Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Continuons nos balades en Haute-Loire, pour redécouvrir le sentier des chibottes que nous avons déjà parcouru à plusieurs reprises, d'abord en été avec nos petits-enfants, ICI, il y a des années (en 2016) et plus récemment en hiver ICI.
Notre but était d'aller revoir la fameuse Chibotte du chef (appelée "la mairie", ce qu'elle n'était pas !) dans son environnement estival, maintenant que sa rénovation et le défrichage de son environnement sont terminés, mais aussi de découvrir un prolongement du parcours dont je vous parlerai dans un prochain article.
Je vous rappelle que ce site insolite, situé dans les gorges du Dolaizon, est non seulement un site encore sauvage, mais un site classé au patrimoine national, au titre de son environnement, car préservé de tout urbanisme d'une part, et d'autre part, grâce à la présence de près d'une centaine de chibottes, certaines encore en ruine, qui ont toutes été construites entre le XVIIe et le XIXe siècle et qui ont été recensées soigneusement qu'elles soient totalement restaurées, en cours de rénovation ou encore en ruine.
Elles sont les vestiges de cultures anciennes pratiquées jusqu'au début du XXe siècle.
Le site est en effet connu pour ses cultures, en particulier ses cultures vinicoles. Ce terroir a été utilisé pendant des décennies, comme l'atteste la présence de nombreuses terrasses bâties en pierre de basalte sombre, toutes orientées au sud, emmagasinant la chaleur du jour et protégeant les plants la nuit. C'est donc un lieu important qui rappelle que le Velay faisait autrefois partie de la vaste région de langue d'Oc et était rattaché à l'Occitanie. Je rappelle ici pour mes jeunes lecteurs qu'avant 2014, l'Occitanie n'était pas la région actuelle mais comprenait tout le sud de la France et représentait une entité culturelle reconnue.
Les Chibottes servaient avant tout d'abris pour les paysans, qui les ont construites tout en dépierrant leurs parcelles, mais elles ont pu être occasionnellement utilisées au cours des siècles pour des bergers comme c'est le cas des cabanes en pierre dans d'autres régions. Ces constructions de pierre changent de nom selon les régions : borie ou cabanon en Provence, caborde dans le Doubs et le Jura, cabotte en Côte d’or, cadole en Saône-et-Loire, carabelle dans l'Hérault, caselle dans le Lot...et il y en a bien d'autres.
Je ne vous montrerai pas du tout l'ensemble du parcours que l'on trouve partout sur internet et sur les panneaux mis en place sur le parking. Il y a deux circuits, un au départ du village le plus proche, Vals-près-le-Puy et l'autre, plus court au départ du parking où nous avons choisi de nous garer vu qu'une forte pluie était annoncée.
Près du parking, outre des tables de pique-nique, vous trouverez d'autres aménagements.
Et pas de soucis, non plus pour vous repérer, les sentiers sont bien balisés, et des panneaux pédagogiques explicatifs enrichissent le parcours.
J'aime particulièrement l'environnement, les sentiers, les murets de pierre...
Voici une des chibottes...elles sont nombreuses et, comme je vous l'ai dit dans mes précédents articles, de différentes formes mais, toutes sont bâties en pierre sèche selon une méthode qui exclut tout scellement des pierres entre elles. Certaines sont classées aux monuments historiques.
Je pense que celle-ci est la Cabane du bois de Lirate, propriété de la commune et classée aux MH depuis 1986. Je n'ai cependant pas trouvé son nom en clair à côté (seulement sur le plan) donc je peux me tromper.
J'aime particulièrement la Chibotte des vignerons de Vals appelée encore la cabane des Vigneaux. On ne peut découvrir l'intérieur car elle est privée. Les vignobles situés à côté sont le témoin de son activité d'antan et d'aujourd'hui.
Mais, comme je vous l'ai dit, le but de notre balade était de revoir la Chibotte du chef située au lieu-dit le Crousas.
Elle est la plus grande du secteur et présente un étage et une façade plate, ce qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le département. Elle serait la plus ancienne car daterait du XVIe siècle. Elle avait déjà été rénovée dans le passé et a été reconstruite à l'identique par une entreprise locale spécialisée dans les rénovations en pierre sèche.
Voici quelques détails que je vous ai déjà montré dans mon précédent article ICI. Sur la première et la seconde photo, vous pouvez voir de près les deux larmiers qui évitent que la pluie ne ruisselle sur la façade et l'endommage.
Sur la première et la troisième, vous voyez de plus près la base évasée de la construction ainsi que les grosses pierres de taille qui ont permis de récréer la porte d'entrée.
Et voici quelques vues prises de l'intérieur de la Chibotte du chef.
Le sentier qui monte à l'arrière permet de découvrir sa face postérieure arrondie et de l'admirer dans son environnement, cachée par la végétation estivale d'aujourd'hui.
Et comme le temps menace sérieusement de se mettre à la pluie, nous allons à présent nous diriger vers un récent prolongement de ce Sentier des Chibottes, mais ce sera l'occasion d'un autre article, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien !