Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
Aujourd'hui, je vous propose de repartir sur le sentier que nous avons exploré précédemment, pour découvrir quelques détails de la flore, plus particulièrement quelques fruits sauvages d'hiver, la plupart consommés par les animaux sauvages ou même parfois par les hommes.
L'arbre le plus emblématique des bords de prairies est le frêne commun ou frêne élevé (Fraxinus excelsior). Je vous en parle à nouveau car c'est un arbre qui, comme je vous l'ai déjà dit, était autrefois taillé en têtard environ tous les cinq ans, dans plusieurs de nos régions afin que les branches restent toujours basses et à portée de main des hommes. Les paysans en effet ramassaient les jeunes pousses pour compléter la nourriture de leurs vaches. Autant vous dire que lors des étés de sècheresse, elles ne manquaient jamais de verdure fraîche. Avec le changement climatique, cette pratique un temps quasiment abandonnée, est de nouveau d'actualité dans plusieurs régions, en particulier dans l'Aubrac.
Les frênes poussent naturellement dans la nature, se ressemant ici ou là au gré de leurs envies, parfois même dans nos jardins. Ils sont superbes et je ne résiste pas à vous en montrer quelques-uns dans leur tenue hivernale.
Nous n'avions jamais remarqué que de cette saison, si certains frênes communs arborent encore leurs fruits appelés des samares (désolée je n'ai pas pu en faire de photos de près car trop hautes) d'autres en étaient totalement dépourvus.
En fait, le frêne est un arbre présentant des pieds mâles et des pieds femelles mais aussi des pieds à la fois mâle et femelle (hermaphrodite donc). On dit que c'est une espère végétale sub-dioïque ou trioïque. Les fleurs et donc les fruits ne se trouvent bien entendu que sur les pieds femelles ou hermaphrodites. Les samares servent de nourriture aux oiseaux en particulier aux fringilles car elles restent sur l'arbre durant tout l'hiver et ne tombent pas tant que dure la saison froide.
Continuons notre exploration avec un arbuste dont la présence en Haute-Loire reste exceptionnelle pour des raisons que je ne connais pas : le genévrier commun (Juniperus communis). Celui-ci a un bel âge vue la taille de son tronc et il était couvert de baies encore vertes. Celles-ci sont comestibles pour nous bien entendu puisqu'on en parfume de nombreux plats en cuisine. Séchés, on peut aussi les intégrer dans des tisanes lors des épisodes de grippe ou autres infections hivernales. Les oiseaux en sont également très friands.
Les églantiers sont nombreux et éclairent les bords de chemins avec leurs baies rouges, les cynorrhodons. Celles de l'année dernière sont sèches. Vous pouvez les cueillir et même en faire des confitures excellentes à la santé, si le coeur vous en dit, ou les intégrer, une fois séchées dans vos tisanes qui seront ainsi enrichies en vitamine C. Cette année il n'y en avait pas assez mais cela m'est arrivé de faire quelques pots de confiture, c'est fastidieux car il faut les trier une à une pour enlever les poils, mais délicieux.
Ces baies constituent une nourriture appréciée des oiseaux, des écureuils et des lapins mais aussi de la plupart des herbivores vivant en forêt, chevreuils, cerfs et même des sangliers.
Il ne faut pas les confondre avec celles de l'aubépine qui sont également comestibles mais plus petites. Elles sont particulièrement appréciées des oiseaux en particulier des grives mais aussi des oiseaux de nos jardins. D'ailleurs, vous pouvez les cueillir dans la nature et les proposer dans vos mangeoires. Les moineaux, les mésanges et les chardonnerets les apprécient tout particulièrement.
Les mûres ont séché sur pied. Elles aussi servent de nourriture d'appoint aux animaux.
Au bord du chemin, les graines des fruits du cirse commun contribuent elles-aussi à nourrir les oiseaux durant l'hiver. A noter, la plante entière fraîche est comestible malgré ses nombreux piquants !
Quelques champignons résistent au froid. Ce sont des pézizes orangées.
Et les noisetiers sont déjà en fleurs, annonçant un peu en avance, avec leurs chatons...l'arrivée du printemps ! Les noisettes par contre ont déjà toutes été soit ramassées par les humains, soit dévorées par les animaux de passage.
Notre balade est terminée pour aujourd'hui. J'espère qu'elle vous a plu.
Bonne fin de semaine à tous !