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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 05:12
Renaissance du livre 2020

Renaissance du livre 2020

Il est trop bien et il se dit qu'un premier avril, c'est le bon moment pour faire des blagues à la con sous la couette. Il dit à Léa :
- J'sais pas comment font les autres, mais faire l'amour à un mètre cinquante...J'ai beau être gâté par la nature, c'est quand même pas simple, hein...
Et Léa de pouffer...

Voilà un livre sur un sujet que je m'étais pourtant promis de ne pas lire...le(a) COVID.  Nous y pensons déjà tous les jours à chaque instant de notre vie et nous n'avons pas fini d'en entendre parler ! 

Mais il se trouve que lorsque je suis passée à la médiathèque de mon village, il était tout seul sur le portoir des nouveautés (les autres livres étaient mis en quarantaine les pauvres) et la bibliothécaire m'a dit qu'elle l'avait beaucoup aimé et que le sujet principal n'était pas le virus mais bien autre chose...

Sitôt emprunté, sitôt lu !

 

Il faut dire que c'est un roman très court (127 pages), facile à lire,  écrit par un collectif d'auteur à la manière du jeu inventé par les surréalistes,"cadavre exquis" : un premier auteur commence à écrire l'histoire, les autres la continuent, tout en gardant une cohérence. Le lecteur ne sait pas qui a écrit quoi. 

Ce sont tous des auteurs belges qui sont également chroniqueurs ou animateurs de radio.  Il y a Adeline Dieudonné, Eric Russon, Jérôme Colin, Myriam Leroy, et Sébastien Ministru. Ils ont écrit l'histoire sous la forme d'un feuilleton quotidien diffusé  sur les ondes dans le cadre de l'émission de radio de la Première, "Entrez sans frapper", une émission que je ne connaissais pas. 

Les illustrations intérieures représentant le virus sous la forme d'un monstre, ainsi que la couverture, sont signées Arnold Hovart.

Le plus : Les droits d'auteurs et bénéfices de ce livre sont versés à 3 associations : L’Ilot, Cœur SDF et La Plateforme Citoyenne BXLRefugees.

Des centaines de gens, des milliers peut-être, enterrés à la va-vite, comme on jette une poubelle dans un camion-benne. Des gens qui ont aimé, pleuré, qui ont chanté des chansons, lus des livres, vu plusieurs fois le même film parce qu'il y avait une scène qui les faisait rire aux éclats, des gens qui avaient une recette familiale de spaghetti à la carbonara ou de tarte au citron. Qui avaient des photos dans leur portefeuille. Des gens qui se retrouvent aujourd'hui, alignés dans un trou que des hommes blancs vont reboucher...
La gorge de Léa se serre. Jusqu'à lui faire mal. Sa vue se brouille mais elle passe la manche de son pull sur ses yeux...

Maria se sent nulle. Et puis coupable aussi de ne pas pouvoir aider sa fille. Il y a des parents qui y parviennent mais pas elle. Alors, elle s'en veut. Et ça rajoute encore à son mal-être d'être confinée depuis dix jours. Et puis la petite, elle se sent nulle aussi.

L'histoire...

 

Elle s'appelle Léa, il s'appelle Antoine. Hier, ils ne se connaissaient pas, mais devant les événements de ce printemps 2020, ils ont décidé de se choisir un partenaire sur Tinder pour une dernière nuit. Elle travaille comme caissière en intérim, et attend qu'on l'appelle en renfort, lui est carrossier, et décide de ne plus répondre aux appels de son patron.

La Belgique se confine et tous deux restent ensemble alors que ce n'était pas prévu, qu'ils ne savent rien l'un de l'autre et que la distance de sécurité entre eux n'existe plus.

Dans leur immeuble, la vie continue... c'est la solitude pour certains, les difficultés du quotidien pour les autres, les applaudissements du soir ensemble, pour remercier les soignants et le silence insupportable à certains moments.

Le lecteur découvre peu à peu la vie de ce jeune couple, celle du voisinage mais aussi celle du facteur qui livre non stop des colis et grimpe les étages jusqu'à épuisement. Les gens se croisent, à distance...et une certaine solidarité s'installe peu à peu, doublée le plus souvent de méfiance.  Les rapports humains changent.

De temps en temps dans le texte, le décompte quotidien des événements en Belgique recentre le roman sur la triste réalité des jours. 

 

J'avais peur que ce roman soit très lourd à porter. Et bien ce n'est pas le cas du tout.

Il est réaliste et reprend bien la chronologie des événements du printemps dernier.

Les auteurs nous décrivent le sentiment d'incompréhension ressenti face à certaines décisions prises par nos gouvernements, relatent sans complaisance, les incohérences graves et les manquements dans la gestion de la crise sanitaire.

