Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Le son s'élève, puissant et terrible. Lancinante dès les premières secondes, la sirène retentit et sa musique stridente ressemble à la bande son d'un cauchemar. Le son tourne sur lui même, coupe leur baiser et annonce l'enfer qui s'en vient. Le bruit résonne si fort que personne ne peut désormais ignorer qu'un tsunami va bientôt déferler sur la ville.
Je vous ai présenté ICI le tome 1 de cette trilogie.
Nous retrouvons avec plaisir notre groupe d'amis à Marseille. Ils sont maintenant liés par leur secret mais aussi par les aventures qu'ils ont vécues ensemble.
Mais ils n'ont pas le temps d'en profiter car alors que Nolane vient de plonger et de récupérer le "cristal" ce fameux objet tant convoité par le Commodore, à cause duquel Gal, son frère, est mort noyé, un nouveau danger s'approche de la ville : c'est un tsunami d'une ampleur incroyable.
Tandis que la sirène d'alerte les assourdit, nos sept amis vont devoir se séparer.
Nolane et Bonnie décide de quitter au plus vite Marseille pour tenter de rejoindre Paris. Là-bas Bonnie sait vers qui se tourner pour récupérer le microscope surpuissant qui doit leur permettre de lire les données contenues sur le "cristal" et en apprendre davantage sur le projet Ilos.
Enoch, lui se rebelle une fois de plus contre son oncle et ses décisions égoïstes : il refuse d'embarquer à bord de son avion privé et s'oppose à lui avec force car il ne peut pas laisser ses amis derrière lui sans savoir ce qui va advenir d'eux. Il va donc aller rejoindre Ulysse et Yasmina. Ensembles, ils vont réussir à s'éloigner du littoral et à se réfugier à l'intérieur des terres.
Pendant ce temps Adelis va chercher à rejoindre, au péril de sa vie, l'île de Monte Cristo pour se joindre à sa famille car il ne peut en aucun cas se résoudre à laisser Nina et son père affronter seuls le danger imminent...
Mais le tsunami arrive, terrible... Encore une fois des vies vont être détruites, obligeant les rescapés à fuir le plus loin possible de leur ville, qu'ils aimaient tant.
Mais arriveront- ils pour autant à rejoindre sans encombre, la petite communauté mystérieuse qui vit bien cachée au cœur d'une forêt dans le village interdit où les attend Marie ?
Je ne vous dirai rien de plus !
Nolane déteste ces gens, viscéralement. Multiplier les richesses jusqu'à ne même plus savoir qu'en faire quand le plus gros de la population mondiale crève de fièvres, de chaud, de faim, c'est dégueulasse et ceux qui refusent de se résigner, le pouvoir se moque d'eux. Ils sont si petits, pathétiques d'espoir...
Elle ne sait toujours pas si elle peut faire confiance à cet homme étrange et silencieux. Bizarrement, elle a l'impression de le connaître. Elle cherche à le décrypter, elle qui voit passer tant de gens blessés ou malades depuis des décennies. Elle pense être assez douée pour les deviner sans avoir besoin de beaucoup parler avec eux : leur façon de se tenir, leur regard, leurs élans et leur pudeur; ce qu'ils font de leurs mains. Tous les corps parlent pour elle plus fort que les voix. Tous les corps ont quelque chose à dire....
- J’étais là.
Comme une excuse, une humilité. Elle est reconnaissante à cet homme inconnu d’avoir sauvé Adelis. Maintenant, elle veut savoir comment, et pourquoi. Alors ils se dirigent tous vers une longue table au milieu de la pièce, sous un plafond haut de six mètres, aux coursives occupées par des dortoirs, et s’installent bruyamment les uns contre les autres sur les bancs. Sur la table, il y a des fruits, du miel, du pain, de la viande séchée, du fromage. Colin tranche le pain, Adama le fait passer. Les filles, affamées, se jettent sur la nourriture, exhortant les autres à raconter en premier. Les mots fusent, l’histoire se dessine dans l’exaltation et la joie commune. S’ils sont fragilisés par les épreuves, abîmés par de nouveaux deuils, l’intensité de leurs retrouvailles les répare.
Ce second tome est un tome de transition, mais il reste toujours aussi intéressant, prenant et trépidant, bien que très éprouvant car il décrit de manière très réaliste l'arrivée du tsunami et les moyens dérisoires mis en place par le gouvernement pour aider les populations les plus pauvres. C'est révoltant et on sent bien que l'autrice s'est documentée pour décrire le phénomène avec précision, en particulier le retrait des eaux avant la vague fatidique, et toutes les conséquences qui en résultent ensuite.
Nos ados ont changé, ils sont transformés par l'amour et l'amitié qui les unit. Nolane et Bonnie se sentent plus fortes que jamais, ce qui ne les empêchera pas de tomber dans un piège imprévu. Les autres vont tout faire pour rester ensembles. Ils sont courageux, imparfaits mais tellement humains. J'ai trouvé émouvantes leurs colères, leurs failles et leurs fragilités. J'ai aimé leur façon un peu maladroite de s'aimer, de se révolter et de s'engager.
La solidarité, l'entraide et de belles valeurs, comme la soif de justice et de liberté, sont encore bien présentes tout au long de cet opus ainsi que l'amour avec un grand A.
La description de Paris est tout aussi édifiante qu'a été celle de Marseille et cela pour des raisons différentes. Si la ville n'a pas à redouter de tsunamis, elle doit faire face à des pluies incessantes et à des conditions de vie de plus en plus difficiles, les réfugiés nombreux ayant à subir les conséquences du changement climatique de manière dramatique, tandis que les riches vivent dans l'opulence.
J'aime définitivement Marion Brunet, sa plume à la fois poétique et réaliste, et sa manière de s'engager à travers ses personnages. Elle leur fait dire comme je l'ai déjà mentionné lors de ma présentation du premier opus, tout ce qu'elle pense de nos sociétés modernes et de leur inaction par rapport au réchauffement climatique, et à ses conséquences en particulier l'aggravation des inégalités qui sont devenues de plus en plus choquantes et criantes, au fil des ans, tout en nous montrant qu'ici ou là de micro sociétés continuent à lutter sans se décourager. Son engagement envers la planère et sa sauvegarde d'une part, et sur le plan politique aussi, est remarquable et ne peut que susciter de nombreuses réflexions parmi les jeunes. Chacun des ados cependant garde son libre arbitre, passe par des moments de doutes bien légitimes ce qui nous les rend encore davantage attachants.
D'autres personnages apparaissent dans ce tome en particulier Mendoza, dont le nom ne manquera pas de vous rappeler la série "Les cités d'or" bien connue d'une certaine génération (celle de mes enfants soit dit en passant). C'est l'occasion de mentionner que l'autrice fait référence au fil de ces pages, à de nombreux romans, ce que j'ai oublié de dire lors de la présentation du premier opus.
Parmi les différents protagonistes dont la présence se renforce il faut aussi que je mentionne "Princesse" mais je ne vous dirais rien de plus sur elle...pour vous laisser la découvrir.
Bien entendu, le lecteur en apprendra davantage sur le projet Ilos qui a donné son titre à la trilogie. Quand on le découvre plus en détails, on pressent que les ados ne vont pas en rester là... ce qui ne nous donne qu'une envie, en terminant cette lecture, celle de lire très vite le tome 3.
Retrouvez l'avis de Kathel ICI.
Mais au milieu des bruits terribles, la voix de Nina, faible filet mélodieux, se fraie un chemin jusqu'aux oreilles d'Adelis. Elle chantonne une berceuse de leur enfance qu'il reconnait instantanément : "Quand les baleines avaient raison, elles soufflaient souvent des chansons /Elles battaient l'eau de leur nageoire, racontant aux petits l'histoire... de celle qui parmi toutes les autres, voulait devenir astronaute". Alors broyé par l'émotion, Adelis mêle sa voix à celle de sa soeur, pour chanter le refrain : "Non, petite baleine, les Cétacés vivent dans l'eau / Non petite baleine, tu ne peux pas changer de peau". Et les paroles de la chanson lui brise le coeur autant que la voix de Nina qui chante pour garder du courage et la sienne qui s'enroule autour...
J'ai découvert ce second opus de la série Ilos dans sa version audio, comme je l'avais fait pour le premier. Cette version est lue par Alice de Ferran dont j'aime beaucoup la voix.
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L'écoute de ce roman me permet de participer au challenge permanent (bilan mensuel) "Ecoutons un livre", voir ICI sur le blog de Sylire, au Book Trip en mer de Fanja, voir ICI et pour la dernière fois de l'été, au challenge Les Trilogies et les séries de l'été, de Philippe, voir ICI qui se termine ce weekend.
Nous serons un caillou dans leur chaussure, un caillou pointu qui finit par entamer la chair et la faire saigner, un caillou qui empêche de marcher et qui provoque une chute. Nous serons leur chute.