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Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...

La saga des émigrants 3 : La Terre bénie / Vilhelm Moberg

Le Livre de poche, 2003

Le Livre de poche, 2003

Leur nouvelle patrie leur montrait à quel point elle était vaste et, plus ils constataient son immensité, plus ils se sentaient petits. Ils voyaient que ce pays était grand mais avaient le sentiment d'être minuscules, pour leur part. Plus que jamais auparavant, au cours de leur long périple, ils se sentaient égarés à la surface de la terre.

Le roman débute le 23 juin 1850.

Nous retrouvons notre petit groupe d'émigrants, et en particulier la famille de Karl Oskar Nilson (que parfois on retrouve aussi écrit Nilsson...) alors que la Charlotta arrive enfin dans le port de New York. Le capitaine a changé leur argent suédois en dollars et assure de les aider au maximum...mais ils doivent rester à bord en quarantaine car le choléra dont les américains ont très peur, est arrivé dans la ville avec les derniers bateaux. 

Après quelques jours, ils vont pouvoir enfin continuer leur périple dans le Nouveau Monde, mais ils ignorent encore ce qui les attend...Karl Oskar est très inquiet car l'année est déjà bien avancée et il craint de ne pouvoir trouver une terre à temps pour s'installer et semer avant l'arrivée de la mauvaise saison.

Robert et Arvil ont profité de leur court séjour à New York, pour visiter Broadway_ la plus belle rue du monde_ découvrir les richesses du pays, comme ses étals bien achalandés, et les habitants...pas toujours fiables car ils ont eu aussi là-bas la peur de leur vie. 

Le capitaine les met en rapport avec Landberg, un suédois de sa connaissance qui va leur servir de guide et d'interprète surtout car bien entendu ils ne comprennent rien à la langue du pays, et ne peuvent donc pas non plus se faire comprendre. Karl Oskar et son groupe vont pouvoir poursuivre leur voyage.

Le Minnesota où ils veulent se rendre, n'est pas à côté, mais ils ont maintenant une adresse précise car ils ont pris en charge Fina-Kajsa, une vieille suédoise qui est devenue veuve pendant la traversée, alors que le couple était parti rejoindre leur fils installé depuis plusieurs années en Amérique. Elle accepte avec joie que Karl Oscar et sa famille l'accompagne jusque chez lui.

Il va leur falloir prendre de nouveaux moyens de transport inconnus comme le train dont ils ont si peur à cause de sa locomotive à vapeur. Ils gagnent ainsi Chicago, puis les Grands Lacs. Ensuite c'est à nouveau sur l'eau que le périple se poursuivra et en particulier sur un bateau à aube, autre découverte pour ces paysans qui n'ont jamais quitté leur terre et sont déjà bien éprouvés par leur longue traversée en mer...

De plus, leur naïveté les place à la merci des profiteurs et arnaqueurs de toute nationalité. Mais heureusement, ils croiseront aussi des personnes bienveillantes qui les prendront en pitié et vont les aider. 

Quand ils arrivent enfin dans le Minnesota à la fin de l'été, Karl Oskar sait qu'il est bien trop tard pour semer mais les terres sont nombreuses et les colons n'ont qu'à se servir. L'endroit est prometteur et il leur faut choisir. C'est au bord du lac Ki-chi-Saga que Karl Oscar va finalement bâtir sa petite cabane en planches qui lui permettra d'affronter le premier hiver...ainsi que faire connaissance avec les lieux, les animaux, et les indiens, dont c'est la terre et qui, bien qu'inoffensifs, sont curieux de découvrir ceux qui vont peu à peu les chasser vers d'autres contrées, ce qu'ils ne savent pas encore. 

Les conditions de vie sont difficiles, ils doivent tout recommencer avec courage et détermination dans ce pays empli de dangers inconnus qui ressemble pourtant à la terre promise. Ils doivent garder le peu d'argent qu'ils possèdent pour pouvoir acheter les semences au printemps, et encore une fois, il va leur falloir se battre, et compter sur la solidarité de leur groupe, d'autant plus que les enfants veulent du pain et du lait et que Kristina, aidé d'Ulrika va mettre au monde un beau garçon, qu'elle surnommera Danjel et qui va être le premier citoyen américain de leur petit groupe. 

Ulrika s'épanouit rapidement dans ce pays où personne ne connait son passé et où on la considère comme une véritable "dame". Elle est très courtisée et ne manque pas de prétendants mais va attendre pour accepter de se marier avec le pasteur méthodiste de Stillwater...et les quitter pour vivre "en ville", tandis que sa fille est placée dans une famille d'américains. 

Kristina, elle, s'adapte avec difficulté, elle pense trop souvent à son pays, et comme la nostalgie est bien présente, elle l'idéalise, oubliant les moments difficiles de leur vie, leurs dettes, la famine qui est responsable de la mort de leur petite Anna, et bien d'autres moments douloureux qu'ils ont vécus. Elle a du mal à se sentir "chez elle" ne parlant pas du tout la langue et restant à la maison pour s'occuper des enfants.  Ce qui lui manque avant toute chose c'est bien entendu sa famille qu'elle sait qu'elle ne reverra plus jamais, mais aussi (et surtout) un lien avec la religion, les pasteurs luthériens n'existant pas en Amérique. Ici ce sont les baptistes et les méthodistes qui prêchent la bonne parole et ce n'est pas sans danger pour le groupe des pionniers.

