Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Derrière moi, peu profonde, turquoise et sombre, la mer se retire des hectares de sable qui rejoignent les silhouettes noires des montagnes se découpant à distance contre un ciel menaçant, marbré de bleu et de mauve. Des échardes de soleil éclatent à la surface de l'océan et mouchettent les collines. Par endroits, un ciel d'un bleu parfait troue les nuages, surprenant, irréel.
Je n'ai aucune idée du lieu où je me trouve. Et, pour la première fois depuis que j'ai repris conscience, je me rends compte, soudain saisi par une angoisse fulgurante et douloureuse, que je n'ai pas la moindre notion de qui je suis.
Nous voici sur l'île de Lewis en Ecosse. Un homme rejeté par les vagues et en hypothermie sévère, se réveille sur la plage. Il est en état de choc. Il ignore où il se trouve, ce qu'il lui est arrivé mais aussi qui il est. Il ne doit sa survie qu'à son gilet de sauvetage. Très vite en marchant sur la plage, il croise une vieille dame et constate qu'il est connu. Le voyant dans un triste état, elle le raccompagne chez lui : c'est la propriétaire de la maison qu'il loue près de la mer. C'est ainsi qu'il retrouve Bran son chien qui l'attendait, sa maison, ses habitudes, et une partie de sa vie, enfin ce qui semble être sa vie. Jour après jour, il va chercher à en savoir davantage sur lui-même avant de tout avouer de son amnésie soudaine à sa voisine, Sally, qui semble être sa maîtresse depuis plusieurs mois.
Mais d'autres questions ne vont pas attendre pour surgir...
Que fait-il depuis plusieurs mois sur cette île sauvage des Hébrides, battues par les vents ?
D'où provient l'argent caché dans les combles qu'il a retrouvé en fouillant la maison?
Et à qui appartiennent les ruches découvertes sur l'île, bien cachées sur le sentier du Cercueil, là où les insulaires autrefois partaient enterrer leurs morts, ainsi que le labo installé dans le cabanon au fond du jardin ?
Et pourquoi a-t-il raconté à tout le monde qu'il écrivait un livre sur les disparus du phare des îles Flannan, alors que le mystère n'a jamais été élucidé un siècle plus tôt et qu'il ne retrouve pas trace d'un manuscrit ?
Enfin, est- ce lui qui a tué l'homme retrouvé près du phare ?
Neal va chercher à l'apprendre et en faisant cela alors qu'un sentiment d'horreur le submerge de jour en jour davantage, il se met sans le savoir de plus en plus en danger, non seulement lui mais aussi ses proches...
Retrouvera- t-il son identité et des réponses à ses questions à temps, vous le saurez en lisant ce polar addictif..
Le bruit court qu'Einstein aurait dit que si les abeilles disparaissaient, la race humaine s'éteindrait en quatre ans. C'est une citation apocryphe, bien sûr, mais pas très éloignée de la réalité. Sans l'abeille, il n'existe aucun moyen d'alimenter la population humaine et animale de la planète...Il y aurait une famine massive.
Avec un savoir-faire qui semble venir d'une mémoire instinctive plutôt que d'un souvenir conscient, j'ôte les pierres du toit de la ruche, je détache et enlève le toit pour mettre à jour ce que je connais comme étant le couvre-cadre. Ce dernier est inhabituel. En plastique transparent, il permet d'observer l'intérieur de la ruche.
"Que font-elles ?"me demande Sally.
"Elles se regroupent pour se réchauffer"...
"Elles sont à toi ces ruches ?"
- J'imagine que oui.
C'est un roman très prenant qui m'a tenu en haleine tout au long de sa lecture. Dès les premières pages le lecteur veut savoir ce qui est arrivé à celui que tout le monde appelle Neal Maclean.
Le lecteur comprend très vite que plusieurs personnes présentes dans son entourage vivent sous couverture et qu'elles ne sont là que dans un but précis, le surveiller et rapporter ses faits et gestes. Tout le problème sera de découvrir à qui ils doivent donner ces renseignements, donc qui est du côté de Neal et qui ne l'est pas.
Le suspense est bien présent. L'intrigue rejoint de manière tout à fait subtile les préoccupations écologiques actuelles, en particulier autour des abeilles et de l'utilisation des néonicotinoïdes. Le roman nous fait découvrir alors un complot tout à fait crédible : il est question de mises à l'écart professionnelles, de protection de l'environnement et en particulier de la faune et des abeilles, d'expériences scientifiques indispensables mais dont les résultats ont été boycottés.
Il est aussi question d'une famille meurtrie et de Karen, une ado désespérée, sur laquelle je ne vous dirai rien de plus de peur de gâcher votre découverte si vous désirez lire ce thriller un jour prochain.
La petite île de Lewis est un personnage à part entière car les personnages du roman vivent au rythme des marées et des tempêtes et ajoutent à l'atmosphère oppressante du roman et à l'angoisse du personnage principal en quête de réponses et de son identité.
Comme la plupart des événements du roman se situent, soit en bord de mer, sur l'île, soit à bord d'un bateau, sauf quelques courtes pages qui se passent en ville, cette lecture peut sans problème être éligible au BookTrip en mer de Fanja, voir le bilan des livres lus ICI.
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Bonne lecture !
Alors que ma chronique était déjà programmée, j'ai appris en début de semaine que l'auteur venait de décéder le 27 septembre dernier...
Immédiatement, le bruit de la tempête qui se déchaine au dehors diminue et nous nous retrouvons pris dans une étrange bulle de calme. Comme si nous avions franchi une sorte de portail qui nous aurait transportés dans un autre temps et un autre monde. Je me rends compte que nous sommes tous les trois trempés jusqu'aux os et tremblants de froid.
Il n'y a pas un signe de vie. Pas un bruit...