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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 05:17
Gallimard, Folio/ 2014

Gallimard, Folio/ 2014

Plus d'une fois, au cours de ma vie, j'ai fait ce que je n'avais pas décidé, et ce que j'avais décidé, je ne l'ai pas fait...
Je ne veux pas dire que pensée et décision sont sans influence sur les actes. Mais les actes n'exécutent pas simplement ce qui a été préalablement pensé et décidé. Ils ont leur source propre et sont les miens de façon tout aussi autonome que ma pensée est ma pensée, et ma décision, ma décision.

Les strates successives de notre vie sont si étroitement superposées que dans l'ultérieur nous trouvons toujours l'antérieur, non pas aboli et réglé, mais présent et vivant...

"Le liseur" est un roman complexe et dérangeant dans lequel on retrouve plusieurs thèmes. On peut le diviser en deux parties comme s'il s'agissait de deux histoires distinctes et pourtant elles sont étroitement liées comme vous le verrez par la suite.

 

L’histoire se passe dans l'Allemagne d'après-guerre...

Michaël Berg, le narrateur, est un tout jeune homme de 15 ans quand il tombe malade en se rendant au lycée. Alors qu'il est pris d'un malaise et de vomissements dans la rue, une jeune femme va l'aider à se rafraîchir et le raccompagner chez lui. Michaël a une jaunisse qui va l'exclure de la vie pendant de longs mois.

Une fois remis, des mois après donc, sa mère l'oblige à aller remercier la jeune femme, c'est Hanna. Elle est belle, elle a trente-cinq ans, et le jeune homme qui est hanté par son souvenir, va revenir plusieurs fois chez elle jusqu'à ce que tous deux entament une relation plus intime. Il devient son amant. L'apprentissage de la sexualité et de la sensualité avec cette femme si douce et tendre, mais mystérieuse, est pour lui une belle découverte qui marquera toute sa vie,  tant elle est forte au niveau de son ressenti et de l'idéalisation qu'il en fait, sans doute lié à son jeune âge et à leur vingt ans de différence.

Pendant six mois, il va revenir tous les jours chez elle et suivre tout un  rituel qu'elle lui a imposé, tout comme elle lui impose ses horaires de visite. Il va lui faire à sa demande, la lecture à haute voix, puis ensuite seulement, ils feront l'amour et ce scénario se répète à chacune de leur rencontre.  

Un jour Hanna quitte subitement la ville sans le prévenir.  Le jeune homme ne s'en remettra jamais et n'arrivera ni à l'oublier, ni à fonder une véritable relation avec une autre femme, ce qui sera le drame de sa vie... un drame accentué par la suite de l'histoire. 

 

Sept ans après alors que le narrateur fait un stage durant ses études de droit, il retrouve Hanna dans le box des accusés, parmi cinq criminelles toutes jugées pour avoir été gardiennes dans un camp de concentration. 

Accablées par ses codétenues, Hanna n'arrive pas à se défendre et écopera de la plus lourde peine : la détention à perpétuité.

Or Michaël le sait, certains chefs d'accusation ne tiennent pas, car Hanna cache un lourd secret, qu'il vient de découvrir comme une évidence pendant le procès : elle ne sait ni lire ni écrire et ne peut donc pas avoir rédiger le rapport qui est la pièce maîtresse de l'accusation.

Doit-il intervenir pour alléger sa peine ?

Lâchement, il n'en fera rien car il ne peut entacher sa future carrière en  dévoilant son attachement à Hanna.  Mais pour comprendre la réaction d'Hanna, qui a préféré se taire plutôt que de subir une honte publique, en dévoilant son illettrisme, ainsi que la sienne, Michaël se met à écrire leur histoire...

 

A la moindre menace, je capitulais aussitôt sans condition. J'acceptais tous les torts. J'avouais des fautes que je n'avais pas commises, reconnaissais des intentions que je n'avais jamais eues. Lorsqu'elle devenait froide et dure, je mendiais pour qu'elle redevienne gentille, qu'elle me pardonne, qu'elle m'aime. Parfois j'avais l'impression qu'elle souffrait elle-même de ses excès de froideur et de raideur...

Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de le comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension. Mais en même temps je voulais comprendre Hanna ; ne pas la comprendre signifiait la trahir une fois de plus...

La première partie ne doit pas être occultée par la seconde, même si finalement elle nous révèle, la clé de ce qui va suivre, et c'est là toute la force de ce roman.  

L'auteur nous parle d'amour, d'un amour véritable et sincère,  auréolé certes de mystère, mystère qui sera éclairé par la seconde partie, mais qui explique l'attitude des différents personnages, l'apparente lâcheté de Michael, comme les silences d'Hanna, sa dureté occasionnelle et son incapacité à se défendre contre des accusations infondées. 

Le roman touche du doigt le problème de l'illettrisme et de la honte ressentie par ceux qui ne savent ni lire ni écrire, ce qui les exclut du monde. Hanna préfère cacher ce secret plutôt que de le dévoiler ce qui l'innocenterait en partie. 

 

Mais le principal sujet du roman reste celui abordé dans la seconde partie : c'est la question de la responsabilité ressentie par les générations futures, en ce qui concerne les actes perpétrés par les générations passées, qui ont soutenu le régime nazi durant la seconde guerre mondiale.

Michaël est -il responsable des actions commises par Hanna dans sa vie antérieure ?

Doit-il se sentir coupable d'être tombé amoureux d'elle... sans se douter un seul instant des crimes qu'elle avait commis pendant la guerre ? 

 

C'est en tous les cas, une lecture dérangeante quand le lecteur découvre (en même temps que le narrateur) qu'Hanna, en tant que gardienne de camp, a commis des actes horribles pendant la guerre. Alors qu'elle travaillait chez Siemens, et qu'on lui proposait une promotion, qu'elle a décliné pour n'avoir pas à avouer son secret, elle choisit de s'engager dans les SS en 1943. Elle est coupable d'avoir participé à cette violence incommensurable mais bien entendu ce qui est troublant, c'est que son parcours n'est pas celui qu'on imagine d'un bourreau.

Malgré toute l'horreur du procès et des faits qui lui sont reprochés, le lecteur se positionne du côté du narrateur et de son ressenti, de ses contradictions. Il aime toujours Hanna et ne peut en son fort intérieur la juger, et pourtant toute sa génération abhorre (et nous aussi) les actes commis par les nazis pendant la guerre.

D'ailleurs, l'auteur n'apporte pas de réponses aux nombreuses questions que le lecteur formule en découvrant que lui non plus n'arrive pas à croire à la totale culpabilité de la jeune femme et aimerait qu'elle se défende davantage. Hanna nous touche malgré nous, alors qu'on la sait pourtant capable du pire.

Les criminels nazis ne méritent pas d'être aimés et pourtant nombreux sont les bourreaux qui ont eu une famille qui ne s'est jamais doutée de leurs crimes. L'auteur en nous mettant devant cette contradiction nous oblige à comprendre le ressenti de toute une génération de jeunes allemands, d'après-guerre, qui s'est trouvé confrontée à un problème majeur de devoir "juger" les actes de leurs parents. 

La fin du roman que je ne vous raconterai pas apporte encore plus de trouble et de questionnements. C'est là toute l’ambiguïté de ce roman qui ne manquera pas de susciter de nombreux débats ce qui explique que ce soit une oeuvre souvent proposée au lycée. 

Un livre à découvrir...

 

Un film éponyme a été tiré de ce roman en 2008. Perso, je n'ai pas eu l'occasion de le voir au cinéma et je le ferai maintenant que j'ai lu le livre car j'aime toujours découvrir une oeuvre en lisant d'abord le roman.

Depuis quelques années je laisse notre histoire tranquille. J'ai fait la paix avec elle. Et elle est revenue, détail après détail, et avec une espèce de plénitude, de cohérence et d'orientation qui fait qu'elle ne me rend plus triste...

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 05:20
Folio classique 2012

Folio classique 2012

Comment se fait-il que parfois nous revenions vers des lectures de notre adolescence qui sont entre-temps devenues des classiques ?

C'est ce que j'ai eu envie de faire cet été, lorsque j'ai trouvé cette oeuvre dans une boîte à livres d'un petit village de Haute-Loire, je n'ai pas hésité une seule seconde. Pourtant je ne manquais pas de lectures apportées sous format papier dans ma valise, empruntées à la médiathèque numérique, ou téléchargées sur ma liseuse.

Et me voilà plongée à nouveau pour un grand moment de lecture-plaisir dans cette oeuvre romantique de Charlotte Brontë, lue déjà plusieurs fois pourtant, et avec toujours autant de plaisir ! 

...ce livre ne va pas être une autobiographie en bonne et due forme ; je ne suis tenue d'interroger ma mémoire que quand je suis sûre que ses réponses posséderont un certain intérêt...

Voici l'histoire pour celles (et ceux pourquoi pas !) qui ne la connaissent pas encore.

Jane n'a pas été gâtée par la vie. Devenue orpheline très jeune, elle est recueillie à Gateshead par son oncle qui à sa mort, fait promettre à sa femme qu'elle s'occupera d'elle comme si elle était sa propre fille. Or, vous vous en doutez, il n'en sera rien. Dès la mort de son époux, Mrs Reed écarte la petite fille de tous les plaisirs de son foyer. Elle ne la défend jamais quand John, son monstrueux fils, la harcèle et la maltraite, et gâte sa fille Georgiana sans penser qu'elle pourrait faire de même avec Jane. Un jour, alors que la petite fille tombe malade après avoir été enfermée par sa tante dans une pièce où elle a cru voir un fantôme, Lloyd, le médecin appelé en renfort, propose qu'on envoie la fillette dans une école afin de l'éloigner (pense-t-il tout bas) de cette famille malfaisante. 

 

A Lowood, elle connaîtra des joies et des peines, et recevra une solide éducation chrétienne et une culture générale qui lui sera bien utile par la suite. L'établissement est insalubre, l'économe nourrit très mal les fillettes, ne chauffe pas suffisamment les dortoirs et les salles de vie, des épidémies surviennent et c'est durant l'une d'entre elles que Jane perdra sa seule amie, Helen.  La vie était bien rude en ce temps-là... 

Suivant l'exemple donné par son professeur Miss Temple, que la jeune fille admirait et par qui elle a été fortement encouragée, Jane devient enseignante dans cette école.  Puis ayant besoin de changement, elle décide un jour de passer une annonce pour devenir gouvernante.

 

C'est ainsi qu'elle débarque à Thornfield, dans la vie de M. Rochester pour s'occuper de sa petite pupille.

Peu à peu, ce mystérieux et ombrageux personnage va se rapprocher de Jane jusqu'à la demander en mariage. Mais alors que le jour du mariage arrive, un mystérieux secret touchant celui qu'elle continue à considérer encore comme son "maître", est dévoilé au grand jour.

Jane s'enfuit...seule et sans argent. 

La soirée n'était ni éclatante ni splendide, mais le temps était beau et doux ; les faneurs étaient à l'ouvrage tout le long du chemin ; et le ciel, s'il était loin d'être sans nuages, était tout de même assez prometteur pour l'avenir...
Je me sentis contente de voir la route se raccourcir sous mes pas ; si contente que je m'arrêtai un moment pour me demander que ce signifiait cette joie et pour rappeler à ma raison que ce n'était pas chez moi que je rentrais...

Il est vain de prétendre que les êtres humains doivent se satisfaire de la tranquillité ; il leur faut du mouvement ; et s'ils n'en trouvent pas, ils en créeront.

Bien évidemment, ne comptez pas sur moi si vous ne connaissez pas l'histoire pour vous raconter la suite, ni en quoi consiste ce secret bien gardé, ni ce que Jane va devenir par la suite,  ni les personnes qui sur sa route vont l'aider, ou ce qui adviendra de sa vie.

Ce serait dommage de ne pas vous laisser le découvrir !

 

Tout ce que je peux vous dire, c'est que ce roman osé pour l'époque car totalement anti-conformiste, est remarquable par l'analyse minutieuse qu'il fait des différents personnages, de leurs ressentis, et des différentes situations, ainsi que des solutions qui sont choisies par chacun d'entre eux pour continuer à vivre.

Jane a comme on dit un caractère bien trempé. Très jeune, elle se révolte contre sa condition d'opprimée, en tant que petite fille appartenant à une famille qui la rejette. C'est une enfant rebelle ! Plus tard, en tant que femme, désirant être libre et non soumise à un homme qui déciderait de tout à sa place, et la considérerait comme une pauvre petite chose fragile, elle surprend par l'énergie qu'elle met à être indépendante à tous prix. C'est avant tout une femme passionnée, mais lucide, prête à n'écouter que son cœur et bien décidée à ne pas remettre à plus tard la réalisation de ses rêves. 

 

Les hommes apparaissent d'ailleurs souvent protecteurs, mais distants au point de ne jamais donner libre cours à leurs sentiments. Ils sont froids, calculateurs et font passer la raison avant les sentiments...

