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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:00
Solanhets, 2019

Solanhets, 2019

C'est à cette époque-là que j'ai compris que les gens de mon île ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour se soucier de ce qui aurait pu leur arriver. Autrement dit, qu'ils étaient seuls au milieu de la mer.

Je ne connaissais pas la littérature africaine de Guinée équatoriale écrite en espagnol, les écrivains équato-guinéens étant plutôt mal connus. Il faut dire aussi que j'avais oublié que la Guinée équatoriale avait été la seule colonie espagnole d'Afrique. Ce qui est intéressant c'est qu'une littérature en espagnol s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui, comme c'est le cas de la littérature francophone dans les pays qui sont d'anciennes colonies françaises. 

J'ai donc accepté de découvrir ce roman avec grand plaisir n'étant pas certaine de le trouver en médiathèque, vu que c'est seulement le second livre de l'auteur traduit en français.  

En fait, ce n'est pas seulement un roman c'est aussi une fable, un témoignage, imprégné des coutumes de ce petit pays, un documentaire sur ce pays que je ne connais pas et sur lequel je n'avais jamais rien lu. 

C'est donc une belle découverte ! 

L'auteur qui a lui-même passé une partie de son enfance sur l'île d'Annobon dont ses parents étaient originaires, nous raconte à travers le regard et la voix d'un enfant,  la vie quotidienne des habitants d'une petite île perdue au milieu de la mer atlantique, et située quelque part vers l'équateur. 

Il y a là quelques villages éparpillés sur la côte. Ils sont formés de quelques habitations sommaires regroupées près de la mer. Les habitants sont pauvres et manquent de tout.

 

Les pères sont partis au loin travailler sur un bateau et les enfants ne se souviennent pas de la dernière fois où ils sont venus au village. Les femmes cultivent un maigre lopin de terre pour tenter d'en tirer quelques subsides.

Les enfants rendent de menus services, vont chercher l'eau pour les personnes âgées du village, aide à ramener les récoltes à la maison, mais ils aiment avant tout jouer, courir dans les bois ou sur la plage, et ramasser les fruits sauvages. 

Les hommes âgés pour la plupart, qui ne sont pas partis pêcher sur les gros bateaux, ramènent dans leurs filets des poissons qui seront ensuite partagés par la communauté.

 

Quand ils ne sont pas à l'école pour y apprendre l'alphabet idéovisuel ou à compter jusqu'à cinq cents, ou en train d'aider les femmes, les enfants regardent, écoutent mais ne comprennent pas tout des us et coutumes qui les entourent, alors ils interprètent et s'inquiètent. 

C'est ce que fait le jeune narrateur de l'histoire...

 

Il nous conte donc la vie quotidienne de sa famille et des habitants du village, entrecoupée de mystères, de croyances, de doutes, d'interrogations et de joies. Cela donne un méli-mélo agréable à lire, à la fois réaliste, imagé, poétique et empli d'humour...

Ils n'ont rien à manger et en sont réduits souvent à se nourrir de piment et d'une maigre galette pour tromper leur faim, car le grand-père, le seul homme de la maison ne peut pas, pour une raison inconnue mais qui nous sera dévoilée à la fin, se rendre à la maison commune des hommes, le "vidjil,  pour y rencontrer d'autres hommes de son âge et aider ceux qui rentrent de la pêche, donc y obtenir sa part de poisson.

Mais ils sont heureux à leur façon...

 

Un jour le drame s'abat sur le village, la forêt s'enflamme, et le feu ravage toutes les maigres plantations des habitants de l'île.

C'est alors le début d'une série de malheurs qui semble ne jamais devoir s'arrêter...

Dans un style proche du récit oral, l'auteur nous emmène sur cette île oubliée du monde où la pauvreté règne. Les habitants n'ont qu'un espoir, celui de voir arriver un bateau de pêche qui en échange des poissons pêchés dans leurs eaux, leur donneront savon, tissus, tabac, alcool et autres denrées rares. 

L'auteur emploie toutes les ficelles de l'oralité pour nous plonger dans son récit : répétitions, questionnements, digressions qui parfois nous perdent un peu, c'est bien vrai (!) mais attisent aussi notre curiosité et  donnent son rythme au récit.

 

Les légendes et croyances font partie intégrante de la vie de ces habitants de l'île, perdus loin de toute civilisation, qui n'hésitent pas à punir avec cruauté ceux par qui le malheur est arrivé, ou à donner à "manger" au roi de la mer, se démunissant ainsi du peu qu'ils possèdent, quand ils le jugent nécessaire. Ils ont peur du noir et ne sortent la nuit que pour satisfaire des besoins naturels et gare à celui qui croise une femme se baignant nue dans la mer...

 

Un roman dépaysant que j'ai eu du plaisir à découvrir et qui commence en chantant...

 

La chanson commençait ainsi :
Le maître :
Aleee, vous, et vous ici, tirez donc un peu.
Tous : Alewa !
Le maître : Aaaalee, tirez donc un peu.
Tous : Alewa !
- Aale, toma suguewa.
- Alewa !
- Aaaalee, toma suguewa.
Alewa !
...
C'est pour moi la plus belle chanson du monde et celle qui ravive le plus de souvenirs en moi, celle qui m'apporte le plus de nostalgie de ma terre.

Je remercie Solanhets, l'éditeur, et Babelio pour leur confiance...

 

Ce roman est traduit de l'espagnol (Guinée équatoriale) par Vincent Ozanam. 

Né en 1966 à Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, Juan Tomás Ávila Laurel a passé une partie de son enfance sur l’île d’Annobón, dont ses parents étaient originaires. Auteur de nombreux ouvrages, il a abordé des genres littéraires variés. Il vit aujourd’hui à Barcelone. Dans la nuit la montagne brûle, publié en espagnol en 2009, est son deuxième livre traduit en français après "Sur le mont Gourougou" (Asphalte, 2017).

[Source :  https://www.decitre.fr/ ]

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 05:12
Le village est fleuri...Le village est fleuri...
Le village est fleuri...
Le village est fleuri...Le village est fleuri...

Le village est fleuri...

Je vous avais déjà montré l'année dernière ces adorables pantins qui animent durant la belle saison les ruelles du village d'Alleyras en Haute-Loire.

C'est un village vraiment agréable avec une jolie église et des maisons fleuries.

Cette année évidemment les enfants ont voulu y retourner pour redécouvrir les fables, les anciens métiers ou les historiettes qu'ils nous glissent à l'oreille au passage.

Voici donc un petit aperçu de ces créations qui je le rappelle sont entièrement fabriquées avec minutie, par les habitants du village dans le cadre d'une association. 

 

Alors, en route pour parcourir à nouveau le chemin fabuleux ? 

Fables et historiettes à lire devant chacun des pantins...
Fables et historiettes à lire devant chacun des pantins...

Fables et historiettes à lire devant chacun des pantins...

De nouveaux pantins avaient fait leur apparition bien avant l'arrivée au village : ils nous invitaient à délaisser la voiture pour y monter à pied...

Bien avant le village par un petit chemin...
Bien avant le village par un petit chemin...

Bien avant le village par un petit chemin...

D'autres trônaient toujours à la même place...et nous attendaient bien sagement. 

Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire
Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire
Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire
Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire

D'autres avaient changé de place depuis l'année dernière,  comme le facteur par exemple qui avait délaissé pour un temps son vélo pour venir s'installer à côté de la boîte aux lettres...

Le facteur et d'autres pantins qui ont changé de place !
Le facteur et d'autres pantins qui ont changé de place !
Le facteur et d'autres pantins qui ont changé de place !

Le facteur et d'autres pantins qui ont changé de place !

Pour tous les découvrir, il fallait avoir le courage de parcourir les sentiers de randonnée ou de promenade qui entourent le village et je crois bien que nous ne les avons pas tous vu. 


Je suis certaine que vous allez en reconnaître quelques-uns au passage parmi les petits nouveaux ou ceux que nous n'avions pas trouvé l'année dernière ! 

 

Barbe bleue...
Barbe bleue...
Barbe bleue...
Barbe bleue...

Barbe bleue...

Le chat botté...
Le chat botté...

Le chat botté...

L'éléphant et le souriceau

L'éléphant et le souriceau

Euh...

Euh...

Le ramasseur de champignon

Le ramasseur de champignon

Le loup et l'agneau

Le loup et l'agneau

Et c'est en suivant le petit joueur de flûte de Hamelin que nous avons quitté le village...

Le joueur de flûte de Hamelin...

Le joueur de flûte de Hamelin...

Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire
Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-LoireLes Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire
Les Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-LoireLes Pantins d'Alleyras / Balade en Haute-Loire

Un grand BRAVO aux couturières et aux créateurs de cette sympathique exposition en plein air. 

Si vous voulez revoir les pantins de l'année dernière c'est ci-dessous ! 

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 06:24
Alleyras et le chemin fabuleux / Balade en Haute-Loire

 

Depuis plusieurs années maintenant, le village d'Alleyras anime tous les étés ses ruelles, en mettant en scène de jolis pantins, illustrant différents thèmes. 

Je vous invite donc aujourd'hui à suivre ce chemin fabuleux...

 

Je dédie cet article à Maryline qui sait si bien elle-aussi mettre en scène, en miniature, le monde enchanté des contes et des fables...

 

Voilà déjà le petit comité d'accueil qui vous met dans l'ambiance dès l'arrivée.

 

Alleyras et le chemin fabuleux / Balade en Haute-Loire
Alleyras et le chemin fabuleux / Balade en Haute-Loire
Alleyras et le chemin fabuleux / Balade en Haute-Loire

 

Les pantins proposent aux passants de se poser un instant auprès d'eux...

 

Allez, ne faites pas les timides, venez vous asseoir !

Allez, ne faites pas les timides, venez vous asseoir !

 

de prendre le temps de regarder le paysage...

Regarder le paysage...

Regarder le paysage...

 

ou de partir pour de plus lointains voyages !

Allez en route pour le bout du monde !

Allez en route pour le bout du monde !

 

Vous pouvez aussi partager, le temps d'un après-midi ensoleillé un peu de la vie quotidienne d'antan...

Les métiers...
Les métiers...
Les métiers...

Les métiers...

 

Certains pantins font référence à des fables que vous reconnaîtrez sans doute au passage sans aucune difficulté...

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf

Le renard et la cigogne Le renard et la cigogne
Le renard et la cigogne Le renard et la cigogne

Le renard et la cigogne

Le loup et le chien

Le loup et le chien

Le corbeau et le renard

Le corbeau et le renard

Le villageois et le serpent

Le villageois et le serpent

 

D'autres sont là pour le plaisir de discuter un moment avec vous, enfin si vous arrivez à vaincre leur timidité...

Nous pouvons aussi nous amuser à les retrouver dans des contes ou dans des fables !

En voici d'autres...
En voici d'autres...
En voici d'autres...
En voici d'autres...

En voici d'autres...

 

Quoi qu'il en soit, ils passeront l'hiver tous ensemble, bien à l'abri dans la maison des pantins, et ressortiront l'année prochaine aux beaux jours, pour de nouvelles aventures...

Et je suis sûre qu'ils auront encore beaucoup d'histoires à nous raconter ! 

La maison des pantins...
La maison des pantins...
La maison des pantins...
La maison des pantins...
La maison des pantins...
La maison des pantins...

La maison des pantins...

 

Un grand BRAVO aux organisateurs et aux habitants ! 

 

Alleyras et le chemin fabuleux / Balade en Haute-Loire

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 05:25
Editions Coop Breizh Beluga 2018

Editions Coop Breizh Beluga 2018

 

Le Petit Peintre est tout triste car il ne sait utiliser qu'une seule couleur de sa palette : le rouge. Et parce qu'il est différent, tous ses amis se moquent de lui.

Pourtant il met tout son cœur dans ses peintures, mais lui ne voit que du rouge autour de lui. Il ne sait pas peindre les nuages, l'herbe, les fleurs ou les arbres, autrement que rouge !

Alors un jour, il décide de tout quitter pour partir en quête des couleurs.

Elles doivent bien se cacher quelque part ! 

 

Le voilà tout seul, naviguant sur la mer immense, toute bleue...mais sa palette reste rouge. 

Un matin, un oiseau merveilleux vient se poser sur sa fragile embarcation. Il est si beau et si petit ! Il tient dans sa main...

C'est impossible pour le Petit Peintre de le peindre... il semble empli de lumière.

Il en est ébloui ! 

