Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes, mes créations ou mes voyages : intellectuels, spirituels, botaniques ou culinaires...
C'est grâce au bois de la Chaise (écrit parfois bois de la Chaize) que l'île de Noirmoutier a connu son essor touristique. Ce bois est en effet bordé de cinq plages. C'est un vaste domaine forestier de 110 hectares situé sur la côte sauvage de l'île. De nombreuses essences végétales y poussent abondamment : pins maritimes, chênes verts, arbousiers, mimosas.
Les chênes verts sont installés depuis longtemps. On fait mention de leur présence dès le 15e siècle mais ils devaient exister auparavant.
Au 16e siècle, le bois de la chaise est rasé par les espagnols, puis au 17e par les hollandais, la famille Jacobsen vient de s'installer sur l'île et veut l'aménager...
En 1793, durant la Guerre de Vendée, les armées vendéennes et républicaines qui s'affrontent, subissent ainsi que la population un hiver particulièrement rigoureux. Le bois est coupé pour se chauffer et préparer la nourriture. Les Jacobsen à qui appartiennent la grande majorité des terres, replanteront ensuite des pins maritimes.
Puis de nombreux cyprès de Lambert (Cupressus macrocarpa) sont plantés pour reboiser d'autres parties de l'île. Ils sont tous plus que centenaires ! Ce sont des cyprès qui viennent de Californie, et dont la croissance s'adapte aux vents forts de la côte atlantique ou de la manche. Certains spécimens seraient présents aussi dans le sud-est en particulier dans les Alpes maritimes, dans les massifs des Maures et de l'Estérel, à l'intérieur des terres, mais aussi en Alsace et en Île de France, dans des arboretums.
On en voit un peu partout dans le bois de la Chaise et ailleurs sur l'île, et ils sont tout simplement magnifiques.
Une centaine de villas sont ensuite construites au milieu des arbres par des notables. Elles sont nichées (cachées) au coeur de la végétation comme celle que je vous montre au début de l'article. Les premières ont été construites vers 1860, date à laquelle les terrains ont pu être vendues car n'appartenant plus à la famille Jacobsen.
Ces villas sont les témoins des nombreux touristes aisés qui s'installèrent sur l'île.
Déjà de nombreux écrivains, poètes, peintres décrivaient le lieu comme un petit paradis. Puis les scientifiques vinrent découvrir la faune et la flore. Au début du 19e siècle, les touristes viennent s'y baigner en s'attachant au départ avec des cordes car personne ne sait nager, puis la pêche de loisir se développe ainsi que les premiers sports nautiques.
Vers 1850, la plage des Dames est aménagée, un hôtel accueille les touristes et on leur propose des balades à pied ou à dos d'âne sur les sentiers. L'estacade que je vous ai montré ICI, permettait aux touristes de débarquer en venant directement de Pornic par le vapeur. Les parisiens et les nantais étaient nombreux à prendre des vacances sur l'île et à arriver par la mer.
C'est vers 1863 que la Société des bains de mer de Noirmoutier aménage les cabines de bains à la plage des Dames. Elles seront louées aux estivants et se transmettront souvent de génération en génération.
En tout sur toute la longueur des plages de la baie de Bourg neuf, elles seraient exactement 213.
Voici quelques panneaux expliquant l'histoire du bois de la chaise et de la plage des Dames dont nous avons parlé ICI.
Au coeur de la forêt de chênes verts, on découvre en se promenant sur le sentier, la grotte Saint-Philbert. C'est un lieu de pèlerinage au départ de Noirmoutier-en-l'Ile. Cette modeste cavité qui s'ouvre des deux côtés fait partie de l'histoire de l'île. Elle est fermée et protégée par une grille. Le lieu est considéré comme sacré.
"Né à Eauze (Gers) vers l'an 616, Philbert est le fils d'un représentant de l'autorité royale en Aquitaine ; il est élevé à la cour du roi Dagobert. À dix-huit ans, il entre au monastère de Rebais (Seine-et-Marne), puis est élu abbé en 650. Après un long voyage à travers les abbayes de France et d'Italie, il revient à Rebais ; puis fonde le monastère de Jumièges (Seine-Maritime). Mais le maire du palais, Ebroïn, le fait emprisonner à Rouen. Il est libéré après quelques semaines mais doit quitter la Normandie pour trouver asile en Poitou où il fonde, en 677, un monastère dans l'île d'Her, qui deviendra plus tard l'île de Noirmoutier. Des moines venus de Jumièges formeront avec lui la première communauté de l'île où il mourra en 685.
Les incursions normandes étant de plus en plus fréquentes dans l'île, les moines de Noirmoutier décident en 836 de transporter le sarcophage du fondateur dans l'église de Déas à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique). En 858, les invasions normandes conduisent les moines à emporter les reliques jusqu'à l’abbaye Saint-Philibert de Tournus (Saône-et-Loire). La crypte de l’église de Noirmoutier-en-l’Île est construite sur le premier lieu de sépulture de saint Philbert, évangélisateur de la région au VII e siècle.
Le saint local domine la vie religieuse de l'île. Ses reliques - une vertèbre conservée dans une châsse à l'église de Noirmoutier - sont visibles lors de processions qui partent de l'église et vont jusqu'à la grotte de Saint- Philbert située près de l'Estacade".
[extrait : https://www.academia.edu/]
D'autres grottes sont visibles en longeant la côte au coeur du bois. Elles se sont formées dans les grès de Noirmoutier et parfois entre les blocs basculés.
Voilà notre balade du jour est terminée. J'espère qu'elle vous a plu.
Nous allons prochainement profiter de la marée basse pour nous faufiler entre ces rochers et gagner par le bord de mer la jolie petite plage de l'anse rouge, enfin comme d'habitude... si vous le voulez bien !