Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Dans les périodes d’incertitude et d’angoisse, ce sont les marchands de peur qui l’emportent – les démagogues qui s’appuient sur la colère et l’effroi des gens, et proposent des solutions séduisantes de simplicité aux problèmes complexes du monde.
Une bombe explose dans un centre commercial de Los Angeles, la semaine précédent l'élection présidentielle de 2024, opposant un homme républicain un peu fou, à une femme démocrate qui est sûre de gagner, alors qu'ils sont en réalité au coude à coude. On déplore de nombreux morts et blessés dont une jeune fille identifiée comme la principale suspecte. L'attentat est revendiqué par un groupe totalement inconnu. La bombe n'a rien d'un engin artisanal, ce qui est particulièrement inquiétant pour les enquêteurs.
Les terroristes, hommes et femmes sont dirigés par une ancienne militaire, Myriam qui sait particulièrement bien recruter, manipuler et motiver ceux qui l'entourent.
Shreya Mistry, qui travaille au FBI est la première arrivée sur les lieux. Elle découvre en visionnant les caméras de surveillance que la jeune terroriste, qui avait la bombe sur elle, et est morte dans l'attentat, était accompagnée sur les lieux par un homme qui a disparu. Sur les images, elle a l'air d'être terrorisée et elle court pour s'éloigner le plus possible de l'endroit où il y a le plus de monde.
L'enquête va révéler que la jeune terroriste est arrivée aux Etats-Unis accompagnée par Aliyah Khan, une jeune britannique dont Shreya connait la famille qui est comme elle d'origine indienne. Elle va donc aller interroger Sajid, le père. Il croit sa fille tranquillement en train d'étudier au Japon où elle était censée se rendre tandis qu'elle est recherchée par toutes les polices du pays.
Agissant souvent par instinct, et suivant ses intuitions sans songer aux conséquences, Shreya va remonter la seule piste qu'elle connaisse pour retrouver l'amie d'Aliyah, comprendre ses motivations et pourquoi elle a menti à ses parents. Elle devra œuvrer en cachette et quasiment en solo pour détourner les ordres de ses supérieurs et se lancer sur la piste des terroristes...
Peu de temps après, Sajid reçoit la visite de Carry, la mère de Greg, un jeune militaire qui a servi en Afghanistan et a été blessé à un genou. Celle-ci est persuadée que leurs enfants sont ensembles. Et que si on trouve Aliyah, on retrouvera son fils dont elle n'a aucune nouvelle. Elle arrive à le persuader qu'ils devraient tous deux se mettre à la recherche de leurs enfants. Lui non plus ne croit pas un instant que les deux jeunes soient impliqués dans cet attentat. Il faut donc qu'ils les retrouvent, avant que la police les trouvent avant eux, et doivent pour cela faire passer Sajid aux Etats-Unis clandestinement ce qui est déjà en soi, une aventure pour lui.
Dès lors, alors que tous les principaux protagonistes sont désormais aux Etats-Unis, une course poursuite s'engage sur la piste des deux fugitifs qui restent introuvables, et tout cela afin d'éviter qu'un nouveau drame n'ait lieu...
Qui de Myriam, du FBI ou de leurs parents retrouveront en premier Greg et Aliyah, bien entendu je ne vous le dirai pas ? D'autant plus que Shreya est persuadée que le réseau terroriste s'est infiltré dans toute l'administration des Etats-Unis...
A qui dont pourra-t-elle désormais faire confiance ?
N'a-t-il pas lui aussi été ensorcelé, dès les premiers temps, quand elle est venue à lui_ quand elle l'a trouvé ? N'a-t-il pas été séduit par ses paroles, et n'a-t-il pas réagi avec le même enthousiasme que les filles ? N'a-t-il pas eu la certitude absolue que tout ce qu'elle disait était bon, vrai, juste, parfait, et qu'à travers elle il trouverait non seulement un but mais aussi la rédemption ?
Personne ne désigne jamais un Blanc dans la rue en disant : "Ouais, ce mec n'a pas de passif inquiétant, mais surveillons-le quand même parce que d'autres Blancs ont déjà fait sauter des églises de la communauté noire ou ont été poussés par leur frustration sexuelle à commettre des meurtres." C'est l'idée qu'avoir la peau foncée vous rend d'une certaine façon moins digne du bénéfice du doute, moins américain.
De Abir Mukherjee, un auteur de polar issu d'une famille d'immigrés indiens, qui a grandi dans le Sud de l'Écosse, je ne connaissais que sa série de romans policiers et historiques qui débute dans les années 20 en Inde et se passe au moment de l'indépendance du pays.
