Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 05:20
Le Tripode, 2016

Le Tripode, 2016

Connaît-Tout ne cessait d'argumenter à perte de vue, il ne manquait pas de prétextes pour se servir de sa loquacité, il parcourait toutes les histoires du monde, réelles et fictives, pour chercher à convaincre son interlocuteur...

Quand vous aimez quelqu'un il faut aimer aussi ce qu'il vous laissera comme souvenir ou fruit de cet amour, que ce fruit soit bon ou mauvais, sucré ou amer, vinaigré ou salé

Anguille est une toute jeune femme. Pour une raison que le lecteur ne connaîtra qu'à la fin, elle est en train de se noyer...et ses forces peu à peu l'abandonnent. 

Tout en étant emportée par les vagues, dans un sursaut d'énergie inexplicable, elle se remémore sa vie à Mjihari, dans le quartier le plus ancien de Mutsamudu, un quartier plein de vie en bord de mer, avec ses pirogues alignées comme le seraient des voitures dans un parking. 

Sa mère est morte en la mettant au monde, elle mais aussi Crotale, sa sœur jumelle. Elles ont été élevées par leur tante, Tranquille, la sœur de leur mère qui n'a jamais pu avoir d'enfants.  Leur père les a repris avec lui quand elles ont eu cinq ans. 

Simple pêcheur, très respecté au village et surnommé, Connaît-Tout, le père lit les journaux et se considère comme le plus informé et le plus savant de leur petite communauté. Malgré cela, il est très à cheval sur les traditions. 

 

Un jour Anguille tombe amoureuse d'un jeune pêcheur, Vorace, au corps musclé et attirant. Est-ce réciproque ? Dans ce pays où la plupart des gens répondent aux questions par des questions_ ce qui paraît invraisemblable chez nous_ elle va mettre peu de temps à le savoir, mais ce sera bien trop tard pour elle car entre-temps, elle n'a pas pu résister à ses baisers... 

 

Une histoire banale me direz-vous ? Une jeune fille déçue et qui décide de tout quitter, on a déjà vu ça bien entendu mais c'est oublier que toute l'originalité de ce roman est de se passer aux Comores, un pays très peu représenté dans la littérature d'aujourd'hui.

L'auteur Ali Zamir nous offre ici un premier roman qui lors de sa sortie en 2016, a été très remarqué par les critiques. 

Il nous fait entrer dans la vie de cette famille particulière et de cette jeune femme pas du tout sage, dans ses révoltes, ses attentes, ses pensées, mais aussi dans l'histoire des Comores et l'histoire des Comoriens qui ont été nombreux à émigrer vers Mayotte, toute proche et pourvoyeuse de rêves mais nombreux aussi à se noyer dans les eaux profondes, leur bateau faisant naufrage. 

 

Quand j'ai commencé sa lecture, une fois passées les premières pages où il faut s'accrocher, j'ai eu envie de savoir pourquoi Anguille en était arrivée là. Le récit est rythmé, l'histoire est racontée dans l'urgence, n'oublions pas que la jeune fille se noie et qu'elle n'a que peu de temps pour tout nous dire.

Le roman est bâti de manière originale au niveau de sa ponctuation. C'est en fait une longue phrase, unique dans laquelle il n'y a pas de point, uniquement des virgules.  Cette construction permet tout de même le découpage en chapitres. La langue est très recherchée, imagée, parfois crue mais il y a de l'humour.  

Malgré cette envie d'en savoir plus, j'ai trouvé que les trop nombreuses digressions (typiques de la culture de tradition africaine) m'ont empêché d'éprouver un total plaisir à sa lecture.

J'ai donc encore une fois un avis mitigé sur ce livre, pourtant à découvrir...

Partager cet article

Repost0
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 05:23

Quand j'étais enfant, il y a eu, dans mon autre pays, une révolution. Un moment de grâce, j'ai cru que le temps des dictateurs était terminé et que commençait le règne des poètes.
Plus tard_ mais quand ?_ je me suis rendu compte que je m'étais trompée. C'est cela la définition d'un éblouissement : l'altération du jugement par un éclat, une luminosité insupportable.

Flammarion, 2019

Flammarion, 2019

C'est par hasard que j'ai emprunté ce roman à la médiathèque de mon village avant le confinement, car je n'en avais pas encore entendu parler. J'ai réalisé en rentrant à la maison que j'avais déjà lu et présenté sur le blog, le premier roman de cet auteur d'expression française d'origine roumaine. Il s'agit de "La malédiction du bandit moustachu", un roman qui avait obtenu plusieurs prix. 

Les images vraies, et non pas télévisées, que je garde de la révolution sont très peu nombreuses : seulement deux.
La première est celle de mon père qui agite au milieu du salon un petit drapeau_format A4_ aux couleurs roumaines, rouge, jaune, bleu en papier, avec un trou au milieu du jaune, un trou parfaitement rond...
La deuxième image est celle du ciel que je voyais depuis la chambre de mes parents (...) j'observai pendant plusieurs heures, car c'était beau, la pluie d'étoiles filantes_ les balles traçantes rouges et bleues qui dessinaient des arcs lumineux sur toute la largeur de la fenêtre.

Carmen, la narratrice, devenue avocate en France, apprend par le journal la mort du Grand Poète, qu'elle connaissait personnellement et qui était originaire de la Roumanie, son pays d'origine à elle-aussi. Elle est d'autant plus affectée par sa disparition que personne bien entendu, ne l'a prévenue alors qu'elle se considérait comme une amie et qu'il était son mentor...le lecteur en apprendra davantage au fil du récit. 

 

Elle est en train de traverser un rond-point mais est stoppée non seulement par cette nouvelle, mais aussi parce qu'elle se retrouve au milieu d'une manifestation, dans une France déchirée, celle des gilets jaunes. Elle a soudain un "éblouissement" car cet instant lui rappelle l'année 1989, alors qu'elle n'avait que dix ans et que son pays vivait lui-aussi une révolution, conduite justement par ce poète dissident, longtemps assigné à résidence par le Parti. 

 

Carmen nous raconte sa petite enfance  quand sa mère au lieu de l'appeler Carmen, la surnommait "petite xénope" ce qui signifie "petite grenouille"...

 

A cette époque, la petite fille écrit des poèmes à l'éloge de sa maîtresse ou du Parti. Ses poèmes sont appris par la classe entière et Carmen en retire une très grande fierté. Les parents ne peuvent rien dire car ils savent bien que toute parole entraînerait des conséquences immédiates et irréversibles pour leur petite fille, cadette de la fratrie, si poète et rêveuse. Ils veulent la protéger le plus possible.

Mais Carmen sait profiter de ces instants de gloire car la maîtresse ne l'aime pas ! Les parents de Carmen ne lui ont jamais offert de cadeaux, comme ils se devaient de le faire, si on voulait que les enfants aient de bonnes notes. 

 

Carmen est surtout heureuse avec ses grands-parents paternels qui l'emmènent pour le week-end ou les vacances, hors de la ville au milieu des animaux. Là elle s'attache particulièrement à un petit cochon... 

Par contre, Carmen a très peur de Dani, sa grand-mère maternelle qui a été internée plusieurs fois, a fait des tentatives de suicides et qui est à vrai dire un peu folle. A sa sortie de l'hôpital psychiatrique, elle a vécu pourtant plusieurs années chez elle, à son domicile, simplement surveillée par une jeune étudiante. 

 

Ema, la mère passe son temps à enregistrer des K7 audio qu'elle envoie de temps en temps à Marga, sa meilleure amie passée à l'Ouest (en Amérique). La plupart du temps elle ne peut pas les envoyer car elle sait qu'elles ne passeront pas la censure.  Elle y raconte sa vie quotidienne mais aussi le harcèlement dont les femmes sont victimes dans le cadre de leur travail. 

Le père travaille dans une usine de savons et, de temps en temps, il en échange quelques-uns pour avoir des petits pains...car la nourriture est rationnée. 

 

Quand on est enfant, nous dit-elle, on voit les événements de la vie d'une autre façon. On a une distance naturelle par rapport aux choses graves. Mais à dix ans, on est ni enfant, ni adulte et on comprend beaucoup de choses sans pouvoir y mettre des mots. 

Ainsi en est-il des événements qui frappent le pays, du rationnement qui affame la population, les gens attendant pendant des heures l'arrivée d'un camion quand "ils introduisent des tomates, ou de la viande".

Le regard sur la folie de la grand-mère nous interroge. Dani est en effet surveillée depuis toujours par les autorités pour une raison qui nous restera inconnue. Les interrogatoires des médecins qui la suivent sont totalement effrayants. 

 

La petite fille n'a pas peur non plus des ours des Carpathes qui sortent de leur tanière pour parcourir les forêts parce qu'affamés, ils ne peuvent rester longtemps en hibernation. Sa vie d'enfant est traversée par toutes sortes d'animaux, du cochon dont je vous ai déjà parlé, au hérisson qui parle, aux cigognes qui meurent de froid durant ce rude hiver, animaux qui donneront envie à Carmen, devenu adulte  et avocate de se battre pour leurs droits. 

 

Ainsi à travers le regard teinté de naïveté et de légèreté de la narratrice, Irina Teodorescu dresse le portrait de trois femmes, bousculées par l'histoire, du mois de mars à décembre 1989 et au début de l'année 90. 

Le récit s'appuie sur des événements réels qui se sont bien passés à Bucarest. Il alterne entre le récit de la narratrice enfant, "l'écoute" des K7 enregistrées par Ema, les interrogatoires de Dani et, le ressenti de la narratrice aujourd'hui.

 

Le lecteur a parfois un peu de mal à suivre, mais au fond nos souvenirs personnels sont un peu ainsi constitués de bribes, d'extraits que nous avons nous-aussi parfois du mal à remettre dans un ordre chronologique !

 

Avec sa plume particulière, directe mais non dénuée d'humour et de poésie, l'auteur sait nous parler à travers ses mots, des privations de liberté vécues durant son enfance en Roumanie, sous le règne de Ceausescu, et nous fait revivre cet "espoir de liberté" consécutif à la révolution. 

 

Le titre évoque l'entre-deux qui marque la vie de la narratrice mais aussi celle de l'auteur. Il évoque les mots que lui disaient son mentor..."Repoétise-toi" car le poète et sans doute aussi les animaux, c'est ce qu'elle veut nous dire, savent prolonger l'éblouissement de l'enfance et rêver d'un monde meilleur. Comment faire alors quand on est ni poète, ni animal pour garder espoir ?

Ils doivent donc s'unir, nous dit-elle, le "camp des artistes" et le "camp des sauvages" contre le manque d'imagination et réinventer une vie nouvelle !

Chez nous il n'y a pas de mur. C'est un problème majeur. Quand il y a un mur, tu sais exactement comment t'y prendre, si t'as une pioche, un marteau, des clous, une perceuse, si t'as du courage c'est simple : tu casses. Bien sûr, un mur en béton n'est pas un château de confettis, il ne tombe pas si tu souffles dessus, il faut y aller de toute sa force. Mais chez nous, il faudrait casser quoi ?

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 06:18
P.O.L. 2019

P.O.L. 2019

J'aime penser que Vicente et Rosita vivent en moi, et qu'ils vivront toujours dans le souvenir de mes enfants qui ne les ont jamais connus...

Il avait commencé à penser, sans forcément le dire à ses amis, que de toute façon ça ne servait à rien de savoir, d'être informé : était-il possible de faire quelque chose à douze mille kilomètres de distance ?

Comme tous les juifs, Vicente avait pensé qu'il était beaucoup de choses jusqu'à ce que les nazis lui démontrent que ce qui le définissait était une seule chose : être juif.

Depuis 1928, année où Vicente Rosenberg a quitté sa Pologne natale pour émigrer en Argentine, il a fondé une famille, a eu trois enfants et travaille dans un magasin de meubles florissant que son beau-père lui a légué pour les aider.

Rosita, sa femme, ne sait pas grand chose de son passé et il n'a jamais voulu le lui raconter. Elle lui a demandé maintes fois de partir chercher sa mère, vieillissante, restée avec ses deux autres enfants en Pologne. Mais au fond, Vicente n'a jamais réellement voulu qu'elle vienne vivre avec eux, il n'a pas cherché à la persuader de venir s'installer elle-aussi en Argentine. Il était trop content d'avoir réussi à prendre son indépendance. 

Il sait pourtant être gentil avec elle, lui écrit de temps en temps et lui envoie des photos des enfants, mais il ne répond pas pour autant à chacune de ses lettres.  Finalement sa vie lui convient comme elle est...

 

L'année 1940 arrive...

Avec des amis juifs, exilés comme lui, Vicente se demande comment interpréter les quelques rares nouvelles qui leur parviennent de l'Europe et en particulier de leur pays la Pologne, souvent d'ailleurs plusieurs mois après.

Là-bas, la situation est catastrophique et va en s’aggravant : les nazis  s'emparent des biens des juifs puis après les avoir pillés, les confinent dans le ghetto de Varsovie, où plus de cent mille personnes ne tarderont pas à mourir de froid, de faim ou de maladie, et où les survivants encore plus nombreux encore, sont condamnés à être fusillés ou déportés...Mais ça Vicente et ses amis ne le savent pas encore. 

 

Vicente se fait de plus en plus de souci pour sa famille d'autant plus qu'il ne reçoit que rarement à présent, des nouvelles de sa mère. La dernière lettre est particulièrement alarmante et il ne la fera d'ailleurs jamais lire à personne : Vicente comprend en la lisant que sa mère est en train de mourir et qu'il ne peut plus rien faire à présent pour elle... 

Alors, au lieu d'en parler il choisit de se taire, il se replie sur lui-même et sombre dans la dépression, s'éloignant de ses amis et de sa famille, passant la nuit à jouer au poker et à perdre le plus souvent les recettes de son travail de la journée au magasin.

Mais il ne peut à présent se livrer à sa femme,  lui raconter tout son passé et pourquoi il a eu tellement honte, enfant puis plus grand, des moqueries de ses camarades, parce qu'il était juif... Il ne peut lui expliquer pourquoi il a fui son pays et sa famille, il aurait fallu qu'il lui en parle bien avant, et non pas aujourd'hui que tous les mots ne servent plus à rien, alors il préfère se taire...

 

Se taire. Oui, se taire. Ne plus savoir ce que parler veut dire. Ce que dire veut dire. Ce qu'un mot désigne, ce qu'un nom nomme. Oublier que les mots, parfois, forment des phrases...

...s'il est une image que Vicente aurait voulu cessé d'imaginer à partir du moment où il avait lu les premières descriptions des camps, c'est celle de sa mère nue, éreintée, exténuée, alors qu'elle entrait dans ces douches qui n'étaient pas des douches.

Le narrateur (=l'auteur) est le petit-fils de Vicente et de Rosita. Il cherche à comprendre le pourquoi de ce silence familial qui est devenu le sien...et qui l'étouffe depuis sa naissance.

Il nous raconte par petites touches, les événements qui ont traumatisé sa famille. Le sujet n'est pas nouveau et il y a eu beaucoup de romans écrits sur le ghetto de Varsovie et la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que sur la montée du nazisme, les Camps de concentration et leur ignoble dessein... 

Cette fois-ci, l'originalité de ce livre si je puis dire, à la fois témoignage et page d'histoire, c'est que le héros principal se trouve à des milliers de kilomètres de l'Europe puisqu'il vit en Amérique du Sud. 

 

Lorsque Vicente apprendra à la fin de la guerre que sa mère est morte dans le camp de Treblinka II, il ne s'en remettra pas et toute la famille portera ce terrible deuil depuis ce temps-là. 

 

J'ai été touchée par cette histoire douloureuse. Les références historiques sont nombreuses et le lecteur suit la mise en place du régime nazi en parallèle de la vie quotidienne plutôt tranquille au départ, de Vicente et de sa famille à Buenos Aires, puis  nous assistons impuissant à sa lente plongée dans la dépression, entrecoupée de moments de colère et d'une culpabilité qui ne le quittera plus jamais.

 

Les non-dits sont terribles et le silence alors parle plus fort que les mots. Il décrit de manière encore plus bouleversante la souffrance indicible qui envahit ainsi Vicente au fur et à mesure qu'il s'enferme dans ce "ghetto intérieur", cette  culpabilité destructive du survivant... 

 

J'ai eu par moment envie de secouer Vicente qui aurait peut-être au début de la guerre eu encore le temps d'aller chercher sa famille et de les aider à venir vivre avec lui. Car non seulement il y a sa mère mais, sa sœur et aussi son frère et sa propre famille. Il ne fait rien et ensuite, nous savons bien avant lui que c'est déjà trop tard. Qu'il n'a plus le temps... Il faut dire aussi que Vicente se pose beaucoup de questions sur son identité juive, mais n'obtient pas beaucoup de réponses, ce qui brouille aussi son ressenti et sa vision des événements. 

 

L'auteur a une belle plume, sensible, pudique et émouvante. Il ne nous épargne aucun détails que ce soit sur la guerre, le ghetto, la déportation et la prise de conscience à distance de l'horreur des exterminations, ou qu'il s'agisse de la dépression de son grand-père et de ses conséquences sur sa grand-mère et les enfants...donc par retombée, sur lui et sa fratrie. 

 

Vous l'aurez compris le sujet principal de ce roman-témoignage est bien cette autre forme de violence vécue pendant les guerres, cette culpabilité qui envahit les survivants, pour ne plus jamais leur permettre d'oublier que eux sont en vie, alors que leur place aurait dû être auprès de ceux qui ne sont plus...

Un roman-témoignage nécessaire, à lire forcément quand vous en aurez envie. 

Il avait été un homme comme tant d'autres hommes, et soudain, sans que rien n'arrive là où il se trouvait, sans que rien ne change dans sa vie de tous les jours, tout avait changé. Il était devenu un fugitif, un traître. Un lâche. Il était devenu celui qui n'était pas là où il aurait dû être, celui qui avait fui, celui qui vivait alors que les siens mouraient...

Je vous invite à aller lire la présentation de ce livre proposé par Alex sur son blog. C'est elle qui m'a donné envie de le découvrir et par chance il était juste devant moi sur le présentoir de la médiathèque et venait à peine d'être couvert et équipé pour le prêt ! Il m'attendait donc...

Et n'hésitez pas à découvrir la biographie de l'auteur ci-dessous, sur le site de l'éditeur...

Partager cet article

Repost0
26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 05:17
Gallimard, 2018

Gallimard, 2018

C'était un dimanche et on en était au tout début de notre mariage.
C'était la première fois que je voyais quelque chose d'aussi grand et dégagé.Même les champs, ce n'était pas comme ça...
Là c'était gigantesque, et en voyant la ligne où le ciel et la mer se touchent, j'ai pensé sur le coup que c'était par là-bas qu'on montait au ciel pour aller au paradis.

Les bin-ou-bin, on les appelle comme ça avec les filles, ce sont ces mecs qui ne savent pas quelle direction prendre dans la vie. Il y en a plein dans le quartier. Ce sont ces pères de famille respectables qui vont au travail tous les matins. Ils ont une maison, une voiture, des enfants, mais ils n'ont pas de vie. Ce ne sont pas des barbus, mais en même temps, ils ne font pas d'écarts : pas d'alcool, pas de femmes, rien.
S'ils sont comme ça ce n'est pas parce qu'ils le veulent détrompe-toi. C'est juste parce qu'il leur manque des couilles pour choisir d'être dans un camp ou dans l'autre. Alors ils font tout et son contraire. Ils cloîtrent leurs femmes à la maison mais...

Voici un premier roman intéressant à la fois sur le plan humain mais aussi pour mieux connaître le Maroc d'aujourd'hui, tel qu'il est, dans les grandes villes et en-dehors des circuits touristiques. 

 

Il nous plonge dans la vie de Jmiaa, une jeune prostituée de Casablanca de 34 ans.  Elle vit seule avec Samia, sa fille depuis que son mari qu'elle adorait mais qui montait toujours des plans foireux, s'est mis à la battre puis l'a obligée à se prostituer. Il est aujourd'hui parti vivre en Espagne où il a refait sa vie et finalement même si Jmiaa n'a pas eu de chance, elle se trouve mieux ainsi depuis leur divorce bien que de temps en temps, il lui demande encore de l'argent... 

