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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:18
Gallimard / Hors série "connaissance", 2014

Gallimard / Hors série "connaissance", 2014

Tu es donc condamnée « à être toi », sans raison, mais tu n’as rien à regretter ! Tu sais bien que ta question, aucun animal ne se la pose : le chat se contente tranquillement d’être chat, car il ne dispose pas d’une langue lui permettant de se distinguer des autres chats à l’aide de la première personne du singulier, et il ne s’oppose aux autres animaux que par son instinct. Au contraire, ta question prouve que le moi humain (donc le tien !), est inquiet, ouvert à d’autres possibilités que lui-même. C’est toute la richesse de cette « identité humaine sans raison » qui, toujours soucieuse de ce qu’elle n’est pas, s’invente, avec le Temps, des raisons d’être.

Extrait de la réponse à la question "Pourquoi moi je suis moi ? Annie, 5 ans

 

Cela arrive souvent que les enfants nous surprennent par leurs questions, posées à des moments où on ne s'y attend pas. Ces questions, pourtant simples et souvent emplies de logique, nous troublent parfois et nous ne trouvons pas de réponse immédiate qui nous satisfasse. 

Pierre Péju, l'auteur de ce petit livre, tente de remettre ces questions dans leur contexte pour leur donner un sens, et il y répond en s'adressant à un enfant imaginaire. 

Pendant deux ans, alors qu'il travaillait dans une chronique régulière pour Philosophe magazine, l'auteur a répondu chaque jour à une vraie question posée par un enfant, en s'adaptant toujours à l'âge de l'enfant.

 

Voici un livre un brin métaphysique mais toujours poétique qui nous permet de retrouver notre enfance, ce temps où nous avons découvert la pensée, la mort d'un être cher, l'existence, la liberté, les droits et les devoirs...

Parmi les 21 questions différentes qui ont été réunies dans ce recueil vous y trouverez des questions du style : "Qu'est-ce qu'il y a dans le noir qui fait toujours peur ?" ; "Et moi, est-ce que je pourrais faire la guerre, un jour ?" ; "Si on remplaçait les billets de banque par des feuilles d'arbres, personne ne serait pauvre ?" ; "Une fois qu'on nous a fait un baiser, comment on fait pour l'enlever ?" ; ou "un jour, tu vas mourir, mais qu'est-ce que tu feras quand tu auras fini d'être mort ?" etc...

Des questions souvent poétiques, comme beaucoup d'enfants savent si bien les poser lorsqu'ils découvrent le monde.

Je vous laisse donc le soin de découvrir les réponses...

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:36
Stock 2015

Stock 2015

Pour moi, ils n’étaient pas tout à fait morts. Ils n’étaient plus dans la vie. Ce n’était pas la même chose.

Notre vie n’est en rien une figure linéaire. Elle ressemble plutôt à l’unique exemplaire d’un livre, pour certains d’entre nous composé de quelques pages seulement, propres et lisses, recouvertes d’une écriture sage et appliquée, pour d’autres d’un nombre beaucoup plus important de feuillets, certains déchirés, d’autres plus ou moins raturés, pleins de reprises et de repentir.

 

Dans ce roman philosophique très évocateur, l'auteur donne la parole, à un quinquagénaire qui, arrivé au mitan de sa vie, a peur de vieillir... Il a un beau métier : il est cinéaste et écrivain, mais il est inquiet pour l'avenir.

Sa vie va être bouleversée lorsqu'il apprend que son meilleur et unique ami a une maladie grave. Il laisse alors libre cours à ses peurs, à ses regrets et à ses pensées.

Son ami Eugène est producteur de cinéma et il aime la vie. Il a eu cinq enfants avec cinq femmes différentes, parce qu'il n'a jamais pu s'empêcher de tomber amoureux.

Sa maladie est plus grave qu'il n'y paraît, mais il va tenter de prendre ça avec légèreté et  de continuer à vivre.

Comment le narrateur, pourra-t-il accepter de vieillir, d'être moins aimé , de ne pas réussir tout ce qu'il entreprend dans la vie et surtout de perdre aussi rapidement, en tout juste un an, son ami de toujours ? 

"Pourquoi tombe-t-on malade", se demande-t-il ? 

Qu'est-ce qu'être vivant ?" Respirer ? Etre amoureux ?

C'est qu'avant, il y a déjà eu Agathe, l'enfant mort-né qu'il a eu avec Florence, sa femme.  Malgré l'amour immense qu'ils avaient l'un pour l'autre, leur couple n'a pas résisté.

Et maintenant, qu'en sera-t-il de celui qu'il forme avec sa jeune voisine Elena...

 

 

En Indonésie, il existe une île où les habitants, le peuple Toraja, perpétuent une tradition séculaire : ils enfouissent au coeur d'un tronc d'arbre les petits corps des enfants trop tôt décédés et qui n'ont pas vécu au delà de quelques mois. Ainsi, ils continuent à grandir en même temps que l'arbre...

Cette pratique est le point de départ de ce dernier roman de Philippe Claudel, un auteur que j'apprécie beaucoup qui a écrit des livres très forts et qui encore une fois, bouscule les idées reçues, ici sur la mort..et la vie.

Une cavité est sculptée à même le tronc de l'arbre. On y dépose le petit mort emmailloté d'un linceul. On ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus. Au fil des ans, lentement, la chair de l'arbre se referme, gardant le corps de l'enfant dans son grand corps à lui, sous son écorce ressoudée. Alors peu à peu commence le voyage qui le fait monter vers les cieux, au rythme patient de la croissance de l'arbre.

 

Philippe Claudel nous offre-là une longue méditation philosophique sur la place que la mort occupe dans notre vie, ou comment sa présence modifie notre perception des choses.

Au fil du récit, le lecteur comprend qu'Eugène accompagne le narrateur, aux côtés des autres disparus et qu'ensemble, ils l'aident à accomplir son oeuvre...

Au-delà des sujets douloureux qu'il aborde, c'est un roman très positif qui parle surtout de la vie, de l'amour, de l'amitié, de l'attachement aux êtres qui nous entourent...et aussi de ce que nous sommes pour les autres et ce que les autres sont pour nous, mais aussi de que nous garderons de nos proches et qu'ils garderont de nous...

 

Y-a-t-il une part de vécu dans ces propos ? Certainement, même si l'auteur s'en défend. Car, c'est en ayant à l'esprit la vie et la mort de son meilleur ami, l'éditeur Jean-Marc Roberts, décédé en 2013, que Philippe Claudel a imaginé les personnages de ce roman. 

 

Écrit avec une belle plume, pudique, facile et même souvent légère et poétique, ce roman est lui aussi une sorte d'arbre du pays Toraja, un hommage à ceux qui ont disparu mais surtout un hymne à la vie, très différent et beaucoup moins noir que les précédents romans de l'auteur. 

 

Ce très beau livre est cependant à lire à un moment de votre vie où vous avez le moral, bien que je pense qu'il puisse aider à "faire son deuil" d'une certaine façon.

 

La mort d'Eugène ne m'a pas seulement privé de mon meilleur et seul ami. Elle m'a aussi ôté toute possibilité de dire, d'exprimer ce qui en moi s'agite et tremble. Elle m'a également fait orphelin d'une parole que j'aimais entendre et qui me nourrissait, qui me donnait, à la façon dont opère un radar, la mesure du monde que, seul désormais, je ne parviens à prendre qu'imparfaitement.

Poursuivre sa vie quand autour de soi s’effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte, c’est savoir survivre et recomposer.

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 09:11
Tao-tö king / Lao-tseu

C'est le "livre sacré de la Voie et de la Vertu", traduit du chinois par Liou Kia-hway. Il est  considéré comme le texte fondateur du taoisme.

 

Ce recueil de textes écrits sous forme de poèmes courts est cependant à déguster à petites doses.

Il suffit d'ouvrir une page au hasard et, si vous aimez les surprises, vous trouverez dans le texte, matière à méditer.

Ce n'est pas la peine de vous acharner sur le sens des mots !

Laissez les mots retentir en vous et vous serez surpris des réflexions qui vont naître spontanément dans votre esprit quel que soit le sujet.

Si un texte ne vous "parle" pas c'est peut-être tout simplement parce que ce n'est pas le moment pour vous de le lire. Tentez-en un autre.

 

Je suis surprise par la lecture renouvelée de cet ouvrage. Je l'ai acheté il y a environ 6 ans (déjà!) et je le laisse régulièrement de côté pour le reprendre de temps en temps, jamais par hasard d'ailleurs.

Au fil des ans, j'ai l'impression de le découvrir pour la première fois !

 

On n'est pas obligé de connaître les fondements du taoisme pour comprendre ces textes. Par contre la lecture de ces textes vous donnera forcément envie d'en savoir plus.

"On y trouve aussi bien des conseils aux gouvernants que des principes de perfectionnement individuel et des passages naturalistes ou cosmologiques", nous dit l'encyclopédie "wikipedia".

 

 

On pense qu'il a été écrit par Lao-Tseu, le sage, fondateur du taoïsme, autour de 600 av. J.-C.

 

Le recueil est constitué de 81 textes (37 faisant partie du "tao" et 44 du "tö").

Le terme "tao" (dào) signifie "voie", voie spirituelle, chemin de vie, voie à suivre...

Le terme "tö" (dé) signifie "vertu" (morale).

 

Quant au terme "king"(Jing), que l'on retrouve dans le titre, il veut dire que c'est un "classique", un ouvrage important...

 

Et le nom même de "Lao tseu" veut dire "vieille oreille longue"...

 

 

Lao-Tseu a -t-il réellement existé ?

 

Tout ce que l'on peut dire c'est que Lao Tseu a réellement existé en tant que personnage réel ou fictif...

Qu'il soit un personnage réel ou fictif importe peu, puisque ses écrits existent bel et bien.

Comment envisager que les écrits de quelqu'un qui n'a jamais existé puissent parvenir jusqu'à nous ?!

 

Donc :

- soit Lao Tseu a bien écrit lui-même ces textes.

- soit un autre personnage qui, lui, a réellement existé, a écrit ces textes sous un nom d'emprunt, peut-être  celui d'un sage connu ?

 

 

Vous trouverez plus de détails sur ce paradoxe dans le blog "La voie de la sagesse".

 

Le livre contenant beaucoup de contradictions, les chercheurs modernes pensent qu'il est l'oeuvre de plusieurs auteurs.

A cette époque la parole des "sages" étaient d'abord transmises par oral du maître au disciple. Ces textes auraient ensuite été édités : les plus anciens fragments connus à ce jour remonteraient à 300 avant J.-C.

La version actuelle des textes est connue depuis le II° siècle avant J.-C.

 

Ces textes ont largement dépassé les frontières de la Chine. Dans les années 1980, il n'en existait pas moins de 250 versions en langues étrangères.

 

"Selon la tradition chinoise, Lao Tseu, lassé des dissensions politiques, aurait refusé de cautionner plus longtemps le pouvoir impérial qu’il jugeait décadent. Il quitta la société et entreprit un voyage à dos de buffle au cours duquel, il écrivit le “Tao Te King” avant de disparâitre". (source wikipedia).

 

 

Citations

 

"Les paroles vraies ne sont pas agréables  ;

Les paroles agréables ne sont pas vraies".

 

"Le saint connaît sans voyager,

comprend sans regarder,

accomplit sans agir"

 

"Qui se diminue grandira ;

Qui se grandit diminuera."

 

"Celui qui sait ne parle pas,

celui qui parle ne sait pas."

 

" Le saint se garde d'amasser ;

en se dévouant à autrui, il s'enrichit,

après avoir tout donné, il possède encore davantage."

 

" Qui se dresse sur la pointe des pieds

ne tiendra pas longtemps debout.

Qui fait de grandes enjambées

ne marchera pas très loin."

 

 

 

Qu'est-ce que le Tao ?

 

Le tao est un précepte de sagesse qui "réconcilie les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin, qui représente l'énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif.

 

De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao." (Quatrième de couverture du Folio, édition 2008).

 

Le Yin et le Yang

Le Yin et le Yang

 

Le tao propose d'avancer dans la connaissance de soi, de connaître notre nature profonde pour vivre en accord avec la nature et avec les autres d'une part, et en harmonie avec soi-même d'autre part.

 

Il demande de privilégier l'être et de laisser de côté le paraître et l'égo que nous avons tendance à mettre un peu trop en avant de nos jours, dans nos civilisations occidentales.

 

D'après le Tao, si l'homme est dans le mal-être, c'est parce qu'il est en apprentissage.

 

Comment mettre en application les principes du Tao dans notre vie quotidienne ?

 

Le tao ne s'apprend pas, il se vit au quotidien. Il est d'ailleurs considéré comme un art de vivre...

Certains le pratiquent déjà sans le savoir !

Vous pouvez, non pas essayer d'adopter tous ces principes d'un coup, ce serait impossible à réaliser, mais le faire un peu chaque jour vous amènera sûrement sur les voies de la sagesse...


Il faut essayer de...

 

- respecter la racine de notre être : elle nous indique d'où on vient et d'où viennent les choses.

 

- rechercher la simplicité.

 

- accorder le yin et le yang, deux énergies contraires qui sont en nous et se succèdent. D'où l'importance d'alterner travail et vacances, extériorisation et intériorisation pour trouver l'harmonie.

 

- vivre en accord avec les cycles de la vie et les cycles des saisons.

 

- accepter les antagonismes. Même le bien a besoin du mal.

 

- accepter les changements et l'impermanence des choses. L'univers est en perpétuelle évolution. La nature aussi.

 

- casser les habitudes pour recommencer autrement, vivre autrement, s'adapter...

 

- méditer pour prendre de la distance avec nos émotions, nos idées préconçues, nos comportements négatifs...

 

- cultiver notre énergie vitale et apprendre à la régénérer.

 Le ch"i baigne l'univers mais aussi le plus petit individu sur terre.

 

- pratiquer le Yoga, le Qi Gong, le tai-chi-chuan, l’aïkido ou toutes autres "disciplines" visant à unifier tous les aspects de l'être humain, psychique, physique et spirituel. Chacune a une façon différente de vous amener vers l'harmonie intérieure : à vous de choisir la vôtre.

 

Les trois grands principes du Tao

 

1 - Le Tao est  plein de paradoxes.

Le but de ces paradoxes est de perturber la pensée d'aller à l'encontre de l’éducation reçue.

 

2 - Le Tao privilégie l'expérience.

Toute pensée doit être suivie d'une action. Chacun doit créer son chemin avec ses outils, partir de ce qu'il est et utiliser ce qu'il a à sa disposition.

 

3- Le Tao n'a ni Dieu, ni Maître.

Il ne connaît pas la hiérarchie. Il est inutile de convaincre l'autre, car chaque humain est responsable de son malheur ou de son bonheur, de sa santé, de sa spiritualité bref de son existence.

Toute infraction aux règles de la nature amène forcément des sanctions. Tous mes actes, tout ce que je dis, tout ce que je fais ont des conséquences non seulement pour moi-même mais pour l'univers tout entier...

 

 

Les trois pratiques du Tao

 

...à appliquer à soi-même dans la vie quotidienne sont : l'amour, la respiration et l'alimentation.

 

L'amour et le Tao

Pour le Tao, l'amour est très important car le faire augmenterait notre vitalité, notre jeunesse et notre santé, si on le fait "bien", c'est-à-dire comme le Tao le préconise.

De nombreux articles sur le net et de nombreux ouvrages, concernant ce thème important, vous donneront de plus amples détails tant sur les techniques préconisées par le Tao, les respirations et gestes appropriés que sur les bienfaits pour l'homme et la femme.

Mais ce n'est pas si simple... et très différent pour les hommes et les femmes ainsi que selon votre âge.

 

La respiration et le Tao

C'est un premier pas vers le Tao et la maîtrise de l'énergie vitale. La façon dont vous respirez est le reflet de votre état mental. A l'inverse la respiration peut influer sur vos émotions, votre santé et votre bien-être.

De nombreux exercices sont proposés : ils se pratiquent debout, couché, assis...

 

Par exemple pour débuter voici une respiration calmante :

Assis confortablement sur un coussin, le dos bien droit mais sans tension OU BIEN allongé sur le dos, sur un tapis moelleux, respirer d'abord lentement en prenant conscience de votre respiration sans la changer (vous êtes un simple témoin).

Puis au bout de quelques instants, inspirez normalement sans forcer et EXPIRER le plus LENTEMENT possible. Au moins dix fois...

Votre calme est revenu.

Pour prolonger l'expiration, vous pouvez ramener tout doucement votre menton vers la poitrine. Vous pouvez aussi fermer les yeux car cela aide à s'intérioriser...

Ce n'est qu'un exemple ! Il existe beaucoup d'autres respirations.

Celle-ci est très facile à mettre en pratique dans la journée ou le soir avant de s'endormir et peut être réalisée même par des jeunes enfants, comme un jeu.

 

 

L'alimentation et le Tao

"Que ton aliment soit ton premier médicament" disait Hippocrate...

En Occident nous nous sommes considérablement éloignés de ce précepte.

 

Les Chinois classent les aliments selon leur nature : Yin ou Yang, froid, frais, neutre, tiède ou chaud et selon leur saveur, acide, amer, doux, piquant ou salé associés aux cinq éléments (bois, feu, eau, air, métal). Il faut donc absorber chaque jour un peu de tout mais différemment selon les saisons.

 

Sans parler d'un régime particulier, il y a des priorités :

- Consommer à chaque repas plusieurs légumes et fruits frais qui sont de nature différente et apporteront différentes saveurs.

- manger des céréales variées (riz, blé, orge,...) pour l'énergie.

- ajouter très peu de protéines animales (poissons, viandes...).

- éviter les produits laitiers qui ne sont absolument pas indispensables à notre vie d'adulte.

 

Les Chinois préconisent de consommer beaucoup de soupes qui sont pour eux le repas complet par excellence.

A l'inverse de notre assiette occidentale où la viande est accompagnée de céréales ou légumes...Les légumes et céréales sont accompagnés (non obligatoirement), d'un peu de viande ou de fromages.

 

Rester dans le juste milieu comme le préconise le Tao : consommer vos aliments tièdes, ni trop chaud ni trop froid ce qui fatiguerait l'organisme car entraverait la digestion, ni trop cru, ni trop cuit...

 

"Le Tao est à l'univers

ce que les ruisseaux et les vallées sont au fleuve

et à la mer."

 

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 17:34
Le problème Spinoza / Irvin Yalom

Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2014 / Catégorie Littérature. Ceci n'a rien d'étonnant car l'auteur sait rendre accessible au public, la philosophie, la psychanalyse et l’Histoire.

 

Qui est Irvin Yalom ?

 

Né en 1931 aux États-Unis de parents russes et juifs, il passe son enfance à lire et à fréquenter des bibliothèques. Il s'engage dans des études de médecine et se spécialise très vite en psychiatrie. Il élabore sa théorie de la psychothérapie existentielle pour mieux comprendre la  lutte quotidienne nécessaire aux êtres humains entraînant des difficultés d’adaptation et de compréhension.

Professeur de psychiatrie à Stanford depuis 1994, il est à la fois psychiatre et animateur de thérapie de groupe.

Il a écrit une dizaine de livres dont des essais, des ouvrages spécialisés et des romans parmi lesquels :

"Quand Nietzsche a pleuré" (1991), adapté au cinéma en 2007 ; "Mensonges sur le divan" (1996)  ; "La méthode Schopenhauer" (2005)

Toutes ses oeuvres sont étudiées par les étudiants en psychologie du monde entier.

Lire l'interview qu'il a accordé à la revue "Psychologies" ICI.

L'idée de faire cohabiter dans un même roman Baruch Spinoza, le philosophe du 17ème siècle, et Alfred Rosenberg, l’idéologue du national-socialisme, est pour le moins originale.

L'auteur précise, à la fin de son livre, qu'il a été longtemps intrigué par Spinoza avant de se décider à écrire ce livre. C'est en visitant le musée Spinoza de Rijnsburg qu'il a eu une révélation...et en particulier en parcourant la bibliothèque. Dans ce musée, ex maison de Spinoza, il apprend que deux femmes juives s'étaient cachées dans le grenier pendant la Seconde Guerre mondiale.  Il apprend aussi que  Rosenberg s'était déplacé lui-même pour récupérer les oeuvres et surtout, les avait conservé au lieu de les détruire comme il l'a fait de milliers d'ouvrages écrits par des juifs...

Ces interrogations étaient suffisantes pour faire naître ce roman dans l'imaginaire d'Irvin Yalom...

Parce qu'il avait choisi de rester dans l'ombre, on sait peu de choses de la vie de Spinoza. La plupart des idées évoquées dans le roman proviennent donc de ses livres ou sont inventées.

Pour Rosenberg par contre, la plupart des faits évoqués,  à l'exception du personnage de Friedrich Pfister et des rapports fictifs de psychiatre à malade, sont réels.

 

Le livre

 

Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Au mois de février 1941, Rosenberg et ses troupes en charge du pillage, se rendent à Amsterdam : ils viennent confisquer la bibliothèque de Spinoza située dans sa maison de Rijnsburg.

Comment expliquer la fascination que ce philosophe juif excommunié par les siens a pu exercer sur le dangereux idéologue nazi ? Qui était Spinoza et pourquoi avait-il été excommunié par la communauté juive d'Amsterdam en 1656 ? Ses idées, mettaient-elles en péril les convictions antisémites de Rosenberg ? Les ont-elles au contraire accentué ?

 

Le lecteur va d'abord entrer dans la vie de la communauté juive d'Amsterdam et retrouve Baruch Spinoza en charge, avec Gabriel son frère, de l'épicerie de son père. Deux juifs récemment arrivés du Portugal veulent le rencontrer prétextant des questions à lui poser. Spinoza leur explique ses idées sur la religion, comment il voit Dieu et les pratiques religieuses. Il est en pleine recherche personnelle et est en train de construire les fondements de sa pensée philosophique. Il refuse d'obéir à la religion comme le lui demande le rabbin : lui ne cesse de s'interroger, d'analyser, et de trouver des incohérences aux croyances comme aux pratiques.

C'est un piège...Un herem sera prononcé contre lui, un herem définitif (ce qui est très rare) et Spinoza se retrouvera obligé de quitter les siens pour toujours...à cause de ses idées jugées subversives et sa rebellion.

En parallèle, le lecteur entre dans la vie du jeune Alfred Rosenberg au début du XX° siècle. Parce qu'il a tenu des propos raciste dans son école (déjà), le directeur l'oblige à lire Goethe et en particulier les passages où celui-ci parle de Spinoza (Goethe était passionné par Spinoza au point de garder un de ses écrits dans sa poche en permanence)... Rosenberg va devenir obsédé par ce philosophe tout en gravissant les marches du pouvoir auprès d'Adolf Hitler d'une manière rapide et banale dont il est devenu très proche tout en étant garant de l'idéologie nazie.

 

Toutes deux nous invitent à entrer dans l'histoire du judaïsme en Europe à trois siècles de distance...et dans la vie de deux personnages que tout oppose.

 

Petite biographie d'Alfred Rosenberg

 

Né en 1893 à Reval (aujourd'hui appelée Tallinn, capitale de l'Estonie), il entreprend des études d'architecte à Moscou puis fuit la révolution pour s'établir à Munich en 1918. Il va intégrer l'ordre de Thulé et se rallier aux doctrines raciales de Dietrich Eckart. C'est là qu'il va faire la connaissance d'Adolf Hitler. Il devient un fervent partisan du national-socialisme et en 1920, rédacteur du journal du parti. Il participe au putsch manqué de 1923, suite auquel Hitler est emprisonné, et le désigne chef du parti. Il devient de maître de l'idéologie du parti et diffuse ses idées dans " Les protocoles des Sages de Sion" puis en 1930 dans le "Mythe du vingtième siècle" où il développe ses théories raciales et antichrétiennes.

Après la prise de pouvoir en 1933, il est écarté de tous les postes ministériels par Hermann Göring en particulier. Ce qui est pour lui d'autant plus difficile qu'il a été un des premiers auprès d'Hitler qui aurait repris à son compte beaucoup de ses idées, y compris dans "Mein Kampf".

Il aura beaucoup d'autres déconvenues et finira par être nommé Conseiller spécial des territoires occupés de l'Est, puis Ministre du Reich pour les mêmes territoires. Il est alors chargé de réorganisé la carte de l'Europe selon les critères raciaux en vigueur.

Ce qui importe pour le roman c'est que c'est lui qui sera responsable de la confiscation des oeuvres d'arts, des meubles, des objets et des bibliothèques volés aux juifs déportés, non seulement en Allemagne mais aussi en France et dans tous les pays de l'Ouest.

Au procès de Nuremberg (1 octobre 1946), il sera condamné à mort pour complot, crimes contre la paix, crimes contre l'humanité et crimes de guerre et pendu le 16 octobre 1946.

 

Petite biographie de Baruch (Bento / Benedictus) Spinoza (1632-1677).

Il a vécu son enfance à Amsterdam. Son nom veut dire "béni" en hébreu. Il est issu d'une famille juive en provenance du Portugal qui a fui comme des milliers de portugais l'Inquisition. Ces juifs "marranes" ont tous été obligés de se convertir au catholicisme mais continuaient à pratiquer le judaïsme en secret : ils étaient victimes de l'Inquisition et se sont enfuis du Portugal (et de l'Espagne) pour  se réfugier dans les villes du nord-ouest de l'Europe où les échanges commerciaux avec le Portugal étaient actifs mais aussi en France vers les villes portuaires (Bordeaux, Bayonne) et en Italie.

Mais revenons à Baruch...Elevé dans la communauté juive d'Amsterdam, il s'intègre facilement et parle le néerlandais tout en continuant à parler l'hébreu en famille. Il fréquente l'école juive, étudit la Torah et la philosophie juive. Son père espère qu'il devriendra rabbin. En 1654, à la mort de son père il reprend l'entreprise familiale avec son frère Gabriel.

En 1656 il est frappé par un herem (= excommunication) qui le maudit et le renie pour toujours (ce qui est rare). La légende dit qu'il a été poignardé...(l'événement est raconté dans le roman) et aurait gardé le manteau pour se rappeler que la passion religieuse mène à la folie.

Aucun document ne fait état de la pensée de Spinoza au moment où est prononcé le herem. On sait seulement qu'à l'époque il fréquentait l'école de Franciscus van den Enden (ouverte en 1652) où il apprenait le latin, langue qu'il utilisera dans ses écrits futurs. Il y découvre aussi l'histoire de l'Antiquité et des penseurs du XV° et XVI° siècle. Il côtoie dans cette école des hétérodoxes de toutes confessions. Il semble heureux malgré la solitude et l'éloignement de sa famille et de ses amis, de s'affranchir d'une communauté juive avec laquelle il ne partage plus ses idées.

Pour gagner sa vie il taille des lentilles optiques pour les lunettes et microscopes et deviendra expert en la matière mais est-ce la poussière de verre ou ses antécédents de tuberculose, il contactera une congestion pulmonaire et n'en guérira jamais.

Il déménage et s'installe à Rijnsburg, puis Voordburg où il commence à enseigner les pensées et la philosophie de Descartes, tout en écrivant les siennes. C'est à cette période qu'on commence à l'accuser d'être athée.

En 1675, Spinoza tente de publier l'Éthique - reculant devant les risques encourus - et commence à rédiger le Traité politique.

Ces ouvrages provoquent de violentes polémiques. Il arrête d'écrire certains qui resteront inachevés pour se mobiliser sur d'autres. Certains seront interdits, d'autres ne seront traduits et publiés qu'après sa mort par son groupe d'amis. Parmi eux, en particulier, le médecin Ludovic Meyer, publient ses œuvres posthumes : l'Éthique, la plus importante, et trois traités inachevés (Traité de la réforme de l'entendement, le Traité politique et l’Abrégé de grammaire hébraïque (la)).

Spinoza a eu une influence considérable sur ses contemporains et les philosophes qui lui ont succédé.

Je ne ferai pas ici un cours de philosophie autour de ses pensées. Spinoza est considéré comme un disciple de Descartes. Le but de la vie selon lui n'est pas d'être malheureux comme nous y invite la plupart des religions mais d'être heureux. Pour cela il faut chercher à accroître notre propre puissance, c'est à dire chercher ce qui nous est vraiment utile. Ce n'est pas une pensée (et une éthique) égoiste mais une éthique de la raison...Le sage vivra en société, fera le bien autour de lui pas du tout en opposition avec les autres car "L'homme est un Dieu pour l'homme". Pour lui Dieu est nature. Il développe ses idées dans son principal ouvrage "L'éthique" qui développe ses idées comme un manuel de géométrie à partir de définitions, axiomes et postulats, il s’ensuit une série ordonnée de théorèmes, démonstrations et corollaires.

 

 

on voit que durant sa vie, il a pris ses distances avec la pratique religieuse mais pas avec la reflexion théologique...

Après sa mort, le spinozisme a été condamné en tant que doctrine athée.

 

 

Quelques pensées de Spinoza (à méditer)

"On ne désire pas les choses parce qu'elles sont belles, mais c'est parce qu'on les désire qu'elles sont belles".

 

"Comprendre est le commencement d'approuver".

 

"La renommée a aussi ce grand recul, que si nous la poursuivons, nous devons gouverner notre vie de façon à plaire à la fantaisie des hommes, évitant ce qu'ils désapprouvent et cherchant ce qui leur plaît".

 

"De cette nature de l’homme et de l’inconstance de son jugement, de ce que l’homme juge souvent des choses d’après son seul sentiment, et que les choses qu’il croit faire pour éprouver de la joie ou de la tristesse [...] il s’efforce de les faire se produire ou de les écarter [...] à partir de toutes ces raisons, nous concevons facilement que l’homme peut souvent être l’auteur tant de sa tristesse que de sa joie..."

 

"....les hommes se croient libres pour cette seule cause qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des cause par où ils sont déterminés... "

 

Ce que j'en pense

 

Ce livre se lit sans difficulté, mais en prenant tout son temps, car le lecteur redécouvre l'histoire de la Seconde guerre mondiale et l'importance de Rosenberg aux côtés d'Hitler.

Il prendra aussi le temps de (re)découvrir Spinoza, ce philosophe que la plupart d'entre nous ne connaisse pas car nous n'en avons entendu parler qu'au lycée en étudiant la philosophie pour une seule petite année de terminale, à un âge où on est certes ouverts aux idées nouvelles, mais trop immatures pour les comprendre et les approfondir.

Ce n'est pas une surprise pour le lecteur de voir l'intervention de la psychanalyse dans le roman (l'auteur est psychiatre !). D'une certaine façon il met sur le divan les deux protagonistes pour leur faire dire ce qu'ils cachent dans leur inconscient. Pour Rosenberg ce sera sa rencontre avec le personnage fictif de Friedrich qui lui permettra de se dévoiler et le lecteur découvrira un homme introverti, solitaire, incapable d'aimer et obsédé par sa haine des juifs...

Pour Spinoza c'est sa rencontre avec le libre penseur Van den Enden qui lui fera connaître les grands penseurs de l'Antiquité au XVI° siècle, qui lui permettra de formuler et ordonner ses pensées et de canaliser sa rebellion par l'étude et l'écriture.


Mais le problème Spinoza est bien là...A vous d'en juger ! Spinoza a-t-il ou non apporté par ses idées de l'eau au moulin des idées antisémiques du national-socialisme ?

 

 

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 17:36
La cuisinière provençale /  La Cousiniéro Provençalo... ma bible en cuisine

Quand mon fils aîné était petit et qu'il touchait mon livre ouvert sur la table de la cuisine pendant que je lui préparais des navettes, ou autres petits biscuits,  je lui disais  :

"Non ne touche pas  ! Ce livre là tu vois il ne faut pas l'abîmer, c'est ma bible et ce sera ton héritage !"

Je ne savais pas alors que quelques années après, on présenterait ce livre de cuisine comme la bible en matière de cuisine provençale, ni non plus que mon fils devenu adulte adorerait cuisiner !!

 

J'avais acheté le Reboul, comme nous l'appelions alors, chez Maupetit, alors que j'étais jeune étudiante à Marseille et tout juste installée à la Belle de mai, parce que j'étais à la recherche de mes racines provençales et que, désirant les conserver, je voulais retrouver ces recettes qui avaient bercées mon enfance.

 

Il est et restera mon premier livre de cuisine, pas l'unique mais celui que je consulte le plus souvent et que je ressors chaque année à des moments clés comme le temps des olives, des tians, des conserves...

 

Ses pages cornées, les tâches de vieillesse qui sont apparues sur le papier, et les quelques annotations que je me suis permise d'y inscrire dans la marge, plus quelques traits au crayon faits par les enfants qui voulaient faire comme maman, attestent du temps que nous avons passé ensemble dans la cuisine.

J'y ai transcrit les 13 desserts de Noël en provençal et bien d'autres choses...

La cuisinière provençale /  La Cousiniéro Provençalo... ma bible en cuisine

 

Ce livre toujours disponible à la vente en est à sa 28e édition. Mais la belle arlésienne qui me faisait rêver enfant est toujours dessinée sur la couverture jaune.

 

 

Édité par Tacussel à Marseille dès la fin du XIXe siècle (1ère édition en 1897), puis réédité depuis sans interruption, il a connu un succès sans précédent.

 

Toutes les familles provençales en possèdent un exemplaire !

 

C'est à la fois un livre de cuisine et le témoignage d'une culture qui est celle d'une région : la Provence.

C'est d'ailleurs le plus complet et le plus riche sur le sujet. Il contient plus de 1200 recettes, des idées de menus, la liste des principaux poissons particuliers aux rivages de Provence avec leur nom provençal et leur utilisation culinaire, la liste des coquillages, un guide pour choisir les viandes et les poissons. Il contient aussi un lexique expliquant les termes culinaires techniques.

 

Il n'y a dans le mien aucun dessin, seules les explications et l'imagination priment.

Chaque recette est en effet décrite jusqu'au bout comme un événement particulier, un récit que l'on ferait à sa fille ou à une amie, et il est conseillé de la lire jusqu'au bout pour déjà la déguster par la pensée avant de la déguster pour de vrai et imaginer étape par étape ce qui sera...

 

Bien sûr il y a des recettes que je ne connais pas et qui n'ont jamais été confectionnées dans ma famille, trop modeste, comme les médaillons de langouste (par exemple) ; mais d'autres me ramènent des années en arrière dans la cuisine de ma grand-mère à Fontvieille ou, dans celle de ma mère, et il me prend une envie de manger des pieds paquets à la marseillaise longuement mijotés sur le fourneau pendant des heures, ou des Favouilles au riz (encore faut-il en trouver, je parle des favouilles pas du riz !!), des alouettes sans tête ou bien tout simplement des petits farcis...HUMM !!

 

En ce temps-là, le temps passé en cuisine n'était pas compté. Même si aujourd'hui certaines de ces recettes peuvent paraître fastidieuse à réaliser, elles peuvent être adaptées, voire simplifiées aisément. Le plaisir, les saveurs et les senteurs seront là, pour moi les souvenirs  aussi !

 

Mais ce n'est pas seulement un livre de cuisine. Il atteste d'un certain savoir-faire culinaire. Il est étayé de remarques et de conseils judicieux qui sortent du simple cadre de la recette. C'est toute une culture, un patrimoine qu'il ne faut pas perdre.

Par exemple, si vous avez l'occasion de le feuilleter, le premier chapitre, celui des potages, nous met dès le départ dans l'ambiance avec sa "Théorie du Pot-au-feu" !

 

Voici le menu proposé pour un déjeuner de dimanche du mois de juin :

Jambon aux épinards

Dindonneau rôti

Salade

Tarte aux abricots

La cuisinière provençale /  La Cousiniéro Provençalo... ma bible en cuisine

Qui était Jean-Baptiste REBOUL, l'auteur ?

 

Né dans le Var en 1862, il termina sa vie à Marseille en 1926.

Il apprend son métier de cuisinier d'abord à Marseille puis dans des hôtels de luxe et voyagera jusqu'au bord du Lac Léman, en Suisse à Montreux. C'est en Suisse qu'il se marie d'ailleurs.

 

Mais lorsqu'il revient dans le sud de la France d'abord en vacances puis à Marseille, vers 1884, il rassemble les recettes provençales, puis édite son livre sur la cuisine de la région. Vers 1900, il devient cuisinier d'une grande famille bourgeoise, ce qui explique que ses recettes soient celles de tous les jours, celles des jours de fête mais aussi celles des maisons riches.

 

Beaucoup de recettes contenues dans son livre dépassent le cadre même de la Provence et font partie des recettes traditionnelles françaises.

 

La "petite histoire" racontée partout...

Lorsqu'en 1910, il envoie un exemplaire de son livre à Frédéric Mistral, celui-ci lui demande de rajouter à côté des intitulés de recettes, le nom en provençal. C'est depuis chose faite, mais pas pour toutes les recettes.

 

Et c'est vrai que j'aime mieux manger des panisso, des supion fregi, ou des trancho de merlus i poumo d'amour ou encore, des paquetoun de biou ou préparer des cacho-dènt, un caramèu, ou des oulivo escachado !

 

Vous avez envie de soleil, la Provence n'est pas loin, offrez-vous ce livre ou offrez-le à vos amis, vous verrez, vous ne serez pas déçus et vous serez même surpris car ce livre de cuisine est un véritable trésor et aussi un outil indispensable qui n'est pas pour le simple touriste mais pour celui qui veut perpétuer les traditions et les transmettre parce qu'elles font partie de notre patrimoine.

 

Dès la première page, vous serez transportés en pleine garrigue, au milieu du thym en fleur et du romarin, ou bien peut-être, sur le vieux port au milieu des pêcheurs débarquant leurs poissons sur le quai (tant qu'il en reste encore autant en profiter...).

 

 

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:57

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Sandro, un enseignant de philosophie de l’Université, part dans un petit village d’indiens perdu au cœur de la forêt amazonienne pour venger sa femme que les indiens ont tué un an auparavant. Il n’arrive pas à faire son deuil et espère ainsi retrouver le goût de vivre qu’il a perdu. Il ne peut supporter de savoir ce peuple heureux alors que lui souffre tous les jours sans sa femme.

Ces indiens vivent en harmonie parfaite avec la nature. C’est le peuple le plus heureux de la terre !

Accompagné dans ce voyage par quatre mercenaires, Sandro va tout faire pour rendre malheureux ce peuple pacifique et serein.  Comme il échoue au départ dans cette mission, il élabore un plan machiavélique consistant à manipuler les indiens. C’est Krakus qui va se charger de tout, prenant un vrai plaisir à sa tâche.  Il va d’abord  couper les indiens de leur vie quotidienne en les abreuvant d’informations pour les empêcher de réfléchir, puis les obliger à se comparer entre eux, leur faire désirer un corps différent ce qui les rendra malheureux et envieux,  tout en les gavant de sucreries qui leur feront prendre des formes, les couper des autres et d’eux-mêmes, les rendre individualistes, obliger les enfants à tellement travailler après l’école qu’ils n’auront plus le temps de découvrir la vie par eux-mêmes.  Et enfin, les gaver d’objets qui ne les rendront pas plus heureux mais qu’ils voudront avoir à tous prix ! Bref tout ce qui fait souffrir notre société est là : agressivité, peur de manquer, peur de l’autre, individualisme, compétition, envie…

Pour Elianta, la jeune chamane du village c’est incompréhensible. Elle ne reconnait plus son peuple, elle ne comprend plus ses réactions. Les indiens ne pourront  bientôt plus se passer des différents objets et lorsque que Krakus décidera de les supprimer, ce sera l’émeute puis le meurtre !

Mais Sandro va découvrir la tragique vérité. Ce ne sont pas les indiens qui ont tué sa femme…Le lecteur l’avait deviné depuis le début et aurait pu le lui souffler !!

Critique :

L’auteur se sert de ce roman pseudo-philosophique pour dénoncer les méfaits de notre société de consommation, de l’individualisme ambiant et de l’incapacité des hommes à être heureux. Il insiste même lourdement. C’est simpliste et déjà vu !

La lecture de ce roman ne m’a rien apporté du tout, ni fait vibrer en aucune façon. Je préfère regarder un bon film sur les indiens ou lire les récits édités chez Plon dans la collection Terre humaine, certes moins romancés mais tellement plus instructifs. Cela me suffit pour me rappeler à l’ordre et me détacher de la vie matérielle !

Bref, vous aurez compris, je ne suis pas arrivée à adhérer à ce best-seller mondial !

Je trouve qu’il n’est pas si bien écrit que ça. En plus, je n’ai pas eu de plaisir à le lire, mais j’ai attendu néanmoins l’étincelle qui n’est pas venue car par respect pour les auteurs,  j’essaie toujours de terminer un livre que j’ai commencé.

Je n’ai même pas non plus envie de le faire lire à des ados. Car  les ados ont droit à plus de respect :  l’histoire est cousue de fil blanc ! Dès le départ le lecteur comprend que la femme de Sandro n’a pas pu être tuée par les indiens si pacifiques… et les messages que ce roman est censé transmettre sont déjà largement débattus par les ados eux-mêmes. Ils savent qu’ils sont accros aux marques, à internet, à la télé, pas si bêtes les mômes qu'est-ce que vous croyez !

Je ne porterai aucun jugement sur les adultes qui ne se sont pas encore posés toutes ces questions existentielles de base. S’ils ont besoin de Laurent Gounelle (qui dit d'alleurs avoir pour mission d'être un passeur) pour le découvrir…pourquoi pas ! Mais je les plains de tout mon cœur... que leur vie doit être triste et vide.

Le + (il paraît que j'en trouve toujours) :

Certains passages qui décrivent la nature dégagent une poésie certaine,  et le personnage d’Elianta est  le seul à être un tant soit peu attachant.  Mais elle aurait pu nous donner tellement plus c'est regrettable...

 

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