Mr Rochester est l'anti-héros par excellence, mal dans sa peau, n'aimant pas son physique. Et bien que tout l'oppose à Jane, leur histoire d'amour a conquis et fait rêver des générations de jeunes filles et de jeunes (et moins jeunes) femmes tant elle est universelle et proche du conte de fées. 

 

C'est un roman indémodable car il est d'avant-garde par son côté "féministe"... Quand on pense qu'il a été écrit au XIXe siècle !

Il contient des passages proches du fantastique qui renforcent le côté mystérieux de l'histoire, et il aborde des sujets difficiles et toujours d'actualité, comme la folie et la honte qui va avec les familles touchées par ce "fléau", la maltraitance des orphelins ou des personnes mal-nées, le harcèlement moral et physique, les inégalités homme-femme, les rapports de classes, les croyances et les tabous, et enfin, la religion.

L'auteur a publié ce roman pour la première fois en 1847, sous le pseudonyme de Currer Bell. Le livre s'inspire de plusieurs épisodes de sa vie et il est donc en partie autobiographique. Il est paru en France pour la première fois en 1854, sous le titre "Jane Eyre ou les mémoires d'une institutrice". 

Sa lecture me donne envie de me replonger durant l'hiver, dans  la (re)découverte des romancières anglaises... et de, pourquoi pas, revoir aussi une des multiples versions de ce roman adaptées au cinéma. 

J'étais dans ma chambre personnelle comme d'habitude : toute seule, sans changement manifeste ; rien ne m'avait frappée, ni endommagée, ni mutilée. Mais où était la Jane Eyre d'hier ? Où était sa vie ? Où était son avenir ?

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 11:27
Pour toujours...jusqu'à demain / Sarah Dessen

Macy a vécu un drame : elle a vu son père mourir sous ses yeux et n'a rien pu faire pour le sauver. Elle s'en veut beaucoup. En effet d'habitude, ils allaient courir tous les deux ensemble et ce jour-là, sans qu'elle sache pourquoi elle a trainé au lit et c'est lorsqu'elle l'a rejoint, qu'elle l'a trouvé, allongé par terre...Si elle avait été là, auprès de lui, on aurait (peut-être) pu le sauver.

 

Alors que sa soeur aîné Caroline, a versé toutes les larmes de son corps, Macy n'a pu en verser aucune. Elle s'est renfermée dans sa coquille...

Ce n'est pas sa mère, Deborah, qui fait de même, qui réussira à lui parler : elle est très occupée par son travail de promotrice immobilière. La saison bat son plein et elle organise des soirées promotionnelles à la chaîne...

 

Depuis ce deuil douloureux, Macy affiche en public une étrange tranquillité de façade, un équilibre (précaire) qui apparaît aux autres comme immuable. Elle est appliquée et travaille très bien au lycée. Sérieuse à tous points de vue, elle a néanmoins un petit copain, Jason. Mais peut-on considérer qu'il s'agit réellement d'un "petit copain" ?

En effet celui-ci est la perfection même et ne se permet aucun écart de conduite. Il exerce sur Macy une influence (plutôt négative à nos yeux) car il est exigeant et ne lui pardonne rien.

 

Ce qui est surprenant c'est la facilité avec laquelle Macy se laisse diriger...Elle est comme anesthésiée, dans son monde sécurisé, bien ordonné et rassurant.

 

Mais c'est le début de l'été et Jason part pour le camp des cracks, une sorte de camp de vacances pour les surdoués.

D'ailleurs Macy va le remplacer à l'accueil de la bibliothèque durant tout l'été. Un poste qui l'intéresse mais qui donne à Jason l'occasion de lui donner beaucoup trop de conseils (de consignes strictes, je devrais dire !).

 

Macy se retrouve seule. Son travail à la bibliothèque se passe mal : elle est très mal acceuillie par les deux odieuses copines de Jason qui ne lui parlent pas et ne se donnent même pas la peine de l'intégrer dans l'équipe.

Elle commet l'erreur de dire à Jason qu'elle a des problèmes dans son travail à la bibliothèque.  Elle lui dit aussi à quel point sa présence lui manque et rajoute à la fin de son mail qu'elle l'aime.

Jason qui pense plus à son travail qu'à l'amour et ne veut pas s'engager, décide de faire un break, une "pause" dans leur relation.

 

Macy s'enfonce et n'en parle à personne...mais bientôt elle s'aperçoit que tout le monde est au courant et elle s'interroge.

Va-t-elle revivre les jours terribles de solitude qui ont suivi la mort de son père ?

Aime-t-elle tant que ça, sa vie routinière et rassurante ?

S'empêche-t-elle d'être heureuse et de profiter de son adolescence comme le pense Caroline?

 

Heureusement le destin met sur sa route une famille différente pleine de joie de vivre, qui propose ses compétences de traiteur et organise des soirées. Délia et sa troupe, Tim et Greg, ses neveux et les deux soeurs, Kristy et Monica...tout un programme !

Macy se fait "embaucher" en cachette de sa mère et découvre avec stupeur une autre façon de vivre. Pourtant cette famille a eu elle-aussi beaucoup de souffrances.

C'est auprès de Tim,  artiste et secret, que Macy va enfin revivre. En jouant au jeu de la vérité elle va apprendre à le connaître et se mettre à nu elle-même.

 

Mais sa mère qui se méfie de tout ce bouleversement, lui interdit de les revoir...

Peut-on survivre à pareille punition sans se rebeller ?!

Ce que j'en pense

 

C'est une histoire vivante et touchante, loin des clichés habituels proposés dans les romans pour ados.

Ce roman aborde la difficulté de vivre après la mort d'un proche, sans melo. Ce qui est intéressant c'est que l'auteur montre les différentes façons qu'ont les gens, d'aborder le deuil selon leur personnalité.

L'histoire d'amour est différente de celle que les ados lisent habituellement, car le roman est surtout centré sur l'importance d'accepter le changement et de se connaître pour pouvoir aimer vraiment.

 

Macy est une ado très attachante. l'emploi du "je" facilite la compréhension de son personnage et de sa psychologie. J'ai souffert avec elle du manque de communication qui existe dans sa famille. Les relations parents-enfants n'ont jamais été faciles au moment de l'adolescence mais en plus lorsqu'il y a un sujet -tabou (là, la mort du père) cela devient vraiment lourd !

D'ailleurs les adultes se rendront compte en lisant ce livre avec leur ado que le comportement de la mère qui fuit sa propre douleur dans le travail, et refuse de débattre de ce qui la touche au plus profond d'elle-même, est proche du comportement de la plupart des parents.

 

Avec beaucoup d'honnêteté, je dois admettre que ce roman m'a touchée. Il nous propose de réfléchir à nos comportements, ceux que l'on met en place pour se protéger, ne pas pleurer devant les enfants et montrer ainsi nos faiblesses...ce qui ne les aide pas du tout à exprimer leurs propres sentiments et donc à grandir.

 

De plus, cette adolescente si fragile qui redoute le changement, est si proche des lecteurs et lectrices de cet âge que l'identification est facilité.

L'écriture est fluide et agréable et le happy-end, rassurant mais prévisible, ne gâche rien à l'histoire.

Il faut bien dépasser ses peurs et ses contradictions pour devenir adulte, tout du moins laissons les ados le croirent :)

 

A découvrir donc pour les filles de plus de 13-14 ans.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 17:31

C'est les vacances, vos ados se reposent, traînent au lit toute la matinée, envoient des textos non stop à leurs copains partis en vacances ou pas et rechignent lorsque vous les sollicitez pour les tâches ménagères. Tout va bien...rien de grave à l'horizon :)

Eux-aussi sont en vacances et doivent profiter de leur temps libre à leur guise. C'est inutile d'être sur leur dos, vous ne feriez qu'aggraver la situation...

 

Par contre, vous pouvez leur conseiller quelques lectures que vous pourrez partager avec eux... leur faire connaître des romans de genres ou d'auteurs nouveaux.

C'est pourquoi, tout au long de l'été, chaque semaine, je vous donnerai quelques conseils de lecture pour vos ados. De quoi occuper leurs vacances, aux heures chaudes de la journée, d'autant plus que certains romans ont fait l'objet d'une adaptation cinématographique...

 

Cette semaine ce sera une liste de romans sentimentaux... hé oui c'est l'été !

 

J'ai déjà fait certains résumés sur mon blog et j'en ai trouvé qui me plaisaient sur d'autres blogs : il suffit alors de cliquer sur le lien.

Pour d'autres, je vous ai mis un bref résumé de l'histoire.

Quelques romans sentimentaux à partager avec vos ados pendant les vacances...

 

Romans émouvants ou romans d'amour et d'amitié, voici des romans qui sauront toucher la fibre sensible de vos ados filles ou garçons.

Remarque : les mentions d'âge sont données à titre purement indicatif...

 

 

- Nos étoiles contraires / John Green (et les autres titres de l'auteur : Qui es-tu Alaska ? / Will & Will / La face cachée de Margot...). A partir de 14 ans.

 

 

- Ma réputation / Gaël Aymon.

Pour Laura, avoir des copines, des conversations de filles, est au-dessus de ses forces. Au lycée, elle préfère traîner avec ses potes garçons, quitte à laisser les autres imaginer des choses. Mais lorsqu’elle repousse les avances de Sofiane, le reste du groupe se retourne brutalement contre elle. À mesure que de sales rumeurs se propagent à son sujet, Laura devient de plus en plus isolée. La solitude et le sentiment de rejet grandissent en elle et  l’étouffent... A partir de 14 ans.

 

 

- Le premier qui pleure a perdu / Sherman Alexie

Myope, maigre et handicapé, Junior, un indien Spokane est le premier de la classe. Il est suffisamment lucide pour savoir qu'il n'aura pas d'avenir s'il reste parmi  les siens. Il décide alors d'aller dans une école de "blancs". Admis au lycée de Reardan, Junior, optimiste, quitte la réserve, mais il ne sait pas ce qui l'attend...A partir de 13 ans.

 

- A Méli sans mélo / Barbara Constantine. A partir de 14 ans.

Quelques romans sentimentaux à partager avec vos ados pendant les vacances...

 

- Si je reste / Gayle Forman. A partir de 15 ans.

 

- Oh Boy ! Marie-Aude Murail

Siméon, Morgane et Venise Morlevent se découvrent un matin sans parents. Qui va les adopter ? Josiane, leur antipathique demi-sœur, ou leur demi-frère Bart, qui change de petit copain tous les jours et qu’ils adorent ?

Le pire, c’est que Bart et Josiane se détestent…

Une histoire remarquablement bien ficelée, une ribambelle de personnages attachants qui ont un sens aigu de la répartie, un discours intelligent et une très appréciable ouverture d’esprit : voilà précisément ce qui rend ce livre irrésistible...

A partir de 14 ans.

 

 

- Je ne sais plus pourquoi je t'aime / Gabrielle Zevin. A partir de 15 ans.

 

- Moi je / Arnaud Cathrine

Doriand est mort de trouille mais il se décide enfin à envoyer une lettre d'amour à Julie. C'est à cet instant que son père, écrivain de son métier, avec qui il vit, se met à "disjoncter" en entamant une psychanalyse...et devient infréquentable.
Julie va t-elle répondre ? L'aime-t-elle autant que lui ?
A partir de 14 ans.

 

- Sous le règne de Bone / Russell Banks. A partir de 15 ans.

 

 

- Toi et moi à jamais / Ann Brashares. A partir de 15 ans.

 

Riley, Alice et Paul. Les deux sœurs et l'ami d'enfance. Voici l'été de leurs retrouvailles. La côte Est des Etats-Unis, les maisons de vacances, les plages de l'île qu'on connaît par cœur. Et pourtant tout a changé. Ils ont vingt ans. L'amitié se trouble. Entre Alice et Paul, une attirance nouvelle s'installe...

 

 

 

 

 

- Cher inconnu / Berlie Doherty

La vie est facile et légère pour Chris et Helen. Ils s'aiment. Quand Helen découvre qu'elle est enceinte, elle n'a que seize ans. L'univers bascule. A qui parler, que faut-il faire? Elle entreprend de se confier à cet être qui prend peu à peu possession de sa vie, de son corps. Cet inconnu qu'elle rejette tout d'abord puis qu'elle apprend à accepter. Ses relations avec Chris, avec ses parents, avec ses amis se transforment, ses certitudes sont ébranlées. A partir de 13 ans.

 

 

- La petite fille de Monsieur Linh / Philippe Claudel. A partir de 14 ans.

 

Le bizarre incident du chien pendant la nuit / Mark Haddon. A partir de 15 ans.

Christopher a quinze ans et une formidable mémoire photographique. Il pige tout en mathématiques et en sciences... du premier coup ! Ce qu'il ne comprend pas, mais alors pas du tout, ce sont les autres êtres humains. Car Christopher est autiste. Lorsque l'adolescent découvre le chien de son voisin, Wellington, gisant mort sur le pas de la porte, cette vision crée un déclic en lui : il décide de mener l'enquête et même d'écrire une nouvelle sur cette enquête...

 

- Un amour de geek / Luc Blanvillain. A partir de 12 ans.

 

- Je ne t'aime toujours pas, Paulus / Agnès Desarthe. A partir de 13 ans.

 

- Le garçon qui se taisait / Lois Lowry. A partir de 14 ans.

 

 

- Le goût de la mangue / Catherine Missonnier. A partir de 14 ans.

 

- Tes mots sur mes lèvres / Katja Millay. A partir de 15 ans.

Tous deux ont 17 ans et déjà la vie les a maltraités. Après avoir été agressée, Nastya ne parle plus. Josh, orphelin, se refugie dans la solitude et le travail du bois. Peu à peu, Nastya partage la vie de ce garçon. Après l'amitié vient l'amour et la peur.

Leur passion sera-t-elle la plus forte ?

 

- Les perfectionnistes / Sara Shepard. A partir de 15 ans.

 

- Les coeurs fêlés / Gayle Forman. A partir de 15 ans.

Brit, 16 ans, en pleine rébellion adolescente, est envoyée par son père à Red Rock, une institution pour jeunes difficiles aux méthodes aussi musclées que cruelles. Dans ce cauchemar sans issue, seule l'amitié secrète qu'elle noue avec trois autres jeunes filles lui redonne espoir. Ensembles, elles mènent un combat dangereux et douloureux pour dénoncer ce qu'elles subissent.

 

- J'ai 14 ans et je suis détestable / Gudule. A partir de 13 ans !

 

- Desolation Road / Jérôme Noirez. A partir de 15 ans.

Un journaliste interroge June, une jeune fille de 17 ans emprisonnée dans le couloir de la mort où elle attend son exécution. Elle nous raconte sa passion pour David, leur histoire d'amour passionnelle, ponctuée par le vol, le kidnapping, le meurtre qui les a mené à travers la Californie parmi les criminels des années 1930.

 

- Tout va bien / Eva Kavian. A partir de 15 ans.

 

- Le chemin de sable / Pascal Garnier. A partir de 12 ans.

Vincent a 16 ans et vit dans une cité HLM à Dunkerque. Fatigué de sa vie, il quitte tout pour rejoindre son oncle qui vit au bord de la mer. Là-bas, il tombe amoureux de Véronique. Lorsqu'elle doit repartir à Saint-Jean-de-Luz, il lui promet de la rejoindre....

 

- Loin très loin de tout / Ursula Le Guin. A partir de 13 ans.

C’est la rencontre de deux adolescents d’aujourd’hui, leur amour et leurs incertitudes, le chemin qu’ensemble ils recherchent pour aller vers l’âge adulte…

 

- Quatre soeurs / Malika Ferdjouk. Les deux premiers tomes sont parus aussi en BD. A partir de 12 ans.

 

- Freak City / Kathrin Schrocke. A partir de 13 ans.

Léa est une jolie fille, sourde de naissance. Mika tombe amoureux d'elle et est bien décidé à apprendre la langue des signes. Ils vont apprendre à se découvrir et à partager leurs mondes...

 

- L'ombre du vent / Carlos Luis Zafon. A partir de 16 ans.

 

- Les oiseaux se cachent pour mourir / de Colleen Mc Cullough qui vient de décédée en janvier dernier. A partir de 15 ans.

 

- Pays de neige / Yasunari Kawabata. Pour tous les poètes à partir de 15 ans.

 

Et un documentaire plein d'humour...

 

- Comment guérir d'un chagrin d'amour / Stéphane Clerget

 

comment guérir chagrin d'amour

 

 

Les histoires d'amour et d'amitié ont aussi leurs classiques à lire et à relire si vous aimez comme :

Love story / Patrick Segal (A partir de 15 ans) ; Le grand secret / René Barjavel (A partir de 14 ans) ; E=mc2, mon amour / Patrick Cauvin (A partir de 14 ans.) ; Les Hauts de Hurle-Vent / Emily Brontë (A partir de 14 ans.); Mon premier amour et autres désastres / Francine Pascal (A partir de 13 ans.); Premier amour, dernier amour / Susie Morgensten (A partir de 13 ans.) ; Le grand Meaulnes / Alain-Fournier (A partir de 12 ans); Le lys dans la vallée / Honoré de Balzac (A partir de 12 ans.) ; Elise ou la vraie vie / Claire Etcherelli (A partir de 14 ans.)...

Et bien d'autres...

 

La semaine prochaine, vous retrouverez d'autres histoires d'amour car j'aborderai le thème de la nouvelle littérature féminine : la check-lit !

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 07:53
Le goût de la mangue de Catherine Missonnier

Anna a 15 ans et vit avec sa famille à Madagascar depuis maintenant 3 ans que son père  a été nommé fonctionnaire à Tamatave. Malgré les paysages magnifiques, les après-midi à la plage, elle ne se sent pas chez elle et a du mal à s'intégrer à la jeunesse blanche résidant sur l'île. D'un autre côté, les lycéennes malgaches qui partagent ses heures de cours la considèrent comme une colonisatrice et la rejettent.

 

Éloignée de sa famille, puisque son lycée est à Tananarive à 14 heures de train de Tamatave, elle doit passer tous ses week-end dans une famille de pasteur, les Bastien, famille trop rangée à son goût mais bienveillante, où elle s'ennuie tout en acceptant de rendre de multiples services, en jouant avec les garçons et en se réfugiant dans ses lectures.

 

En semaine, elle partage fou rires et bavardages avec ses amies d'internat. Ensembles, elles écrivent une pièce de théâtre qui, comme l'année précédente sera jouée en fin d'année. Et elle lit ce qui lui vaut quelquefois des déboires...

 

Grâce à Louis Flamand, un ethnologue qui recueille les traditions en enregistrant la parole des anciens, elle rencontre Léon, un jeune étudiant malgache qui va peu à peu lui apprendre la culture de son peuple, les Marinas. Léon est le frère de Fanja qui est dans sa classe et avec qui elle a essayé de lier une relation. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, ce qui n'est pas du tout apprécié par leur entourage...

 

On est en 1959. Cela fait 70 ans que Madagascar est une colonie française mais le peuple malgache ne rêve que d'une chose, d'indépendance, ce que les français ne sont pas prêts à accepter : ils ont trop à perdre.

