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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:21
Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

…il est tard dans mes yeux
pour faire le tour du monde
mes livres sont rangés
plus de voyages à lire
que l’envers de l’exil...

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.

 

Nous continuerons toute la semaine à parler poésie...

Désolée pour celles et ceux qui n'apprécient pas mais je trouve que le Printemps des poètes est l'occasion rêvée de parler de poésie 15 jours par an. Sinon je ne le fais qu'occasionnellement lorsque je découvre un jeune auteur ou que je (re)lis un recueil.

 

Une de mes découvertes de cette année, en parcourant les pages consacrées au Printemps des Poètes 2017, a été de constater que la liste des Prix de Poésie francophone était terriblement longue et que je n'en connaissais que très peu...

C'est surprenant tout de même que ces prix ne soient pas davantage relayés dans les médias alors que l'automne nous apporte chaque année son lot de prix littéraires, tous incontournables ou presque...que certes nous lirons ou pas, mais qui ont l'avantage de nous faire connaître de nouveaux auteurs ou de débattre autour de ceux que nous connaissons déjà. 

 

Je vous rassure, je ne vais pas vous transcrire la liste de ces nombreux prix que vous retrouverez dans son  intégralité sur le net, si cela vous intéresse.  

Le site du Printemps des poètes vous propos d'ailleurs un récapitulatif des derniers prix décernés, actualisé au fur et à mesure sur le site, avec des archives des années précédentes...

 

Mais je vais vous parler brièvement d'un des derniers prix littéraires de poésie qui a vu le jour en 2016 : c'est le Prix de Poésie Edouard Maunick.

Cela m'a donné envie de mieux connaître ce poète...

 

Édouard Maunick et le Prix de poésie qui porte son nom

 

Qui est Édouard Maunick ?

 

Ce grand poète et écrivain mauricien est né en 1931 dans une famille métisse. 

Tout d'abord bibliothécaire à Port-Louis, il s'installe à Paris en 1960 où il travaille à la Coopération radiophonique tout en publiant des articles dans des journaux francophones. Il entre à l'UNESCO en 1982 et devient en 1985, membre du Haut Conseil de la francophonie, puis ambassadeur de Maurice dans  l'Afrique du Sud post-apartheid. 

Mais sa vie de journaliste et diplomate ne l'empêche pas d'écrire. Il a publié son premier recueil en 1954 et continuera à publier régulièrement. 

Ses poésies sont empreintes de son sentiment de solitude et rappellent la persécution de ses ancêtres africains.

On le qualifie souvent de poète de l'exil...ce qui en dit long. 

 

Il a reçu de nombreuses et prestigieuses distinctions au cours de sa vie dont le Prix Tchicaya U Tam'si en 1989, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française en 2003, puis le Grand Prix Léopold Sedar Senghor. 

C'est donc un bel hommage à ses concitoyens qu'il offre en créant ce prix littéraire de poésie, ouvert à tous les mauriciens, habitant l'île ou pas. 

Le premier lauréat de ce prix sera donc récompensé en 2017...

 

Si vous voulez en savoir plus sur Edouard Maunick je vous invite à visiter ce site où vous trouverez en plus de sa biographie complète, sa bibliographie et de nombreux liens vers des entretiens...

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le prix de poésie Édouard Maunick, créé en 2016 pour la première fois, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous...

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:08
Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Samira Negrouche (Photo wikipedia)

Dans les années 90, ensanglantées par le terrorisme, la littérature m’a sauvée. Elle était le refuge de mon adolescence. J’ai eu la chance de grandir dans la maison de mon grand-père qui était libraire. Je ne dormais plus dans ma chambre mais dans l’arrière salle de sa boutique, au milieu des livres.

Il se peut que le ciel se porte

sans rides ni ratures

et que tu crois tout, encore possible

dans le recommencement

 

Ou que ce nuage qui moutonne

par-delà la montagne

bouscule les ombres qui se succèdent

derrière une vitre embuée

 

Il se peut que le monde soit vaste

et que tu écrives sur ses déserts

une rencontre qui n’attend pas

que revienne la crue

 

Ou que le fleuve ne lave rien

de la mémoire, des étoiles et du doute

ou que la mer ne soit finalement

qu’une autoroute trop peuplée

 

Il se peut encore

que tout recommence

dans le possible

avec tes rides et tes ratures

rejaillir un être neuf

 

Il se peut

Samira Negrouche

Texte inédit pour Terres de femmes (2009)

 

 

Samira Negrouche est actuellement en résidence à l'espace Pandora à Vénissieux (près de Lyon pour ceux qui ne connaissent pas) et elle sera l'invitée des itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines. 

Née en 1979 à Alger où elle réside encore, cette jeune poète et traductrice est reconnue internationalement pour sa poésie mais également ses textes en prose et ses essais.

Elle est une des plus talentueuses voix de la jeune génération d'auteurs du Magheb.

Passionnée par Rimbaud et par les grands auteurs algériens du XXe siècle, elle revendique le droit d'écrire en français.

Le français est une langue algérienne...
Il existe une spécificité algérienne : la langue française n’est pas la langue des élites financières et bourgeoises contrairement à d'autres pays du Maghreb. Là-bas, le français est enseigné dans des établissements privés et onéreux. En Algérie, le français est la langue du peuple et les études primaires et secondaires sont en français. La cassure survient à l’université. Les sciences sont enseignées en français mais les études littéraires, les sciences humaines et sociales, sont en langue arabe ! En conséquence, la réflexion sociale se pense en arabe mais tout le reste se fait en français.

 

Elle a abandonné son métier de médecin par amour des mots et milite au sein d'associations culturelles et littéraires. 

Elle a obtenu ses premiers prix en 1996 et fonde en 1999 l'association CADMOS qui lui permet d'organiser de nombreuses rencontres littéraires autour du patrimoine culturel méditerranéen. Elle collabore avec de nombreux artistes visuels, ou musiciens et crée en 2016, Bâton/Totem.

Elle est très active pour faire connaître et aimer la poésie, et participe à de nombreux festivals, et à des ateliers d'écriture ou de traduction en milieu scolaire et universitaire...

De part sa naissance elle est trilingue, ce qui déjà n'est pas donné à tout le monde et elle se passionne pour les langues dans lesquelles elle excelle. Ainsi elle peut traduire aussi bien de l'arabe que de l'anglais vers le français.

Elle est l'auteur entre autres oeuvres de "A l'ombre de Grenade" (2003) ; "Le jazz des oliviers" (2010) et "Six arbres de fortune autour de ma baignoire" (2017)

Je vous propose de découvrir cette jeune femme sur la vidéo ci-dessous...et d'écouter son message de tolérance et d'ouverture sur les autres et sur la nécessaire différence. 

 

 

ou bien de suivre sa résidence à Vénissieux sur la page facebook de l'événement...

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:08
Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Harmonie Dodé Byll Catarya est une jeune poète passionnée des mots et une slameuse reconnue et charismatique. 

Née au Bénin en 1991, elle a été très jeune diplômée d'un Master en comptabilité, contrôle et audit.

En 2013, elle devient championne du Bénin Slam et s'engage dans l'écriture, ce qui la révèle au grand public.

C'est la première femme slameuse du Bénin.

Son recueil de poésie "Art-Mots-Nid" est paru aux Éditions du Flamboyant. Elle a participé également à la première anthologie de poésie féminine au Bénin. 

A Paris pour ce printemps des poètes, elle participera à la Lecture-rencontre, organisée le 18 mars prochain au Quai Branly, entre autres projets.

Si vous avez la chance d'habiter la capitale, n'hésitez pas à vous renseigner, pour la rencontrer...par exemple, elle sera demain 11 mars à la Médiathèque Marguerite Yourcenar pour un atelier d'initiation au slam et à la poésie. Si ça vous tente. 

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

 

Sur le sable…

 

Sur le sable, les feuilles de cocotiers

Sont tombées ; je les observe, couchée

Sur une natte façonnée à ma manière

Mes pores vibrent de cet air

Doux et frais ; le temps est magnifique

L’inspiration se frôle à ce bruit

Paradoxe effectif dans un univers mirifique

C’est le soleil qui, délicieusement luit

Sur ces flots bleuâtres teintés de blanc

Les yeux se régalent sous les élans

De la beauté du paysage.

Les ondes marines me parviennent

Elles me portent un message

Elles me percent l’ouïe ; Alors, viennent

Ces mots marquant mon passage

Et inoculant de l’encre à d’innocentes pages.

C’est le mystère de l’écrivain

Partout, sa plume s’agite

L’univers lui, crépite

A sa guise, ses devoirs de devin

Il est un esclave de la nature

Qui chante sans cesse ses aventures.

 

Harmonie D. BYLL CATARYA, (inédit, 2016).

 

Harmonie Dodé Byll Catarya, la poésie et le slam béninois au féminin

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:28
Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

J’écris seulement des phrases
sorties d’une nuit noire et difficile ;
et je vois, une fois le jour venu,
tout ce que l’ombre retient.

 

Ismaël Savadogo fait partie des plus jeunes poètes francophones, mis à l'honneur par le Printemps des poètes. Né en 1982, à Abidjan, il commence à écrire durant ses études de philosophie qu'il abandonne la seconde année et, pour s'occuper il publie dans des revues littéraires comme "L'intranquille" et "Traversées" .

C'est en 2015 que paraît son premier recueil "le sable de la terre" Editions du Lavoir Saint-Martin, d'où est extrait le poème que je vous propose aujourd'hui. 

Accueilli en résidence d'artistes par le Printemps des Poètes et la mairie de Paris, il restera en France jusqu'en avril et participera à des rencontres, comme celle qui aura lieu le 18 mars prochain au Théâtre du musée du Quai Branly, à Paris

Il sera à ce moment-là aux côtés de grands poètes et auteurs africains...comme par exemple, Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Tanella Boni et la jeune Harmonie Dodé Byll Catarya, dont je vous parlerai bientôt...et bien d'autres. 

 

Pour trouver là où

nul ne se souvient

 

commencer par chercher

vers un autre angle

ne serait-ce qu’une heure

chaque jour.

 

On voudrait être

dans l’endroit où l’on vole,

 

le ciel alors serait peut-être

moins souvent parti ;

 

faire entrer des enfants

s’ils peuvent tirer des étoiles,

 

si la tâche d’attendre la nuit

ne les sépare pas encore de nouveau

de ce qu’ils rêvent.

 

Extrait de "Le sable de la terre"/Ismaël Savadogo

 

 

Découvrez un de ses poèmes encore inédit, offert au Printemps des poètes...

Ismaël Savadogo, un jeune poète en résidence d'écriture à Paris

 

D'autres poèmes seront bientôt en ligne sur le site de "D'ailleurs-poésie". 

Ombre de la nuit, ombre du matin,
dans quel état nous revient le jour ?

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:00
Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Photo prise sur le blog de l'auteur (http://fkeita2013.blogspot.fr/)

Je me souviens d’un rêveur qui chantait le fleuve.
Il disait que le fleuve est source de bonheur.
De bonheur mais aussi d’espoir inouï.

Fatoumata Keïta, l'écrivaine malienne engagée

 

Née en 1977 au Mali, Fatoumata Keïta est titulaire d'une maîtrise en socio-anthropologie et d'un DEA en socio-économie du développement. Elle est aussi rédactrice de scripts radiophoniques.

Fatoumata Keïta se définit elle-même comme "une poétesse engagée et révoltée par tout ce que nos politiques font vivre aux populations". Résolument moderne, elle propose de poser un autre regard sur son pays natal. 

Sa première oeuvre parue chez NEA en 1998, s'intitulait "Polygamie, gangrène du peuple".

Depuis elle a toujours continué à écrire des poèmes, des nouvelles et même un roman "Sous fer" où elle aborde le thème de l'excision. 

Elle est lauréate du 2e prix de la première Dame du meilleur roman féminin à la seconde édition de la Biennale des Lettres de Bamako.

Elle est également lauréate du Prix Massa Makan Diabaté 2015 de la rentrée littéraire du Mali et du 2e prix du meilleur roman de l'Afrique de l'Ouest.

Elle écrit aussi des "poèmusiques" c'est-à-dire des poèmes mis en musique par Aba Diop.

Toute son oeuvre parle de la société malienne, de la liberté d'expression, du poids des traditions et de la condition de la femme. Ce qu'elle veut, c'est interpeller les consciences tout en aidant son pays à bâtir son avenir. 

 

En novembre 2016, elle a publié, avec le photographe Michel Calzat un carnet de voyage poétique qui mêle ses poèmes aux photos prises sur les bords du fleuve Djolibà à Ségou et auprès des Bozos du village de Géini.  

 

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

J'aimais cet homme qui chantait le fleuve...

 

Je vous invite à la découvrir et ce sera mon hommage personnel à toutes les femmes en cette Journée internationale de la femme

 

Pour mieux la connaître, retrouvez-la sur son blog...

 

OU écouter ce poème porteur d'espoir qui s'intitule "Demain"...

Lecture du poème intitulé "Demain", par Fatoumata Keïta

 

OU encore, si vous avez un peu de temps,  un de ses premiers poèmes, "Laissez-moi parler", un poème qu'elle a écrit lors de ses années de lycée et qui se trouve sur le premier CD regroupant ses poèmes mis en musique.

