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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 05:47
Actes sud, 1999

Actes sud, 1999

Yukio me serra doucement contre sa poitrine et posa son menton sur ma tête. je pouvais entendre les palpitations de son coeur. C'était le moment où je pouvais oublier tout ce qui se passait autour de nous : la guerre, le travail à l'usine, la solitude. Je ne pensais qu'à nous.

 

Yukiko, une survivante de Nagasaki, a toujours refusé de parler à sa fille Numiko et à son petit-fils, de sa jeunesse, de sa famille et de Nagasaki où elle habitait en juin 1945. Mais peu de temps avant sa mort, elle accepte enfin de répondre aux questions du jeune adolescent...

Elle laisse aussi chez son notaire, une longue lettre à Namiko, que celle-ci ne découvre qu'à sa mort. 

Dans cette lettre, en forme d'aveu, Yukiko raconte ce qu'elle a vécu durant ses années de jeunesse qui ont précédé la guerre, et les conséquences de certains événements familiaux, tenus secrets.

Elle a en effet été poussée à commettre un crime, celui de son propre père, tandis que deux bombes atomiques étaient lancées par les américains sur le Japon, à seulement quelques jours d'intervalle...

Yukiko,sans l'avoir prévu, avait commis LE crime parfait, mais ce crime, bien que resté impuni, la poursuivra toute sa vie... 

 

Une fois, dans la rue, je vis des prisonniers de guerre. Ils marchaient, attachés les uns aux autres par une corde. Quelques-uns sifflaient et un soldat japonais les grondait. La candeur de leur expression me laissait croire qu'ils avaient entre dix-huit et vingt ans...
L'un d'entre eux dit en anglais à un autre prisonnier : "Qui veut la guerre ? Tu sais, je veux simplement rentrer dans mon pays où mes parents et ma fiancée m'attendent".
...
La gorge serrée, je regardais ces jeunes soldats s'éloigner. Les mots"ma fiancée" me firent pleurer.

-Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Je regardai ma mère. Il me semblait qu'elle blaguait, mais son visage était sérieux...

 

Voilà une histoire de famille poignante et intense, sur fond de guerre et de bombe atomique. Un court roman qui est le premier opus d'une pentalogie intitulée "Le poids des secrets" que je compte bien poursuivre durant l'été, si je le peux...

Le thème central est l'égoïsme et les mensonges d'un homme _ le grand-père de Namiko_ et l'amour impossible entre deux adolescents, dont Yukiko, qui ne connaissent rien du lien secret qui les unit.

Avec un ton toujours juste et pudique, l'auteur aborde les thèmes douloureux du deuil, du poids des traditions dans les familles, des conditions de travail, et des relations de couple dans le Japon de la première moitié du XXe siècle.

Tout cela en parallèle des drames de la grande Histoire... 

J'ai beaucoup aimé ! 

 

Je n'étais pas capable de continuer à regarder son visage. Je me disais : "Mon frère...Tu es mon frère. Tu ne le sais pas ?"
Il me dit :
- Tu ne m'aimes plus ?
- Si. Mais je ne peux plus te rencontrer.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Dis-moi, s'il te plaît.
- Ne me demande pas pourquoi, je t'en prie !
Je le quittait en courant.
- Je t'attendrais toujours ! cria-t-il derrière moi.
Ce furent les derniers mots de Yukio...
Là, dans le noir, je sanglotais longtemps sans pouvoir m'arrêter...

 

Un autre avis sur le blog de Nath et...vous prendrez bien un petit morceau de chocolat avec elle, tout en lisant sa chronique ! 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:21
Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

…il est tard dans mes yeux
pour faire le tour du monde
mes livres sont rangés
plus de voyages à lire
que l’envers de l’exil...

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.

 

Nous continuerons toute la semaine à parler poésie...

Désolée pour celles et ceux qui n'apprécient pas mais je trouve que le Printemps des poètes est l'occasion rêvée de parler de poésie 15 jours par an. Sinon je ne le fais qu'occasionnellement lorsque je découvre un jeune auteur ou que je (re)lis un recueil.

 

Une de mes découvertes de cette année, en parcourant les pages consacrées au Printemps des Poètes 2017, a été de constater que la liste des Prix de Poésie francophone était terriblement longue et que je n'en connaissais que très peu...

C'est surprenant tout de même que ces prix ne soient pas davantage relayés dans les médias alors que l'automne nous apporte chaque année son lot de prix littéraires, tous incontournables ou presque...que certes nous lirons ou pas, mais qui ont l'avantage de nous faire connaître de nouveaux auteurs ou de débattre autour de ceux que nous connaissons déjà. 

 

Je vous rassure, je ne vais pas vous transcrire la liste de ces nombreux prix que vous retrouverez dans son  intégralité sur le net, si cela vous intéresse.  

Le site du Printemps des poètes vous propos d'ailleurs un récapitulatif des derniers prix décernés, actualisé au fur et à mesure sur le site, avec des archives des années précédentes...

 

Mais je vais vous parler brièvement d'un des derniers prix littéraires de poésie qui a vu le jour en 2016 : c'est le Prix de Poésie Edouard Maunick.

Cela m'a donné envie de mieux connaître ce poète...

 

Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

 

Qui est Édouard Maunick ?

 

Ce grand poète et écrivain mauricien est né en 1931 dans une famille métisse. 

Tout d'abord bibliothécaire à Port-Louis, il s'installe à Paris en 1960 où il travaille à la Coopération radiophonique tout en publiant des articles dans des journaux francophones. Il entre à l'UNESCO en 1982 et devient en 1985, membre du Haut Conseil de la francophonie, puis ambassadeur de Maurice dans  l'Afrique du Sud post-apartheid. 

Mais sa vie de journaliste et diplomate ne l'empêche pas d'écrire. Il a publié son premier recueil en 1954 et continuera à publier régulièrement. 

Ses poésies sont empreintes de son sentiment de solitude et rappellent la persécution de ses ancêtres africains.

On le qualifie souvent de poète de l'exil...ce qui en dit long. 

 

Il a reçu de nombreuses et prestigieuses distinctions au cours de sa vie dont le Prix Tchicaya U Tam'si en 1989, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française en 2003, puis le Grand Prix Léopold Sedar Senghor. 

C'est donc un bel hommage à ses concitoyens qu'il offre en créant ce prix littéraire de poésie, ouvert à tous les mauriciens, habitant l'île ou pas. 

Le premier lauréat de ce prix sera donc récompensé en 2017...

 

Si vous voulez en savoir plus sur Edouard Maunick je vous invite à visiter ce site où vous trouverez en plus de sa biographie complète, sa bibliographie et de nombreux liens vers des entretiens...

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le prix de poésie Édouard Maunick, créé en 2016 pour la première fois, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous...

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:08
Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Dans les années 90, ensanglantées par le terrorisme, la littérature m’a sauvée. Elle était le refuge de mon adolescence. J’ai eu la chance de grandir dans la maison de mon grand-père qui était libraire. Je ne dormais plus dans ma chambre mais dans l’arrière salle de sa boutique, au milieu des livres.

Il se peut que le ciel se porte

sans rides ni ratures

et que tu crois tout, encore possible

dans le recommencement

 

Ou que ce nuage qui moutonne

par-delà la montagne

bouscule les ombres qui se succèdent

derrière une vitre embuée

 

Il se peut que le monde soit vaste

et que tu écrives sur ses déserts

une rencontre qui n’attend pas

que revienne la crue

 

Ou que le fleuve ne lave rien

de la mémoire, des étoiles et du doute

ou que la mer ne soit finalement

qu’une autoroute trop peuplée

 

Il se peut encore

que tout recommence

dans le possible

avec tes rides et tes ratures

rejaillir un être neuf

 

Il se peut

Samira Negrouche

Texte inédit pour Terres de femmes (2009)

 

 

Samira Negrouche est actuellement en résidence à l'espace Pandora à Vénissieux (près de Lyon pour ceux qui ne connaissent pas) et elle sera l'invitée des itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines. 

Née en 1979 à Alger où elle réside encore, cette jeune poète et traductrice est reconnue internationalement pour sa poésie mais également ses textes en prose et ses essais.

Elle est une des plus talentueuses voix de la jeune génération d'auteurs du Magheb.

Passionnée par Rimbaud et par les grands auteurs algériens du XXe siècle, elle revendique le droit d'écrire en français.

Le français est une langue algérienne...
Il existe une spécificité algérienne : la langue française n’est pas la langue des élites financières et bourgeoises contrairement à d'autres pays du Maghreb. Là-bas, le français est enseigné dans des établissements privés et onéreux. En Algérie, le français est la langue du peuple et les études primaires et secondaires sont en français. La cassure survient à l’université. Les sciences sont enseignées en français mais les études littéraires, les sciences humaines et sociales, sont en langue arabe ! En conséquence, la réflexion sociale se pense en arabe mais tout le reste se fait en français.

 

Elle a abandonné son métier de médecin par amour des mots et milite au sein d'associations culturelles et littéraires. 

Elle a obtenu ses premiers prix en 1996 et fonde en 1999 l'association CADMOS qui lui permet d'organiser de nombreuses rencontres littéraires autour du patrimoine culturel méditerranéen. Elle collabore avec de nombreux artistes visuels, ou musiciens et crée en 2016, Bâton/Totem.

Elle est très active pour faire connaître et aimer la poésie, et participe à de nombreux festivals, et à des ateliers d'écriture ou de traduction en milieu scolaire et universitaire...

De part sa naissance elle est trilingue, ce qui déjà n'est pas donné à tout le monde et elle se passionne pour les langues dans lesquelles elle excelle. Ainsi elle peut traduire aussi bien de l'arabe que de l'anglais vers le français.

Elle est l'auteur entre autres oeuvres de "A l'ombre de Grenade" (2003) ; "Le jazz des oliviers" (2010) et "Six arbres de fortune autour de ma baignoire" (2017)

Je vous propose de découvrir cette jeune femme sur la vidéo ci-dessous...et d'écouter son message de tolérance et d'ouverture sur les autres et sur la nécessaire différence. 

 

 

ou bien de suivre sa résidence à Vénissieux sur la page facebook de l'événement...

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:08
Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Harmonie Dodé Byll Catarya est une jeune poète passionnée des mots et une slameuse reconnue et charismatique. 

Née au Bénin en 1991, elle a été très jeune diplômée d'un Master en comptabilité, contrôle et audit.

En 2013, elle devient championne du Bénin Slam et s'engage dans l'écriture, ce qui la révèle au grand public.

C'est la première femme slameuse du Bénin.

Son recueil de poésie "Art-Mots-Nid" est paru aux Éditions du Flamboyant. Elle a participé également à la première anthologie de poésie féminine au Bénin. 

A Paris pour ce printemps des poètes, elle participera à la Lecture-rencontre, organisée le 18 mars prochain au Quai Branly, entre autres projets.

Si vous avez la chance d'habiter la capitale, n'hésitez pas à vous renseigner, pour la rencontrer...par exemple, elle sera demain 11 mars à la Médiathèque Marguerite Yourcenar pour un atelier d'initiation au slam et à la poésie. Si ça vous tente. 

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Sur le sable…

 

Sur le sable, les feuilles de cocotiers

Sont tombées ; je les observe, couchée

Sur une natte façonnée à ma manière

Mes pores vibrent de cet air

Doux et frais ; le temps est magnifique

L’inspiration se frôle à ce bruit

Paradoxe effectif dans un univers mirifique

C’est le soleil qui, délicieusement luit

Sur ces flots bleuâtres teintés de blanc

Les yeux se régalent sous les élans

De la beauté du paysage.

Les ondes marines me parviennent

Elles me portent un message

Elles me percent l’ouïe ; Alors, viennent

Ces mots marquant mon passage

Et inoculant de l’encre à d’innocentes pages.

C’est le mystère de l’écrivain

Partout, sa plume s’agite

L’univers lui, crépite

A sa guise, ses devoirs de devin

Il est un esclave de la nature

Qui chante sans cesse ses aventures.

 

Harmonie D. BYLL CATARYA, (inédit, 2016).

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:28
Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

J’écris seulement des phrases
sorties d’une nuit noire et difficile ;
et je vois, une fois le jour venu,
tout ce que l’ombre retient.

 

Ismaël Savadogo fait partie des plus jeunes poètes francophones, mis à l'honneur par le Printemps des poètes. Né en 1982, à Abidjan, il commence à écrire durant ses études de philosophie qu'il abandonne la seconde année et, pour s'occuper il publie dans des revues littéraires comme "L'intranquille" et "Traversées" .

C'est en 2015 que paraît son premier recueil "le sable de la terre" Editions du Lavoir Saint-Martin, d'où est extrait le poème que je vous propose aujourd'hui. 

Accueilli en résidence d'artistes par le Printemps des Poètes et la mairie de Paris, il restera en France jusqu'en avril et participera à des rencontres, comme celle qui aura lieu le 18 mars prochain au Théâtre du musée du Quai Branly, à Paris

Il sera à ce moment-là aux côtés de grands poètes et auteurs africains...comme par exemple, Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Tanella Boni et la jeune Harmonie Dodé Byll Catarya, dont je vous parlerai bientôt...et bien d'autres. 

 

Pour trouver là où

nul ne se souvient

 

commencer par chercher

vers un autre angle

ne serait-ce qu’une heure

chaque jour.

 

On voudrait être

dans l’endroit où l’on vole,

 

le ciel alors serait peut-être

moins souvent parti ;

 

faire entrer des enfants

s’ils peuvent tirer des étoiles,

 

si la tâche d’attendre la nuit

ne les sépare pas encore de nouveau

de ce qu’ils rêvent.

 

Extrait de "Le sable de la terre"/Ismaël Savadogo

 

 

Découvrez un de ses poèmes encore inédit, offert au Printemps des poètes...

Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

 

D'autres poèmes seront bientôt en ligne sur le site de "D'ailleurs-poésie". 

Ombre de la nuit, ombre du matin,
dans quel état nous revient le jour ?

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:00
Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Je me souviens d’un rêveur qui chantait le fleuve.
Il disait que le fleuve est source de bonheur.
De bonheur mais aussi d’espoir inouï.

Fatoumata Keïta, l'écrivaine malienne engagée

 

Née en 1977 au Mali, Fatoumata Keïta est titulaire d'une maîtrise en socio-anthropologie et d'un DEA en socio-économie du développement. Elle est aussi rédactrice de scripts radiophoniques.

Fatoumata Keïta se définit elle-même comme "une poétesse engagée et révoltée par tout ce que nos politiques font vivre aux populations". Résolument moderne, elle propose de poser un autre regard sur son pays natal. 

Sa première oeuvre parue chez NEA en 1998, s'intitulait "Polygamie, gangrène du peuple".

Depuis elle a toujours continué à écrire des poèmes, des nouvelles et même un roman "Sous fer" où elle aborde le thème de l'excision. 

Elle est lauréate du 2e prix de la première Dame du meilleur roman féminin à la seconde édition de la Biennale des Lettres de Bamako.

Elle est également lauréate du Prix Massa Makan Diabaté 2015 de la rentrée littéraire du Mali et du 2e prix du meilleur roman de l'Afrique de l'Ouest.

Elle écrit aussi des "poèmusiques" c'est-à-dire des poèmes mis en musique par Aba Diop.

Toute son oeuvre parle de la société malienne, de la liberté d'expression, du poids des traditions et de la condition de la femme. Ce qu'elle veut, c'est interpeller les consciences tout en aidant son pays à bâtir son avenir. 

 

En novembre 2016, elle a publié, avec le photographe Michel Calzat un carnet de voyage poétique qui mêle ses poèmes aux photos prises sur les bords du fleuve Djolibà à Ségou et auprès des Bozos du village de Géini.  

 

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

 

Je vous invite à la découvrir et ce sera mon hommage personnel à toutes les femmes en cette Journée internationale de la femme

 

Pour mieux la connaître, retrouvez-la sur son blog...

 

OU écouter ce poème porteur d'espoir qui s'intitule "Demain"...

Lecture du poème intitulé "Demain", par Fatoumata Keïta

 

OU encore, si vous avez un peu de temps,  un de ses premiers poèmes, "Laissez-moi parler", un poème qu'elle a écrit lors de ses années de lycée et qui se trouve sur le premier CD regroupant ses poèmes mis en musique.

Le poèmusique "Laissez-moi parler"

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:14
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Mon destin écorché éclate de soleil, il ne faut plus dormir je sonne les réveils.

 

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain célébré au Congo mais peu connu en France. Il est pourtant une des voix incontournables de la poésie africaine.

Né à Mpili en République du Congo en 1931, il passe son enfance à Pointe-Noire. Son père, Jean-Félix Tchicaya, est instituteur et très érudit. Il rêve de voir son fils devenir magistrat. 

A 15 ans, le jeune Gérald-Félix quitte le Congo : son père vient de devenir le premier député noir qui va représenter l'Afrique équatoriale à l'Assemblée Nationale, de 1944 à 1958.

 Il deviendra plus tard, une figure majeure de la décolonisation. 

 

L'adolescent abandonne ses études au grand désespoir de son père pour se livrer à différents petits métiers et surtout se mettre à écrire. Il fréquente assidûment les cafés littéraires de la Rive Gauche. 

Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955 dans un recueil intitulé "Le mauvais sang", alors qu'il n'a que 24 ans... des poèmes largement inspirés de Rimbaud qu'il admire et qui lui vaudront son surnom de "Rimbaud noir". 

 

C'est en 1957, que Gérald-Félix Tchicaya, prend le pseudonyme de U Tam'si qui veut dire "petite feuille qui parle pour son pays". Le "mauvais garçon" devient donc Tchicaya U Tam'si. 

Malgré ses études faites en France, le poète reste très attaché à sa culture d'origine et il se qualifie lui-même non sans humour, de "poète congaulois".

Après l'indépendance de son pays natal, alors qu'il est retourné y vivre, il prend la direction du Journal local "Congo" avec son ami Patrice Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo. Mais ce dernier est brutalement assassiné ce qui oblige Tchicaya U Tam'si à retourner en France. Là, le poète va alors s'occuper d'éducation et travailler auprès de  l'UNESCO jusqu'en 1986.

Il se consacrera ensuite uniquement à l'écriture de romans, jusqu'à sa mort en 1988. 

 

Sa poésie qui s'est démarquée très tôt de la négritude et n'a jamais reflété l'exotisme africain attendu, a toujours été mal comprise par les critiques européens et a fait de lui un poète mal aimé.

Lui, était simplement épris de liberté et voulait n'être qu'un simple poète et pas forcément un poète "africain"...pourtant sa poésie est fortement enracinée en Afrique, mais par rapport à Léopold Sedar Senghor, il doute de l'avenir de son pays et lorsqu'il se tourne vers le passé, il ne voit que traite des noirs et colonialisme. 

Sa poésie est donc nettement plus pessimiste et parfois violente, tant elle est empreinte de ses doutes et de ses souffrances, de la douleur de l'exil et de son impuissance à sauver sa terre natale. 

On le considère aujourd'hui comme le poète le plus représentatif de la poésie africaine moderne.

 

Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Présentation d'un de ces romans "Ces fruits si doux de l'arbre à pain"...

 

Si vous avez la chance d'habiter à Paris, ne ratez pas aujourd'hui même à 12 heures, la lecture à la Comédie française de poèmes de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si. 

Tous les renseignements sont sur le document ci-dessous...

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:15
Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

 

Femme nue, femme noire

 

Poème extrait du recueil "Chants d'ombre"

Ce poème sur la négritude revendique le langage et la culture du continent noir.

Publié après la seconde guerre mondiale en 1945, c'est une ode à l'amour et à la femme en général mais surtout à la femme africaine et à sa terre natale...

 

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

 

Biographie

 

Léopold Sedar Senghor naît en 1906 dans une petite ville côtière du Sénégal, au sein d'une famille catholique et francophone.

Il obtient facilement le baccalauréat après des études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar.

Ayant obtenu une bourse d'étude, il va poursuivre ses études en France dès 1928, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre Aimé Césaire. Il sera également l'ami de Georges Pompidou.

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935 puis enseigne à Tours de 1935 à 1938.

Alors qu'il suit des cours de linguistique négro-africaine à l'Ecole pratique des Hautes études et à l'Institut d'ethnologie de Paris, il est mobilisé en 1939 dans l'infanterie coloniale (alors qu'il a été naturalisé français en 1932), puis il est fait prisonnier en 1940.

Réformé pour maladie en 1942, il participe à la Résistance.

Il va alors occuper la chaire de langues et civilisations négro-africaine à l'école nationale de la France d'outre-mer.

C'est en 1945 qu'il publie son premier recueil de poésie "Chants d'ombre" et qu'il fait son entrée en politique. Élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale, il sera plusieurs fois réélu jusqu'en 1956.

Quinze ans plus tard, il deviendra le premier président de la République du Sénégal en 1960, suite à la proclamation de l'indépendance du pays et le restera jusqu'à 1980, date à laquelle il met fin avant son terme, à son cinquième mandat.

Premier africain à être élu à l'Académie française en 1983, il devient un des pères de la francophonie. Il était donc normal qu'il soit mis à l'honneur durant ce Printemps des poètes.

 

Léopold Sédar Senghor a été notamment (informations copiées du site BABELIO):

- médaille d'or de la langue française

- grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963)

- médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965)

- grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966)

- prix de la Paix des libraires allemands (1968)

- prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969)

- grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970)

- prix Guillaume Apollinaire (1974)

- prince en poésie (1977)

 

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

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