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Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...

Le philosophe qui n'était pas sage de Laurent Gounelle

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Sandro, un enseignant de philosophie de l’Université, part dans un petit village d’indiens perdu au cœur de la forêt amazonienne pour venger sa femme que les indiens ont tué un an auparavant. Il n’arrive pas à faire son deuil et espère ainsi retrouver le goût de vivre qu’il a perdu. Il ne peut supporter de savoir ce peuple heureux alors que lui souffre tous les jours sans sa femme.

Ces indiens vivent en harmonie parfaite avec la nature. C’est le peuple le plus heureux de la terre !

Accompagné dans ce voyage par quatre mercenaires, Sandro va tout faire pour rendre malheureux ce peuple pacifique et serein.  Comme il échoue au départ dans cette mission, il élabore un plan machiavélique consistant à manipuler les indiens. C’est Krakus qui va se charger de tout, prenant un vrai plaisir à sa tâche.  Il va d’abord  couper les indiens de leur vie quotidienne en les abreuvant d’informations pour les empêcher de réfléchir, puis les obliger à se comparer entre eux, leur faire désirer un corps différent ce qui les rendra malheureux et envieux,  tout en les gavant de sucreries qui leur feront prendre des formes, les couper des autres et d’eux-mêmes, les rendre individualistes, obliger les enfants à tellement travailler après l’école qu’ils n’auront plus le temps de découvrir la vie par eux-mêmes.  Et enfin, les gaver d’objets qui ne les rendront pas plus heureux mais qu’ils voudront avoir à tous prix ! Bref tout ce qui fait souffrir notre société est là : agressivité, peur de manquer, peur de l’autre, individualisme, compétition, envie…

Pour Elianta, la jeune chamane du village c’est incompréhensible. Elle ne reconnait plus son peuple, elle ne comprend plus ses réactions. Les indiens ne pourront  bientôt plus se passer des différents objets et lorsque que Krakus décidera de les supprimer, ce sera l’émeute puis le meurtre !

Mais Sandro va découvrir la tragique vérité. Ce ne sont pas les indiens qui ont tué sa femme…Le lecteur l’avait deviné depuis le début et aurait pu le lui souffler !!

Critique :

L’auteur se sert de ce roman pseudo-philosophique pour dénoncer les méfaits de notre société de consommation, de l’individualisme ambiant et de l’incapacité des hommes à être heureux. Il insiste même lourdement. C’est simpliste et déjà vu !

La lecture de ce roman ne m’a rien apporté du tout, ni fait vibrer en aucune façon. Je préfère regarder un bon film sur les indiens ou lire les récits édités chez Plon dans la collection Terre humaine, certes moins romancés mais tellement plus instructifs. Cela me suffit pour me rappeler à l’ordre et me détacher de la vie matérielle !

Bref, vous aurez compris, je ne suis pas arrivée à adhérer à ce best-seller mondial !

Je trouve qu’il n’est pas si bien écrit que ça. En plus, je n’ai pas eu de plaisir à le lire, mais j’ai attendu néanmoins l’étincelle qui n’est pas venue car par respect pour les auteurs,  j’essaie toujours de terminer un livre que j’ai commencé.

Je n’ai même pas non plus envie de le faire lire à des ados. Car  les ados ont droit à plus de respect :  l’histoire est cousue de fil blanc ! Dès le départ le lecteur comprend que la femme de Sandro n’a pas pu être tuée par les indiens si pacifiques… et les messages que ce roman est censé transmettre sont déjà largement débattus par les ados eux-mêmes. Ils savent qu’ils sont accros aux marques, à internet, à la télé, pas si bêtes les mômes qu'est-ce que vous croyez !

Je ne porterai aucun jugement sur les adultes qui ne se sont pas encore posés toutes ces questions existentielles de base. S’ils ont besoin de Laurent Gounelle (qui dit d'alleurs avoir pour mission d'être un passeur) pour le découvrir…pourquoi pas ! Mais je les plains de tout mon cœur... que leur vie doit être triste et vide.

Le + (il paraît que j'en trouve toujours) :

Certains passages qui décrivent la nature dégagent une poésie certaine,  et le personnage d’Elianta est  le seul à être un tant soit peu attachant.  Mais elle aurait pu nous donner tellement plus c'est regrettable...

 

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S
Bonjour, je ne fais pas partie de la catégorie des "jeunes" loin de là et la vie ne m'a pas épargné.
Des questions existentielles, tout le monde s'en pose à partir du moment où l'on perd ses illusions. Vous n'êtes pas un cas isolé loin de là.
Ce livre, moi je l'ai adoré, dévoré en 1 heure, il est simple à lire, il est prenant, et l'on a hâte de découvrir la fin de l'histoire même si on la présuppose d'entrée.
Ceci dit, j'aime la manière dont Laurent Gounelle amène le lecteur à s'interroger et élargir sa vision sur le sens de l'existence. Donc un super auteur, et je lui souhaite une longue carrière. Aucun autre, pour moi, n'a son talent dans ce domaine, mis à part Paulo Coelho avec son "Alchimiste".
Par ailleurs, je voulais souligner une faute de grammaire dans votre article sur l'accord du participe passé avec un verbe pronominal ; on dit " les adultes qui ne se sont pas encore posé toutes ces questions" et non poséS!!!
Déplorable pour quelqu'un qui donne son avis sur des bouquins...
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M
Merci de me faire cette remarque, tout le monde peut à l'occasion laisser passer une faute mais inutile d'être agressive non plus, je n'ai de leçon à recevoir de personne.
Sur ce blog c'est la sincérité qui prime, je ne présente que les livres que j'ai aimé au moins pour quelque chose ou qui peuvent être lus et aimés par d'autres. Je ne présente aussi que ceux que j'ai lus jusqu'au bout et lorsque j'émets des critiques je le fais toujours avec le plus de diplomatie possible.
Quand j'ai lu cet auteur, on m'en avait dit beaucoup de bien et je m'attendais à un livre beaucoup plus profond qui me mène à une réflexion plus élaborée, d'où ma déception, car déception il y a eu. J'ai d'ailleurs assimilé cette lecture à du feel-good que pourtant je présente de temps en temps. Un livre qui fait du bien donc, mais à ceux qui en ont besoin, les autres s'y ennuient. Pour moi "l'Alchimiste" ne peut pas lui être comparé, il est plus qu'au dessus, à mes yeux. Chacun est libre de son ressenti c'est notre unique liberté ! Pour ma part j'avais aimé le personnage d'Elianta et les passages poétiques voilà pourquoi je l'avais présenté, car je pensais en plus que certaines personnes pouvaient l'aimer...Bonne journée, je corrigerais ma faute et cela me donnera l'occasion de changer la couleur de mon texte qui n'est plus du tout lisible sur ordinateur depuis que j'ai changé le thème de mon blog)...vous voyez vous avez bien fait de passer...d'ailleurs je vous fais remarquer qu'il y a aussi des fautes de français et de frappe aussi chez nos plus grands auteurs et éditeurs...
K
C'est drôle comment nous sommes tous différent. Pour moi ce livre a aidé de mettre les mots sur ce à quoi j'ai pensé déjà. je n'avais aucune attente de scénario car l'histoire est là juste pour permettre ouvrir les yeux sur certaines choses de la société...c'est tout. J'ai vraiment apprécié ce livre comme les autres que j'ai lu de Gounelle :) merci de ton partage - c'est intéressent de découvrir les différentes visions de la même chose :) (milles excuses pour mon français pas parfait )
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M
Merci pour votre visite et votre message...je dis toujours ce que je pense et j'avais trouvé certains passages poétiques mais je m'attendais il est vrai à un livre plus profond. Je crois que je l'aurai aimé davantage si je l'avais lu quand j'étais jeune. A mon âge, j'ai eu le temps de bien réfléchir à toutes ces idées positives pour voir la vie et du coup j'ai été déçue...