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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 18:44
Les cavaliers afghans / Louis Meunier

En 2002, son diplôme en poche, Louis Meunier décide de fuir une carrière de cadre, toute tracée en France, pour devenir employé dans une ONG : il part en Afghanistan où il doit aider à la reconstruction du pays après la chute des Talibans. Il nous raconte son périple dans ce pays qu'il rêvait de découvrir...

L'Afghanistan _ Ashvagan_ "la terre des chevaux", le pays où la modernité et ses inventions ne sont pas encore arrivées…Celui où on ne compte pas les kilomètres, mais les jours de route.

 

Ce récit initiatique, à la fois récit de voyage et d’aventure, est divisé en trois parties...

 

De Kaboul, il rejoint en UAZ (véhicule russe tout terrain) par des pistes défoncées, la grande ville du nord Mazar-i-Sharif où, lui et Azim, le chauffeur, font halte. Puis il leur faut atteindre la petite ville de Maïmana. Là, plus de piste tracée, seulement le désert et le tout-terrain qui se faufile dans un labyrinthe de dunes...

Il faut traverser plusieurs régions aux paysages époustouflants de beauté, avec l’Hindou Kouch en ligne de fond. Il est ébloui.

 

Tous les jours depuis son arrivée, il rêve d’assister à un tournoi de Buzkashi.  Ce jeu, qui a été banni du temps des Talibans, est d’une violence inouïe. Il consiste pour les nombreux cavaliers qui y participent, à attraper un animal (chèvre ou veau) et à aller le placer dans le « cercle de justice » pour que l'équipe marque un point. Tous les coups sont permis entre les cavaliers, et il y a souvent de nombreux blessés, parmi les hommes et les chevaux, durant ce combat particulier où les chevaux sont les maîtres. Maïmana est  le centre de cette tradition.

 

L’auteur ne pense plus qu’à ça, lui qui adore les chevaux depuis son enfance. Jawed, avec qui il travaille, va tout faire pour lui faire plaisir et en particulier, il va lui permettre d’acheter son premier cheval.

Rien ne semble plus s'opposer à ce que l'auteur devienne un  véritable "tchopendoz". Il ne lui reste plus qu'à trouver une équipe acceptant de l’accueillir.

 

Mais il faut aussi gérer le quotidien de l’ONG.

Il a pour mission de superviser la distribution de nourriture dans les coins reculés, au nom du PAM (Plan alimentaire mondial). Il apprend la langue pour mieux se fondre dans le pays et tente d'intégrer les traditions avec l'aide de ses camarades.

Tout est compliqué : le ravitaillement des camions, la distribution des vivres, la remise en état des pistes, la construction des abris pour les provisions, la construction de puits…

L’argent n’arrive pas à temps et les ouvriers attendent en vain leur salaire.

 

Lorsqu’il assiste enfin à son premier Buzkashi, les choses ne se passent pas tout à fait comme il l’avait imaginé…

Il lui faudra encore de nombreux déboires pour réaliser que malgré leur hospitalité, il ne sera jamais qu’un "khareji", un "étranger" aux yeux des afghans. Il appartient à un autre monde…

Pourtant la dignité et la fierté de ces hommes le touche, leur hospitalité aussi…ces hommes, dont l’âge réel ne compte pas, car il est déterminé par "le rang social, le statut marital, les faits d’armes et la blancheur de la barbe".

 

Les chevaux sont élevés pour la guerre et pour le Buzkashi ! La couleur de leur robe importe peu : leur valeur est déterminée par leur courage, leur rapidité, leur endurance … "L’homme le plus fort est celui qui possède le meilleur cheval".

Pour se faire pardonner Jawed lui trouve un superbe cheval, Tauruq qui lui procurera beaucoup de joies mais aussi de peine…mais c'est une  autre histoire.

 

La situation devient instable dans le pays et il est obligé de quitter Maïmana et la terre des chevaux pour rentrer en France.

 

 

Deux ans plus tard en 2005, parce qu’il revoit le film adapté du roman de Kessel, il retourne en Afghanistan et relate son voyage dans la seconde partie.

 

Il organise un voyage à cheval entre Maïmana et Bamyan, à l’envers de celui qui a été effectué dans « les Cavaliers » de Joseph kessel.  Puis il prolonge en traçant de Bamyan à Herat, inspiré par un autre récit d’un géologue allemand, Emil Trinkler…enfin, il compte revenir à Maïmana en longeant la frontière iranienne.

 

Deux mille kilomètres à cheval entre montagnes et vallées, à la rencontre de peuples isolés…Et une grosse incertitude, la venue de l’hiver et les neiges qui tombent en abondance sur l’Hindou Koush, bloquant les pistes et les cols.

 

Mais une fois le voyage organisé, une première déception l’attend : Tauruq est mort (c’est tout du moins ce qu’on lui raconte).

Le voilà obligé de trouver un nouveau cheval et un guide fiable. C’est ainsi qu’il embauche Shams : il a besoin d’argent pour sa famille, c’est un Ouzbeck athlétique mais peu bavard…Il connaît le pays comme sa poche bien qu’il soit incapable de lire une carte.

En acceptant cette mission, Shams se porte garant de sa sécurité.

Ensemble, avec leurs trois chevaux, ils vont parcourir une bonne partie du voyage et rencontrer de nombreux problèmes sur leur route jusqu’à ce que l’auteur tombe malade et soit rapatrié en France.

Mais Shams est obligé de vendre les étalons à Hérat pour rejoindre  Maïmana.

 

 

Lorsqu’il revient à Kaboul cette fois,  en mars 2006, l’auteur a postulé comme directeur financier dans une société de conseil et de communication. Tous les employés expatriés vivent en communauté.

Le soir ils font la fête, le jour ils travaillent.

Entre autres, l’auteur sympathise avec Jérôme, un reporter aventurier.

Ensemble, ils décident de monter une équipe de buzkashi, qu’ils baptisent déjà "Les Dragons de Tora Bora".

Mais avant de former l’équipe, il leur faut trouver des chevaux !

 

Réalisera-t-il son rêve ?

Deviendra –t-il cette fois un véritable tchopendoz ?

 

 

Mon avis

 

J'ai beaucoup aimé ce voyage à travers l'Afghanistan.

L'auteur, en toute humilité et lucidité, nous fait partager sa fascination pour les paysages indescriptibles, la nature sauvage, les hommes aux traditions multiples parce que issus de peuples différents.

 

Ce voyage à travers l'Afghanistan d'aujourd'hui montre une réalité bien différente de celle que nous avons pu acquérir à travers la vision des médias occidentaux, sans pour autant nous la faire totalement oublier... Car l'auteur ne cache rien de la violence, des attentats, des hommes armés, des trahisons, de la situation des femmes dans le pays, de leur manque de liberté, de la difficulté de mettre en place les droits les plus élémentaires, comme celui d'aller à l'école pour les enfants ou de manger à sa faim et d'accéder aux soins...

 

Aujourd'hui, Louis Meunier a quitté l'humanitaire, il retourne très souvent en Afghanistan pour réaliser des documentaires, comme par exemple : "Les prisonniers de l'Himalaya", sur le peuple kirghiz.

 

Quand on se quitte, en Afghanistan, on se dit : "Zenda Bashi" (Sois vivant !) parce que l’existence est incertaine.

Ou bien en guise d’Adieu … "Rasta nabashid" (Ne soyez jamais fatigués) !

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