Quant à Robert, je ne vous dirai rien du projet qui l'anime. Il a compris que pour profiter de l'Amérique il lui fallait de l'argent et est bien décidé à aller le chercher là où il est.

Mais je vous en ai déjà assez dit tout en ne dévoilant pas l'essentiel, à vous de découvrir les détails en lisant cette saga...

Quelles que fussent les difficultés qu'il rencontrait ici, il se sentait beaucoup plus libre que dans son pays natal. Ici, personne ne prétendait lui dicter sa conduite, il n'avait aucun maître ou seigneur devant lequel s'incliner, personne n'exigeait qu'il file droit et obéisse humblement, personne ne se mêlait de ses affaires, personne ne se répandait en lamentations s'il n'obtempérait pas...

Quand elle [Kristina] avait appris à lire, à l'école du village, elle aurait dû demander à apprendre à écrire, aussi, afin de pouvoir rédiger elle-même ses lettres à ses parents et amis au pays. Mais son père était d'avis qu'il ne servait à rien, pour les femmes, de savoir écrire, étant donné que c'étaient les hommes qui se chargeaient d'établir les contrats de vente, les procès-verbaux et les documents officiels.

Cet opus fait suite à "La saga des émigrants 1 : Au pays" présenté ICI, et à "La saga des émigrants 2 : La traversée", présenté ICI.

C'est un tome de transition qui nous permet de voir de plus près les conditions dans lesquelles les pionniers venant de tous les pays d'Europe, se sont installés en Amérique. Je soupçonne l'auteur d'avoir placé sur leurs routes plus de personnes bienveillantes que dans la réalité mais bon, comme on s'est attaché à notre petit groupe forcément on ne va pas lui en vouloir pour cela.  

Nos principaux protagonistes apparaissent bien démunis dans cet opus mais, malgré quelques grosses frayeurs, le lecteur se doute que tout va s'arranger pour eux et que leur nouvelle vie va vraiment commencer avec la suite de la saga. L'Amérique n'est-elle pas une Terre bénie comme l'indique le titre de cet opus ? 

La nature est cette fois-ci un personnage à part entière. Les descriptions sont fabuleuses et le lecteur découvre à travers les yeux des émigrés les grands espaces, la Prairie, le Mississipi, et les forêts touffues aux arbres gigantesques. Puis ensuite, il n'a aucun mal à vivre cette fin de saison au bord de ce lac sauvage riche en espèces de toutes sortes dont certaines comme les serpents peuvent s'avérer très dangereuses. 

Le lecteur ressent aussi, comme c'est le cas des émigrés, l'immensité des lieux...et la perçoit comme un danger. On peut se perdre facilement dans ces contrées inconnues où il est difficile de prendre des repères. 

Les relations entre les différents membres du groupe évoluent positivement bien qu'ils aient décidé de s'installer à une certaine distance les uns des autres pour préserver leur vie de famille. Comme je l'ai dit dans le résumé, certains vont s'adapter plus vite que les autres, se mettre à parler la langue du pays, ou un mélange de suédois et d'américain, d'autres plus isolés, n'y arriveront pas ou ne le voudront pas...

L'écriture de l'auteur est toujours aussi agréable, l'ambiance est remarquablement rendue et les propos sont riches en détails. C'est vraiment une saga très intéressante tant au niveau des personnages, auxquels on ne peut que s'attacher, que du contexte social et historique de l'époque, et on voit que l'auteur s'est bien documenté avant de l'écrire, tout comme le traducteur d'ailleurs soit dit en passant. 

A découvrir assurément. 

Voir les avis de Keisha (qui a lu la série dans l'ancienne édition qui comprend 8 volumes) et  Ingannmic ICI.

Cet opus faisant 602 pages dans l'édition de poche, il me permet de participer au challenge de Sibylline Les pavés de l'été, voir ICI, mais aussi au challenge de Philippe "Trilogies et séries de l'été", voir ICI le récapitulatif des lectures. 

 Bonne Lecture ! 

Ce dont elle était absolument certaine, en revanche, c'était que ses enfants n'auraient pas à connaître la douleur de la nostalgie et de l'absence dont elle souffrait, elle : ils n'avaient pas emporté les mêmes souvenirs qu'elle du pays natal, ils ne pourraient pas le regretter comme elle et ne seraient pas poursuivis, pendant toute leur vie, par les images d'une autre vie, dans un autre pays.

Je rappelle que "La Saga des émigrants", parue en Livre de poche est composée actuellement de 5 tomes :

1. Au pays

2. La Traversée

3. La Terre bénie (qui reprend "Le Nouveau Monde" et "Dans la forêt du Minnesota" de la première édition publiée par Gaïa Editions qui étaient en 8 tomes) que je présente aujourd'hui.

 
A suivre prochainement  les tomes 4. Les Pionniers du Minnesota, et 5. Au terme du voyage ! 

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R
Il y a tant d'auteurs qui traitent ce sujet ...<br /> Bonne journée<br /> Rose
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