 

Un roman simple et sans fioriture qui sait faire entrer le lecteur dans la peau des personnages. Deux adolescents attachants qui s'interrogent sur la colonisation, l'indépendance des peuples, les différences culturelles...mais ne se méfient pas assez du poids des traditions, des préjugés et de la famille...jusqu'au drame.

 

A lire dès 13 ans qu'on soit fille ou garçon !

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 07:36
Points 2011

Points 2011

 

Voici un court roman très poétique qui sera un moment agréable de lecture pour les amateurs de poésie ou/et de culture orientale. 

 

Yuko, un jeune poète japonais de 17 ans a du mal à suivre sa voie dans le Japon traditionnel du XIXe siècle.  Il a deux obsessions : les haïkus et la neige, sa blancheur, sa douceur, sa pureté, le silence qui l'entoure...tout cela le met en émoi.

Il promet à son père, qui désire le voir faire autre chose dans sa vie et choisir entre devenir prêtre ou soldat comme le veut la tradition familiale,  de n'écrire que 77 haïkus pendant toute la période hivernale et de ne rien faire le reste de l'année.

 

Mais un jour le jeune homme est découvert par le poète officiel de la cour...Celui-ci lui conseille, pour donner un peu de couleur à ses poèmes, de se rendre auprès du vieux peintre Soseki, un ancien samouraï. Pour cela Yuko devra traverser tout le Japon.

En chemin il découvre une superbe jeune femme emprisonnée pour toujours dans la glace...De type européen, elle semble dormir dans son linceul. Qui est-elle ? Comment est-elle arrivée là ? Il est fasciné !

 

Quelle surprise lorsque Yuko fait connaissance avec le vieux maître : celui-ci est aveugle. Comment peut-il voir les couleurs  et les lui enseigner ?

Mais Yuko n'est pas encore au bout de ses surprise car Horoshi, le serviteur de Soseki lui raconte comment et pourquoi son maître s'est mis à écrire des poèmes...c'est à cause d'une superbe jeune femme, funambule de son métier et appelée Neige. Au cours du récit Yuko découvre que Neige et la jeune femme retrouvée emprisonnée dans les glaces au coeur des Alpes japonaises ne font qu'une !

 

Il décide d'en faire part à Soseki qui souffre de n'avoir jamais retrouvé son corps...Dès lors, le destin des deux hommes est inextricablement lié à jamais...

 

Ce roman est très facile à lire mais il faut le savourer et le lire parfois à haute voix pour apprécier toute la poésie et la sagesse de ses propos. Il permet d'aborder la culture orientale et l'art du haïku de manière tout à fait agréable mais aussi l'art de la contemplation, l'amour de la nature, la poésie et la philosophie orientale...

C'est beaucoup pour 54 courts chapitres et 96 pages...

A lire dès 13 ans.

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 08:24

Edition : Flammarion jeunesse

 

lettres secretes

 

 

Mathilde a presque 15 ans. Elle ne peut pas dévoiler à Nicolas (le grand frère de sa meilleure amie Marie) qu’elle est amoureuse de lui. Un amour impossible et platonique (il a plus de 7 ans de plus qu’elle),  où le moindre geste est source d’espoir et où l’imagination galope à l’infini.  Ils n’ont pas la même vie : il est étudiant, elle, lycéenne.  Elle n’a d’yeux que pour lui. Il vit sa vie, rentre peu chez lui, a ses propres amis et même une petite amie, Magali.

Tous les jours, elle lui écrit des lettres sur son cahier tout neuf, lettres qu’elle n’enverra jamais.  Elle décrit son quotidien de jeune fille amoureuse, ses espoirs, ses déceptions, ses rêves, ses angoisses, son chagrin. Elle décrit les sentiments nouveaux qu’elle découvre et qu’elle n’avait jamais ressentis auparavant : la jalousie, l’envie. Beaucoup de jeunes ados se reconnaîtront dans ce roman qui décrit très bien les sentiments lors d’un premier amour… déçu.

Confrontée au principe de réalité, Mathilde grandit et grâce à Nicolas, et aux lettres qui lui ont permis de s’exprimer, elle passera de l’adolescence à l’âge presque « adulte », prête pour un amour plus mûr mais aussi pour réaliser ses propres rêves d’avenir, sans se laisser influencer par le désir de plaire aux autres et sans avoir besoin de changer sa personnalité.

Un livre important pour les adolescentes, car il peut faire réfléchir sur l’amour, l’importance qu’il a à être partagé, le fait comme le dit la maman que le conserver est un « vrai travail »… Mathilde apprend aussi que même la souffrance passe avec le temps.  Elle découvre une maman aimante qui en silence, comprend tout et l’assure de sa présence et de son soutien.

Conseillé à partir de 11 ans, je pense que ce roman ne peut être réellement compris que par des adolescentes plus âgées. En effet à 11 ans, personne n’a encore vécu une histoire d’amour aussi intense. Les nombreux témoignages sur le net montrent que ce roman a pu  même paraître ennuyeux à certaines préadolescentes et que le message qu’il contient a été incompris. Il faut avoir vécu un amour platonique aussi fort que notre héroïne (qui a 15 ans !) pour bien comprendre le roman.

Mais puisque la lecture en est facile, laissons à nos adolescentes le soin de choisir (ou pas) cette lecture à partir de 11 ans. Elles sauront que ce livre existe et pourront toujours le relire (ou le conseiller à une copine) si besoin est.

 

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:04
Jules Matrat un roman de Charles Exbrayat

J'ai retrouvé ce vieux livre dans un carton oublié... Je ne l'avais jamais lu jusqu'à présent et je dois reconnaître que je ne savais pas que l'auteur qui a écrit plutôt des polars, nous avait laissé un tel chef-d'oeuvre...

 

Jules Matrat est un jeune paysan dont la vie simple est faite de travail quotidien. Il quitte son village de la Loire, dans les premiers jours d'août 1914, quand la guerre l'arrache brutalement à sa ferme, à ses vieux parents qui vont devoir se débrouiller seuls, à sa promise, la Rose qui l'attendra, et à ses terres...

La guerre, il ne la supporte pas et se réfugie dans l'amitié d'un autre soldat, Louis Agnin venu d'un petit village de Maurienne. Tous deux d'origine paysanne,  parlent, entre deux combats, de leur terre, des bois, des travaux des champs selon les saisons et de leur fiancée...

Ensemble ils bâtissent un avenir où il seront réunis avec ceux qu'ils aiment pour toujours... et où ceux qu'ils aiment, s'aimeront.

Mais Louis est tué et Jules ne s'en remet pas. Revenu chez lui à la fin de quatre années de guerre, il n'arrive pas à se laisser aller au bonheur tant rêvé. Il n'arrive pas à oublier, les cris, les canons, la mort, la peur et les tranchées tout ce qui le hante et dont il n'arrive même pas à parler... Coupable d'être revenu vivant et de ne pas s'estimer heureux de l'être, Jules s'isole de plus en plus, s'éloigne de sa famille et de Rose devenue pourtant sa femme... Il subit ses reproches et son incompréhension.

Alors lui qui aimait tant la vie et sa terre natale ne sait plus comment vivre car il se retrouve dans un monde qu'il ne reconnait plus et qui ne le reconnait plus...

 

Ce que j'en pense :

C'est un roman superbe, émouvant qui prend aux tripes tant il nous rappelle la dure réalité de la vie quotidienne des survivants de la première guerre mondiale, ceux qu'on a surnommé les gueules cassées, ou les poilus... Il nous rappelle que la guerre ne s'arrête pas au retour de la paix et qu'elle laisse des séquelles et des souffrances qui se prolongent bien au-delà et toucheront les générations futures.

 

Il nous fait revivre l'injustice ressentie par les vivants obligés de vénérer les morts, seuls héros de la guerre réellement morts pour leur patrie, alors qu'eux-mêmes vivent tous les jours des souffrances épouvantables qui ne peuvent pas être exprimées au grand jour...

 

Il ne s'agit pas d'un récit de guerre...la guerre est évoquée en toile de fond et par petites touches discrètes mais pesantes comme les souvenirs de l'horreur vécue par les soldats dans les tranchées.

C'est un récit de la vie quotidienne de ceux qui restent à la maison et attendent...et de ceux qui reviennent alors que dans leurs yeux l'étincelle de la vie s'est éteinte à jamais.

 

C'est un livre  terrible, qui est un véritable hommage à ces soldats  de la génération de  nos grands-pères ou arrières-grands-pères que nous ne devons pas oublier.

 

L'auteur qui écrit habituellement des polars,  nous livre là un chef-d'oeuvre. Il relate avec beaucoup de réalisme, la détresse psychologique des survivants, hantés par le souvenir des tranchées et de leurs copains morts en héros sous leurs yeux , et qui ne savent plus pour quoi, ni pour qui, ils doivent se résigner à vivre...

 

Ce livre est à lire absolument dès l'adolescence et jusqu'à 99 ans !

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 08:17

J'avais déjà lu ce roman lors de sa sortie littéraire et j'avais le souvenir d'un roman qui m'avait beaucoup touché car écrit avec beaucoup de sensibilité par petites touches comme on peindrait un tableau...

 

La lecture récente de Rouge argile du même auteur m'a donnée envie de l'emprunter à nouveau à la bibliothèque et de replonger dans cette lecture encore une fois et...

 

Je n'ai pas été déçue ! J'ai même découvert que je pouvais faire lire ce roman aux ados...ce que je n'avais pas réalisé lors de la première lecture.

 
Toutes ces vies qu'on abandonne de Virginie Ollagnier (relecture)

 

L'histoire :

 

A la fin de la première guerre mondiale, Claire, jeune novice vivant à Annecy, travaille depuis 4 ans comme infirmière dans le service du professeur Tournier, un éminent psychiatre qui cherche à guérir les "gueules cassées" de leurs nombreux traumatismes.

Elle se dévoue à ses patients sans se départir de la joie et de l'énergie liées à sa jeunesse.

 

Sa vocation religieuse est pleine de doutes mais la mère supérieure lui laisse le temps de la réflexion tout en exigeant beaucoup d'elle (la plus indisciplinée de ses novices !).

 

C'est alors qu'elle doute de son propre avenir, que le professeur lui confie tout particulièrment un jeune soldat inconnu, que tout le monde croit mort, mais qui est simplement muet, recroquevillé dans sa douleur et qui semble ne jamais vouloir se réveiller à la vie...

 

Par une méthode bien à elle qu'elle découvre elle-même en suivant son intuition et redessine chaque nouveau jour (le massage de son corps et les paroles douces), Claire va peu à peu le ramener à la vie...

 

 

Le lecteur découvre fasciné, la parole de ce jeune soldat inconnu et ses souvenirs de guerre, de vie et d'amour qui affluent au fur et à mesure que son corps en parallèle se délasse sous le massage... Chaque souvenir est en rapport direct avec la partie du corps massé.

En parallèle, Claire se confie dans de longs monologues qu'elle adresse au soldat de sa voix douce : le lecteur découvre son enfance solitaire, petite orpheline élevée par une tante aimante mais vouée dès le départ à un destin qui n'est pas le sien.

En le ramenant peu à peu à la vie, en lui laissant prendre de plus en plus de place dans sa vie, et parce qu'elle est envahit par le trouble, c'est son propre désir de vivre que Claire découvre ce qui l'amènera à un changement profond.

 

Les personnages sont très attachants : le professeur, blindé par la douleur d'avoir perdu sa fille, prend Claire en affection non dissimilée et l'amène en douceur à suivre son destin. Janet, l'éminent psychiatre venu en renfort, qui joue un rôle non négligeable dans l'évolution de Claire...

L'ambiance très particulière tient au fait que le lecteur enchaine, les souvenirs intimistes, les rencontres entre les personnages, tous aussi uniques en leur genre, les récits et descriptions de  scènes de guerre, les doutes des médecins, les débuts de l'hypnose, les tâtonnements des débuts de la psychiatrie, les premisses de la libération des femmes et la vie quotidienne à Annecy durant le rude hiver 1918...

 

C'est par les hommes qu'on découvre l'histoire et  c'est ce qui fait la force de ce roman qui peut être lu dès l'âge de14 ans car cette jeune femme qui se cherche est encore à quelque part une adolescente : au milieu de l'horreur elle garde une certaine candeur, une sensibilité à fleur de peau, la faculté de se révolter, un espoir sans faille ou presque, et elle rit...

 

Beaucoup de critiques l'ont comparé à d'autres romans sur la même période. Qu'importe !

Chaque roman est unique !

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 14:38
Autobiographie d'un amour d'Alexandre Jardin (Folio)

 

L'histoire

 

A 32 ans, Alex découvre que sa femme Jeanne, avec qui il vit depuis 7 ans, n'est pas heureuse. Pire, il découvre qu'elle est prête à les abandonner, lui et leurs deux enfants en mettant fin à ses jours.

 

Désespéré, il quitte tout, les Nouvelles Hébrides, son métier d'instituteur, ses enfants et part sans laisser d'adresse.

 

Deux ans plus tard, Octave son frère jumeau débarque sur l'île et entre dans la vie de Jeanne. Elle croit voir en lui un Alexandre...mais qui ressemble d'avantage à celui qu'elle a toujours attendu et voulu aimer...un Alexandre sans les défauts !!

Par maintes ruses et discours habiles et charmeurs, Octave va montrer à Jeanne qu'au lieu de vouloir changer les autres, il faudra qu'elle commence par changer elle-même, apprivoiser ses démons, se libérer de ses peurs, de ses complexes et ses culpabilités, et apprendre à écouter l'autre et à le comprendre...

Bref s'aimer et se pardonner d'abord avant de pouvoir prétendre aimer !

 

Ce que j'en pense

C'est un roman intéressant et très bien écrit qui s'inspire des travaux de Mitton E. Erikson et de Jacques Salomé.

Même si le lecteur découvre assez vite la supercherie, l'auteur entretient le  doute et l'amène à vivre avecJeanne, s'agacer avec elle, réfléchir à ses problèmes. Il entretient le suspense...et le lecteur veut savoir la suite et découvrir comment Octave va s'y prendre ! Finalement, conquis, il est lui aussi totalement sous le charme et attend avec Jeanne la 6° rencontre...

 

Il peut être lu par des ados à partir de 14-15 ans mais il concerne surtout des adultes ayant déjà une certaine expérience de la vie commune.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 17:28
Du domaine des murmures / Carole Martinez (Gallimard 2011)

Ce livre a obtenu à l'automne 2011 le Prix Goncourt des lycéens.

J’ai donc refusé de regarder  les critiques sur ce roman, avant de le lire, de peur d’être déçue comme c’est parfois le cas lorsqu’il s’agit d’un prix littéraire… En effet, depuis que j'en lis (je suis terrible pour çà) mon avis est toujours très contrasté sur les prix Goncourt des lycéens !

J’ai fini par l’emprunter à la médiathèque de mon village...le mois dernier. Je ne regrette pas de ne pas l'avoir acheté...

 

 

 

L’histoire se passe au Moyen Age en 1187.

Esclarmonde, la fille du roi, vit avec son père au Domaine des murmures. C’est une jeune fille qui a tout pour être heureuse. Elle est courtisée par de nombreux prétendants.

Le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, elle ose affronter la décision de son père, en refusant de dire OUI à Lothaire, qu’elle n’aime pas...

Ce qu’elle veut c’est s’offrir à Dieu.

Pour elle c’est une véritable vocation !   

Elle décide alors de s’emmurer dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux, l’autre ouverture lui permettant de voir et d’entendre la vie religieuse au sein de la chapelle.

Pendant les deux ans que durera la construction de sa cellule, elle va dire adieu au monde des vivants… Mais la veille du jour où elle doit être emmurée, alors qu’elle sort au matin respirer au dehors, elle est violée sauvagement par un homme…

 

- Peut-on avoir la certitude à 15 ans de savoir de quoi l' avenir sera fait ?

- A-t-elle eu vraiment le choix ? ...car au Moyen Age les jeunes femmes de bonne naissance, n’avaient le choix qu’entre un mariage arrangé pour celle qui avait la chance d’être jolie et bien dotée ou, entrer au couvent .

 

Mais Esclarmonde va changer et renaître à la vie…

Quand elle entre dans sa cellule, elle ne sait pas encore qu’elle va donner la vie. Elle ne sait pas non plus que la naissance de son fils sera l’occasion de faire d’elle une sainte. Depuis son enfermement, dans le fief de son père, la mort et la disette se sont éloignés… et de plus, n’a-t-elle pas donné la vie dans les mêmes conditions que la vierge Marie ? 

 

Alors qu’elle se voyait solitaire dans sa cellule et vouée à Dieu, elle va consacrer toute sa vie à recevoir tous les jours de nombreux pèlerins venus lui demander aide ou pardon.

Elle va aussi avoir  des visions très précises sur les croisades et les êtres chers qui y sont partis.

 

Mon avis :

Le côté un peu trop mystique de ce roman sans m’avoir « dérangé », m’a  empêché d’entrer véritablement dans l’histoire et dans l’ambiance.Mais je comprends qu'il ait pu plaire à certains.

Je n’ai pas été insensible à la poésie qui se dégage de certains passages, à l’écriture en elle-même ni à ce personnage de femme. Au fond la condition des femmes depuis le Moyen Age  n’a pas profondément changé. Libres ou recluses, elles se cherchent et leur chemin de vie les amène vers une certaine sagesse.
De plus, lorsqu’elles ont comme Esclarmonde le droit à la parole,  elles peuvent  aider les autres à dépasser leurs craintes et leurs croyances… Mais le poids des légendes est si fort au Moyen Age qu’Esclarmonde échoue finalement dans cette tâche.

 

Oui j’ose dire que ce roman très documenté et superbement bien écrit et très poétique,  ne m’a pas  transporté du tout et je ne pense pas que je le relirai un jour… 

Il est de bon ton d’aimer les livres primés (certes c’est de la très belle littérature) et je n’ai pas été insensible à la cruauté du destin d’Esclarmone (le passage où elle s’interroge sur le moment qu’elle redoute tant où son fils ne pourra plus passer au travers des barreaux… tous les doutes de mère qu’elle émet à ce moment là m’ont beaucoup touché). Chaque femme pourra d'ailleurs trouver aisément un passage où elle se reconnaîtra et dans lequel elle verra l’universalité de la condition féminine…

Mais même poétiques... les mots, l’histoire et les personnages ont glissé sur moi  et aujourd’hui un mois après cette lecture il ne me reste presque rien.

 

Pourquoi alors ce livre a-t-il tant plu aux lycéens ?

Travaillant depuis des années auprès de jeunes, je ne cesse d’être étonnée de ce choix…

Peut-être, les ados auront-ils été sensibles à une héroïne de leur âge, à ses doutes, à ses émotions à la façon dont elle vit cette solitude et ce don qu’elle a fait à Dieu alors qu’elle était si  jeune et si naïve…ainsi qu' à cette vie si éloignée de la leur.

Peut-être, les ados  se sont-ils demandés comment elle avait pu sacrifier ses 15 ans en s’emmurant vivante…

J’aurai aimé entendre leur voix et comprendre leur choix. Et cette voix-là je ne l'entends pas…mais peut être n'est -ce qu’un murmure !

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