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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 06:20
Un bon aïoli provençal

Un bon aïoli provençal

 

Autant les traditions de noël sont encore bien ancrées chez nous en Provence, que l'on soit croyants ou pas comme je l'ai souvent raconté ici, autant celles de Pâques sont tombées peu à peu dans l'oubli, à part bien sûr les traditionnels oeufs durs consommés en famille à l'époque, qui ont été remplacés pour le plus grand bonheur des gourmands, par des oeufs en chocolat ! 

 

Ma mère faisait tout de même un gros bouquet composé de branches de laurier (je parle du laurier sauce bien sûr) et d'olivier qui, même s'il n'était point béni le jour des Rameaux comme le voulait la tradition religieuse, était censé protéger les habitants de la maison toute l'année, donc nous, et avait le mérite à mes yeux de la décorer joliment. C'était d'ailleurs la seule décoration de la maison avec quelques bouquets de fleurs coupées du jardin.  

 

Au niveau alimentaire, dans ma famille, nous ne faisions rien de particulier non plus durant les quarante jours du carême, qui dure je le rappelle de mardi-gras au dimanche de Pâques, car nous avons toujours mangé en Provence beaucoup de poissons, de céréales et de légumes secs ou frais donc notre régime alimentaire ne changeait pas.

 

Mais il faut noter que certaines traditions ont tout de même la vie dure : c'est le cas de l'aïoli. Nous n'avons jamais oublié de le faire, le vendredi précédent Pâques, ce fameux vendredi saint (aujourd'hui donc). 

 

L'aïoli reste un des plats préférés des provençaux et se mange toute l'année ! 

Je vous mets le lien ci-dessous vers ma recette intemporelle que vous pouvez bien sûr agrémenter des légumes que vous aimez, car chez nous ce plat s'adapte à la saison.

Je vous en dis aussi un peu plus sur ce plat traditionnel dans ce même article.

Bon aïoli et bonne lecture ! 

 

Petite remarque à part concernant la remontée d'articles.

Remonter un article en changeant sa date supprime tous les liens qui ont été déjà fait soit sur les réseaux sociaux, soit dans des articles de blogueurs, ou autre. Par contre mettre le lien vers l'article ne modifie rien...Voilà pourquoi je préfère cette solution, car ce n'est pas parce que l'article n'a pas été commenté précédemment qu'il n'est pas lu, mis en lien dans des sites ou sur des réseaux sociaux ou simplement mis en favoris chez des particuliers.

Voilà pourquoi je ne fais jamais de remontée d'articles.

 

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:11
Quelques recettes d'agneau
Quelques recettes d'agneauQuelques recettes d'agneau

Quelques recettes d'agneau

 

Que vous soyez croyant ou non l'agneau va se retrouver sur votre table de Pâques comme dans de nombreux pays.

Mais savez-vous au moins pourquoi ? 

Vous allez me dire c'est parce que c'est la viande que nous trouvons le plus souvent à acheter au meilleur prix au moment de Pâques et vous n'aurez pas tort ! 

De plus tout le monde sait que les agneaux naissent dès la fin de l'hiver et que Pâques est le moment où ils sont bons à manger...

 

Petit historique de cette tradition...

 

Pour les familles croyantes, l'agneau pascal a une place symbolique et en particulier dans les traditions juive et chrétienne. Cette tradition tire son origine de différents passages de la bible. 

Dans la religion juive, on retrouve l'origine de cette tradition dans l'ancien testament. L'agneau rappelle l'exode et la traversée de la mer Rouge. Dieu aurait donné l'ordre à Moïse que chaque famille tue un agneau mâle avant de traverser la mer. Le sang de l'agneau était répandu sur les portes des maisons avec une branche d'hysope afin de porter chance aux premiers-nés des familles, de sexe mâle et de les épargner de la mort, prédite par l'Ange Exterminateur. 

Dans la tradition chrétienne, la fête de Pâques symbolise la résurrection de Jésus. L'agneau pascal symbolise le Christ ressuscité et donc le passage de la mort à la vie. Il symbolise aussi l'innocence, la douceur et la bonté et donc la soumission à la volonté de Dieu. D'ailleurs le mot "agneau" est utilisé pour désigner le Christ. 

 

Que vous soyez donc croyant ou pas, il faudra bien trouver des idées pour le cuisiner...

Internet regorge de recettes qui vont du simple rôti d'agneau (au four ou en cocotte) agrémenté ou pas d'herbes, de petits légumes...à des recettes plus compliquées. 

Pour vous simplifier la vie, je vous rappelle trois recettes qui peuvent être préparées la veille et qui demandent peu de surveillance afin que les cuisiniers et cuisinières  profitent de leur famille.

 

Tout d'abord le gigot à la cuillère que je vous ai mis très récemment sur le blog...

 

 

Ensuite, plus exotique mais non moins goûteux, le tajine d'agneau aux épices et aux abricots moelleux dont je raffole. 

 

Vous pouvez aussi tester ma recette de Cuissot de sanglier aux herbes de Provence en cuisinant de cette façon-là votre gigot dans un four. La différence c'est qu'il faudra l'arroser souvent mais le faire cuire un peu moins longtemps...La cuisson peut être faite en deux temps (la veille et le jour même). 

A noter que cette recette est mon article le plus vu (ou lu) depuis que je l'ai publié. Chaque mois, cet article est en tête quelle que soit la saison. J'imagine que c'est parce quelqu'un l'a mis sur facebook d'une part et que le lien circule sur les réseaux sociaux, mais aussi parce que c'est une recette excellente (en toute modestie)...et je le crois, assez originale.

Vu que c'est une recette de ma grand-mère, il ne peut en être autrement car nos ancêtres savaient ce qu'étaient les bonnes choses... 

N'est-ce pas ? Et nous leur devons beaucoup en ce qui concerne les traditions culinaires !

 

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 06:48
Un gibassier prêt à déguster

Un gibassier prêt à déguster

 

Voilà la recette traditionnelle du 13ème dessert de noël en Provence.

C'est le seul dessert qui divise les provençaux. En effet selon les villes et villages, la recette subit des variations et le gibassier ressemble plus à une brioche qu'au biscuit croquant et dur qui se conserve très longtemps et que l'on vend dans la région de Lourmarin par exemple (dans le Luberon) et tout autour d'Aix-en-Provence. Ce biscuit, lorsqu'il est brioché s'appelle alors la pompe à huile et ne se conserve que quelques jours. On le retrouve à Marseille.

Là je sens que certains vont crier au scandale car encore aujourd'hui ce sujet est tout à fait délicat. Il y a ceux qui préfèrent la pompe et ceux qui ne jurent que par le gibassier.

