Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 13:01
Americanah / Chimamanda ngozi Adichie

Americanah...

C'est ainsi que l'on appelle les nigérians qui ont traversé l'Atlantique pour faire fortune en Amérique, avant de revenir au pays. Une façon de se moquer de ceux qui, une fois revenus, se sentent bien trop souvent supérieurs aux autres...

 

 

Ifemelu en deviendra-t-elle une ?

 

Le roman débute alors qu'Ifemelu se rend chez une coiffeuse pour réaliser des tresses (de vraies tresses africaines).

Les scènes du présent, alternent avec les souvenirs du passé : ses parents, sa jeunesse, ses amis, ses débuts en Amérique et surtout Obinze, son grand amour... le tout agrémenté par des extraits des pages de son blog.

 

 

L'histoire

 

Encore jeune et innocente, Ifemelu a décidé de quitter le Nigéria pour effectuer ses études en Amérique, à Philadelphie.

Elle laisse derrière elle ses parents et son grand amour, Obinze, admirateur inconditionnel de l'Amérique. Il doit venir la rejoindre dès qu'il aura obtenu sa licence et un visa.

 

Mais rien ne se passe comme prévu...

 

Le premier été en Amérique se déroule sans problèmes. Ifemelu vit chez Uju, sa jeune tante  installée depuis peu là-bas. Elle s'occupe beaucoup de Dike, le fils d'Uju,  avec lequel elle va nouer une relation privilégiée.

 

Puis l'année universitaire commence...et les ennuis avec !

Ses débuts ne sont pas faciles. Il lui faut survivre loin des siens dans un pays où elle découvre pour la première fois de sa vie qu'elle est "noire", et où tout est fait pour les blancs...

Pourtant après de nombreuses difficultés financières, et sa rupture avec Obinze, elle trouve un job chez des gens respectueux de sa culture, se fait des amis, rencontre Curt, un blanc très amoureux d'elle, puis Blaine avec qui elle a une liaison...

Mais Obinze reste à jamais dans son coeur et sa présence, l'empêche d'être heureuse là-bas.

 

Comment s'intégrer en gardant son identité culturelle, sans prendre l'accent américain, ou sans adopter le mode de vie local, par exemple ?

Comment rester soi-même ?

Et comment accepter que la couleur de peau devienne d'un seul coup importante alors qu'au Nigéria, cela n'en avait aucune ?

 

Parce que Ifemelu découvre au contact des "blancs" qu'elle est très "noire", elle décide d'écrire un blog qui parlera de la race, de l'identité culturelle et de l'assimilation.

Elle deviendra une blogueuse renommée.

Son blog  à succès intitulé "Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu’on appelait jadis les nègres) par une Noire non-américaine ", lui assurera un succès grandissant et lui permettra de vivre de ses conférences.

 

Aussi, elle surprendra toutes ses connaissances lorsqu'elle décidera subitement de rentrer au pays, ce que Blaine ne comprendra pas et prendra pour une ruptur définitive.

 

Mais a-t-elle vraiment pris cette décision subitement ?

N'est-elle pas plutôt le fruit d'années de réflexions ?

 

En sourdine comme s'il s'agissait d'un récit dans le récit, le roman raconte le vécu d'Obinze. Il obtient un visa pour l'Angleterre (son second choix pour y faire des études). Il ne peut la rejoindre en Amérique... A l'expiration de son visa d'étudiant, il va vivre en clandestin jusqu'à son arrestation et son expulsion, alors qu'il est sur le point de contracter un mariage blanc. Son retour à Lagos se fera dans l'humiliation.

 

Quinze ans après, tous deux se retrouvent...

Que leur reste-t-il à partager ?

Ce que j'en pense

 

C'est un  roman à la fois léger et grave, souvent drôle et ironique...

Il analyse avec lucidité les travers de nos sociétés multiculturelles et nous invite à réfléchir à la notion de différence, sans jamais condamner personne, ni culpabiliser...

Le roman aurait pu tomber dans la caricature et porter un jugement face à l'idée de racisme et de race. Ce n'est en rien le cas !

Il montre simplement que la ségrégation est toujours bien présente en Amérique et d'autant plus insidieuse qu'elle est devenue invisible.

 

 

On passe d'un salon de coiffure, aux dîners entre amis, aux discussions de couple ou familiales et le lecteur suit un personnage féminin de plus en plus attachant...

La coiffure et les problèmes de cheveux, lisses ou frisés, naturels ou travaillés en tresse, collées ou pas, avec des extensions ou pas... devient le symbole de l'identité noire et de ses différences culturelles dans une société où être blanc, blonc et lisse, sans rien qui dépasse, permet d'accéder à un travail et à la reconnaisance, poussant les "noirs" à changer de look pour mieux s'intégrer.

 

 

L'écriture est très imagée et bourrée d'expression igbo. La complexité de la construction de ce roman captivant,  n'entache absolument pas la fluidité du récit, ni le plaisir qu'on prend à le lire que l'on soit blanc ou noir.

 

Ce roman nous fait également pénétrer dans les milieux cultivés du Nigeria, où il est normal que les enfants partent faire des études à l'étranger.

Mais arrivés à l'étranger ces jeunes de millieux aisés se retrouvent "déclassés" en quelque sorte : ils deviennent des immigrés alors qu'ils n'en sont pas, dépourvus de culture propre, tous considérés comme des "noirs" quelle que soit leur origine et bien qu'ils ne se ressemblent pas, car les noirs ne sont pas tous noirs de la même façon...rien à voir par exemple entre une noire américaine, une caribéenne ou une africaine.

 

Ce roman amène le lecteur à entrer dans les rêves de ces milliers de jeunes nigériens qui veulent partir en Amérique ou à défaut en Grande-Bretagne, pour y vivre plus heureux, y poursuivre des études plus intéressantes, y devenir plus riche...

Ils rêvent d'un ailleurs meilleur où ils puissent vivre vraiment et veulent quitter leur pays parce qu'ils n'ont aucun avenir ici, qu'ils étouffent ou qu'ils ne veulent pas devenir comme leurs parents.

Ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres ou parce qu'il y a des conflits internes au pays, non, c'est simplement pour vivre libres et avoir le choix de leur avenir.

 

Ce roman montre sans concession les difficultés qui les attendent. Elles sont d'ordre économiques d'abord, puis sociales, avec la difficulté de s'intégrer (plus difficile encore pour les garçons).

Elle sont aussi psychologiques et destructrices car ces jeunes "immigrés" sont confrontés à la pauvreté et à la clandestinité. Les étudiants n'ont pas le droit de travailler et sont obligés d'emprunter la carte de séjour de quelqu'un d'autre puis de changer de nom, pour obtenir un job leur permettant de payer leur loyer. Certains ont recours aux mariages blancs, d'autres vont en prison et sont renvoyés dans leur pays.

 

S'ils s'intègrent, c'est au détriment de leur propre culture, voire de leur personnalité... Quand on est dans un pays qui n'est pas le sien on a tendance à se soumettre aux multiples représentations que les habitants de ce pays prennent pour la réalité. Il s'agit donc pour eux de faire et de dire ce qu'on attend d'eux, d'être "politiquement correct" en somme, et il n'y a rien de plus destructeur que cette pression sournoise de la société.

 

Mais au bout du compte lorsque nos deux héros reviennent au pays, ils  ne l'aiment pas davantage, non, mais ils le regardent différemment, comprennent mieux ses difficultés, en acceptent les problèmes et les atouts. Ils ont grandi et sont simplement devenus adultes...

 

 

Quelques extraits pour vous mettre dans l'ambiance

 

"En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire."

 

"Le vent qui soufflait à travers les Iles Britanniques était chargé des peurs suscitées par les demandeurs d'asile, engendrant chez tous la crainte d'une catastrophe imminente, et ces articles étaient écrits et lus, naturellement et avec obstination, comme si leurs auteurs vivaient dans un monde déconnecté du passé, sans avoir jamais envisagé que cette situation était un développement naturel de l'histoire : l'afflux en Angleterre de citoyens à la peur noire ou brune venant de pays créés par l'Angleterre."

 

"Si vous dites que la race n'a jamais été un problème, c'est uniquement parce que vous souhaitez qu'il n'y ait pas de problème. Moi-même je ne me sentais pas noire, je ne suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique. Quand vous êtes noire en Amérique et que vous tombez amoureuse d'un Blanc, la race ne compte pas tant que vous êtes seuls car il s'agit seulement de vous, et de celui que vous aimez. Mais dès l'instant où vous mettez le pied dehors, la race compte. Seulement nous n'en parlons pas. Nous ne mentionnons même pas devant nos partenaires blancs les petites choses qui nous choquent et que nous voudrions qu'ils comprennent mieux, parce que nous craignons qu'ils jugent notre réaction exagérée ou nous trouvent trop sensibles."

 

"Le Nigeria devint l’endroit où elle devait être, le seul endroit où elle pouvait enfouir ses racines sans éprouver en permanence le désir de les arracher et d’en secouer la terre."

Un extrait du blog...

 

"En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé. Les racistes sont des méchants Blancs aux lèvres minces dans les films qui traitent de l'époque des droits civiques. Le problème est là : les manifestations de racisme ont changé mais pas le langage. Par exemple : si vous n'avez pas lynché quelqu'un, on ne peut pas vous qualifier de raciste. Si vous n'êtes pas un monstre assoiffé de sang, on ne peut pas vous qualifier de raciste. Quelqu'un devrait être chargé de dire que les racistes ne sont pas des monstres. Ce sont des gens qui ont une famille aimante, des gens ordinaires qui payent leurs impôts..."

p 350-351

Que dire sur l'auteur ?

 

Née en 1977, Chimmanda Ngozi Adichie a quitté le Nigeria à l'âge de 19 ans pour suivre des études en Amérique en sachant très bien qu'elle allait ensuite revenir au pays.

Elle partage aujourd'hui sa vie entre le Maryland et Lagos.

Ses précédents livres connaissent un important  succès dans le monde entier :

- "L'Hibiscus pourpre", révélé par Anne Carrière en France.

- "L'autre moitié du soleil", sur la guerre du Biafra.

- "Autour de ton cou".

 

"Americanah"  a été traduit en 25 langues. L'auteur ne cache pas qu'elle s'est inspirée de sa propre vie et de sa propre expérience pour écrire ce roman et qu'il y a un peu d'elle-même, non seulement sans Ifemelu mais aussi dans ses autres personnages.

Elle vit aujourd'hui de sa plume. Mais c'est aussi une féministe engagée.

Sa conférence, organisée en décembre 2012 et intitulée :"Nous devrions tous être féministes" a été publiée en folio au printemps dernier.

Elle a même inspiré une chanson (Flawless)  à la chanteuse américaine Beyoncé, chanson dont le clip révèle la voix de l'auteur entrain de faire son discours que je vous conseille de visionner dans sa totalité ci-dessous.

Si vous n'êtes pas anglophone, pensez à activer le sous-titrage en français dans les paramètres.

 

Nous devrions tous être féministes

"Americanah", sera prochainement porté à l’écran.

Lupita Nyong’o, associée à Brad Pitt, en a acheté les droits et incarnera l’héroïne, tandis que David Oyelowo tiendra le rôle de Obinze.

De belles images en perspectives...

Partager cet article

Repost0
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 14:46
Matin Brun / Franck Pavloff

Le livre est paru pour la première fois en 1998 aux éditions Cheyne, un éditeur de poésie.

L'auteur a voulu exprimer un coup de colère devant la montée des idées d'extrême droite en France et les "petites compromissions" auxquelles personne ne fait attention...

 

Depuis, son succès ne s'est jamais démenti et cette nouvelle donne lieu chaque année à de nombreux travaux en classe dans les écoles, collèges et lycées pro. De nombreux collégiens choisissent aussi cette oeuvre lors de l'épreuve du Brevet d'Histoire des Arts.

 

 

L'histoire

 

Le pays du narrateur et de son ami Charlie doit faire face à l'émergence d’un nouveau régime politique : l’Etat brun.

 

Celui-ci interdit la possession d’animaux d’un autre pelage que le brun.

 

Bien que peinés, Charlie et son ami se plient à la règle : Charlie fait piquer son labrador qui n'était pas brun, et le narrateur se débarrasse de son chat "qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir".

 

Pour éviter les ennuis, Charlie et son ami détournent les yeux.

 

Mais le nouveau régime ne compte pas s’arrêter là... Le quotidien de la ville ne paraît plus. Les résultats des scientifiques sont remis en cause. Puis c'est au tour des livres de bibliothèque : certains sont désormais interdits.

 

Bien plus tard, alors que tout le monde a maintenant un animal brun, un nouveau décret décide que tous ceux qui auraient eu un jour dans le passé, un animal d'une autre couleur que le brun, ainsi qu'un membre de leur famille ou un de leurs amis seront arrêtés.

 

Alors la peur s'installe pour de bon...

 

 

Mon avis

 

Une nouvelle très courte qui, en peu de mots et de pages, dit l'essentiel.

Le titre déjà, fait référence aux "chemises brunes" des miliciens nazis.

Ceci explique sans doute son succès.

 

Ce texte est indispensable pour nous rappeler qu'il est toujours plus facile de détourner les yeux au lieu de se battre pour la liberté et les droits les plus élémentaires, même si, à priori, la couleur de votre animal domestique n'est finalement pas si importante que ça...

 

Il est tellement plus facile de se taire et de faire comme les autres et tellement plus rassurant de suivre les directives imposées par l'Etat.

 

Il faut offrir cette courte nouvelle à vos ados et réfléchir avec eux aux conséquences, ou travailler avec vos élèves en classe sur le sujet, comme je l'avais fait une année dans une classe de lycée pro (tous de couleurs différentes).

 

Débattre avec les enfants de ce sujet est important pour leur apprendre la tolérance et la vigilance.

 

Inutile de vous dire que pour moi il s'agit d'une relecture !


 

 

Extraits

 

"Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable et que, d'après ce que les scientifiques de l'État National disaient, il valait mieux ne garder que les bruns...

Pour les chiens, ça m'avait surpris un peu plus..."

 

"...on aurait du dire non. Résister davantage, mais comment ? ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquille, non ?"

 

Le livre AUDIO peut être téléchargé en cliquant sur ce lien ICI

Si vous n'avez pas l'habitude d'écouter un livre, commencez par un livre court, des nouvelles, ou un classique, installez-vous confortablement et laissez-vous gagner par la voix du donneur de voix.

Cette version-là est un peu trop rapide à mon goût, mais c'est une interprétation vivante qui en vaut une autre.

 

Vous trouverez aussi plusieurs versions sur Youtube...dont le livre sonore (ci-dessous) né d'un projet avec FRANCE INTER, illustré par Enki Bilal interprété par Jacques Bonnafé et Denis Podalydes avec des musiques de Christian Zanési (extrait de Zones sinistrées) et Bruno Letort (extrait de Fables électroniques).

 

Le livre sonore illustré par Enki Bilal

 

Matin brun est un petit livre de 11 pages qui a fait le tour du monde et a été traduit dans 25 pays.

 

Il a été réédité en 2014 chez Albin Michel.

Le texte de Franck Pavloff est dans cette édition, associé aux superbes peintures murales de C215 (Christian Guémy).

C215 qui aime peindre sur les murs de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), sa ville, sur le thème de l’enfance, des laissés-pour-compte et des anonymes, illustre ici superbement avec ses graffs, les propos de Franck Pavloff.

 

Matin Brun illustré par C215 (extraits)

 

Ce sujet évoque pour moi ce poème que j'ai presque toujours affiché dans les salles d'étude et qui touche les ados en plein coeur...

 

Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas juif.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester.

 

Poème écrit en 1942 par le Pasteur Martin Niemöller alors interné au camp de Dachau.

Partager cet article

Repost0
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 14:42
J'irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

C'est un roman policier, paru pour la première fois en 1946, écrit par Boris Vian, sous le pseudo de Vernon Sullivan, un nom imaginé à partir de Paul Vernon, un copain musicien, et Joe Sullivan, pianiste de jazz.

Pour le faire publier, Boris Vian se fait passer pour le traducteur du texte.

 

 

L'histoire se déroule dans le Sud des États-Unis et met en scène les difficultés quotidiennes des Noirs face au racisme des Blancs.

Lee Anderson est un "nègre blanc" : il est bien décidé à "franchir la ligne" c'est-à-dire à se faire passer pour un blanc. Il faut dire qu'il a la peau très claire, les cheveux clairs et, à part ses ongles qui sont colorés de jaune, il peut très facilement passer pour un blanc. Sa mère était une mulâtresse, sa grand-mère était noire et son grand-père blanc.

Son petit frère par contre "le gamin" n'a pas eu cette chance : il était très noir de peau.

C'est pour cela qu'une bande de blancs l'a poursuivi. Pour cela et aussi parce qu'il aimait une blanche, et qu'elle aussi l'aimait, fait inacceptable pour la société de l'époque. C'était facile alors de le condamner à mort en l'accusant de viol...

 

Fou de rage et bien décidé à venger son frère, Lee quitte sa ville natale pour se rendre à Buckton.

Là, grâce à une connaissance il devient libraire et entre dans la petite bande locale de jeunes fortement alcoolisés... grâce aux filles auprès de qui il passe pour un Don Juan.

Son but n'est pas de faire des connaissances, mais bien de venger son frère, en humiliant une femme blanche.

 

Mais cela ne suffit pas à Lee. Il veut faire du mal à Dexter, le caïd local, qui domine toute la bande et la ville. Celui-ci devine le secret de Lee et décide de le mettre à l'épreuve en l'amenant dans une sorte de "bordel" plein de très jeunes filles noires...

C'est lorsque Lee rencontre Jean et Lou Asquith, deux soeurs d'une très riche famille qu'il programme sa vengeance : l'approche et la séduction est facile, puis il rend les deux soeurs jalouses l'une de l'autre. Ce n'est qu'un début car Jean tombe enceinte.

Lee décide de les tuer le plus sauvagement possible mais avant, il veut voir la peur dans leurs yeux et leur révéler sa négritude puis les raisons de sa vengeance...

 

 

Mon avis

 

Le titre est choc mais il a le mérite de nous donner exactement l'intention de l'auteur. C'est avant tout un roman qui dénonce la ségrégation raciale et montre jusqu'où peuvent aller les hommes...

C'est un roman qui condamne avant tout les racistes de tout poil, les Blancs et les Noirs. Voilà pourquoi Boris Vian nous invite à aller "cracher" plutôt que "danser" sur leurs tombes.

L'auteur a avant tout voulu montrer les ravages causés par le racisme primaire dans la société américaine mais pas que là-bas...

Il faut replacer ce roman dans le contexte des années 40. La Seconde Guerre mondiale venait de se terminer et Hitler était passé par là.

Dans le sud de l'Amérique, la ségrégation raciale était la règle et l'apartheid pointait son nez en Afrique du Sud.

On peut d'ailleurs se demander si aujourd'hui, le racisme ne fait pas toujours autant de mal autour de lui...

 

 

C'est un roman violent, volontairement provoquant qui m'avait fortement marqué à la première lecture durant mon adolescence lorsque j'ai découvert tous les écrits de Boris Vian.

 

Le récit est aussi violent que très cru et Boris Vian décrit sans fioriture, aussi bien les ébats sexuels de ces jeunes dépravés qui s'ennuient mortellement, que leurs beuveries, ainsi que des scènes d'une violence quasi insoutenable... tout cela sur fond de provoc.

Ni la musique omniprésente, ni les descriptions très sensuelles du corps des jeunes femmes, n'arrivent à adoucir l'ensemble.

 

De plus, les actions du personnage principal ont beau être motivées par la vengeance, elles n'en sont pas moins abjectes.

Tous les personnages sont dans leur psychologie et leur comportement très bien décrits.

C'est pour cela qu'ils arrivent à nous toucher. Lee par exemple à un dessein condamnable et horrible mais on le prend en pitié, car il est à la fois une victime et un bourreau.

 

Il n'en est pas moins vrai que cette débauche de sexe, cette violence à chaque page a un côté dérangeant si on lit le roman au premier degré et peut choquer.

 

Mais c'est un roman très bien écrit (on y reconnaît la plume de Boris Vian) et il se lit très vite.

 

Le lecteur ne peut pas rester indifférent et sort de sa lecture à la fois très mal à l'aise et anéanti par tant de violence.

 

Il n'en fallait pas plus pour que ce livre soit INTERDIT dès 1949 et son auteur "Vernon Sullivan" condamné pour "Outrage aux bonnes moeurs". C'est à l'occasion de ce procès qu'il a été découvert que derrière Vernon Sullivan se cachait le talentueux Boris Vian et que "J'irai craché sur vos tombes" avait été écrit en quinze jours, comme une sorte de canular suite à un pari...

Lire à ce sujet l'article de l'EXPRESS "La véritable histoire de Vernon Sullivan".

Lire aussi "l'affaire Vernon Sullivan" , par Gary Kilian, sur le site de la BNF.

Il faut noter que le qualificatif de "Outrage aux bonnes moeurs" n'existe plus aujourd'hui depuis que le code pénal a été profondément remanié en 1994.

 

Boris Vian a aussi été attaqué en justice pour "assassinat par procuration", un fait divers ressemblant étrangement à son roman ayant eu lieu pendant le procès.

 

Une représentation théâtrale de "J'irai cracher sur vos tombes" a été créée au Théâtre Verlaine à Paris en avril 1948. 

Par contre, Boris Vian  n'était pas du tout d'accord avec l'adaptation cinématographique édulcorée de son roman. Elle a été réalisée par Michel Gast en 1959. C'est en assistant à la première du film que Boris Vian d'ailleurs est mort d'une crise cardiaque à l'âge de 39 ans. Ceci n'explique pas forcément cela car il avait depuis son jeune âge suite à des rhumatismes articulaires, une faiblesse cardiaque.

 

Quelques jours avant sa mort, il a accepté que Françoise D'Eaubonne signe une nouvelle version de son roman plus "soft" et proche du film.

J'irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

Dans le synopsis du film, comme dans le nouveau roman co-signé par la romancière Françoise D'Eaubonne les noms des personnages ont été modifié.

 

Voici l'histoire...

 

Dans le sud des États-unis, Johnny, un jeune noir, est assassiné parce qu'il aimait une blanche. Il est accusé de viol et lynché par des amis de la jeune fille.

Son frère, Joe Grant, un "nègre blanc", atterré par le racisme ambiant quitte Memphis pour se rendre vers le Nord, dans la petite ville de Trenton. Il est bien décidé à se venger en humiliant des femmes blanches.

Là, il obtient l'appui d'un vieux libraire, Horace Chandley qui le loge et lui cède la boutique.

La petite ville est dirigée par un gang, dont le chef, Stan Walker a la renommée d'être plutôt violent. Il rackette les habitants de la ville et s'entoure de jeunes ados désoeuvrés, accros au sexe et à l'alcool.

Joe résiste aux intimidations de Stan et n'hésite pas à se bagarrer avec lui.

Il réussit même à approcher la jeune fiancée du caïd, Elysabeth Shannon. Pour la rendre jalouse et mettre en place sa vengeance, il séduit aussi sa soeur, Sylvia.

Mais Stan le met à l'épreuve et découvre son secret. Il va alors clamer haut et fort sa négritude. Sylvia avec qui il a couché est folle de rage. Elle l'accuse de viol...et jette la police à ses trousses.

Mais pendant ce temps Joe et Elisabeth très amoureux, réussissent à se sauver et à passer la frontière...

 

 

Un livre à réserver aux adultes évidemment... qui sauront lire entre les lignes et voir tout ce que l'auteur a voulu dénoncer en provoquant ainsi la société bien pensante de l'époque.

 

Mais malgré tout accrochez-vous,  car on est loin de la poésie romantique de "L'écume des jours", loin du musicien de jazz passionné ou du peintre.

La première édition du roman

La première édition du roman

Partager cet article

Repost0
1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 12:23
"On n'a rien vu venir" / Un roman à 7 voix préfacé par Stéphane Hessel

De quoi ça parle ?

 

Quelque part en France, dans une ville inconnue, les habitants attendent le résultat des élections. Hector ne supporte plus d'être enfermé à la maison tellement ses parents sont fébriles. Il décide d'aller faire un tour dans la rue.

Ce soir là tout est différent : pas de voitures, personne qui discute sur les trottoirs, juste la lumière des télés qui témoignent de présence dans les maisons...

Les résultats arrivent enfin et tout le pays semble en liesse : des bouchons de champagne éclatent, des drapeaux apparaissent aux fenêtres, des gens s'embrassent fous de joie.

Mais à 11 ans, Hector ne comprend pas tout ce qui arrive, ni l'effervescence des uns, ni la méfiance des parents de son ami Walid qui n'a plus le droit de sortir dans le quartier, ni la dureté et les actes des hommes en noir qu'il rencontre.

 

C'est le Parti de la Liberté qui a été élu celui qui proposait du nouveau, des changements ce que tout le monde attendait...enfin !

 

Les hommes en noir collent des affiches partout. Sur ces affiches quelques mots seulement sont écrits en rouge : "Parti de la Liberté, le pays enfin libéré de sa vermine".

Hector comprend tout à coup que "la vermine" dont parle ce parti, c'est son ami Walid et sa famille... Pourquoi "on n'a rien vu venir" se demande-t-il ?

Mais est-ce tout ce que propose ce nouveau parti ?

Devant ses parents qui ont voté pour lui, Hector décide de ne plus parler. Il décide d'avoir une vie coupée en deux...

 

Dans d'autres maisons, certaines familles attendent dans la crainte les jours à venir pendant que d'autres préparent  leur départ en douce :

- la famille Miquelon retape le voilier familial. Le voilà prêt à prendre la mer et à voguer vers de nouveaux rivages, emmenant Léonie loin de ses amis et la grand-mère une ancienne résistante...

- la famille de Simon, un jeune handicapé qui vient d'être convoqué par le ministère de l'Hygiène Physique et Mentale qui a décidé de regrouper toutes les personnes handicapées dans un même lieu, décide de rejoindre leur famille, en voiture, au delà des frontières...

 

Le plus discrètement possible, le quartier se vide peu à peu pendant que de nouvelles directives arrivent tous les jours auprès des habitants qui sont surveillés jour et nuit.

 

D'autres, comme la famille de Walid, font des listes pour ne rien oublier des nouvelles règles établies par le Parti : marcher la tête basse, ne pas attirer l'attention, se lever tous à la même heure, s'habiller de la même façon, manger tel ou tel aliment...

Mais bientôt, les personnes de couleur doivent aller se faire "nuancer". Si leur peau est trop foncée, ils devront partir sans tarder. Partout des affiches, les "nuanciers" indiquent quelles sont les couleurs de peau acceptées.

 

Heureusement certaines personnes se révoltent et la résistance s'organise. De jeunes ados et des adultes commencent en secret à se regrouper (ce qui est formellement interdit). Dans la nuit, en se cachant des patrouilles, avec un simple tournevis cruciforme dans la poche, Hector et Walid décollent puis retournent les affiches du nuancier (ce sont maintenant les blancs qui devront partir...).

 

Et bientôt c'est la rentrée dans le nouveau Collège Libre, les ados doivent tous être habillés en vert. Mais Marcus s'aperçoit qu'il y a des nuances de vert...

 

LeParti continue ses arrestations envers les personnes différentes (étrangers, homosexuels, handicapés...) et durcit les interdits de plus en plus discriminatoires.

 

Ce que j'en pense

 

C'est un roman d'anticipation politique qui retrace l'arrivée au pouvoir d'un parti liberticide dans sept familles habitant le même quartier de la même ville dont le lecteur ne saura jamais le nom mais qui peut être la vôtre !

 

Paru déjà en 2012 (je ne vois pas le temps passer : je m'étais promis de le lire à sa sortie et c'est seulement chose faite !) il retrace la vie de 7 préados qui vivent dans 7 familles différentes au point de vue de leurs origines et de leurs opinions, racontée en 7 chapitres, écrit chacun par un des auteurs.

Ce roman comprend une préface écrite par Stéphane Hessel et un épilogue qui n'apporte pas de solution, juste un espoir...

 

L'histoire débute en juin et se termine en octobre de la même année. Le changement d'écriture ne nuit en rien à la fluidité du récit puisque les différents personnages se connaissent et que les événements se recoupent.

Dans certains chapitres les auteurs emploie le "je", dans d'autres, c'est un narrateur extérieur qui décrit les faits.

 

Pour ces jeunes collégiens, on voit que c'est difficile d'avoir un avis différent  de celui de leurs parents. Rien de mieux que les copains pour expliquer les événements.

Ce sera difficile pour les jeunes lecteurs de comprendre toutes les références historiques aux différents régimes dictatoriaux introduites dans le texte.

Ce sera aussi difficile de comprendre que tout le monde peut un jour se faire embobiner par des idées nouvelles si on ne se méfie pas des actes qui sont derrière les mots.

C'est donc un livre qui nécessite un accompagnement et qui pourra être proposé en lecture en classe lors de l'étude du totalitarisme dès le CM2 et jusqu'à environ l'âge de 14 ans.

 

Comment peut-on lutter lorsqu'on est pas encore en âge de voter, contre les menaces d'un régime totalitaire ?

En disant non tout simplement, car comme le dit Stephane Hessel dans sa préface :

"N'attendez pas de devenir des adultes ! Aujourd'hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d'esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l'on vous donne à regarder à la télévision... Il n'est jamais trop tôt pour s'engager."

 

Et les auteurs ont voulu toucher ceux qui voteront demain, pour les sensibiliser à l'importance de l'engagement mais aussi à la nécessité de réfléchir aux choix que l'on fera dans la vie, à l'importance de la citoyenneté, de la fraternité et de l'égalité...un hymne à la République en fin de compte. Elle en a bien besoin en ce moment.

 

Ce texte n'est pas sans me rappeler celui de "Matin Brun", de Franck Pavloff qui d'après moi est plus court mais s'adresse à des lecteurs plus âgés. Je réalise que je n'en ai jamais parlé ici. Je le ferai dès que possible.

 

Quelques extraits

 

"Je réalise que je suis beaucoup plus en colère contre le Parti de la Liberté que contre lui. Car c'est le Parti, le vrai responsable de toute cette haine. C'est lui qui a fait croire à mes parents que les problèmes de notre pays venaient d'ailleurs."

 

"Elle panique parce qu'elle a tout le temps peur d'oublier quelque chose...Alors, elle fait des listes. Qu'elle accroche partout dans la maison. Une liste près du frigo, avec les aliments autorisés. Une liste, près des armoires, avec les couleurs des vêtements à respecter. Un liste près du miroir de la salle de bains, avec les exercices physiques à faire..."

 

"Mon père était clown, avant les élections. Mais évidemment, dans la semaine qui a suivi, il s'est retrouvé au chômage. Supprimés, les cirques, fermés les théâtres, dissoutes, les compagnies et les troupes. Aujourd'hui, il faut être productif. Et produire du rire ou du plaisir, ça ne sert à rien."

 

" Dans le garage, je retrouve mon père avec deux de ses copains musiciens, le guitariste du groupe et le chanteur. Ils sont dans la même position qu'avant, mais sans le son. Je reste devant la porte...La scène est pénible à observer, la répétition la plus triste du monde.

Mon père me voit et baisse les yeux. Il a honte, on dirait, honte d'an arriver à faire de la musique en silence."

"Peur de ne pas m'être réveillé à l'heure.

Peur d'avoir mangé un truc non autorisé.

Peur de m'être trompé dans la couleur des uniformes.

Peur de trop, ou de ne pas assez respirer.

Peur de ne pas marcher droit...

J'ai envie de jouer au foot devant la maison. De manger une pizza dégoulinante de fromage..."

 

Qui sont les 7 voix qui ont écrits ce roman ?

 

Ce sont 7 femmes toutes auteures de littérature jeunesse.

Elles ont toutes un blog que vous pouvez consulter en cliquant tout simplement sur leur nom.

 

Anne-Gaëlle Balpe est professeur des écoles et se consacre à mi-temps à l'écriture. Elle a publié de nombreux albums jeunesse et des romans dont "Je suis un autre".

 

Sandrine Beau, tour à tour clown, réalisatrice de films vidéos, présentatrice de météo, auteur de feuilleton radiophonique, elle est devenue aujourd'hui un auteur incontournable de littérature jeunesse. Elle écrit aussi bien des albums que des romans en particulier, "Toute seule dans la nuit".

 

Clémentine Beauvais vit et travaille à Cambridge au Royaume-Uni. Elle publie ses romans aussi bien en anglais, qu'en français. Elle est l'auteur en particulier de "La plume de Marie" et "Comme des images"...

 

Annelise Heurtier a fait des études de commerce et depuis qu'elle a débuté sa carrière professionnelle, elle poursuit, quand elle a le temps, son travail d'écriture ! Elle est l'auteur de nombreux ouvrages jeunesse et pour ados dont "Là où naissent les nuages", "Sweet sixteen", "Combien de terre faut-il à un homme ?" et le célèbre "Charly tempête".

 

Agnès Laroche est l'auteur de nombreuses fictions diffusées à la radio et de romans jeunesse pour tous les âges  dont "Duo pour une enquête", "La fée, c'est moi !" et "Deux sur la balance".

 

Fanny Robin est une bibliothécaire passionnée par l'écriture et la poésie. Elle est l'auteur d'albums et de romans dont "Margot".

 

Séverine Vidal est l'auteur de nombreux albums pour la jeunesse mais aussi de BD et de romans. Depuis 2011 elle a quitté son métier d'enseignante pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Elle est l'auteur de "La meilleure nuit de tous les temps", "Billie du Bayou", et de "Polarïd".

 

Qui a préfacé ce roman à 7 voix ?

 

Stéphane Hessel (1917-2013) est un écrivain militant politique français. Né en Allemagne, il arrive en France avec sa famille à l'âge de 8 ans.

Il est le fils de l'écrivain Franz Hessel et d'Helen Gründ, qui formeront avec Henri-Pierre Roché le célèbre trio de Jules et Jim, illustré au cinéma par François Truffaut en 1962.

Élève doué il obtient son baccalauréat à l'âge de 15 ans, obtient la nationalité française et entre à l'École Nationale Supérieure en 1937.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald dont il réussit à s'évader...

A la fin de la guerre, il réussit le concours d'entrée au Quai d'Orsay et devient diplomate. Dans ce cadre, il travaillera pour l'ONU et sera secrétaire d'un des rédacteurs de la Charte des Droits de l'homme (qui sera votée en décembre 1948). Il voyagera beaucoup dans divers pays où il travaillera dans les ambassades.

Il a été un homme engagé, fondamentalement pour les valeurs de gauche et il a consacré sa vie à faire valoir les droits de l'homme dans tous les pays.

Auteur de nombreux ouvrages et de nombreuses préfaces, son personnage a donné lieu à de nombreux documentaires et à une filmographie impressionnante. Un bel hommage !

En 2010 il a été l'auteur d'un manifeste poussant les jeunes générations à réagir "Indignez-vous!" suivi par "Engagez-vous !" paru en 2011. A lire par tous les lycéens.

Stéphane Hessel a été récompensé par de nombreux prix...

 

Qui l'a illustré ?

Aurore Petit nous donne à voir des illustrations minimalistes mais qui en disent long, toutes en noir et rouge. Elle a un blog et un site.

 

Partager cet article

Repost0
15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 07:11

 

L'histoire

 

Oliver (Olli), 15 ans, a tout pour être heureux en Allemagne malgré l'absence de son père qui parcourt le monde et qu'il ne voit jamais...Il a une vie citadine et occidentale, des copains et surtout une petite amie Nina dont il est fou amoureux et avec qui il bâtit de nombreux projets d'avenir.

 

Mais voilà que sa mère a décidé d'épouser Rodney, un indien Lakota, qu'elle a rencontrée dans le cadre de son travail...

Les voilà tous deux partis pour le sud du Dakota pour s'installer avec Rodney au coeur d'une réserve indienne en pleine nature.

 

A l'arrivée, c'est l'horreur pour Oliver qui passe plusieurs semaines à s'apitoyer sur son sort et à subir la jalousie de Ryan, le fils de Rodney puis la violence et le rejet de ceux qui en veulent aux Wasicun c'est à dire à "ceux qui veulent toujours le meilleur et gardent tout pour eux", les blancs donc.

 

Mais Olli découvre une nature magnifique et puis une vraie famille qui fait tout pour l'adopter et où chacun doit trouver sa place. Rodney est d'une patience d'ange, sa cousine, la jolie Tammy lui explique ce qu'il ne comprend pas et puis il y a grand-père Joe....

 

Des événements heureux et malheureux vont peu à peu le faire changer d'avis. Il comprendra pourquoi ce peuple chaleureux, et qui aime tant rire, est enraciné à sa terre pour toujours...et pourquoi il se bat pour conserver ses traditions et surtout son âme.

 

Mon avis

 

Le personnage d'Oliver ne m'a pas du tout plu au début. Certes c'est un ado d'aujourd'hui comme les autres. Il aime, se révolte, applique la loi du "tout ou rien", fait la tête, obéit sans conviction mais quand même je reconnais que c'est vraiment un gentil garçon !

Le problème est que son constant apitoiement sur lui-même ne le rend pas du tout sympathique et donne beaucoup de lenteur et de répétition à l'histoire. On se demande même comment il en sait si peu sur les indiens et comment il peut avoir tous ces préjugés sur ce peuple alors que sa mère est amoureuse de Rodney.

Heureusement il devient de plus en plus sympathique au cours du roman !

 

L'auteur montre avec réalisme les conditions de vie dans la réserve indienne sans en occulter les côtés négatifs, les problèmes liés à l'alcool, les difficultés pour les indiens de faire appliquer leurs lois à l'intérieur de la réserve tout en maintenant leurs traditions...et le racisme qui subsiste des deux côtés et provoque violence et incompréhension.

 

La fin n'est pas du tout édulcorée : Il n'y a pas de "happy end" ! Le lecteur reste sur une note d'espoir mais il ne saura rien de ce qui attend la famille. Il saura juste que, quels que soient leurs problèmes, Oliver et sa mère ne seront plus jamais seuls pour les affronter...

 

Le but du roman est vraiment de dénoncer le racisme, l'exclusion et les préjugés et de montrer qu'ils viennent toujours d'un manque de connaissance de l'autre mêlé à une peur de l'inconnu...

Il s'agit aussi d'immerger le lecteur dans la culture indienne d'aujourd'hui et de montrer les difficultés des indiens confrontés au monde moderne et leur lutte pour sauvegarder leur identité....

 

A proposer aux lecteurs à partir de 12 ans.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 11:25

Depuis le temps que je voulais me plonger dans cette lecture !

 

J'avais déjà acheté ce roman pour les ados depuis un an et j’avais vu des extraits du film mais bon… voilà c'est fait !  J’ai profité de cette première semaine de chaleur (et de vacances) pour me détendre un peu et m'immerger dans ce superbe roman.

Et je n’ai pas été déçue car c’est un réel coup de cœur.

 

 

Le lecteur est plongé d’emblée dans les années 60 aux États-Unis.

A Jackson, petite ville du Mississipi, les lois raciales font autorité. Les Blancs font travailler les Noirs d’arrache-pied sans se soucier de ce qu’ils pensent. Au moindre faux-pas, à la moindre revendication, c'est le renvoi ou (pire) le Ku Klux Klan et comment faire alors pour nourrir sa famille si on ne retrouve pas du travail ...

 

Eux, les hommes noirs, travaillent dans les plantations de coton, elles, les femmes font le ménage, la cuisine, et s’occupent des enfants des Blancs, abandonnant parfois les leurs ou les laissant livrés à eux-même dans les quartiers pauvres de la ville. Les noirs et les blancs ne partagent ni les bus, ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les restaurants, ni les bibliothèques. Il est même vivement conseillé d'éviter les contacts physiques par crainte de maladies...

 

Aibileen, 53 ans a perdu accidentellement son unique fils. Elle a depuis longtemps appris à ne plus rien dire lorsqu'on la réprimande. Elle travaille chez les Leefolt et s'occupe de la petite Mae Mobley tout en entretenant la maison. La petite Mae, délaissée par sa mère, Élisabeth, trouve auprès d'Aibi une immense tendresse. Celle-ci s'est promis de tout faire pour elle. Elle aime s'occuper de ses "bébés" mais quitte la famille lorsque les enfants blancs qu'elle aime de tout son coeur de mère, commence à la regarder, non plus comme une nounou, mais comme une "noire". Elle ne veut pas lire le mépris dans leurs yeux. En attendant ce jour, elle éduque la petite fille à sa manière en lui racontant des "histoires secrètes".

 

Minny, 36 ans, a 5 enfants et travaille chez Miss Walters. Son mari, Leroy est un brave homme mais, lorsqu'il se laisse aller à boire, il peut la battre. Un jour Miss Hilly, la fille de Miss Walters,  décide de placer sa mère en maison de retraite pour s'en débarrasser. Elle compte bien récupérer Minny, connue pour être une des meilleures cuisinières de la ville. Mais Minny, qui n'a pas sa langue dans sa poche, refuse d'entrer à son service et commet la chose inavouable qu'elle appelle "la Chose Abominable Épouvantable" (mais chut....je ne vous dirai pas ce que c'est !)... Hilly, horrifiée, fait pression autour d'elle pour que Minny se retrouve sans travail,  allant même jusqu'à l'accuser de vol pour expliquer son renvoi. Mais heureusement Miss Célia, qui est elle même solitaire et rejetée par la bonne société de Jackson, (son mari étant l'ancien fiancé de Hilly), va accepter de l'employer...

 

Enfin, Miss Skeeter, 23 ans, est blanche. Tout juste revenue de l'université, elle rêve de devenir journaliste et s'ennuie auprès de ses meilleures amies. Elle trouve un emploi pour un journal local où elle doit s'occuper entièrement d'une rubrique hebdomadaire sur les arts ménagers. Elle doit donner des conseils concernant le ménage, elle qui ne sait rien du tout sur ces sujets là ! Paniquée, elle décide de se faire aider par Aibileen.

 

Eugénia (Miss Skeeter) est si différente de ses amies qu'elle trouve toujours à dire un mot gentil aux uns et aux autres, blancs ou noirs ce qui lui vaut la réprobation de tous.

Elle ne comprend pas pourquoi à son retour de son année universitaire elle n'a pas retrouvé Constantine, la bonne noire qui l'a élevée, chez ses parents. Pourquoi est-elle partie sans lui dire au revoir ? Pourquoi ne donne t-elle aucune nouvelle ? Lorsqu'elle apprend que Constantine a été renvoyée, elle décide d’écrire un livre où les bonnes noires pourraient témoigner de leur vie quotidienne…

L'idée est tout de suite soutenue par Miss Stein, qui travaille dans une maison d'édition New-yorkaise.

 

Mais c’est difficile pour les bonnes noires de se confier à une blanche… Les événements et Aibileen vont arriver à les convaincre. La persévérance et la patience de Miss Skeeter aboutissent : peu à peu le livre s’étoffe.

Ces trois femmes, que tout devait opposer, vont d’abord se faire confiance puis se retrouver liées par une incroyable amitié.

Le secret du livre, la solidarité, leur engagement va donner la force à chacune de renverser l’ordre des choses, permettre aux noir(e)s de s’exprimer, de trouver le courage de parler de leurs besoins, de leurs désirs, et d’affronter tous les blancs de la ville qui ne veulent surtout perdre aucun de leurs privilèges.

 

Car la perfidie de certaines femmes blanches est incroyable.  Elles méprisent leur propre bonne ouvertement, comme par exemple Miss Hilly, vantent les mérites de toilettes séparées, seule protection possible contre les maladies d'après elles, et font partie d'une association qui récolte des fonds pour les "pauvres" africains....

 

Heureusement certains blancs veulent voir les choses changer. La situation dans le Mississipi commence à être montrer du doigt par l'Amérique toute entière. Certaines femmes vont même jusqu'à payer les études des enfants de leur bonne...

 

Ce que j'en pense

 

Les personnages sont inoubliables et très attachants.

Les deux mondes "blanc" et "noir" apparaissent comme totalement hermétiques : chacun mène sa vie sans communiquer.

Mais comme pour les deux "cadeaux" qui contiennent la même chose qu'Aibi montre à la petite Mae, seul l'emballage est différent !

 

C'est un roman qui n'est pas triste. Le lecteur y trouvera certes matière à se révolter mais aussi de l'humour, de la tendresse, de l'amour, de l'émotion et beaucoup d'humanité.

 

Le courage et la dignité de ces femmes noires sont inoubliables. Mais le courage de Skeeter, accusée d'avoir des idées intégrationnistes, est remarquable également. Elle accepte d'être rejetée par tous ceux de son milieu et n'hésite pas à rompre avec son fiancé par honnêteté et engagement vis à vis de son projet.

 

La fin n'est pas du tout à l'eau de rose : les "bonnes" noires seront peut-être inquiétées, elles perdront leur travail ou seront victimes de violence. Le lecteur n'en saura rien...ou presque mais ce qu'il devine, c'est que la vie de toutes trois va prendre un nouveau tournant et que rien ne sera plus jamais comme avant.

 

Le style de l'auteur est intéressant puisqu'elle donne la parole aux différents personnages. L'alternance des propos crée ainsi un certain suspense, une véritable attente que le lecteur désire combler, ce qui fait qu'il avale les 609 pages (de la collection Babel) comme rien.

 

A lire absolument !

Partager cet article

Repost0
6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:28

Tahar vient d'avoir un accident de voiture et comme les médecins ne peuvent plus rien faire pour lui, ils viennent de le débrancher. Autour de son lit sa femme qui l'aime, Pierre son fils autiste qui n'a jamais dit un mot, son beau-père âgé et qui perd un peu la tête s'embrouillant entre ses prières et ses plantations de pommes-de-terre, et Becker, un ami, le seul ami avec qui il a gardé des liens depuis l'Algérie.

 

Arrivé en France à 15 ans il a toujours été un étranger et même en épousant une française cela n'a rien changé. Pourtant là-bas au bled il avait choisi la France. Fils de harkis assassinés par le FLN, il était devenu la mascotte des soldats français. C'est en partie à cause d'eux qu'il a quitté l'Algérie pour Paris où il a tenté de s'intégrer jusqu'à renier son passé.

 

Mais il porte en lui l'Algérie et l'envie (le désir charnel) de vivre et de retrouver les sensations, les odeurs, les couleurs de son pays.

 

Dans le semi-coma où il est plongé, tous ses souvenirs reviennent à la surface peu à peu : les souvenirs d'école avec les enfants de colons, les goûters chez son ami français, la maîtresse d'école, sa mère, les femmes en robe à fleurs,  le voyage qui a duré trois jours pour aller voir sa grand-mère, les odeurs, les premiers émois, et puis la guerre que personne ne nomme au début, les cruautés des deux côtés, la peur au ventre, les colons qui ferment leur porte et s'enfuient...Il revoie aussi Souad qu'il a trahi en quittant son pays, elle qu'il aimait comme une soeur.

 

Ce que j'en pense

 

L'auteur sait faire parler ceux qui ne disent rien et même le fils dont personne ne connaît la voix va dire ce que le père n'a jamais pu dire...sa parole jaillit comme l'averse d'été libératrice un soir de canicule. Le déluge s'abat sur le djebel, les tortures, le village, la mère en train de rouler la semoule...et Tahar peut enfin retrouver les siens.

 

L'auteur (dont je ne connaissais aucun roman) a un style d'écriture particulier qui passe du "je" (les souvenirs de Tahar) au "il" (ceux des personnes qui l'entourent)... et qui ne manque ni de poésie ni de sensualité. Les phrases sont rythmées et imagées. Elle met beaucoup de pudeur pour dire les événements de la guerre d'Algérie, les massacres, les difficultés des immigrés, le racisme. Le lecteur peut lire entre les lignes et interpréter les silences.

 

Malgré tout, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman, non pas par rapport au contexte, mais par rapport à l'écriture.

Je suis restée extérieure aux personnages et les mots, qui auraient dû se transformer en émotions, sont restés silencieux...

Partager cet article

Repost0
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 15:40
Home de Toni Morrison

Dans l'Amérique ségrégationniste des années 50, Franck Money revient médaillé mais traumatisé de la guerre de Corée. Seul rescapé noir du village de Lotus (un bled perdu dans les champs de coton de Géorgie), personne ne l'attend plus au pays. Revenu dans la région de Seattle,  il se noie dans l'alcool en essayant d'oublier les affreux souvenirs qui le hantent entre deux crises d'angoisse paralysante. Il a perdu en Corée ses deux meilleurs amis et culpabilise d'être revenu vivant. Il se fait des reproches incessants à cause d'une faute grave que le lecteur découvrira à la dernière page.

 

Echoué  dans un hôpital psychiatrique où on vient de l'enfermer, il se sauve pied nus dans la neige en pleine nuit,  pour rejoindre sa soeur dont la vie est en danger...Prévenu par une lettre, il va devoir traverser le pays dans la solitude et les souvenirs... avec pour seule aide le "Negro Motorist Green Book", le guide qui recense les lieux d'accueil des Noirs où il est plus sûr d'aller pour dormir et manger.  Car il est prêt à tout pour sauver Ycidra, surnommée Cee...elle représente à elle seule, toute sa famille.  Enfant déjà, il la protégeait...elle si crédule et naïve !

Il trouvera néanmoins sur son chemin quelques âmes blanches solidaires.

Au  cours du roman plusieurs vies vont s'entrecroiser, celle de Franck et de sa soeur durant leur enfance, élevés dans la misère, à la mort de leurs parents par Lénore, la compagne cruelle de leur grand -père  ; celle de Franck et de son amie Lily, merveilleuse au début mais qui se termine mal ; celle de sa soeur, partie du village où elle subissait les brimades incessantes de sa grand-mère pour suivre  le premier venue  à Atlanta, où elle va très vite se retrouver seule, obligée de se débrouiller puis de travailler pour un médecin qui lui fera du mal et à qui elle servira de cobaye...

 

Meurtris, tout deux vont essayer de panser leurs blessures et de retrouver leur dignité dans cette maison de leur enfance où ils ont vécu avec leurs parents...là où sont leurs racines...là où ils vont pouvoir se reconstruire en toute dignité et oublier enfin leurs fantômes.

 

Est-ce lui qui va l'aider ou bien , elle, si forte et sortie, de cette épreuve, enrichie et encore plus déterminée à vivre  ?

 

L'auteur alterne le récit avec des pages en italique où Franck interpelle directement le lecteur...

 

Le  thème principal du roman est amené peu à peu tout en subtilité...le lecteur découvre les horreurs, l'injustice, la violence...

L'auteur nous montre à chaque page, la méfiance des blancs,  les droits de l'homme bafoués, les femmes méprisées et les hommes traités comme des chiens.

 

C'est un roman court qui se lit vite et facilement. Les premières pages sont déroutantes tout en mettant le lecteur dans l'ambiance : "Un mystérieux homme est enterré dans un champ par des hommes du village. Accident ? Meurtre ? Lynchage ?" le lecteur comprendra tout à la fin. 

 

C'est la première fois que je lis un roman de cette auteure, prix Nobel 1993. Je pense que je n'hésiterai pas en lire d'autres...

Ce roman est à lire absolument !

 

Partager cet article

Repost0
1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 13:51
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

 

Dans une petite ville du comté de l’Alabama des années 30, au moment de la « Grande dépression » (crise économique aux conséquences très graves pour le peuple), l’avocat Atticus Finch,  élève seul ses deux enfants, Jem et Scout, en essayant de leur inculquer les valeurs morales auquel il tient.
Intelligents, astucieux et espiègles, les enfants se lient d’amitié avec Dill, un garçon orphelin,  qui séjourne chez sa tante en été. L’imagination des enfants est avivée par le mystère qui entoure la maison de leur voisin, Arthur Radley (dit Boo) qui vit reclus chez lui. Ils tentent tout pour le faire sortir de chez lui…tout en étant terrifiés à cette idée !
Atticus en profite pour leur inculquer la tolérance et l’acceptation des différences… Scout (la narratrice) a 5 ans et  interprète les discours  de son père à sa manière…

Homme intègre et rigoureux, Atticus est commis d’office pour défendre Tom Robinson, un noir accusé d’avoir violé une  jeune métisse dont le père, Bob Ewell est blanc.  Dans cette ville sudiste fortement raciste depuis la nuit des temps, Tom risque la peine de mort…Mais Atticus, pourtant très critiqué, ne croit pas à sa culpabilité. La ville est prête pourtant à lyncher le coupable avant même le procès. Le procès tourne mal et Tom est emprisonné…puis tué alors qu’il cherchait à s’évader.

Plusieurs mois après, l’affaire semble tassée. Mais,  alors que les enfants rentrent du lycée, Bob Ewell les agresse physiquement… Jem est blessé et perd connaissance. La personne qui le transporte à la maison n’est autre qu’Arthur, leur mystérieux voisin…

 

Ce que j’en pense :

Ce qui rend ce livre si attachant c’est la voix de la petite Scout âgée de 5 ans au début du récit… C’est de son point de vue que le lecteur entre dans la vie des personnages du quartier et leurs préjugés, découvre la ségrégation raciale, la bigoterie et la justice des hommes… Malgré la gravité du sujet, le lecteur se laisse (trans)porter par la tendresse qui émane des membres de la famille et la voix innocente de cette petite fille malicieuse, intelligente, et désireuse de comprendre le monde.

 

Tout cela rend ce roman magnifique…et (malheureusement) toujours d’actualité.

 

 

Il a été adapté au cinéma par Robert Mulligan en 1962 sous le titre "Du silence et des ombres".

Depuis sa première publication, peu avant les lois interdisant la discrimination raciale, il n'a jamais cessé d'être réédité dans le monde entier ! Il est paru en France sous deux titres différents : "Quand meurt le rossignol" (en 1961)  et "Alouette, je te plumerai" (en 1989)...

De plus il a reçu le prix Pulitzer en 1961.

Partager cet article

Repost0

Encore Un Blog ?

  • : Dans la Bulle de Manou
  • Dans la Bulle de Manou
  • : Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes ou mes voyages : intellectuel, spirituel, botanique ou culinaire...
  • Contact

Qui Suis Je ?

  • manou
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...

BLOG Zéro carbone !

Perdu Dans Le Blog ?

Y a-t-il des curieux ?

litterature

 

  D'où viennent-ils ?

 

  litterature

L'hiver est arrivé...

 

N'oubliez pas de protéger Xin Xin et de le nourrir en cliquant sur more...

 

 

Mes Tags

Mes livres sur BABELIO

Les dix droits imprescriptibles du lecteur

mod article2138927 3

Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

Illustrations de Quentin Blake

Retrouvez-moi sur Pinterest !

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -