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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 05:16
La chapelle Sainte Madeleine de Monistrol-d'Allier (43)

La chapelle Sainte Madeleine de Monistrol-d'Allier (43)

Après notre balade sur les bords de l'Allier en crue, nous avons eu envie de prendre un peu de hauteur et de monter à la chapelle Sainte Madeleine, située au-dessus du village de Monistrol-d'Allier. 

Cette petite chapelle troglodyte se trouve sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. 

Elle est inscrite depuis 2005 seulement aux MH.

 

Le chemin d'accès est très joli et bien signalé. Il grimpe jusqu'à une carrière de prismes basaltiques. On peut aussi atteindre cette chapelle par l'ancienne route de Saugues. 

Le chemin d'accès...
Le chemin d'accès...
Le chemin d'accès...
Le chemin d'accès...
Le chemin d'accès...

Le chemin d'accès...

Le sentier s'élève au-dessus du village et nous permet d'avoir une vue magnifique sur Monistrol-d'Allier et la rivière en contrebas. 

Vue sur le village

Vue sur le village

Vues sur l'Allier en contrebas
Vues sur l'Allier en contrebas
Vues sur l'Allier en contrebas
Vues sur l'Allier en contrebas

Vues sur l'Allier en contrebas

Puis, au détour du chemin, on aperçoit le sommet de la chapelle sous la roche, encore cachée par la végétation. 

Le sommet de la chapelle sous la roche
Le sommet de la chapelle sous la roche
Le sommet de la chapelle sous la roche

Le sommet de la chapelle sous la roche

En contrebas, à la croisée des chemins, se trouve une jolie croix sur son socle de pierres.

La croix sur son socle de pierre
La croix sur son socle de pierre
La croix sur son socle de pierre

La croix sur son socle de pierre

Cette petite chapelle adossée à un rocher, a trois ouvertures fermées par des sortes de colonnes, aménagées pour créer un courant d'air permettant d'assécher l'humidité du lieu en toute saison. 

La chapelle elle-même daterait du XIIIe siècle et aurait été au départ un simple oratoire dédié à la Sainte. Mais rien ne prouve que cet oratoire était bien situé à cet endroit... 

La grotte actuelle dans laquelle a été érigée la chapelle aurait servi d'habitation celtique. En fait le mur de façade ferme tout simplement la grotte. 

 

Au dessus de la porte sculptée, qui s'ouvre au milieu de la façade, un occulus est occulté par un vitrail (pas de recul pour le prendre en photo) au risque de tomber de la falaise ! 

Le tout est surmonté d'une petite croix en tuf. 

La chapelle aurait subi des transformations au XVIIIe et XIXe siècle. De nombreuses archives notariales mentionnent des donations testamentaires pour faire dire des messes, ou réparer la chapelle entre 1682 et 1781. 

Autres vues de la chapelle.
Autres vues de la chapelle.

Autres vues de la chapelle.

Gravure ancienne de la chapelle (https://www.monistroldallier.fr/eglises-et-chapelles-monistrol-allier-43_fr.html)

Gravure ancienne de la chapelle (https://www.monistroldallier.fr/eglises-et-chapelles-monistrol-allier-43_fr.html)

Voici des détails de la porte : elle est en bois de pin clouté, et son tympan est sculpté dans la masse. 

Le tympan de la porte d'entrée

Le tympan de la porte d'entrée

La chapelle était fermée car elle n'ouvre qu'en été. Il faudra donc qu'on y retourne un  jour.

L'autel Renaissance que nous avons aperçu entre deux "colonnes", était à l'origine polychrome. Des statues se trouvent à l'intérieur dont une en bois représentant Sainte Madeleine, bien entendu, puisque la chapelle porte son nom.

J'espère pouvoir vous la montrer si j'y retourne durant l'été ! 

Vue de l'intérieur (l'autel)

Vue de l'intérieur (l'autel)

La légende nous dit qu'ici un cavalier, gouverneur du Puy, aurait échappé à un accident en invoquant Sainte Madeleine, alors qu'il était désarçonné par son cheval au bord de la falaise. Sauvé d'une chute mortelle grâce à sa prière, il aurait fait construire la chapelle en érigeant un mur devant la grotte. 

Une autre légende affirme qu'une femme originaire de Saint-Alban, se rendant au Puy pour un procès, aperçut en longeant le chemin une image de Sainte-Madeleine tenant une tête de mort. Elle l'emporta dans un livre. Mais à chacun de ses voyages, elle retrouva la même image au même endroit. Elle fit alors le vœu que si elle gagnait son procès, elle ferait ériger un oratoire à l'endroit même de cette grotte. 

[source : site de monumentum

Contre le rocher se trouvent d'anciennes sépultures d'enfants et de femmes adultes qui ont été découvertes au XVIIIe siècle. Certaines dateraient du XIVe siècle mais des monnaies du XVIIe siècle se trouvaient dans d'autres. Ces sarcophages ont peut-être été réemployés comme cela se faisait souvent. 

Les sarcophages
Les sarcophages
Les sarcophages
Les sarcophages

Les sarcophages

La chapelle dépend du petit hameau d'Escluzels dont je vous parlerai dans un prochain article, enfin comme d'habitude...si vous le voulez bien car, bientôt comme nous sommes à deux pas,  nous allons ensuite y grimper !

 

N'oubliez pas de cliquer sur mes photos pour les voir en grand ! 

Et voici la vue panoramique de la vallée du haut de la chapelle...

Et voici la vue panoramique de la vallée du haut de la chapelle...

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 05:26
Le village de Saint-Privat-d'Allier

Le village de Saint-Privat-d'Allier

 

C'est la semaine de  la rentrée des classes alors, je voulais vous montrer des travaux effectués par les petits de l'école de Saint-Privat-d'Allier dans le cadre du périscolaire. 

Chaque année, ce petit village vellave organise un concours d'épouvantails !

Je réalise en écrivant ces lignes que je ne vous ai jamais montré les photos des années précédentes...

Qu'importe ! Cette année le thème était la Bête du Gévaudan...cette bête légendaire, vous le savez, qui est bien connue dans la région.

 

L'affiche du concours

L'affiche du concours

 

Je vous avais d'ailleurs parlé l'année dernière de la Bête, et du Musée qui lui est dédié, à une vingtaine de kilomètres de là, à Saugues.

 

Les enfants ont laissé libre cours à leur imagination en créant des épouvantails les plus effrayants possible... 

L'exposition se visite au gré des balades dans les rues du village pour le plus grand plaisir des touristes et autochtones.

Elle reste en place tout l'été ! 

 

Voici donc à quoi ressemble un village de Haute-Loire envahi par la bête du Gévaudan...

Dès l'entrée du village, la bête vous attend. Elle a de longues dents et chose étonnante, elle change de place selon les jours.

Mystère... 

 

A l'entrée du village...A l'entrée du village...
A l'entrée du village...A l'entrée du village...

A l'entrée du village...

 

Un peu plus loin, devant les escaliers qui descendent vers l'école, elle se fait encore plus menaçante...

Pauvre poupée...
Pauvre poupée...Pauvre poupée...

Pauvre poupée...

 

En montant vers la mairie, d'autres créations nous attendent, réalisées dans différents matériaux comme des branchages... 

Une bête toute en branchage ou presque

Une bête toute en branchage ou presque

 

Ou des lichens collés comme celle-ci...

Une bête en lichens collés

Une bête en lichens collés

 

Tandis qu'un pauvre mouton apeuré, s'est réfugié un peu plus loin...

Un mouton apeuré...
Un mouton apeuré...Un mouton apeuré...

Un mouton apeuré...

 

Mais il faut aussi monter vers le château pour en croiser d'autres...

En montant vers le châteauEn montant vers le château
En montant vers le châteauEn montant vers le château

En montant vers le château

 

Et il faut bien reconnaître que la plus effrayante de toutes les bêtes se trouve sur le plain (la place située devant l'église et le château).

La plus effrayante...
La plus effrayante...

La plus effrayante...

 

Mais c'est aussi la plus drôle...

Devinez-qui apparaît quand on soulève la peau ?
Devinez-qui apparaît quand on soulève la peau ?

Devinez-qui apparaît quand on soulève la peau ?

 

J'ai bien dû rater quelques épouvantails, mais bon l'essentiel est là...et je ne sais pas lequel a gagné le concours mais je suis sûre d'une chose : tous les petits se sont bien amusés en les créant !

 

Si vous voulez en savoir plus sur la bête du Gévaudan, Wolfe sur son blog, vous en raconte l'histoire en détails...n'hésitez pas à aller la voir, en cliquant sur le lien vous accéder en direct aux différents épisodes. 

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 05:45
La Bête du Gévaudan grandeur nature :) à l'entrée de Saugues

La Bête du Gévaudan grandeur nature :) à l'entrée de Saugues

 

Aujourd'hui je vais vous raconter une histoire vraie, devenue au fil du temps une véritable légende, que certains d'entre vous connaissent déjà...

Je ne peux pas en effet clore la visite de la ville de Saugues sans vous parler de la Bête du Gévaudan. 

 

Il était une fois...

A la fin du XVIIIe siècle, entre 1764 et 1767, dans une zone géographique comprise entre le Cantal, la Lozère et la Haute-Loire, une Bête sauvage sanguinaire, responsable d'une série d'attaques contre des êtres humains qui terrorisa les populations locales.

 

Voici le territoire de la Bête (photo prise sur l'article de Papou Poustache)

Voici le territoire de la Bête (photo prise sur l'article de Papou Poustache)

 

Les attaques, le plus souvent mortelles, ont lieu dans l'ancien pays du Gévaudan où les élevages étaient nombreux et les bêtes gardées par des enfants ou des femmes qui seront les premières victimes. 

Jusque-là, les bergers n'avaient jamais eu peur des loups. Ils lançaient leur chien à leur trousse et les loups, plutôt timides et peureux prenaient la fuite... 

Mais cette année-là tout changea. C'est d'abord Jeanne, une jeune fille de 14 ans qui est retrouvée morte non loin de Langogne, puis une autre jeune fille de 15 ans, dans un autre village...et puis c'est le tour d'un jeune berger du même âge et d'encore d'un autre dans un autre village plus éloigné. Cela n'en finit plus...

Presque cent personnes seront victimes de la Bête et la population ne pourra que constater leurs atroces blessures.

 

Les nouvelles mettent du temps à atteindre les villages, éloignés les uns des autres, et lorsque les habitants font le rapprochement entre les différents accidents, une véritable psychose s'installe. 

La rumeur se propage à toute vitesse, accompagnée de détails de plus en plus violents. Le caractère sanguinaire et particulièrement monstrueux de la Bête ne fait plus de doute...

 

La chasse est ouverte et nous voici embarqués, bien malgré nous sur les pas de la bête...

 

Sur les pas de la Bête...

Sur les pas de la Bête...

 

Est-elle un loup monstrueux ? un loup-garou ? un tueur en série ?

Est-ce un animal qui a été dressé pour tuer ?

Tout le monde la décrit comme un animal aux crocs et aux pattes démesurées, ayant l'apparence d'un monstre et tout le pays est terrorisé !

Plus personne ne sort à la nuit tombée ou n'ose s'aventurer seul loin du village.  

Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)
Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)
Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)

Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)

 

Des attaques similaires se produisent de temps en temps dans toutes les régions de France, peuplées à l'époque d'environ 20 000 loups en tout, mais elles ne sont jamais à ce point rapprochées dans le temps, ni géographiquement.  

Il n'en faut pas plus aux médias de l'époque pour s'emparer de cette manne et grossir l'histoire, en réalisant un véritable feuilleton à rallonge dans les journaux, se fiant sans vérifier leurs sources, aux simples témoignages de leurs courriers des lecteurs. 

 

L'évêque de Mende parle même de "fléau de Dieu" pour punir les hommes de leurs péchés et préconise 40 heures de prières trois dimanches de suite, tandis que le gouverneur du Gévaudan organise des opérations de chasse, sous les ordres du capitaine Duhamel.

Des centaines de paysans participent aux battues. Elles sont inefficaces car les dragons du roi ne sont pas habitués à la montagne et abandonnent vite. 

Louis XV s'en mêle et promet une récompense de 6 000 livres à celui qui tuera la Bête...

C'est à cette période-là, en 1765, que François Antoine, porte-arquebuse du Roi de France, tue un loup dans les gorges de l'Allier près du village des Chazes. Cet animal, disséqué puis conservé au Muséum à Paris a malheureusement été détruit au début du XXe siècle, ne permettant pas grâce aux études modernes sur l'ADN, d'en savoir plus sur sa lignée. 

 

Mais malgré le battage médiatique (!) fait autour de cette capture, les attaques continuent et il faut bien se rendre à l'évidence : la Bête sévit toujours...

 

Ses crocs sont démesurés...

Ses crocs sont démesurés...

 

En 1767, enfin un second animal, beaucoup plus gros est abattu près d'Auvers, par Jean Chastel, un enfant du pays.

Malgré la découverte dans son estomac de restes humains, il est considéré comme un simple loup et sera enterré sans plus de recherches...

Déjà à l'époque "on ne nous disait pas tout" et il ne fallait pas ébruiter cette seconde capture, car cela aurait discrédité le roi et tout ce qu'il avait mis en place ayant permis d'aboutir à la première ! 

C'est pourtant après cette date que les attaques cessent brusquement et c'est celui-ci qui est considéré par les habitants de la région, encore aujourd'hui, comme la véritable Bête du Gévaudan. 

Légende ou réalité...

A vous de trancher ! 

 

Je vous rassure, si la Bête est toujours présente dans la région, c'est uniquement dans les esprits et parce qu'elle constitue aujourd'hui une manne touristique bienvenue. 

De nombreuses statues se retrouvent dans les villages. Des musées ouvrent leurs portes, des expositions circulent et beaucoup de livres sont publiés régulièrement pour petits et grands. 

 

Devant le musée de Saugues
Devant le musée de Saugues

Devant le musée de Saugues

 

Si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste plus qu'à aller visiter le Musée de la Bête du Gévaudan à Saugues qui a ouvert ses portes en 1999.

Ce musée retrace son histoire, sous forme de 22 tableaux animés.

Il a été conçu par Lucien Gires dont je vous ai parlé récemment.

Les photographies y sont interdites, j'ai donc récupéré quelques-unes des rares photos que l'on peut trouver sur internet. 

 

 

 

Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)

Quelques-uns des tableaux (photos du net)

 

L'animation se tient dans une maison située derrière la Tour des anglais. Quatre ans de travaux ont été nécessaires, pour mettre en place les reconstitutions des paysages, les 68 mannequins très réalistes, vêtus avec des costumes d'époque, la musique...  car le spectacle est un montage sons et lumière. C'est le public qui se déplace, grimpe dans le noir les escaliers, redescend, traverse des couloirs et des salles, suit les lumières, et la terrible histoire se déroule sous ses yeux à chaque étape. 

Trente-cinq minutes dans le noir, avec frissons garantis, une plongée en plein coeur des montagnes du Gévaudan !

 

Vous pouvez vous rendre compte de l'ambiance en regardant la vidéo ci-dessous et surtout en écoutant l'extraordinaire voix du conteur et...la musique. 

 

 

Vous pouvez aussi lire l'article très complet sur le site de Papou Poustache dont j'ai extrait la carte du territoire présumé de la Bête...

 

Ou vous rendre sur le site ci-dessous pour tout savoir sur l'état actuel des recherches sérieuses autour de la Bête, car les recherches pour élucider le mystère continuent, documents d'époque et témoignages à l'appui, près de 250 ans après...

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 05:45
La croix de la chèvre

La croix de la chèvre

 

Comme je vous l'ai dit récemment lorsque nous retournons nous promener en famille au Lac du Bouchet, situé entre la commune de Cayres et celle du Bouchet -Saint-Nicolas, en Haute-Loire, nous nous garons très fréquemment, surtout en été quand il y a du monde, au parking de la Croix de la chèvre. 

La vue d'en-haut sur le lac est magnifique, un peu moins dégagée cependant en été ! 


 

 

La vue sur le Lac

La vue sur le Lac

 

Je vous ai déjà raconté dans mon article de septembre dernier, une version de la légende qui a précédé l'édification de cette croix dans les années 50. Elle se retrouve résumée, sur ce panneau informatif.

La légende de la croix de la chèvre...

La légende de la croix de la chèvre...

 

J'ai trouvé une autre version, plus complète sur un blog...si vous avez envie de la lire jusqu'au bout ! 

Francisque Mandet, dans l’Ancien Velay, nous donne une variante de cette légende qui diffère de la précédente sur quelques points essentiels, notamment la métamorphose en pierre de la vieille femme et de sa chèvre.

Dieu voulant un jour éprouver les habitants d’une ville, autrefois bâtie à l’endroit où se trouve le lac du Bouchet-Saint-Nicolas, descendit sur la terre et revêtit la forme d’un vieillard infirme et malheureux. Appuyé sur un grand bâton, le mendiant frappa aux portes de toutes les maisons de cette ville sans qu’une seule s’ouvrît, sans qu’une main charitable lui tendit une aumône; au contraire, on répondait à ses pleurs, à ses humbles supplications par de grossières injures.
Aussi, Dieu s’éloignait-il, décidé à la plus terrible vengeance, lorsqu’il aperçut une modeste cabane à laquelle il ne s’était point adressé. Il frappe, une femme pauvre et courbée sous le poids des années vient lui ouvrir. « Vous souffrez, lui dit-elle, je souffre aussi; vous avez faim, voyez ma profonde misère, n’importe; entrez, mon hôte, j’ai là une chèvre dont j’ai vendu les chevreaux, j’ai un peu de farine et, tandis que vous vous reposerez sur ce banc, je pétrirai un pain, je trairai ma chèvre, puis nous partagerons ce frugal repas. – Eh quoi ! s’écria le vieillard, est-ce donc ici, dans cette chaumière dénudée, que se trouve la seule âme accessible à la pitié ! Méchantes gens, malheur à vous ! Femme, ajouta-t-il, ne perds pas un instant, prends ta chèvre, suis ce chemin sans te retourner, quelque bruit que tu puisses entendre, et fuis ces maudites contrées que Dieu va punir… » A ces mots, le vieillard, dépouillant son enveloppe mortelle, disparaît dans une éblouissante clarté.
– Encore toute émue de cette miraculeuse apparition, le vieille de la montagne se hâte d’obéir; mais, à peine est-elle arrivée au sommet du pic voisin, que sa chèvre pousse des cris lamentables, la terre tremble, le ciel s’obscurcit, les nuages tombent du ciel comme de noirs rideaux, un bruit affreux emplit l’air et glace d’épouvante la malheureuse femme. En ce moment terrible, elle oublie la défense que Dieu vient de lui faire; la curiosité la pousse, elle se retourne : ô prodige ! la ville a disparu; un lac immense, noir, bouillonnant, est à la place et vient d’engloutir toute une population maudite… Effrayée de ce qu’elle vient de voir, la fugitive veut hâter le pas; il est trop tard, ses pieds sont à jamais fixés au rocher; elle et sa chèvre sont changées en pierre.
– Ce fut pour perpétuer la mémoire d’un aussi grand prodige que les nouveaux habitants élevèrent une croix à l’endroit de cette métamorphose et lui donnèrent le nom de Croix de la Chèvre.

http://leblogdeviviane.free.fr/index.php/2016/09/02/la-croix-de-la-chevre/

 

Donc pour résumer l'histoire à ceux qui ont eu la flegme de lire jusqu'au bout...le village du "Petit-Puy" qui se trouvait à l'emplacement actuel du lac, aurait été englouti par les eaux... et les jours de grand beau temps, on pourrait voir les habitations au fond de l'eau et même entendre le tocsin. 

Il faut en conclure que la curiosité est un vilain défaut...en effet, on raconte aussi aux alentours du lac, mais peut-être est-ce aussi une légende, qu'un jour un villageois voulut s'approcher un peu trop près du village englouti : il se rendit au milieu du lac et immergea une marmite accrochée à une longue corde.  Elle remonta emplie de sang. Le pauvre fut sauvé de la noyade par Saint-Nicolas lui-même, le protecteur et patron du village proche.

Dans une autre version, la marmite est remontée rougie par les flammes qui se consument toujours au fond du lac... 

 

Quoi qu'il en soit, en 1950, l'abbé Pharisier et un groupe de jeunes agriculteurs décidèrent de tailler une croix en hommage à cette légende.

Les jeunes creusèrent le socle dans la pierre du Bouchet (d'origine volcanique), et la croix fut inaugurée en 1950 ce qui donna lieu à de nombreuses réjouissances.

 

 

Voici donc, quelques photos de cette croix. Côté chèvre d'abord, bien sûr !

La chèvre puis, au-dessus, la croix gravée d'un personnage, peut-être la vieille femme ?
La chèvre puis, au-dessus, la croix gravée d'un personnage, peut-être la vieille femme ?
La chèvre puis, au-dessus, la croix gravée d'un personnage, peut-être la vieille femme ?

La chèvre puis, au-dessus, la croix gravée d'un personnage, peut-être la vieille femme ?

 

Puis côté... colombes, symboles de paix. 

Deux colombes se font face de l'autre côté de la croix...

Deux colombes se font face de l'autre côté de la croix...

 

Le lac du Bouchet a toujours inspiré de la crainte. Les femmes avaient peur d'y plonger leur linge.

Il y a trente ans encore, les gens du pays nous mettaient en garde quand on y emmenait nos enfants patauger. Même les nageurs de haut niveau hésitaient à le traverser à la nage et de nombreux pêcheurs et baigneurs y ont péri noyés. C'est vrai que l'eau y est souvent très froide, ce qui explique sans doute les noyades. De plus, certains corps n'ont jamais été retrouvés à cause de la vase et de la profondeur du lac (28 mètres).

 

Il n'en fallait pas plus pour que la plupart des gens aient la crainte de cette eau cristalline d'une couleur de rêve, mais dont les profondeurs s'avéraient menaçantes...Tous, y compris les pêcheurs, avaient peur d'être emportés par un tourbillon, s'ils s'aventuraient par mégarde au centre du lac !

Personne n'ose encore aujourd'hui s'aventurer loin des rives et ceux qui tentent la traversée courageusement ne sont pas forcément suicidaires (800 mètres de longueur seulement !). Par contre ils redoutent encore de la faire en passant par le centre...

 

Mais le plus grand secret du lac ne réside pas dans ce village englouti comme nous le dit la légende, ni dans un mystérieux et inexplicable tourbillon.

En fait, malgré les recherches et les nombreux travaux des géologues, personne ne s'explique d'où proviennent les eaux du lac. Aucun ruisseau ne s'y déverse et aucune source connue ne l'alimente. 

L'eau qui alimente le lac provient-elle uniquement des eaux de pluie et de ruissellement ? Y aurait-il des remontées d'eau le long de fissures souterraines ?

Nul ne le sait encore avec certitude...

 

D'où viennent les poissons, me direz-vous ? Et c'est une bonne question !

Ils sont le résultat d'une implantation humaine...et comme ils se sont plu dans ces eaux cristallines, ils se reproduisent pour le plus grand plaisir des pêcheurs. 

 

Seuls les paysans du coin, qui pourtant ne savent pas nager pour la plupart, sont sereins car "plus les eaux du lac sont basses, plus la moisson sera abondante" et c'est le cas cette année ! 

 

Le lac du Bouchet n'a peut-être pas encore livré tous ces mystères...et à l'échelle géologique, il deviendra sans doute un jour une simple tourbière, comme beaucoup de lacs de la région.

Nos descendants verront bien alors, si un village se cache vraiment au fond de l'eau...comme nous le dit la légende mais nous ne serons plus là pour qu'ils nous le racontent ! 

 

La croix vu de l'autre côté

La croix vu de l'autre côté

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