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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 06:13

 

A l'occasion de la Saint Valentin, une fête que je ne marque pas personnellement, j'ai eu envie de ressortir ma collection privée de cartes postales anciennes et de vous montrer comment les amoureux communiquaient entre eux au début du XXe siècle. 

 

Cette fête, apparentée par certains aux Lupercales des Romains qui se pratiquaient alors entre le 13 et le 15 février, s'est répandue en Europe en provenance des pays anglo-saxons au cours du XXe siècle. 

 

Mes propres grands-parents et parents ne s'en souciaient guère et c'est seulement depuis les années 80 qu'elle est très suivie en France.

Au départ religieuse, elle est devenue une fête laïque et un peu trop commerciale aujourd'hui. Pour une fois je ne rentre pas dans les détails, vous trouverez sur internet de nombreux sites vous racontant l'histoire de cette fête et de nombreux blogs la reprennent chaque année. 

 

Mais je tenais aujourd'hui à partager avec vous, ces délicieuses cartes postales, style roman-photo, que les amoureux s'envoyaient, les unes après les autres, avant l'arrivée de la Saint Valentin en France...

 

Je ne connais pas le photographe de cette première série. L'éditeur signe deux Pp, un P majuscule suivi d'un p minuscule. 

Première série : de la déclaration au baiser (furtif !)
Première série : de la déclaration au baiser (furtif !)
Première série : de la déclaration au baiser (furtif !)

Première série : de la déclaration au baiser (furtif !)

A noter, pour la seconde série, la signature est Arjalew, suivie de la mention photographe en abrégé, et l'éditeur est Iris, que l'on voit souvent sur les cartes postales anciennes. Il y avait deux photographes qui portaient ce nom et résidaient à Paris en même temps à Montmartre. 

Deuxième série : un voisin coquin...
Deuxième série : un voisin coquin...
Deuxième série : un voisin coquin...
Deuxième série : un voisin coquin...

Deuxième série : un voisin coquin...

Vous voyez bien, les amoureux n'ont pas eu besoin de la Saint Valentin pour déclarer et entretenir leur flamme.

 

Belle journée à tous les amoureux... de la vie ! 

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:07
Image Internet

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En avant-première du Festival de l'Imaginaire de Lambesc dont je vous ai parlé lundi, il y avait la semaine dernière, une conférence passionnante proposée par Catherine Ribotton, ethno-historienne et professeur agrégée d'histoire, intitulée : Sorcellerie et pouvoir féminin, quand la chasse aux sorcières touchait aussi la Provence. 

Sorcellerie et pouvoir féminin...une conférence en avant-première du Festival de l'imaginaire 2019

Le sujet parle de lui-même et bien entendu la médiathèque était comble. 

Tout le monde sait qu'entre le XVe et le XVIIIe siècle, l'Europe a été touchée par une vague de procès pour sorcellerie qui a donné lieu à des horreurs, tant au point de vue des tortures infligées aux personnes pour les faire avouer, qu'au point de vue des conditions des exécutions...les personnes étaient brûlées vives sur des bûchers devant la population entière. 

Un bûcher de sorcier sur la Place du Marché de Guernesey 1580

Un bûcher de sorcier sur la Place du Marché de Guernesey 1580

Mais saviez-vous qu'en France, 80 % des suppliciés étaient des femmes ? 

Et pourquoi en a-t-il été ainsi ?

 

Loin de moi l'idée de retracer tous les détails de cette conférence très intéressante. Mais c'est l'occasion de redécouvrir le sort que l'on réservait aux femmes à cette époque.

Lorsque les historiens parlent de véritable "féminicide" et annoncent les chiffres de 200 000 à  500 000 procès durant cette période, cela fait peur... 

 

Catherine Ribotton est passionnée. Elle a su particulièrement intéresser le public en bien posant la problématique de l'historien qui ne peut malheureusement pas avoir accès à tous les documents concernant les procès, car certaines pièces ont été tout simplement détruites intentionnellement. Elle pose bien aussi le problème du discours unique, car qui écrit l'Histoire si ce n'est le vainqueur et dans ce cas présent, c'est donc la seule voix des ecclésiastiques qui est entendue...

Après avoir retracé le contexte historique, elle s'est attachée au cours de sa conférence, à montrer pourquoi les femmes faisaient si peur.

Les femmes détenaient en effet un certain pouvoir, avaient la connaissance des plantes, savaient guérir, aider aux accouchements, ou au contraire aux avortements, et accompagner les derniers instants d'un mourant...

 

Les sorcières utilisaient en particulier...

la mandragore (Johann Von Cube, photo internet)

 

Et puis elles étaient devenues dangereuses, car elles détenaient un pouvoir de séduction certain auquel les hommes y compris d'église avaient du mal à ne pas succomber.

Or, après une période assez libre au Moyen Âge, où même les hommes d'église pouvaient avoir une famille comme tout le monde, les débuts de la Renaissance voient se mettre en place, une répression violente des mœurs. 

Résultat... les "sorcières" sont alors accusées de tous les maux, comme par exemple d'être responsables des mauvaises récoltes, donc des famines. 

 

Deux sorcières influent sur le temps (photo internet)

 

Elles étaient également accusées d'empoisonner l'eau du puits ou de la fontaine ; de se transformer en loup-garou ; "d'emmasquer" (=envoûter") les chèvres qui ne faisaient plus de lait, ou les femmes enceintes ; et le pire...de manger les petits enfants ou bien de jeter le sort le plus terrible pour les couples, donc de "nouer l'aiguillette", c'est-à dire de jeter un sort d'impuissance au jeune marié, un sort particulièrement difficile à lever.

 

Une fois accusée, c'était bien trop tard pour la victime qui savait qu'elle allait passer sur le bûcher.

Les ecclésiastiques venaient fouiller sa maison pour y chercher des preuves et il suffisait de trouver des os (sans doute de lapin), donc c'est qu'elle mangeait bien des enfants, un grimoire (alors que la femme ne savait pas lire) donc elle pratiquait bien la magie, le plus célèbre à l'époque étant le Petit Albert...

 

 

On recherchait aussi en leur piquant plusieurs endroits du corps avec une longue aiguille, un endroit insensible, forcément il y en avait un...et c'était la fameuse marque du diable !

Ensuite elles étaient torturées car il fallait absolument obtenir des aveux ! Une des méthodes était celle de la chaise.  Elles étaient assises attachées, sur une chaise que les bourreaux plaçaient au-dessus de l'eau.

Pour obtenir des aveux, ils plongeaient la chaise dans l'eau jusqu'à les obtenir.  

 

La torture de l'eau

Et puis, il fallait qu'elles répondent aux nombreuses questions sur le sabbat, et le verdict tombait. 

 Le Sabbat des sorcières, H. Baldung Grien, 1508-10 (photo internet_version colorisée)

Le Sabbat des sorcières, H. Baldung Grien, 1508-10 (photo internet_version colorisée)

Le Sabbat des sorcières, Francisco de Goya, 1797-1798 (photo internet)

Le Sabbat des sorcières, Francisco de Goya, 1797-1798 (photo internet)

Je crois que je n'ai pas été la seule à trouver cette conférencière passionnante et à apprendre plein de choses indispensables pour comprendre cette période de l'histoire, mais aussi la naissance de toutes nos légendes. Nous trouvons d'ailleurs de nombreuses traces de cette période sombre dans les campagnes, dans certains romans du terroir, dans nos contes, dans nos peurs ancestrales...

De plus, les exemples pris dans ma région étaient très intéressants. 

 

Un grand Merci à  Catherine Ribotton pour cette soirée et à la médiathèque de Lambesc pour avoir eu idée de l'organiser en avant-première du Festival de l'imaginaire du Pays d'Aix...

