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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 06:20
L'Asiathèque, 2018

L'Asiathèque, 2018

Une douleur lancinante s'éleva dans sa poitrine et se changea en un soupir de tristesse qui lui déchira le cœur. Ses lèvres frémirent comme si elle allait dire quelque chose, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Les éclats de verre de ses rêves brisés lui écorchaient les yeux.

De nombreuses fois elle a écouté ainsi la voix qui montait en elle mais elle s'est tenue coite. Maintenant, qui sait combien de blessures ont marqué son coeur...
Elle a enfermé toutes les aspirations de son cœur avec ses souvenirs dans la cantine en métal grisâtre qui l'a accompagnée depuis la maison maternelle.

Ce recueil composé de 14 nouvelles a été remarquablement traduit du hindi par Francis Evrielle et Nicole Guignon pour onze d'entre elles et Marguerite Gricourt pour les trois autres.

Il est paru en Inde en 2000 et vient d'être édité en France pour la première fois, grâce à L'Asiathèque, un éditeur dont je vous ai souvent parlé, qui publie en même temps "Joothan, autobiographie d'un intouchable", qui est tout simplement l'autobiographie de l'auteur, Omprakash Valmiki. Je vous l'ai présenté ICI dernièrement.

 

Dans ce présent recueil de nouvelles, l'auteur qui, je vous le rappelle, appartient lui-même à la caste des Dalits (mot qui signifie "brisé","opprimé") ceux qu'on appelait anciennement les Intouchables, nous raconte les difficultés de vivre de cette communauté, condamnée par la société à être considérée comme inférieure aux autres. 

 

Dans la première nouvelle, "Salaam" qui signifie "allégeance" "salutation" et qui a donné son nom au recueil, l'auteur nous fait entrer immédiatement dans l'ambiance.

Kamal et Harish se sont connus à l'école et sont devenus amis. Kamal qui est brahmane, connaît la caste de son ami et accepte de participer aux cérémonies de son mariage. Mais faisant partie du cortège, il prend de plein fouet lui-aussi les humiliations perpétrées par des habitants du village. Il réalise alors que tout ce que son ami Harish lui décrivait est bien réel, et que le rejet vécu par les dalits est le lot quotidien de leur triste existence. 

En nous parlant d'un rituel immuable imposant aux jeunes mariés de basses castes de se rendre de maison en maison (de castes supérieures) pour y récolter des cadeaux (rituel que Harish va d'ailleurs refuser de faire)...l'auteur nous décrit la prise de conscience de Kamal qui se souvient alors de la réaction exagérée de sa propre mère à l'annonce de leur amitié naissante. 

Une nouvelle riche en espoir pour l'avenir, puisque tous deux sont et resteront amis malgré leur différence de caste...

Chaque fois qu'il voyait un jeune marié ou une jeune épousée aller ainsi de porte en porte, Harish avait l'impression qu'on mettait en pièces sa dignité. Le marié qui faisait la tournée en compagnie de la fanfare lui semblait n'être qu'une créature faible et soumise...

 

Les autres nouvelles du recueil ont pour cadre la ville où les dalits sont le plus souvent regroupés dans des quartiers périphériques. Pour s'en sortir les personnes n'ont qu'une seule façon de survivre, c'est d'accepter leur sort ou au contraire de cacher leur statut.

Si par malheur leur caste est mise à jour, ils perdront tous leurs acquis, leur travail, leurs connaissances et amis. Ils ne liront alors sur le visage de leurs voisins ou collègues de travail, que mépris et dégoût profond, là où il y avait de la bienveillance ou même de l'amitié. 

Ils seront mis hors de leur logement et se retrouveront à la rue ("Où pourrait bien aller Satich ?"mon premier coup de coeur dans ce recueil). 

Certains abandonnent alors leur famille, préférant couper totalement les ponts plutôt que de prendre le risque que quelqu'un par hasard découvre leurs origines. Ils cachent même leur famille à leurs propres enfants ("Tempête").

D'autres encore se révoltent...

S'il ne cache pas leur caste, ils ne vivent que humiliation au travail et à l'école, harcèlement moral et physique. De plus, trouver un logement devient le parcours du combattant car personne ne veut les avoir sous leur toit.

 

Il avait toujours eu l'impression d'avancer au milieu des épines. La caste jouait un rôle important non seulement dans les conversations courantes, mais aussi pour les décisions importantes. Plusieurs fois ses compétences avaient été sous-estimées. On essayait de le maintenir éloigné des travaux à responsabilités.

D'autres nouvelles ont pour décor les campagnes. Là, le poids des traditions est encore plus lourd à porter. L'injustice sociale est encore plus forte et les brahmanes dominent le village quoi qu'il advienne. Ils auront toujours raison en tout et les dalits ne doivent surtout jamais prétendre le contraire. Ils doivent obéir. Ils se font rouler ("Vingt-cinq fois quatre, cent cinquante"), sont accusés d'actes qu'ils n'ont pas commis ("Le meurtre d'une vache"), abandonnent leurs rêves ("Nomades")...et veulent garder coûte que coûte leur dignité ("Amma", mon second coup de coeur). 

Ceux qui par hasard veulent changer les choses parmi la population se voit muter aussitôt...

 

L'auteur dont l'autobiographie bouleversante a été pour moi la plus enrichissante découverte de cet automne, me ravit à nouveau à travers ces nouvelles incroyablement précises, riches en dialogues et parfaitement rythmées, qui font entrer le lecteur dans une ambiance particulière et le submergent d'émotions de toutes sortes. 

L'auteur aborde en particulier le système des quotas mis en place par le gouvernement pour contrer ce système inégalitaire des castes. Ces mesures de discriminations positives n'ont malheureusement pu profiter qu'à une minorité qui en plus se heurte à des représailles...

Nous ne pouvons qu'éprouver de l'empathie et un profond sentiment de révolte, devant ces faits décrits, et la vie de ces dalits, offensés quotidiennement dans leur dignité depuis des siècles et qui voient leur rêves de changement brisés à jamais. Les femmes en plus souffrent de leur condition de femmes et de leur statut d'intouchables. La violence physique et le viol se rajoutent à leurs souffrances quotidiennes. 

Lorsque l'être humain devient un prédateur, il ne voit même plus qui est parent, qui est étranger, tout ce qu'il lui faut c'est une proie...

 

Les nouvelles sont courtes et faciles à lire. Elles sont accessibles à tous même aux lycéens. Certaines sont davantage chargées en émotion que d'autres. Le cadre varie et les personnages aussi, rendant la lecture très enrichissante. C'est une belle façon d'entrer dans la société indienne, à la fois passée et contemporaine...

Alors que la violence et l'humiliation continuent à être le lot quotidien des dalits, comme nous en avons déjà parlé lors de la présentation de l'autobiographie de l'auteur, la lecture de ce recueil me paraît indispensable pour prendre conscience de ces injustices, inacceptables au XXIe siècle. 

 

Vous pouvez aller lire l'avis de Yves ci-dessous...

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 06:11
Sarbacane /2014

Sarbacane /2014

 

Adelaïde est française et vient d'atterrir à Calcutta pour la première fois. Elle est enceinte de huit mois et la chaleur est étouffante dans la ville.

Elle est venue dans ce pays avant tout pour chercher à comprendre pourquoi Mathieu, son compagnon, informaticien, qui a été embauché par une entreprise quelques mois auparavant, ne donne plus aucun signe de vie depuis un mois.

 

A peine arrivée, elle alerte aussitôt la police qui ne semble pas s'inquiéter de la disparition de son ami.

Devant leur inefficacité, Adélaïde est bien obligée de se résoudre à mener sa propre enquête dans ce pays, pour elle complètement inconnu, mais dont heureusement elle comprend la langue. 

Aidée et même complètement prise en charge par Imran, un jeune chauffeur de taxi adorable, elle entreprend elle-même de se rendre à l'adresse de l'entreprise mais découvre qu'elle n'existe pas...

Elle va alors se rendre sur les lieux où son mari a été vu pour la dernière fois, pour constater que l'appartement a été déménagé en pleine nuit...quelques jours auparavant. 

 

Désespérée, fatiguée par la chaleur et l'agitation de la ville qui est en pleine fête de la Durga Puja, la célébration chantée et nocturne de la déesse Durga, Adelaïde ne renoncera pas...

 

D'autant plus qu'elle s'aperçoit que les traces du passage de Mathieu ont été de plus en plus effacées et que le policier chargé de l'enquête ainsi que l'ambassade ne semblent pas du tout prêts à l'aider. 

 

Que cache en réalité la disparition de Mathieu ?

 

 

Rouge Karma / Eddy Simon et Pierre-Henri Gomont

 

C'est une BD très réaliste proche du roman graphique qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout.

Il y a de l'amour, de la générosité, du suspense et de l'aventure...et le voyage en Inde au pays des odeurs et des couleurs, est gratuit !

 

Cette jeune femme courageuse à la recherche du père de son enfant est résolument moderne. Elle ne se laisse pas endormir par les mensonges et tient bien à éclaircir la disparition improbable de son compagnon.

 

Le lecteur sent tout de suite que le scénariste, Eddy Simonconnaît bien le paysIl nous le décrit sans concession y compris pour  son côté corrompu...

Il connaît bien les enjeux de l'Inde et nous faisant toucher du doigt, un de ses problèmes majeurs : le partage de l'eau avec le Bangladesh proche, une eau indispensable à la vie.

 

J'ai beaucoup aimé les dessins de Pierre-Henry Gomont. Ses aquarelles, toutes dans des tons rose et jaune, donnent beaucoup de douceur à l'ensemble et à cette histoire qui, somme toute, est assez sordide.

Il utilise aussi beaucoup de couleurs toniques et on imagine sans peine la foule et les saris colorés... très bollywoodiens ! 

Retrouvez-le sur son site perso ICI.

 

C'est d'ailleurs ces couleurs qui m'ont incité à emprunter cette BD à la médiathèque...et je n'ai pas été déçue.

Car c'est un beau voyage sous forme de polar politique, aux côtés d'une jeune femme incroyable et d'un indien empli d'humanité qui vous attend à sa lecture...

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:56

Le mot Chakra signifie "disque" ou "roue" en sanskrit. Dans l'Inde ancienne ce mot désignait un disque de métal (or, argent...) symbolisant le pouvoir du raja (celui qui fait tourner la roue de la destinée des hommes). Il désignait aussi le soleil. Dans la symbolique hindoue, les chakras résulteraient de l'union du dieu Shiva (le principe masculin, la conscience) et de Shakti (le principe féminin) qui a engendré d'Univers.

 

D'ailleurs les premiers textes qui parlent des chakras sont écrits en sanskrit et cette roue est présente symboliquement au centre du drapeau de l'Inde.

 

Les chakras sont les centres spirituels de notre corps physique.  Ce sont les points de rencontre de nos canaux d'énergie (les nâdi) dans lesquels circule l'énergie vitale indispensable au bon fonctionnement de notre corps et de notre esprit. Selon la conception du "Kundalini yoga" ces centres seraient au nombre de sept chakras principaux situés le long de la colonne vertébrale et quatre secondaires (deux sous la plante des pieds et deux dans les paumes des mains). Il y aurait en plus de très nombreux chakras tertiaires, tous reliés entre eux et rassemblés sur les méridiens. Les textes anciens en mentionnent même des milliers !

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

Même si on ne peut pas les voir, ni les toucher, ni prouver leur existence au niveau médical, ils ont une réalité "physique" (c'est comme si on découpait le corps en 7 "rondelles"), physiologique et spirituelle.  Ceux qui en ont fait l'expérience par la pratique lors d'une ou plusieurs séances de yoga avec un enseignant confirmé, ne doutent plus de leur existence.

 

Dans la conception indienne des chakras il faut savoir que l'existence de ces centres d'énergie repose sur les quatre principes qui régissent les lois de la vie : le karma (vivre, mourir et renaître indéfiniment car les indiens croient en la réincarnation), le mâyâ (l'illusion, les passions qui empêchent les hommes de vivre en pleine conscience), le nirvâna (la libération, la délivrance) et le yoga (techniques physiques et mentales permettant de l'atteindre).

 

Le yoga permet par la méditation, la relaxation et le travail sur les énergies, d'améliorer son bien-être quotidien physique et mental, voire spirituel et de conserver la santé et l'équilibre.

 

La médecine ayurvédique, l'acupuncture, la médecine traditionnelle chinoise, l'ostéopathie  s'appuient sur ces connaissances ancestrales.

 

A chacun des chakras correspond une émotion, une  couleur, un son, des organes, une représentation symbolique et une partie du corps physique qui elle, existe bien !

 

Chaque chakra est relié à un comportement et un aspect particulier de la vie de  l'individu. Par exemple, le petit enfant est au niveau du 1er chakra (besoins fondamentaux) puis au fur et à mesure de la vie, l'être humain s'élève pour atteindre les niveaux supérieurs.

Dans les textes philosophiques indiens (les vedas) il est dit que l'homme ne peut atteindre le 4e puis le 5e chakra qu'une fois qu'il a goûté aux plaisirs de la vie. Là seulement il pourra se détacher de l'égo et s'élever spirituellement.

 

Les chakras peuvent être modifiés donc, affaiblis ou renforcés, par : les couleurs qui nous entourent, les bruits, les produits cosmétiques, les métaux, l'alimentation et les toxines qui en résultent, notre mode de vie (sédentaire ou pas), la qualité de notre sommeil, les ondes qui nous entourent, nos émotions positives ou négatives, nos pensées...

 

La libre circulation de l'énergie est alors entravée et l'énergie vitale ne peut plus alimenter correctement  les organes, provoquant des maladies.

 

Je ne vais pas m'étendre sur chacun des chakras car on trouve de très bons sites détaillés dans ce domaine comme par exemple sur ce blog ICI.

 

 

Les sept chakras :     mooladhara, swadhistan, manipura, anahata, vishuddi, ajna, sahasrara.     Chacun sa forme, chacun sa couleur, chacun sa vibration.

 

Du bas de la colonne vertébrale (à gauche) jusqu'au dessus de la tête (à droite) on trouve :

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

1 - Le 1er chakra ou Muladhara

C'est le chakra racine. Il est situé près du périnée dans le bas-ventre. Il correspond aux organes du bas du corps, à notre squelette, aux dents, aux ongles, aux jambes et aux pieds mais aussi à l'odorat (et au nez). Sa couleur associée est le rouge. On l'appelle aussi le lotus aux 4 pétales.

C'est lui qui nous enracine au monde (à la Terre), qui nous lie à nos racines, à nos origines familiales et socio-culturelles. Il nous parle de sécurité, de notre corps, de la façon que nous avons de le nourrir, de l'entretenir, de l'abriter et de l'aimer....

Quand le chakra racine va mal les genoux, les pieds, les hanches font mal (ostéoporoses, maladies auto-immunes, arthrite,...) mais aussi les reins.

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

2 - Le deuxième chakra ou Svadhisthana est situé 3 à 5 cm en dessous du nombril. Il est en lien avec les organes d'élimination et les organes reproducteurs. Il correspond à la sexualité, aux émotions, au plaisir, à la créativité et à la famille.

C'est le lotus aux 6 pétales appelé aussi le chakra sacré car situé sur la colonne vertébrale, au niveau du sacrum.

Quand ce chakra va mal il peut y avoir stérilité (chez la femme ou l'homme), problèmes au niveau de l'utérus ou des ovaires pour les femmes, de la prostate chez les hommes, mais aussi tout simplement une crise de sciatique.

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

3 - Le 3ème chakra ou Manipura chakra est encore appelé le lotus aux 10 pétales. C'est le chakra du plexus solaire.

Il nous parle d'image de soi, d'égo et d'intellect. Il est le siège de la volonté, du pouvoir et du libre arbitre.

S'il va mal, il peut y avoir des problèmes de digestion (estomac, foie, vésicule), hépatite, pancréatite...

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

4 - Anahata, le 4ème chakra, est le lotus aux 12 pétales. Il est situé au milieu de la poitrine dans la région du cœur. C'est le centre de l'amour inconditionnel, de la paix, de la compassion et de la bonté.

Il fait le lien entre les 3 chakras supérieurs et inférieurs.

S'il va mal, il peut y avoir infarctus du myocarde, palpitation arythmie...ou problème pulmonaire (tuberculose, bronchite chronique...).

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

5 - Vishuddha chakra ou le 5ème chakra s'appelle aussi le lotus aux 16 pétales. Il est situé dans la gorge. Il en lien avec la communication et la créativité intuitive.

Si le chakra de la gorge va mal, il peut y avoir angine, enrouement, mais aussi problèmes de gencives, caries et douleurs aux cervicales.

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

6 - Le 6ème chakra, Ajna ou le lotus aux 96 pétales est aussi appelé le 3ème œil.

Il est situé au milieu du front légèrement au dessus des deux yeux. C'est là que les femmes indiennes tracent un rond rouge sur leur front.

Il est en lien avec les rêves, la vision de la vie, la conscience. C'est le chakra de la méditation et de la connaissance mais aussi de la vision intérieure et de l'intuition. Sa bonne santé peut ralentir le processus de vieillissement.

S'il va mal, il peut y avoir des migraines, du surmenage, des maladies oculaires, des maladies du cerveau...

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

7 - Le 7ème chakra, appelé aussi chakra coronal ou Sahasrara : c'est le lotus aux mille pétales. Il est situé au dessus de la fontanelle et correspond à la spiritualité. S'il va mal, il peut y avoir des difficultés d'apprentissage, de l'épilepsie, des troubles nerveux, de l'insomnie...

Voilà un tableau qui offre un bon résumé de ce qu'il faut savoir sur les chakras...

Les Chakras, des centres d'énergie méconnus qui veillent sur notre santé

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 14:41

L'auteure s'est inspirée de la vie de sa grand-tante pour créer le personnage de Leela. Ce roman est un hommage à toutes les fillettes ou adolescentes devenues veuves avant d'avoir connu l'amour et qui ont souffert inutilement alors qu'elles n'étaient que des enfants...

 

L'histoire se passe en Inde en 1918. Les traditions sont encore bien présentes...

 

Leela a 13 ans. Elle est terriblement (voire trop) gâtée par ses parents et elle attend avec impatience son "anu", c'est-à-dire la fête donnée en son honneur avant qu'elle parte s'installer dans la famille de son époux. Elle a été fiancée à deux ans et mariée à neuf mais elle n'ira vivre avec Ramanlal qu'après l'anu. Sa belle famille est très gentille et attentionnée pour elle...Mais le destin lui réserve une autre voie.

 

En effet le malheur s'abat sur sa famille : son mari est mordu par un serpent et meurt. Là voilà devenue veuve à 13 ans...Les deux familles sont endeuillées mais pour Leela cela signifie : rester cloîtrée pendant un an, couper ses beaux cheveux et avoir la tête rasée, puis porter cet affreux sari couleur de boue et renoncer à ses bijoux...et aux couleurs dont elle aimait tant se parer...De plus elle n'aura plus jamais le droit de se remarier.

 

Même après la période de deuil, elle portera malheur et plus personne ne l'invitera à aucune fête . Comment faire pour rester la même quand le regard des autres est si lourd et quand du jour au lendemain on devient la risée de toute une communauté ?

 

Elle va trouver un allié précieux auprès de Kanubhai, son frère, qui étudie en ville, se révolte et ne renonce pas car il voit les idées évoluer et le poids de la religion et des traditions s'éloigner...

Ces idées "progressistes" sont amenées par un certain Gandhi qui bouscule le peuple indien, veut combattre la domination anglaise et lutter pour les opprimés dans la non-violence ...

 

Saviben son ancienne intitutrice va devenir son professeur particulier et l'aider à se préparer aux examens. Elle lui ouvre les yeux sur le monde et lui permet de rêver d'un nouveau destin.

 

Leela a les clés de sa vie en main, encore faudra-t-il qu'elle réussisse à surmonter sa révolte et son désespoir...et à convaincre sa famille.


C'est un très beau roman-témoignage sur la liberté, celle de Leela, mais aussi celle de tout un peuple...C'est un roman émouvant qui, à travers l'histoire de Leela,  permettra aux ados de mieux connaître un autre pays, ses traditions, le système des castes...

 

Le lecteur, même adulte, aura du plaisir à lire cette histoire riche en couleur et en odeur malgré le sari "couleur de boue".

 

A lire à partir de 12 ans car il peut être difficile d'entrer dans ce roman à cause des nombreux termes indiens qui pourtant sont expliqués à la fin dans un glossaire.

Ce roman fait partie de la Sélection "Lectures pour les collégiens" classe de 5°.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:27
Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac

 

Comme toutes les filles,  Isaï, dès sa naissance, est menacée de mort par sa tante. Lorsqu'une fille arrive dans une famille pauvre, c'est  une catastrophe ! La famille ne sait pas comment elle pourra faire face aux dépenses indispensables pour la marier comme la dot par exemple et inévitablement un accident arrive...On ne parle jamais de meurtre !

 

Mais sa mère, Dayita, la protège et refuse de la laisser un seul instant sans surveillance, un accident est si vite arrivé : elle peut s'étouffer ou...tomber. Cela arrive à presque toutes les filles.  Heureusement son  grand-père est émerveillé d'avoir une petite fille et aide Dayita à la protéger des esprits malfaisants et jaloux de la famille.

 

Pour parfaire son éducation sa mère lui apprend même à chanter dans sa langue maternelle, l’hindi. La petite a une voix remarquable !

Elle la donne en protection à Sarasvati, la déesse de la Sagesse et des Arts…que toutes deux honorent par des offrandes et des prières quotidiennes.

 

Mais le malheur s’acharne sur Isaï. Son père, parti à Bombay pour trouver un travail, ne revient toujours pas.  Sa tante ne sait plus que faire pour l’exploiter et la faire travailler dur en échange de sa nourriture. Et sa mère tombe malade et meurt…Isaï n’a que dix ans ! Son grand -père ne peut plus la protéger, car lui aussi,  il vieillit... 

Lors de la crémation de sa mère, Isaï, désespérée, se cache pour assister à la cérémonie (alors que c'est interdit aux filles). Elle  fait à cette occasion, la connaissance de Murugan, un jeune garçon (qui la prend pour un garçon car sa tante lui a fait raser la tête). C’est un hors caste  considéré comme impur par la société, mais elle devient son ami. Elle se moque des conventions imposées par la société hindoue !

Ensemble, ils vont souvent se retrouver dans leur endroit secret, une clairière où Isaï venait souvent avec sa mère et où le garçon a l'habitude d'aller aussi.

Là, ils vont chanter, improviser des duos et imaginer un avenir meilleur loin des brimades qui sont leur lot quotidien.

Mais la tante vient de contracter un emprunt pour financer le futur mariage de son fils. Elle envoie Isaï travailler en ville chez un usurier pour rembourser sa dette. Là bas Isaï ne sera pas vraiment malheureuse mais elle va profiter du retour du maître pour s'enfuir...

Elle décide de  partir rejoindre son père dans la capitale, Bombay. Elle a appris qu'on lui avait menti à son sujet et qu'il est devenu aveugle suite à un accident.  Murugan part avec elle (pour la protéger ?). Il sait maintenant que c'est une fille... Les voilà tous deux confrontés à des adultes sans scrupules prêts à exploiter leur faiblesse, à voler le peu d’argent qu’ils possèdent et à profiter de leur jeunesse et de leur naïveté…

 

Ce que j’en pense

 

Ce roman se termine par un happy-end ! Le lecteur en est véritablement soulagé...car il s'est fortement attaché aux deux ados.

 

D'abord, l’auteur nous invite à un véritable "voyage" dans  l’Inde aux multiples visages. Le lecteur découvre la beauté des temples, des villes et la variété des paysages traversés par les ados. Il découvre aussi les traditions culinaires et les différents plats traditionnels ou quotidiens…

 

Il a le mérite de nous plonger dans la vie de milliers de jeunes hindoues pauvres et démunis. C'est un voyage dans la réalité de la société et des croyances hindoues. En Inde encore aujourd'hui,  les droits de l’homme sont bafoués : le travail des enfants est une réalité quotidienne,  la condition de vie des femmes est faite de soumission, de violence, de mépris…Les filles sont "supprimées" à la naissance voire avant maintenant que la pratique de l'amniocentèse se généralise...car ce sont des bouches inutiles à nourrir et de plus il faut payer une dot à la famille du mari chez qui elles sont obligées d'aller vivre. Les garçons sont préférés car ils portent le patronyme, s'occupent de leurs parents âgés et héritent traditionnellement des terres familiales. Les filles, de plus, ne vont pas obligatoirement à l'école mais assurent le travail quotidien ménager dès leur plus jeune âge...ce qui ne les aide pas à évoluer et à se sortir de leur précarité.

La surpopulation, la pauvreté,  les bidonvilles attestent des inégalités sociales. Les pères partent loin pour trouver de quoi nourrir leur famille. Et quand les familles ne s'en sortent pas, ce sont (encore) les filles qui sont vendues, ou exploitées  les premières (prostitution, travail illégal, ...). 

Le système de castes existe toujours dans les campagnes et est responsable de nombreuses inégalités. Il existe depuis le XVI° siècle...et tend à disparâitre depuis l'indépendance mais il cause toujours des disparités.

L'Inde est un pays entre modernité et traditions. A l'ère d'internet et de la communication, les préjugés ont la vie dure ! Mais heureusement aujourd'hui beaucoup de personnes et d'associations réagissent pour aider les plus pauvres, faire évoluer le statut et les droits des femmes, prôner l'égalité quel que soit le métier exercé...

   

Un très bon roman initiatique pour adolescent préconisé pour les 4° dans les listes de l’Éducation nationale.

 

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