Le poèmusique "Laissez-moi parler"

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:14
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Mon destin écorché éclate de soleil, il ne faut plus dormir je sonne les réveils.

 

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain célébré au Congo mais peu connu en France. Il est pourtant une des voix incontournables de la poésie africaine.

Né à Mpili en République du Congo en 1931, il passe son enfance à Pointe-Noire. Son père, Jean-Félix Tchicaya, est instituteur et très érudit. Il rêve de voir son fils devenir magistrat. 

A 15 ans, le jeune Gérald-Félix quitte le Congo : son père vient de devenir le premier député noir qui va représenter l'Afrique équatoriale à l'Assemblée Nationale, de 1944 à 1958.

 Il deviendra plus tard, une figure majeure de la décolonisation. 

 

L'adolescent abandonne ses études au grand désespoir de son père pour se livrer à différents petits métiers et surtout se mettre à écrire. Il fréquente assidûment les cafés littéraires de la Rive Gauche. 

Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955 dans un recueil intitulé "Le mauvais sang", alors qu'il n'a que 24 ans... des poèmes largement inspirés de Rimbaud qu'il admire et qui lui vaudront son surnom de "Rimbaud noir". 

 

C'est en 1957, que Gérald-Félix Tchicaya, prend le pseudonyme de U Tam'si qui veut dire "petite feuille qui parle pour son pays". Le "mauvais garçon" devient donc Tchicaya U Tam'si. 

Malgré ses études faites en France, le poète reste très attaché à sa culture d'origine et il se qualifie lui-même non sans humour, de "poète congaulois".

Après l'indépendance de son pays natal, alors qu'il est retourné y vivre, il prend la direction du Journal local "Congo" avec son ami Patrice Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo. Mais ce dernier est brutalement assassiné ce qui oblige Tchicaya U Tam'si à retourner en France. Là, le poète va alors s'occuper d'éducation et travailler auprès de  l'UNESCO jusqu'en 1986.

Il se consacrera ensuite uniquement à l'écriture de romans, jusqu'à sa mort en 1988. 

 

Sa poésie qui s'est démarquée très tôt de la négritude et n'a jamais reflété l'exotisme africain attendu, a toujours été mal comprise par les critiques européens et a fait de lui un poète mal aimé.

Lui, était simplement épris de liberté et voulait n'être qu'un simple poète et pas forcément un poète "africain"...pourtant sa poésie est fortement enracinée en Afrique, mais par rapport à Léopold Sedar Senghor, il doute de l'avenir de son pays et lorsqu'il se tourne vers le passé, il ne voit que traite des noirs et colonialisme. 

Sa poésie est donc nettement plus pessimiste et parfois violente, tant elle est empreinte de ses doutes et de ses souffrances, de la douleur de l'exil et de son impuissance à sauver sa terre natale. 

On le considère aujourd'hui comme le poète le plus représentatif de la poésie africaine moderne.

 

Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine
Tchicaya U Tam’si, la seconde voix majeure de la poésie africaine

Présentation d'un de ces romans "Ces fruits si doux de l'arbre à pain"...

 

Si vous avez la chance d'habiter à Paris, ne ratez pas aujourd'hui même à 12 heures, la lecture à la Comédie française de poèmes de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si. 

Tous les renseignements sont sur le document ci-dessous...

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:15
Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

 

Femme nue, femme noire

 

Poème extrait du recueil "Chants d'ombre"

Ce poème sur la négritude revendique le langage et la culture du continent noir.

Publié après la seconde guerre mondiale en 1945, c'est une ode à l'amour et à la femme en général mais surtout à la femme africaine et à sa terre natale...

 

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

 

Biographie

 

Léopold Sedar Senghor naît en 1906 dans une petite ville côtière du Sénégal, au sein d'une famille catholique et francophone.

Il obtient facilement le baccalauréat après des études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar.

Ayant obtenu une bourse d'étude, il va poursuivre ses études en France dès 1928, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre Aimé Césaire. Il sera également l'ami de Georges Pompidou.

Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935 puis enseigne à Tours de 1935 à 1938.

Alors qu'il suit des cours de linguistique négro-africaine à l'Ecole pratique des Hautes études et à l'Institut d'ethnologie de Paris, il est mobilisé en 1939 dans l'infanterie coloniale (alors qu'il a été naturalisé français en 1932), puis il est fait prisonnier en 1940.

Réformé pour maladie en 1942, il participe à la Résistance.

Il va alors occuper la chaire de langues et civilisations négro-africaine à l'école nationale de la France d'outre-mer.

C'est en 1945 qu'il publie son premier recueil de poésie "Chants d'ombre" et qu'il fait son entrée en politique. Élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale, il sera plusieurs fois réélu jusqu'en 1956.

Quinze ans plus tard, il deviendra le premier président de la République du Sénégal en 1960, suite à la proclamation de l'indépendance du pays et le restera jusqu'à 1980, date à laquelle il met fin avant son terme, à son cinquième mandat.

Premier africain à être élu à l'Académie française en 1983, il devient un des pères de la francophonie. Il était donc normal qu'il soit mis à l'honneur durant ce Printemps des poètes.

 

Léopold Sédar Senghor a été notamment (informations copiées du site BABELIO):

- médaille d'or de la langue française

- grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963)

- médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965)

- grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966)

- prix de la Paix des libraires allemands (1968)

- prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969)

- grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970)

- prix Guillaume Apollinaire (1974)

- prince en poésie (1977)

 

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Léopold Sédar Senghor, une voix majeure de la poésie africaine

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:36
Crépuscule du tourment / Léonora Miano

Etre femme, c’est serrer les dents à l’intérieur, s’accrocher un sourire sur le visage. C’est endurer chaque instant. Encaisser les coups du mari.

 

Voilà un roman choral qui donne la parole à quatre femmes qui sont toutes d'une manière ou d'une autre, attachées au même homme...Dio, toujours absent. 

C'est la mère qui ouvre le roman, puis vient Amandla, son ancienne fiancée, Ixora, sa future femme et enfin Tiki, sa jeune soeur. Le destin de ces femmes se croise, leurs voix se font écho, leur permet de se rencontrer mais jamais ce qu'elles ont à lui dire ne pourra être prononcé de vive voix. Parfois elles nous racontent des faits similaires mais selon leur point de vue personnel. 

Toutes ont un lourd secret à porter dans leur coeur, un secret qui ne leur permet pas d'être heureuse, une blessure d'enfance ou de jeunesse, mais surtout le poids de l'histoire personnelle du pays, celui de l'esclavage, de l'asservissement des femmes et du colonialisme...

Il s'agit d'un roman quasi contemporain car il se passe dans les années 2010. 

 

L'air est aussi pesant que les anciens fardeaux, ces blessures souterraines dont on ne guérit pas. Les tenir secrètes, ce n'est pas seulement se garder de les dire. C'est en quelque sorte les nourrir. C'est à l'ombre que s'épanouissent certaines douleurs. C'est dans le silence que fleurissent ces obsessions qui deviennent le moteur de nos existences. Je sais nommer l'épine qui, logée en moi depuis le plus jeune âge, est ma torture et ma boussole.

 

Dio, héritier d'une famille riche et noble, décide de rentrer chez lui après des années d'absence qu'il a passé au Nord, où il pensait trouver tolérance et bonheur mais où seul le racisme et la solitude l'attendaient.

Le Nord, c'est le continent européen ! Le Nord... d'un pays d'Afrique qui ne sera jamais nommé mais qui pourrait être le Cameroun vu que l'auteur est originaire de là-bas...

Mais Dio ne revient pas seul sur les terres familiales. Il ramène avec lui Ixora, une jeune femme, la veuve de son meilleur ami, qu'il désire épouser bien qu'elle n'ait pas de "généalogie", comme le lui fait remarquer aussitôt sa mère, et de plus, elle a déjà un petit garçon...

La mère que tout le monde appelle "Madame" avec déférence prend aussitôt en grippe la jeune femme.  En effet, pour elle qui connaît ses origines, épouser une "sans généalogie" s'est brouiller les voies du sang, modifier le statut social de la famille acquis au cours d'années de lutte, faites de sacrifices et de renoncements.

Ces personnes sont forcément des descendants de l'esclavage.

Alors, pour elle qui voit déjà son fils comme un renégat qui a refusé d'occuper son rang et de fréquenter des gens de son milieu social, il n'existe qu'une seule solution, c'est l'empêcher d'épouser Ixora et pour cela, elle n'hésitera pas à avoir recours à une "sorcière"...

Mais Madame qui a forgé son caractère, pour enfouir de graves blessures, qui a supporté la violence et les coups de son mari, n'en sortira pas non plus indemne...

 

...c'était moi qui avait rompu, mais que veux-tu j'étais lancée, tu m'avais forcée à dégainer, à tirer plus vite que mon ombre, et j'opérais à l'aveuglette, ivre de mon propre verbe, me libérant au fond d'un poids sans rapport avec tout cela, l'objet des querelles est souvent au-delà, on le sait mais c'est peine perdue, si la raison l'emportait toujours nous serions des dieux pas des humains.

 

Le lecteur entre dans le destin de ces quatre femmes africaines, dans leurs désirs les plus secrets, leurs envies d'être aimées et d'aimer. Quatre voix différentes qui sont autant de monologues...un cercle très féminin et très sombre avec ces traditions d'un autre âge, ces confessions et ces secrets... 

Elles sont toutes quatre aux prises avec leur famille, leur solitude, la douleur et le doute. Leur vie est imprégnée de la grande Histoire qui a laissé des traces indélébiles et les empêchent de s'ouvrir vers une modernité nécessaire mais qui leur fait cependant renier leurs origines, leurs langues, leurs traditions.

Leur prison est tout à fait oppressante...

Dans leurs paroles qui ne seront jamais entendues par le principal intéressé, elles tentent de s'expliquer pourquoi Dio, cet homme qu'elles étaient prêtes à aimer, les a fui.

Ainsi un jour, elles comprennent que c'est uniquement par lâcheté et surtout par peur...en particulier peur du rôle assigné aux hommes dans ce pays.

Dio est un homme qui au fond n'accepte pas que sa famille fasse partie, à la fois des bourreaux, puisque du côté des colons et des victimes, puisqu'elle a perdu son identité, sa langue, sa culture...

Il retourne ses propres manques contre les femmes qui l'entourent... car il a très peu d'estime pour lui-même. Dans ce pays hélas, on est un homme, un vrai, uniquement lorsqu'on soumet une femme devant tout le monde et si elle n'accepte pas la soumission...on la bat ! 

 

Ce que j'ai à te dire aujourd'hui...c'est que j'ai trouvé ma tranquillité, "ma personne", au coin d'une rue, là où la ville débouche sur le quartier des femmes sauvages, ce lieudit Vieux Pays, et, du fond du coeur, je voudrais que tu connaisses cela, mon ami, toi aussi, un jour, je voudrais que tu n'aies pas assassiné tes possibles.

 

Pourtant, s'accepter c'est une façon de se reconstruire, de soigner ses blessures et donc de pouvoir vivre au grand jour...à la lumière. Et pour s'accepter et accepter de vivre il faut pouvoir parler.

Ce qu'elles font...


 

 

L'ombre et la lumière ne sont pas si disjointes qu'il nous plait souvent de le penser. Elles sont l'envers et l'endroit d'une même étoffe.

 

C'est un roman qui reste difficile à lire. J'ai trouvé certains passages très durs tant au niveau de la teneur des propos que du contenu, sans doute par manque de connaissances culturelles ou historiques sur le pays. Ces difficultés ne m'ont pas empêché de le lire jusqu'au bout et je tiens à soulever sa grande valeur littéraire et culturelle.

La cause des femmes est un combat de tous les temps et toujours d'actualité. Comment accepter que de nos jours tant de femmes ne sachent pas ce que veut dire le mot liberté et vivent encore sous le joug d'un homme violent prêt à tout pour asseoir son autorité...

J'ai cependant  préféré la lecture de "Contours du jour qui vient", du même auteur, chroniqué ici sur ce blog...qui avait obtenu, il y a déjà dix ans, le prix Goncourt des Lycéens.

 

Je sus très tôt que la terre où l'espèce humaine vit le jour s'appelait Kemet. Que nous étions des Kémites. Pas des Noirs. La race noire n'avait été inventée que pour nous bouter hors du genre humain. Justifier la dispersion transatlantique. Faire de nous des biens meubles que l'on achèterait à tempérament. Des bêtes que l'on marquerait au fer rouge avant de les baptiser selon le rite chrétien. Nous résiderions désormais entre l'objet et l'animal. Tel est le sens du nom racial dont on nous affubla. Jamais il ne fit référence à nos trente-six carnations. Je ne comprends pas que nous soyons si nombreux à nous définir ainsi.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:41
Petit Piment / Alain Mabanckou

On m'avait prévenue : il ne fallait pas commencer par celui-là pour une première lecture d'Alain Mabanckou. Il valait mieux lire d'abord "Mémoires d'un porc épic" (Prix Renaudot 2006) ou encore "Cassé" (2005).

Mais bon, je veux toujours me faire ma propre opinion sur les choses sans tenir compte de l'avis des autres, alors lorsque j'ai trouvé "Petit Piment" sur la table des nouveautés de la Médiathèque : je n'ai pas pu résister.

L'histoire

 

"Petit Piment" est un jeune orphelin de Pointe Noire. Celui qu'on a baptisé "Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko", ce qui signifie en lingala "Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres" mais que ses camarades d'orphelinat, appellent tout simplement Moïse, grandit à Loango, au Congo dans les années 60.

 

L'orphelinat, dirigé par Dieudonné Ngoulmoumako, est une institution catholique.

Petit Piment est malmené par ses camarades. Il subit comme les autres enfants l'autorité abusive du directeur et la violence des surveillants qui n'hésitent pas à battre les enfants au fouet.

Seul Papa Moupelo, le prêtre qui vient chaque semaine apprendre aux enfants des chants et des danses et, Sabine Niangui, qui les soigne quand ils sont malades apportent un peu de baume au coeur des enfants.

 

Petit Piment a tout de même un ami, c'est Bonaventure. Pour le défendre, il se fait deux ennemis parmi les grands en leur mettant du piment dans la nourriture ce qui va les rendre très très malades et qui vaudra à "Petit Piment" une certaine notoriété et son surnom. Ce sont les terribles et violents jumeaux Songi-Songi et Tala-Tala.

 

Mais le vent tourne Dieudonné Ngoulmoumako est un être corrompu. Il fait renvoyé papa Moupelo et laisse Sabine Niangui partir "à la retraite". Puis il se range du côté de la révolution socialiste et ne jure plus que par elle...De plus il compte bien appliquer les nouvelles règles en matière d'éducation des enfants et devient de plus en plus autoritaire. Les enfants souffrent.

 

Un jour,  Petit Piment s'enfuit de l'orphelinat, avec l'aide des jumeaux dont il s'est fait des alliés, abandonnant Bonaventure qui ne veut pas se joindre à eux. Aidés par des gardiens qui se révoltent, les ados rejoignent Pointe-Noire.

Là-bas Petit Piment va d'abord découvrir les difficultés de la survie dans la rue et l'injustice sociale. Il s'adonne avec son clan à toutes sortes de petits larcins pour pouvoir survivre, manger et résister à la violence entre clans.

 

Il va trouver refuge chez Maman Fiat 500, une maquerelle qui supervise une maison close. Il va se sentir protégé dans cette petite communauté, entouré des "filles" souriantes et chaleureuses.  Elle va s'occuper de lui comme une mère, lui trouver du travail, l'inciter à devenir autonome en lui confiant les clés de son petit cabanon où Petit Piment va s'installer...

 

Mais un jour le maire de Pointe-Noire décide, après avoir nettoyé les rues, de nettoyer les maisons closes de la ville. Lorsque Petit Piment revient "chez lui", la maison de Maman Fiat 500 a été rasée et rien ne reste plus de sa vie passée.

Petit Piment se retranche dans son petit cabanon, abandonne définitivement son travail sur le port et se laisse aller à la boisson... jusqu'à la folie.

 

Ce roman d'Alain Mabanckou est une véritable découverte pour moi.

 

Son style est très vivant et plein d'humour. Il nous immerge dès le premier chapitre au coeur de son pays, le Congo.

L'auteur nous décrit de façon très imagée toute une série de personnages hauts en couleur, les croyances de son pays et de nombreuses anecdotes amusantes...

Mais il nous donne à voir sans concession la corruption de son pays dans les années 60 et les divisions internes entre les différentes ethnies.

 

Alors que j'ai beaucoup aimé les 2/3 du roman, la fin m'a lassée.

La période très longue où "Petit Piment" tombe dans la folie puis les instants où il tente de se soigner, m'ont éloigné de lui.

Je me suis forcée à terminer ce roman dont le début m'avait enchanté...

 

La dédicace nous invite à comprendre le but de l'auteur en écrivant ce livre sur son pays :

"En hommage à ces errants de la Côte sauvage qui, pendant mon séjour à Pointe-Noire, me racontèrent quelques tranches de leur vie, et surtout à “Petit Piment” qui tenait à être un personnage de fiction parce qu’il en avait assez d’en être un dans la vie réelle..."

 

L'auteur s'est, certes, inspiré d'un enfant des rues, réellement rencontré lors de son séjour à Pointe-Noire... Néanmoins, l'histoire de cet enfant orphelin, délaissé par la société et obligé de se débrouiller seul, ou presque,  a une portée universelle.

 

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 13:01
Americanah / Chimamanda ngozi Adichie

Americanah...

C'est ainsi que l'on appelle les nigérians qui ont traversé l'Atlantique pour faire fortune en Amérique, avant de revenir au pays. Une façon de se moquer de ceux qui, une fois revenus, se sentent bien trop souvent supérieurs aux autres...

 

 

Ifemelu en deviendra-t-elle une ?

 

Le roman débute alors qu'Ifemelu se rend chez une coiffeuse pour réaliser des tresses (de vraies tresses africaines).

Les scènes du présent, alternent avec les souvenirs du passé : ses parents, sa jeunesse, ses amis, ses débuts en Amérique et surtout Obinze, son grand amour... le tout agrémenté par des extraits des pages de son blog.

 

 

L'histoire

 

Encore jeune et innocente, Ifemelu a décidé de quitter le Nigéria pour effectuer ses études en Amérique, à Philadelphie.

Elle laisse derrière elle ses parents et son grand amour, Obinze, admirateur inconditionnel de l'Amérique. Il doit venir la rejoindre dès qu'il aura obtenu sa licence et un visa.

 

Mais rien ne se passe comme prévu...

 

Le premier été en Amérique se déroule sans problèmes. Ifemelu vit chez Uju, sa jeune tante  installée depuis peu là-bas. Elle s'occupe beaucoup de Dike, le fils d'Uju,  avec lequel elle va nouer une relation privilégiée.

 

Puis l'année universitaire commence...et les ennuis avec !

Ses débuts ne sont pas faciles. Il lui faut survivre loin des siens dans un pays où elle découvre pour la première fois de sa vie qu'elle est "noire", et où tout est fait pour les blancs...

Pourtant après de nombreuses difficultés financières, et sa rupture avec Obinze, elle trouve un job chez des gens respectueux de sa culture, se fait des amis, rencontre Curt, un blanc très amoureux d'elle, puis Blaine avec qui elle a une liaison...

Mais Obinze reste à jamais dans son coeur et sa présence, l'empêche d'être heureuse là-bas.

 

Comment s'intégrer en gardant son identité culturelle, sans prendre l'accent américain, ou sans adopter le mode de vie local, par exemple ?

Comment rester soi-même ?

Et comment accepter que la couleur de peau devienne d'un seul coup importante alors qu'au Nigéria, cela n'en avait aucune ?

 

Parce que Ifemelu découvre au contact des "blancs" qu'elle est très "noire", elle décide d'écrire un blog qui parlera de la race, de l'identité culturelle et de l'assimilation.

Elle deviendra une blogueuse renommée.

Son blog  à succès intitulé "Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu’on appelait jadis les nègres) par une Noire non-américaine ", lui assurera un succès grandissant et lui permettra de vivre de ses conférences.

 

Aussi, elle surprendra toutes ses connaissances lorsqu'elle décidera subitement de rentrer au pays, ce que Blaine ne comprendra pas et prendra pour une ruptur définitive.

 

Mais a-t-elle vraiment pris cette décision subitement ?

N'est-elle pas plutôt le fruit d'années de réflexions ?

 

En sourdine comme s'il s'agissait d'un récit dans le récit, le roman raconte le vécu d'Obinze. Il obtient un visa pour l'Angleterre (son second choix pour y faire des études). Il ne peut la rejoindre en Amérique... A l'expiration de son visa d'étudiant, il va vivre en clandestin jusqu'à son arrestation et son expulsion, alors qu'il est sur le point de contracter un mariage blanc. Son retour à Lagos se fera dans l'humiliation.

 

Quinze ans après, tous deux se retrouvent...

Que leur reste-t-il à partager ?

Ce que j'en pense

 

C'est un  roman à la fois léger et grave, souvent drôle et ironique...

Il analyse avec lucidité les travers de nos sociétés multiculturelles et nous invite à réfléchir à la notion de différence, sans jamais condamner personne, ni culpabiliser...

Le roman aurait pu tomber dans la caricature et porter un jugement face à l'idée de racisme et de race. Ce n'est en rien le cas !

Il montre simplement que la ségrégation est toujours bien présente en Amérique et d'autant plus insidieuse qu'elle est devenue invisible.

 

 

On passe d'un salon de coiffure, aux dîners entre amis, aux discussions de couple ou familiales et le lecteur suit un personnage féminin de plus en plus attachant...

La coiffure et les problèmes de cheveux, lisses ou frisés, naturels ou travaillés en tresse, collées ou pas, avec des extensions ou pas... devient le symbole de l'identité noire et de ses différences culturelles dans une société où être blanc, blonc et lisse, sans rien qui dépasse, permet d'accéder à un travail et à la reconnaisance, poussant les "noirs" à changer de look pour mieux s'intégrer.

 

 

L'écriture est très imagée et bourrée d'expression igbo. La complexité de la construction de ce roman captivant,  n'entache absolument pas la fluidité du récit, ni le plaisir qu'on prend à le lire que l'on soit blanc ou noir.

 

Ce roman nous fait également pénétrer dans les milieux cultivés du Nigeria, où il est normal que les enfants partent faire des études à l'étranger.

Mais arrivés à l'étranger ces jeunes de millieux aisés se retrouvent "déclassés" en quelque sorte : ils deviennent des immigrés alors qu'ils n'en sont pas, dépourvus de culture propre, tous considérés comme des "noirs" quelle que soit leur origine et bien qu'ils ne se ressemblent pas, car les noirs ne sont pas tous noirs de la même façon...rien à voir par exemple entre une noire américaine, une caribéenne ou une africaine.

 

Ce roman amène le lecteur à entrer dans les rêves de ces milliers de jeunes nigériens qui veulent partir en Amérique ou à défaut en Grande-Bretagne, pour y vivre plus heureux, y poursuivre des études plus intéressantes, y devenir plus riche...

Ils rêvent d'un ailleurs meilleur où ils puissent vivre vraiment et veulent quitter leur pays parce qu'ils n'ont aucun avenir ici, qu'ils étouffent ou qu'ils ne veulent pas devenir comme leurs parents.

Ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres ou parce qu'il y a des conflits internes au pays, non, c'est simplement pour vivre libres et avoir le choix de leur avenir.

 

Ce roman montre sans concession les difficultés qui les attendent. Elles sont d'ordre économiques d'abord, puis sociales, avec la difficulté de s'intégrer (plus difficile encore pour les garçons).

Elle sont aussi psychologiques et destructrices car ces jeunes "immigrés" sont confrontés à la pauvreté et à la clandestinité. Les étudiants n'ont pas le droit de travailler et sont obligés d'emprunter la carte de séjour de quelqu'un d'autre puis de changer de nom, pour obtenir un job leur permettant de payer leur loyer. Certains ont recours aux mariages blancs, d'autres vont en prison et sont renvoyés dans leur pays.

 

S'ils s'intègrent, c'est au détriment de leur propre culture, voire de leur personnalité... Quand on est dans un pays qui n'est pas le sien on a tendance à se soumettre aux multiples représentations que les habitants de ce pays prennent pour la réalité. Il s'agit donc pour eux de faire et de dire ce qu'on attend d'eux, d'être "politiquement correct" en somme, et il n'y a rien de plus destructeur que cette pression sournoise de la société.

 

Mais au bout du compte lorsque nos deux héros reviennent au pays, ils  ne l'aiment pas davantage, non, mais ils le regardent différemment, comprennent mieux ses difficultés, en acceptent les problèmes et les atouts. Ils ont grandi et sont simplement devenus adultes...

 

 

Quelques extraits pour vous mettre dans l'ambiance

 

"En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire."

 

"Le vent qui soufflait à travers les Iles Britanniques était chargé des peurs suscitées par les demandeurs d'asile, engendrant chez tous la crainte d'une catastrophe imminente, et ces articles étaient écrits et lus, naturellement et avec obstination, comme si leurs auteurs vivaient dans un monde déconnecté du passé, sans avoir jamais envisagé que cette situation était un développement naturel de l'histoire : l'afflux en Angleterre de citoyens à la peur noire ou brune venant de pays créés par l'Angleterre."

 

"Si vous dites que la race n'a jamais été un problème, c'est uniquement parce que vous souhaitez qu'il n'y ait pas de problème. Moi-même je ne me sentais pas noire, je ne suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique. Quand vous êtes noire en Amérique et que vous tombez amoureuse d'un Blanc, la race ne compte pas tant que vous êtes seuls car il s'agit seulement de vous, et de celui que vous aimez. Mais dès l'instant où vous mettez le pied dehors, la race compte. Seulement nous n'en parlons pas. Nous ne mentionnons même pas devant nos partenaires blancs les petites choses qui nous choquent et que nous voudrions qu'ils comprennent mieux, parce que nous craignons qu'ils jugent notre réaction exagérée ou nous trouvent trop sensibles."

 

"Le Nigeria devint l’endroit où elle devait être, le seul endroit où elle pouvait enfouir ses racines sans éprouver en permanence le désir de les arracher et d’en secouer la terre."

Un extrait du blog...

 

"En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé. Les racistes sont des méchants Blancs aux lèvres minces dans les films qui traitent de l'époque des droits civiques. Le problème est là : les manifestations de racisme ont changé mais pas le langage. Par exemple : si vous n'avez pas lynché quelqu'un, on ne peut pas vous qualifier de raciste. Si vous n'êtes pas un monstre assoiffé de sang, on ne peut pas vous qualifier de raciste. Quelqu'un devrait être chargé de dire que les racistes ne sont pas des monstres. Ce sont des gens qui ont une famille aimante, des gens ordinaires qui payent leurs impôts..."

p 350-351

Que dire sur l'auteur ?

 

Née en 1977, Chimmanda Ngozi Adichie a quitté le Nigeria à l'âge de 19 ans pour suivre des études en Amérique en sachant très bien qu'elle allait ensuite revenir au pays.

Elle partage aujourd'hui sa vie entre le Maryland et Lagos.

Ses précédents livres connaissent un important  succès dans le monde entier :

- "L'Hibiscus pourpre", révélé par Anne Carrière en France.

- "L'autre moitié du soleil", sur la guerre du Biafra.

- "Autour de ton cou".

 

"Americanah"  a été traduit en 25 langues. L'auteur ne cache pas qu'elle s'est inspirée de sa propre vie et de sa propre expérience pour écrire ce roman et qu'il y a un peu d'elle-même, non seulement sans Ifemelu mais aussi dans ses autres personnages.

Elle vit aujourd'hui de sa plume. Mais c'est aussi une féministe engagée.

Sa conférence, organisée en décembre 2012 et intitulée :"Nous devrions tous être féministes" a été publiée en folio au printemps dernier.

Elle a même inspiré une chanson (Flawless)  à la chanteuse américaine Beyoncé, chanson dont le clip révèle la voix de l'auteur entrain de faire son discours que je vous conseille de visionner dans sa totalité ci-dessous.

Si vous n'êtes pas anglophone, pensez à activer le sous-titrage en français dans les paramètres.

 

Nous devrions tous être féministes

"Americanah", sera prochainement porté à l’écran.

Lupita Nyong’o, associée à Brad Pitt, en a acheté les droits et incarnera l’héroïne, tandis que David Oyelowo tiendra le rôle de Obinze.

De belles images en perspectives...

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:06
Tarek El-Tayeb, le poète soudanais

Tarek Eltayeb est né au Caire en 1959 dans le quartier de Bab El-shariyya (littéralement, "la porte de la poétique")..

Son père est soudanais et sa mère d'origine soudano-égyptienne.

Son père posséde une bibliothèque personnelle bien garnie dans laquelle le jeune Tarek puise. Quand son père lit, le petit Tarek qui ne sait pas encore lire, s'installe à côté de lui "pour l'imiter".

Plus tard, il lira non seulement des classiques arabes et des écrits de l'Egyptien Naguib Mahfouz mais aussi Hemingway, Steinbeck.

 

“J’étais convaincu non seulement qu’il fallait les lire, mais en plus qu’ils avaient été écrit par mon père, puisque -méticuleux comme il était- il gravait son nom sur tous les volumes."

 

Il a passé son enfance dans le quartier de Ain Shams, là où résident encore ses parents.

Lorsqu'il rentre à l'école, il sait déjà lire et écrire et comme le (la) maître(sse) voit qu'il est en avance sur les autres, il (elle) lui confie son propre fils à qui il raconte des histoires...

 

En été, il se déplace entre la région de El-Husayniyya où vit sa grand-mère maternelle et la région de Abou Saqal, au nord du Sinaï.

Après 1967, la famille déménage à Ain Shams, dans le nord du Caire, un quartier avec de grandes communautés coptes soudanaises et égyptiennes.

Toutes les après-midi, les femmes se réunissent dans la maison pour cuisiner et le jeune Tarek écoute leurs histoires...beaucoup plus intéressantes et amusantes que celles des hommes qui eux parlent uniquement argent et politique.

De plus les enfants jouent un rôle important au sein de la famille. Si la grand-mère est obligée de sortir pour faire des courses, elle leur demande d'écouter le feuilleton à la radio (qui à l'époque durait une semaine) et de lui raconter l'histoire !

Comme ils sont jeunes, chacun raconte l'histoire à sa façon en inventant des détails, réinventant l'histoire en créant des éléments nouveaux...

 

Eltayeb débute ses études à l’école coranique du Cheikh Ali, avant de s’inscrire à l’école primaire de l’Imam Mohammad Abdo puis à l’école El-Nahda et l’école Ibn Khaldoun pour les études complémentaires et secondaires. C'est durant sa scolarité que son intérêt pour la langue arabe classique commence à se développer.

Après l'obtention de son baccalauréat en 1981, il étudie à l’université de Ain Shams au Caire où il obtient son diplôme de Commerce.

En parallèle, il travaille comme comptable au Caire jusqu'en 1984.

 

Lorsqu'il décide de quitter son pays dans les années 80, c'est parce qu'il n'y a pas d'avenir, ni intellectuel ni professionnel, pour les jeunes  (les jeunes touchent des salaires de misère) et qu'il subit en tant que soudanais d'origine, une pression énorme à cause des tensions politiques entre l'Egypte et le Soudan.

 

Avant de partir, il passe six mois en Irak où il travaille dans le restaurant d'un ami. Mais là-bas rien n'est simple : le restaurant est dans un village isolé et a peu de clients. Les factions kurdes et arabes se battent (les deux amis se retrouvent coincés en plein milieu).

Son ami est contraint de travailler dans le commerce des épices et disparaît (avec l'argent de certains clients). Les clients se retournent contre Tarek qui est contraint de rentrer rapidement  au Caire.

 

Tarek ne veut pas faire comme les autres soudanais et partir dans un Pays anglophone ou bien francophone. Il pense d'abord à L'Allemagne, puis apprend qu'en Autriche les étrangers ne payent pas de frais de scolarité.  L'Europe l'attire au point de vue culturel.

 

En 1984, il s'installe alors à Vienne où il vit toujours aujourd’hui. Il y rencontre sa femme, Ursula.

“Quand j’annonçai à mon père que je me mariai ici dans le nord, il ne me le reprocha pas. Lui, d’ailleurs seul garçon d’un père entouré de treize femmes, quand il partit au Caïre pour se marier à ma mère, fut déshérité par mon grand-père. Il comprit qu’il était inutile de me faire vivre le même cauchemar.”

 

Pour financer ses études à l'Université de Vienne, il est obligé d'effectuer de petits emplois comme distributeur de journaux, de tracts, ou employé à la plonge...

Il enseigne aussi l'arabe et plus tard travaille comme traducteur et interprète.

 

Puis il prépare et soutien une thèse de Doctorat en Sciences Economiques et Sociales à l'Institut de Philosphie économique intitulée :

"Le transfert de technologie par l'intermédiaire de l'éthique dans la lutte entre l'identité et le profit".

Il obtient son doctorat en sciences économiques et sociales en 1997 et est actuellement professeur et maître de conférence à l'Université internationale des Sciences Administratives de Krems, en Autriche.

 

Il écrit de la poésie depuis 1985 et publie régulièrement ses poèmes dans plusieurs revues arabes et européennes. Il écrit aussi des textes courts, des textes en prose et des articles dans diverses revues.

 

En Autriche, il a obtenu la bourse d’Etat pour la littérature trois années consécutives (2001-2004) et plusieurs autres bourses d'études.

 

Il a été récompensé par le Grand Prix International de Poésie au Festival International Des Curtea Arges en 2007 (en Roumanie).

 

Il participe à différentes manifestations en particulier des lectures poétiques tout autour de la Méditerranée et jusqu'aux États-Unis.

En 2009 (entre le 22 et le 30 juillet)  il participe au deuxième Festival international de Poésie, organisé par les Amis de la Bibliothèque de San Francisco aux côtés de nombreux auteurs.

En 2011, il participe à la sixième édition du Festival de la Littérature méditerranéenne à Malte  (8 au 10 septembre) aux côtés d'écrivains de renom venant de neuf pays. Le thème central  était "Le printemps arabe : Dignité et Liberté".

 

Son oeuvre parle de l'émigration. Sa langue possède une gamme de couleurs et de nuances qui proviennent directement du dialecte soudanais, tout en étant largement influencée par l'arabe, mais aussi par la culture européenne.

“Ma langue littéraire, bien qu’elle soit l’arabe classique, inclut des nuances du dialecte soudanais de mon père, de l`’arabe du Caïre et, naturellement, de l’allemand, puisque j’habite à Vienne depuis 20 ans”.

Il ne se considère pas comme un poète exilé puisqu'il vit à Vienne par sa propre volonté. Ses écrits ont été traduits en six langues :  anglais, français, allemand, macédonien, serbe et espagnol.

 

 

Un jour en 1998, il rencontre Naguib Mahfouz  (Premier écrivain de langue arabe à avoir obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1988) au Café Ritter, un des café historiques de Vienne où se tenaient des rencontres littéraires.

Tarek n'en revient pas que celui-ci connaisse ses oeuvres. Naguib Mahfouz  lui demande de s'installer à côté de lui et de lire ses textes...

 

"Il me demanda de lire mes histoires. Lorsque ce Prix Nobel connut ma présence dans le café, il voulut que je m’assoie à ses côtés et je me sentis ému comme un écolier. Il voulait tout savoir de la vie en Autriche, de ses différences avec la société égyptienne ; il était très intéressé par mes projets. Non seulement il avait lu mes histoires, mais en plus il les connaîssait très bien”.

 

En 1994 Naguib Mahfouz avait été l'objet d'un attentat durant lequel il a été blessé à la main droite, à cause de son livre "Les Fils de la Médina", jugé blasphématoire parce qu'il avait osé y personnifier Jésus, Moïse et Mahomet.

Le roman avait d'abord été publié en 1959 dans la presse égyptienne, avant d'être interdit par les islamistes car jugé dangereux pour la religion. Il n'a jamais pu être publié en Egypte...

 

Tarek Eltayeb a vu lui aussi certains de ses écrits censurés comme par exemple une de ses histoires courtes intitulée "Ils sortent d'ici" jugée trop implicite sexuellement...

 


 Sitographie

 

- le site cafebabel.
- le site consacré à l'auteur.

- le site de poésie (italien).

 

Bibliographie

Publications en arabes :
 

  • Villes sans palmiers , roman, al-Jamal – Cologne 1992, puis Al-Hadâra – Le Caire 1994.
  • L’Ascenseur , pièce de théâtre, As Salam – Le Caire 1994.
  • Le chameau ne s’arrête pas devant un feu rouge, nouvelles, Al-Hadâra – Le Caire 1993.
  • Rappelez-vous les bienfaits (Mahâsen)…, nouvelles, Sharqiyyat – Le Caire 1998.
  • Une valise remplie de pigeons et de roucoulement
  • , prose et poèmes, édition bilingue arabe/allemand, Selene, Vienne 1999.
  • La terreur de l’œil blanc , poèmes, Merit – Le Caire 2002.


    Publications en français :

     
  • Villes sans palmiers, traduit de l’arabe par Paul Henri, L’esprit des péninsules, Paris 1999.


    Publications en Allemand :

     
  • Ein mit Tauben und Gurren gefullter Koffer , édition bilingue arabe/allemand (traduit de l’arabe par Ursula Eltayeb), Selene, Vienne 1999.
  • Städte ohne Dattelpalmen, traduit de l’arabe par Ursula Eltayeb, Selene, Vienne 2000.
  • Aus dem Teppich meiner Schatten , traduit de l’arabe par Ursula Eltayeb, Selene, Vienne 2002.

 

*********************************************

 

Choix de poèmes...

Caffè e acqua  (Eau et café

Traduit de l'italien

source http://www.casadellapoesia.org

 


Cent fois par jour, il dit
"Je devrais revenir. Ici, il n'y a aucune pitié.
Là-bas, il y a gentillesse et chaleur et ... "
Puis il se tait.

Je lui demande: «Là-bas?
Où est-ce  ? "
Il Indique quelque part.
Le visage impassible,
Il ne dit plus rien.

Je le prends par la main.
Nous allons dans un café
et nous nous asseyons à une table tranquille dans un coin.
Je commande un café pour lui
et de l'eau pour moi.

Je lui parle en arabe
et je mélange l'eau au café.
Il est contrarié, « Tu es fou ?"

Il essaie d'enlever l'eau
du café.

Il recommence

Il essaie de faire revenir l'eau
dans l'eau.

 

 

Remarque : Traduction personnelle qui me semble meilleure que celle de google-traduction !! J'espère être restée fidèle à l'auteur. Je la corrigerai lorsque je serai en possession du recueil.

 

Noir

Traduit de l'italien 

Source :http://www.casadellapoesia.org

 

J'ai traversé la rivière,
et quand j'ai atteint l'autre rive
J'étais noir.
J'ai crié à mon compagnon sur la rive
"L'eau est superbe. Viens ! "
Mais ma couleur lui faisait peur,
Il n'a pas dit un mot.
Je lui ai dit
de traverser la rivière.
Il murmura quelque chose,

et le vent amena
quelques fragments de ses paroles.
Je lui ai crié
de venir plus près
Mais mon compagnon avait peur
de ma couleur
et ne m'écoutait plus
oubliant notre passé.


Chaque année, je descend à la rivière,
Je l'appelle devant tous ces gens,
Je suis sur ​​le point de le retrouver
Mais j'ai peur de perdre
ma vraie couleur
et ma raison.

 

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