Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Et oui aujourd'hui c'est la Sainte-Barbe, et chaque année j'en reparle au risque de vous lasser, mais je ne peux m'empêcher de penser à mes nouveaux abonnés, que j'en profite pour remercier ici. Et désolée pour les anciens, si de temps en temps je reparle des mêmes sujets...je vous remercie tous pour votre fidélité et votre patience.
Alors qu'un peu partout sur notre territoire, toutes les communes s'apprêtent à fêter la Sainte-Barbe, sainte qui protège nos pompiers et nos mineurs, dans les familles provençales, qu'elles vivent en Provence ou pas, c'est le jour de perpétuer une tradition ancestrale qui daterait du Néolithique, rien que ça, nous dit-on sur un site consulté récemment, celle de planter le blé et les lentilles. Les hommes en ce temps-là vivaient au plus près des saisons, ils commençaient à se sédentariser et faisaient des offrandes à la terre afin d'assurer la récolte suivante. Bon honnêtement je ne suis pas allée interviewer un homme préhistorique pour savoir si cette coutume remonte réellement ou pas aussi loin dans le temps !
Mais ce dont on est certain, c'est qu'on retrouve la trace de cette pratique sous l'Empire romain : les semences une fois germées étaient offertes à la Terre-mère. Si le blé germait bien, cela inaugurait une belle année avec de bonnes et abondantes récoltes. Il s'agissait d'une coutume païenne, en ce temps-là, et c'est beaucoup plus récemment que les coutumes païennes et chrétiennes se sont mêlées pour aboutir à nos pratiques d'aujourd'hui.
Cette tradition est ancrée dans la région à tel point qu'on trouve du blé planté, en train de germer, dans la plupart des commerces et autres lieux d'accueil du public. C'est très décoratif !
Si vous êtes croyants, le blé doit être planté dans trois coupelles, li tres sietouns (symbolisant la Trinité pour les chrétiens) qui orneront ensuite le pied du sapin, la crèche et la table familiale le jour de Noël. Sinon vous faites comme vous voulez.
Comment réussir la plantation ?
Ma grand-mère plantait ses graines dans des assiettes creuses. Puis le manque de place a fait que ma mère a plutôt utilisé des coupelles un peu plus hautes. Personnellement, je change chaque année les contenants : verrines transparentes afin d'admirer les racines et de contrôler le niveau d'arrosage, ou bien petites poteries qui se placent aisément au bord de la fenêtre, et selon l'endroit où je vais passer les fêtes, je change pour pouvoir les transporter éventuellement.
Et, comme nous ne sommes pas croyants dans la famille, j'en plante plus de trois et je mélange au blé des lentilles qui font aussi de bien jolies pousses aériennes et d'un beau vert tendre. Dans certaines familles en particulier dans le Vaucluse on sème aussi des pois chiches mais je n'ai jamais essayé de le faire.
1 - Placer du coton humide au fond de vos coupelles.
2 - Bien l'humidifier.
3 - Poser les graines au dessus. Les vaporiser légèrement tous les jours pour que le coton reste humide. Vous pouvez tricher et faire tremper vos graines la nuit précédent la plantation.
4 - Les regarder pousser tous les jours...c'est mon calendrier de l'avent ! Et surtout ne pas trop les arroser et les exposer à la lumière naturelle.
Traditionnellement, les pousses étaient replantées aux quatre coins du jardin après l'épiphanie. Mais cela devient de plus en plus difficile de le faire car il faut bien reconnaître que le chauffage d'aujourd'hui dans nos maisons n'a plus grand chose à voir avec celui d'antan, les plantules ont tendance à se dessécher plus vite et ne tiennent pas toujours chaque année jusqu'à cette date.
J'ai acheté mes sachets de graines bien en avance. Les boulangers en proposent, les agriculteurs aussi, au profit d'associations locales caritatives. Selon les années je varie mes achats.
C'est l'esprit de Noël chez nous et cela commence par cet acte humble mais symbolique qui s'effectue en toute modestie avec les moyens du bord, un acte bien éloigné de notre société de consommation.
En célébrant ainsi une tradition ancestrale, je retombe en enfance, je me relie à mes ancêtres, et surtout je place en l'avenir pour mes proches, mes espoirs de bonne santé et d'une belle année "prospère" pour tous.
Et si les pousses sont belles, on dit ici :
« Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn ! »
autrement dit, quand le blé va bien, tout va bien !
Et en attendant, bonne journée à tous, peut-être la passerez-vous au coin du feu ?