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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 13:51
Les nuits de Reykjavik / Arnaldur Indridason

 

Nous sommes en 1974 à Reykjavik. L'Islande s'apprête à célébrer les 1 100 ans de colonisation de l'île...

L'île n'a pas encore été atteinte par le capitalisme et les habitants vivent selon un certain conformisme et ne connaissent pas la pizza (tout du moins notre héros).

 

Erlendur Sveinsson, le policier solitaire bien connu des lecteurs d'Arnaldur Indridason, est au tout début de sa carrière. Il a tout juste 28 ans.

Nous le découvrons en train de mener sa première enquête tout en patrouillant la nuit dans les rues de Reykjavik avec ses deux collègues Gardar et Marteinn, deux étudiants en droit embauchés pour la saison d'été.

 

Certaines nuits sont calmes d'autres plus agitées : accidents de la circulation, cambriolages de bijouteries ou de domiciles privés, violences domestiques, excès d'alcool au volant, bagarres, disparitions, SDF bravant le froid glacial de la nuit…la routine quoi, comme Erlendur le raconte à son amie Halldora.

 

De SDF, il en est beaucoup question dans ce roman d'autant plus que de jeunes ados qui jouent sur un radeau, improvisé sur un marécage naturel formé sur une ancienne tourbière, trouvent un SDF mort apparemment noyé. Il se trouve qu'Erlendur le connaissait un peu et l'avait croisé sur sa route nocturne plusieurs fois. Hannibal vivait à proximité du marécage, dans un caisson en ciment "chauffé" par le pipe-line.

L'enquête conclut très rapidement à un suicide et l'affaire est classée.

 

Le manque de zèle de ses collègues navre le jeune policier...

"Erlendur se demandait si le manque de zèle de ses collègues tenait au statut social de la victime, s’ils ne considéraient pas en fin de compte qu’il ne s’était rien passé de notable, si ce n’est que depuis il y avait un clochard de moins dans les rues. C’était peut-être aussi simple que ça. Peut-être pas. Peu avant son décès, l’homme avait dit à Erlendur que quelqu’un avait tenté d’incendier la cave dans laquelle il habitait. Personne ne l’avait cru, y compris Erlendur. Ça l’obsédait de ne pas l’avoir écouté et de lui avoir manifesté la même indifférence que les autres."

 

Un an après, l'étrange destin de ce SDF le hante toujours.

La jeune femme qui avait disparu le même jour, n'a toujours pas été retrouvée.

Les deux affaires sont-elles liées ?

 

Erlendur décide de se renseigner sur la vie d'Hannibal. Il se remémore les moments où il l'a rencontré ; il questionne ses proches et n'hésite pas à se rendre dans les quartiers miséreux. Il retrouve les SDF se chauffant sur les places au soleil dans la journée et n'hésite pas à les suivre jusque dans leurs abris.

Parallèlement, il interroge le mari et les proches de la jeune femme disparue...

 

On découvre un jeune policier intuitif, désireux de connaître la vérité et qui, discrètement et sans relâche, va avancer contre vents et marées avec obstination, allant de découverte en découverte.

Erlendur se battra jusqu'au bout, quitte à enfreindre les règles de la police, car d'une part, il ne supporte pas que des personnes disparaissent sans laisser de traces  (le lecteur saura pourquoi en lisant ce roman ou les autres) et d'autre part, il n'accepte pas que les plus pauvres et les plus démunis soient en plus maltraités...

 

La résolution de cette affaire éclairera d'un jour nouveau d'autres affaires non résolues.

 

 

Ce que j'en pense

 

C'est le premier roman de l'auteur que je lis. Je ne connaissais donc pas le personnage d'Erlendur qui apparaît dans ses autres romans.

 

Je ne m'attendais pas du tout à un roman noir de ce genre. Je ne sais pas, pour autant, si je qualifierai d'ailleurs ce roman noir de "thriller".

Pas de suspense haletant mais une enquête tranquille, très lente malgré quelques rebondissements, une enquête reposant entièrement sur la minutie, l'analyse rigoureuse des faits et surtout la personnalité de cet Erlendur taciturne, secret, taiseux et solitaire, voire asocial...

 

L'auteur a voulu nous montrer que même sous ces latitudes glaciales, il y avait des SDF (et beaucoup de pauvres). Vous en doutiez ?

Il a voulu aussi aborder le sujet de l'excès de consommation d'alcool qui entraine bagarres, conduites en état d'ivresse, violences conjugales terribles...

Il décrit avec une certaine noirceur toute la détresse du monde, identique sous toutes les latitudes. Des faits d'une banalité telle, qu'ils ne peuvent nous laisser indifférents.

 

Ce roman donne donc au lecteur, une vision de l'Islande bien éloignée des clichés touristiques...l'envers du décor en quelque sorte.

 

C'est un roman qui se lit facilement et que j'ai lu avec plaisir malgré sa noirceur.

Il y a des passages amusants comme par exemple, les discussions entre Erlendur et ses deux collègues autour des pizzas...et des passages plus émouvants lorsque le héros pense à son passé, s'entretient avec Rebekka, la soeur d'Hannibal, ou encore avec sa petite amie, Halldora.

Les chapitres sont courts et le lecteur ne se perd pas dans les événements.

Toutefois l'auteur sait parfaitement nous plonger dans cette atmosphère de tristesse et de noirceur.

Il distille juste ce qu'il faut de détails pour retenir notre attention et à la différence d'autres romans policiers, cette attention est davantage centrée sur la psychologie des personnages (héros compris) que sur les faits.

Très astucieux !

 

Un livre audio est disponible à la librairie du noir du polar

 

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commentaires

manou 16/07/2015 07:23

Merci ! C'est vrai que la couverture est bien noire et sombre comme le roman...
A découvrir donc...

Caroline 15/07/2015 20:36

La couverture appelle l'oeil en tout cas !

Bonne critique !

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