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 05:17
La mairie actuelle du village de Saint-Cannat (13) édifié en 1930 et située à l'emplacement de l'ancien château

La mairie actuelle du village de Saint-Cannat (13) édifié en 1930 et située à l'emplacement de l'ancien château

Revenons un peu en Provence, pour visiter un petit village qui ne manque pas de charme.

Le village de Saint-Cannat, situé au pied de la chaîne de la Trévaresse où je vous ai souvent emmené promener, est coupé en deux par l'ex-nationale 7... mais ceux qui y vivent, ne voudraient le quitter pour rien au monde. 

A deux pas d'Aix-en-Provence et de Salon-de-Provence, il est chaque année traversé par de nombreux touristes qui ne pensent pas toujours à s'y arrêter. Dommage pour eux...

 

Le village n'est réellement connu que depuis le XIIe siècle, date à laquelle il apparaît dans les archives. Pourtant, les archéologues pensent qu'auparavant, un castrum a existé et que dès l'époque gallo-romaine, de nombreuses villas étaient dispersées dans la plaine, les denses forêts de la Trévaresse ayant été de hauts lieux druidiques, fréquentés par les habitants des villes environnantes. 

Selon la légende, quand l'évêque de Marseille vint à mourir, CANUS NATUS sembla tout désigné pour être son successeur. Une délégation vint donc lui offrir le Siège épiscopal qu'il déclina disant "qu'il n'y avait pas plus de raison pour lui de devenir Evêque de Marseille que sa vieille canne de roseau desséchée de reverdir !"… Mais la canne reverdit miraculeusement et CANUS NATUS prit donc le chemin du vieux port !

C'est Canus Natus, un ermite catholique romain, né au Ve siècle qui a donné son nom au village. Il est enterré au lieu-dit Le Sauzet. Il était né avec des cheveux déjà blancs d'où son nom, "canus natus" qui veut dire "né vieux" en latin. 

Il fut un des quatre évêques de Marseille a être reconnu Saint, et à faire l'objet d'un culte. Il donna aussi le nom de Saint-Cannat à une église de Marseille, construite en 1526. 

Le village de Saint-Cannat aurait pris naissance autour du Sauzet. 

 

Voici la petite chapelle Saint-Cannat, construite en 1657, qui fût dédiée au Saint, pour le remercier d'avoir protégé le village contre la peste en 1629. Elle a été miraculeusement épargnée par le séisme de 1909. 

On trouve la statue de Saint-Cannat dans le village mais je n'ai pas trouvé la rue où il avait son ermitage, lequel était situé près d'une source, précieuse à cette époque... 

 

La chapelle Saint-Cannat
La chapelle Saint-CannatLa chapelle Saint-Cannat

La chapelle Saint-Cannat

Le clocher de la petite chapelle Saint-Cannat

Le clocher de la petite chapelle Saint-Cannat

Au XIIIe siècle, les villageois se retournent contre l'archevêque et prêtent allégeance au Seigneur des Baux-de-Provence, puis aux Rois de Sicile. Trois ans après, le village est rendu à son évêque mais celui-ci l'échange avec la baronnie d'Aubagne dont le propriétaire était alors le Roi René, bien connu dans notre région. 

Le Roi René devient alors le premier seigneur non évêque du village, premier d'une  longue liste que je ne vous dresserai pas. Il possédait déjà de nombreuses villes dont Aix-en-Provence. Il a également laissé sa trace dans le village proche de Lambesc.  

 

Les Templiers pendant ce temps se sont établis dans la Commanderie de la Bargemone, aujourd'hui devenue une cave vinicole réputée.

La commanderie de la Bargemone (Photo internet)

La commanderie de la Bargemone (Photo internet)

Au XVIIIe siècle, un personnage célèbre dans la région, naît le 17 juillet 1729 au château. C'est Pierre André de Suffren. Il deviendra le Bailli de Suffren, personnage marquant du village. Un musée lui est dédié que je compte bien aller visiter un jour. J'aurais donc l'occasion de vous parler plus en détail de cet homme d'exception, aventurier, faisant partie des plus grands marins français et qui à sa manière, a révolutionné la Marine de guerre. 

 

Sa statue date de 1951 et trône à l'entrée du village...

 

La Statue du Bailli de Suffren (entrée de Saint-Cannat)
La Statue du Bailli de Suffren (entrée de Saint-Cannat)

La Statue du Bailli de Suffren (entrée de Saint-Cannat)

Enfin, comme je vous l'ai dit récemment, le village de Saint-Cannat fait partie des villages qui ont été détruits lors du tremblement de terre du 11 juin 1909. 

Vous pouvez donc vous référer à mes articles parus la semaine du 11 juin dernier, si vous désirez en savoir plus. 

 

Notre petite présentation du village est terminée pour aujourd'hui. Très bientôt je vous ferai faire un petit tour des lavoirs, cela nous rafraîchira un peu enfin, comme d'habitude...si vous le voulez bien ! 

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 06:12
Le château de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire)

Le château de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire)

Retournons un peu en Haute-Loire pour profiter d'une visite effectuée l'été dernier avec mes petits-enfants...

 

Le Château de Chavaniac-Lafayette se situe dans le village de Chavaniac, en Haute-Loire à une trentaine de kilomètres du Puy-en-Velay. 

C'est la demeure natale du célèbre Marquis de La Fayette (né le 6 septembre 1757). Mais à l'époque de sa naissance, le village s'appelait encore, Saint-Georges-d'Aurac. 

Ce personnage historique, devenu le héros (en combattant les anglais) de la guerre d'Indépendance américaine, méritait bien que sa demeure natale au charme certain, où il a passé les huit premières années de sa vie, et où il aura toute sa vie du plaisir à revenir, fasse revivre son histoire.

 

Les drapeaux, français et américain, flottent au-dessus du château afin de rappeler qu'il fût citoyen d'honneur américain, et que de nombreuses villes portent son nom, outre-atlantique.

 

Les drapeaux français et américain flottent côte à côte sur la tour carrée

Les drapeaux français et américain flottent côte à côte sur la tour carrée

 

Le drapeau américain se retrouve d'ailleurs aussi à l'intérieur du château...

Le drapeau américain dans le château

Le drapeau américain dans le château

 

Le château et le parc sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1989.

Vues partielles du château et du parc
Vues partielles du château et du parc
Vues partielles du château et du parc

Vues partielles du château et du parc

 

Un peu d'histoire...

 

A la fin du XIVe siècle, le village appartenait à des bourgeois de Langeac (les Suât) qui y firent construire une Maison forte, comme tous bons seigneurs de l'époque.

A la fin du XVIIe siècle, les bâtiments sont partiellement détruits par un incendie. On les reconstruit en 1701. La bâtisse est agrandie et commence à ressembler au château que l'on connaît aujourd'hui et qu'on appelle le "Manoir des deux mondes". 

Mais il reste quelques vestiges de l'époque...

 

La partie la plus ancienne du château

La partie la plus ancienne du château

 

En 1708,  le domaine devient propriété de la famille La Fayette grâce au mariage d'Edouard Motier de La Fayette et de Marie Catherine Suat de Chavaniac.

En 1757, celui qui devait devenir le Marquis de La Fayette naît dans cette demeure bourgeoise.

En 1791, c'est le Marquis de La Fayette lui-même qui fait subir au château de nouvelles transformations.

L'architecte Ambroise Laurent Vaudoyer le modernisera et Albert Ancica en assurera la décoration et les peintures.

A la fin du XVIIIe siècle, le château est quasiment semblable à celui d'aujourd'hui.

Sa façade nord est flanquée de deux tours de 15 mètres de hauteur, coiffées de campaniles et bâties en pierres basaltiques noires du pays.

 

Autres vues du château et des tours circulaires en basalte
Autres vues du château et des tours circulaires en basalteAutres vues du château et des tours circulaires en basalte

Autres vues du château et des tours circulaires en basalte

 

C'est seulement dans les années 1920 que sera (re)construite la tour carrée à l'initiative du "Mémorial Lafayette", association devenue propriétaire des lieux en 1917. Cette construction, demandée par John Moffat alors président, aura lieu sous la directive de l'architecte des Monuments Historiques de la Haute-Loire, Achille Proy.

L'aile sud est alors rénovée en totalité, la toiture est refaite, le manoir rehaussé d'un étage...et l'électricité est installée au château. 

 

La Tour carrée
La Tour carrée

La Tour carrée

 

Le "Mémorial Lafayette" a joué un rôle très important auprès de la population locale en créant au cœur du village, un orphelinat qui accueillait les enfants dont le père avait été tué lors de la Première Guerre Mondiale, ainsi qu'un Préventorium qui reçut entre 1917 et 1966, près de 25 000 enfants. 

 

Par la suite, le domaine devient propriété du Département de la Haute-Loire en 2009. Le château sera à nouveau restauré, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Le parc qui contient une roseraie et qui a le charme d'un jardin anglais grâce à ses nombreux bassins, est aujourd'hui une rareté dans la région. Il porte le label "Jardin remarquable". 

Dans le vallon en contrebas, c'est La Fayette qui le premier a fait planter une allée de tilleuls, ormes, frênes et peupliers.

 

Je vous montrerai prochainement une partie des jardins, l'intérieur du château et quelques pans de la vie de ce grand homme qui s'est battu pour défendre la liberté et les Droits de l'homme, enfin si, comme d'habitude...vous le voulez bien !

 

Prêts pour continuer la visite ?

Prêts pour continuer la visite ?

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 06:27
La sculpture du monument aux morts sur la place des poilus, face à l'église
La sculpture du monument aux morts sur la place des poilus, face à l'église

La sculpture du monument aux morts sur la place des poilus, face à l'église

 

Restons encore un peu en Provence aujourd'hui !

Cela ne vous aura pas échappé que nous commémorons cette année, le centenaire de la signature de l'armistice qui a mis fin aux horreurs de la Grande Guerre.

 

Les journaux locaux se sont fait l'écho, dès le mois de mai dernier (ICI la Marseillaise par exemple), d'une décision municipale qui divise la population de la petite ville de Lambesc encore aujourd'hui. 

Les pauvres poilus lambescains qui ont laissé leur vie pendant la Première Guerre Mondiale voient leur monument déplacé...
 

La sculpture réalisée par Jean Merignargues représente un soldat mourant dans les bras d'une  femme. Elle a été mise en place en 1930, face à l'église du village, que j'ai visité pendant les Journées du Patrimoine (et que vous apercevez en arrière-plan sur mes deux premières photos). Elle se trouvait précédemment depuis 10 ans sur la place principale...en attendant que l'église soit rénovée suite au tremblement de terre de 1909, dont je vous (re)parlerai un jour. 

 

Le monument était installé jusqu'à présent sur la place qui porte symboliquement le nom de "Place des poilus". Certes, il était le plus souvent entouré de véhicules, garés malgré les interdictions, ce qui ne le mettait pas du tout en valeur. 

Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus
Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus
Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus

Quelques vues des maisons qui entourent la Place des Poilus

 

Le Pourquoi de ce changement...

Le monument gênerait, paraît-il, le déroulement des cérémonies à l'église et la circulation du centre...circulation soit dit en passant qui pourrait être facilement réglementée pour les riverains, l'accès aux trois commerces de la place et les besoins de l'église. 

Pourquoi ne pas rendre la place en partie piétonne le reste du temps : il y a trois parkings proches, et je pense que les riverains s'en trouveraient bien mieux, mais eux-même sont divisés car ils aiment aussi se garer devant chez eux, ce qui est compréhensible. 

 

La municipalité désire réhabiliter la place, ce qui part d'une bonne intention, mais hélas,  il semble que ce soit pour en faire encore un nouveau parking au lieu de la transformer en lieu de vie intergénérationnel...

Vue sur les trois commerces situés sur la place
Vue sur les trois commerces situés sur la place

Vue sur les trois commerces situés sur la place

 

Un peu d'histoire récente...

 

La première idée de la municipalité a été d'installer le monument à l'entrée du cimetière, très excentré par rapport au centre du village actuel. Sauf erreur de ma part, les habitants n'avaient pas été consultés. 

Heureusement un comité de défense du Monument aux Morts a vu le jour très rapidement. Tout cela a fait grand bruit et bien entendu la télévision locale et les réseaux sociaux se sont emparés de l'affaire.

 

Apparemment, tout cela a porté ses fruits puisque le monument est cette semaine, en cours d'installation derrière la mairie, sur la petite place du Parage. Cette place est à deux pas, je le précise de l'endroit où la statue se trouvait précédemment, car il y a juste un grand escalier à descendre à côté de l'église pour arriver sur cette place ! Nos deniers publics servent aussi à des choses inutiles, vous en doutiez ? 

 

Bref, au-delà de ses considérations pratiques et des problèmes soulevés partout en ville, ou au cœur des villages, par les nouvelles pratiques de nos concitoyens qui ne savent plus marcher à pied, je m'interroge sur le message qui est ainsi transmis par la municipalité aux nouvelles générations.

Déplacer un monument aux morts l'année du centenaire, pour laisser passer des voitures dans des ruelles étroites à voies uniques et sur des places qui pourraient être aménagées en superbes lieux de vie, me semble relever de la pure provocation. 

 

Nous vivons un drôle de monde, je trouve...

Des milliers de soldats sont morts pour sauvegarder la liberté de la France et la paix, et je ne parle pas des civils, de la souffrance des rescapés, ni des familles brisées...

Il n'a jamais été autant d'actualité de parler de la guerre aujourd'hui pour justement tenter de maintenir la paix dans le monde.

 

Comment obtenir des jeunes un quelconque intérêt si on respecte si peu nos morts ?!

 

Voici quelques détails photographiés sur la Place des poilus... lors de ma visite de l'église. Vous remarquerez au passage les mascarons sur la façade d'une des maisons...

Quelques vues de la place des Poilus...Quelques vues de la place des Poilus...
Quelques vues de la place des Poilus...Quelques vues de la place des Poilus...
Quelques vues de la place des Poilus...Quelques vues de la place des Poilus...

Quelques vues de la place des Poilus...

Voici la statue en cours d'installation sur la Place du Parage. Elle a été entièrement nettoyée pour ce déménagement.

Dommage que l'arbre qui a été planté récemment, la cache en partie. J'espère qu'ils enlèveront au moins les poubelles avant la cérémonie de dimanche...

La Place du Parage avec le monument en cours de déplacement...
La Place du Parage avec le monument en cours de déplacement...La Place du Parage avec le monument en cours de déplacement...

La Place du Parage avec le monument en cours de déplacement...

La statue remise à neuf

La statue remise à neuf

Et voici la place des Poilus sans les Poilus...telle qu'elle était cette semaine. On remarquera du coup, l'absence quasi totale de voitures ce qui agrandit considérablement l'espace...

La Place des Poilus sans les Poilus ! La Place des Poilus sans les Poilus !
La Place des Poilus sans les Poilus !

La Place des Poilus sans les Poilus !

Cet article est mon hommage à nos poilus et à nos ancêtres...

Ne les oublions pas !

 

Vous pouvez lire, celui de Véronique ci-dessous...

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 05:23

 

Dans l'actuelle Cure de Die, située à 150 mètres de la cathédrale, où se trouve aussi la petite chapelle Saint-Vincent que je n'ai jamais visitée, se cache une des deux merveilles de la ville (je vous montrerai la seconde la semaine prochaine). 

 

C'est là, dans un ancien hôtel particulier de style Renaissance, appartenant aujourd'hui au Diocèse de Valence, qu'il existe entre cour et jardin une petite pièce cachée, pour ne pas dire secrète, que les habitants de Die et de la région ont découvert depuis peu...

 

L'hôtel particulier Renaissance de la Rue Saint-Vincent (Die)

L'hôtel particulier Renaissance de la Rue Saint-Vincent (Die)

 

C'est lors des journées du Patrimoine que j'ai pu visiter le salon chinois, dont j'avais beaucoup entendu parler.

Inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 2005, une première phase de restauration a permis de le dévoiler au public.

 

 

 

L'entrée de la Cure de DieL'entrée de la Cure de Die
L'entrée de la Cure de DieL'entrée de la Cure de Die

L'entrée de la Cure de Die

 

Cet Hôtel particulier a appartenu à la famille Lagier de Vaugelas.

C'est un de leurs descendants, Gonzague de Chivré qui décide en 1905, de le céder à l'Evêché. Mais au XVIIIe siècle, c'est Jean-Pierre Lagier de Vaugelas (1722-1808) qui s'y installe avec sa famille. Il est avocat et c'est un personnage important de la ville d'autant plus qu'il devient à la Révolution, Président du Tribunal de district. 

Là, dans une petite salle voûtée en arêtes, donnant sur un jardin, il fait réaliser dans une petite pièce carrée, un décor peint. L'artiste recouvre l'enduit des murs, le plafond et les boiseries d'un décor de style chinois, tout en camaïeu de bleus sur fond ocre clair.

 

Dans ce qui devait être un petit cabinet d'étude, dans lequel l'avocat recevait sans nul doute ses visiteurs pour écouter leurs requêtes, il fallait un décor à la hauteur de la richesse et de la renommée familiale. Les "chinoiseries" étaient alors très en vogue, en Europe et en France, dans toutes les familles nobles et riches et, avoir un cabinet chinois était très prisé, car cela montrait que le propriétaire des lieux était capable, et surtout avait les moyens, de suivre la mode.   

Ce décor répondait aussi à un désir d'exotisme et de fantaisie. Les "chinoiseries" avaient été mises à la mode grâce à la littérature, au théâtre et aux idées philosophiques de l'époque. 

 

Au XXe siècle ce petit salon, excentré de la maison principale, est pour ainsi dire "oublié". Quand on le retrouve, il a souffert de l'humidité ambiante et de l'usage intensif de la cheminée qui, durant des décennies, a déposé sur les murs et le plafond une couche de suie. Mais sous la couche noire, une première restauration, prudente, permet de retrouver un décor presque intact : les boiseries et peintures murales n'ont presque pas souffert. 

Personne ne connaît l'artiste qui a réalisé ces décors.

Une signature est découverte sur un des tableaux et une date... 1767. 
 

Une des signatures du salon chinois ayant permis de retrouver l'artiste

Une des signatures du salon chinois ayant permis de retrouver l'artiste

 

Il s'agit de Louis Farjon, né à Crest, une ville proche de Die, en 1716. 

Né dans une famille de drapiers, Louis Farjon ne se destinait pas au départ à devenir artiste. Il se marie avec la fille de l'apothicaire de Die, qui était aussi chirurgien et habite la ville. 

Lorsqu'il devient "ornementaliste", il décore divers intérieurs de riches propriétaires de la région dioise, puis réalise des tableaux religieux.

Il semble s'être inspiré du lyonnais, Jean Pillement en particulier pour les oiseaux et les arbres que je vous montrerai demain. 

Il s'inspire aussi des faïenciers de Lyon et de Marseille surtout en ce qui concerne ses personnages, et c'est dans les ouvrages illustrés rapportés par les Jésuites, revenus de leur mission d'évangélisation en Chine, qu'il trouve source d'inspiration, pour les costumes de ses personnages. 

 

Si vous le voulez bien, nous allons commencer la visite du Salon chinois aujourd'hui et nous la poursuivrons demain...

 

La porte d'entrée est décorée recto et verso, et nous invite à entrer...

 

La porte d'entrée côté couloir

La porte d'entrée côté couloir

 

La pièce comporte deux grandes ouvertures, côté cour et côté jardin, qui sont aujourd'hui en verre dépoli pour filtrer le soleil, toutes deux donnent sur l'extérieur. 

Face à la porte, le mur est percé de deux placards de part et d'autres d'une grande bibliothèque, emplie d'ouvrages anciens. Sans nul doute, vu les frises qui l'encadrent, elle existait déjà au moment de la réalisation du décor...

 

La bibliothèque
La bibliothèque

La bibliothèque

 

Derrière la porte de gauche, s'ouvre sur un petit coin de rangement, une sorte de petite cuisine, pourvue d'une pile (d'un évier donc) qui existait peut-être avant que la pièce ne devienne un cabinet d'étude...

Un des placards, présentant une pile (un évier) et des étagères...

Un des placards, présentant une pile (un évier) et des étagères...

 

A gauche de la porte d'entrée, la grande cheminée d'époque occupe presque toute la largeur du mur. Son linteau et les jambages sont en bois sculptés. C'est son usage intensif qui est la cause des dépôts de suie sur les décors...mais il fallait bien se chauffer car les hivers sont froids dans la région ! 

La cheminée
La cheminée

La cheminée

 

La cheminée est surmontée par un miroir qui devait refléter des porcelaines fines, posées en décoration sur le linteau.

Le miroir...qui reflète et agrandit le petit salon...
Le miroir...qui reflète et agrandit le petit salon...

Le miroir...qui reflète et agrandit le petit salon...

 

Les décorations principales sont situées sur les portes et les panneaux de bois. Elles représentent des personnages hommes et femmes. Ils sont huit, vêtus à la mode chinoise.

 

A droite de la cheminée, un homme richement vêtu appartient sans doute possible à un rang social élevé. Son chapeau chinois, sa veste aux multiples boutons, ses chaussures, le fait qu'il fume la pipe et tienne un livre à la main, attestent de sa richesse. Il s'agit du "mandarin lettré".

 

Le mandarin lettré
Le mandarin lettré

Le mandarin lettré

 

De part et d'autre de la bibliothèque, deux musiciens sont représentés. 

L'un joue du "pipa" chinois...

Le joueur de "pipa" sur la porte de la petite cuisine
Le joueur de "pipa" sur la porte de la petite cuisine

Le joueur de "pipa" sur la porte de la petite cuisine

 

...l'autre, sur la porte de droite, joue d'un "serpent" utilisé en Europe et totalement inconnu en extrême-orient.

 

Peut-être symbolisent-ils tous deux, les différences entre nos deux cultures. 

Le joueur de "serpent"
Le joueur de "serpent"

Le joueur de "serpent"

 

Au verso de la porte d'entrée et sur le mur de droite, deux paysans sont représentés, dont l'un est accompagné d'un jeune enfant...

Ils sont tous deux en habits traditionnels mais assez richement vêtus pour l'époque. L'homme à l'enfant semble cependant être d'un niveau social plus élevé. 

Les paysans
Les paysans
Les paysans

Les paysans

 

A côté du mandarin lettré, une femme fume également la pipe. Ses vêtements sont élégants et elle porte un chapeau chinois. Le fourneau de la pipe représente une tête d'homme... 

Est-elle son égale en droit ?

La femme du mandarin ?

Une représentation orientale des commanditaires du décor ?

 

Le Salon chinois de Die (1) / Balade dans la Drôme
Le Salon chinois de Die (1) / Balade dans la Drôme
Le Salon chinois de Die (1) / Balade dans la Drôme

 

Deux autres femmes se retrouvent sur les panneaux.