J'ai donc déjà lu de lui :
- L'Attaque du Calcutta-Darjeeling, voir ICI
- Les princes de Sambalpur voir ICI
- Avec la permission de Gandhi voir ICI
Il me reste encore à lire " Le Soleil rouge de l'Assam" et "Les Ombres de Bombay", que j'ai du mal à trouver en médiathèque car ils sont toujours empruntés.
Aussi lorsque Babelio lors de la dernière Masse critique m'a attribué ce titre, je n'en revenais pas car j'aime beaucoup l'auteur et j'étais curieuse de savoir comment il pouvait changer de style tout en restant l'écrivain talentueux que l'on connait.
Ce roman d'espionnage et d'action a beaucoup de souffle, il est très rythmé et se lit d'une traite. Il pourrait être porté à l'écran sans problème car il est très cinématographique. C'est un roman que j'ai beaucoup aimé découvrir, tant il est bien construit, distrayant, malgré le sujet qui tourne autour du terrorisme (je le signale ici pour ceux qui se poseraient la question, c'est un pur hasard du calendrier donc _je n'oublie pas que demain nous commémorerons le drame du Bataclan_ mais, je ne savais pas en acceptant de recevoir ce livre que le sujet tournait autour du terrorisme).
Le suspense va crescendo et les rebondissements sont inattendus. Le lecteur s'attache à certains des personnages car l'auteur nous permet d'entrer dans l'histoire de chacun. Il analyse avec beaucoup de finesse les motivations des uns et des autres, le pourquoi de leur choix de plonger dans la violence_ ce qui n'excuse rien bien entendu_ car des innocents en paieront le prix. Ce n'est cependant pas un livre violent même si certaines scènes sont décrites, ce n'est jamais dans le détail. Les personnages se sont pas décrits de manière caricaturale ce qui est une belle façon plus humaine de les faire intervenir dans l'histoire.
Les poseurs de bombes ont des comptes à régler avec les politiques mais cet aspect est traité en filigrane. Ce n'est donc pas un livre qui parle de politique américaine même s'il se passe dans le contexte de l'élection présidentielle et que nos deux présidentiables ressemblent étrangement à ceux que nous avons connus.
L'auteur aborde différents thèmes nettement plus intéressants comme l'importance du passé, les souffrances enfouies, l'injustice, la culpabilité, et le besoin de reconnaissance. Il nous montre de près comment fonctionne une cellule terroriste, du recrutement à l'action en passant par la motivation des troupes et le mensonge, car tout n'est pas dit des raisons profondes de leurs actes, et il est surprenant de trouver dans les membres actifs de ce groupe d'anciens militaires rentrant d'Afghanistan.
L'auteur prend également prétexte de son roman pour nous parler de racisme, des personnes invisibles ou désignées coupables à cause de leur couleur de peau, ou parce qu'elles aussi partagent la même religion présumée que les terroristes.
J'ai trouvé ce roman très crédible et par moment émouvant, la quête des parents devenant la nôtre. Il y a bien entendu des personnages auxquels on s'attache davantage, ce qui est le cas du père d'Aliyah, d'autres qu'on déteste d'emblée comme Myriam qui manipule les jeunes et n'hésitera pas à les effacer s'ils ne font pas ce qu'elle désire.
Merci à Babelio et sa Masse Critique, et à l'éditeur, Liana Lévi, pour l'envoi de ce roman.
C'est un roman qui pourra se retrouver sous le sapin sans problème, malgré son sujet douloureux car il contient tous les ingrédients d'un bon roman d'espionnage et d'action contemporain.
Ces gens ne sont pas des djihadistes. Ils sont à l'intérieur des agences de sécurité du gouvernement américain. Ils sont à même de faire libérer des prisonniers et de localiser, pour l'attaquer avec un contingent armé, un site secret du FBI...tout est possible.
Avez-vous fait un jour l'expérience de la peur, pour de bon, agent spécial ? Avoir peur pour de bon, c'est comprendre que le pouvoir que vous pensez détenir, le pouvoir par lequel vous vous croyez invulnérable, n'est qu'une illusion. C'est se rendre compte que n'avez pas le monopole de la violence et que quelqu'un d'autre manie un bâton plus fort que le vôtre. Qu'une autre personne a le pouvoir de vous tuer et que vous ne pouvez rien contre elle. Avoir peur pour de bon, c'est se rendre compte que la force que vous vous imaginez avoir ne repose que sur du sable et qu'en réalité, vous êtes faible, démuni et très probablement condamné à mourir.