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Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...

L'homme qui plantait des arbres / Jean Giono

Gallimard / Lacombe, 1989

Gallimard / Lacombe, 1989

Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable.

Voilà un court roman que je devais absolument vous présenter cette semaine, vu qu'hier je vous ai emmené dans un lieu prénommé la "forêt Giono" (ICI) dont je vous donnerai encore plus de détails demain. Certains parmi vous se sont demandés pourquoi une telle appellation, mais il fallait bien que je ménage un peu le suspense !

Tout d'abord, avant que nous parlions du contenu de ce court roman qui est pour moi, une relecture, voici quelques-unes des couvertures récentes choisies par les différents éditeurs pour ce même livre, au fil des années. Comme vous le devinez, il s'adresse à tous les âges dès 9/10 ans et jusqu'à 99 ans !

Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.
Voici différentes couvertures pour ce même livre.

Voici différentes couvertures pour ce même livre.

Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille était sortis. Sur ces vingt mille, il pensait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu'il y a d'impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n'y avait rien auparavant.

Dans cette magnifique histoire qui commence comme un conte, un jeune homme, le narrateur, nous raconte comment, lors d'une de ses randonnées en montagne dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors qu'il vient de passer la nuit près d'un village abandonné totalement en ruine, il fait connaissance avec un personnage inoubliable.

Alors qu'il pensait trouver une fontaine au village, et qu'il est toujours à la recherche d'une source pour s'abreuver à 5 heures de marche de là, il rencontre en effet un berger, Elzéard Bouffier, qui l'invite à passer la nuit dans sa modeste cabane, auprès de son troupeau. La cabane est en fait une magnifique maison toute en pierre et bien aménagée.

Le berger s'est replié avec son troupeau, à cet endroit isolé au milieu des montagnes,  après avoir perdu sa femme et ses enfants et tout ce qu'il lui importait de sa vie d'avant. Depuis, il mène une vie calme et sereine au milieu de ses bêtes et de son chien. 

Tous les soirs, une fois le repas terminé, il trie des glands qu'il a ramassés dans la journée en gardant son troupeau. Il en choisit cent qu'il met de côté. Le lendemain, muni d'une longue barre de fer, il va les planter sur les coteaux désertiques, espérant ainsi redonner vie à ces montagnes. Et en effet, depuis trois ans qu'il s'adonne à cette tache quotidienne, il a réussi à voir pousser quelques jeunes et belles plantules. 

Mais la guerre de 14 passe par là, le narrateur revient sur les lieux cinq ans après, meurtri par ce qu'il a vécu. Il découvre alors que les plantules sont devenues de superbes chênes qui ont grandi et le dépassent déjà en taille à présent. Non seulement le berger est toujours en vie, mais il a abandonné ses brebis pour devenir apiculteur tout en poursuivant inlassablement sa mission quotidienne...

Au fil des ans, à la place de la montagne dénudée, se dresse désormais une magnifique forêt de chênes...mais aussi de bouleaux, de hêtres, d'érables. Certains crient au miracle...car la vie est revenue dans la montagne et avec elle la biodiversité. L'eau coule maintenant dans la vallée et peu à peu malgré la Seconde guerre mondiale qui pointe le bout de son nez, la vie va reprend, des maisons sont reconstruites et des villages retrouvent leurs animations et leurs rires d'antan... 

Quelques illustrations prises au hasard à l'intérieur de l'album car toutes sont magnifiques !
Quelques illustrations prises au hasard à l'intérieur de l'album car toutes sont magnifiques !
Quelques illustrations prises au hasard à l'intérieur de l'album car toutes sont magnifiques !
Quelques illustrations prises au hasard à l'intérieur de l'album car toutes sont magnifiques !

Quelques illustrations prises au hasard à l'intérieur de l'album car toutes sont magnifiques !

Quand je réfléchis qu'un homme seul réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Chanaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable.

Ce roman très poétique, écrit en 1953, est une pure merveille littéraire bien que ce soit un texte simple d'une grande sobriété. Il en dit davantage que de nombreux romans qui nous parle d'écologie aujourd'hui. Il s'agit non seulement d'un hymne à la nature mais aussi d'une très belle découverte tant littéraire qu'humaine. 

Jean Giono a écrit ce récit à la suite d’un concours organisé par le magazine américain Reader’s Digest. Le livre a été publié partout dans le monde. Il a été traduit dans 12 langues et est considéré aujourd'hui comme un véritable manifeste de la cause écologique. 

Il nous parle de la mort d'une région qui, à cause du surpâturage, des incendies, des étés de sècheresse...a été désertée par ses habitants alors qu'elle était pourtant déjà occupée à l'époque gallo-romaine.

Le berger qui ne s'encombre pas l'esprit en tergiversations diverses, va droit au but et propose une belle façon d'y ramener la vie. Il sait qu'une partie de ses plantations ne donneront rien mais l'important est pour lui que certaines résistent aux éléments et décident de s'implanter, quel que soit leur nombre. Avec de la volonté, de la minutie, du travail, de la patience, et beaucoup d'amour de la terre et de la nature, il réussit à faire des prodiges, s'opposant ainsi à la folie destructrice des hommes, symbolisée dans le roman par les deux guerres mondiales, qui constituent le contexte historique en arrière-plan. Ce qu'il veut lui, c'est changer le monde qui l'entoure, garder espoir, et prouver que la nature peut reprendre le dessus. 

Pour l'auteur, et cela est vrai dans toute son oeuvre, l'arbre est le symbole de la vie, de la résilience et de l'espoir. Dans ce texte que l'on peut considérer comme d'avant-garde, il invite le lecteur à faire de même, c'est à dire à donner toute sa chance à la nature, à se sentir responsable de son devenir, à la préserver des hommes et à changer le monde qui nous entoure car chaque petit geste même dérisoire ou apparemment sans espoir, compte. 

C'est aussi un texte qui aborde la notion de bonheur, celui de faire tous les jours, tranquillement, quelque chose auquel on tient, sans attendre aucun remerciement ni louange de qui que ce soit.  

A noter aussi que l'auteur prête un caractère "divin" au berger et insère dans son texte de nombreuses références à la Bible et à Dieu. 

Jean Giono nous offre un texte universel et une lecture à plusieurs niveaux, ce qui explique que ce roman ait été publié soit en littérature jeunesse, soit adulte et qu'il soit étudié en classe dès le CM1 mais aussi au collège. J'ai découvert, sauf erreur de ma part, que cette oeuvre à la portée humaniste, était même intégrée dans le programme du bac de français pour illustrer les thèmes de l'écologie et de l'humanisme, entre autres.

Mais, quand je fais le compte de tout ce qu'il a fallu de constance dans la grandeur d'âme et d'acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d'un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette oeuvre digne de Dieu.

De ce court roman a été tiré un superbe film d'animation que vous êtes sans doute nombreux à connaître. 

Il a été réalisé par l'illustrateur québécois, Frédéric Back pour Radio-Canada en 1987. Il illustrera ensuite l'album (en format italien), que je vous présente aujourd'hui, en 1989.

Deux versions du film sont sorties en même temps : une version française, narrée par Philippe Noiret, et une adaptation anglaise par Jean Roberts, narrée par Christopher Plummer. La musique a été composée par Normand Roger. 

Le film a reçu de nombreux prix dont le Cristal du court métrage du Festival international du film d'animation d'Annecy en 1987 et l'Oscar du meilleur court métrage d'animation, décerné par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences de Los Angeles, aux États-Unis, le 11 avril 1988. En tout, il en a gagné plus de quarante dans des festivals un peu partout dans le monde ! 

Je vous mets le lien ci-dessous, puisque disponible dans Youtube.

Et c'est sur cette "mosaïculture" inspirée des dessins de Frédéric Back que se termine mon article du jour. Elle représente le berger en train de planter ses graines et est exposée au parc des Faubourgs, à Montréal.  Je le précise pour ceux qui ont eu la chance d'y aller ou iront un jour (photo wikipedia). 

 

 

Bonne lecture ! 

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C
Bonjour , je l'ai lu aussi il y a quelques années, j'en ai gardé toujours un très bon souvenir.
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P
Bonjour Manou,<br /> J’espère que tu as passé un bel été. Absorbée par les recherches sur l’exposition de 1925, j’ai peu fréquenté les blogs et lu beaucoup moins que d’habitude.<br /> Ce texte de Giono est un de mes livres « source », ceux auxquels on s’abreuve régulièrement pour retrouver espoir, énergie, sens du rêve ou autre.<br /> J’ai offert le dernier album à mon mari la semaine dernière et il faut que je reparte en quête d’un exemplaire du texte original, j’ai (encore) offert le mien à une amie !<br /> Agréable fin de semaine <br /> Bises<br /> Anne
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E
Bonjour Manou. Je n'ai pas lu ce roman qui devrait me plaire car j'adore les arbres. Bonne journée et bisous
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M
Je l'ai lu et beaucoup aimé ce beau livre et planté beaucoup d'arbres, et ils envahissent maintenant, certains ont beaucoup grandi mais avec les fleurs et les arbustes je les apprécie !<br /> Je me bagarre avec mon nouveau portable et un fournisseur que je refuse, ouf !!<br /> Bisous Manou
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P
Comme je suis contente que tu présentes ce livre.<br /> J'habitais au Canada lorsque j'ai lu cette oeuvre. On en parlait beaucoup car il avait été adapté au cinéma par Frédéric Back et produit à la télévision française de la Société "Radio-Canada- Mon fils ainé m'avait même offert le livre.<br /> J'étais loin à ce moment là de savoir qu'un jour j'allais habiter dans les Alpes de Haute Provence. Ce livre est une petite pépite.<br /> Merci Manou
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M
J'aime tellement ce livre... J'aime tellement Giono...
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M
Joli moment de lecture ta presentation , je connais le livre ❤️ mais pas le film ! Mon grand pere avait du le lire car grand amoureux de la nature il plantait noyaux et pepins pendant ses balades 😀 je continue à faire comme lui 😉 <br /> Gros bisous<br /> Mitou
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G
Très beau livre et qui correspond en effet parfaitement avec tes balades
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F
Je n'ai toujours pas lu Giono mais ça serait une bonne occasion. En plus j'adore les illustrations de ton album illustré. Merci pour cette présentation qui me donne bien envie de combler une lacune littéraire !
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P
Je l'ai lu quand j'étais ado, je pense, et je n'ai pas aimé. Mon avis serait peut-être différent aujourd'hui...
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A
J'oublie souvent le contenu des livres lus mais pas celui-là. C'était durant un trajet en tgv... En Afrique certains participent à la plantation d'arbres pour le projet de la ceinture verte. Bises
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M
"Plante un arbre, plante un arbre<br /> Ne laisse pas mourir la terre des enfants<br /> Plante un arbre, plante un arbre<br /> Réveille-toi tant qu'il est temps!"<br /> <br /> Théo Mertens
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V
Un récit-fable qui nous offre une sacrée leçon de Vie et de respect de notre terre. Un très court texte mais d'une grande intensité. Ce livre est un véritable plaidoyer pour la nature.<br /> L'un des premiers livres que j'ai lu "comme une grande" ,Il fait parti des livres qui ont marqué mon enfance; <br /> A lire et à relire pour les hommes et la vie. <br /> Bonne soirée Manou<br /> Je t'embrasse
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T
Pour le moment, la seule édition que j'ai croisée (à plusieurs reprises!) m'a rebuté, parce que le "dossier scolaire" est plus long que le texte de Giono lui-même => je ne l'ai jamais acheté... mais je pense que je finirai par lire cet oeuvre d'une manière o d'une autre, merci pour cette belle évocation.<br /> (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
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C
C'est le livre de Giono qui est le plus connu en Espagne...et je ne l'ai jamais lu !!! Alors voilà, je vais le lire et l'offrir pour la Noël à tous mes amis, et famille espagnols, magnifique.<br /> Merci pour ce superbe bille Manou !
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M
Bonjour Manou,<br /> Ah Giono, mes lectures d'enfance et d'adolescence...<br /> Bisous.<br /> Bon après-midi,<br /> Mo
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L
Coucou tu sais que plusieurs personnes ont réalisé cette œuvre à divers endroits défavorisés de la planète. Bisous
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S
Je l'ai découvert l'an dernier pour un rdv de lectures classiques et j'ai pu comprendre pourquoi il est conseillé à la jeunesse. Quel personnage visionnaire que cet Elzéard Bouffier ! Et la plume de Giono est splendide.
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C
bonjour Manou<br /> il a fait partie de nos manuels scolaires lorsque j'enseignais !! un bel ouvrage<br /> ravie de te retrouver
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F
Un simple geste à répéter quotidiennement et une forêt surgit un jour... agir à partir d'actes tout simple peut changer le monde, bien mieux que théories tapageuses et pratiques nombrilistes... Le "m'as-tu-vu" n'a pas sa place pour qui veut respecter la Nature. Elle, depuis des millénaires, sait qu'en son sein, rien ne se perd, rien ne se crée mais Tout se transforme.<br /> Merveilleux et sage Giono, je lirai cet ouvrage à la gloire du bon semeur..<br /> Amitiés. ...
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