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Comme promis la semaine dernière, aujourd'hui je vous emmène en randonnée. Voilà quelques temps que nous voulions retourner vers Jouques, un joli village provençal qui ne se trouve pas très éloigné de la vallée de la Durance. J'espère y retourner un jour pour vous faire visiter le village.
Après de longues hésitations, car il y avait beaucoup de mistral ce jour-là, nous avons décidé d'effectuer un circuit de randonnée trouvé sur le site Visorando qui permet d'accéder à une petite chapelle totalement isolée, la chapelle Sainte-Consorce.
La randonnée fait un peu plus de 8 km et 460 mètres de dénivelé (mon application une fois la randonnée effectuée, m'a donné 490 mètres...). Le temps de randonnée prévu (A/R) est conçu pour des personnes particulièrement entrainées. Nous avons mis 3h30 en tout sans compter la pause au sommet. C'était le temps préconisé sur le site de Visorando et d'autres sites, mais pas du tout celui noté (= 2h10) sur la pancarte ci-dessous au niveau du parking !
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Déjà nous avons eu du mal à atteindre le parking qui se trouve tout de même à 8 km environ au sud de Jouques. Il y avait énormément de vélos sur la petite route départementale (très étroite et sinueuse) qui rejoint Vauvenargues et nous nous sommes promis de ne pas y retourner un dimanche.
La chapelle n'est accessible qu'à pied à partir du parking du Vallon du Lièvre qui est situé au cœur du Domaine Départemental du Taulisson.
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Le massif du Concors, séparé de la montagne de Sainte-Victoire par la vallée de Vauvenargues, s'étend sur plus de 20 000 hectares entre Venelles, Meyrargues, Peyrolles-en-Provence, Jouques, Saint-Paul-lez-Durance, Rians, Vauvenargues et Saint-Marc-Jaumegarde.
C'est un lieu peu connu bien qu'accessible par la vallée de la Durance ou par Aix-en-Provence. Il fait partie du Grand Site de France Concors Sainte-Victoire, classé Natura 2000.
La balade commence sur une large piste DFCI, bordée d'une flore typiquement provençale, des pins, des chênes verts et blancs, des cistes, du romarin et des tapis de thym. Cela doit être magnifique au printemps.
Au premier carrefour important, il y a deux possibilités. Soit poursuivre par la piste DFCI, soit prendre à droite vers la citerne enterrée...
Dans Visorando, on nous conseillait de faire le circuit à l'envers donc de prendre d'abord à droite à ce carrefour, au lieu de poursuivre la large piste, ce que nous avons fait.
Dans ce sens-là, la montée à la chapelle est plus longue et plus sportive d'après ce que nous avions vu dans les commentaires.
La première partie dans le vallon de Cougourdon est facile et agréable. Puis on emprunte sur la gauche un petit vallon, celui de Pié de Masse. Le sentier devient plus étroit et grimpe au milieu de la végétation, des chênes verts et kermès en particulier formant des taillis épais.
Le sentier est caillouteux et étroit, pas mal raviné par endroit par les dernières pluies, mais facile, la montée est soutenue mais accessible car très régulière, comme j'aime.
A deux endroits différents, au début du vallon du Pié de Masse, alors que nous nous trouvons sur de petites terrasses et que le vallon s'élargit, nous croisons les vestiges d'anciennes charbonnières. Les chaudrons bien que rouillés sont encore en bon état. Ils permettaient de laisser le bois se consumer longuement à l'étouffée, sans danger de mettre le feu à la forêt alentour. Malgré leur taille imposante, ils sont légers et pouvaient être transportés d'une forêt à une autre à dos de mulet.
Le vallon se ferme ensuite, on grimpe entre des falaises calcaires. La côte devient raide pour ne pas dire rude, puisque on grimpe à cet endroit de 200 mètres de dénivelé environ, en à peine plus d'un kilomètre au milieu des cailloux, racines apparentes, blocs effondrés, marches d'escalier creusées naturellement dans le rocher...
Le fond du vallon est magnifique, les arbres recouverts de lichens, montent très hauts sur les versants et mettent le sentier au frais, mais le sol est très glissant car les rochers sont recouverts de mousse et nous devons faire très attention où nous mettons les pieds.
Autant dire qu'à cet endroit je n'ai pas pris le temps de faire des photos. Mon mari non plus d'ailleurs ! Je n'ose pas imaginer la descente après la pluie sur ce sentier, mais en été, c'est idéal pour se balader même en cas de canicule.
J'ai donc emprunté une photo de l'arrivée au sommet (juste avant de déboucher sur la piste il me semble) sur le site de l'OT d'Aix-en-Provence, ICI. J'espère qu'ils me pardonneront, sinon je la supprimerais. Elle montre bien l'ambiance ombragée et humide de ce vallon.
Le sentier débouche ensuite sur la piste DFCI que nous avions délaissée tout à l'heure. La vue est déjà superbe au delà des arbres. Il faut traverser la piste car en face, un sentier pierreux grimpe encore. Il est équipé d'une rampe. Il suffit de s'y engager...
Nous arrivons enfin, à la petite chapelle Sainte-Consorce de Jouques.
Elle est minuscule comme perdue en haut de la montagne de Concors à 750 mètres d'altitude. Elle ne mesure que 6 mètres sur 4.
Cette petite chapelle est déjà mentionnée dans un recueil des droits et revenus de l'archevêque daté entre 1282 et 1323. Elle daterait donc du XIIIe et était administrée par une confrérie.
Sainte Consorce était la fille de Saint Eucher, un évêque ayant vécu en Provence au VIe siècle. La Sainte aurait fondé un hôpital dans la vallée avant de se retirer sur cette colline à laquelle elle donna son nom.
La chapelle est un lieu de pèlerinage. Il a lieu le lundi de pentecôte ou par temps de sècheresse pour implorer la pluie. J'imagine que les pèlerins ne montent pas tous à pied ?
Selon la légende, Consorce et Tulle étaient filles du sénateur Eucher et de son épouse Galla au VIè siècle. Eucher probablement veuf se serait retiré dans son domaine, soit de Beaumont, soit à la Baume Lyonnaise, où des ambassadeurs de l'église de Lyon, se seraient rendus pour en faire leur archevêque. Tulle se serait alors retirée à Sainte-Tulle (Alpes de Haute-Provence) et Consorce, après un séjour dans la montagne de Concors, se serait consacrée à des œuvres charitables. (Allègre 1956).
La chapelle était fermée et il est impossible de voir l'intérieur par l'ouverture, trop sombre.
Devant la chapelle, une terrasse naturellement dallée de calcaire permet de prendre une pause bien méritée et de profiter d'une vue exceptionnelle sur la face nord de la Sainte-Victoire, le massif des Alpilles, et jusqu'à l'étang de Berre, On peut même apercevoir l'aqueduc de Roquefavour les jours de beaux temps, parait-il, mais nous ne l'avons pas vu ce jour-là malgré le fort mistral qui dégageait bien l'horizon.
A partir de la chapelle, on peut poursuivre sur la crête pour atteindre le sommet du Concors à 782 mètres d’altitude où se trouve une tour de guet (vigie incendie). Comme les jours sont courts et que nous avions mis plus de temps pour grimper que prévu, nous avons préféré redescendre tout de suite pour profiter d'une part du soleil sur la grande piste DFCI à la descente, mais aussi de la vue sur les Alpes, la Montagne de Lure et le Luberon ainsi que le Mont Ventoux qui doivent être à présent enneigés.
Nous avons donc fait la descente par la piste DFCI, vu au loin le château du Grand Sambuc, avec la Sainte-Victoire en arrière-plan.
C'est un très beau circuit que nous referons certainement un jour de printemps quand les jours seront plus longs. Malgré le fait que nous soyons arrivés fatigués en haut, nous ne regrettons pas d'avoir effectué la randonnée dans ce sens-là.
Et c'est avec cette lampourde épineuse, une plante découverte ce jour-là car je n'en avais encore jamais vu dans la nature, que se termine, notre petite randonnée du jour. J'espère qu'elle vous a plu et que vous n'êtes pas trop fatigués.
Prochainement, nous allons rester un peu en Provence, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien !