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Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...

La saga des émigrants 4 : Les pionniers du Minnesota / Vilhelm Moberg

Le Livre de poche, 2004

Le Livre de poche, 2004

L'ère des nomades touchait à sa fin, dans cette partie du monde. Le temps était maintenant compté pour ce peuple qui pouvait se permettre d'attendre des décennies qu'un obstacle barrant sa route tombe en poussière. Le chasseur qui déplaçait son campement et son feu au gré des saisons et des migrations du gibier n'en avait plus pour longtemps à le faire. Sa place allait être prise par l'agriculteur, l'occupant permanent, qui édifiait une maison en bois et maçonnait un âtre. Il était venu pour passer tous ses jours à l'endroit où brûlait le feu qu'il avait allumé et où il avait construit sa maison.

Nous retrouvons avec plaisir la famille Nilson.

Karl Oskar a choisi l'emplacement de ses terres au bord du lac Ki-Chi-Saga, en plein territoire indien Chippewyan. Il s'est installé à l'écart des autres suédois émigrés en même temps que lui puisqu'il y a assez d'espace pour tous. Kristina et lui ont désormais quatre enfants : Johan l'aîné, Lill-Märta, Harald et Dan, le petit dernier, né sur le sol américain...La ferme a beaucoup prospéré depuis leur installation et leur voyage, tout comme  leur terrible premier hiver, sont désormais loin derrière eux. Ils vivent à présent dans une petite maison en rondins, la cabane où ils ont passé leur première année étant devenue une étable. 

Le roman débute alors que d'autres émigrants viennent peu à peu s'installer près du lac, recréant ainsi une petite communauté suédoise.

Les saisons ici sont extrêmes, les étés bien trop chauds et les hivers bien trop longs et trop froids. Les conditions de vie sont difficiles et ils sont loin de vivre la vie facile dont ils avaient rêvé en partant de leur pays. Ils doivent rester prudents car un accident est si vite arrivé et ils sont loin de tout...

Mais tous ou presque travaillent beaucoup avec courage et défrichent inlassablement les terres qu'ils ensemencent aussitôt car lorsqu'ils auront défriché suffisamment de surface, ils pourront aller les déclarer officiellement et en deviendront les propriétaires.

Malgré l'arrivée de nouveaux suédois, Kristina a toujours la nostalgie de son pays. Heureusement, elle est toujours amie avec Ulrika même si elle ne la voit pas si souvent à présent qu'elle s'est mariée et qu'elle attend un enfant, comme d'ailleurs Kristina qui s'inquiète de voir à nouveau la famille s'agrandir car elle commence à se sentir fatiguée de ses grossesses successives.

Les nouveaux arrivants vont permettre la réalisation de projets importants pour elle comme la création d'une église, et aussi d'une école pour les enfants. Ils recréeront un cadre de vie communautaire et une petite paroisse, rebaptiseront même le lac, qui perdra son nom indien pour devenir le lac Chisago. 

Ils apprécient tous leur liberté si chèrement acquise, une liberté qu'ils n'avaient pas connue dans leur pays d'origine mais ils doivent à présent s'investir dans l'organisation de leur petite communauté d'autant plus que des changements de société et de politique se profilent au sein de l'Amérique.

Robert qui ne supportait plus de travailler sous les ordres de quelqu'un même si cette personne est son frère, avait pris la route vers la Californie avec son ami Arvid, tous deux espéraient s'enrichir en rejoignant les chercheurs d'or. Il reviendra seul quatre ans après, les poches pleines d'argent...bien changé, malade et meurtri. Mais je vous laisse découvrir ses aventures...et d'où provient cet argent qu'il offre généreusement à son frère, espérant ainsi alléger son labeur quotidien. 

...il était et serait toujours très difficile de transplanter le pays natal en terre étrangère. Il n'était pas possible de changer les lieux de place en un tournemain et de faire en sorte que ce qui était loin soit proche. Peut-être lui faudrait-il toute son existence pour y parvenir.

Kristina admit que Robert inventait parfois des choses qui ne lui étaient jamais arrivées, mais elle n'avait jamais constaté qu'il mentait par méchanceté, pour faire du mal ou tromper quelqu'un et en tirer profit. En fait, il n'avais jamais fait de mal à quiconque d'autre que lui-même, avec ses mensonges...

Voilà un quatrième tome toujours aussi intéressant qui nous montre la vie quotidienne des émigrés et leur difficile combat pour arriver à cultiver ces terres qui ne l'avaient jamais été auparavant. Ils doivent aussi s'adapter au climat. 

La première partie raconte pas à pas la création de la petite communauté et la manière dont ses membres vont réaliser leurs rêves et retrouver une vie la plus proche possible de ce qu'ils ont connu dans leur pays d'origine. Bien entendu cela ne va pas sans heurts surtout en ce qui concerne la religion et il va leur falloir se battre encore les uns contre autres pour conserver leur libre arbitre et donc leur liberté, une liberté durement acquise en quittant leur pays. Il est intéressant de découvrir les relations qui se tissent entre les indiens chassés peu à peu de leurs terres et les hommes blancs qui sont certains d'avoir le droit de s'installer là. Il est intéressant aussi de voir à quel point les émigrés transformèrent leur terre d'accueil et vice versa. 

Dans la seconde partie, Robert qui est revenu au pays, raconte par petites touches ce qu'il a vécu depuis qu'il est parti quatre ans auparavant...En fait, son oreille toujours malade et à cause de laquelle il entend mal l'empêche de s'endormir le soir et en pensée il nous raconte son périple qui est un véritable récit d'aventure. Cette partie- là est très intéressante car le lecteur se retrouve immergé dans la vie quotidienne des chercheurs d'or, découvre les terres traversées dont le Kansas, et les raisons qui ont poussé tant de personnes à traverser le pays. Les réflexions du jeune Robert revenu désabusé de son périple, sur la vie et le pouvoir, sur la nature humaine et son désir incessant de pouvoir et de richesse, sont tout à fait intéressantes et le récit riche en rebondissements et mésaventures ce qui compense l'impression de longueur (et de répétition) de cette partie.

L'auteur met donc l'accent sur deux aspects importants de l'émigration, celui légitime de retrouver une certaine liberté de pensée et d'action, conquise avec difficulté, mais toujours entravée par la religion et celui de s'enrichir aux dépends des peuples autochtones tout en étant persuadé d'en avoir le droit.

Voir les avis de Keisha ICI (pour la première partie) et ICI (pour la seconde), je vous rappelle qu'elle a lu la série dans sa première édition découpée différemment car en 8 tomes. Et je vous invite aussi à aller découvrir ICI l'avis d'Ingannmic qui a lu la saga dans la même édition que moi. 

Ils étaient tous dans l'obligation de repartir à zéro dans leur nouveau pays, tous étaient pauvres, livrés à eux-mêmes et à leurs rapports les uns avec les autres. Ils vivaient déjà assez à l'écart pour être séparés par la distance. Fallait-il qu'ils se ferment mutuellement leur porte, en plus, parce qu'ils n'étaient pas sous la même confession ? Fallait-il que la religion les sépare encore un peu plus ? Cette religion dont l'Evangile disait que tous les êtres humains étaient frères et soeurs ?

Il vit alors une vaste étendue d'eau briller entre les arbres : il était revenu sur les rives du Ki-Chi-Saga. Le bord du lac était maintenant fréquenté par des gens qui abattaient des arbres, coupaient du bois et construisaient des maisons. Mais, là où il se trouvait, il était intact et inoccupé aussi loin que portait la vue. Il longea la berge en plongeant le regard dans l'eau qui reflétait la nuée au-dessus de lui. Il vit les roseaux y fleurir la tête en bas et dresser leurs épis vers un ciel bleu qui ondulait au creux des vagues. Il voyait deux ciels à la fois, l'un dans l'air et l'autre dans l'eau, l'un au-dessus de lui et l'autre au-dessous, et entre les deux se trouvait la terre sur laquelle il errait.

 "La Saga des émigrants" est parue en Livre de poche en 5 tomes :

1. Au pays

2. La Traversée

3. La Terre bénie (qui reprend "Le Nouveau Monde" et "Dans la forêt du Minnesota" de la première édition publiée par Gaïa Editions qui étaient en 8 tomes).

4- Les pionniers du Minnesota que je présente aujourd'hui qui reprend "Les Pionniers du lac Ki-Chi-Saga" et "L'Or et l'Eau" de la première édition publiée par Gaïa Editions en 8 volumes). 

et le cinquième opus intitulé : "Au terme du voyage", chronique à venir ! 

La lecture de cet opus me permet de participer aux Pavés de l'été chez Sibylline (568 pages dans la version de poche) et au challenge de Philippe, les Séries et Trilogies de l'été. 

Bonnes lectures et bon weekend du 15 août à tous ! Bonnes lectures et bon weekend du 15 août à tous !

Bonnes lectures et bon weekend du 15 août à tous !

Petite info importante.

Le blog se met en pause pendant 15 jours, je vous retrouverai donc avec plaisir le 31 août prochain...

A très bientôt ! 

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B
J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la saga de ces immigrants que tu nous as dévoilée au fil de ta lecture. Quelle difficulté le déracinement et la quête d’une vie meilleure. Une lutte qui donne sens à toute une vie à travers plusieurs générations et qui a pour but une liberté si essentielle à l’être humain. N’est ce pas elle qui forge la dignité humaine ?…<br /> Je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux contraints de fuir leurs racines pour venir s’intégrer sur des terres qui les qualifient d'étrangers… aurions nous ce courage de repartir de zéro et de tout recommencer dans des conditions difficiles voire hostiles…<br /> Bonne pause Manou et profite bien de cette parenthèse 😊<br /> Nous avons hâte de te retrouver . Bisous
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R
Merci Manou et bonne pause <br /> Rose
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