Les diplomates dont je fais partie, servent aussi bien l'un que l'autre et mélangent les appellations...C'est ça la tolérance ! 

 

 

Pour confectionner le gibassier (lou gibassié)

 

Il faut 

300 g de farine

80 g de cassonade

10 càs de lait

10 càs d'huile d'olive

4 càs de fleur d'oranger

de la levure de boulanger (20 g) ou lyophilisée (1 sachet suffit)

Au choix vous aromatiserez votre biscuit avec soit le zeste râpé finement d'une orange BIO, soit des grains d'anis, soit mais cela est une variante moderne, avec un zeste de citron également BIO.

C'est très facile à faire !

 

La préparation

 

0- Délayer la levure dans le lait.

 

1- Mélanger tous les ingrédients et pétrir à la main. 

 

2- Former une boule (ou deux selon votre envie) que vous placerez sur une plaque recouverte de papier sulfurisé beurré ou de silicone.

 

3- Aplatir cette boule avec les paumes des mains jusqu'à former un biscuit ovale et jusqu'à ce que le gibassier ait une épaisseur de 8 mm environ / 1 cm max.

 

Voilà à quoi il ressemble avant cuisson (ici aux écorces d'orange)

Voilà à quoi il ressemble avant cuisson (ici aux écorces d'orange)

 

4- Avec un couteau (attention de ne pas trop appuyer ou vous couperez votre papier), inciser profondément le gibassier dans le sens de sa longueur.

 

5 - Enfourner environ 20 minutes jusqu'à ce qu'il soit blond.

La pâte se gonfle à la cuisson de façon irrégulière...on dit en provençal se "bonelle", "gibo". Voilà d'où provient son nom de gibassier (et non pas comme certains le pensent parce que les chasseurs l'emmenaient dans leur gibecière pour leur casse-croûte !).

 

6- Sortir du four et laisser refroidir.

Le gibassier durcit toujours en refroidissant. Attendre donc pour le manipuler et le déguster...

Pour le déguster, surtout il faut le rompre avec les mains, point de couteau, sinon vous seriez ruinés pour l'année à venir ! 

 

La pompe à huile est réalisée traditionnellement avec un levain, à préparer la veille (ou de la levure pour une version plus moderne et rapide) mais contient des oeufs. Ce qui fait toute la différence.  Elle a le moelleux d'une brioche forcément, puisque c'est une pâte levée au chaud avant d'être enfournée. 

Je vous donnerai ma recette quand j'en ferai car on peut la déguster toute l'année, comme une brioche.  

 

Pour comparaison, retrouver la recette du gibassier de Maryse ci-dessous...

 

 

Et l'adaptation faite par Nell, version "occitanie-ouest" ici ! 

 

Et voici le lien vers ma petite histoire des treize desserts, publiée sur ce blog l'an dernier...

Bons préparatifs de noël à tous ! 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 06:46
La crèche provençale
La crèche provençaleLa crèche provençale

La crèche provençale

 

Du plus loin que je me souvienne la crèche provençale a toujours trôné sur le buffet de la maison dès le début du mois de décembre, comme dans presque toutes les maisons provençales.

Cette tradition a toujours eu sa place chez nous et pour moi, qui ne suis pas croyante, elle fait partie de la magie de noël bien plus que les illuminations de la ville ou même le sapin auquel pourtant je tiens beaucoup.

Je vous montre donc quelques photos de ma modeste crèche...

 

Quelques photos de ma crèche et de quelques santonsQuelques photos de ma crèche et de quelques santons
Quelques photos de ma crèche et de quelques santonsQuelques photos de ma crèche et de quelques santons
Quelques photos de ma crèche et de quelques santonsQuelques photos de ma crèche et de quelques santons
Quelques photos de ma crèche et de quelques santonsQuelques photos de ma crèche et de quelques santons

Quelques photos de ma crèche et de quelques santons

 

et vous invite à revoir mon article sur les santons...

 

La magie de noël, c'est aussi les traditions comme la préparation de la veillée, qu'en Provence on appelle le gros souper.

Ce gros souper se termine toujours par les treize desserts...

Je vous en parle dans quelques jours ! 

 

La veillée de noël et les traditions, notre amie Maryse nous en parle aussi très bien et vous conte en même temps quelques anecdotes succulentes ci-dessous.

 

 

 

Mais noël c'est  aussi les cadeaux...et j'espère que le père noël, si vous avez été sage, vous en portera plein ! 

La magie de noël en Provence pour #photodimanche

 

A partir d'aujourd'hui, je suis en vacances pour une durée inconnue. Nous partons en Auvergne retrouver le bon air de la montagne, et peut-être aussi la neige, qui sait. Je serais donc absente de vos blogs car là-bas vous le savez bien, pas de réseau.

Pour éviter les problèmes de piratage comme ceux que j'ai eu deux fois le mois dernier, je suis obligée de modérer les commentaires. 

 

Promis... je les libère dès que possible si je croise un wifi ou bien un relais. Vous trouverez cependant quelques recettes les jours prochains car j'ai programmé des articles jusqu'au 24 ...

 

La magie de noël en Provence pour #photodimanche

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:30
Voilà mes "petits suisses" prêts à être dégustés...Ok je suis d'accord ils ne ressemblent que de loin à des gardes suisses!

Voilà mes "petits suisses" prêts à être dégustés...Ok je suis d'accord ils ne ressemblent que de loin à des gardes suisses!

 

Le Suisse est un bonhomme confectionné dans une sorte de pâte sablée. Il est appelé "Pantin" dans la région de Romans (Isère). C'est sous ce nom-là que je l'ai goûté la première fois avant de découvrir son histoire.

 

Il a toujours été confectionné dans ma belle-famille au moment des fêtes de Pâques en particulier le jour des Rameaux (c'est-à-dire le dimanche avant Pâques), ou bien acheté dans une des boulangeries de la ville. 

Mais quand on ne pouvait pas se réunir pour les Rameaux, on le dégustait impérativement le dimanche de Pâques, où il avait une place de choix sur la table familiale à côté des chocolats apportés par le petit lapin bien connu de tous (ou par les cloches selon les familles) !

 

 

Un peu d'histoire...

 

Ce biscuit sablé est une spécialité de la ville de Valence (Drôme) car il est lié à son histoire. Le spécialiste de ces sablés est la maison Nivon. Bien sûr d'autres artisans proposent leurs produits dans la ville et aux alentours...

 

On raconte qu'à la fin du XVIIIe siècle, le pape Pie VI prit fait et cause, pour Louis XVI et le Directoire.

A la suite de la proclamation de la République, Pie VI est alors révoqué et fait prisonnier, en dépit de son grand âge (88 ans), puis il est envoyé via les Alpes en exil en France, par le général Bonaparte, passant d'abord par Bologne, puis par Briançon, Grenoble pour enfin arriver à Valence, où il sera incarcéré dans la citadelle de la ville. Il y décèdera trois mois après en  août 1799. 

 

 

Il faudra deux ans jusqu'à la signature du Corcordat pour que sa dépouille soit autorisée à regagner la ville de Rome. Pendant ce temps, elle sera gardée par un détachement de Gardes Suisses.

 

L'histoire ne s'arrête pas là ! L'évêque de Valence, Gabriel-Melchior de Messey, adresse alors une demande au Vatican pour récupérer des reliques qui sont désormais conservées dans la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence, en souvenir de cette période de l'histoire.

 

Lors du défilé de la garde Suisse du souverain pontife, une boulangère de l'époque eut l'idée de confectionner un gâteau reproduisant fidèlement le costume des soldats lors de la parade.

 

Il faut dire que ce costume, dont le dessin est attribué à Michel Ange, avait fait forte impression sur la population. 

 

 

Le costume actuel de la garde suisse pontificale

 

Le biscuit représente donc un bonhomme trapu, revêtu de l'uniforme d'un garde Suisse. Il symbolise la convivialité et fait le régal des enfants et des grands qui adoreront le déguster avec leur café ! 

Vous pouvez le confectionner de toutes les tailles...

 

*******************************

 

Les ingrédients (pour 2 gros suisses ou 4 à 5 petits suisses)

 

- 200g beurre

- 200g sucre

- 500g farine

- 3 oeufs (prélever un peu de jaune pour dorer)

- 1/2 à 1 sachet de levure (ou du bicarbonate de soude).

- écorces d'orange confites (ou le zeste d'une orange)

parfum = fleur d'oranger ou rhum  (2 cuillères à soupe)

 

 

 

La réalisation...

 

Vous pouvez confectionner la pâte au robot ou à la main. 

 

1 - Travailler les oeufs avec le sucre et le beurre fondu mais refroidi.

 

2 - Ajouter les zestes d'orange coupés fins et le parfum.

 

3 - Incorporer peu à peu la farine à laquelle vous aurez ajouter la levure.  

 

4- Ramener la pâte en boule et la laisser reposer au frais 1/2 heure environ.

 

5 -La découper en autant de morceaux que vous voulez réaliser de bonhommes.

 

6-  Etalez la pâte d'une épaisseur d'environ 2 centimètres, soit avec la paume de la main, soit le rouleau à pâtisserie. Donner une forme ovale à chacun, et la placer sur une plaque beurrée ou recouverte d'un tapis de silicone, puis la façonner en forme de bonhomme trapu. 

 

Pour cela...

 

7- Diviser visuellement, chaque bonhomme en 3 dans la hauteur.

 

8- Pincer entre le pouce et l'index pour former la tête dans le 1/3 supérieur ou découper un triangle de pâte de chaque côté pour former le cou. 

 

9 - Diviser longitudinalement avec un couteau le tiers inférieur pour façonner deux jambes et avec les doigts, deux pieds.

 

10- Former les bras en pratiquant une entaille verticalement de chaque côté du corps. Pour les écarter sans risque, j'huile ou je farine un couteau, une spatule ou le manche d'une petite cuillère et j'écarte délicatement les bras du corps avec cet "instrument". 

 

Ne vous cassez pas trop la tête car en cuisant la plupart du temps, le sablé s'étale un peu et les bras disparaissent presque...mais ils sont là !

 

11 - Terminer en plaçant si vous le désirez, un petit chapeau et une fine moustache. N'oubliez pas le nez ! 

 

12- Enfin faire les faux-boutons avec des raisins secs, les yeux avec des amandes et la bouche, avec une baie de goji ou de canneberge séchée.

 

13- Badigeonner les bonhommes avec un mélange, jaune d'oeuf - miel, ou jaune d'oeuf - lait.

 

C'est le moment d'enfourner à 180°

C'est le moment d'enfourner à 180°

 

14 - Cuire à four préchauffé à 180°pendant 20 à 30 minutes selon la grosseur de vos suisses. 

 

15- Les sortir du four lorsqu'ils sont bien dorés.

 

16 - Et les laisser refroidir complètement avant de les déplacer dans le plat de service, sous peine de les casser... 

 

Vous pouvez les conserver un certain temps...ne me demander pas combien car je ne le sais pas : les miens sont toujours mangés dans le week-end !

 

Bonnes fêtes de Pâques à tous...

La maison Nivon de Valence est un lieu incontournable depuis 1856. où vous trouverez les meilleures spécialités de Valence

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 17:33

En Provence, la  tradition veut que les desserts  soient au nombre de treize. Ils sont mis sur la table à la fin du gros souper c'est-à-dire le 24 décembre au soir et termine le repas du réveillon (ou après la messe de minuit pour ceux qui y vont).

 

Cette coutume serait assez récente et serait apparue à Marseille au XIX° siècle seulement. Elle reprendrait des coutumes plus anciennes datant du XVII° siècle.

On place les treize desserts dans treize assiettes différentes : douze contiennent des produits de la maison (ce qui n'est plus le cas aujoud'hui) et la treizième des dattes.

Cette coutume d’origine religieuse symboliserait la Cène, donc, pour les croyants, Jésus entouré des 12 apôtres.

Mais même dans ma famille qui est non-croyante et dans celle de mon mari (idem) nous avons toujours pratiqué la coutume des treize desserts lors de la veillée de noël.

Le Gros Souper étant en principe, à l'inverse de son appellation,  un repas de réveillon léger, nous pouvions ainsi déguster un peu de chacun des desserts ce qui était censé nous porter chance et bonheur pour l'année à venir...

 

La liste des treize desserts varie d’un village à l’autre, d’une famille à l’autre et a évolué au fil du temps s’adaptant  aux mets modernes. On retrouve ces desserts traditionnels dans toute la Provence jusqu’à Nice mais aussi dans le Languedoc et jusqu’en Catalogne…

 

P1020870a

Quelques-uns des treize desserts (il en manque encore...)

 

Les incontournables sont :

 

Les quatre mendiants symboles de quatre ordres religieux ayant fait vœux de pauvreté c'est-à-dire les…

 

- noisettes ou noix (symbole des Augustins).


- figues sèches (symbole des Franciscains).

 

P1020878a
 

- amandes (symbole des Carmes).


- raisins secs (symbole des Dominicains).

 

- la pompe à huile ou le gibassier (gibassié en provençal) qu’il faut rompre avec les mains (en souvenir du pain rompu par le Christ) ; si par mégarde on la (le) coupe avec un couteau on est ruiné pour l’année.

 

P1020908a

 

- Le gibassier est remplacé dans la Drôme par la pogne (avec ou sans praline). Du coup, nous on mange les deux !

Vous noterez qu'il est très difficile de couper la pogne sans couteau :)

 

P1020909a

 

-  les deux nougats (le blanc et le noir) symboles du bien et du mal ;

 

A ces sept desserts, on peut ajouter au choix : les dattes fourrées de pâte d’amande ou non, ou tout autre "fruit déguisé", les calissons d’Aix, de la confiture de mereville, de la pâte de coing, coupée en dés...

 

des fruits confits comme les oranges confites, des biscuits secs (à l’anis, aux amandes ou aux pignons) et des fruits comme par exemple les clémentines, le melon  ou le raisin blanc.

 

P1020879a  Les clémentines corses

 

 

  P1020873a

Une assiette de douceur : calissons d'Aix, nougats blancs (Achard Verdurand) et chocolats variés...

 

....et une assiette de biscuits secs maison :


sablés au citron, sablés aux amandes, pains de Belgrade...

P1020875a

 

Les autres biscuits secs que je réalise pour noël, lorsque j'ai le temps, sont au choix : des petits croissants à la vanille, des croquants aux amandes, des petits pains d'anis, ou encore des macarons ou des petites meringues...

Enfin on rajoute sur la table du pain d'épices : mon préféré est le pain d'épice aux écorces d'oranges confites, que je découpe en tous petits morceaux ...

 

Les fruits font référence à une coutume païenne : ils sont symboles de la renaissance, le 24 décembre étant à l’origine une fête païenne, celle du solstice d’hiver.

Ceux venant d’Afrique font référence aux rois Mages.

 

On peut bien sûr y rajouter quelques douceurs comme les chocolats, les truffes au chocolat, les oranges confites au chocolat, les marrons glacés, les papillotes, ect...

 

P1020877

 

Variante : Dans la Drôme on n’oublie pas de rajouter des bugnes qu’ailleurs on mange plutôt à la chandeleur !!

 

Comme autres symboles, on retrouve sur la table les trois nappes blanches qui doivent rester en place pour les trois repas (le gros souper, le repas de noël du 25 à midi et celui du soir).

Elles représentent (pour les croyants) la Sainte Trinité tout comme les trois chandelles qui doivent éclairer la table.

La table doit être décorée avec les trois coupelles de blé de la sainte Barbe et une branche de houx porte-bonheur.

De plus dans les campagnes on mettait un couvert de plus (celui du pauvre).

 

Chacun doit manger un peu de ces treize desserts pour assurer sa fortune dans l’année.

 

Bientôt c'est promis je complète encore cet article avec des photos et de nouvelles recettes...Enfin j'essaie  

Cet article a été publié sur ce blog en 2012 et je viens à peine de le mettre à jour aujourd'hui !

 

Les treize desserts de noël en ProvenceLes treize desserts de noël en Provence
Les treize desserts de noël en ProvenceLes treize desserts de noël en ProvenceLes treize desserts de noël en Provence
Les treize desserts de noël en ProvenceLes treize desserts de noël en Provence

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:58
Le blé a bien poussé...cela porte chance !

Le blé a bien poussé...cela porte chance !

Pour la Sainte-Barbe (le 4 décembre donc aujourd'hui) en Provence, c’est le début de la période calendale (du provençal calèndo = noël).  

 

La tradition veut que l’on commence ce jour-là à préparer noël dans tous les foyers. Décoration de la maison, réalisation de petits biscuits, création de la crèche...que l'on soit croyant ou pas, puis du sapin avec les enfants.

 

Ce jour-là, pour respecter la tradition provençale, on commence donc la période calendale en plantant du blé (que l'on peut acheter aujourd'hui dans toutes les bonnes boulangeries au profit des enfants hospitalisés) mais qui avant, provenait de la récolte de l'année précédente, des lentilles, ou les deux, sur du coton humide.

Il faut placer les graines dans 3 coupelles différentes (rappel de la trinité pour les croyants). J'en plante quatre, juste par esprit de contradiction, car je ne suis pas croyante :)

 

Il faudra ensuite bien les surveiller tous les jours, c'est-à-dire les arroser sans excès.

L'idéal est de les placer tout près de la fenêtre, voire directement en plein soleil.  

Le blé de la Sainte-Barbe une tradition provençaleLe blé de la Sainte-Barbe une tradition provençaleLe blé de la Sainte-Barbe une tradition provençale
Le blé de la Sainte-Barbe une tradition provençale

 

Au moment de noël, elles seront placées sur la nappe blanche, entourées d'un ruban (rouge chez moi), lors du gros souper (le 24 décembre) et y resteront jusqu'au lendemain, pour le repas de midi du 25 décembre.


On les placera ensuite dans la crèche au milieu des santons pour y symboliser les champs.


Puis après l’épiphanie, il faudra diviser les plants et les planter aux quatre coins du jardin !

Si les graines donnent des plantules solides et abondantes, ce sera un signe de bonne santé, de joie et de prospérité pour la nouvelle année.

J'avoue que je n'ai jamais planté les plants aux quatre coins du jardin, n'ayant pas eu de jardin pendant de nombreuses années. Mais mes grands-parents le faisaient !

 

Comme le disait mon grand-père :

"Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn !"  Littéralement : quand le blé vient (=pousse) bien tout vient (=pousse) bien.  Autrement dit : "blé bien germé c’est la prospérité pour toute l’année"…

 

Remarque : le blé donne naturellement des tiges plus drues et vertes que les lentilles !

 

Je fais ça depuis mon enfance et ni ma grand-mère ni ma mère n’ont jamais oublié de planter le blé ou les lentilles le 4 décembre. J’ai pu observer depuis, que bien que les coupelles soient placées au même endroit chaque année, les graines ne poussent pas de la même façon !

Donc les années se suivent et ne se ressemblent pas.

Vous en doutiez ?

 

 

D’où vient cette tradition encore très ancrée en Provence ?

 

Elle remonterait en fait à une coutume païenne datant de l’antiquité qui correspondrait à un rite de fécondité.

 

En effet à cette époque beaucoup de paysans étaient superstitieux.

Dès la mi-décembre, par peur de voir la nature rester endormie et ne plus se réveiller, ils plantaient des graines dans différents plats puis lorsqu'elles avaient germé, ils les transplantaient au bord des champs, comme s'il s'agissait d'une offrande. Une façon d'honorer la terre nourricière et de lui rappeler comment il fallait faire pour nourrir les hommes.

Et une façon aussi de prévoir les récoltes à venir...car, pour eux, si la germination se faisait bien, la prospérité à venir était assurée !

Cette coutume païenne a été récupérée ensuite par l'église catholique.

 

Puis la tradition a évolué et la légende dit qu’au XIII° siècle,  Barbe qui vivait à Nicomédie en Asie mineure, était une jeune fille vierge qui fut séquestrée dans une tour par son père, Dioscore, un riche païen inquiet des ravages occasionnés par sa beauté, car elle était très courtisée.

Durant l’absence de son père, elle se convertit au christianisme et se fit baptisée par un prêtre déguisé en médecin qui s’introduisit en cachette dans la tour.

A son retour, son père furieux la fit torturer puis la décapita de sa propre main. Il fut immédiatement foudroyé pour son acte de barbarie…

Depuis, Sainte Barbe est devenue le symbole et la sainte patronne de tous ceux qui travaillent avec le feu ou la poudre : pompiers, artilleurs, mineurs, couvreurs et charpentiers, qu’elle protégerait de la mort violente.

 

Sainte Barbe a été retirée du calendrier en 1969 pour être remplacée par Sainte Barbara !

Les lentilles sont en avance sur le blé !

Les lentilles sont en avance sur le blé !

Article paru sur ce blog en décembre 2012 et mis à jour cette année !

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 07:42
La méréville au milieu d'autres fruits d'automne

La méréville au milieu d'autres fruits d'automne

La méréville (ou merevilho en provençal) qu'on appelle aussi "citre" (dans le Vaucluse surtout lorsqu'elle est ronde) ou "merveille" ou encore "gigérine", "gingérine" (un n en +), "pastèque blanche" ou "pastèque à confiture" ou encore "courge barbarine", est une variété de pastèque (Citrullus lanatus var. citroides), appartenant à la famille des Cucurbitaceae. Les anglais l'appellent "watermelon"  d'où son surnom de "melon d'eau".

 

Bref chez moi c'était la méréville et je ne la connais que de forme ovale !

 

C'est donc une pastèque (et non pas une courge) à chair blanche qui n'est utilisée que pour faire des confitures. Certains en font des tartes...Moi je ferai plutôt la tarte avec un pot de confiture sur une pâte sablée car le fruit est très long à cuire !

 

On la retrouve à l'automne chez nos producteurs régionaux BIO et dans toute la zone méditerranéenne, en particulier en Espagne et au Portugal. Mais c'est un fruit qui se fait rare sur les étals et la tradition de faire cette confiture se perd...

 

Il faut reconnaître que la confiture est longue à préparer et à cuire...

Mais c'est un vrai délice !

Chez nous, on la préparait dès les premiers froids.

 

 

La méréville a l'aspect d'une grosse pastèque ovale de couleur verte striée de vert pâle, qui pèse 3 à 5 kg. Sa chair est claire. On ne peut pas la manger crue.

Elle a les mêmes qualités nutritionnelles que la pastèque rouge dont nous nous régalons l'été et qui permet de se désaltèrer.

Elle est riche en citrulline, un acide aminé qui donne une meilleure tonicité aux muscles (très important pour les sportifs et les personnes âgées).

Elle contient du lycopène, un anti-oxydant qui fait baisser le taux de cholestérol.

 

 

 

Ingrédients

 

1 méréville

750 g de sucre par kilo de fruit trié (bien sûr!)

1 citrons non traité par kilo de fruit (zeste et jus)

1/2 gousse de vanille (non ouverte) ou 2 bâtons de cannelle

 

 

Remarque perso : Certaines recettes  sur internet proposent l'emploi d'oranges. Perso, dans ma famille je n'ai jamais vu faire çà et je crois que cette variante vient du Var ou des Alpes maritimes, où les oranges amères poussent dans les jardins.

Coïncidence amusante, alors que j'étais en train de rédiger cette recette, sur le marché du village, je rencontre une personne de mon âge qui m'a affirmé que sa mère et sa grand-mère mettaient toujours un citron et une orange dans la confiture. Et devinez d'où elles étaient originaire ?!

Elle-même, pour changer un peu, mettait quelquefois, une bergamote par exemple, une  autre année, uniquement du citron ou que de l'orange...

 

Rien ne nous empêche de nous éloigner de la tradition, donc, selon vos goûts !  Mais attention à l'emploi des agrumes : s'ils ont une utilité car ils renforcent l'acidité de la confiture, ils peuvent masquer complètement le goût tout en finesse de la méréville. Ne mettez pas plus de 3 citrons ou 2 oranges pour une grosse pastèque, ce qui correspond à environ 3 kg de fruit préparé.

Attention à ne pas mettre trop de sucre non plus, car alors, la confiture pourrait critalliser en surface ce qui ne manquera pas d'amuser vos enfants ou caraméliser à la cuisson et perdre sa belle couleur dorée.

Le Reboul, ma bible en cuisine, préconise 750 g de sucre pour 1 kg de fruit préparé. C'est ce que je fais :)

 

1- Laver la pastèque entière et la brosser éventuellement si elle est terreuse.

 

2 - La couper en grosses rondelles, puis chaque rondelle en deux, quatre ou six morceaux pour pouvoir les éplucher plus facilement sans vous couper, car la peau est très dure, et avoir accès plus facilement aux graines qui se situent dans la partie spongieuse centrale.

La préparation demande beacuoup de patience...La préparation demande beacuoup de patience...
La préparation demande beacuoup de patience...La préparation demande beacuoup de patience...
La préparation demande beacuoup de patience...La préparation demande beacuoup de patience...

La préparation demande beacuoup de patience...

 

3- Une fois épluchés, couper les morceaux en morceaux plus petits, puis en cubes ou en lamelles selon votre goût. Les morceaux doivent être de taille à peu près semblable.

 

Pour info : Il m'a fallu environ 3/4 d'heure pour tout couper. Pour aller plus vite je commence par éplucher les morceaux, puis je découpe la chair dans les zones dépourvues de graines, proches de la peau. Puis je passe un peu plus de temps à épépiner la partie centrale, plus spongieuse, pleine de jus et de vitamines, que je débite un peu plus grossièrement car cette chair spongieuse va se ramollir et fondre lors de la cuisson, donnant consistance au jus.

Les morceaux prêts à être recouverts de sucreLes morceaux prêts à être recouverts de sucre

Les morceaux prêts à être recouverts de sucre

 

4 - Peser les morceaux. Préparer la quantité de sucre utile pour la recette. Presser le jus des citrons et couper en très fines lamelles les zestes (ou les passer au mixeur avec 1 cuillère à soupe de sucre pour faciliter le mixage).

 

5- Placer les morceaux directement dans la bassine à confiture avec les citrons (zeste et jus), la vanille et le sucre.

La macération peut commencer...

La macération peut commencer...

 

6- Laisser macérer ainsi toute la journée (ou toute la nuit). La courge a rendu toute son eau.

Les morceaux de méréville ont rendu toute leur eau.

Les morceaux de méréville ont rendu toute leur eau.

 

7- Mettre à cuire à feu doux environ 1 heure. Puis laisser refroidir et reposer 24 heures.

 

8- Le lendemain. Remettre à cuire environ 30 à 40 minutes. Selon les années, la pastèque est plus ou moins riche en eau. Selon la grosseur de vos morceaux elle devra cuire plus longtemps.

 

9 - Le jour suivant, mettre à cuire à nouveau 30 minutes au moins...

Normalement les morceaux de pastèque sont devenus totalement translucides et ont pris une belle couleur dorée.

De plus, le jus qui les entoure doit se figer quand on en verse une goutte sur une assiette froide.

 

La cuisson de la confiture à différents stades...
La cuisson de la confiture à différents stades...

La cuisson de la confiture à différents stades...

 

 

10- A ce stade vous pouvez mixer la confiture (sans les épices) ou pas selon votre goût personnel.

 

Traditionnellement on ne la mixe pas et on la mange avec les morceaux confits à point !

 

11- Mettre en pots. Puis étiqueter et ranger dans votre placard à confitures...

 

Confiture de méréville / Counfituro de meraviho Confiture de méréville / Counfituro de meraviho
Confiture de méréville / Counfituro de meraviho

 

C'est une confiture de dessert ou de goûter à la belle couleur dorée qui se mange simplement avec un biscuit, style petit beurre ou un sablé maison.

Si vous voulez la tartiner facilement ou la manger avec des crèpes, préférer la version mixée...

 

Quand j'étais enfant, c'était notre dessert du soir au moins une fois par semaine, en alternance avec d'autres confitures en morceaux (prunes, abricots, cerises...), surtout vers la fin du mois.

Ce dessert simple et délicieux a marqué mon enfance.

La confiture de méréville est pour moi synonyme des desserts gourmands d'hiver.

Ses morceaux dorés ressemblent à des fruits confits.

Ils sont tendres à souhait et raviront les gourmands !

Une confiture à la belle couleur dorée...

Une confiture à la belle couleur dorée...

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 08:19
Lou boumian, Margarido et lou ravi, santons du début du xxe siècle (photo wikipedia)

Lou boumian, Margarido et lou ravi, santons du début du xxe siècle (photo wikipedia)

 

La coutume de faire la crèche, que l'on soit une famille croyante ou pas, est toujours présente dans la plupart des familles provençales.

crèche provençale (photo wikipedia)

crèche provençale (photo wikipedia)

 

Chaque année, quand revient le temps de noël, on  sort les santons (du provençal santoun = petits saints). L'année précédente, chaque santon a été soigneusement emballé dans une momie de papier puis rangé dans un carton, enfoui au fond du placard à vêtements (jamais du garage car il y fait trop humide!).

 

Traditionnellement c'est à la Sainte-Barbe (ou pour faire simple, le premier dimanche de décembre) qu'on la monte et après la chandeleur qu'on l'enlève. Maintenant les temps modernes nous invitent à la monter...quand on a le temps mais au plus tard le dimanche précédent noël, et à la démonter dès le mois de janvier, aussitôt passée l'épiphanie.

 

Chaque année si on le peut, on achète un nouveau santon pour compléter la collection...en se rendant à une foire aux santons.

 

La première foire est apparue à Marseille en 1803. Si elle eut lieu tout d'abord près du vieux port, elle s'installa assez rapidement (80 ans après !) en haut de la Canebière, le long des allées de Meilhan, où elle est toujours !

 

Aujourd'hui, à l'occasion des foires et marchés de noël, nombreuses sont les communes de Provence qui proposent la vente de santons. On n'a que l'embarras du choix et à se fixer un budget à ne pas dépasser car la tentation est grande !

 

Santons Cavasse à Venelles (Agnès Fery)

Santons Cavasse à Venelles (Agnès Fery)

 

Pour installer la crèche dans la pièce principale de la maison, on en profite pour faire un peu de rangement et dégager l'emplacement (dessus de cheminée, table haute ou buffet-vaisselier selon l'âge des enfants ou des petits-enfants...). La crèche ne doit de toute façon jamais être placée en contre-bas : elle doit dominer pour être vue ! Et personne ne doit tourner autour non plus...

 

Puis on profite des rayons de soleil d'un dimanche en famille pour aller dans la forêt ramasser la mousse qu'on fait sécher près de la cheminée au moins une nuit, pour en enlever l'humidité (qui, sinon, ne manquerait pas de mouiller les pieds des santons et d'abîmer la poterie). On ramasse aussi quelques branchettes : cistes cotonneux, thym, romarin, petit houx avec ses boules rouges, chêne vert...pour le décor  et un peu de lichen pour symboliser la neige.

Un peu de papier alu fera un superbe ruisseau (enfant c'était l'alu d'une tablette de chocolat qu'on gardait précieusement pour emballer le goûter !). Quelques pierres ou galets de durance symboliseront les collines. Quelques branches, la forêt...quelques pincées de farine, la neige (ou quelques débris de coton).

Point n'est besoin de bombe chimique pour faire une jolie crèche !

Et à la fin on y placera le blé de la Sainte-Barbe, symbole de printemps, donc de renouveau....

 

La farandole (crèche de Carpentras)

La farandole (crèche de Carpentras)

 

Mais rien n'est figé dans la crèche, chacun est libre de la faire à sa façon !

Enfant, chaque jour on déplaçait les santons (sauf ceux de l'étable) : certains se rapprochaient de l'étable en marchant doucement, d'autres allaient vers le village vaquer à leurs occupations...et de petites mains innocentes mais minutieuses bravaient les interdits pour se raconter de longues histoires... où il était question de bergers et de bergères, de chasseurs et de lapins, d'arlésienne...

 

Bref vous l'aurez compris, la crèche est vivante !

 

Un berger et ses moutons

Un berger et ses moutons


 

D'où vient la crèche provençale ?

 

La crèche provençale est une crèche de noël présentant les différents personnages et petits métiers de la Provence. Elle n'est apparue qu'au XVII° siècle...

 

Le mot "crèche" proviendrait du mot "mangeoire" [non pas étable comme beaucoup de gens le pensent !]. Dans cette mangeoire on y plaçait les petits agneaux nouveaux-nés pour les tenir au chaud lors des nuits trop froides !

 

La crèche n'a pas toujours existé. Aussi bizarre que cela puisse paraître, elle nous vient d'Italie !

 

Dès le IIIe siècle, des représentations de la Nativité sont gravées sur des couvercles de sarcophages paléo-chrétiens retrouvés en Arles.

 

On attribue à Saint François d'Assise les premières représentations de la Nativité. C'est lui qui aurait pour la première fois en 1223, mis en scène, dans son église, la naissance du Christ en utilisant les habitants de son village (Greccio  ou Grecchio ?)  venus entourer des figurines.

 

La crèche d'église est arrivée d'Italie dès le XIIIe siècle et s'est développée à la Renaissance. Elle était un support de la pratique religieuse et en commémorant la naissance de l'enfant Jésus, elle est devenue le symbole de noël et de la Nativité pour les croyants.

 

Quelques familles aisées ont commencé à installer des crèches toutes montées chez eux contenant  des figurines miniatures. Certaines, en verre filé, étaient fabriquées à Nevers où s'étaient installés des verriers en provenance de Venise. Pour protéger les figurines de verre, elles étaient placées dans un cadre de bois et fermées par une vitre (à voir au musée Arlaten en Arles).

 

Si ces crèches ou belèn en provençal, du nom de la ville de Bethléem, étaient parfois confectionnées par la famille, certaines ont été confectionnées par des religieuses (les carmélites notamment ou les Augustines des couvents du Midi de la France) puis offertes.

La Révolution française, en fermant les églises et en interdisant le culte (et la messe de minuit), a incité les familles provençales à créer leur propre crèche chez eux. Les santons étaient alors en cire, en carton, en argile et parfois en mie de pain chauffée et sculptée !

 

Au XVIIIe et XIXe siècle apparurent des crèches parlantes constituées de marionnettes animées qui bougeaient grâce à des glissières, puis des crèches mécaniques, dans lesquelles les santons en plomb étaient animés comme des automates...

 

C'est la ville de Chaource dans l'Aube qui posséderait la plus ancienne crèche de France dans son église. Les figurines sont en bois sculpté.

 

Aujourd'hui c'est la crèche située à Grignan (dans la Drôme) qui est considérée comme la plus grande du monde. On l'appelle le "village provençal miniature". Elle couvre plus de 1100 m2 et met en scène plus de 1000 santons. Le village comprend environ 80 maisons pouvant mesurer 1 mètre de hauteur.

Cette crèche est d'ailleurs homologuée par le Guinness des records !

Si vous voulez la visiter: rendez-vous sur le site en cliquant ICI.

 

La plus petite qui tient dans une coquille de noix est visible à l'éco-musée du Santon et Traditions populaires de Fontaine-de-Vaucluse. On y trouve 2 000 santons de toutes tailles. Si vous voulez vous y rendre cliquez ICI !

 

 

Photo du musée

Photo du musée

 

La crèche provençale d'Avignon est également célèbre. Elle occupe plus de 50 m2 et met en scène plus de 600 santons. Au départ elle était exposée à l'hôtel de ville mais, laïcité oblige, elle a migré dans une église.

Le coin des maraîchers (crèche d'Avignon)

Le coin des maraîchers (crèche d'Avignon)

 

La crèche provençale mêle en fait le profane et le religieux, ce qui explique que beaucoup de provençaux non croyants  la réalisent chaque année. Marcel Carbonnel un des grands santonniers de Provence a développé à travers ses santons, les personnages typiques ou célèbres de la région. Certains représentent les petits métiers d'autrefois et montrent la vie du village.

 

C'est à la crèche que l'on doit la pastorale (représentation parlée et chantée, vivante et théâtralisée, de la Nativité jouée en provençal) où chaque personnage de la crèche a sa propre histoire...

Aujourd'hui nombreuses sont les communes à proposer une pastorale avant noël ou avant la messe de minuit (comme le voulait la tradition).

La plus célèbre est la Pastorale Maurel qui comprend 5 actes tous en provençal. Elle a été créée en 1844.

 

Les acteurs de la Pastorale Maurel vers 1920 (photo wikipedia)

Les acteurs de la Pastorale Maurel vers 1920 (photo wikipedia)

 

Au départ elle avait une importance religieuse, mais aujourd'hui, vu que la plupart des provençaux ne parlent pas le provençal, elle est devenue un témoignage de la culture provençale et un lien intergénérationnel

 

L'histoire, toute simple, est la suivante : les bergers (les pastres) sont avertis de la naissance de Jésus et se rendent à l'étable, suivis par leurs moutons, pour lui offrir des cadeaux. En chemin, ils réveillent les villageois qui les suivent au son du tambourin et du galoubet. Le cortège s'agrandit au fur et à mesure. Chacun apporte des offrandes.

On retrouve dans la pastorale les principaux personnages de notre crèche : le tambourinaire, meunier, pêcheur, rémouleur, bohémiens...


Les pastorales n'ont jamais été jouées par des professionnels ! Ces acteurs d'aujourd'hui ont le mérite de défendre la culture provençale et la langue, et d'être porteur d'une tradition fortement ancrée en Provence.

 

Cet article est complété par un autre article sur les santons à voir sur ce blog  ICI.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 08:02

L'été prend fin et l'automne arrive à grands pas...c'est le temps des vendanges...

 

 

Vendanges-en-Provence.jpg

 

Ce terme ne s'applique pas pour la récolte du raisin de table qui chez moi en Provence, se fait toujours à la main et au fur et à mesure des besoins.

Les vendanges concernant le raisin destiné à la fabrication de vin ont lieu de mi-septembre à fin octobre selon les régions, selon les années, les cépages et, qu'il sagisse de raisin blanc (qui mûrissent avant) ou rouge...

Il y a même des vendanges dès juillet dans certaines régions.

Mais depuis 50 ans, on assiste à une avancée de presque un mois de la date des vendanges. Ceci est dû aux modifications locales du climat. Ces données ont été dévoilées par l'historien bien connu Emmanuel Le Roy Ladurie dans son livre intitulé : "Histoire du climat depuis l'An Mil".

 

Il existe aujourd'hui deux modes principaux de vendanges :

- Les vendanges à la main pour les vins de qualité et les vins pétillants qui nécessitent le choix et la sélection rigoureuse des grappes.

- Les vendanges mécaniques qui ramassent toutes les grappes plus ou moins mûres et permettent la production de vin de consommation courante.

 

Le saviez-vous ??

Chez nous en Provence, les vendanges pour produire le vin rosé tant aimé dans le monde entier ont lieu la nuit...A 4 heures du matin les vendangeuses, les tracteurs et les voitures des personnels traversent nos petits hameaux et nos campagnes, réveillant les enfants qui vont à l'école le lendemain  et les adultes qui travaillent...

 

Pourquoi ?

Parce que pour faire un bon rosé, empêcher l'extraction trop violente de la couleur et assurer un bon degré, les vendanges ne doivent pas avoir lieu lors des périodes chaudes de la journée (car une fermentation trop forte en cuve pourrait nuire à la qualité du produit fini).  A l'inverse, trop d'humidité nuirait à la qualité du moût...

 

Dans tous les cas le raisin doit être transporté rapidement à la cave et être pressé sans délais pour éviter toute modification et fermentation...

 

 

Un peu d'histoire...

 

Il est probable que la viticulture soit apparue dès la préhistoire. L'archéologie a permis d'identifier des pépins de raisin vieux de 10 00 ans. Mais c'est au Néolithique vers 6 000 ans avant J.C. qu'une nouvelle variété de vigne a donnée naissance en Géorgie à la vigne cultivée.

Récemment une unité de vinification a été découverte dans une grotte en Arménie, à la frontière entre l'iran et la Turquie. Elle daterait de 6.100 ans avant JC. C'est la plus ancienne connue à ce jour.

Parmi les découvertes figurent de nombreux grains de raisin et des débris de rafles et de ceps.

 

 

vino_armenio.jpg

 

 Photo : http://www.armenews.com/article.php3?id_article=66619

 

 

3 500 ans avant notre ère, la vigne était aussi cultivée en Égypte. Mais les vins à cette époque étaient blancs ou légèrement colorés.

 

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Foulage, premier type de pressurage

(fresque du tombeau TT52 de Nakht

en Égypte antique vers -1400).

 

 

On retrouve sur de nombreux vases grecs des scènes de vendanges, des vignes plantées en hautain, c'est-à-dire sur un support comme par exemple, un arbre taillé. Plus tard les vignes ont été plantées sur des échalas. La vigne était alors souvent plantée près des oliviers ou des figuiers. Les cépages utilisés à l'époque ont tous disparus.

 

faience.jpg http://www.amb-grece.fr/grece/grece_vinicole.htm

 

Les romains connaissaient la vigne et la plantaient sous forme de treille ou en hautain. Cette technique du hautain a été très utilisée pour protéger les plants et les grappes. 

On la retrouve encore aujourd'hui au Portugal,  en Italie, en Crète et dans le Piémont pyrénéen.

 

vendanges-romaines.JPG

 

Photo : http://www.wikipedia.fr

 

Au Moyen âge les dates des vendanges étaient fixées par le représentant de l'autorité seigneurale qui après avoir vérifié la maturité du raisin, criait après la messe du dimanche "ban des vendanges!".

 

vivre-au-moyen-age-septembre.jpg

 

Photo : http://www.manoir-de-merlin.f

 

Il était absolument interdit de vendanger avant ou après les dates imposées et les vendanges étaient étroitement surveillées...Il était d'ailleurs interdit également de grapiller,  de sortir le raisin de la paroisse et de le transporter avant ou après le lever du soleil !

Il a fallu attendre la révolution pour que la publication des "bans" pour les vendanges soient abandonnée.

 

Autrefois, les paysans même pauvres avaient tous sur leurs terres quelques rangées de ceps de vigne et fabriquaient eux-même leur vin pour leur consommation personnelle.

 

Les coupeurs de raisin utilisèrent d'abord une serpette...

 

4420_vignette_b-serpetteflavigny.jpg

Musée archéologique de Dijon

Serpette en fer servant à tailler la vigne II°-III° siècle 

 

La serpette était utilisée aussi pour tailler la vigne et faire des fagots qui servaient pour allumer le four à pain du village.

 

tailleserpette1.jpg

 

Puis à partir des années 1840, le sécateur remplaça la serpette...

Le raisin était alors placé dans une hotte et transporté à dos d'homme ou d'âne jusqu'à la ferme.

 

 

 

Photo : http://www.wikipedia.fr

 

 

Plus tard les vendangeurs utilisèrent des cuves transportées par des charrettes comme on peut le voir sur la photographie ci-dessous.

 

 

5664462958_9e00cfda04.jpg

 

Le raisin était ensuite rapidement pressé.

On peut visiter dans certaines villes viticoles des anciens pressoirs comme à  Champvallon (en Bourgogne). Voir photo ci-dessous.

Ce pressoir à levier était utilisé comme un énorme écrasoir...Il date du Moyen Age.

 

pressoir-champvallon-big.jpg

  http://www.ot-aillant.com/Curiosite?id=2

 

Au XIX° siècle, le raisin était encore ramassé à la main par les femmes et les enfants, puis transporté et foulé par les hommes. Mais au cours du siècle, la surface de vignes augmente et de plus grandes exploitations apparaissent...ainsi que des coopératives qui commencent à rassembler le raisin des particuliers...

 

vendanges à l main en Provence          

Les vendanges à la main en Provence

 

De nombreux peintres ont célébré les vendanges comme ci-dessous René Seyssaud.

 seyssaud-r-les-vendanges-bd  

  www.museeregardsdeprovence.com/exposition/rene-seyssaud-livresse-de-la-couleur

 

 

...Tous les villageois se retrouvent à la fin pour faire la fête car la saison des vendanges clôt la saison agricole dans les campagnes.

 

 fete_des_vendanges.jpg

 

Fin des vendanges dans le Lot et Garonne

 

Même si on ne possède pas de vignoble, on va le plus souvent participer aux vendanges d'autres paysans du village ou du village voisin. C'est l'occasion de rencontres festives...que l'on retrouve encore traditionnellement dans certains terroirs.

Voilà un aperçu de quelques unes des différentes manifestations d'automne de l'année en cours ou des années passées...

Qu'importe !

 

      

 

 

 

Il faudra attendre le XX° siècle et l'essor de la mécanisation consécutuve à la première guerre mondiale pour que la culture en hautain disparaisse totalement dans nos régions de France.

 

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 Vendanges sur hautains géants au XVIIIe siècle
Jacob Philipp Hackert

 

En dehors des vendanges la culture de la vigne demande beaucoup de travail.

 

Il faut tailler la vigne en hiver, supprimer les sarments de l'année précédente et cela se fait toujours aujoud'hui à la main.

Ci dessous en Provence une vigne bien taillée et entretenue ...

 

Photo0012.jpg

 

Il faut :

- en avril-mai, éliminer certaines pousses indésirables comme les gourmands :  c'est l'ébourgeonnage. On peut aussi supprimer les pousses sur les vieilles branches.

 

- dès la fin de l'hiver retourner la terre entre les rangées de vigne et écarter la terre des pieds : c'est le décavaillonnage. Il évite le gel des racines de fin de saison...

 

- planter des engrais verts et les enfouir au bon moment.

  

- en juillet, ôter une partie des grappes sur les plants trop chargés pour renforcer les autres.

- même pour les cultures bio, protéger la vigne contre les maladies les plus communes connues depuis le milieu du XIX° sicèle  comme le mildiou , l'oïdium, la pourriture grise, dûes chacune à un champignon, et d''autres maladies qui attaquent le bois...

 

Voilà un petit aperçu sans prétention

du travail des viticulteurs...

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