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Durant l'été et mon séjour en Haute-Loire, nous avons pu visiter, dans le cadre d'une des activités proposées par l'Association du patrimoine dont nous faisons partie, le parc du château du Thiolent (que l'on trouve parfois écrit "Thiollent" avec deux "l" je ne sais pas pourquoi). Ce château est situé dans le hameau éponyme, sur la commune de Vergezac en Haute-Loire. Ne pas confondre ce château avec le château de Vergezac dont je vous avais parlé lorsque je vous ai fait visiter le bourg qui lui se trouve au centre du bourg à quelques kilomètres de là (voir mon article ICI).
Le château du Thiolent se trouve lui en pleine campagne au milieu des champs. Le propriétaire des lieux, Monsieur de Veyrac nous attendait et avant la visite du parc, il nous a raconté l'histoire passionnante de ses ancêtres et donc celle du château, celui-ci appartenant à sa famille depuis le XIXe siècle (au moins six générations sauf erreur de ma part). Nous n'avons pas pu visiter l'intérieur du château, la visite ayant été décidée à une date ultérieure alors que nous étions absents. Ce sera pour une autre fois !
Aujourd'hui, je vais donc vous raconter brièvement l'histoire de ce château et vous montrer quelques photos vu de l'extérieur, puis, dans un second article je vous ferai découvrir le parc plus en détails.
Voici tout d'abord le château tel qu'il apparait aux yeux du visiteur dans son cadre de verdure (côté parking).
Le château y compris le parc, sa fontaine, ses escaliers, son pigeonnier et le portail d'entrée (entre autres) est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1991. Tous les biens protégés sont décrits sur le site de Monumentum ICI.
Le château est connu depuis la fin du Moyen Âge. Au départ c'était une simple demeure.
Au XIVe siècle, pour faire face aux pilleurs qui sévissent dans la région durant la Guerre de Cent ans, il est fortifié dans un but défensif et entouré de douves. Il devient donc en 1445, une véritable maison forte comme on en trouve encore beaucoup dans la région. Il appartient alors aux du Thiolent jusqu'à la fin du XVIIe siècle, en 1615.
En 1648, il passe par alliance aux De Rochefort d'Ally. Le château est profondément remanié. La bâtisse est agrandie et encadrée de cinq tours dont une, plus haute et crénelée, joue le rôle de donjon. Des fenêtres sont ouvertes sur la façade, rendant la demeure plus agréable et plus facile à chauffer (les hivers en ce temps-là sont glacials). Les plus importants travaux de réaménagements ont lieu entre 1767 et 1770, au XVIIIe siècle donc, alors que le château a été transmis par succession aux d'Apchier. Ils sont menés par Jean-Claude Portal, un architecte originaire du Puy-en-Velay qui a, entre autre, rénové la cathédrale de la ville. C'est de là que datent les décorations intérieures et l'agencement des appartements, mais aussi, le mur de clôture du parc qui délimite les cinq hectares et la plupart des plantations dont je vous parlerai dans un prochain article. Pour cela tout l'espace autour du château est surélevé et aplani. Inutile de préciser que les fossés ont également été comblés à cette époque.
A la Révolution, le donjon est détruit (et les bâtiments détériorés). La tour sera reconstruite d'une taille inférieure à celle d'origine et sans créneaux. C'est la seule qui subsiste aujourd'hui.
Voici le château avec sa tour (ancien donjon), tel qu'on le découvre lorsqu'on se place à côté des dépendances. La partie droite est la plus récente. Vous remarquerez sur la dernière photo que la base du mur de l'aile gauche est renforcée. Cette aile, avec la tour ronde adjacente (ancien donjon), forme la partie la plus ancienne du château. Elle date du XVe siècle.
En faisant le tour par la gauche, on découvre la façade du château, telle qu'on peut la voir à partir des maisons du hameau à travers les arbres.
Puis la façade principale côté portail "officiel" apparait. C'est elle aussi que je vous ai montré sur la première photo de l'article. C'est devant cette partie du château qu'ont été tracés des jardins à la française datant du XVIIIe siècle.
Le portail d'entrée officiel lui fait face. Il fait partie des éléments classés aux Monuments historiques. Il est intéressant car il présente les armoiries de la famille de Rochefort d'Ally entouré de six merlettes, rangées en orle c'est-à-dire 3 de chaque côté ("De gueules à la bande ondoyée d'argent, accompagnée de six merlettes de même, rangées en orle, trois de chaque côté"). Les merlettes cependant ne sont pas représentées exactement comme sur le blason de la famille. Elles ont été amputées de leurs pattes et de leurs ailes. Ainsi représentées, elles symboliseraient (sauf erreur de ma part) les ennemis vaincus, tués ou pas sur le champ de bataille...ou les blessures reçues.
Désolée pour les photos mais je ne pouvais pas éviter le contre jour ce matin là.
Enfin en pénétrant dans le parc, nous avons une vue sur la quatrième façade cachée par les nombreuses plantations de tilleul dont une plus récente. J'aime ces petites portes et escaliers qui permettent de passer d'un endroit à l'autre et qui donnent beaucoup de charme à la visite.
Je ne peux poursuivre la visite sans vous faire découvrir quelques détails. Comme vous l'avez vu sur mes photos, le château est bâti en totalité en pierres volcaniques de différentes couleurs qui apparaissent sous le crépi et lui donnent beaucoup de charme. En regardant les fenêtres de plus près, nous avons découvert qu'en plus de la pierre locale de Beyssac qui a été beaucoup utilisée dans la région pour les encadrements, une pierre plus tendre entoure certaines fenêtres. C'est la pierre de Blavozy. C'est de l'arkose c'est-à-dire une roche sédimentaire de couleur ocre ou gris clair qui provient de l'érosion du granite ce qui explique qu'elle peut être taillée et sculptée sans difficulté. Durant le XVe siècle, lors de la rénovation du château, cette roche a été utilisée pour tailler des encadrements de fenêtres après avoir été percée de petits trous placés régulièrement et cela à des fins uniquement décoratives.
Pour info : les carrières de Blavozy se trouvent à plus de 25 km et le transport se faisait en charrette tirée par des bœufs.
Il ne faut pas oublier que le château est entouré de terres agricoles qui sont cultivées. Les propriétaires les exploitent eux-mêmes et y cultivent en particulier les célèbres lentilles vertes du Puy. Il y a de nombreuses dépendances qui elles aussi ont été remaniées au fil du temps.
En contrebas, devant ces dépendances, se trouvaient un bassin qui est actuellement comblé. Il se trouvait accolé à ce mur qui porte la trace d'anciennes voûtes.
A noter une salle faisant partie des communs, située à l'arrière du château, est louée pour les mariages (ou autres fêtes) et le parc est un lieu idéal pour faire des photos souvenirs magnifiques.
Et c'est avec cette dernière photo fleurie que se termine notre visite du jour. Prochainement, comme précisé plus haut, nous visiterons le parc, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien !