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Comme promis, nous allons aujourd'hui grimper sur le plateau volcanique par les calades pour parvenir jusqu'au prieuré dont je vous ai déjà donné un aperçu dans mes précédents articles ICI et Là.
Mais avant, un peu d'histoire... Selon les sites les dates diffèrent, je ne rentre donc pas trop précisément dans les détails.
Le prieuré de Chanteuges est un ancien monastère bénédictin perché à 540 mètres sur son piton volcanique.
Claude, seigneur de Chanteuges et son épouse Engalmode, fondatrice de Saint-Pierre-des-Chazes, décident de fonder une communauté de chanoines à Chanteuges sur ses terres. Il charge son neveu Cunabart, prévôt du chapitre de Saint-Julien de Brioude, de le réaliser. Les choses ne se dérouleront pas tout à fait selon ses désirs mais qu'importe (pour les détails voir ICI).
L'acte de fondation de l'abbaye est signé en l'an 936 par Cunabart et l'évêque du Puy. L'abbaye ne doit cependant qu'un cens spirituel au chapitre de Brioude ce qui signifie qu'elle restera indépendante et n'aura à payer aucune redevance. Les premiers moines s'installent en provenance de l'abbaye Saint Géraud-d'Aurillac.
Vers 1130, le seigneur voisin, Ithier de Mandulphe, de Digons, s'empare de l'abbaye et la transforme en forteresse. Puis en 1137, l'abbaye est rattachée à celle de La Chaise-Dieu. L'abbé transforme alors l'abbaye en prieuré. Il reconstruit l'église en reprenant les plans d'origine.
Le prieuré devient au XVe siècle la résidence des abbés de La-Chaise-Dieu.
C'est durant ce siècle que le dernier abbé régulier de La Chaise-Dieu, Jacques de Saint-Nectaire, entreprend la construction de la voûte d'ogives de la nef centrale. Il reprend les ouvertures des façades. Il fait construire à ses frais la chapelle Sainte-Anne, en mémoire de sa sœur Anne décédée en 1496 (Je vous la ferai visiter prochainement !).
Puis, en 1640, l'abbaye passe sous la responsabilité des bénédictins de Saint-Maur. Le prieuré ne subit pas de dégâts pendant les guerres de religion. Il sera vendu comme bien national en 1792.
A partir du village, on accède au prieuré à pied en empruntant la calade Saint Marcelin (avec un seul "l" ?) qui longe en contrebas les remparts que je vous ai montré ICI.
On arrive sur une esplanade sur laquelle se trouve le monument aux morts, face à des paysages magnifiques car le prieuré domine les vallées de la Desges et de l'Allier. Au loin, on voit même en zoomant à peine, le village de Saint-Arcons-d'Allier.
On arrive ensuite devant une porte située au nord qui à l'origine devait être double et présente donc un sas. Au-dessus se trouve un logis qui permettait de loger le frère portier qui contrôlait l'entrée dans le prieuré.
Dans le sas d'entrée, un plan nous précise l'emplacement des différents lieux à visiter. La visite est gratuite.
Voici quelques vues de la cour intérieure. Au fond en face, la chapelle Saint-Anne, accessible uniquement par le cloître et à côté, les logements de l'Abbé. Sur la gauche, rénovés, les logements des moines reconnaissables à leurs fenêtres aux volets bleus.
Le prieuré imposant par sa position et ses fortifications, possède une très belle église datant du milieu du 12e siècle, l'église Saint-Marcellin (avec deux "l") que l'on retrouve aussi sous l'appellation d'église Saint-Saturnin (je ne sais pas pourquoi). C'est une église d'inspiration romane classée aux Monument historiques depuis 1840 qui possède comme trésor d'avoir les plus beaux chapiteaux d'Auvergne. De plus, l'église a un plan original car elle n'a pas de transept ni d'ambulatoire.
Je vous la montre aujourd'hui de l'extérieur. Sur la première photo ci-dessous vous pouvez voir à gauche le porche d'entrée du cloître que nous visiterons ultérieurement.
La façade occidentale est dominée par un clocher carré imposant. Elle est percée par une haute baie à remplages flamboyants qui écrase par ses dimensions le porche d'entrée.
Il existe des traces sur cette façade d'un avant-porche aujourd'hui inexistant.
Voici quelques détails de cette façade. On voit bien que les baies romanes ont presque toutes un remplage gothique.
En faisant le tour de l'église, on découvre la façade sud au pied de laquelle se trouvait l'ancien cimetière. D'autres anciennes ouvertures romanes, aujourd'hui condamnées, sont bien visibles. On peut noter les trous de boulins sur cette façade.
En regardant de plus près une des ouvertures constituée de trois arcatures, on voit que l'ouverture centrale romane est surmontée elle aussi d'un remplage gothique. De part et d'autre, les ouvertures romanes murées présentent un arc trilobé.
Toutes les ouvertures ainsi que le porche d'entrée sont joliment décorées de colonnettes ornées de chapiteaux romans sculptés représentant tous des feuillages sauf un. Certains sont des réemplois et appartenaient à l'ancien édifice et sont donc très érodés.
Voici quelques-uns de ces chapiteaux photographiés sur les deux façades ouest et sud.
Un seul sort de l'ordinaire et représente une tête d'animal : un chat.
De ce côté-là, les remparts conservent encore une tourelle, certainement une ancienne tour de guet.
Et on peut découvrir l'abside de l'église vue de l'extérieur et construite à flanc de falaise en se rapprochant du bord des remparts.
De l'intérieur du cloître, nous avons un aperçu de la façade nord et de l'ancienne porte d'accès au cloître aujourd'hui murée et entourée de ses deux colonnettes surmontées de chapiteaux romans.
Autres détails pris sur les lieux : une représentation ancienne de l'église, l'arrière des logements de l'Abbé et la porte latérale qui permet de monter au clocher.
J'espère que cette visite vous a plu, même si elle est un peu longue, mais encore une fois je ne voulais pas faire deux articles à ce sujet, d'autant plus que les visites de l'intérieur qui vont suivre vont être elles aussi, assez fournies. En espérant ne pas vous lasser.
Prochainement, nous entrerons dans l'église, et je vous promets encore de belles choses à découvrir, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien !