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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:29
Aimé Césaire 1913-2008 (photo du net)

Aimé Césaire 1913-2008 (photo du net)

 

Le temps du Printemps des Poètes se termine ce week-end et je ne pouvais pas clore cette quinzaine un peu particulière sur ce blog sans vous parler d'un grand poète qui s'est intéressé de près à la négritude.

Il s'agit d'Aimé Césaire que vous connaissez tous, je pense.

 

D'abord je vous laisse découvrir deux de ces poèmes. Il en a tant écrit que le choix a été difficile ! 

Le premier poème vient de paraître dans un recueil de littérature jeunesse, présenté en format album...

 

 

Chanson de l’hippocampe (extrait)

Aimé CÉSAIRE

Recueil : "Moi, laminaire"

 

petit cheval hors du temps enfui

bravant les lès du vent et la vague et le sable turbulent

petit cheval

dos cambré que salpêtre le vent

tête basse vers le cri des juments

petit cheval sans nageoire

sans mémoire

débris de fin de course et sédition de continents

fier petit cheval têtu d’amours supputées

mal arrachés au sifflement des mares

un jour rétif

nous t’enfourcherons

et tu galoperas petit cheval sans peur

vrai dans le vent le sel et le varech

 

 

Gallimard jeunesse / Enfance en poésie 2017

Gallimard jeunesse / Enfance en poésie 2017

 

Vous pouvez aussi, si vous le préférez, l'écouter ci-dessous en entier...

 

Le second poème est extrait de "Cahier d'un retour au pays", un recueil paru pour la première fois en 1947 chez Bordas et réédité plusieurs fois depuis. 

 

Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile (extrait)

Aimé CÉSAIRE

 

*************

Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile

Que je n’entende ni les rires, ni les cris, les yeux fixés sur cette ville que je prophétise, belle,

Donnez-moi la foi sauvage du sorcier

Donnez à mes mains puissance de modeler

Donnez à mon âme la trempe de l’épée.

Je ne me dérobe point.

Faites de ma tête une proue et de moi-même, mon coeur, ne faites ni un père,

ni un frère,

ni un fils, mais le père, mais le frère, mais le fils,

ni un mari, mais l’amant de cet unique peuple.

Faites-moi rebelle à toute vanité, mais docile à son génie

Comme le point à l’allongée du bras !

Faites-moi commissaire de son sang.

Faites-moi dépositaire de son ressentiment

Faites de moi un homme de terminaison

Faites de moi un homme d’initiation

Faites de moi un homme de recueillement mais faites aussi de moi un homme d’encensement.

Faites de moi l’exécuteur de ces oeuvres hautes.

Voici le temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme.

Mais les faisant, mon coeur, préservez-moi de toute haine…

 

Aimé Césaire, un poète mondialement reconnu

 

Si vous voulez découvrir d'autres poèmes, vous pouvez consulter le site de poésie française, Wikipoèmes et en particulier les pages qui lui sont consacrées. 

 

Aimé Césaire est né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique. Il est mort en 2008 à Fort-de-France. 

Il fait partie d'une grande famille de sept enfants. Sa mère est couturière et son père instituteur. C'est sa grand-mère, qui savait lire et écrire comme peu de femmes de sa génération, qui lui enseigne le goût de la lecture et lui donne envie d'écrire.

Après des études en Martinique, il obtient une bourse pour étudier à Paris en 1931. C'est là qu'il va devenir ami avec Léopold Sedar Senghor et cette amitié durera toute leur vie. 

Il fera paraître son premier cahier en 1939 et fondera la revue "Tropiques. Dès 1945, il devient maire de Fort-de-France. 

C'est un grand poète, dramaturge et écrivain mais aussi un homme politique important qui a joué un rôle considérable dans le concept de négritude, qu'il a partagé avec Léopol Sedar Senghor. Opposé au colonialisme il a lutté toute sa vie pour l'égalité des droits entre les peuples. 

Sa poésie a été dès le départ saluée par André Breton et Jean-Paul Sartre avant de devenir aujourd'hui internationalement reconnue. 

 

Ecoutez-le nous parler un très court instant de la négritude...

 

 

Comme je vous l'ai dit en introduction, cet article est le dernier concernant le Printemps de Poètes 2017 sur le thème Afrique(s).

MERCI à ceux qui m'ont suivi pendant cette quinzaine ! 

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 07:19

La poésie pour exister n'attend que notre regard...
Andrée Chedid

 

Aujourd'hui je vais vous parler du "Prix Andrée Chedid du poème chanté". Ce prix est organisé par le Printemps des poètes chaque année. 

Le président d'honneur est bien sûr Matthieu Chedid. 

Ouvert aux sociétaires de la SACEM, les candidats se voient proposer trois textes à mettre en musique.

Le prix est décerné durant le Printemps des poètes mais le lauréat sera attendu ensuite lors des Francofolies de La Rochelle que certains d'entre vous connaissent sans doute, et qui auront lieu du 12 au 16 juillet prochain, pour la remise officielle de son prix...et s'y produire en concert.

En 2017, trois poèmes de Rouben Mélik, Laurence Vielle et Salah Al Hamdani étaient proposés aux candidats...

 

Si vous voulez lire ces textes, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous...

 

Prix Andrée Chedid du poème chanté

 

La lauréate est la jeune Élise Mélinand qui a interprété le poème "J'écrirai" de Salah al Hamdani (extrait de "Bagdad Mon Amour", Editions le temps des cerises).

Vous pouvez écouter la chanson lauréate sur le site du Printemps des poètes...en cliquant sur le lien ci-dessous...puis sur l'année, car bien sûr cette chanson est protégée par des droits et je n'ai pas pu vous mettre un lien direct sur le site. 


Je ne connaissais pas cette jeune chanteuse...

Elise Mélinand  est cette année, candidate à l'émission "The Voice" dans l'équipe de Mika. Ceux qui suivent cette émission (dont je ne fais pas partie) la connaisse donc et pourront même en dire davantage dans les commentaires s'ils le désirent. 

 

Vous pouvez découvrir son univers musical en visitant le lien ci-dessous...et une de ses chansons et si cela vous plaît d'autres vous attendent sur youtube ! 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:21
Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

…il est tard dans mes yeux
pour faire le tour du monde
mes livres sont rangés
plus de voyages à lire
que l’envers de l’exil...

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.

 

Nous continuerons toute la semaine à parler poésie...

Désolée pour celles et ceux qui n'apprécient pas mais je trouve que le Printemps des poètes est l'occasion rêvée de parler de poésie 15 jours par an. Sinon je ne le fais qu'occasionnellement lorsque je découvre un jeune auteur ou que je (re)lis un recueil.

 

Une de mes découvertes de cette année, en parcourant les pages consacrées au Printemps des Poètes 2017, a été de constater que la liste des Prix de Poésie francophone était terriblement longue et que je n'en connaissais que très peu...

C'est surprenant tout de même que ces prix ne soient pas davantage relayés dans les médias alors que l'automne nous apporte chaque année son lot de prix littéraires, tous incontournables ou presque...que certes nous lirons ou pas, mais qui ont l'avantage de nous faire connaître de nouveaux auteurs ou de débattre autour de ceux que nous connaissons déjà. 

 

Je vous rassure, je ne vais pas vous transcrire la liste de ces nombreux prix que vous retrouverez dans son  intégralité sur le net, si cela vous intéresse.  

Le site du Printemps des poètes vous propos d'ailleurs un récapitulatif des derniers prix décernés, actualisé au fur et à mesure sur le site, avec des archives des années précédentes...

 

Mais je vais vous parler brièvement d'un des derniers prix littéraires de poésie qui a vu le jour en 2016 : c'est le Prix de Poésie Edouard Maunick.

Cela m'a donné envie de mieux connaître ce poète...

 

Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

 

Qui est Édouard Maunick ?

 

Ce grand poète et écrivain mauricien est né en 1931 dans une famille métisse. 

Tout d'abord bibliothécaire à Port-Louis, il s'installe à Paris en 1960 où il travaille à la Coopération radiophonique tout en publiant des articles dans des journaux francophones. Il entre à l'UNESCO en 1982 et devient en 1985, membre du Haut Conseil de la francophonie, puis ambassadeur de Maurice dans  l'Afrique du Sud post-apartheid. 

Mais sa vie de journaliste et diplomate ne l'empêche pas d'écrire. Il a publié son premier recueil en 1954 et continuera à publier régulièrement. 

Ses poésies sont empreintes de son sentiment de solitude et rappellent la persécution de ses ancêtres africains.

On le qualifie souvent de poète de l'exil...ce qui en dit long. 

 

Il a reçu de nombreuses et prestigieuses distinctions au cours de sa vie dont le Prix Tchicaya U Tam'si en 1989, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française en 2003, puis le Grand Prix Léopold Sedar Senghor. 

C'est donc un bel hommage à ses concitoyens qu'il offre en créant ce prix littéraire de poésie, ouvert à tous les mauriciens, habitant l'île ou pas. 

Le premier lauréat de ce prix sera donc récompensé en 2017...

 

Si vous voulez en savoir plus sur Edouard Maunick je vous invite à visiter ce site où vous trouverez en plus de sa biographie complète, sa bibliographie et de nombreux liens vers des entretiens...

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le prix de poésie Édouard Maunick, créé en 2016 pour la première fois, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous...

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:08
Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Harmonie Dodé Byll Catarya est une jeune poète passionnée des mots et une slameuse reconnue et charismatique. 

Née au Bénin en 1991, elle a été très jeune diplômée d'un Master en comptabilité, contrôle et audit.

En 2013, elle devient championne du Bénin Slam et s'engage dans l'écriture, ce qui la révèle au grand public.

C'est la première femme slameuse du Bénin.

Son recueil de poésie "Art-Mots-Nid" est paru aux Éditions du Flamboyant. Elle a participé également à la première anthologie de poésie féminine au Bénin. 

A Paris pour ce printemps des poètes, elle participera à la Lecture-rencontre, organisée le 18 mars prochain au Quai Branly, entre autres projets.

Si vous avez la chance d'habiter la capitale, n'hésitez pas à vous renseigner, pour la rencontrer...par exemple, elle sera demain 11 mars à la Médiathèque Marguerite Yourcenar pour un atelier d'initiation au slam et à la poésie. Si ça vous tente. 

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Sur le sable…

 

Sur le sable, les feuilles de cocotiers

Sont tombées ; je les observe, couchée

Sur une natte façonnée à ma manière

Mes pores vibrent de cet air

Doux et frais ; le temps est magnifique

L’inspiration se frôle à ce bruit

Paradoxe effectif dans un univers mirifique

C’est le soleil qui, délicieusement luit

Sur ces flots bleuâtres teintés de blanc

Les yeux se régalent sous les élans

De la beauté du paysage.

Les ondes marines me parviennent

Elles me portent un message

Elles me percent l’ouïe ; Alors, viennent

Ces mots marquant mon passage

Et inoculant de l’encre à d’innocentes pages.

C’est le mystère de l’écrivain

Partout, sa plume s’agite

L’univers lui, crépite

A sa guise, ses devoirs de devin

Il est un esclave de la nature

Qui chante sans cesse ses aventures.

 

Harmonie D. BYLL CATARYA, (inédit, 2016).

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:28
Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

J’écris seulement des phrases
sorties d’une nuit noire et difficile ;
et je vois, une fois le jour venu,
tout ce que l’ombre retient.

 

Ismaël Savadogo fait partie des plus jeunes poètes francophones, mis à l'honneur par le Printemps des poètes. Né en 1982, à Abidjan, il commence à écrire durant ses études de philosophie qu'il abandonne la seconde année et, pour s'occuper il publie dans des revues littéraires comme "L'intranquille" et "Traversées" .

C'est en 2015 que paraît son premier recueil "le sable de la terre" Editions du Lavoir Saint-Martin, d'où est extrait le poème que je vous propose aujourd'hui. 

Accueilli en résidence d'artistes par le Printemps des Poètes et la mairie de Paris, il restera en France jusqu'en avril et participera à des rencontres, comme celle qui aura lieu le 18 mars prochain au Théâtre du musée du Quai Branly, à Paris

Il sera à ce moment-là aux côtés de grands poètes et auteurs africains...comme par exemple, Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Tanella Boni et la jeune Harmonie Dodé Byll Catarya, dont je vous parlerai bientôt...et bien d'autres. 

 

Pour trouver là où

nul ne se souvient

 

commencer par chercher

vers un autre angle

ne serait-ce qu’une heure

chaque jour.

 

On voudrait être

dans l’endroit où l’on vole,

 

le ciel alors serait peut-être

moins souvent parti ;

 

faire entrer des enfants

s’ils peuvent tirer des étoiles,

 

si la tâche d’attendre la nuit

ne les sépare pas encore de nouveau

de ce qu’ils rêvent.

 

Extrait de "Le sable de la terre"/Ismaël Savadogo

 

 

Découvrez un de ses poèmes encore inédit, offert au Printemps des poètes...

Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

 

D'autres poèmes seront bientôt en ligne sur le site de "D'ailleurs-poésie". 

Ombre de la nuit, ombre du matin,
dans quel état nous revient le jour ?

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:00
Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Je me souviens d’un rêveur qui chantait le fleuve.
Il disait que le fleuve est source de bonheur.
De bonheur mais aussi d’espoir inouï.

Fatoumata Keïta, l'écrivaine malienne engagée

 

Née en 1977 au Mali, Fatoumata Keïta est titulaire d'une maîtrise en socio-anthropologie et d'un DEA en socio-économie du développement. Elle est aussi rédactrice de scripts radiophoniques.

Fatoumata Keïta se définit elle-même comme "une poétesse engagée et révoltée par tout ce que nos politiques font vivre aux populations". Résolument moderne, elle propose de poser un autre regard sur son pays natal. 

Sa première oeuvre parue chez NEA en 1998, s'intitulait "Polygamie, gangrène du peuple".

Depuis elle a toujours continué à écrire des poèmes, des nouvelles et même un roman "Sous fer" où elle aborde le thème de l'excision. 

Elle est lauréate du 2e prix de la première Dame du meilleur roman féminin à la seconde édition de la Biennale des Lettres de Bamako.

Elle est également lauréate du Prix Massa Makan Diabaté 2015 de la rentrée littéraire du Mali et du 2e prix du meilleur roman de l'Afrique de l'Ouest.

Elle écrit aussi des "poèmusiques" c'est-à-dire des poèmes mis en musique par Aba Diop.

Toute son oeuvre parle de la société malienne, de la liberté d'expression, du poids des traditions et de la condition de la femme. Ce qu'elle veut, c'est interpeller les consciences tout en aidant son pays à bâtir son avenir. 

 

En novembre 2016, elle a publié, avec le photographe Michel Calzat un carnet de voyage poétique qui mêle ses poèmes aux photos prises sur les bords du fleuve Djolibà à Ségou et auprès des Bozos du village de Géini.  

 

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

 

Je vous invite à la découvrir et ce sera mon hommage personnel à toutes les femmes en cette Journée internationale de la femme

 

Pour mieux la connaître, retrouvez-la sur son blog...

 

OU écouter ce poème porteur d'espoir qui s'intitule "Demain"...

Lecture du poème intitulé "Demain", par Fatoumata Keïta

 

OU encore, si vous avez un peu de temps,  un de ses premiers poèmes, "Laissez-moi parler", un poème qu'elle a écrit lors de ses années de lycée et qui se trouve sur le premier CD regroupant ses poèmes mis en musique.

Le poèmusique "Laissez-moi parler"

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:14
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Mon destin écorché éclate de soleil, il ne faut plus dormir je sonne les réveils.

 

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain célébré au Congo mais peu connu en France. Il est pourtant une des voix incontournables de la poésie africaine.

Né à Mpili en République du Congo en 1931, il passe son enfance à Pointe-Noire. Son père, Jean-Félix Tchicaya, est instituteur et très érudit. Il rêve de voir son fils devenir magistrat. 

A 15 ans, le jeune Gérald-Félix quitte le Congo : son père vient de devenir le premier député noir qui va représenter l'Afrique équatoriale à l'Assemblée Nationale, de 1944 à 1958.

 Il deviendra plus tard, une figure majeure de la décolonisation. 

 

L'adolescent abandonne ses études au grand désespoir de son père pour se livrer à différents petits métiers et surtout se mettre à écrire. Il fréquente assidûment les cafés littéraires de la Rive Gauche. 

Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955 dans un recueil intitulé "Le mauvais sang", alors qu'il n'a que 24 ans... des poèmes largement inspirés de Rimbaud qu'il admire et qui lui vaudront son surnom de "Rimbaud noir". 

 

C'est en 1957, que Gérald-Félix Tchicaya, prend le pseudonyme de U Tam'si qui veut dire "petite feuille qui parle pour son pays". Le "mauvais garçon" devient donc Tchicaya U Tam'si. 

Malgré ses études faites en France, le poète reste très attaché à sa culture d'origine et il se qualifie lui-même non sans humour, de "poète congaulois".

Après l'indépendance de son pays natal, alors qu'il est retourné y vivre, il prend la direction du Journal local "Congo" avec son ami Patrice Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo. Mais ce dernier est brutalement assassiné ce qui oblige Tchicaya U Tam'si à retourner en France. Là, le poète va alors s'occuper d'éducation et travailler auprès de  l'UNESCO jusqu'en 1986.

Il se consacrera ensuite uniquement à l'écriture de romans, jusqu'à sa mort en 1988. 

 

Sa poésie qui s'est démarquée très tôt de la négritude et n'a jamais reflété l'exotisme africain attendu, a toujours été mal comprise par les critiques européens et a fait de lui un poète mal aimé.

Lui, était simplement épris de liberté et voulait n'être qu'un simple poète et pas forcément un poète "africain"...pourtant sa poésie est fortement enracinée en Afrique, mais par rapport à Léopold Sedar Senghor, il doute de l'avenir de son pays et lorsqu'il se tourne vers le passé, il ne voit que traite des noirs et colonialisme. 

Sa poésie est donc nettement plus pessimiste et parfois violente, tant elle est empreinte de ses doutes et de ses souffrances, de la douleur de l'exil et de son impuissance à sauver sa terre natale. 

On le considère aujourd'hui comme le poète le plus représentatif de la poésie africaine moderne.

 

Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Présentation d'un de ces romans "Ces fruits si doux de l'arbre à pain"...

 

Si vous avez la chance d'habiter à Paris, ne ratez pas aujourd'hui même à 12 heures, la lecture à la Comédie française de poèmes de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si. 

Tous les renseignements sont sur le document ci-dessous...

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:15
Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

 

Femme nue, femme noire

 

Poème extrait du recueil "Chants d'ombre"

Ce poème sur la négritude revendique le langage et la culture du continent noir.

Publié après la seconde guerre mondiale en 1945, c'est une ode à l'amour et à la femme en général mais surtout à la femme africaine et à sa terre natale...

 

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

 

Biographie

 

Léopold Sedar Senghor naît en 1906 dans une petite ville côtière du Sénégal, au sein d'une famille catholique et francophone.

Il obtient facilement le baccalauréat après des études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar.

Ayant obtenu une bourse d'étude, il va poursuivre ses études en France dès 1928, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre Aimé Césaire. Il sera également l'ami de Georges Pompidou.

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935 puis enseigne à Tours de 1935 à 1938.

Alors qu'il suit des cours de linguistique négro-africaine à l'Ecole pratique des Hautes études et à l'Institut d'ethnologie de Paris, il est mobilisé en 1939 dans l'infanterie coloniale (alors qu'il a été naturalisé français en 1932), puis il est fait prisonnier en 1940.

Réformé pour maladie en 1942, il participe à la Résistance.

Il va alors occuper la chaire de langues et civilisations négro-africaine à l'école nationale de la France d'outre-mer.

C'est en 1945 qu'il publie son premier recueil de poésie "Chants d'ombre" et qu'il fait son entrée en politique. Élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale, il sera plusieurs fois réélu jusqu'en 1956.

Quinze ans plus tard, il deviendra le premier président de la République du Sénégal en 1960, suite à la proclamation de l'indépendance du pays et le restera jusqu'à 1980, date à laquelle il met fin avant son terme, à son cinquième mandat.

Premier africain à être élu à l'Académie française en 1983, il devient un des pères de la francophonie. Il était donc normal qu'il soit mis à l'honneur durant ce Printemps des poètes.

 

Léopold Sédar Senghor a été notamment (informations copiées du site BABELIO):

- médaille d'or de la langue française

- grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963)

- médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965)

- grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966)

- prix de la Paix des libraires allemands (1968)

- prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969)

- grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970)

- prix Guillaume Apollinaire (1974)

- prince en poésie (1977)

 

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 07:30
Aujourd'hui débute le 19e Printemps des poètes (4 au 19 mars 2017)
Aujourd'hui débute le 19e Printemps des poètes (4 au 19 mars 2017)

 

Aujourd'hui, samedi 4 mars 2017, débute le 19e Printemps des poètes sur le thème "Afrique(s)".

J'aurais donc l'occasion de vous parler dans les jours qui viennent de quelques poètes africains francophones. 

Comme d'habitude, je m'attacherai davantage à ne parler que de poètes peu connus...

Le thème choisi cette année met en avant l'oeuvre de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si, deux voix incontournables de l'Afrique dont je vous parlerai en début de semaine prochaine.

Le Printemps des poètes est aussi l'occasion de rappeler que l'année 2017 est celui de l'anniversaire de la mort de Jacques Prévert, il y a quarante ans et de rendre hommage à ce talentueux poète français. 

Pour en savoir plus sur cette manifestation nationale et internationale, vous pouvez consulter le site officiel en cliquant sur le lien ci-dessous... 

 

 

Ou bien, visionner la courte vidéo de présentation ci-dessous...

Vous pouvez aussi rechercher un événement dans votre région : toutes les médiathèques et les Centres culturels proposent des animations autour de la poésie.

 

Pour rendre un premier hommage à Jacques Prévert dont nous avons toute l'année pour parler, je vous propose aujourd'hui l'écoute d'un de ses poèmes que je trouve magnifique, "Rappelle-toi Barbara" interprété par Serge Reggiani.

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