Elle a continué le seul métier qu'elle savait exercer... mais ne se considère pas comme malheureuse car elle trouve que Houcine,  son "mac", la traite bien et la protège vraiment.

 

Jmiaa a une personnalité bien marquée. Elle est toujours optimiste quant à son avenir et rêve en regardant des séries télé dès qu'elle a un peu de loisirs. Mais elle n'a pas la langue dans sa poche et sait se faire respecter. Quand ça ne va pas, elle l'exprime haut et fort, et c'est bien vrai que son langage sans fard peut surprendre au début, mais il participe aussi à la découverte du roman et de la personnalité de la jeune femme. 

Pour protéger sa mère, Jmiaa n'a jamais dit quel métier elle exerçait en ville, et c'est la raison pour laquelle, elle se décide à lui confier définitivement sa petite fille, qui grandit et risque à présent de tout comprendre et de rapporter ce qu'elle voit à sa grand-mère...

 

Jmiaa est une jeune femme intelligente, à l'esprit vif et elle se débat pour garder sa dignité ce qui représente, vu son métier, un combat de tous les instants. 

Elle nous décrit son quotidien sordide, les hommes qui passent, son quartier, sa chambre...Il y a les habitués qu'elle connaît bien et auxquels parfois elle s'attache ou qu'au contraire elle ne supporte plus. Il y a les paumés, les flics ripoux, les drogués ou alcooliques.

Parmi eux, Chaïba et ses copains qui ne la respectent guère, boivent trop, roulent comme des fous...mais avec qui elle aime bien sortir de temps en temps pour s'amuser un peu. Jmiaa aussi, pour tenir le coup... boit trop, beaucoup trop et elle le sait, mais n'arrive pas à s'en empêcher. 

Et puis il y a les filles, celles avec qui elle attend le client, qui partagent son quotidien. Rivalités, vacheries, disputes étayent leur vie mais au fond, elles restent solidaires...puisqu'elles sont dans la même galère. 

Parmi elles, il y a Halima, qui sort de prison. Elle est dépressive et préfère lire le Coran au lieu de travailler. Toutes deux partagent désormais la même chambre ; et puis il y a Samira, son amie qui compte beaucoup pour elle, et partage tout les bons moments, comme les moins bons. 

 

Mais voici qu'un jour, un de ses amis du quartier lui demande de rencontrer Chadlia, une jeune femme réalisatrice qui désire lui poser des questions sur son travail. Jmiaa finit par accepter et la surnomme aussitôt "bouche de cheval". En fait Chadlia veut faire un film sur la vie à Casablanca dans le quartier de Jmiaa et demande à celle-ci de lui raconter les détails de sa vie, et donc de l'aider à la réalisation du film.

Chadlia finit par enrôler Jmiaa comme actrice...c'est une nouvelle vie qui commence !

Au moment même où je l'ai aperçue, c'est comme si on m'avait frappée. D'un coup, j'ai senti le poids de ces deux années. Au jour le jour, tu n'as pas le temps de te poser des questions mais il y a des moments où, tu ne sais pas pourquoi, tu sens les choses. Et là, j'ai senti que Samia m'avait manqué...

Au vu du sujet, je ne pensais pas que ce livre serait aussi léger et empli d'humour.

Il est bâti comme un journal intime et se divise en chapitres qui correspondent à des années, de 2010 à 2018 exactement, mais le roman peut se diviser en deux grandes parties...il y a avant, et après ! 

 

J'ai aimé la première partie, très réaliste, le ton employé par l'auteur, le mélange de français populaire et d'arabe tellement imagé et expressif (il y a un glossaire bien utile à la fin). Jmiaa parle comme on parle dans son milieu et certains passages sortis de leur contexte, peuvent paraître empreints de vulgarité, mais cela ne m'a pas gêné et participe à l'ambiance. 

J'ai aimé mieux connaître Jmiaa, ses rêves, sa façon de voir le monde qui l'entoure, et de se voir elle-même, et sa sincérité. Elle a sa propre philosophie de vie et même souvent un peu de naïveté, mais ses propos sonnent toujours justes. Le lecteur éprouve de la compassion pour elle et voudrait qu'elle s'en sorte... C'est ce qui lui arrive justement.

Par contre, j'ai trouvé qu'à partir du moment où Jmiaa devient actrice dans la seconde partie du roman, elle perd un peu de sa force, de sa personnalité et donc de sa crédibilité. 

 

L'auteur, est elle-même d'origine marocaine et native de Casablanca, même si elle vit aujourd'hui en Amérique. Elle nous donne ici un premier roman remarquablement bien écrit et très rythmé. Elle nous décrit son Maroc natal sans concession : la vie misérable de ces femmes, entièrement soumises au désir des hommes, le quartier populaire où se côtoient les petites gens, les rumeurs, les trafics en tous genres, les rivalités mais aussi l'entraide, la solidarité et l'amitié entre femmes. Elle nous montre aussi bien l'attitude odieuse de certains hommes, que l'hypocrisie qui l'entoure, et l'emprise énorme de la religion et du Coran dans la vie quotidienne des gens du quartier.

 

C'est un livre profondément féministe qui ne donne pas le beau rôle aux hommes, c'est le moins qu'on puisse dire ! 

Voilà donc un jeune auteur à suivre, même si la fin du livre est un peu décevante par rapport à l'ensemble du roman, c'est une belle découverte pour moi.

 

En ce sens, je rejoins l'avis de Sandra à lire ci-dessous. C'est grâce à elle en effet que j'ai eu envie de découvrir ce roman. Et quand on sait que Sandra vit aujourd'hui à Casablanca, son avis compte...

Et puis, chacun son destin après tout. Je commence à croire en ces conneries. Qui aurait cru par exemple que j'allais jouer dans un film ? Qui aurait dit que j'aurais en plus le rôle le plus important et qu'ils me paieraient bien ? Qui ? Personne.
Peut-être qu'il y a des choses qui arrivent pour rien dans la vie. Et peut-être aussi que tout ce qui se passe, c'est déjà prévu, planifié, tracé, tout. Comme dans un film.

Partager cet article

Repost0
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 05:20
JC Lattès, 2011

JC Lattès, 2011

Issue d'une famille où les patrons sont d'office des bienfaiteurs, je suis très peu concernée par ces événements et je dois admettre que ma petite vie, concentrée depuis toujours sur la musique, la poésie, la découverte des grands auteurs allemands et français, le raffinement des arts, les beaux objets, les belles tenues, ne m'a pas sensibilisée à ces préoccupations sociales qui agitent la classe laborieuse ici ou ailleurs.

J'adore observer le monde autour de moi et j'ai une propension naturelle à communiquer avec les gens. Dès qu'une personne attire mon attention ou manifeste de l'intérêt à mon égard, je l'aborde tout sourires et pose mine de rien mes questions pour me faire une idée de mon interlocuteur. Une fois sur trois je deviens détentrice des secrets les mieux gardés.

Nous voilà dès le début du roman, transportés à la fin du XIXe siècle en Belgique, en 1886 exactement, où règne un contexte social particulier : le pays est en pleine crise économique, les mineurs et verriers se révoltent.

 

Lors d'une étape à Bruxelles, l'orchestre philharmonique de Berlin joue un morceau composé par Mozart. Lena, seule femme acceptée dans l'orchestre, y joue de la harpe.

A l'issue de la représentation, bousculée par la foule, elle heurte sans le vouloir le merveilleux glass harmonica, un des instruments de l'orchestre d'une extrême fragilité... Plusieurs coupelles sont brisées et l'instrument inutilisable pour la suite de la tournée. 

 

Sans attendre que son amie Emma, qui lui sert de chaperon,  l'accompagne, elle part dès le lendemain pour Charleroi pour tenter de faire réparer l'instrument.

Là-bas les ouvriers sont en grève. Leur mouvement donnera lieu au plus puissant soulèvement ouvrier de l'histoire de la Belgique, mais aussi au plus terrible des massacres...

 

C'est alors que malgré les événements qui enflamment la ville, Lena aidée par une belle chaîne humaine de passionnés, fait la connaissance de Lazare, un maître-verrier hors pair, dont elle va tomber immédiatement amoureuse. Malgré leurs différences de milieu social, et le fait qu'il soit déjà marié,  il va devenir le grand amour de sa vie !

Mais Lazare fait partie des meneurs, et son rôle dans la révolte est de première importance. Il en assumera les conséquences et elle-aussi, parce qu'elle a été un temps proche de lui. Elle va devoir s'enfuir en Amérique et l'attendre là-bas, pendant de longues années...

 

J'ai aimé découvrir la plume à la fois poétique et réaliste de Bernard Tertiaux. 

L'auteur que je ne connaissais pas, nous fait vivre les événements de l'époque alors que la révolte des mineurs et verriers enflamme la Belgique. C'est un épisode de l'histoire que j'avais oublié, décrit de l'intérieur, comme si nous faisions partie du groupe d'ouvriers.

Tous les faits historiques sont réels, et l'auteur s'est remarquablement documenté pour nous les décrire. Cohabitent dans l'histoire, des personnages fictifs  qui auraient pu exister et réels, comme Tiffany le verrier américain qui apparaît à la fin du roman et Jules Destrée, un homme politique belge très engagé dans le Parti ouvrier... et sans doute d'autres que je n'ai pas forcément identifiés. 

 

Je ne vais pas vous raconter tous les événements de la vie de Lena, car vous vous en doutez, ils font le sel de l'histoire, juste vous dire qu'elle va tout quitter pour rejoindre Montréal, puis New York et partir ensuite sur les routes avec une troupe de saltimbanques.  Elle va vivre pendant des mois avec eux et ils l'accepteront comme si elle faisait partie de la famille. J'ai aimé leur générosité, l’entraide et les relations entre les différentes personnages de cette troupe. 

 

Lena a une personnalité très affirmée pour l'époque. C'est une femme volontaire, dynamique et pugnace. Elle avance coûte que coûte malgré les difficultés de la vie. Elle qui a été élevée dans un milieu bourgeois, protégée de tout, mais qui a appris très jeune à se débrouiller seule en l'absence de mère,  n'hésite pas un instant à quitter sa vie bien rangée, son confort, sa famille et en particulier son père qu'elle aime pourtant profondément, ainsi que son fiancé trop ennuyeux, et à tirer un trait définitif sur les concerts auxquels elle aimait tant participer. 

Le lecteur assiste avec plaisir à sa métamorphose, à l'évolution de son point de vue sur le monde. Elle devient une véritable aventurière et sait trouver de l'aide en chemin, une aide parfois inattendue...ce qui peut paraître un peu invraisemblable, mais ne sommes-nous pas dans un roman ? Par exemple, l'aide qu'elle reçoit de Timothy Evans qui enquête sur ses liens avec Lazare, tombe à pic à un moment où tout va mal pour elle et qu'elle est poursuivie par de véritables tueurs qui sont à la recherche de Lazare. Alors qu'il pourrait la faire emprisonner, il va au contraire choisir de l'aider et même de la protéger. Mais le lecteur n'y trouve rien à redire ! 

 

Malgré quelques passages un peu long, j'ai eu du plaisir à lire ce roman, à la fois roman d'amour, d'aventure et roman historique. Un livre parfait pour se changer les idées en vacances ! 

Partager cet article

Repost0
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 05:47
Actes sud, 1999

Actes sud, 1999

Yukio me serra doucement contre sa poitrine et posa son menton sur ma tête. je pouvais entendre les palpitations de son coeur. C'était le moment où je pouvais oublier tout ce qui se passait autour de nous : la guerre, le travail à l'usine, la solitude. Je ne pensais qu'à nous.

 

Yukiko, une survivante de Nagasaki, a toujours refusé de parler à sa fille Numiko et à son petit-fils, de sa jeunesse, de sa famille et de Nagasaki où elle habitait en juin 1945. Mais peu de temps avant sa mort, elle accepte enfin de répondre aux questions du jeune adolescent...

Elle laisse aussi chez son notaire, une longue lettre à Namiko, que celle-ci ne découvre qu'à sa mort. 

Dans cette lettre, en forme d'aveu, Yukiko raconte ce qu'elle a vécu durant ses années de jeunesse qui ont précédé la guerre, et les conséquences de certains événements familiaux, tenus secrets.

Elle a en effet été poussée à commettre un crime, celui de son propre père, tandis que deux bombes atomiques étaient lancées par les américains sur le Japon, à seulement quelques jours d'intervalle...

Yukiko,sans l'avoir prévu, avait commis LE crime parfait, mais ce crime, bien que resté impuni, la poursuivra toute sa vie... 

 

Une fois, dans la rue, je vis des prisonniers de guerre. Ils marchaient, attachés les uns aux autres par une corde. Quelques-uns sifflaient et un soldat japonais les grondait. La candeur de leur expression me laissait croire qu'ils avaient entre dix-huit et vingt ans...
L'un d'entre eux dit en anglais à un autre prisonnier : "Qui veut la guerre ? Tu sais, je veux simplement rentrer dans mon pays où mes parents et ma fiancée m'attendent".
...
La gorge serrée, je regardais ces jeunes soldats s'éloigner. Les mots"ma fiancée" me firent pleurer.

-Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Je regardai ma mère. Il me semblait qu'elle blaguait, mais son visage était sérieux...

 

Voilà une histoire de famille poignante et intense, sur fond de guerre et de bombe atomique. Un court roman qui est le premier opus d'une pentalogie intitulée "Le poids des secrets" que je compte bien poursuivre durant l'été, si je le peux...

Le thème central est l'égoïsme et les mensonges d'un homme _ le grand-père de Namiko_ et l'amour impossible entre deux adolescents, dont Yukiko, qui ne connaissent rien du lien secret qui les unit.

Avec un ton toujours juste et pudique, l'auteur aborde les thèmes douloureux du deuil, du poids des traditions dans les familles, des conditions de travail, et des relations de couple dans le Japon de la première moitié du XXe siècle.

Tout cela en parallèle des drames de la grande Histoire... 

J'ai beaucoup aimé ! 

 

Je n'étais pas capable de continuer à regarder son visage. Je me disais : "Mon frère...Tu es mon frère. Tu ne le sais pas ?"
Il me dit :
- Tu ne m'aimes plus ?
- Si. Mais je ne peux plus te rencontrer.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Dis-moi, s'il te plaît.
- Ne me demande pas pourquoi, je t'en prie !
Je le quittait en courant.
- Je t'attendrais toujours ! cria-t-il derrière moi.
Ce furent les derniers mots de Yukio...
Là, dans le noir, je sanglotais longtemps sans pouvoir m'arrêter...

 

Un autre avis sur le blog de Nath et...vous prendrez bien un petit morceau de chocolat avec elle, tout en lisant sa chronique ! 

Partager cet article

Repost0
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:21
Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

…il est tard dans mes yeux
pour faire le tour du monde
mes livres sont rangés
plus de voyages à lire
que l’envers de l’exil...

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.

 

Nous continuerons toute la semaine à parler poésie...

Désolée pour celles et ceux qui n'apprécient pas mais je trouve que le Printemps des poètes est l'occasion rêvée de parler de poésie 15 jours par an. Sinon je ne le fais qu'occasionnellement lorsque je découvre un jeune auteur ou que je (re)lis un recueil.

 

Une de mes découvertes de cette année, en parcourant les pages consacrées au Printemps des Poètes 2017, a été de constater que la liste des Prix de Poésie francophone était terriblement longue et que je n'en connaissais que très peu...

C'est surprenant tout de même que ces prix ne soient pas davantage relayés dans les médias alors que l'automne nous apporte chaque année son lot de prix littéraires, tous incontournables ou presque...que certes nous lirons ou pas, mais qui ont l'avantage de nous faire connaître de nouveaux auteurs ou de débattre autour de ceux que nous connaissons déjà. 

 

Je vous rassure, je ne vais pas vous transcrire la liste de ces nombreux prix que vous retrouverez dans son  intégralité sur le net, si cela vous intéresse.  

Le site du Printemps des poètes vous propos d'ailleurs un récapitulatif des derniers prix décernés, actualisé au fur et à mesure sur le site, avec des archives des années précédentes...

 

Mais je vais vous parler brièvement d'un des derniers prix littéraires de poésie qui a vu le jour en 2016 : c'est le Prix de Poésie Edouard Maunick.

Cela m'a donné envie de mieux connaître ce poète...

 

Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

 

Qui est Édouard Maunick ?

 

Ce grand poète et écrivain mauricien est né en 1931 dans une famille métisse. 

Tout d'abord bibliothécaire à Port-Louis, il s'installe à Paris en 1960 où il travaille à la Coopération radiophonique tout en publiant des articles dans des journaux francophones. Il entre à l'UNESCO en 1982 et devient en 1985, membre du Haut Conseil de la francophonie, puis ambassadeur de Maurice dans  l'Afrique du Sud post-apartheid. 

Mais sa vie de journaliste et diplomate ne l'empêche pas d'écrire. Il a publié son premier recueil en 1954 et continuera à publier régulièrement. 

Ses poésies sont empreintes de son sentiment de solitude et rappellent la persécution de ses ancêtres africains.

On le qualifie souvent de poète de l'exil...ce qui en dit long. 

 

Il a reçu de nombreuses et prestigieuses distinctions au cours de sa vie dont le Prix Tchicaya U Tam'si en 1989, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française en 2003, puis le Grand Prix Léopold Sedar Senghor. 

C'est donc un bel hommage à ses concitoyens qu'il offre en créant ce prix littéraire de poésie, ouvert à tous les mauriciens, habitant l'île ou pas. 

Le premier lauréat de ce prix sera donc récompensé en 2017...

 

Si vous voulez en savoir plus sur Edouard Maunick je vous invite à visiter ce site où vous trouverez en plus de sa biographie complète, sa bibliographie et de nombreux liens vers des entretiens...

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le prix de poésie Édouard Maunick, créé en 2016 pour la première fois, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous...

Partager cet article

Repost0
11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:08
Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Dans les années 90, ensanglantées par le terrorisme, la littérature m’a sauvée. Elle était le refuge de mon adolescence. J’ai eu la chance de grandir dans la maison de mon grand-père qui était libraire. Je ne dormais plus dans ma chambre mais dans l’arrière salle de sa boutique, au milieu des livres.

Il se peut que le ciel se porte

sans rides ni ratures

et que tu crois tout, encore possible

dans le recommencement

 

Ou que ce nuage qui moutonne

par-delà la montagne

bouscule les ombres qui se succèdent

derrière une vitre embuée

 

Il se peut que le monde soit vaste

et que tu écrives sur ses déserts

une rencontre qui n’attend pas

que revienne la crue

 

Ou que le fleuve ne lave rien

de la mémoire, des étoiles et du doute

ou que la mer ne soit finalement

qu’une autoroute trop peuplée

 

Il se peut encore

que tout recommence

dans le possible

avec tes rides et tes ratures

rejaillir un être neuf

 

Il se peut

Samira Negrouche

Texte inédit pour Terres de femmes (2009)

 

 

Samira Negrouche est actuellement en résidence à l'espace Pandora à Vénissieux (près de Lyon pour ceux qui ne connaissent pas) et elle sera l'invitée des itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines. 

Née en 1979 à Alger où elle réside encore, cette jeune poète et traductrice est reconnue internationalement pour sa poésie mais également ses textes en prose et ses essais.

Elle est une des plus talentueuses voix de la jeune génération d'auteurs du Magheb.

Passionnée par Rimbaud et par les grands auteurs algériens du XXe siècle, elle revendique le droit d'écrire en français.

Le français est une langue algérienne...
Il existe une spécificité algérienne : la langue française n’est pas la langue des élites financières et bourgeoises contrairement à d'autres pays du Maghreb. Là-bas, le français est enseigné dans des établissements privés et onéreux. En Algérie, le français est la langue du peuple et les études primaires et secondaires sont en français. La cassure survient à l’université. Les sciences sont enseignées en français mais les études littéraires, les sciences humaines et sociales, sont en langue arabe ! En conséquence, la réflexion sociale se pense en arabe mais tout le reste se fait en français.

 

Elle a abandonné son métier de médecin par amour des mots et milite au sein d'associations culturelles et littéraires. 

Elle a obtenu ses premiers prix en 1996 et fonde en 1999 l'association CADMOS qui lui permet d'organiser de nombreuses rencontres littéraires autour du patrimoine culturel méditerranéen. Elle collabore avec de nombreux artistes visuels, ou musiciens et crée en 2016, Bâton/Totem.

Elle est très active pour faire connaître et aimer la poésie, et participe à de nombreux festivals, et à des ateliers d'écriture ou de traduction en milieu scolaire et universitaire...

De part sa naissance elle est trilingue, ce qui déjà n'est pas donné à tout le monde et elle se passionne pour les langues dans lesquelles elle excelle. Ainsi elle peut traduire aussi bien de l'arabe que de l'anglais vers le français.

Elle est l'auteur entre autres oeuvres de "A l'ombre de Grenade" (2003) ; "Le jazz des oliviers" (2010) et "Six arbres de fortune autour de ma baignoire" (2017)

Je vous propose de découvrir cette jeune femme sur la vidéo ci-dessous...et d'écouter son message de tolérance et d'ouverture sur les autres et sur la nécessaire différence. 

 

 

ou bien de suivre sa résidence à Vénissieux sur la page facebook de l'événement...

Partager cet article

Repost0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:08
Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Harmonie Dodé Byll Catarya est une jeune poète passionnée des mots et une slameuse reconnue et charismatique. 

Née au Bénin en 1991, elle a été très jeune diplômée d'un Master en comptabilité, contrôle et audit.

En 2013, elle devient championne du Bénin Slam et s'engage dans l'écriture, ce qui la révèle au grand public.

C'est la première femme slameuse du Bénin.

Son recueil de poésie "Art-Mots-Nid" est paru aux Éditions du Flamboyant. Elle a participé également à la première anthologie de poésie féminine au Bénin. 

A Paris pour ce printemps des poètes, elle participera à la Lecture-rencontre, organisée le 18 mars prochain au Quai Branly, entre autres projets.

Si vous avez la chance d'habiter la capitale, n'hésitez pas à vous renseigner, pour la rencontrer...par exemple, elle sera demain 11 mars à la Médiathèque Marguerite Yourcenar pour un atelier d'initiation au slam et à la poésie. Si ça vous tente. 

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Sur le sable…

 

Sur le sable, les feuilles de cocotiers

Sont tombées ; je les observe, couchée

Sur une natte façonnée à ma manière

Mes pores vibrent de cet air

Doux et frais ; le temps est magnifique

L’inspiration se frôle à ce bruit

Paradoxe effectif dans un univers mirifique

C’est le soleil qui, délicieusement luit

Sur ces flots bleuâtres teintés de blanc

Les yeux se régalent sous les élans

De la beauté du paysage.

Les ondes marines me parviennent

Elles me portent un message

Elles me percent l’ouïe ; Alors, viennent

Ces mots marquant mon passage

Et inoculant de l’encre à d’innocentes pages.

C’est le mystère de l’écrivain

Partout, sa plume s’agite

L’univers lui, crépite

A sa guise, ses devoirs de devin

Il est un esclave de la nature

Qui chante sans cesse ses aventures.

 

Harmonie D. BYLL CATARYA, (inédit, 2016).

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

Partager cet article

Repost0
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:28
Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

J’écris seulement des phrases
sorties d’une nuit noire et difficile ;
et je vois, une fois le jour venu,
tout ce que l’ombre retient.

 

Ismaël Savadogo fait partie des plus jeunes poètes francophones, mis à l'honneur par le Printemps des poètes. Né en 1982, à Abidjan, il commence à écrire durant ses études de philosophie qu'il abandonne la seconde année et, pour s'occuper il publie dans des revues littéraires comme "L'intranquille" et "Traversées" .

C'est en 2015 que paraît son premier recueil "le sable de la terre" Editions du Lavoir Saint-Martin, d'où est extrait le poème que je vous propose aujourd'hui. 

Accueilli en résidence d'artistes par le Printemps des Poètes et la mairie de Paris, il restera en France jusqu'en avril et participera à des rencontres, comme celle qui aura lieu le 18 mars prochain au Théâtre du musée du Quai Branly, à Paris

Il sera à ce moment-là aux côtés de grands poètes et auteurs africains...comme par exemple, Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Tanella Boni et la jeune Harmonie Dodé Byll Catarya, dont je vous parlerai bientôt...et bien d'autres. 

 

Pour trouver là où

nul ne se souvient

 

commencer par chercher

vers un autre angle

ne serait-ce qu’une heure

chaque jour.

 

On voudrait être

dans l’endroit où l’on vole,

 

le ciel alors serait peut-être

moins souvent parti ;

 

faire entrer des enfants

s’ils peuvent tirer des étoiles,

 

si la tâche d’attendre la nuit

ne les sépare pas encore de nouveau

de ce qu’ils rêvent.

 

Extrait de "Le sable de la terre"/Ismaël Savadogo

 

 

Découvrez un de ses poèmes encore inédit, offert au Printemps des poètes...

Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

 

D'autres poèmes seront bientôt en ligne sur le site de "D'ailleurs-poésie". 

Ombre de la nuit, ombre du matin,
dans quel état nous revient le jour ?

Partager cet article

Repost0
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:00
Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Je me souviens d’un rêveur qui chantait le fleuve.
Il disait que le fleuve est source de bonheur.
De bonheur mais aussi d’espoir inouï.

Fatoumata Keïta, l'écrivaine malienne engagée

 

Née en 1977 au Mali, Fatoumata Keïta est titulaire d'une maîtrise en socio-anthropologie et d'un DEA en socio-économie du développement. Elle est aussi rédactrice de scripts radiophoniques.

Fatoumata Keïta se définit elle-même comme "une poétesse engagée et révoltée par tout ce que nos politiques font vivre aux populations". Résolument moderne, elle propose de poser un autre regard sur son pays natal. 

Sa première oeuvre parue chez NEA en 1998, s'intitulait "Polygamie, gangrène du peuple".

Depuis elle a toujours continué à écrire des poèmes, des nouvelles et même un roman "Sous fer" où elle aborde le thème de l'excision. 

Elle est lauréate du 2e prix de la première Dame du meilleur roman féminin à la seconde édition de la Biennale des Lettres de Bamako.

Elle est également lauréate du Prix Massa Makan Diabaté 2015 de la rentrée littéraire du Mali et du 2e prix du meilleur roman de l'Afrique de l'Ouest.

Elle écrit aussi des "poèmusiques" c'est-à-dire des poèmes mis en musique par Aba Diop.

Toute son oeuvre parle de la société malienne, de la liberté d'expression, du poids des traditions et de la condition de la femme. Ce qu'elle veut, c'est interpeller les consciences tout en aidant son pays à bâtir son avenir. 

 

En novembre 2016, elle a publié, avec le photographe Michel Calzat un carnet de voyage poétique qui mêle ses poèmes aux photos prises sur les bords du fleuve Djolibà à Ségou et auprès des Bozos du village de Géini.  

 

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

 

Je vous invite à la découvrir et ce sera mon hommage personnel à toutes les femmes en cette Journée internationale de la femme

 

Pour mieux la connaître, retrouvez-la sur son blog...

 

OU écouter ce poème porteur d'espoir qui s'intitule "Demain"...

Lecture du poème intitulé "Demain", par Fatoumata Keïta

 

OU encore, si vous avez un peu de temps,  un de ses premiers poèmes, "Laissez-moi parler", un poème qu'elle a écrit lors de ses années de lycée et qui se trouve sur le premier CD regroupant ses poèmes mis en musique.

Le poèmusique "Laissez-moi parler"

Partager cet article

Repost0
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:14
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Mon destin écorché éclate de soleil, il ne faut plus dormir je sonne les réveils.

 

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain célébré au Congo mais peu connu en France. Il est pourtant une des voix incontournables de la poésie africaine.

Né à Mpili en République du Congo en 1931, il passe son enfance à Pointe-Noire. Son père, Jean-Félix Tchicaya, est instituteur et très érudit. Il rêve de voir son fils devenir magistrat. 

A 15 ans, le jeune Gérald-Félix quitte le Congo : son père vient de devenir le premier député noir qui va représenter l'Afrique équatoriale à l'Assemblée Nationale, de 1944 à 1958.

 Il deviendra plus tard, une figure majeure de la décolonisation. 

 

L'adolescent abandonne ses études au grand désespoir de son père pour se livrer à différents petits métiers et surtout se mettre à écrire. Il fréquente assidûment les cafés littéraires de la Rive Gauche. 

Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955 dans un recueil intitulé "Le mauvais sang", alors qu'il n'a que 24 ans... des poèmes largement inspirés de Rimbaud qu'il admire et qui lui vaudront son surnom de "Rimbaud noir". 

 

C'est en 1957, que Gérald-Félix Tchicaya, prend le pseudonyme de U Tam'si qui veut dire "petite feuille qui parle pour son pays". Le "mauvais garçon" devient donc Tchicaya U Tam'si. 

Malgré ses études faites en France, le poète reste très attaché à sa culture d'origine et il se qualifie lui-même non sans humour, de "poète congaulois".

Après l'indépendance de son pays natal, alors qu'il est retourné y vivre, il prend la direction du Journal local "Congo" avec son ami Patrice Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo. Mais ce dernier est brutalement assassiné ce qui oblige Tchicaya U Tam'si à retourner en France. Là, le poète va alors s'occuper d'éducation et travailler auprès de  l'UNESCO jusqu'en 1986.

Il se consacrera ensuite uniquement à l'écriture de romans, jusqu'à sa mort en 1988. 

 

Sa poésie qui s'est démarquée très tôt de la négritude et n'a jamais reflété l'exotisme africain attendu, a toujours été mal comprise par les critiques européens et a fait de lui un poète mal aimé.

Lui, était simplement épris de liberté et voulait n'être qu'un simple poète et pas forcément un poète "africain"...pourtant sa poésie est fortement enracinée en Afrique, mais par rapport à Léopold Sedar Senghor, il doute de l'avenir de son pays et lorsqu'il se tourne vers le passé, il ne voit que traite des noirs et colonialisme. 

Sa poésie est donc nettement plus pessimiste et parfois violente, tant elle est empreinte de ses doutes et de ses souffrances, de la douleur de l'exil et de son impuissance à sauver sa terre natale. 

On le considère aujourd'hui comme le poète le plus représentatif de la poésie africaine moderne.

 

Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Présentation d'un de ces romans "Ces fruits si doux de l'arbre à pain"...

 

Si vous avez la chance d'habiter à Paris, ne ratez pas aujourd'hui même à 12 heures, la lecture à la Comédie française de poèmes de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si. 

Tous les renseignements sont sur le document ci-dessous...

Partager cet article

Repost0
6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:15
Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

 

Femme nue, femme noire

 

Poème extrait du recueil "Chants d'ombre"

Ce poème sur la négritude revendique le langage et la culture du continent noir.

Publié après la seconde guerre mondiale en 1945, c'est une ode à l'amour et à la femme en général mais surtout à la femme africaine et à sa terre natale...

 

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

 

Biographie

 

Léopold Sedar Senghor naît en 1906 dans une petite ville côtière du Sénégal, au sein d'une famille catholique et francophone.

Il obtient facilement le baccalauréat après des études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar.

Ayant obtenu une bourse d'étude, il va poursuivre ses études en France dès 1928, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre Aimé Césaire. Il sera également l'ami de Georges Pompidou.

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935 puis enseigne à Tours de 1935 à 1938.

Alors qu'il suit des cours de linguistique négro-africaine à l'Ecole pratique des Hautes études et à l'Institut d'ethnologie de Paris, il est mobilisé en 1939 dans l'infanterie coloniale (alors qu'il a été naturalisé français en 1932), puis il est fait prisonnier en 1940.

Réformé pour maladie en 1942, il participe à la Résistance.

Il va alors occuper la chaire de langues et civilisations négro-africaine à l'école nationale de la France d'outre-mer.

C'est en 1945 qu'il publie son premier recueil de poésie "Chants d'ombre" et qu'il fait son entrée en politique. Élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale, il sera plusieurs fois réélu jusqu'en 1956.

Quinze ans plus tard, il deviendra le premier président de la République du Sénégal en 1960, suite à la proclamation de l'indépendance du pays et le restera jusqu'à 1980, date à laquelle il met fin avant son terme, à son cinquième mandat.

Premier africain à être élu à l'Académie française en 1983, il devient un des pères de la francophonie. Il était donc normal qu'il soit mis à l'honneur durant ce Printemps des poètes.

 

Léopold Sédar Senghor a été notamment (informations copiées du site BABELIO):

- médaille d'or de la langue française

- grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963)

- médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965)

- grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966)

- prix de la Paix des libraires allemands (1968)

- prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969)

- grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970)

- prix Guillaume Apollinaire (1974)

- prince en poésie (1977)

 

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

Partager cet article

Repost0

Encore Un Blog ?

  • : Dans la Bulle de Manou
  • Dans la Bulle de Manou
  • : Les livres et moi, mes coups de coeur, mes découvertes ou mes voyages : intellectuel, spirituel, botanique ou culinaire...
  • Contact

Qui Suis Je ?

  • manou
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...
  • J'aime les livres et j'ai eu la chance d'en faire mon métier, mais la vie nous réserve d'autres voyages tous aussi agréables à partager...

BLOG Zéro carbone !

Perdu Dans Le Blog ?

Y a-t-il des curieux ?

litterature

 

  D'où viennent-ils ?

 

  litterature

L'automne est arrivé...

 

N'oubliez pas de protéger Xin Xin et de le nourrir en cliquant sur more...

 

 

Mes Tags

Mes livres sur BABELIO

Les dix droits imprescriptibles du lecteur

mod article2138927 3

Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

Illustrations de Quentin Blake

Retrouvez-moi sur Pinterest !

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -