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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 07:10
Le monument en mémoire du Maquis de Saint-Anne

Le monument en mémoire du Maquis de Saint-Anne

Ils sont morts pour nos libertés, sachons nous souvenir et soyons dignes de leur sacrifice.

 

Je ne pouvais pas terminer la visite du plateau de Manivert, que nous avons commencé la semaine dernière et sur lequel se trouve  la Chapelle Saint-Anne de Goiron et la grotte fortifiée de la Baume sans vous parler de l'histoire plus récente de cet endroit magnifique. 

Sur le plateau, se trouve en effet un monument particulier, témoignage bouleversant des événements de la Seconde Guerre Mondiale...c'est un monument aux morts pas comme les autres, qui ne ressemble pas à ceux que nous voyons au coeur de nos villages, enfin pas tout à fait. 

Il mesure 17 mètres de haut, se voit de loin de presque tous les villages de la  vallée et dès qu'on approche du plateau. 

Il a été érigé en mémoire à tous les Résistants des cantons alentours (Aix-en-Provence, Salon-de-Provence, Roquevaire) mais aussi pour tous les disparus de la région.

 

Le monument se voit dès qu'on accède à la petite route pour monter sur le plateau...

Le monument se voit dès qu'on accède à la petite route pour monter sur le plateau...

 

Façonné entièrement en pierre de Rognes, la pierre locale, 272 noms y ont été gravés sur des plaques. Chaque année une commémoration a lieu en juin, sur place, et de nombreuses personnes s'y déplacent par devoir de mémoire. 

 

Un peu d'histoire...

 

Sur ce plateau isolé de la vallée, un maquis s'était installé sur les hauteurs : le maquis de Saint-Anne. Les hommes qui s'étaient regroupés le 5 juin 1944, sous le mot d'ordre "Méfiez-vous du toréador" venaient de toutes les communes environnantes des deux côtés de la vallée et en particulier des villages de Rognes, de Lambesc, de La Roque-d'Anthéron, de Charleval.

Ces hommes se préparaient depuis des mois, se réunissant clandestinement dans des lieux tenus secrets.

350 hommes faisaient partis de ce maquis.

 

Le dimanche 11 juin, à l’entrée ouest de Lambesc, les Allemands tentent d’intercepter une voiture et une camionnette qui transportent des armes pour le maquis. Les maquisards répliquent et une sentinelle allemande est tuée. C'est le déclenchement des hostilités.

Dans l’après-midi, par représailles, un détachement allemand arrête vingt-cinq hommes dans le village. Heureusement, les vingt-cinq hommes sont relâchés dans la soirée.

 

Mais, dans la nuit du 11 au 12 juin, des centaines de soldats allemands investissent les villages alentour et bloquent les chemins d’accès à la chaîne des Côtes. Au matin du 12 juin 1944, des personnalités du village sont arrêtées et emprisonnées, leur maison pillée ou incendiée. 

Dans l'après-midi, le feu est mis dans les collines et les maquisards sont obligés de se replier, mais certains sont pris. 

 

Les arrestations continuent toute la journée dans les villages. Suite aux rumeurs de rafle qui avaient le plus souvent lieu la nuit, les hommes en âge de travailler se repliaient dans les collines la nuit et redescendaient dans leur village le jour.  Ce sont eux que les allemands arrêtent au fur et à mesure de leur repli. Et les exécutions commencent aussitôt...

Les troupes allemandes prennent finalement d'assaut le plateau de Manivert.

Heureusement, la plupart des hommes n'étaient pas là, certains s'étaient déjà regroupés plus bas, d'autres plus loin dans la vallée, mais il n'y avait pas que des maquisards parmi eux... 

 

Les allemands amèneront d'autres prisonniers de la région sur les lieux et ils seront exécutés eux-aussi en pleine campagne...

 

Une stèle se retrouve devant la chapelle Saint-Anne de Goiron...

 

La stèle située devant la Chapelle

La stèle située devant la Chapelle

 

De nombreuses petites plaques commémoratives, souvent encore fleuries aujourd'hui, sont dispersées sur le plateau, mais aussi, ici ou là, dans la campagne environnante et on les découvre en se promenant ce qui permet d'expliquer l'histoire aux enfants.

Des plaques commémorativesDes plaques commémoratives

Des plaques commémoratives

 

Si vous habitez la région et que vous vouliez en savoir plus sur ces événements...vous pouvez consulter le recueil ci-dessous ou le site consacré au maquis de Saint-Anne et monter  sur le plateau à l'occasion.

Le cadre est magnifique, calme et poétique et... chargé d'Histoire. Un lieu parfait pour se recueillir un instant en pensant à toutes ces vies brisées. 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 09:30
Edilivre, 2015

Edilivre, 2015

La guerre est là et les allemands envahissent la France : ils ont maintenant atteint la capitale. Le roman débute le 17 juin 1940 alors que le Maréchal Pétain s'adresse aux français pour les informer de la composition de son nouveau gouvernement.

 

Arlette Gravier est employée dans un grand magasin du quartier de la Madeleine, les Trois Quartiers. Tous les soirs, elle écoute Radio France en pensant à tous ses amis partis à la guerre et dont elle n'a plus de nouvelles. Parmi eux certains sont communistes et ont participé avec elle au Front populaire en 1936.  Que sont-ils devenus…Bertrand, rencontré dans les années 30 et dont elle était amoureuse ? Damien Rubot ? Julien Massis ?

Le 18 juin, alors qu'elle écoute la radio d’une oreille distraite pour tenter de quérir quelques nouvelles, elle entend, incrédule et fascinée à la fois,  le discours d’un certain général…C'est l'appel du 18 juin 1940.

 

A Paris, ville occupée, les allemands sont partout et leur présence divise la population. 

 

Il y a ceux qui s’obstinent chaque jour à paraître invisible et à ne s’occuper que de leurs affaires : se rendre à leur travail et faire ce qu’on leur dit, sans faire de vague, trouver à manger pour leur famille malgré les tickets de rationnement et les queues interminables devant les magasins d’où parfois ils reviendront bredouilles.

 

En fait ce qui caractérisait ces premiers mois de guerre, d'occupation ennemie, c'était surtout pour la population, la survenance d'immenses problèmes matériels de toutes sortes : les actes les plus ordinaires engendraient des difficultés monstrueuses...p.23

Il y a ceux qui s’interrogent sur les disparitions, sur les bruits qui courent, ceux qui écoutent Radio Londres en cachette et qui décident de se fondre dans la nuit, de raser les murs pour ne pas se faire remarquer et de s’engager…pour sortir le pays de ce chaos.

Arlette Gravier est de ceux-là. Elle assiste, impuissante à la dégradation du pays. Elle entend les rumeurs qui font état de dénonciations et de ces convois qui emmèneraient des juifs.  

Alors qu’elle a rencontré René Bertin, dont elle tombe amoureuse, elle ne peut refuser d’entrer dans la Résistance.

Elle qui est depuis longtemps incapable de "s’intégrer dans le moule" et d’avoir la vie que la société attend d’une femme : le mariage, les enfants, le rôle de mère…devient Mado et commence avec ce surnom une deuxième vie…

Instaurer une étanchéité totale, un cloisonnement irréprochable, une séparation de tous les instants entre ces vies, changer de rôle : petite vendeuse modèle dans la journée, amante délicieuse avec René le soir, membre d'une organisation non encore identifiée le reste du temps...( p.45)

 

Enfin, il y a ceux qui choisissent de se mettre du côté de l’ennemi, se pensant ainsi à l’abri, et qui n’hésitent pas à s’afficher dans les soirées aux côtés des allemands, à s’amuser, à sortir dans des lieux de débauches, voire à se faire entretenir…

Anne Laroche est de ceux-là : elle préfère fricoter du côté ennemie, de ses "amis allemands" comme elle les appelle en public. Et elle s’affiche aux bras de gradés allemands, s’enivrant sans honte.

 

Éprouvait-elle du dégoût, un soupçon de réticence à pénétrer cet univers, à impliquer sa vie d'une manière on ne peut plus voyante, dans cette démarche ? Anne Laroche ne se posait plus de questions depuis juin 1940, et jusqu'à preuve du contraire, il n'y avait pas de motifs fondés pour remettre ces orientations en question ; elles étaient efficaces, elles faisaient leurs preuves...

L'heure était à l'abandon, à tous les sens du terme.(p. 36)

 

Arnaud Larribe, un simple métreur qui dessine des plans de constructions à usage civil et qui a été attiré au début de la guerre, comme bon nombre de français, par les idées du Maréchal Pétain, va peu à peu se révolter, choqué par la tournure des événements.

Il va en particulier tenter de remettre Anne Laroche, dont il aime la séduisante féminité et qu’il fréquentait avant-guerre, dans le droit chemin, avant de rompre définitivement avec elle et d’en être totalement soulagé…

 

Comment ne pas entrer en résistance dans ces temps troublés où tout s’écroule autour d’eux ?

 

Mais... à qui peut-on réellement se fier en ces temps de guerre où tous les films diffusés au cinéma sont devenus films de propagandes, où les gendarmes participent aux arrestations, où Radio Paris est devenue collaborationniste, où on rassemble des familles entières de juifs au Vélodrome du Vel d’Hiv et, enfin, où certaines femmes n’hésitent pas à se vendre pour un manteau qui les réchauffera du froid glacial de cet hiver sans fin ?

 

Arnaud Larribe, un simple métreur qui dessine des plans de constructions à usage civil…et qui a été attiré au début de la guerre, comme bon nombre de français, par les idées du Maréchal Pétain va peu à peu se révolter, choqué par la tournure des événements.

Il va en particulier tenter de remettre Anne Laroche, dont il aime la séduisante féminité et qu’il fréquentait avant-guerre, dans le droit chemin, avant de rompre définitivement avec elle et d’en être totalement soulagé…

 

 

Mon avis

 

Le lecteur retrouve dans ce roman certains personnages dont il avait (peut-être ?) déjà suivi la vie quotidienne et les engagements dans "L’embellie".

C’est ainsi que le lecteur suit un moment Julien Massis qui travaille toujours comme employé chez Renault à Billancourt mais fera partie des victimes du bombardement de mars 1942. Puis ce sera Damien Rubot, qui est ouvrier chez Citroën au quai de Javel. Il s’engagera dans la résistance et deviendra un membre actif.

La plupart ont fait connaissance en 1936, au moment du Front populaire et, ils se sont posé de nombreuses questions suite à son déclin.

 

Le lecteur les retrouve maintenant au début de la guerre dans Paris qui va vivre des mois de privation, de violence et le couvre-feu tous les soirs...Chacun d’eux va réagir aux évènements en fonction de ses engagements passés.

 

 

Voilà un roman richement documenté sur cette période trouble de l’histoire (un de plus me direz-vous). Mais celui-ci a cela de particulier qu’il est vu de l’intérieur, à travers le vécu de gens simples faisant partie du monde ouvrier.

Le lecteur participe à leurs interrogations, à leurs doutes et à leurs choix…

Ils n’ont que Radio Londres et les paroles de ce mystérieux Général de Gaule pour espérer, ce général qui semble parler "seul" mais soulèvera des montagnes…

 

La guerre, même si nous ne sommes pas au front, est omniprésente. Les batailles sont invisibles mais non moins glorieuses et pleines d’espérance.

 

Et si certains y laisseront leur vie, d’autres devront malgré tout assumer leur choix.

 

J’ai aimé suivre Arlette dans ses prises de conscience et dans son engagement quotidien, dans ses doutes et ses bonheurs de femme, mais aussi ses inquiétudes. 

L'auteur nous livre-là un superbe portrait de femme. Au départ elle ne s’engage pas pour sauver son pays, mais bien parce que c’est sa conviction profonde qu’on ne peut subir sans se révolter. Elle est la fidèle représentation de ce que les gens simples ont vécu pendant la guerre. Rien n’était dit, il fallait deviner à travers les rumeurs la part de vérité, et faire des choix difficiles qui pouvaient à chaque instant mettre sa vie en danger.

 

Comment retrouver la clarté après avoir vécu l’obscurité ?

Un roman, facile à lire et prenant qui peut être lu dès l’adolescence.

Il est découpé en deux parties : « Victorieuse obscurité » et « Incertaine clarté », rendant parfaitement claire l’intention de l’auteur de montrer cette ambiguïté si particulière à la Seconde Guerre Mondiale.


 

Une autre circonstance le frappa : les cloches de Paris sonnaient toutes ensemble le tocsin, pour fêter la libération de la ville. Damien Rubot dut essuyer les larmes qui coulèrent sur son visage : lui, athée, pur produit d’une éducation dont la religion était absente, était bouleversé par ce fond sonore désormais associé pour toujours dans son esprit à la libération de Paris.( p.99)

L’auteur

 

Stéphane Bret, âgé de 63 ans, réside à Boulogne-Billancourt. Il connaît donc parfaitement l'environnement de son roman. Il collabore régulièrement aux blogs littéraires : La Cause Littéraire, Babelio, Critiques Libres, Lecteurs Orange, Benzinemag.

"Clair-obscur" est son cinquième roman. 

 

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