Ils nous parlent à travers les personnages, de notre ressenti quotidien, de cette impression d'étouffer et de manquer de liberté, de la peur de l'autre qui se développe, de l'ennui parfois vécu par certains, de la perte de confiance dans les médias et les médecins devenus trop médiatiques, des difficultés des parents en télétravail, obligés de devenir enseignants pour leurs enfants, de la peur de la contamination (car on ne sait pas d'où elle peut arriver), de l'inquiétude pour les proches, mais aussi  des côtés positifs du confinement, comme avoir plus de temps à soi.

 

Les auteurs se sont centrés sur les ressentis, les situations vécues différemment par chacun, et non pas sur le virus, ce qui donne à ce roman une dimension universelle. C'est un roman qui reste donc profondément proche de l'humain. Il y a de l'humour, des passages émouvants, beaucoup d'humanité et une vision de nos réactions humaines très réalistes, même si elles ne sont pas toutes belles à voir. Le style est léger et plaisant. 

Il ne faut pas oublier que le texte a été écrit pour être lu à haute voix à la radio ce qui lui donne beaucoup de rythme et fait que le lecteur ne s'ennuie pas. Il y a  également beaucoup de dialogues ce qui rend sa lecture accessible, même aux jeunes lycéens.

 

Malgré le sujet, j'ai passé un bon moment de lecture. Ce livre permet de prendre du recul par rapport à ce que nous avons tous vécus ou ressentis, différemment certes,  mais vécus tout de même, par rapport à ce satané virus qui est toujours là, mais a révélé beaucoup de choses de notre nature humaine au grand jour, ce qu'il ne faudra pas oublier...plus tard. 

Merci aux auteurs d'avoir joué le jeu pour nous raconter cette histoire d'amour au temps du confinement. 

Hypnotisée par les cercles concentriques qui se forment dans son mug, elle pense à des choses idiotes. Des choses qui ne sortiront pas d'ici...Qui resteront entre elle, et son bol de café au lait. Elle pense qu'un garçon qui a pu réparer son chauffe-eau est un garçon capable d'entretenir la chaleur et qu'il fera un bon père. Elle pense qu'un homme qui a voulu sauver un autre homme devant elle ne peut être qu'un type bien.

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 05:16
Editions Lamiroy, 2020

Editions Lamiroy, 2020

C'est l'anniversaire de Lola et en faisant un court bilan de sa vie, suite à une discussion intéressante avec Gus, un ami de longue date,  elle se rend compte qu'elle n'a réalisé aucun de ses rêves.

Mais peut-on commencer à vivre à 60 ans ?

Bien entendu vu son métier cela parait bien difficile car Lola fait le trottoir depuis ses seize ans et elle n'a eu jusqu'à présent qu'un seul but dans la vie, c'est de ramener le plus d'argent possible à Marco, son mac pour qu'il soit gentil avec elle.

Mais voilà qu'à présent, il commence à ramener plus souvent à la maison, d'autres jeunes filles qui ressemblent étonnamment à celle que Lola était à 16 ans, quand elle rêvait encore de devenir chanteuse.

Alors, même si elle sait bien qu'elle n'a plus le charme de son adolescence, et qu'il est bien trop tard pour elle,  elle décide que pour ces jeunes filles-là tout sera différent et qu'elles auront la chance qu'elle n'a pas eu à leur âge...

 

Cette nouvelle se lit d'une traite. L'écriture est agréable et fluide, l'histoire nous surprend à chaque page car les différents éléments se mettent en place peu à peu, laissant le temps au lecteur de les assimiler et se bâtir son "film intérieur". La chute n'en sera que plus surprenante... 

Peut-on commencer à vivre à 60 ans, la réponse est oui évidemment, mais je ne vous dirai rien de la façon dont Lola (Marguerite) va réussir à changer de vie...

A vous de le découvrir ! 

Voici un petit livre de 45 pages à peine qui m'a permis de découvrir l'écriture de Philippe Desterbecq.  

Philippe possède trois blogs. Le premier dans lequel il nous présente ses lectures s'appelle "D'un livre à l'autre" ; le second nous parle de sa passion des plantes et des jardins, mais aussi de ses voyages "Des nouvelles de moi"; le troisième, né récemment, "Cdubelge" est consacré comme son nom l'indique à la découverte de la Belgique, son pays...

 

J'ai appris depuis peu qu'il avait publié plusieurs livres et donc je n'ai pas pu attendre plus longtemps pour découvrir l'un d'entre eux.

J'espère vous avoir donné envie de faire de même ! 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 05:20
JC Lattès, 2011

JC Lattès, 2011

Issue d'une famille où les patrons sont d'office des bienfaiteurs, je suis très peu concernée par ces événements et je dois admettre que ma petite vie, concentrée depuis toujours sur la musique, la poésie, la découverte des grands auteurs allemands et français, le raffinement des arts, les beaux objets, les belles tenues, ne m'a pas sensibilisée à ces préoccupations sociales qui agitent la classe laborieuse ici ou ailleurs.

J'adore observer le monde autour de moi et j'ai une propension naturelle à communiquer avec les gens. Dès qu'une personne attire mon attention ou manifeste de l'intérêt à mon égard, je l'aborde tout sourires et pose mine de rien mes questions pour me faire une idée de mon interlocuteur. Une fois sur trois je deviens détentrice des secrets les mieux gardés.

Nous voilà dès le début du roman, transportés à la fin du XIXe siècle en Belgique, en 1886 exactement, où règne un contexte social particulier : le pays est en pleine crise économique, les mineurs et verriers se révoltent.

 

Lors d'une étape à Bruxelles, l'orchestre philharmonique de Berlin joue un morceau composé par Mozart. Lena, seule femme acceptée dans l'orchestre, y joue de la harpe.

A l'issue de la représentation, bousculée par la foule, elle heurte sans le vouloir le merveilleux glass harmonica, un des instruments de l'orchestre d'une extrême fragilité... Plusieurs coupelles sont brisées et l'instrument inutilisable pour la suite de la tournée. 

 

Sans attendre que son amie Emma, qui lui sert de chaperon,  l'accompagne, elle part dès le lendemain pour Charleroi pour tenter de faire réparer l'instrument.

Là-bas les ouvriers sont en grève. Leur mouvement donnera lieu au plus puissant soulèvement ouvrier de l'histoire de la Belgique, mais aussi au plus terrible des massacres...

 

C'est alors que malgré les événements qui enflamment la ville, Lena aidée par une belle chaîne humaine de passionnés, fait la connaissance de Lazare, un maître-verrier hors pair, dont elle va tomber immédiatement amoureuse. Malgré leurs différences de milieu social, et le fait qu'il soit déjà marié,  il va devenir le grand amour de sa vie !

Mais Lazare fait partie des meneurs, et son rôle dans la révolte est de première importance. Il en assumera les conséquences et elle-aussi, parce qu'elle a été un temps proche de lui. Elle va devoir s'enfuir en Amérique et l'attendre là-bas, pendant de longues années...

 

J'ai aimé découvrir la plume à la fois poétique et réaliste de Bernard Tertiaux. 

L'auteur que je ne connaissais pas, nous fait vivre les événements de l'époque alors que la révolte des mineurs et verriers enflamme la Belgique. C'est un épisode de l'histoire que j'avais oublié, décrit de l'intérieur, comme si nous faisions partie du groupe d'ouvriers.

Tous les faits historiques sont réels, et l'auteur s'est remarquablement documenté pour nous les décrire. Cohabitent dans l'histoire, des personnages fictifs  qui auraient pu exister et réels, comme Tiffany le verrier américain qui apparaît à la fin du roman et Jules Destrée, un homme politique belge très engagé dans le Parti ouvrier... et sans doute d'autres que je n'ai pas forcément identifiés. 

 

Je ne vais pas vous raconter tous les événements de la vie de Lena, car vous vous en doutez, ils font le sel de l'histoire, juste vous dire qu'elle va tout quitter pour rejoindre Montréal, puis New York et partir ensuite sur les routes avec une troupe de saltimbanques.  Elle va vivre pendant des mois avec eux et ils l'accepteront comme si elle faisait partie de la famille. J'ai aimé leur générosité, l’entraide et les relations entre les différentes personnages de cette troupe. 

 

Lena a une personnalité très affirmée pour l'époque. C'est une femme volontaire, dynamique et pugnace. Elle avance coûte que coûte malgré les difficultés de la vie. Elle qui a été élevée dans un milieu bourgeois, protégée de tout, mais qui a appris très jeune à se débrouiller seule en l'absence de mère,  n'hésite pas un instant à quitter sa vie bien rangée, son confort, sa famille et en particulier son père qu'elle aime pourtant profondément, ainsi que son fiancé trop ennuyeux, et à tirer un trait définitif sur les concerts auxquels elle aimait tant participer. 

Le lecteur assiste avec plaisir à sa métamorphose, à l'évolution de son point de vue sur le monde. Elle devient une véritable aventurière et sait trouver de l'aide en chemin, une aide parfois inattendue...ce qui peut paraître un peu invraisemblable, mais ne sommes-nous pas dans un roman ? Par exemple, l'aide qu'elle reçoit de Timothy Evans qui enquête sur ses liens avec Lazare, tombe à pic à un moment où tout va mal pour elle et qu'elle est poursuivie par de véritables tueurs qui sont à la recherche de Lazare. Alors qu'il pourrait la faire emprisonner, il va au contraire choisir de l'aider et même de la protéger. Mais le lecteur n'y trouve rien à redire ! 

 

Malgré quelques passages un peu long, j'ai eu du plaisir à lire ce roman, à la fois roman d'amour, d'aventure et roman historique. Un livre parfait pour se changer les idées en vacances ! 

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