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Dans un environnement magnifique, de nombreux arbres permettant de reconstituer une véritable forêt ont été plantés, entre 1989 à 1993, par les enfants des écoles du Diois, lors d'un projet visant à les sensibiliser à la richesse du milieu forestier surnommé, "Le projet Giono, l'homme qui plantait des arbres".
Je n'ai rien trouvé de précis sur la conception de cette forêt (à part le tracé de la balade), ni de détails sur ce projet qui est trop ancien, mais des panneaux pédagogiques placés sur les lieux nous en apprennent davantage.
C'est donc bien le court roman écrit par Jean Giono "L'homme qui plantait des arbres" que je vous ai présenté ICI, qui a donné son nom au projet et à la forêt.
Le projet a été imaginé en 1989 par Frédéric Back, l'illustrateur et scénariste québécois. Il a bien entendu été soutenu par l'ONF et le Département de la Drôme ainsi que par la municipalité qui continue à entretenir les lieux.
Comme il est indiqué sur le panneau ci-dessous, lors de la mise en place du "projet Giono", les élèves des écoles ont marché dans les pas du berger et plantés 3000 arbres sur les terrasses au dessus de Châtillon-en-Diois. Le surpâturage (et l'érosion consécutive) avait provoqué pas mal de dégâts sur les pentes, depuis des décennies. Les anciennes terrasses de culture étaient devenues des friches.
Par leurs plantations, les enfants ont pu redonner vie à ce versant : l'eau retenue par les racines des arbres ne dévale plus les pentes et un sous-bois fourni s'est peu à peu reconstitué.
A noter : Un projet similaire a permis de faire revivre une petite forêt dédiée à Jean Giono, à Salaberry-de-Valleyfield, au Canada (pour ceux qui connaissent !).
J'aime les paysages qui entourent la forêt. Il y avait une jolie lumière le jour de notre petite balade.
Le sentier qui nous emmène jusqu'à la cascade de l'Adoux, dont je vous ai parlé ICI, est déjà bordé d'arbres. Il devient plus étroit après la cascade, et grimpe en lacets au cœur du versant, sous les arbres. Le promeneur peut ainsi monter et descendre selon son humeur du moment pour découvrir les différents arbres et les panneaux qui les accompagnent. Je n'ai pas pris tous les panneaux en photos, mais...je vais vous présenter quelques-uns des arbres plantés.
Quelques panneaux pédagogiques expliquent l'importance des arbres dans la nature.
Le hêtre commun (Fagus sylvatica) est comme son nom l'indique, une espèce forestière commune de nos forêts des régions tempérées et celui-ci a une belle taille. En fait, il est présent dans toute l'Europe en particulier sur les sols calcaires. Il peut mesurer jusqu'à 35 mètres de hauteur et vivre plus de 300 ans. Sur les sols profonds, il retient l'eau du sol grâce à son système racinaire étendu.
Il est présent dans toutes les montagnes françaises (en métropole) mais rare en Aquitaine et dans le sud-est, où on ne le trouve que dans quelques forêts d'altitude de l'arrière pays (dans le Vaucluse par exemple) et dans la forêt de la Sainte-Beaume.
Le pin noir d'Autriche (Pinus nigra) a aussi son importance. Il a été souvent utilisé pour reboiser facilement certaines parcelles de forêt dans les zones montagneuses, ses racines puissantes permettant de retenir la terre très vite et donc de stabiliser les sols. De plus, il aime tous les types de sol. Pour le découvrir sur ma photo, il faut regarder le plus haut possible vers le ciel, au delà des feuillus qui forment le premier plan.
Il peut atteindre 35 mètres de hauteur !
Un autre pin est présent sur les lieux : c'est le pin blanc (Pinus strobus). C'était l'arbre de la paix des Iroquois et il est intégré depuis 2017 dans le drapeau et les armoiries de la ville de Montréal. Il est en effet originaire de l'Amérique du Nord et il a été introduit en France en 1850. Il est depuis utilisé très fréquemment en reboisement mais aussi en menuiserie. Il a toute sa place ici puisque le projet est né grâce à l'intervention de Frédéric Back, illustrateur et scénariste canadien.
Son bois clair est à l'origine de son nom commun. C'est un arbre d'une longévité remarquable puisqu'il peut vivre entre 400 et 600 ans.
Le frêne commun ou frêne élevé (Fraxinus excelsior) se reconnaît facilement à ses feuilles découpées. Il peut vivre 200 ans et peut atteindre jusqu'à 40 mètres de hauteur. Il est absent du pourtour méditerranéen (où se trouve une autre espèce de frêne) mais est très répandu dans toute l'Europe. On le trouve dans les forêts claires car il a besoin de lumière pour pousser.
Plus rare dans la Drôme est l'érable plane (Acer platanoides) appelé aussi l'érable à feuilles de platanes. Il aime pousser à l'ombre d'arbres plus grands et peut ainsi atteindre 20 à 30 mètre de haut et vivre 200 ans. On ne le trouve pas dans l'Ouest de la France.
L'alisier torminal encore appelé sorbier torminal (Torminalis glaberrima), est encore plus rare. Il est surtout présent en Alsace et en Lorraine. C'est un bel arbre qui peut atteindre 20 à 30 mètres en forêt, 10 à 15 mètres dans les clairières ou les plaines. On peut le trouver un peu partout dans l'hexagone mais de manière éparse. Ce qui ne se voit pas du tout sur mes photos (ratées) c'est que ses feuilles sont recouvertes d'un fin duvet.
Au fil de nos pas au bord du sentier, nous découvrons cet ancien cabanon qui ressemble beaucoup aux cabanons de vignes que l'on découvre près de Châtillon-en-Diois. C'est un vestige de l'époque où ce versant était cultivé en terrasses. Il devait être utilisé pour stocker le matériel agricole, les récoltes et permettait au cultivateur de faire une pause à l'abri des intempéries.
Ici et là, comme je vous l'ai déjà dit dans mon précédent article, on découvre des captages, en activité ou pas. En voici deux exemples.
Enfin, au XIXe siècle, dans cette zone, se trouvait un bassin de rouissage (appelé aussi routoir) qui permettait d'attendrir par macération les fibres de chanvre qui étaient ensuite utilisées pour fabriquer des cordages. Il aurait été fonctionnel jusque dans les années 60. Nous n'avons pas trouvé la trace de cet ancien bassin...Dommage !
Si vous avez des précisions à ce sujet, je suis preneuse bien évidemment.
A noter : l'appellation Projet Giono a été reprise en 2011 pour un nouveau projet de l'ONF.
Dans ce projet-là, il s'agit de récolter des graines provenant d'essence menacées par le changement climatique (récupérées dans la forêt de la Sainte Beaume en Provence), puis de les replanter en pépinière. Ensuite les jeunes plants seront replantés à Verdun.
Voir ICI et sur la vidéo ci-dessous pour les curieux.
Ainsi se termine ma balade du jour dans la forêt Giono. Pour cette fin de semaine, nous resterons dans la Drôme pour visiter deux expos découvertes lors de mon séjour, enfin, comme d'habitude... si vous le voulez bien !