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Aujourd'hui nous allons découvrir le petit village d'Aurel dans la Drôme à ne pas confondre avec la commune du même nom qui se situe dans le Vaucluse.
Aurel se situe à une vingtaine de kilomètres de Die et à 25 km de Crest au pied du Vercors dans le Diois donc. Le village est perché sur une colline au milieu d'un cirque montagneux marno-calcaire dont je vous montrerai quelques détails quand je vous présenterai la petite randonnée que nous avons fait par là-bas. Les coteaux sont plantés de vignes particulièrement bien exposées au soleil. Les viticulteurs produisent de la clairette et des vins réputés dans la région en vente dans des caves localement ou à la cave Jaillance de Die.
Le nom d'Aurel proviendrait de cette situation perchée du village qui le place "en prise aux vents" car "Aurel" dériverait de la racine latine "aura" = "vent", avec le suffixe -ellum.
La commune est bordée par deux rivières, la Drôme et la Roanne et traversée au pied du village par le ruisseau de la Colombe.
Le site perché est connu depuis le XIIe siècle où il est fait mention d'un castrum médiéval appelé château-vieux où nous ne sommes pas montés bien qu'il se situe sur une butte proche. Sur la commune ont été retrouvés des vestiges plus anciens datant de l'époque Gallo-Romaine : deux autels dédiés l'un à Mars, l'autre à la déesse Andarta et de nombreux vestiges de riches habitations : plaques de marbre, briques d'hypocauste, pièces de monnaie ainsi qu'une borne milliaire romaine datant du IVème siècle (trouvée sur le Ravin des Bonnettes) et dédiée à Constance qui est inscrite sur la liste "objet mobilier" des MH. Elle est conservée et exposée au Musée Municipal d'Histoire et d'Archéologie de Die où il faudra bien que je me décide à retourner un jour...
Après avoir été la possession de seigneurs dont les Aurel, la commune appartient dès le XIIe siècle, aux évêques de Die et cela jusqu'à la Révolution. Le village possédait alors quatre églises, nous y reviendrons dans notre prochain article.
Depuis la révolution, la commune dépend du canton de Saillans.
Au XIXe siècle, avant le vin, le village d'Aurel est devenu célèbre grâce à son eau minérale.
La Source "Bourdouyre" (ou Font-Bourdouyre), tire son nom d'une appellation celtique "BORV" qui signifie la source "qui bouillonne". On aurait retrouvé des traces de captage qui dateraient des romains !
Les moines du prieuré clunisien utilisèrent les vertus de l'eau de cette source pour leurs maladies de peau. Elle soignerait aussi les "fièvres tierces" (on appelait ainsi le paludisme je crois). Elle serait dépurative, apéritive, bonne pour le foie et la rate.
Les bouteilles d'eau ont été exportées vers les grandes villes, Valence, Grenoble et jusqu'à Marseille et Lyon. La source aurait produit 120 000 bouteilles par an, sans compter la limonade que l’on obtenait en rajoutant du sucre et du citron. Je ne sais pas où se trouve exactement le captage de cette source, certains sites parlent du lieu-dit des Vaunières en contrebas du village (ce qui parait étonnant au point de vue géologique ?!), d'autres la situent près de la Drôme (entre Aurel et Barsac). Je ne perds pas espoir de la localiser exactement d'autant plus que les bâtiments d'exploitation existent toujours mais ils sont certainement privés.
Cette source a été ouverte au public tous les dimanches jusqu'en 1971.
C'est aussi durant ce XIXe siècle qu'Aurel devint un haut lieu de la sériciculture (la culture des vers à soie) grâce à ses 1200 mûriers dont voici un respectable témoin, photographié au pied du village.
Nous allons nous balader dans le vieux village...le parking se trouve tout en bas près du monument aux morts.
Il faut emprunter une petite montée (la montée de la croix) qui bifurque à côté du quartier du moulin (pas vu le moulin !) puis grimper par des petites ruelles (on appelle ces ruelles des viols en patois local) qui montent entre les maisons en s'enroulant autour de la colline.
Parfois, il faut grimper des escaliers et les murets sont joliment fleuris.
Ou prendre carrément un sentier...
Pour arriver enfin en haut du village, seul endroit accessible en voiture en faisant le tour.
De là-haut nous avons une vue remarquable, vous vous en doutez. Nous n'avons pas osé monter plus haut de peur d'arriver sur les terrasses des habitations...
Nous découvrons en redescendant par un autre chemin ce lavoir récent...des années 50 sans doute.
et ces poules qui venaient de rentrer au bercail.
Nous admirons une dernière fois les paysages.
Je n'ai pas voulu faire davantage de photos détaillées des maisons anciennes quasiment toutes rénovées car pendant les vacances scolaires beaucoup étaient ouvertes et habitées. Quand nous visitons des petits villages aussi tranquilles, nous veillons toujours à ne déranger personne. J'espère toutefois que cette visite vous a plu.
C'est donc avec cette porte ancienne que se termine mon article du jour. Dans mon prochain article nous parlerons des édifices religieux du village, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien !