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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 09:58
Petites scènes capitales de Sylvie Germain

Capitales, elles le sont toutes ces petites scènes dans la vie de Lili (Liliane) [dont le vrai prénom est Barbara], même si elle ne s'en aperçoit pas tout de suite...

Qui est-elle se demande-t-elle tout au long du roman ? Barbara ou Lili ? Et avant "j'étais qui" ? demande-t-elle à sa grand-mère et "j'étais quoi" ? Et après se demandera-t-elle plus tard ?

 

Normal, me direz-vous toutes ces questions pour une enfant, qui cherche sa mère, disparue alors qu'elle avait onze mois pour ne jamais revenir, puis morte trois ans après...accident en mer ou suicide ?

 

Voilà sur quoi se bâtit l'enfance de Lili. Nati, une grand-mère aimante  et tendre qui mourra jeune et subitement dans son sommeil et Gabriel, un père trop passif qui ne dira rien sur ce passé douloureux jusqu'aux vingt ans de Lili. Puis, comme témoin du passé, une unique photo, celle d'un bébé, Lili, dans les bras de Fanny, sa mère, une inconnue disparue.

 

Puis son père rompt leur solitude en refaisant sa vie avec Viviane et ses quatre enfants tous de pères différents. Une famille unie dans laquelle Lili, âgée de cinq ans aura de la peine à trouver sa place et à conserver l'attention et l'amour de son père. Mais les drames familiaux signeront pour toujours son appartenance à cette fratrie nouvelle. Et avec eux, elle devra se (re)construire...quittant à jamais le petit appartement où elle vivait avec son père près d'une volière où les oiseaux, par leur chant, remplaçaient la voix maternelle et lui parlaient d'amour...

Mais, même entourée, elle va avoir l'impression de « n'occuper qu'un strapontin au fond du théâtre affectif de la famille ».

 

Malgré tous les drames,  elle aimera la maison et après plusieurs années sans histoires, elle abandonnera sa meilleure amie, son amoureux et ses études de gemmologie qui ne l'intéressent pas plus que ça, pour vivre en communauté... Mai 68 est passé par là !

Il lui faudra  attendre l'âge mûr pour enfin s'apaiser, pardonner et s'accepter... et là, elle va enfin rencontrer ce à quoi elle aspire par-dessus tout...l'amour !

 

Elle est d’abord passionnée par les pierres et étudie la gemmologie, puis se lance dans la peinture, abandonne, fait des rencontres qui donneront à sa vie un cours plus apaisé. - See more at: http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/petites-scenes-capitales-de-sylvie-germain/#sthash.cfuXYQ3G.dpuf
Elle est d’abord passionnée par les pierres et étudie la gemmologie, puis se lance dans la peinture, abandonne, fait des rencontres qui donneront à sa vie un cours plus apaisé. Mais toujours elle cherche qui elle est et quelle place elle occupe sur terre. - See more at: http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/petites-scenes-capitales-de-sylvie-germain/#sthash.cfuXYQ3G.dpuf
Elle est d’abord passionnée par les pierres et étudie la gemmologie, puis se lance dans la peinture, abandonne, fait des rencontres qui donneront à sa vie un cours plus apaisé. Mais toujours elle cherche qui elle est et quelle place elle occupe sur terre. - See more at: http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/petites-scenes-capitales-de-sylvie-germain/#sthash.cfuXYQ3G.dpuf

Ces petites scènes sont autant d'images lumineuses qui apparemment semblent "anodines" dans une vie, une vie comme tant d'autres, faite de joies, de peines, de pertes et de deuils et dans laquelle il faut avancer coûte que coûte.

Ce sont tous ces "petits riens" marquants, tragiques ou heureux, qui restent dans notre mémoire, parfois à notre insu et forgent notre personnalité.

Ils font que l'on se sent aimé ou pas par nos proches, que la vie nous semble intéressante ou pas.

On croit les avoir oublié,  ils n'ont pas paru importants sur le moment mais ils vont resurgir avec force à un moment inattendu...

 

Le lecteur entre de plein pied dans ce roman tout en poésie et même s'il ne se reconnaît pas forcément dans la personnalité ou la vie de Lili, il comprend son désarroi, ses interrogations et sa solitude.

Les autres personnages sont aussi attachants : Viviane, l'ex-mannequin est en fait une mère fragile ; Paul, né dans le drame de la guerre, portera en lui un lourd secret toute sa vie ; Jeanne-Joy, qui porte un nom de parfum à la mode, ne trouve pas sa place dans ce monde et se sent mal-aimée ; et que dire des jumelles, Chantal et Christine, dont une va disparaître accidentellement à l'âge de quatorze ans, laissant sa jumelle anéantie, drame qui signera le début de la décomposition de la famille...

 

Un très beau roman très poétique. Une écriture superbe ! Malgré les apparences, les deuils et les drames de cette famille, ce n'est pas un roman triste...

Cette lecture me donne d'ailleurs envie de lire ou relire les autres romans de Sylvie Germain dont plusieurs ont eu de nombreux prix... auteur qui pour l'instant ne m'a jamais déçue.

 

Voilà un beau programme en perspective pour ce printemps...

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