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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 06:28
Une des bories du Tallagard

Une des bories du Tallagard

Poursuivons aujourd'hui, si vous le voulez bien, notre balade sur le Tallagard commencée la semaine dernière ICI

Malgré le froid, nous sommes descendus jusqu'à la ferme de la Pastorale qui a donné son nom au circuit. 

 

Cette grande ferme du XVIIe siècle est en ruine et ses vestiges sont interdits d'accès à cause des risques d'éboulements. Elle cache en son sein une bergerie voûtée qui a été récemment consolidée par un chantier de bénévoles. A l'étage se trouvait la partie habitable. 

Les vestiges de la ferme de la PastoraleLes vestiges de la ferme de la Pastorale
Les vestiges de la ferme de la PastoraleLes vestiges de la ferme de la Pastorale
Les vestiges de la ferme de la PastoraleLes vestiges de la ferme de la Pastorale

Les vestiges de la ferme de la Pastorale

Tout contre la ferme, se trouve comme dans beaucoup habitations provençales, une citerne qui servait à conserver les eaux de pluie en provenance du toit. Le système assez récent prouve que cette ferme a fonctionné sans nul doute jusqu'au début du XXe siècle. L'eau descendait de la toiture par un conduit emprisonné dans le mur de pierre et qui débouchait directement dans la citerne. 

A côté, se trouvent encore une pile provençale qui servait aux hommes, et un grand abreuvoir pour les animaux, taillés dans la pierre. 

La citerne et son système de récupération des eaux de la toitureLa citerne et son système de récupération des eaux de la toiture
La citerne et son système de récupération des eaux de la toitureLa citerne et son système de récupération des eaux de la toiture
La citerne et son système de récupération des eaux de la toitureLa citerne et son système de récupération des eaux de la toiture

La citerne et son système de récupération des eaux de la toiture

En poursuivant la balade, nous trouvons de nombreuses bories, typiques de la région et récemment rénovées. 

Le terme de "borie" est provençal mais dans la région salonaise, on les appelait des "cabots".

Ce sont donc des cabanes servant d'abris temporaires aux bergers et paysans. Ils y laissaient parfois des outils lorsqu'ils cultivaient la terre, loin de la ferme. 

 

Voici donc une première borie simple et son mur accolé. Vu l'emplacement de cette borie en hauteur sur le plateau et donc très exposée au mistral, le mur devait servir d'abri au troupeau ou à une culture particulièrement fragile. 

Une borie simple et son mur
Une borie simple et son mur

Une borie simple et son mur

Pas très loin se trouve une borie double qui constitue un ensemble assez rare avec des ouvertures orientées différemment et une communication interne.

Personnellement je n'en avais jamais vu...

La borie double et ses ouvertures...La borie double et ses ouvertures...
La borie double et ses ouvertures...La borie double et ses ouvertures...

La borie double et ses ouvertures...

A l'arrière, un escalier permet d'accéder aux sommets des constructions pour les réparer...

L'arrière de la borie-double

L'arrière de la borie-double

 

Je n'ai pas pu prendre toutes les bories présentes sur le site en photos car il faisait trop froid ce jour-là et, comme je vous l'ai dit la semaine dernière, nous sommes redescendus plus tôt que prévu jusqu'au parking à cause du vent violent. 

 

Cela nous donnera l'occasion d'y retourner une autre fois, sans doute au printemps lorsque la garrigue sera en fleurs...enfin, si vous le voulez bien ! 

 

A bientôt pour d'autres balades...

A bientôt pour d'autres balades...

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 06:01

 

Après la passionnante visite de la savonnerie Marius Fabre de Salon-de-Provence, que je vous invite à venir visiter ainsi que son musée lors d'une de vos escapades provençales, la découverte très intéressante de la fabrication du véritable savon de Marseille, et de sa petite histoire, je poursuis aujourd'hui mon périple sur le patrimoine autour du savon, par une balade au coeur même du quartier des Savonniers de la ville.

La gare de chemin de fer

La gare de chemin de fer

 

Grâce à l'ouverture de la gare de chemin de fer en 1873, la ville de Salon-de-Provence devient la capitale des huiles et des savons. Avant 1914, on recensait environ 16 savonneries, et près de 400 négociants en huile d'olive, savons et cafés.

Ces négociants s'installent un peu partout aux entrées stratégiques de la ville dans ce que l'on appelle aujourd'hui, le quartier des savonniers.

Dès la fin du XIXème, ils commencent par acheter de superbes terrains en bordure de la ville, le plus souvent proches de la gare et y font construire d'abord leur estive (leur entrepôt) ou leur usine, puis leur habitation.

 

Ces habitations sont de superbes villas, de véritables châteaux ou des hôtels particuliers, tous pleins de charme et d'originalité, que la ville doit aujourd'hui protéger, car ils sont témoins de la prospérité et de l'âge d'or salonais.

 

Dès lors, la maison, villa ou château apparaîtra toujours sur le papier à en-tête de l'entreprise comme une véritable marque de fabrique ! 

 

Ces constructions, reflets de l'étalage d'argent qui coulait à flot à cette époque, et qui pour moi ont souvent frôlé le mauvais goût, lorsque j'étais adolescente et me promenais dans les rues, me semblent aujourd'hui dignes d'être protégées...

Le sentier "Sur les pas des Savonniers", proposé par l'office de tourisme permet de les redécouvrir...

 

De style divers, les 21 demeures recensées par les Amis du Musée et du Patrimoine de Salon et de la Crau sont entourées de parcs ou de jardin, d'une végétation riche et dense, et ornées de fresques ou de vitraux, enrichies de ferronerie et souvent agrémentées de colonnes leur donnant un aspect Renaissance italienne ou autre...

 

Malgré le tremblement de terre de 1909 qui a affecté la région, ces demeures ont résisté au temps.

Deux familles seulement occupent encore la maison de leurs ancêtres.

 

Je vous en présente quelques-unes et comme je n'y connais rien en architecture de l'époque, je vous laisse les découvrir en vous disant juste ce qu'elles sont devenues au fil du temps...

 

 

Certaines demeures sont aujourd'hui des bâtiments publics.

 

C'est le cas de l'Hôtel Ravoire (ou Villa La Colombe) construit en 1880 par un riche industriel de la ville dont les jardins ont fait place au bâtiment du Crédit Agricole.  

 

Hôtel Ravoire / Crédit agricole

Hôtel Ravoire / Crédit agricole

 

C'est le cas également de la Villa Armieux devenue le Palais de Justice. Cette demeure, style château a été construite en 1903, par un savonnier et agrandie en l'honneur de sa femme qui était une ancienne cantatrice de l'opéra d'Avignon. Il a fait construire pour elle une coupole d'inspiration mauresque qui a servi de salle de réception et de spectacle. 

Réquisitionnée par les allemands pendant la seconde guerre mondiale, la villa a été rachetée par la ville en 1951. 

Château Armieux /Palais de Justice et l'intérieur de la coupole
Château Armieux /Palais de Justice et l'intérieur de la coupole

Château Armieux /Palais de Justice et l'intérieur de la coupole

 

Le château des Louanes était à l'origine un simple mas construit au milieu du XIXème siècle. Acheté en 1880 par un riche négociant, Auguste Gaillard il est transformé en château. 

La mairie en a fait l'acquisition et a ouvert au public son parc qui est devenu le Parc de la Légion d'honneur.

On peut y admirer une magnifique roseraie de 2600m2 et des palmiers, peu fréquents dans la région.

 

Le Château des Louanes et le Parc de la Légion d'Honneur
Le Château des Louanes et le Parc de la Légion d'HonneurLe Château des Louanes et le Parc de la Légion d'Honneur
Le Château des Louanes et le Parc de la Légion d'Honneur

Le Château des Louanes et le Parc de la Légion d'Honneur

 

L'hotel Bourgue a été construit en 1900 par Auguste Girard, un riche négociant en huile et savons.

En 1928, il est racheté par Alphonse Gras, un négociant reconverti dans la torréfaction.

Par derrière l'entrepôt (=l'estive) a été entièrement conservé ce qui est rarissime dans la ville.

 

L'hôtel Bourgue

L'hôtel Bourgue

 

Le château Couderc a été édifié en 1900.

Il a été fondé par une des entreprises les plus riches de la région, l'entreprise "Chaffard et Couderc", réunissant la fabrique d'huile d'olive, de savons et d'huile à graisser. 

En 1928, c'est le savonnier Marius Fabre, déjà installé sur la ville et dont je vous ai parlé dernièrement, qui achète la partie usine que nous avons visité les jours derniers.

La partie château ainsi que son parc est acheté par le Docteur Vignoli qui crée aussitôt dans le château, une clinique toujours en activité.

 

La Clinique Vignoli (Château Couderc)
La Clinique Vignoli (Château Couderc)La Clinique Vignoli (Château Couderc)
La Clinique Vignoli (Château Couderc)

La Clinique Vignoli (Château Couderc)

 

Le Cercle des Arts et Métiers a été construit en 1886. Réservé aux notables de la ville, il permettait en plein centre de discourir sur la politique et les affaires tout en recherchant la détente. Inutile de vous dire qu'il était réservé aux hommes !

C'est aujourd'hui, la plus ancienne association de la région toujours en activité.

 

 

 

Le Cercle des Arts autrefois et aujourd'hui
Le Cercle des Arts autrefois et aujourd'hui

Le Cercle des Arts autrefois et aujourd'hui

 

Le superbe théâtre Armand, à la décoration intérieure à l'italienne, a été construit par Etienne Armand, un négociant en huile d'olive et savons, pour sa maîtresse qui était actrice. Il a été inauguré en1883. 

 

Théâtre ArmandThéâtre Armand

Théâtre Armand

 

Et voilà pour terminer d'autres édifices remarquables datant de cette période...

D'autres belles demeures salonaisesD'autres belles demeures salonaises
D'autres belles demeures salonaisesD'autres belles demeures salonaisesD'autres belles demeures salonaises
D'autres belles demeures salonaisesD'autres belles demeures salonaisesD'autres belles demeures salonaises

D'autres belles demeures salonaises

 

Toutes les photos ont été extraites des deux sites de tourisme suivants :

- celui de l'Office de Tourisme de Salon-de-Provence.

- celui de Salon Patrimoines et chemins

 

Cette balade dans la ville termine mes visites du patrimoine salonais autour du thème du savon de Marseille.

 

Je ne vous ai pas montré l'intérieur de la boutique de l'entreprise Marius Fabre, car j'espère que mes articles vous donneront envie d'y entrer.

Vous ne pourrez qu'être conquis par son charme d'antan et la variété des produits naturels que vous y trouverez...

 

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:14

 

Comme je vous l'ai dit avant-hier, le musée se trouve au coeur même de la savonnerie Marius Fabre. 

J'ai pris ces photos sans songer à demander l'autorisation. Si bien sûr quelqu'un du musée ou de l'entreprise Marius Fabre trouve à redire, je supprimerai cet article.

Mais ce serait dommage à mon sens car je veux juste faire connaître à mes nombreux lecteurs le patrimoine de ma région.

Hier par exemple, j'ai reçu plus de 1000 visiteurs sur le blog et je remercie tous ces visiteurs pour la plupart inconnus...Même s'ils ne vont pas tous forcément lire cette page, cela me paraît être une bonne raison de la conserver.

 

L'entrée du muséeL'entrée du musée
L'entrée du musée
L'entrée du muséeL'entrée du musée

L'entrée du musée

 

A l'époque où le savon était encore fabriqué de façon empirique, un entonnoir et un filtre à huile étaient utilisés pour filtrer l'huile et vérifier ainsi sa teneur et son dosage en acides gras. Une balance de précision permettait de peser les différents ingrédients... 

 
La balance de précision

La balance de précision

 

Vous verrez au musée de nombreuses machines servant à découper et à mouler le savon...souvent à la force des bras. 

 

Pour découper, on utilise par exemple dès la fin du XIXème siècle, cette coupeuse mécanique avec un système à retour d'équerreElle sert à découper les gros pains de savon de 35 kg sortant juste des mises. Une fois découpés en barres, la machine les retourne à angle droit pour les découper en cubes plus petits qui seront ensuite marqués.

Ce type de machine est toujours en usage aujourd'hui. 

Coupeuse mécanique avec système à retour d'équerre

Coupeuse mécanique avec système à retour d'équerre

 

La mouleuse à bras, datant de la fin du XIXème siècle, était actionnée à la main. Le volant était tourné de façon à ouvrir complètement le moule à tulipe. Puis une fois lâché, il permettait au moule de se refermer et de marquer le cube de savon sur les deux faces...

Mouleuse à bras avec moule à tulipes

Mouleuse à bras avec moule à tulipes

 

Au début du XXème siècle, on utilise une machine électrique, appelée mouleuse frappeuse électique avec moule à tulipe qui remplacera petit à petit la mouleuse à bras. Elle sera utilisée jusque dans les années 1990.  

Une mouleuse frappeuse électriqueUne mouleuse frappeuse électrique

Une mouleuse frappeuse électrique

 

En plus des machines, vous trouverez des outils indispensables pour travailler la pâte de savon...

 

Pour mélanger la pâte à savon dans le chaudron, les savonniers utilisaient un madre (je ne connaissais pas ce nom) avec un manche aussi long que celui du pouadou. 

Le madre et son extrémité qui servait à remuer la pâte à savon à la main
Le madre et son extrémité qui servait à remuer la pâte à savon à la main

Le madre et son extrémité qui servait à remuer la pâte à savon à la main

 

Le pouadou était utilisé pour enlever l'écume à la surface du savon directement dans le chaudron. 

Avant l'invention de la goulotte en bois qui sert à transporter le savon chaud vers les mises, c'est avec ce pouadou que le savonnier le transportait, chaud, pour le faire refroidir dans les mises. 

Le pouadou

Le pouadou

 

Un compas était utilisé pour marquer des repères dans les mises et ainsi découper des pains de taille identique (donc de même poids).

 

 

 

Le compas

Le compas

 

De nombreuses vitrines contiennent des moules, comme par exemple, le moule à tulipe très employé...

 

Un moule à tulipe

Un moule à tulipe

 

D'autres nous montrent des tampons en buis ou en laiton, et des médaillons utilisés toujours aujourd'hui pour marquer le savon.

 

Au XIXème siècle, les tampons étaient en buis et chaque savonnier détenait plusieurs marques déposées à l'Institut National de la Propriété Industrielle.

Chacune représentait un élément particulier : un objet, une plante, un animal et très souvent la vierge qui se trouvait dans chacune des salles de la savonnerie, au dessus de chaque chaudron, et qui veillait sur les maîtres savonniers et le secret de leur recette. 

Différents tampons et médaillonsDifférents tampons et médaillons
Différents tampons et médaillons

Différents tampons et médaillons

 

Enfin, d'autres vitrines nous présentent des anciens savons et leur emballage de l'époque...

Savons et emballages
Savons et emballagesSavons et emballages

Savons et emballages

 

La savonnette à ses débuts, était parfumée directement dans les mises.

Puis la fabrication a évolué : la pâte de savon parfumée qui va servir à la fabrication des savonnettes, est d'abord réduite en copeaux dès sa sortie du chaudron. Ensuite les copeaux sont agglomérés sous forme de boudin avec du beurre de karité. Et enfin, le boudin est découpé à la taille et à la forme désirées.

Savonnettes de marque "la planète" et moules et timbres à savonnettesSavonnettes de marque "la planète" et moules et timbres à savonnettes

Savonnettes de marque "la planète" et moules et timbres à savonnettes

 

Une fois sec, le savon était transporté et stocké dans des caisses ce qui lui permettait de continuer à sécher. 

Le transportLe transport

Le transport

 

Et voilà un aperçu de quelques savons en train de sécher sur des claies...

Savons de différentes formes et couleurs en cours de séchage

Savons de différentes formes et couleurs en cours de séchage

 

J'espère que cette visite vous a plu !

 

Depuis mon enfance et une visite scolaire, je n'avais pas remis les pieds dans une savonnerie...sauf pour me rendre à la boutique.

Bien sûr, les écoles qui désirent profiter de la visite peuvent prendre contact avec la savonnerie qui se fera un plaisir d'accueillir les enfants au Musée.

Demain, si vous le voulez bien je vous emmène faire un tour dans le quartier des savonniers de la ville...

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:21

 

Aujourd'hui je vous propose un petit retour en arrière pour vous raconter l'histoire du célèbre Savon de Marseille.

Car j'ai réalisé qu'hier, je vous avais certes parlé de sa fabrication artisanale, et fait découvrir La Savonnerie Marius Fabre de Salon-de-Provence, mais finalement je n'avais pas abordé du tout l'histoire, à proprement parlé (sans jeu de mots) du savon... 

 

L'histoire du savon de Marseille traverse les siècles...et dans ses origines rejoint celle du savon d'Alep (qui est parfumé aux baies de laurier).

Le savon est le produit d'un alcali (un sel extrait de cendres) avec un corps gras.

Dès l'Antiquité, on retrouve trace des premières recettes d'émulsions à base de graisse, d'eau et de cendres.  PLINE l'Ancien en donnait déjà la composition : il parle d'une pâte élaborée à partir de cendres de hêtre et de suif de chèvre...

Pendant longtemps en Orient,  les arabes aussi se servaient de graisses animales.

Mais à partir du VIIIe siècle, ils remplacent peu à peu les produits animaux par de l'huile d'olive, qui seule donne un savon à la consistance ferme, à l'odeur agréable et aux usages multiples...

 

On pense que la recette à base d'huile d'olive a probablement été introduite en Europe par les Croisés lors de leur voyage en Orient. 

Pendant des siècles, cette recette restera inchangée, le savon servira tour à tour d'onguent, de cosmétique ou de remède pour les problèmes de peau.
 

Dès le Moyen Âge,  le savon sera utilisé pour laver le linge et l'hygiène corporelle. 

C'est donc à cette date, que la Provence devient une région propice à la fabrication du savon.

C'est donc depuis le Moyen Âge, que la Provence est devenue une région propice à la fabrication du savon.
Quelques affiches anciennesQuelques affiches anciennes
Quelques affiches anciennes

Quelques affiches anciennes

 

A cette époque, il y a trois villes importantes qui fabriquent du savon en Provence.

Le premier fabricant de savon de la région est bien sûr Marseille, vu l'expansion de son port, et puisque c'est cette ville qui a donné son nom au savon !

Il y aussi Salon-de-Provence, lorsque la ligne de chemin de fer est construite, et enfin Toulon. 

 

Tous les ingrédients indispensables, qui entrent dans la composition du savon, se trouvent facilement en Provence.

Il faut en effet : 

- du sel et il y en a en Camargue.

- de l'huile d'olive. Jusqu'au XVIIIème siècle, les oliviers foisonnent dans la région et suffisent à la production du savon, à la consommation en huile d'olive des ménages et des conserveries locales. Ensuite il faudra importer de l'huile d'olive d'Espagne, d'Italie et des colonies. 

En fait, ce n'est pas de l'huile d'olive de première pression à froid qui est utilisée en savonnerie : elle est réservée pour l'alimentation. On utilise l'huile de grignons, une huile de deuxième catégorie, obtenue grâce à un broyat des noyaux et de la pulpe d'olives.

Au XIXème siècle, l'huile de coprah (extraite des noix de coco) et l'huile de palme (extraite du palmier à huile) arrivent des colonies. Elles remplaceront peu à peu, mais toujours à faible proportion, l'huile d'olive dans le savon. 

- enfin, il faut de la soude...

La plante dont est extraite la soude, pousse abondamment au bord de la mer et en particulier dans les salines de Camargue. Elle doit être d'abord réduite en cendres pour former du carbonate de soude, avant de pouvoir être utilisée.

 

Soude maritime

Soude maritime

 

Louis XIV institutionnalise le savon de Marseille en fixant ses règles de fabrication, ce qui en même temps que le développement du trafic maritime, permet au savon de Marseille d'acquérir une renommée mondiale. 

L'Edit de Colbert impose même un tampon pour éviter les fraudes.

 

En 1791, le chimiste Nicolas Leblanc arrive à extraire la soude à partir du sel marin. Cette découverte révolutionne la fabrication du savon. Plus besoin de la plante ni de la longue préparation nécessaire pour obtenir la soude.

 

Il faudra attendre le seconde partie du XIXème siècle et les progrès en matière d'hygiène et de transport, pour que les villes de Marseille et de Salon-de-Provence s'enrichissent grâce aux savonniers et aux entreprises périphériques.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la période faste connaît un déclin lié à la fin du colonialisme d'une part, mais surtout à l'apparition des détergents industriels censés apporter plein d'avantages aux ménagères...

Les années 70 voient apparaître au contraire un regain d'intérêt pour ce produit économique, biodégradable et excellent à la santé qui se poursuit aujourd'hui.  

 

Des 108 savonneries qui existaient encore à Marseille en 1924, il n'en reste plus que trois aujourd'hui.

Et sur les 14 qui se trouvaient à Salon-de-Provence, il n'en reste plus que deux.

A nous de les préserver... 

 

La représentation de la femme et les outils indispensables à la lessive
La représentation de la femme et les outils indispensables à la lessiveLa représentation de la femme et les outils indispensables à la lessive

La représentation de la femme et les outils indispensables à la lessive

 

Demain, je vous fais entrer au Musée et après-demain je vous emmène balader dans le quartier des savonniers afin de vous faire visiter leurs belles demeures... si vous le voulez bien !

 

C'est ma semaine culturelle :)

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 06:41
L'entrée principale, côté avenue Paul Bourret

L'entrée principale, côté avenue Paul Bourret

 

 

Il y a deux savonneries encore en activité à Salon-de-Provence, ma ville natale.

 

Enfant, pour aller à l'école je passais tous les jours dans la rue Félix-Piat où se trouve la savonnerie Rampal-Latour, encore en activité aujourd'hui. Les odeurs de savon...je les ai encore dans les narines et, outre que c'était les seuls produits présents à la maison,  cela me rappelle de tendres souvenirs.

Cette savonnerie centenaire vient de déménager à l'extérieur de la ville mais a conservé sa boutique où je me rends souvent. Je me suis promise d'aller visiter leur nouvelle installation à l'occasion.

 

 

Depuis plus de 110 ans et quatre générations, la savonnerie familiale Marius Fabre (photo en tête d'article) perpétue la fabrication du savon de Marseille artisanal et du savon noir à l’huile d’olive, en plein coeur de la ville.

Le savon de Marseille n'est pas une appelation d'origine contrôlée et peut donc être sujet à des contrefaçons.

Quatre savonneries seulement en Provence, respectent la recette d'origine, 100% naturelle. Trois se situent à Marseille et la savonnerie Marius Fabre est la quatrième. 

 

Entrée de la fabrique

Entrée de la fabrique

 

Je ne vais pas vous raconter l'histoire de la savonnerie Marius Fabre qui est suffisamment expliquée sur leur site internet dont vous trouverez le lien ci-dessous. 

C'est donc  cette savonnerie que je suis allée visiter pour trois raisons :

 

- J'ai pu compléter la visite de la savonnerie par la visite du "Musée du savon de Marseille" qui se trouve dans les même locaux et dont je vous parlerai demain.
 
 
- A deux pas, la médiathèque proposait une conférence sur "L'épopée des savonniers" afin de découvrir le patrimoine lié à leur activité, conférence organisée par les Amis du Musée et du patrimoine de Salon et de la Crau. Cette conférence m'a permis de visiter virtuellement le quartier des savonniers, où se trouvent les plus belles demeures bourgeoises de la ville, datant donc du XIX ème siècle et encore habitées aujourd'hui et dont je vous parlerai plus tard...
 
 
- Enfin dans la cour de la savonnerie, des groupes de musique se succédaient dans le cadre du Festival "Une journée avec les Beatles". 
 
Pour ceux que ça intéresse voilà la page facebook de l'événement.
 
J'ai d'ailleurs assisté (par hasard)  à la fin du discours de Gérard Holz, venu dans la ville à cette occasion accompagné de son groupe "les beatlemaniaques"  et bien sûr ne pouvant pas assister aux 14 concerts consécutifs de 12 h à minuit,  je suis restée pour les écouter jouer dans la cour de la savonnerie ! 
 
 
Mais seule la presse avait le droit de faire des photos. C'est la raison pour laquelle je vous mets une petite video du groupe, trouvée sur youtube . 
 

 

Mais, revenons à notre savonnerie...

 

Sa visite m'a permis de comprendre les différentes étapes de la fabrication du savon de Marseille dans les règles de l'art c'est-à-dire en utilisant uniquement des produits naturels.

 

Le véritable savon de Marseille est fabriqué à partir de 100% d'huiles végétales sans colorant, sans parfum, sans conservateur, sans graisses animales et sans aucun produit issu de la pétrochimie. Il est débarrassé de toute impureté et doit contenir 72 % d'huile d'olive. C'est la raison pour laquelle il est très doux pour la peau (et le linge), respecte l'environnement car entièrement biodégradable et économique car plus il sèche plus vous en ferez d'usage.

Le savon de Marseille est donc un produit sans date de péremption ! 

 

Sa fabrication totale dure 14 jours.

N'ayant pas le droit de faire des photos à l'intérieur des locaux, j'ai emprunté toutes celles que je vous mets aujourd'hui sur le site internet de la savonnerie

 

Le savon résulte d'une réaction chimique que l'on appelle la saponification. Alors que jusque là, la fabrication du savon apparaissait comme une processus résultant de l'alchimie, dès 1823, Eugène Chevreul, émet sa théorie de la saponification, bientôt suivie des travaux du chimiste marseillais, François Marklen. 

 

Etape 1 : dans un grand chaudron, pouvant contenir jusqu'à 20 tonnes de mmatière première, les savonniers introduisent en même temps les huiles végétales et la lessive de soude. Le tout est agité et monté à 120°. La soude ne pouvant pas se mêler à l'huile, il en résulte une émulsion qui par la température se transforme en pâte de savon. C'est la phase de l'empâtage.

 

Dans le chaudron...

Dans le chaudron...

 

 

Etape 2 : La pâte de savon est lavée plusieurs fois à l'eau salée pour éliminer la soude. En effet la soude se dissout facilement dans l'eau salée mais pas le savon. Le maître savonnier, que l'on appelait le "maître de feu"  n'hésite pas à goûter sa pâte pour en être sûr. C'est le lavage.

 

Etape 3 : le savon est cuit pendant 10 jours à 100° tout en étant surveillé constamment. C'est la phase de cuisson.

 

Etape 4 : Plusieurs lavages successifs à l'eau débarrassent le savon de ses impuretés. C'est la liquidation. Après cette phase le savon est considéré comme extra-pur. 

 

Etape 5 : La pâte de savon encore chaude (entre 50 et 70 °) est versée dans de grandes "mises" (moules) grâce à une goulotte en bois articulée. C'est la coulée de la cuite.

De la cuisson à la coulée de la cuite...

 

Etape 6 : Le savon sèche pendant 48 heures à l'air libre, fenêtres du nord ouvertes (d'autant plus vite les jours de mistral et de chaleur). C'est le séchage. 

 

Etape 7 : Une fois sec, le savon est découpé directement dans les moules en gros carrés d'une trentaine de kilos. Un treuil les transportera jusqu'à une machine, qui permettra de les tranformer en cubes de différentes tailles. C'est le découpage.

 

Etape 8 : Enfin le savon est d'abord séché à l'air libre pendant 48 heures puis marqué à la main ou moulé en machine, puis estampillé sur les 6 faces. C'est le séchage et le moulage. 

 

 

La levée des mises et le découpage

Le marquage à la main des pains de savon

Le marquage à la main des pains de savon

 

Il ne suffit pas de connaître les ingrédients pour savoir-faire du savon. Le savoir-faire transmis de génération en génération est le plus important !

 

A quoi reconnaît-on un véritable savon de Marseille ?

 

Il est vendu sous forme de cube ou de pain, estampillé sur ses six faces.

Il ne doit contenir que des éléments naturels.

Sa couleur doit être verte pour le savon servant à la toilette et ne doit contenir que de l'huile d'olive et de l'huile de coprah !! 

Par contre le savon de Marseille de couleur blanche et contenant de l'huile de coprah et de palme est utilisé pour la lessive et en particulier aujourd'hui, le détachage du linge... 

 

 

Quels usages pour le savon de Marseille ?

 

Un cube de savon vert ou blancUn cube de savon vert ou blanc

Un cube de savon vert ou blanc

 

Le savon vert est surtout préconisé pour la toilette de toute la famille et pour le lavage des mains. Naturellement désinfectant et adoucissant il sera très utile pour désinfecter les petites plaies et les bobos de vos enfants. 

Il est conseillé par les dermatologues afin d'éviter allergies et problèmes de peau. 

Une astuce : si vous avez des crampes nocturnes, placez un petit morceau de savon sous les draps au pied du lit.

Vous craignez que les mites envahissent vos placards, faites de même...Elles n'aiment pas l'odeur du savon !

Enfin si vous n'avez que du savon vert dans vos placards, vous pouvez aussi vous en servir pour laver ou détacher du linge...

Plus vous le faites sécher, plus il vous fera de l'usage...

 

 

Séchage des cubes de savon vert à l'air libre

Séchage des cubes de savon vert à l'air libre

Le savon blanc est préconisé pour les lessives, détachages difficiles, en copeaux ou en cube.

Il peut même servir à faire la vaisselle et servir de dentifrice surtout si vous désirez blanchir vos dents. 

Sa fabrication est plus courte (une dizaine de jours) que celle du savon vert. Il contient moins d'huile d'olive ce qui explique sa couleur blanche. 

 

Remarque : La glycérine contenue dans le savon n'est pas ajoutée mais est présente à l'état naturel dans l'huile : il en reste donc des traces. 

Affiche publicitaire d"époque

Affiche publicitaire d"époque

 

Le savon noir, fabriqué lui aussi à base d'huile d'olive (ou d'huile de lin), est cuit au chaudron pendant deux jours ce qui explique sa couleur foncé.

Il contient de la potasse au lieu de la soude ce qui lui donne sa texture souple et facile à délayer dans de l'eau chaude. 

Il est vendu liquide en bidon.

Il peut être utilisé non seulement pour le nettoyage de la maison, du sol au plafond, que vos sols soient en bois, en pierres cuites ou en carrelages...pour le lessivage des peintures, le nettoyage de vos pinceaux ou rouleaux à la place du white spirit, votre voiture...

Dans les années 1950-1960, la savonnerie Marius Fabre fournissait chaque année plus de 100 tonnes de savon noir à la Marine Nationale à Toulon pour nettoyer les ponts des bateaux...

A l'extérieur il sera parfait, dilué pour éloigner pucerons et autres parasites de vos plantes. 

Vous pouvez également vous en servir pour shampouiner votre chien ou votre cheval ! 

 

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