une des protagonistes qui n'a pas participé au massacre "mais qui aurait pu". Elle nous livre ici une description qui sonne toujours juste de la psychologie des personnages sans s'étaler sur les raisons d'un tel crime.

Elle nous emmène au coeur de la psychologie de cette jeune adolescente. Si ses problèmes ressemblent à ceux de la plupart des filles de son âge ce qu'elle va vivre cet été-là ne sera pas commun. 

L'auteur réussit parfaitement à nous attacher à elle qui nous apparaît si démunie et nous respirons quand nous découvrons qu'elle a évité le pire.

 

Je me souvenais très bien de ce fait divers qui a modifié le regard que portait les gens sur ces communautés a-priori inoffensives mais où trop de drogue et d'alcool circulaient.

Tuer par amour pour un homme charismatique parce qu'il en fait simplement la demande, cela paraît bien sûr complètement fou, mais c'est ainsi que les choses sont présentées.  

En nous faisant entrer dans cette communauté, l'auteur nous permet de mieux connaître les rouages utilisés par les manipulateurs, pour réduire leurs adeptes à néant et les faire devenir de gentils toutous incapables de réflexion personnelle et de libre arbitre, prêts à tout même au pire. 

Un livre marquant...et à faire connaître aux grands ados dès le lycée. 

 

Plus tard je lirais quelque part que Russell traquait les gens célèbres et à moitié célèbres, les parasites, tous ceux qu'il pouvait courtiser et à qui il pouvait soutirer de l'argent, emprunter des voitures ou des maisons...

 

Un autre avis (et quatre étoiles) chez Hélène du blog Lecturissime, ci-dessous...

Partager cet article

Repost 0
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:29
Aimé Césaire 1913-2008 (photo du net)

Aimé Césaire 1913-2008 (photo du net)

 

Le temps du Printemps des Poètes se termine ce week-end et je ne pouvais pas clore cette quinzaine un peu particulière sur ce blog sans vous parler d'un grand poète qui s'est intéressé de près à la négritude.

Il s'agit d'Aimé Césaire que vous connaissez tous, je pense.

 

D'abord je vous laisse découvrir deux de ces poèmes. Il en a tant écrit que le choix a été difficile ! 

Le premier poème vient de paraître dans un recueil de littérature jeunesse, présenté en format album...

 

 

Chanson de l’hippocampe (extrait)

Aimé CÉSAIRE

Recueil : "Moi, laminaire"

 

petit cheval hors du temps enfui

bravant les lès du vent et la vague et le sable turbulent

petit cheval

dos cambré que salpêtre le vent

tête basse vers le cri des juments

petit cheval sans nageoire

sans mémoire

débris de fin de course et sédition de continents

fier petit cheval têtu d’amours supputées

mal arrachés au sifflement des mares

un jour rétif

nous t’enfourcherons

et tu galoperas petit cheval sans peur

vrai dans le vent le sel et le varech

 

 

Gallimard jeunesse / Enfance en poésie 2017

Gallimard jeunesse / Enfance en poésie 2017

 

Vous pouvez aussi, si vous le préférez, l'écouter ci-dessous en entier...

 

Le second poème est extrait de "Cahier d'un retour au pays", un recueil paru pour la première fois en 1947 chez Bordas et réédité plusieurs fois depuis. 

 

Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile (extrait)

Aimé CÉSAIRE

 

*************

Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile

Que je n’entende ni les rires, ni les cris, les yeux fixés sur cette ville que je prophétise, belle,

Donnez-moi la foi sauvage du sorcier

Donnez à mes mains puissance de modeler

Donnez à mon âme la trempe de l’épée.

Je ne me dérobe point.

Faites de ma tête une proue et de moi-même, mon coeur, ne faites ni un père,

ni un frère,

ni un fils, mais le père, mais le frère, mais le fils,

ni un mari, mais l’amant de cet unique peuple.

Faites-moi rebelle à toute vanité, mais docile à son génie

Comme le point à l’allongée du bras !

Faites-moi commissaire de son sang.

Faites-moi dépositaire de son ressentiment

Faites de moi un homme de terminaison

Faites de moi un homme d’initiation

Faites de moi un homme de recueillement mais faites aussi de moi un homme d’encensement.

Faites de moi l’exécuteur de ces oeuvres hautes.

Voici le temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme.

Mais les faisant, mon coeur, préservez-moi de toute haine…

 

Aimé Césaire, un poète mondialement reconnu

 

Si vous voulez découvrir d'autres poèmes, vous pouvez consulter le site de poésie française, Wikipoèmes et en particulier les pages qui lui sont consacrées. 

 

Aimé Césaire est né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique. Il est mort en 2008 à Fort-de-France. 

Il fait partie d'une grande famille de sept enfants. Sa mère est couturière et son père instituteur. C'est sa grand-mère, qui savait lire et écrire comme peu de femmes de sa génération, qui lui enseigne le goût de la lecture et lui donne envie d'écrire.

Après des études en Martinique, il obtient une bourse pour étudier à Paris en 1931. C'est là qu'il va devenir ami avec Léopold Sedar Senghor et cette amitié durera toute leur vie. 

Il fera paraître son premier cahier en 1939 et fondera la revue "Tropiques. Dès 1945, il devient maire de Fort-de-France. 

C'est un grand poète, dramaturge et écrivain mais aussi un homme politique important qui a joué un rôle considérable dans le concept de négritude, qu'il a partagé avec Léopol Sedar Senghor. Opposé au colonialisme il a lutté toute sa vie pour l'égalité des droits entre les peuples. 

Sa poésie a été dès le départ saluée par André Breton et Jean-Paul Sartre avant de devenir aujourd'hui internationalement reconnue. 

 

Ecoutez-le nous parler un très court instant de la négritude...

 

 

Comme je vous l'ai dit en introduction, cet article est le dernier concernant le Printemps de Poètes 2017 sur le thème Afrique(s).

MERCI à ceux qui m'ont suivi pendant cette quinzaine ! 

Partager cet article

Repost 0
17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 07:19

La poésie pour exister n'attend que notre regard...
Andrée Chedid

 

Aujourd'hui je vais vous parler du "Prix Andrée Chedid du poème chanté". Ce prix est organisé par le Printemps des poètes chaque année. 

Le président d'honneur est bien sûr Matthieu Chedid. 

Ouvert aux sociétaires de la SACEM, les candidats se voient proposer trois textes à mettre en musique.

Le prix est décerné durant le Printemps des poètes mais le lauréat sera attendu ensuite lors des Francofolies de La Rochelle que certains d'entre vous connaissent sans doute, et qui auront lieu du 12 au 16 juillet prochain, pour la remise officielle de son prix...et s'y produire en concert.

En 2017, trois poèmes de Rouben Mélik, Laurence Vielle et Salah Al Hamdani étaient proposés aux candidats...

 

Si vous voulez lire ces textes, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous...

 

Prix Andrée Chedid du poème chanté

 

La lauréate est la jeune Élise Mélinand qui a interprété le poème "J'écrirai" de Salah al Hamdani (extrait de "Bagdad Mon Amour", Editions le temps des cerises).

Vous pouvez écouter la chanson lauréate sur le site du Printemps des poètes...en cliquant sur le lien ci-dessous...puis sur l'année, car bien sûr cette chanson est protégée par des droits et je n'ai pas pu vous mettre un lien direct sur le site. 


Je ne connaissais pas cette jeune chanteuse...

Elise Mélinand  est cette année, candidate à l'émission "The Voice" dans l'équipe de Mika. Ceux qui suivent cette émission (dont je ne fais pas partie) la connaisse donc et pourront même en dire davantage dans les commentaires s'ils le désirent. 

 

Vous pouvez découvrir son univers musical en visitant le lien ci-dessous...et une de ses chansons et si cela vous plaît d'autres vous attendent sur youtube ! 

Partager cet article

Repost 0
16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 07:30
Rue du monde/ Collection Couleur carré, mars 2017

Rue du monde/ Collection Couleur carré, mars 2017

Sa danse était la pirouette des hirondelles et des libellules dans le beau temps.

 

Petite Lune est la plus vieille femme du village que l'on voit passer au bord du chemin. Elle marche tout doucement, toute courbée et ratatinée, avec l'aide d'une canne.

Mais le saviez-vous qu'elle n'a pas toujours été ainsi ?

Il y a bien longtemps maintenant, elle a été jeune, belle et agile...et elle a même été la meilleure et la plus merveilleuse danseuse de la région.

Et ce que vous ne savez pas, c'est que malgré la vieillesse et son corps qui l'oblige à se mouvoir tout doucement, dans son coeur, elle continue toujours à sautiller...

 

Voilà un album magnifique à la fois poème et conte, superbement illustré par Frédéric Sochard qui vous emmènera jusqu'en Afrique. 

Le texte poétique et très rythmé vous donnera envie de danser ! 

J'ai trouvé que cet album était une belle façon, très émouvante mais pas triste du tout, d'aborder le thème de la vieillesse avec des enfants. 

 

Danse petite lune / Kouam Tawa et Fred Sochard

 

Koum Tawa est né à Bafoussam, au Cameroun en 1974. Très tôt il se consacre à l'écriture de textes poétiques ou dramatiques.

Il a écrit une trentaine d'oeuvres poétiques ou dramatiques et une quinzaine de ses pièces sont mises en scène dans son pays mais aussi en France, au Canada ou au Japon.

Il a reçu de nombreuses distinctions dont le premier prix ACCT de littérature africaine pour la jeunesse en 1997 et a été lauréat du programme "Visa pour la création" de CulturesFrance. 

En 1998, il participe à l'aventure Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis autour de la coupe du monde de football, puis il rejoint le projet de théâtre itinérant Eyala Pena, avec Barbara Boulay comme metteur en scène.

Il réside toujours au Cameroun mais il se déplace souvent pour animer des ateliers d'écriture. Il a été en résidence à Limoges (2001) et à Paris (2007), puis à Rennes (2011) mais également pendant trois mois au Japon, où il a participé à un projet d'écriture. Mais il s'est rendu également aux États-Unis et bien sûr en Afrique... 

 

Retrouvez ci-dessous un des poèmes de Koum Tawa, publié sur le site du Printemps des Poètes...

 

J’aurais aimé être une reine

J’aurais aimé être une reine. Avoir une grande cour. Des hommes et des femmes autour de moi. Les uns pour me servir, les autres à ma charge.
J’aurais aimé être une reine. Avoir une voix qui compte. Dire « je veux » et avoir. Dire « je peux » et pouvoir. Dire « c’est ça » et c’est ça.
J’aurais aimé être une reine. Être de mon temps. Adhérer au monde. Tenir tête à la nuit. Faire corps avec l’espoir.
J’aurais aimé être une reine. Triompher de moi-même. Être la chance des autres.

J’aurais aimé être une reine. Avoir un nom qui dure, une danse qui me porte.
Je me serais au moins permis le rêve si la mort qui n’a pitié de personne n’avait fait de moi la petite dernière qui se cherche sans savoir s’il lui faut monter ou descendre.

Kouam Tawa, Cameroun (1974 - )
Extrait de Elles(s), Editions Lanskine, coll. Ailleurs est aujourd’hui, 2016

 

et d'autres sur le blog de "Terres de femmes".

 

Fred Sochard l'illustrateur de l'album, est né en 1966. Il grandit à Nantes face à la gare de triage.  Puis il étudie les Arts décoratifs à Paris. Il abandonne son travail d'infographiste pour devenir illustrateur de presse et pour la jeunesse. Son amour pour l'art aborigène, indien ou africain se retrouve dans ses dessins. 

Sa page facebook est ICI.

Mais vous pouvez aussi le retrouver sur son site perso ci-dessous et sur le blog de médiapart pour ses dessins de presse qui ne manquent pas d'humour. 

 

Partager cet article

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 07:21
La double page du magazine Phosphore

La double page du magazine Phosphore

 

Depuis trois ans déjà, le printemps des poètes et le magazine Phosphore organisent en partenariat un jeu autour de la poésie.

Le magazine propose aux lycéens une dizaine de textes dans ses pages et invite les jeunes à voter pour leur préféré, celui qui les touche mais aussi celui qui correspond à leur vision de la jeunesse, à leurs attentes et à leurs rêves de jeunes de 17 ans. 

Ce poème devient ainsi le poème de leur 17 ans...et chaque année ce poème est ensuite publié dans les pages du journal pendant le printemps des poètes. (et lu lors d'une animation à Paris). 

Cette année le poème lauréat est "Ma vie est une chanson" de Francis Bebey.

Je vous le transcris ici car sur la double page illustrée du magazine, c'est difficile de le lire...

 

  

 

 

 

On me demande parfois d’où je viens
Et je réponds "Je n’en sais rien
Depuis longtemps je suis sur le chemin
Qui me conduit jusqu’ici
Mais je sais que je suis né de l’amour
De la terre avec le soleil"

Toute ma vie est une chanson
Que je chante pour dire combien je t’aime
Toute ma vie est une chanson
Que je fredonne auprès de toi

Ce soir il a plu, la route est mouillée
Mais je veux rester près de toi
Et t’emmener au pays d’où je viens
Où j’ai caché mon secret
Et toi aussi tu naîtras de l’amour
De la terre avec le soleil

Toute ma vie est une chanson
Que je chante pour dire combien je t’aime
Toute ma vie est une chanson
Que je fredonne auprès de toi.

Francis Bebey (1929 - 2001)
L’Harmattan éditeur

 

 

En 2015 le poème lauréat était "Avant de naître" de Ian Monk.

En 2016, "Inconnu n'est pas étranger" de Yvon le Men. 

 

On est pas sérieux quand on a 17 ans / Partenariat Printemps des Poètes-Phosphore

 

Qui était Francis Bebey, le lauréat de cette année ?

 

Né en 1929 à Douala, il est initié au chant par son père, un pasteur protestant qui joue lui-même de l'accordéon et de l'harmonium. Il n'écoute en famille que Bach ou Haendel mais va découvrir grâce à son voisinage, les musiques traditionnelles de son pays qui deviendront sa passion. 

Il joue d'abord du banjo puis de la guitare et quitte le Cameroun dans les années 50 pour venir résider à Paris où il s'inscrit à la Sorbonne pour passer sa licence d'anglais. C'est durant ses études qu'il fréquente et devient l'ami de Manu Dibango

Francis Bebey décide ensuite de partir aux États-Unis pour étudier le journalisme. Il va là-bas composer sa première pièce pour guitare. 

 

Il devient alors journaliste et reporter de radio en Afrique et en France, puis responsable du département de musique de l'UNESCO. 

En 1968 son roman "Le fils d'Agatha Moundio" est récompensé par le Grand Prix Littéraire de l'Afrique noire" et la même année, il se produit en concert à Paris, au centre américain. 

En 1974, il décide de se consacrer uniquement à la création et à la composition musicale mais aussi à l'écriture de poèmes, de contes, de nouvelles et d'articles de presse.

En 1977, il obtient le Prix SACEM de la chanson française. 

C'est par ses chansons humoristiques qu'il attire le public mais très vite, celui-ci est conquis. Il se produit partout, sur tous les continents dans des lieux prestigieux. 

 

Résolument moderne, musicien libre et créatif, il a osé tous les instruments de la guitare classique à la flûte pygmée. 

Ce grand poète, écrivain, auteur-compositeur interprète camerounais nous a quitté en 2001 mais fait toujours partie des précurseurs qui ont permis la reconnaissance des musiques africaines.

 

Pour en savoir plus sur lui, je vous invite à lire sa biographie racontée par ses enfants...

 

 

Et à écouter (car ce n'est pas une vidéo) ces quelques extraits de guitare...mais vous avez le choix sur youtube si vous ne le connaissez pas. 

Partager cet article

Repost 0
14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 07:33
Editions Bruno Doucey / Collection Poés'idéal, 2015

Editions Bruno Doucey / Collection Poés'idéal, 2015

Je n’ai pas de frères de race,
ni de religion, ni de communauté,
pas de frères de couleur,
pas de frères de guerre ou de combat,
je n’ai que des frères de Terre.

Extrait / Michel Baglin

 

Voici un petit recueil de poésies, de comptines et de paroles de chansons qui s'adresse aux collégiens à partir de 12 ans.

 

En quatre chapitres : "Je ne suis pas du bon côté" ; "De mon peuple décimé" ; "Debout et libre" ; "Chaque visage est un miracle"...le lecteur découvre une quarantaine de poèmes d'auteurs variés qui parlent de la tolérance, de la différence, d'égalité entre les hommes, de solidarité et de respect.

Les auteurs mettent en cause le racisme, l'antisémitisme ou l'esclavage, et toutes les discriminations raciales mais toujours, et c'est important, après leurs cris de souffrance arrive une note d'espoir. 

Ils sont originaires de tous les pays ou presque et sont métis, noirs, blancs, indiens, juifs, aborigènes...

Ce sont soit de grands noms francophones comme Léopold Sedar Senghor, Aimé Césaire, Pierre Perret, Guy Tirolien, Léon-Gontran Damas, Robert Desnos, Andrée Chedid, Tahar Ben Jelloun, Maram al-Masri...soit des auteurs moins connus. 

Le lecteur fait ainsi le tour du monde, tout en découvrant des textes magnifiques et forts, mais faciles à lire et à comprendre.

 

A la fin de chaque texte, un court encadré reprend en quelques mots l'essentiel de ce que le lecteur doit savoir sur l'auteur et les circonstances dans lesquelles il a écrit ce poème. 

A côté de cette brève biographie, d'autres encadrés rappellent les lois, ou donnent des extraits de discours. 

 

Dans un dernier chapitre intitulé "Des mots pour le dire" certains des thèmes abordés sont repris pour inviter à une réflexion plus approfondie.

Puis, des pistes bibliographiques sont proposées...pour en savoir plus. 

 

Voilà une petite anthologie pédagogique incontournable car d'une grande richesse qui incite au mieux vivre ensemble dans un petit format parfaitement adapté aux jeunes. 

 

Chants du métissage / Pierre Kobel

Partager cet article

Repost 0
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:21
Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

…il est tard dans mes yeux
pour faire le tour du monde
mes livres sont rangés
plus de voyages à lire
que l’envers de l’exil...

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.

 

Nous continuerons toute la semaine à parler poésie...

Désolée pour celles et ceux qui n'apprécient pas mais je trouve que le Printemps des poètes est l'occasion rêvée de parler de poésie 15 jours par an. Sinon je ne le fais qu'occasionnellement lorsque je découvre un jeune auteur ou que je (re)lis un recueil.

 

Une de mes découvertes de cette année, en parcourant les pages consacrées au Printemps des Poètes 2017, a été de constater que la liste des Prix de Poésie francophone était terriblement longue et que je n'en connaissais que très peu...

C'est surprenant tout de même que ces prix ne soient pas davantage relayés dans les médias alors que l'automne nous apporte chaque année son lot de prix littéraires, tous incontournables ou presque...que certes nous lirons ou pas, mais qui ont l'avantage de nous faire connaître de nouveaux auteurs ou de débattre autour de ceux que nous connaissons déjà. 

 

Je vous rassure, je ne vais pas vous transcrire la liste de ces nombreux prix que vous retrouverez dans son  intégralité sur le net, si cela vous intéresse.  

Le site du Printemps des poètes vous propos d'ailleurs un récapitulatif des derniers prix décernés, actualisé au fur et à mesure sur le site, avec des archives des années précédentes...

 

Mais je vais vous parler brièvement d'un des derniers prix littéraires de poésie qui a vu le jour en 2016 : c'est le Prix de Poésie Edouard Maunick.

Cela m'a donné envie de mieux connaître ce poète...

 

Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

 

Qui est Édouard Maunick ?

 

Ce grand poète et écrivain mauricien est né en 1931 dans une famille métisse. 

Tout d'abord bibliothécaire à Port-Louis, il s'installe à Paris en 1960 où il travaille à la Coopération radiophonique tout en publiant des articles dans des journaux francophones. Il entre à l'UNESCO en 1982 et devient en 1985, membre du Haut Conseil de la francophonie, puis ambassadeur de Maurice dans  l'Afrique du Sud post-apartheid. 

Mais sa vie de journaliste et diplomate ne l'empêche pas d'écrire. Il a publié son premier recueil en 1954 et continuera à publier régulièrement. 

Ses poésies sont empreintes de son sentiment de solitude et rappellent la persécution de ses ancêtres africains.

On le qualifie souvent de poète de l'exil...ce qui en dit long. 

 

Il a reçu de nombreuses et prestigieuses distinctions au cours de sa vie dont le Prix Tchicaya U Tam'si en 1989, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française en 2003, puis le Grand Prix Léopold Sedar Senghor. 

C'est donc un bel hommage à ses concitoyens qu'il offre en créant ce prix littéraire de poésie, ouvert à tous les mauriciens, habitant l'île ou pas. 

Le premier lauréat de ce prix sera donc récompensé en 2017...

 

Si vous voulez en savoir plus sur Edouard Maunick je vous invite à visiter ce site où vous trouverez en plus de sa biographie complète, sa bibliographie et de nombreux liens vers des entretiens...

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le prix de poésie Édouard Maunick, créé en 2016 pour la première fois, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous...

Partager cet article

Repost 0
11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:08
Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Dans les années 90, ensanglantées par le terrorisme, la littérature m’a sauvée. Elle était le refuge de mon adolescence. J’ai eu la chance de grandir dans la maison de mon grand-père qui était libraire. Je ne dormais plus dans ma chambre mais dans l’arrière salle de sa boutique, au milieu des livres.

Il se peut que le ciel se porte

sans rides ni ratures

et que tu crois tout, encore possible

dans le recommencement

 

Ou que ce nuage qui moutonne

par-delà la montagne

bouscule les ombres qui se succèdent

derrière une vitre embuée

 

Il se peut que le monde soit vaste

et que tu écrives sur ses déserts

une rencontre qui n’attend pas

que revienne la crue

 

Ou que le fleuve ne lave rien

de la mémoire, des étoiles et du doute

ou que la mer ne soit finalement

qu’une autoroute trop peuplée

 

Il se peut encore

que tout recommence

dans le possible

avec tes rides et tes ratures

rejaillir un être neuf

 

Il se peut

Samira Negrouche

Texte inédit pour Terres de femmes (2009)

 

 

Samira Negrouche est actuellement en résidence à l'espace Pandora à Vénissieux (près de Lyon pour ceux qui ne connaissent pas) et elle sera l'invitée des itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines. 

Née en 1979 à Alger où elle réside encore, cette jeune poète et traductrice est reconnue internationalement pour sa poésie mais également ses textes en prose et ses essais.

Elle est une des plus talentueuses voix de la jeune génération d'auteurs du Magheb.

Passionnée par Rimbaud et par les grands auteurs algériens du XXe siècle, elle revendique le droit d'écrire en français.

Le français est une langue algérienne...
Il existe une spécificité algérienne : la langue française n’est pas la langue des élites financières et bourgeoises contrairement à d'autres pays du Maghreb. Là-bas, le français est enseigné dans des établissements privés et onéreux. En Algérie, le français est la langue du peuple et les études primaires et secondaires sont en français. La cassure survient à l’université. Les sciences sont enseignées en français mais les études littéraires, les sciences humaines et sociales, sont en langue arabe ! En conséquence, la réflexion sociale se pense en arabe mais tout le reste se fait en français.

 

Elle a abandonné son métier de médecin par amour des mots et milite au sein d'associations culturelles et littéraires. 

Elle a obtenu ses premiers prix en 1996 et fonde en 1999 l'association CADMOS qui lui permet d'organiser de nombreuses rencontres littéraires autour du patrimoine culturel méditerranéen. Elle collabore avec de nombreux artistes visuels, ou musiciens et crée en 2016, Bâton/Totem.

Elle est très active pour faire connaître et aimer la poésie, et participe à de nombreux festivals, et à des ateliers d'écriture ou de traduction en milieu scolaire et universitaire...

De part sa naissance elle est trilingue, ce qui déjà n'est pas donné à tout le monde et elle se passionne pour les langues dans lesquelles elle excelle. Ainsi elle peut traduire aussi bien de l'arabe que de l'anglais vers le français.

Elle est l'auteur entre autres oeuvres de "A l'ombre de Grenade" (2003) ; "Le jazz des oliviers" (2010) et "Six arbres de fortune autour de ma baignoire" (2017)

Je vous propose de découvrir cette jeune femme sur la vidéo ci-dessous...et d'écouter son message de tolérance et d'ouverture sur les autres et sur la nécessaire différence. 

 

 

ou bien de suivre sa résidence à Vénissieux sur la page facebook de l'événement...

Partager cet article

Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:08
Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Harmonie Dodé Byll Catarya est une jeune poète passionnée des mots et une slameuse reconnue et charismatique. 

Née au Bénin en 1991, elle a été très jeune diplômée d'un Master en comptabilité, contrôle et audit.

En 2013, elle devient championne du Bénin Slam et s'engage dans l'écriture, ce qui la révèle au grand public.

C'est la première femme slameuse du Bénin.

Son recueil de poésie "Art-Mots-Nid" est paru aux Éditions du Flamboyant. Elle a participé également à la première anthologie de poésie féminine au Bénin. 

A Paris pour ce printemps des poètes, elle participera à la Lecture-rencontre, organisée le 18 mars prochain au Quai Branly, entre autres projets.

Si vous avez la chance d'habiter la capitale, n'hésitez pas à vous renseigner, pour la rencontrer...par exemple, elle sera demain 11 mars à la Médiathèque Marguerite Yourcenar pour un atelier d'initiation au slam et à la poésie. Si ça vous tente. 

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Sur le sable…

 

Sur le sable, les feuilles de cocotiers

Sont tombées ; je les observe, couchée

Sur une natte façonnée à ma manière

Mes pores vibrent de cet air

Doux et frais ; le temps est magnifique

L’inspiration se frôle à ce bruit

Paradoxe effectif dans un univers mirifique

C’est le soleil qui, délicieusement luit

Sur ces flots bleuâtres teintés de blanc

Les yeux se régalent sous les élans

De la beauté du paysage.

Les ondes marines me parviennent

Elles me portent un message

Elles me percent l’ouïe ; Alors, viennent

Ces mots marquant mon passage

Et inoculant de l’encre à d’innocentes pages.

C’est le mystère de l’écrivain

Partout, sa plume s’agite

L’univers lui, crépite

A sa guise, ses devoirs de devin

Il est un esclave de la nature

Qui chante sans cesse ses aventures.

 

Harmonie D. BYLL CATARYA, (inédit, 2016).

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

Partager cet article

Repost 0
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:14
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Mon destin écorché éclate de soleil, il ne faut plus dormir je sonne les réveils.

 

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain célébré au Congo mais peu connu en France. Il est pourtant une des voix incontournables de la poésie africaine.

Né à Mpili en République du Congo en 1931, il passe son enfance à Pointe-Noire. Son père, Jean-Félix Tchicaya, est instituteur et très érudit. Il rêve de voir son fils devenir magistrat. 

A 15 ans, le jeune Gérald-Félix quitte le Congo : son père vient de devenir le premier député noir qui va représenter l'Afrique équatoriale à l'Assemblée Nationale, de 1944 à 1958.

 Il deviendra plus tard, une figure majeure de la décolonisation. 

 

L'adolescent abandonne ses études au grand désespoir de son père pour se livrer à différents petits métiers et surtout se mettre à écrire. Il fréquente assidûment les cafés littéraires de la Rive Gauche. 

Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955 dans un recueil intitulé "Le mauvais sang", alors qu'il n'a que 24 ans... des poèmes largement inspirés de Rimbaud qu'il admire et qui lui vaudront son surnom de "Rimbaud noir". 

 

C'est en 1957, que Gérald-Félix Tchicaya, prend le pseudonyme de U Tam'si qui veut dire "petite feuille qui parle pour son pays". Le "mauvais garçon" devient donc Tchicaya U Tam'si. 

Malgré ses études faites en France, le poète reste très attaché à sa culture d'origine et il se qualifie lui-même non sans humour, de "poète congaulois".

Après l'indépendance de son pays natal, alors qu'il est retourné y vivre, il prend la direction du Journal local "Congo" avec son ami Patrice Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo. Mais ce dernier est brutalement assassiné ce qui oblige Tchicaya U Tam'si à retourner en France. Là, le poète va alors s'occuper d'éducation et travailler auprès de  l'UNESCO jusqu'en 1986.

Il se consacrera ensuite uniquement à l'écriture de romans, jusqu'à sa mort en 1988. 

 

Sa poésie qui s'est démarquée très tôt de la négritude et n'a jamais reflété l'exotisme africain attendu, a toujours été mal comprise par les critiques européens et a fait de lui un poète mal aimé.

Lui, était simplement épris de liberté et voulait n'être qu'un simple poète et pas forcément un poète "africain"...pourtant sa poésie est fortement enracinée en Afrique, mais par rapport à Léopold Sedar Senghor, il doute de l'avenir de son pays et lorsqu'il se tourne vers le passé, il ne voit que traite des noirs et colonialisme. 

Sa poésie est donc nettement plus pessimiste et parfois violente, tant elle est empreinte de ses doutes et de ses souffrances, de la douleur de l'exil et de son impuissance à sauver sa terre natale. 

On le considère aujourd'hui comme le poète le plus représentatif de la poésie africaine moderne.

 

Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Présentation d'un de ces romans "Ces fruits si doux de l'arbre à pain"...

 

Si vous avez la chance d'habiter à Paris, ne ratez pas aujourd'hui même à 12 heures, la lecture à la Comédie française de poèmes de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si. 

Tous les renseignements sont sur le document ci-dessous...

Partager cet article

Repost 0
6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:15
Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

 

Femme nue, femme noire

 

Poème extrait du recueil "Chants d'ombre"

Ce poème sur la négritude revendique le langage et la culture du continent noir.

Publié après la seconde guerre mondiale en 1945, c'est une ode à l'amour et à la femme en général mais surtout à la femme africaine et à sa terre natale...

 

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

 

Biographie

 

Léopold Sedar Senghor naît en 1906 dans une petite ville côtière du Sénégal, au sein d'une famille catholique et francophone.

Il obtient facilement le baccalauréat après des études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar.

Ayant obtenu une bourse d'étude, il va poursuivre ses études en France dès 1928, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre Aimé Césaire. Il sera également l'ami de Georges Pompidou.

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935 puis enseigne à Tours de 1935 à 1938.

Alors qu'il suit des cours de linguistique négro-africaine à l'Ecole pratique des Hautes études et à l'Institut d'ethnologie de Paris, il est mobilisé en 1939 dans l'infanterie coloniale (alors qu'il a été naturalisé français en 1932), puis il est fait prisonnier en 1940.

Réformé pour maladie en 1942, il participe à la Résistance.

Il va alors occuper la chaire de langues et civilisations négro-africaine à l'école nationale de la France d'outre-mer.

C'est en 1945 qu'il publie son premier recueil de poésie "Chants d'ombre" et qu'il fait son entrée en politique. Élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale, il sera plusieurs fois réélu jusqu'en 1956.

Quinze ans plus tard, il deviendra le premier président de la République du Sénégal en 1960, suite à la proclamation de l'indépendance du pays et le restera jusqu'à 1980, date à laquelle il met fin avant son terme, à son cinquième mandat.

Premier africain à être élu à l'Académie française en 1983, il devient un des pères de la francophonie. Il était donc normal qu'il soit mis à l'honneur durant ce Printemps des poètes.

 

Léopold Sédar Senghor a été notamment (informations copiées du site BABELIO):

- médaille d'or de la langue française

- grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963)

- médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965)

- grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966)

- prix de la Paix des libraires allemands (1968)

- prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969)

- grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970)

- prix Guillaume Apollinaire (1974)

- prince en poésie (1977)

 

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

Partager cet article

Repost 0
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 07:30
Aujourd'hui débute le 19e Printemps des poètes (4 au 19 mars 2017)
Aujourd'hui débute le 19e Printemps des poètes (4 au 19 mars 2017)

 

Aujourd'hui, samedi 4 mars 2017, débute le 19e Printemps des poètes sur le thème "Afrique(s)".

J'aurais donc l'occasion de vous parler dans les jours qui viennent de quelques poètes africains francophones. 

Comme d'habitude, je m'attacherai davantage à ne parler que de poètes peu connus...

Le thème choisi cette année met en avant l'oeuvre de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si, deux voix incontournables de l'Afrique dont je vous parlerai en début de semaine prochaine.

Le Printemps des poètes est aussi l'occasion de rappeler que l'année 2017 est celui de l'anniversaire de la mort de Jacques Prévert, il y a quarante ans et de rendre hommage à ce talentueux poète français. 

Pour en savoir plus sur cette manifestation nationale et internationale, vous pouvez consulter le site officiel en cliquant sur le lien ci-dessous... 

 

 

Ou bien, visionner la courte vidéo de présentation ci-dessous...

Vous pouvez aussi rechercher un événement dans votre région : toutes les médiathèques et les Centres culturels proposent des animations autour de la poésie.

 

Pour rendre un premier hommage à Jacques Prévert dont nous avons toute l'année pour parler, je vous propose aujourd'hui l'écoute d'un de ses poèmes que je trouve magnifique, "Rappelle-toi Barbara" interprété par Serge Reggiani.

Partager cet article

Repost 0

Encore Un Blog ?

  • : Dans la Bulle de Manou
  • Dans la Bulle de Manou
  • : Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes ou mes voyages : intellectuel, spirituel, botanique ou culinaire...
  • Contact

Qui Suis Je ?

  • manou
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...

BLOG Zéro carbone !

Perdu Dans Le Blog ?

Y a-t-il des curieux ?

litterature

 

  D'où viennent-ils ?

 

  litterature

C'es le printemps maintenant !

N'oubliez pas de protéger Xin Xin et de le nourrir en cliquant sur more...

 

 

Mes livres sur BABELIO

Les dix droits imprescriptibles du lecteur

mod article2138927 3

Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

Illustrations de Quentin Blake

Retrouvez-moi sur Pinterest !

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -