Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
J'aime l'odeur de quand je suis dans les bras de mon père. C'est la sueur, même s'il met du Mennen (une marque de parfum d'homme).
Chais pas, ça sent comme si je risquais vraiment rien.
Dans cet opus qui est le premier d'une série, Esther est une petite fille âgée de 10 ans. Elle est en classe de CM1 dans une école privée, son père désirant la protéger des dérives de notre société. Elle a un grand frère qui fréquente le collège, et des parents qui l'aiment. Elle, c'est surtout son père qu'elle aime, et admire, car c'est avec lui qu'elle se sent particulièrement en sécurité.
L'album raconte sa vie quotidienne à la maison, en famille, à l'école ou en colonie de vacances avec ses amies, mais aussi ses réflexions personnelles à propos de ce qu'elle découvre. Elle vit sa vie intensément comme savent le faire les enfants de cet âge, qui découvrent le monde qui les entoure, tout en sortant peu à peu de l'enfance. Elle commence à s'intéresser aux adolescents et aux préoccupations des adultes, mais ne comprend pas encore tout, et pose parfois des questions dérangeantes (et bien entendu amusantes pour nous adultes).
Le regard qu'elle pose sur la société d'aujourd'hui, est à la fois innocent et plein de justesse.
Ce décalage, souvent drôle, est aussi terriblement émouvant, ajouté à la personnalité et à la vitalité de la jeune Esther, ils font tout le sel de l'histoire...
Mon père, il dit que les garçons sont moins fous dans le privé que dans les écoles gratuites (Oui mon père pense que les garçons sont fous, et il a raison)...
Mon père, il dit que dans les écoles gratuites, il y a beaucoup de violence. C'est pour ça qu'il m'a mise dans le privé. Il a peur pour moi (je l'aime)...
Mon père il m'a dit que Dieu, Jésus, la magie, tout ça c'était des inventions d'hommes intelligents pour manipuler les hommes moins intelligents sans qu'ils s'en rendent compte.
Sinon, ma deuxième meilleure amie, elle est noire, c’est Cassandre. Elle, c’est bizarre, on dirait qu’elle est raciste avec elle-même, ça me fait de la peine...
Elle a des problèmes familiaux, elle connait pas son père. Sa mère est toute seule. Je sais même pas ce que je ferais si j'avais pas mon père. Je pense que je mourirais.
Voilà une série que je voulais lire depuis longtemps. Et j'ai décidé récemment de l'emprunter à la médiathèque.
Cette série qui suivra Esther jusqu'à ses 18 ans, (il y a 9 opus en tout, un pour chaque année scolaire donc), explore la société d'aujourd'hui. L'auteur, Riad Sattouf, explique qu'il s'est inspiré des propos et des histoires d'une petite fille de sa connaissance, la fille d'un couple d'amis. Bien entendu, tous les noms ont été modifiés.
Les 52 mini- histoires d'une seule page chacune, qui composent l'album, ont été prépubliées dans l'Observateur ce qui explique leur format court. Elles forment une "sorte" de journal intime, mais aussi un portrait de l'enfance d'aujourd'hui, et de notre époque. Ce premier album est paru il y a 10 ans et n'a pas pris une ride.
J'ai aimé l'ambiance, la manière dont notre jeune héroïne perçoit le monde des adultes, et la société. J'ai aimé aussi l'humour de l'auteur et la manière dont il croque la petite fille.
L'album explore des thèmes variés, drôles ou plus graves : l'école, l'amitié qui se fait ou se défait, l'amour, la famille, les rêves, les chanteurs préférés, le racisme, les attentats de Charlie Hebdo, la politique, les téléphones portables...
Au départ, j'ai été un peu rebutée par le graphisme plutôt classique, et le texte assez dense, écrit parfois en tout petit, et sur un fond de couleur ce qui n'en facilite pas sa lecture. Chaque planche noir et blanc, ne présente qu'une ou deux couleurs supplémentaires : rouge et vert, bleu et rouge, jaune et rouge...
Mais passées les premières planches, je me suis plongée avec délice dans les réflexions et les frasques de cette héroïne attachante, pleine de vie, parfois cruelle et injuste, comme le sont souvent les enfants de cet âge, mais qui sait aussi nous toucher en plein coeur quand elle se trouve démunie. Dans cet album, il y a beaucoup d'humour mais aussi beaucoup de tendresse et j'ai en particulier aimé les passages où elle parle de son père, qu'elle adore.
C'est drôle, vivant, plein de fraicheur et je l'avoue, je suis tombée sous le charme de cette petite fille. J'ai eu du plaisir à la voir évoluer au fil des pages et je suis persuadée que j'aurai aussi du plaisir à la voir grandir en lisant la suite de ses aventures, car je compte bien continuer à découvrir la série en l'empruntant de temps en temps en médiathèque car en parallèle j'ai commencé à lire une autre série pour adulte du même auteur, "L'arabe du futur" et je vous présenterai le tome 1 dès que je le peux.
Depuis 2018, la série a été adaptée à la TV par Canal +. Peut-être avez vous eu l'occasion de la voir, moi pas ?
Lire l'avis de Doc Bird ICI, qui n'avait pas apprécié le graphisme mais a néanmoins lu la série entière...Fanja ICI , je ne sais pas jusqu'à quel tome elle a lu la série, et Violette ICI.
Dans la vie, il y a des jours de bonheur et des jours de grand malheur (J'ai remarqué ça)..
Il faut profiter des gens tant qu'ils sont là, parce qu'on ne sait jamais ce qu'il peut nous arriver dans le futur.
Comment je me vois dans quatre ans ?
Ben, je pense que je serai une "ado" mais pas à problèmes...J'aurai un bonnet et enfin un téléphone (mais pas un iphone, mon père il m'a dit "si tu veux un iphone, travaille, et paie-le toi").
A 18 ans, j'aurai fini mes études (le rêve) et je passerai des castings de chanteuse.
J'aurais des habits larges pour être jugée que sur ma voix.