Elles portent des fruits et des fleurs. Toutes deux sont de condition sociale différente. Leur coiffure l'atteste. 

La plus riche porte un chapeau assez traditionnel pour les dames de cour et des bijoux. 

 

La dame de cour
La dame de cour

La dame de cour

 

La seconde est coiffée d'une simple résille. Elle a l'air beaucoup plus jeune et semble être une toute jeune fille.

La jeune fille
La jeune fille

La jeune fille

 

Tous ces personnages montrent une version de la Chine idéalisée, donnant l'idée d'un pays prospère bien éloigné de la réalité connue de l'époque. 

 

Certains personnages ont été bien abîmés par l'humidité dont je vous parlerai dans mon prochain article mais aussi par les termites qui ont attaqué au fil des ans les panneaux de bois. On voir bien sur ma dernière photo les dégâts occasionnées par les insectes.  

Heureusement la première restauration a fait des miracles.

 

 

 

On voit bien les trous des insectes...

On voit bien les trous des insectes...

 

A demain, si vous le voulez bien, pour la suite de notre visite !

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 05:45
La Bête du Gévaudan grandeur nature :) à l'entrée de Saugues

La Bête du Gévaudan grandeur nature :) à l'entrée de Saugues

 

Aujourd'hui je vais vous raconter une histoire vraie, devenue au fil du temps une véritable légende, que certains d'entre vous connaissent déjà...

Je ne peux pas en effet clore la visite de la ville de Saugues sans vous parler de la Bête du Gévaudan. 

 

Il était une fois...

A la fin du XVIIIe siècle, entre 1764 et 1767, dans une zone géographique comprise entre le Cantal, la Lozère et la Haute-Loire, une Bête sauvage sanguinaire, responsable d'une série d'attaques contre des êtres humains qui terrorisa les populations locales.

 

Voici le territoire de la Bête (photo prise sur l'article de Papou Poustache)

Voici le territoire de la Bête (photo prise sur l'article de Papou Poustache)

 

Les attaques, le plus souvent mortelles, ont lieu dans l'ancien pays du Gévaudan où les élevages étaient nombreux et les bêtes gardées par des enfants ou des femmes qui seront les premières victimes. 

Jusque-là, les bergers n'avaient jamais eu peur des loups. Ils lançaient leur chien à leur trousse et les loups, plutôt timides et peureux prenaient la fuite... 

Mais cette année-là tout changea. C'est d'abord Jeanne, une jeune fille de 14 ans qui est retrouvée morte non loin de Langogne, puis une autre jeune fille de 15 ans, dans un autre village...et puis c'est le tour d'un jeune berger du même âge et d'encore d'un autre dans un autre village plus éloigné. Cela n'en finit plus...

Presque cent personnes seront victimes de la Bête et la population ne pourra que constater leurs atroces blessures.

 

Les nouvelles mettent du temps à atteindre les villages, éloignés les uns des autres, et lorsque les habitants font le rapprochement entre les différents accidents, une véritable psychose s'installe. 

La rumeur se propage à toute vitesse, accompagnée de détails de plus en plus violents. Le caractère sanguinaire et particulièrement monstrueux de la Bête ne fait plus de doute...

 

La chasse est ouverte et nous voici embarqués, bien malgré nous sur les pas de la bête...

 

Sur les pas de la Bête...

Sur les pas de la Bête...

 

Est-elle un loup monstrueux ? un loup-garou ? un tueur en série ?

Est-ce un animal qui a été dressé pour tuer ?

Tout le monde la décrit comme un animal aux crocs et aux pattes démesurées, ayant l'apparence d'un monstre et tout le pays est terrorisé !

Plus personne ne sort à la nuit tombée ou n'ose s'aventurer seul loin du village.  

Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)
Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)
Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)

Photos du net (http://www.dinosoria.com/bete_gevaudan.htm)

 

Des attaques similaires se produisent de temps en temps dans toutes les régions de France, peuplées à l'époque d'environ 20 000 loups en tout, mais elles ne sont jamais à ce point rapprochées dans le temps, ni géographiquement.  

Il n'en faut pas plus aux médias de l'époque pour s'emparer de cette manne et grossir l'histoire, en réalisant un véritable feuilleton à rallonge dans les journaux, se fiant sans vérifier leurs sources, aux simples témoignages de leurs courriers des lecteurs. 

 

L'évêque de Mende parle même de "fléau de Dieu" pour punir les hommes de leurs péchés et préconise 40 heures de prières trois dimanches de suite, tandis que le gouverneur du Gévaudan organise des opérations de chasse, sous les ordres du capitaine Duhamel.

Des centaines de paysans participent aux battues. Elles sont inefficaces car les dragons du roi ne sont pas habitués à la montagne et abandonnent vite. 

Louis XV s'en mêle et promet une récompense de 6 000 livres à celui qui tuera la Bête...

C'est à cette période-là, en 1765, que François Antoine, porte-arquebuse du Roi de France, tue un loup dans les gorges de l'Allier près du village des Chazes. Cet animal, disséqué puis conservé au Muséum à Paris a malheureusement été détruit au début du XXe siècle, ne permettant pas grâce aux études modernes sur l'ADN, d'en savoir plus sur sa lignée. 

 

Mais malgré le battage médiatique (!) fait autour de cette capture, les attaques continuent et il faut bien se rendre à l'évidence : la Bête sévit toujours...

 

Ses crocs sont démesurés...

Ses crocs sont démesurés...

 

En 1767, enfin un second animal, beaucoup plus gros est abattu près d'Auvers, par Jean Chastel, un enfant du pays.

Malgré la découverte dans son estomac de restes humains, il est considéré comme un simple loup et sera enterré sans plus de recherches...

Déjà à l'époque "on ne nous disait pas tout" et il ne fallait pas ébruiter cette seconde capture, car cela aurait discrédité le roi et tout ce qu'il avait mis en place ayant permis d'aboutir à la première ! 

C'est pourtant après cette date que les attaques cessent brusquement et c'est celui-ci qui est considéré par les habitants de la région, encore aujourd'hui, comme la véritable Bête du Gévaudan. 

Légende ou réalité...

A vous de trancher ! 

 

Je vous rassure, si la Bête est toujours présente dans la région, c'est uniquement dans les esprits et parce qu'elle constitue aujourd'hui une manne touristique bienvenue. 

De nombreuses statues se retrouvent dans les villages. Des musées ouvrent leurs portes, des expositions circulent et beaucoup de livres sont publiés régulièrement pour petits et grands. 

 

Devant le musée de Saugues
Devant le musée de Saugues

Devant le musée de Saugues

 

Si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste plus qu'à aller visiter le Musée de la Bête du Gévaudan à Saugues qui a ouvert ses portes en 1999.

Ce musée retrace son histoire, sous forme de 22 tableaux animés.

Il a été conçu par Lucien Gires dont je vous ai parlé récemment.

Les photographies y sont interdites, j'ai donc récupéré quelques-unes des rares photos que l'on peut trouver sur internet. 

 

 

 

Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)
Quelques-uns des tableaux (photos du net)

Quelques-uns des tableaux (photos du net)

 

L'animation se tient dans une maison située derrière la Tour des anglais. Quatre ans de travaux ont été nécessaires, pour mettre en place les reconstitutions des paysages, les 68 mannequins très réalistes, vêtus avec des costumes d'époque, la musique...  car le spectacle est un montage sons et lumière. C'est le public qui se déplace, grimpe dans le noir les escaliers, redescend, traverse des couloirs et des salles, suit les lumières, et la terrible histoire se déroule sous ses yeux à chaque étape. 

Trente-cinq minutes dans le noir, avec frissons garantis, une plongée en plein coeur des montagnes du Gévaudan !

 

Vous pouvez vous rendre compte de l'ambiance en regardant la vidéo ci-dessous et surtout en écoutant l'extraordinaire voix du conteur et...la musique. 

 

 

Vous pouvez aussi lire l'article très complet sur le site de Papou Poustache dont j'ai extrait la carte du territoire présumé de la Bête...

 

Ou vous rendre sur le site ci-dessous pour tout savoir sur l'état actuel des recherches sérieuses autour de la Bête, car les recherches pour élucider le mystère continuent, documents d'époque et témoignages à l'appui, près de 250 ans après...

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:56

 

L'année dernière, je vous ai déjà emmené faire une Petite balade historique dans la ville de Die, intra-muros. Je me suis promis cette année de vous faire visiter plus en détails certains de ses monuments.

Aujourd'hui je vais vous parler de la Porte Saint-Marcel, la seule porte ancienne encore existante de nos jours dans les remparts. 

Et tout d'abord voici quelques photos ! 

La Porte Saint-Marcel aujourd'hui

La Porte Saint-Marcel aujourd'hui

La Porte Saint-Marcel dans l'ancien temps
La Porte Saint-Marcel dans l'ancien temps
La Porte Saint-Marcel dans l'ancien temps

La Porte Saint-Marcel dans l'ancien temps


A l'origine, la ville fortifiée comprenait deux portes principales.

La première était la porte Saint-Pierre (ou Porte des Gaules) démolie en 1891. Elle se trouvait à l'entrée de la ville, côté Valence (tournée vers l'Ouest). Seuls quelques vestiges ont été conservés au musée de la ville. Et dans les caves de particuliers subsistent de gros blocs de grès : ce sont les fondations de la tour qui la flanquait au nord.

La seconde est la porte Saint-Marcel dont nous allons parler aujourd'hui: elle s'ouvre côté Est de la ville.

D'autres portes annexes permettaient l'accès à l'extérieur des remparts comme la porte Saint-Vincent par exemple au sud qui s'ouvrait vers la rivière en direction du Pont rompu qui surplombe la Drôme, un pont qui a conservé les culées et la pile centrale de la même époque.

Mais il y avait bien d'autres petites portes qui permettaient aux habitants d'avoir un accès plus facile vers les champs ou les points d'eau et qui en cas de problèmes, restaient fermées. 

 

La porte Saint- Marcel est le seul monument antique du département de la Drôme encore intact.

Elle est classée aux Monuments historiques depuis 1862. 

Elle a failli être détruite elle aussi car la ville nécessitait un agrandissement de sa voie principale qui a été fort heureusement déviée pour passer sur la rivière Meyrosse (un affluent de la Drôme) grâce à un viaduc construit en 1845. 

Elle a subi de nombreux remaniements et il est maintenant prouvé qu'il s'agit d'une porte essentiellement romaine dont l'originalité réside dans le fait qu'elle est intégrée dans des remparts médiévaux.   

En effet, s'il ne fait aucun doute qu'elle a bien été construite vers l'an 300, en même temps que les remparts, elle présente côté ville, un arc monumental du IIe siècle, qui pierre à pierre a été démonté de son ancien emplacement, puis déplacé pour être intégré dans la fortification. 

 

Vue du côté interne de la porte ancienne et actuelle
Vue du côté interne de la porte ancienne et actuelle

Vue du côté interne de la porte ancienne et actuelle

 

L'arc est surmonté par une tête de taureau qui se voit de loin...

La tête de taureau
La tête de taureau

La tête de taureau

 

En s'approchant le promeneur découvre d'autres sculptures...

Tout d'abord de chaque côté de la tête de taureau, les deux surfaces de forme triangulaire que l'on appelle des écoinçons sont gravés de centaures. C'est celui de droite qui est le mieux conservé. On distingue très bien la queue de dragon, les pattes de cheval, le buste humain, la trompette droite et sans doute d'autres détails que je ne visualise pas bien sur ma photo par manque de connaissances...

La tête de taureau et l'écoinçon sud gravé

La tête de taureau et l'écoinçon sud gravé

 

 

Ensuite au niveau de la voûte, on aperçoit des cercles contenant une rosace en leur centre. Ces cercles se superposent pour former des carrés...

Les rosaces de la voûteLes rosaces de la voûte
Les rosaces de la voûteLes rosaces de la voûte

Les rosaces de la voûte

 

Deux frises ornent encore cette partie de l'arc : une d'entre elles représente une procession religieuse ; l'autre en dessous, très altérée, un animal apprivoisé (un lion ?) et des danseurs...

A gauche, côté nord je n'ai pas réussi à photographier la frise très altérée qui représente deux chars face à face tirés par de gros animaux. 

Toutes ces sculptures ont une valeur symbolique car il n'y a jamais eu dans la ville de courses de chars...

 

Les deux frises situées sur l'arc

Les deux frises situées sur l'arc

 

Un couloir s'ouvrait sous la voûte et permettait de contourner la herse...il ne pouvait être emprunté qu'à pied. 

 

Du côté externe, la porte est encadrée par deux tours circulaires intégrées dans les remparts et datant de l'âge de la porte (voir les premières photos de l'article).  Les tours et la porte sont construits avec les même gros blocs de grès. 

La partie haute a été reconstruite en petits moellons, au Moyen Âge et on a ajouté à la porte à cette époque des mâchicoulis, une herse et un pont-levis qui n'existent plus aujourd'hui. 

 

Partie haute de la porte Saint-Marcel vue de l'extérieur

Partie haute de la porte Saint-Marcel vue de l'extérieur

 

La porte Saint -Marcel porte le nom d'un évêque de Die que les gens de Barjols dans le Var fête chaque année car ils en ont fait leur Saint Patron.

Marcel avait pris la succession de Pétrone, son propre frère, suite à la mort de ce dernier en 463. Il avait marqué la ville par son investissement religieux mais aussi par son action politique qui lui a valu d'être déporté pendant deux ans. Quand il reviendra d'exil, il sera vénéré jusqu'à sa mort survenue en l'an 510.

 

Pour rester dans le ton de mon article, je terminerai la visite sur une note artistique...

Voici une aquarelle représentant la Porte Saint-Marcel qui a été réalisée par Charles de Teisseire de Valdrôme (1872-1935). 

Cet aquarelliste était un artiste provençal impressionniste né à Die. Il était également musicien et a été premier violon à l'orchestre de Nice. Il a peint de nombreux paysages de Die et de la Provence. 

En 1928, son aquarelle a servi de couverture à la publication du guide touristique édité par le Syndicat d'initiative de l'époque. 


 

La Porte Saint-Marcel / Balade dans Die intra-muros

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 07:06
Le domaine de Château-Bas
Le domaine de Château-BasLe domaine de Château-Bas

Le domaine de Château-Bas

 

Château-Bas est un château construit sur l'emplacement d'une cité gallo-romaine à vocation agricole et viticole. 

C'est au XVème siècle qu'un riche habitant d'Avignon en fait l'acquisition. Le château était alors semi-fortifié et possédait quatre tours, un fossé et un pont mobile encore présents sur un inventaire du lieu au XVIIIème siècle.

En 1750 la seigneurie est vendue aux enchères par décision judiciaire et achetée par l'ancien trésorier des États de Provence qui la gérera jusqu'à la Révolution, date à laquelle la propriété est divisée.

 

Ensuite, comme beaucoup de domaines agricoles de la région, Château-Bas devient un lieu d'élevage d'ovins et de polyculture :  céréales, vignes, oliviers sont plantés dans la plaine et sur les coteaux. 

Des traces de ces différentes activités ont été retrouvées : pressoirs, tonneaux, troncs d'oliviers plus que centenaires, bergeries...

 

Aujourd'hui, le château abrite une exploitation viticole biologique, renommée dans la région et qui possède une AOP / Côteaux d'Aix-en-Provence.

Elle a été acquise dans les années 80 par l'actuel propriétaire des lieux et 72 hectares de vignes  sont exploités. 

 

De la propriété, le promeneur a une vue parfaite sur le château de Vernègues et le plateau du Grand Puech dont je vous ai déjà parlé, ainsi que sur la ligne TGV qui s'intègre finalement très bien dans le paysage...

On aperçoit sur la seconde photo quelques vestiges gallo-romains. 

 

 

La vue sur le vieux Vernègues et la ligne TGV
La vue sur le vieux Vernègues et la ligne TGV

La vue sur le vieux Vernègues et la ligne TGV

 

Voici quelques photos du domaine tel qu'il apparaît au visiteur aujourd'hui, avec ses anciennes fortifications...

L'extérieur du domaine
L'extérieur du domaine
L'extérieur du domaine
L'extérieur du domaine

L'extérieur du domaine

 

En faisant le tour du château pour se rendre au temple de Diane, nous avons une vue remarquable sur la bâtisse et son grand parc arboré de chênes centenaires.

Château-Bas vu du temple de Diane
Château-Bas vu du temple de DianeChâteau-Bas vu du temple de Diane
Château-Bas vu du temple de Diane

Château-Bas vu du temple de Diane

 

 

Vous pouvez prendre le temps d'admirer au passage les toitures en tuiles vernissées des tours...

Les toitures vernissées des tours
Les toitures vernissées des toursLes toitures vernissées des tours
Les toitures vernissées des tours

Les toitures vernissées des tours

 

Quelques éléments aux alentours du domaine... font partie du charme du lieu, comme par exemple la fontaine accolée au mur est.

 

La fontaine
La fontaine La fontaine

La fontaine

 

Ce vieux tonneau en bois...

Un vieux tonneau accueille le visiteur.

Un vieux tonneau accueille le visiteur.

 

Ce puits ancien...mais rénové et très provençal. 

Un puits ancien
Un puits ancien

Un puits ancien

 

Et, au bout de l'allée d'oliviers...

Une allée d'olivier (autre accès possible au domaine)
Une allée d'olivier (autre accès possible au domaine)

Une allée d'olivier (autre accès possible au domaine)

 

Ce joli oratoire...à l'abri d'un grand chêne.

L'oratoire de Château-Bas
L'oratoire de Château-Bas
L'oratoire de Château-Bas

L'oratoire de Château-Bas

 

On ne sait pas de quand date exactement la construction de ce château...sans nul doute du Moyen Âge ! 

Mais des découvertes ont été faites sur le domaine et à proximité du temple, qui enrichissent encore l'histoire du lieu, puisque bien avant la construction du temple de Diane, le site était déjà occupé. Un aqueduc et tout le réseau hydraulique associé a été découvert et daterait du IIème siècle avant notre ère. Il serait typique de la période helléniste. 

De plus, lors de la construction de la ligne TGV, en 1995, des fouilles ont permis de découvrir des nécropoles datant du Ier au IIIème siècle. 

Depuis de nombreuses campagnes de fouilles ont permis de découvrir d'autres merveilles, y compris lors de l'agrandissement de la cave où un "dolium" en excellent état (une jarre à vin ou à huile) a été mis à jour...

A suivre donc !

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:20
Vue générale avant le tremblement de terre de 1909

Vue générale avant le tremblement de terre de 1909

 

En avant première des Journées du Patrimoine, je suis allée assister vendredi dernier à une conférence qui avait lieu à la Médiathèque du village de Lambesc, intitulée "Eglises, chapelles et couvents : les lieux de dévotion à Lambesc depuis le Moyen-Age" par Sandrine Chabre. 

 

Nos amis de Trets (un village dans le 13) nous avaient déjà parlé d'elle car elle a fait plusieurs interventions très intéressantes chez eux.  Il se trouve que sa famille habite le village de Lambesc et qu'elle connaît donc très bien les lieux !

 

Cette jeune historienne de l'art, très pédagogue et d'une grande clarté de propos (pour la mécréante que je suis) nous a fait passer une heure passionnante durant laquelle elle nous a fait découvrir, non seulement l'histoire de la construction de ces différents lieux mais aussi leur évolution au cours des siècles, des anecdotes amusantes, des extraits de textes anciens concernant la vie dans la région, et bien sûr, une partie des richesses se trouvant encore sur ces lieux.

 

Agrémentée de nombreuses photographies (y compris pour les lieux privés ou fermés au public), cette conférence a été un vrai plaisir que nous aurions aimé pouvoir prolonger tant cette jeune femme, très dynamique et passionnée par son travail, a su nous plonger dans le passé mouvementé de ces différents monuments. 

 

J'aurai sans nul doute l'occasion de vous reparler de ce village et de ses richesses dans les mois à venir ainsi que des petits villages qui l'entourent comme Rognes, Saint Cannat... 

 

Vous pouvez si vous le désirez visionner son site perso ci-dessous.

 

En attendant voici quelques photos du patrimoine local...à la fois religieux, donc objet de la conférence,  ou pas !

 

 

- L'Eglise Notre-Dame de l'Assomption date du XVIIIe siècle (style italien fin Renaissance). 

L'Eglise Notre-Dame de l'Assomption
L'Eglise Notre-Dame de l'AssomptionL'Eglise Notre-Dame de l'Assomption

L'Eglise Notre-Dame de l'Assomption

 

La Chapelle Saint-Anne de Goiron et son ermitage datent du XIème siècle. Ils se trouvent à plusieurs kilomètres du village sur le plateau de Manivert. De nombreux randonneurs s'y rendent toute l'année. 

La Chapelle Saint-Anne de Goiron et son ermitage
La Chapelle Saint-Anne de Goiron et son ermitage
La Chapelle Saint-Anne de Goiron et son ermitage

La Chapelle Saint-Anne de Goiron et son ermitage

 

L'oratoire Saint Symphorien date de 1741. Il est moins connu que les treize autres répartis sur la commune car il se trouve en pleine campagne.

 

Certains oratoires du village sont classés aux Monuments Historiques. Nous en ferons le tour, un jour prochain. La balade fait tout de même 20 km !

L'oratoire Saint Symphorien datant de 1741

L'oratoire Saint Symphorien datant de 1741

 

Le lavoir "Lou Lavadou" date du XVIIIème siècle. Il est totalement construit en pierre y compris le toit, constitué de pierres plates.

Le lavoir "Lou Lavadou" datant du XVIIIème siècle

Le lavoir "Lou Lavadou" datant du XVIIIème siècle

 

Le Jacquemard, pour une raison inconnue, s'écrit toujours avec un "d", alors qu'il s'agit d'un véritable jacquemart !

 

Il date du XVI et XVIIème siècle et est classé aux Monuments historiques. 

Le Jacquemard du XVI et XVIIème siècle

Le Jacquemard du XVI et XVIIème siècle

 

Enfin, je vous propose de revoir les articles que j'avais écrit sur le moulin de Bertoire qui a été entièrement rénové récemment et qui, chaque année, au moment des journées du patrimoine, attire de très nombreux visiteurs autour de divers ateliers et visites.  

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 05:49
Glénat / collection Explora, mars 2016

Glénat / collection Explora, mars 2016

L'histoire commence en 1831 alors que le jeune Darwin, tout juste diplômé,  s'apprête à devenir pasteur pour faire plaisir à son père...En effet celui-ci est déçu que son fils ne s'intéresse ni à la médecine, ni aux études et qu'il préfère s'amuser avec ses amis.

Il a peur que Darwin devienne oisif et entend bien, en lui permettant de devenir pasteur, lui laisser la possibilité de satisfaire son incessante curiosité pour la nature. 

Le jeune Darwin qui aime particulièrement se promener et discuter avec un de ses jeunes professeurs, John Stevens Henslow,  va avoir la chance d'être recommandé par lui, en tant que naturaliste, pour participer au voyage d'exploration à bord du Beagle, un navire de sa Majesté, sous les ordres du capitaine Robert Fitz Roy.

Le voyage qui doit durer deux ans, va permettre l'exploration de l'extrémité méridionale de l'Amérique. Il durera finalement presque 5 ans !

Malgré le refus de son père et les personnes aimées qu'il laisse au port, Darwin réussit à quitter l'Angleterre et à embarquer pour ce qui sera l'aventure de sa vie...mais il ne le sait pas encore !

 

La vie à bord n'est pas de tout repos. Il faut faire face d'abord au mal de mer, apprendre à vivre en groupe. Il faut aussi résister à l'animosité qui l'oppose au naturaliste déjà présent, le chirurgien de bord, Robert Mc Cormick, prêt à tout pour empêcher Darwin de récolter des échantillons...

Heureusement les marins et le capitaine le soutiennent en ce qui concerne sa curiosité envers la nature et font escale très souvent afin de favoriser ses explorations à l'intérieur des terres.

Mais Darwin fait preuve d'un humanisme peu commun à cette époque qui provoquera diverses discussions et fâcheries avec le capitaine, car celui-ci ne partage pas ces idées. 

 

Durant le voyage, Darwin étudiera donc la géologie, mais aussi tous les spécimens vivants qu'il va rencontrer, ou les individus fossiles qu'il va mettre au jour. 

On assiste par exemple à la découverte d'ossements de tatou géant, animal aujourd'hui disparu. Darwin découvre que ces vestiges sont beaucoup plus gros que ceux du tatou actuel. Ces premières observations vont jeter le doute dans son esprit, et entrainer des interrogations, nouvelles pour lui, qui ne cesseront plus jamais de le tourmenter...

L'espèce a donc évolué au cours du temps ?!

 

 

Tout dans cette BD m'a plu...

 

Le texte, dont les mots inconnus sont clairement expliqués en bas de page, permettra aux adolescents dès 13 ans, mais aussi aux adultes, de plonger dans l'aventure et d'apprendre davantage de choses sur cette époque : les croyances religieuses, les idées, le respect des anciens et des maîtres, et l'importance de la hiérarchie, le poids de la religion et des traditions par exemple...

Le lecteur apprendra aussi beaucoup de choses sur l'exploration elle-même, sur la vie à bord, les coutumes des marins (comme celle de tondre les novices lorsqu'ils passent l'équateur), la nature sauvage inexplorée, telle que Darwin la découvre, les moeurs des peuples qu'ils rencontrent...

La rencontre avec les indigènes sera mémorable pour Darwin : il réalisera la différence entre l'homme sauvage et l'homme civilisé, et se posera beaucoup de questions sur les raisons de ces différences.

 

Le lecteur apprendra aussi beaucoup d'éléments sur les idées et les aprioris de l'époque en ce qui concerne les sciences bien sûr, mais aussi l'humanité puisqu'il va découvrir comment les êtres civilisés considèrent les "sauvages" ou les esclaves.  

Le lecteur suivra avec grand intérêt, l'évolution des idées chez Darwin, ses croyances religieuses étant mises à l'épreuve par ses découvertes et ses observations au fur et à mesure du voyage. 

 

L'album est étayé d'extraits de correspondance...

Il se termine par un dossier historique comprenant une biographie de Darwin dans sa jeunesse, la présentation du voyage et de l'équipage (avec un plan du Beagle) et un bref résumé sur les différents personnages qui apparaissent dans la BD, y compris les indiens de la Terre de feu. 

Enfin une courte bibliographie et "sitographie" permet au lecteur de poursuivre ses recherches sur Darwin et son voyage.

 

Les illustrations de Fabio Bono nous permettent d'entrer immédiatement dans l'ambiance, tantôt sombre, austère ou plaisante...Le lecteur partage avec Darwin, son émerveillement constant face à la diversité de la nature en particulier quand le navire aborde la forêt luxuriante du Brésil. Les pages sur la nature sauvage sont absolument magnifiques !

 

Le tome 2 abordera plus en détails les théories évolutionnistes de Darwin (qui s'opposeront aux théories créationnistes de l'époque) ainsi que la seconde partie de la vie du célèbre naturaliste. 

 

 

Voilà donc une BD qui ne manque pas d'intérêt pour qui s'intéresse non seulement aux grands explorateurs de ce monde, mais aussi à la nature et à l'histoire des Sciences.

 

Qui ne connaît pas Darwin, l'immense naturaliste, auteur d'une théorie de l'évolution intitulée "L'origine des espèces par la sélection naturelle", théorie qui a révolutionné en son temps, la vision fixiste des scientifiques de l'époque et a permis l'émergence de notre vision du monde et de l'évolution.

Une théorie qui dérange encore aujourd'hui en particulier aux États-Unis où un courant fondamentaliste (=créationniste), relance régulièrement le débat.

 

Une théorie qui affirme (je simplifie) que la terre a été peu à peu colonisée par des êtres unicellulaires, puis de mutation en mutation par des êtres pluricellulaires, plantes et animaux...qui ont évolué peu à peu par la sélection naturelle. Seuls les êtres vivants adaptés à leur milieu de vie ont donc survécu et ont eu la chance de se reproduire et de transmettre leurs gènes aux générations futures...

 

En effet, au siècle de Darwin, la religion avait beaucoup d'emprise sur les pensées et la plupart des scientifiques pensaient que la création était l'oeuvre de Dieu. C'était donc lui seul qui, à leurs yeux, était responsable de la création des espèces animales et végétales, et de leur évolution.

On cite souvent à ce sujet la réaction de l'épouse de l'évêque de Manchester qui, à la lecture du livre de Darwin, aurait déclaré : "Descendre du singe ? Espérons que ce n'est pas vrai...Mais si c'est vrai, prions pour que la chose ne s'ébruite pas !"

 

En attendant de lire le tome 2 de la BD, pour en savoir plus, retrouvez le voyage de Darwin en détails sur le site du CNRS, voyage animé, richement illustré et sonorisé avec lecture d'extraits de textes !

 

Merci à l'éditeur et à Babelio de m'avoir permis de recevoir cette bande dessinée.

 

Qui sont les auteurs ?

 

Christian Clot est le directeur de la collection Explora. Lui-même explorateur et aventurier, il sait de quoi il parle ! 

Il partage sa vie entre exploration et écriture...

Après un premier voyage au Népal en 1999, il participe à de nombreux voyages d'exploration dans différentes parties du monde à pied, en kayak, à la voile ou à cheval...

Ce qu'il aime avant tout c'est découvrir des lieux et surtout, des hommes et des modes de vie authentiques. 

Depuis 2010, il est vice-président de la Société des Explorateurs français. 

Vous trouverez de nombreux éléments sur sa vie dans son blog ICI, et dans son site ICI. 

 

 

Fabio Bono [source Glénat ]

Il est né à Sanremo, en Italie, en 1971.

Il étudie à la Scuola del Fumetto de Milan. Dès 1994, il travaille pour de nombreux éditeurs italiens et étrangers (Corrierino dei Piccoli, Warner Bros, Stratelibri, Chaosium, éditions Piemme).

En 2000, il dessine de la BD historique pour l'éditeur italien Messaggero di S.Antonio Editrice et il crée avec son épouse Marzia la série jeunesse "Nonno Gidio"(8 tomes parus).

En 2009, il dessine la série "Confessions d'un Templier"pour les éditions Soleil (déjà publié 3 tomes). À partir de 2010, il dessine la série "Cathares", pour les éditions Glenat.

Il vit actuellement à Ventimille en Italie, petite ville proche de la frontière française.

 

Découvrez les autres titres de la collection ICI.

 

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