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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 06:23
des Femmes, 2019

des Femmes, 2019

Dès ses premières lettres, Zehra a éveillé en moi le désir de partager ses paroles. A travers les très nombreux courriers échangés tout au long de ces 600 jours d'emprisonnement, j'ai appris à mieux connaître cette femme que je n'avais jamais vu face à face, ni serrée dans mes bras, mais qui m'a toujours émue par la force et la détermination avec lesquelles elle porte et défend ses multiples identités.

Ce livre dont je vais vous parler plutôt longuement aujourd'hui, a pour sous-titre "Écrits de prison". Il est paru aux Editions des Femmes, à la fin du mois de novembre dernier. Je l'ai reçu lors de la dernière Masse Critique de Babelio, que je remercie ici ainsi que l'éditeur pour leur confiance. 

 

Evidemment j'ai pris tout mon temps pour le découvrir, car ces lettres bouleversantes, écrites en prison par la journaliste et militante kurde, Zehra Dogan ne peuvent se lire comme un roman, vous le comprendrez.  Elles sont adressées à Naz Öke, une journaliste devenue son amie, installée en France, qui en a assuré la traduction avec l'aide de Daniel Fleury, tous deux animant le site d’information "Kedistan" pour la liberté d'expression. Je vous mets en lien  l'article écrit par Daniel Fleury. Vous y verrez certaines œuvres de Zehra Dogan, car cette jeune femme est aussi une artiste d'exception. Un cahier central présente d'ailleurs quelques-unes de ses oeuvres. 

 

Zehra Dogan a été emprisonnée pour propagande terroriste et dessin subversif, entre juillet 2017 et février 2019. Ces lettres constituent donc un témoignage récent de la situation en Turquie. 

On me demande toujours pourquoi les femmes de mes dessins sont tristes. Je ne le fais pas exprès. Je les dessine et je me rends compte après coup qu'elles sont tristes. Quelle femme témoin de ce qui se passe sur ces terres pourrait être heureuse ?

En août 2016, alors que l'armée turque bombarde la ville de Nusaybin et que des milliers de civils fuient, des chars  pénètrent dans la ville. La photo de ces chars surmontés par de nombreux drapeaux turcs, va être diffusée par tous les médias, et devenir un objet de propagande et le symbole de la victoire de l'armée turque.

Zerha Dogan qui habite la ville en fait un dessin...qu'elle partage sur les réseaux sociaux.  Elle sera jugée coupable d'avoir "dépassé les limites de la critique" et va devenir la première femme au monde, condamnée et emprisonnée pour un dessin. 

Vous trouverez de nombreux sites qui reprennent en détails son histoire...

 

Elle a reçu en 2015, le prix Metin Göktepe en récompense de son travail sur les femmes yézidies, qu'elle a été la première journaliste à interviewer.  Je vous rappelle que ces femmes ont échappé à Daesh et que leur témoignage est précieux.

En 2016, Zehra Dogan avait déjà été emprisonnée et accusée de propagande pour une organisation terroriste, mais elle avait été relâchée quelques mois plus tard. 

Ce qui m'a révoltée c'est d'apprendre qu'elle avait demandé à la France un visa, qui est arrivé bien trop tard après sa seconde arrestation, une arrestation qui aurait pu donc être évitée... 

Chaque personne nous apporte les savoirs qu'elle possède, dans toutes les dimensions et avec tous les sens que son vécu leur donne. Il faut cesser d'étiqueter certaines personnes comme savantes. Un savoir peut-il placer une personne au-dessus de toutes les autres ?

Ces lettres chargées d'espoir, et emplies d'humanité, montrent à quel point cette femme est courageuse et prête à tout pour continuer à militer pour la liberté d'expression et la liberté des femmes, ainsi que pour le droit des kurdes, même en étant emprisonnée. Si elle a des moments de découragement bien compréhensibles, ils ne durent jamais bien longtemps et sont suivis par des moments de réflexion, favorisés dit-elle par son incarcération. 

Au fil de ces lettres, tandis que Zehra fait connaissance avec Naz, qu'elle rêve de rencontrer, et que toutes deux se lient d'amitié, le lecteur découvre la vie en prison dans ces quartiers de femmes. 

Zehra apprend à Naz la vie de ses co-détenues avant leur emprisonnement, tandis que Naz parle de sa maison, de ses chats, de son jardin et leur apporte soutien et rêves éveillés. 

Toutes échangent aussi sur la situation politique extérieure, dont les dernières nouvelles n'atteignent pas toujours le quartier des femmes alors que Naz, de la France, en sait davantage.  

 

J'ai trouvé émouvant les passages où elle décrit leur condition de détention mais aussi les nombreux échanges qu'elles ont entre co-détenues. Ces femmes courageuses, qui ne savent pas toujours pourquoi elles ont été arrêtées, la soutiennent dans son art, lui livrant avec confiance leur ressenti, et elle qui est une artiste accomplie, tient compte de leur remarque, n'hésite pas à leur apprendre à dessiner, à apprendre d'elles en mettant en valeur ce que chacune a de richesses intérieures. 

Elles cherchent aussi ensemble, des explications sur les causes de l'emprisonnement des femmes, dans l'histoire mais aussi auprès des philosophes et des intellectuels.

 

Zehra n'hésite pas à revisiter son enfance à se questionner sur la façon dont elle a été élevée, sur l'éducation qu'elle a reçue de ses parents, bien consciente qu'elle leur doit d'être ce qu'elle est aujourd'hui. Elle nous donne aussi son avis sur sa vision du couple et de l'homme, dans cette société si étouffante pour la parole des femmes. 

Elle raconte aussi comment elle a été obligée de travailler pour étudier, de fuir comme des milliers de kurdes, ce qui explique qu'elle se sente si solidaire de ses co-détenues et se batte pour leur cause. 

 

En parallèle à cette vie de recluse, Zehra Dogan ne cesse jamais de créer alors qu'on lui a enlevé tout son matériel. Elle utilise ce qu'elle trouve comme pigment : de la sauce tomate, du curcuma, de l'urine, du sang menstruel, du marc de café, des fientes d'oiseaux. Elle fabrique des pinceaux avec des plumes ou des cheveux. Et utilise comme support des tissus, des journaux, des enveloppes. 

Régulièrement les gardiens la dérangent dans sa création, lui confisquent ses pigments, mais en cachette, elle arrive à faire sortir certaines de ses œuvres qui vont être exposées alors qu'elle est toujours emprisonnée. Une première série "Les yeux grands ouverts" a été exposée en France (un livre du même nom vous fera découvrir ses œuvres). Elle a reçu plusieurs prix. 

 

Enfin, elle ne se contente pas de peindre, parfois couchée sous son lit, la nuit à la lumière de la lune, ou installée dans un placard, elle écrit aussi, et pas seulement des lettres passionnées à son amie, mais des nouvelles, des témoignages dans lesquels elle raconte la vie de ces femmes qui l'entourent et lui apportent courage et désir de poursuivre sa lutte.

Cependant, un jour de désespoir (et de rage) elle a déchiré la plupart de ses cahiers : elle venait d'apprendre qu'elle allait quitter sa ville natale pour être transférée à la prison de Tarse, un transfert qui l'a isolé et éloigné de ses amies. 

 

Naz, il y a des jours où je ne parviens plus à imaginer que ces mauvais jours auront une fin. Tout semble être contre le fait même que nous puissions respirer. Ils interdisent même de respirer. Parfois, sur ces terres qui sentent le sang, c'est un crime.
Si tu me demandais de te nommer un pays qui serait beau, je n'ai pas un seul lieu à citer. Le plus beau pays est mon coeur...

Zehra Dogan vit désormais à Londres où elle est invitée en résidence et ses œuvres n'ont de cesse d'être exposées dans le monde entier comme en France, en Italie... 

Mais elle ne demande pas l'asile, elle veut croire qu'un jour prochain elle pourra rentrer chez elle et retrouver son pays, libre, un pays où elle espère qu'enfin tous les intellectuels pourront s'exprimer librement et le peuple vivre en harmonie.

Vous pouvez la retrouver sur son propre site ou sa page Facebook. 

Nous devons donc nous approprier notre lutte, nous prendre en main, ou bien, tout comme les femmes n'ont pas d'histoire, un jour, celles et ceux qui résistent se trouveront dépourvue de la leur...

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:22
Editions Chèvre-Feuille Étoilée, 2019 / Collection "d'un espace, l'autre"

Editions Chèvre-Feuille Étoilée, 2019 / Collection "d'un espace, l'autre"

Violence révolutionnaire contre violence coloniale.
Nous voilà, nous les victimes, séparées pour un siècle. Et pourtant il y a tant d'amour non-dit entre nos deux rives qui se sourient malgré la nuit, à cause du grand malentendu qu'on leur a imposé. Oui, seules des générations neuves peuvent briser le mur d'incompréhension qu'on nous a savamment édifié.

Qu'importe, disait-on, le nombre des victimes, des martyrs, l'essentiel est d'arriver au but suprême, l'indépendance. Je l'ai cru, maintenant je révise, avec le recul, mon jugement. Aujourd'hui, je pense qu'aucune cause ne mérite qu'on lui sacrifie autant de vies humaines...

Une fois, une élève venue du Nigéria a écrit, dans un bilan de cours "En français, ce que je n'aime pas, c'est quand on nous demande d'écrire au passé. C'est compliqué d'écrire au passé. Et puis moi, le passé je n'ai pas envie de m'en souvenir. Je fais tout pour l'oublier."

Suite à leur rencontre dans une réunion littéraire, les auteurs, tous deux romanciers, décident de correspondre pour échanger leur vision de leur terre d'origine, l'Algérie

 

Djilali est tout de suite attiré par les yeux bleus de Sophie. Ils lui rappellent ceux d'une jeune Juliette rencontrée à l'école. 

Sophie a une envie irrépressible de mieux connaître l'Algérie, ce pays que les siens ont pourtant renié, tout en en gardant de lui, un souvenir, toujours davantage embelli d'année en année. 

Ce recueil est la compilation de leurs correspondances durant tout un été : les seize courtes lettres se complètent parfaitement et surtout, se répondent.

 

Nés tous deux à vingt ans de distance, ils n'ont bien évidemment pas le même point de vue sur leur pays. 

Sophie est fille de "Pieds-noirs". Elle vit aujourd'hui en Suisse et enseigne le français. Elle va chercher à retrouver l'Algérie telle que la lui décrivait sa mère, celle des grandes fêtes colorées et si vivantes, des rires et des chants, des mounas que l'on partageait, et des pieds nus dans le sable...

Djilali est né un peu avant la guerre d'Indépendance dans un petit village entre Alger et Oran. Pour lui, l'Algérie c'est à la fois de beaux souvenirs d'enfance, mais aussi la pauvreté,  l'injustice, la dureté de la guerre et des hommes, la rancœur de certains algériens et leur légitime colère, mais aussi la joie d'aller à l'école pour apprendre toujours plus, grâce à ses instituteurs qui croyaient en lui.

Evidemment, tous deux n'ont pas vécu la même enfance, mais ils restent reliés pour toujours à l'Algérie, leur pays, celui où se trouvent leurs racines familiales.

 

Ce qui m'a touché dans ce récit épistolaire, c'est la sincérité des propos et le respect mutuel dont tous deux font preuve, lors de leurs échanges.

Ceux de Djilali, qui nous livre ici des propos particulièrement apaisants, sont emplis de sagesse. C'est lui le plus âgé et il fait donc preuve de maturité répondant à Sophie, lui expliquant ce qu'elle n'a pas vécu, comme par exemple la vie quotidienne des algériens pauvres, les horreurs de la guerre d'indépendance, la responsabilité des hommes politiques.

 

Ce recueil est une belle façon de revisiter l'histoire en croisant le regard et le ressenti de ces deux personnes différentes.

Il peut être lu dès l'adolescence même si je reconnais que ce genre de récit épistolaire n'est pas forcément facile à aborder pour des ados.  Cela vaut la peine de fournir un certain effort pour entrer dedans.

Ces lettres peuvent de plus, être utilisées en classe puisqu'elles se répondent. Je suis certaine qu'elles pourront être la base de débats constructifs.

Leurs deux regards, complémentaires, dressent le portrait d'un pays meurtri auquel le silence a fait considérablement de mal, comme il a fait du mal aux hommes. Ce silence a entraîné son lot de violence, amenant les hommes à taire leur amour pour lui, et cela, des deux côtés de la méditerranée.

 

Le sujet glisse forcément sur le thème des migrants, de tous les temps et de la méditerranée qui depuis des décennies, a été traversée, car porteuse de tous les rêves... de déceptions et de pertes humaines considérables. 

 

Le fait que tous deux cherchent à comprendre, remettent en questions leurs a-priori et s'interrogent, tout en tentant de trouver un chemin commun sur lequel les générations futures pourront s'appuyer pour pardonner, est un beau message d'espoir... 

J'ai cependant trouvé le ton employé par Djilali, par moment trop moralisateur ce qui a un peu gâché ma découverte. 

 

Merci à Babelio et aux Editions "Chèvre-feuille étoilée" de m'avoir permis de découvrir cet échange épistolaire. Cela me donne envie de découvrir les livres de ces deux auteurs. 

Encore une fois je te propose d'avancer l'un vers l'autre et non pas l'un contre l'autre.

tous les livres sur Babelio.com

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:06
Editions Zulma, 2013

Editions Zulma, 2013

Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l’intérieur.

 

La Lettre à Helga n'est pas à proprement parlé une correspondance c'est une longue lettre d'amour écrite par un vieil homme à sa bien-aimée, alors qu'elle n'est plus de ce monde, en réponse à une lettre qu'elle lui a écrit, il y a fort longtemps, et à laquelle il n'a jamais pu répondre...

 

C'est une sorte de confession où il va enfin lui confier, du fond de sa maison de retraite, alors qu'il sent la mort approcher, son immense amour, et le pourquoi de ses décisions passées qui ont influencé toute leur vie. 

Car tous deux, malgré la passion partagée et la naissance de leur petite fille, n'ont jamais vécu ensemble.

 

Cette lettre est un petit bijou...à tous points de vue. 

Trop en parler serait dévoiler ses atouts...

 

...je me suis trouvé à la croisée des chemins . La sente que j'avais suivie jusque-là bifurquait. J’ai emprunté les deux voies, mais ni l’une ni l’autre comme il aurait fallu. En ce sens que j’ai suivi l’une, l’esprit tout le temps fixé sur l’autre.
Sur toi.

 

Bjarni vit en Islande, une terre rude et sauvage où il élève des moutons et des brebis, mais contrôle aussi le fourrage dans les fermes voisines, tout en apportant, à l'occasion, une aide précieuse et des conseils aux fermiers dans le besoin.

 

Cette terre est la sienne. Il en a hérité de ses ancêtres et a promis à son père sur son lit de mort de ne jamais s'en défaire.

Son drame est que sa femme, Unnur suite à une intervention, ne peut pas avoir d'enfant et souffre trop pour qu'ils puissent même envisager d'avoir des rapports plus intimes.

 

Alors la vie n'est pas toujours drôle pour lui et il se consacre à son travail, à la pêche et à l'aide qu'il apporte aux autres.

 

C'est en allant aider ses voisins que justement il revoit Helga. Elle est mariée à Hallgrimur et a des enfants, mais il la trouve tout à fait attirante.

Aussi, lorsque la rumeur leur prête une relation qui n'a pas eu lieu : il est fou furieux ! 

Mais pour une fois la rumeur n'a pas totalement tort...

Il est bel et bien obsédé par les charmes d'Helga, par ses formes pulpeuses, par sa simplicité et sa fraîcheur... 

 

Et il va y succomber... Mais Helga va se retrouver enceinte.

 

Et puis elle a pris fin brusquement.
La saison des amours de ma vie.

 

Malgré l'amour fou qui les anime, et l'obsession qu'il a pour elle (et pour son corps pulpeux) Bjarni est incapable de faire un choix autre que celui qui lui est dicté par la raison.

 

Il aime aussi sa femme à sa façon et ne peut non plus l'abandonner pour les raisons que je vous ai évoqué.

Il aime également trop sa terre pour pouvoir vivre en ville, à Reykjavik, et son travail, pour envisager de faire autre chose...

Que feraient ses brebis sans lui, se demande-t-il ?

 

Rien n'est simple pour lui et ses choix vont déterminer de manière irrévocable sa vie future, comme c'est souvent le cas pour tous les êtres humains.

Il ne peut se résoudre à partir avec elle, car ce serait se résoudre à renoncer à lui-même et à tout ce qui jusqu'à présent a été sa vie.  

Alors Helga le chasse...

 

On n’éteint pas en un soir le brasier de la passion.

 

 

Ce sera la fin de leur amour...mais pas de son désir à lui.

Il ne connaîtra jamais sa fille qu'il ne verra qu'occasionnellement sans qu'elle sache qui il est et pour lui, qui n'a jamais eu d'enfants ce sera une souffrance supplémentaire. 

 

...et je compris que le mal, dans cette vie, ce n’étaient pas les échardes acérées qui vous piquent et vous blessent, mais le doux appel de l’amour auquel on a fait la sourde oreille - la lettre sacrée à laquelle on répond trop tard, car je le vois bien à présent, dans la clarté du dénouement, que je t’aime moi aussi.

 

C'est un homme vrai et sincère qui se livre dans cette lettre, tel qu'il est, avec sa vulnérabilité d'être humain, sa force et ses faiblesses, ses regrets comme celui de n'avoir pas pu élever sa fille et ses convictions profondes, comme son attachement à la terre de ses ancêtres.

Cette lettre est emplie de sensibilité et de poésie. 

 

Tous les hommes font des fautes. Sinon ils ne seraient pas des hommes.

 

 

 

Elle nous parle d'amour et de désir, d'engagement, mais aussi de solitude et de frustration.

 

Mais elle n'est pas centrée uniquement sur l'histoire d'amour pour Helga.

 

Elle nous fait souvent rire. 

 

Le vieil homme fait aussi le bilan de ce qu'a été sa vie, de ce que la vie lui a apporté, du rôle qu'il a eu la chance de jouer dans la société. 

 

Il nous parle du temps qui passe, de l'abandon de certaines coutumes pour suivre des modes qui vont rendre les hommes malheureux, car au lieu de posséder des objets qui ont une âme ou qu'ils ont fabriqué (eux ou un de leurs ancêtres), ils vont vouloir acheter uniquement ce qui est à la mode, et posséder toujours plus, ce qui ne les rendra pas plus heureux...

 

C’est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu’ils deviennent tout petits.

 

Un livre très émouvant et mélancolique qui nous invite à nous interroger sur le sens de nos vies, de nos valeurs, et de nos choix...

 

Un magnifique hymne à l'amour, à la vie et à la terre sauvage d'Islande !

 

Bergsveinn Birgisson est né en 1971.

Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande.

Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, "la Lettre à Helga" est enfin traduit en français.

 

[source Éditions Zulma]

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 08:40

 

Le désir le plus cher d'Olivia ?

Savoir qui est son père !

 

En effet Olivia vit seule avec sa mère et ne connaît rien de son géniteur. Elle vient de découvrir dans les affaires de sa mère (OK Olivia le sait : c'est pas bien du tout de fouiller dans les affaires privées des adultes...c'est pas la peine de le lui rappeler !) donc, je disais...elle vient de découvrir une lettre écrite par sa mère  il y a presque 10 ans, et adressée à une mystérieuse Madame Barrois, avec écrit sur l'enveloppe la mention "retour à l'envoyeur", ce qui veut dire que la destinataire n'a jamais voulu la lire...

 

Alors du haut de ses douze ans et demi, Olivia, intriguée, décide d'écrire à cette personne qui n'a pas daigné ouvrir la lettre de sa mère car, elle en est sûre, c'est sa grand-mère !

En effet, derrière une photo prise à La Ciotat, Olivia a trouvé le nom d'Antoine Barrois. Sur la photo, sa mère est sur un voilier et semble radieuse en compagnie de cet homme inconnu...

 

Est- il son père ?

 

Quel est le secret qui pèse sur sa naissance ?

 

Pourquoi ne sait-elle rien de son père ni de ses grands-parents ?

 

Pourquoi Eléonore Barrois est-elle si réticente  à dire la vérité à Olivia ?

 

Commence alors entre Olivia, qui veut à tous prix en savoir plus sur ses origines et cette vieille dame (sa grand-mère ?) qui voudrait oublier le drame de sa vie, un émouvant échange de lettres...qui durera neuf mois.

Chère Madame ma grand-mère d'Elisabeth Brami

Vous voulez savoir la vérité...Lisez ce livre !

C'est un roman épistolaire, facile à lire et plein de sensibilité sur le thème des secrets de famille...

Le ton employé par la vieille dame (langage soutenu) et celui de la jeune fille (langage plutôt familier) est d'un contraste saisissant et pourra être exploité en classe (CM-6e)

A lire dès 10 ans

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:38
Lady Susan de Jane Austen

Ce roman a été écrit en 1795. Le roman épistolaire était à la mode au XVIIe et XVIIIe siècle.  Celui-ci ne déroge donc pas à la mode de l'époque.

Il nous plonge dans l'ambiance très particulière de l'Angleterre à l'époque georgienne. La société anglaise est en plein bouleversements...

L'auteur dénonce la dépendance des femmes au sein du mariage, seul gage pour obtenir un statut social et une sécurité économique. Elle nous dépeint les moeurs et coutumes de la société provinciale anglaise où il fallait bien que les femmes puissent épouser des hommes riches (et stupides, transparents ou absents souvent plus vieux qu'elles) pour pouvoir se montrer en société et porter de belles toilettes. Mais quel ennui pour elles !

 

C'est le premier roman de Jane Austen que je lis. Il est composé d'une quarantaine de lettres. C'est donc un roman très court (117 pages) qui peut  être proposé aux adolescents. Son style à la fois caustique et plein d'humour ne manquera pas de leur plaire surtout s'il est étudié en classe car il reste d'un niveau de langage difficile...

 

Le roman est entièrement centré sur le personnage principal, Lady Susan, un personnage pas du tout sympathique et même carrément détestable, dont le lecteur va suivre les frasques avec plaisir !

 

Jeune veuve de 35 ans à peine (et qui en paraît 10 de moins)  Lady Susan, qui vient de perdre son (vieux) mari, est bien décidée à profiter de la vie maintenant qu'elle est libre.

Elle a vécu quelques mois chez des amis. Mais elle est obligée de les fuir car elle a séduit Manwaring, le mari de son amie qui est désespérée et Sir James Martin, un homme riche mais stupide, le prétendant de Maria, leur fille...

 

Lady Susan décide donc de se rendre quelque temps chez son frère Charles, qu'elle dit "détester" dont elle ne connaît pas les enfants. Sa belle-soeur, Catherine Vernon ne l'aime pas du tout car elle s'est opposée il y a quelques temps déjà à leur mariage. De plus la réputation de Lady Susan l"inquiète...

Mais lorsque son jeune frère, Réginald De Courcy, vient passer quelques temps chez eux et que Lady Susan, pour passer le temps, décide de le séduire, tout se complique...

Le lecteur suit les péripéties et les états d'âme des personnages grâce à la correspondance assidue entre Catherine Vernon et sa mère, Lady De Courcy.

 

Lady Susan est un personnage à part pour son époque. Elle adore s'amuser et ne s'embarasse pas de morale.

Irrésistible, elle aime attirer les regards des hommes sur elle et se montre capable de jouer de tous ses charmes pour tromper, enjôler, manipuler tout à tour les membres de sa famille, ses amants, comme elle l'avait fait pour son mari...

Personne n'y échappe et plus personne ne sait où se situe la vérité car elle se sort toujours de toutes les situations à son avantage car elle a réponse à tout.

Sans argent (elle a ruiné son mari) orgueilleuse, égoiste et opportuniste, elle ne pense qu'à son propre bonheur. Elle est aussi une mauvaise mère qui délaisse (et rabaisse sans cesse) Frederica, sa fille âgée de 16 ans. Elle voudrait d'ailleurs la marier à Sir James Martin que Frederica déteste. Elle décide donc de la mettre en pension, mais la jeune fille se sauve. Frederica va donc venir passer quelques temps dans la maison de son oncle où elle va tomber sous le charme de Réginald...

C'est par la correspondance intime entre Lady Susan et son amie de toujours, Alicia Johnson, que le lecteur découvre toute la perfidie et la cruauté de son comportement !

Un pur délice...à lire absolument !

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:09
T'es pas ma mère de Prune Berge

Parce qu'elle a dû accompagner son employée pour une IVG, Anne Vallio revit avec émotion les circonstances qui lui ont fait abandonner sa fille à la naissance...

 

Elle se livre alors et raconte sa vie et ses interrogations :

- l'histoire de sa petite enfance durant laquelle sa mère est restée en Asie alors qu'elle n'avait que trois ans. Pourquoi sa mère, n'a-t-elle pas voulu venir en France avec son père, ce que Anne a ressenti comme un abandon ?

- les vacances en Suède avec ses amies, durant lesquelles elle a eu des relations et s'est retrouvée enceinte.

- son accouchement sous X, suivi de l'abandon de sa petite fille à la naissance.

- puis son mariage, la naissance de son fils, l'achat de son magasin de lingerie et enfin, le drame, l'accident qui lui prend son mari et blesse gravement son fils.

 

Anne Vallio a-t-elle, pour autant, le droit  d'appeler Stéphanie "sa fille" alors qu'elle l'a abandonnée à la naissance ?

En tous cas, elle décide de lui écrire une longue lettre 20 ans après. Elle ne la connaît pas mais veut lui expliquer son geste.

 

Stéphanie  savait qu'elle avait été adoptée. Mais cette lettre la trouve en pleine crise existentielle. Elle est agressive, en veut sans savoir pourquoi à sa mère adoptive, ne trouve pas ses racines.

Elle ne veut pas voir pour autant sa mère biologique et décide de partir aux États-Unis pour mettre le plus de distance entre elle et sa famille. C'est donc sa mère adoptive, Colette Bouvier qui va répondre à Anne...

 

S'engage alors pour les trois femmes une correspondance émouvante, où chacune raconte son combat pour la maternité, pour l'amour et pour la vie...

Qu'est-ce qui a pu pousser Anne à abandonner sa fille ? Comment a-t-elle vécue avec sa culpabilité ? Comment peut-on se construire sans mère et accepter soi-même de le devenir ?

La connaissance de son passé, aidera-t-elle Stéphanie à construire son avenir ? Acceptera-t-elle de faire connaissance avec cette nouvelle famille, sa mère biologique, son demi-frère ?

 

Les interrogations de Stéphanie amèneront Anne à partir sur les traces de sa propre mère restée en Asie pour y trouver des réponses. Elle apprendra ainsi le lourd secret que lui a caché son père...et qu'il n'a pas pu lui révéler avant  sa mort.

 

"Mais deux mères, cela demande “deux mers” à traverser, avant de pouvoir soi-même mettre au monde un enfant sur une rive qui porte un nom".

 

Ce que j'en pense

 

C'est un court roman mais il faudra quand même une certaine maturité pour apprécier les idées et les événements. Le recours aux lettres donnent une impression accrue de réalisme...

 

Ce roman pourrait être sans problème une histoire vécue. La façon donc l'auteur traite les différents thèmes, l'amour maternel, la relation fille-mère, l'adoption, l'abandon, le désir de maternité...est très émouvante. L'auteur aborde ces thèmes graves avec beaucoup de pudeur.

 

Ce roman  peut être lu dès la classe de 4ème ainsi qu'en lycée professionnel.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 14:39
Lettres à une disparue de Véronique Massenot

 

Dans un pays soumis à la dictature (sans doute d’Amérique latine ?), Paloma est arrêtée par la milice ainsi que son mari et sa petite fille Nina.

Pablo, son père, est persuadé qu'ils sont tous morts après avoir été torturés et qu'il ne les reverra plus jamais. Sa femme Mélina n’admet pas que sa fille soit "portée disparue". Elle l’attend et ne renonce pas, gardant espoir de la revoir vivante.

Alors Mélina lui écrit comme si elle était toujours en vie. Ces lettres sans destinataire vont rester enfermées dans un tiroir mais sont un baume pour elle qui n'est que douceur et résignation. Elle trompe ainsi sa douleur de mère, sa révolte, le vide laissé dans son cœur, la tristesse et  le désespoir... pour que la vie puisse continuer.

Mais des disparus reviennent et racontent. Des enfants sont retrouvés. Ils ont été adoptés par des militaires sans enfants et sont toujours vivants.

L'espoir renaît dans le cœur de Mélina mais aussi dans celui de Pablo. Et si Nina leur petite fille était dans ce cas ?  Alors, elle serait encore en vie ! Elle aurait pu, elle aussi,  être adoptée comme d’autres enfants de victimes, par les bourreaux de ses parents.

Pablo et Mélina entreprennent alors des recherches et guettent toutes les petites filles à la sortie des écoles de la ville... Un jour Pablo revient bouleversé, il en est sûr, il a aperçu le sourire de Mélina sur une petite fille du même âge que Nina…

 

Ce que j’en pense :

C'est un roman bouleversant à lire pour ne pas oublier. Heureusement qu'il n'a que 90 pages...

Il est très réaliste car l'auteur s'est inspiré d'un reportage qu'elle avait vu à la télévision et qui l'avait bouleversée. Et je vous assure que cela se sent. 

Il y a de l'émotion dans chacune des lettres,  mais tout est dit avec beaucoup de pudeur. Le lecteur quel que soit son âge ne pourra pas rester insensible.

Les élèves comprendront par cette correspondance les dégâts occasionnés par les dictatures et les bouleversements et traumatismes psychologiques provoqués par les disparitions et les tortures des proches mieux que par un cours d'histoire...

Ce roman est conseillé par le Ministère de l'Éducation Nationale dans ses "Lectures pour les Collégiens" niveau 4°.

Je pense qu'il ne peut pas être lu avant sans l'accompagnement et les explications d'un adulte car il pourrait être plutôt traumatisant.

 

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Les dix droits imprescriptibles du lecteur

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Extrait de "Comme un roman" de Daniel Pennac

Illustrations de Quentin Blake

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