Mais ce que le Petit Peintre ne sait pas, c'est que l'oiseau a un secret et un cadeau à lui offrir...

Bien sûr, je ne vous les dévoilerai pas car ce serait vous priver du plaisir de la découverte. Je vous dis juste qu'il vous faudra patienter six jours et six nuits pour en connaître le dénouement...

 

Il ne savait où il allait, ni ce qu'il découvrirait vraiment dans le sillage de la brise, dans cette dérive rêveuse des vagues. Mais il savait que ce que l'on rencontre de plus important est toujours inattendu.

 

Voilà un merveilleux album-conte à raconter aux petits dès 4 ans. Le texte est superbe et stimulera l'imaginaire des enfants.

Je ne connaissais pas Guy Allix mais je pense que cette histoire emplie de sensibilité, de poésie et de tendresse saura toucher en plein cœur les petits et leurs parents.

Car cet album nous parle d'amour, de tendresse, de poésie, toutes choses indispensables à un enfant (et aux grands) pour être heureux et voir la vie en couleurs !

 

Au lieu de vous parler de l'auteur, je vous laisse découvrir son blog ci-dessous...

Sachez seulement qu'il a inventé ce conte il y a plus de 25 ans, pour aider son fils à s'endormir.  Je suis certaine qu'après une si poétique lecture les petits feront tous de beaux rêves. 

Pour info, l'album est également paru en breton

 

 

 

Enfin, comme beaucoup d'entre vous le savent déjà parce que vous faites partie de ses fidèles lectrices, ce merveilleux album est illustré par Pointilleuse.

Et je comprends en le regardant quotidiennement depuis que je l'ai reçu, à quel point elle a trouvé-là, dans ce projet commun avec l'auteur, une fabuleuse occasion  de développer et d'exprimer son immense talent d'illustratrice.

Je comprends l'émotion qu'elle a dû ressentir en lisant ce conte qui lui ressemble tant et tout cela, me conforte dans l'idée que dans la vie il n'y a pas de véritable hasard...

 

Je vous invite donc à aller la lire sur son blog. Elle nous décrit tout le bonheur qu'elle a ressenti à vivre cette aventure. Elle nous dévoile aussi quelques-unes de ses poétiques illustrations dont je suis tombée sous le charme encore une fois, et grâce auxquelles je retrouve, non sans émotion, la petite fille que j'oublie parfois... mais qui est toujours au fond de moi !

Merci Pointilleuse pour ta superbe dédicace...et pour ce magnifique album ! 

A offrir et à s'offrir absolument...

 

Voilà pourquoi je publie cet article dans la Communauté de Brigitte (Ecureuil bleu) "Embellissons-nous la vie" car cet album est une merveilleuse  façon de le faire. 

 

Le monde était multicolore, plus beau que dans ses rêves les plus fous...

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 05:28

 

Vous croyez au hasard, vous ? Moi j'y crois et je reste persuadée que beaucoup d'inventions que nous utilisons tous les jours, ont été le fruit du hasard, de la providence, du destin, d'un concours imprévu de circonstances, appelez-le comme vous voulez ! Il en est de même pour beaucoup de découvertes ! D'ailleurs on peut en dresser des listes et cela dans toutes les disciplines...

 

Alors forcément puisque j'y crois, j'ai tout de suite adhéré à l'histoire de ce joli album qui nous raconte l'invention du papier par les chinois, une invention réalisée en observant les guêpes fabriquer leur nid à partir de végétaux.

 

Les Éditions de l'officine, 2018

Les Éditions de l'officine, 2018

Ton destin est dans ta main, ne le gaspille pas.

Pour les chinois, le dragon n'est pas un être maléfique, mais un dieu, l'ami des hommes. Il tient en son pouvoir la prospérité et la paix.

 

Aux temps de la Chine ancienne, Touen, un paysan modeste et illettré se fait malencontreusement piquer par une guêpe en travaillant ses terres...

La nuit venue, il décide de retourner dans son champ et découvre plusieurs nids. Bâtis avec des morceaux de bois malaxés longuement, ils sont formés de lamelles fines qui, une fois dépliées, s'envolent au vent. Fasciné, Touen en ramène toutes les nuits chez lui.

Liao-Peng, sa femme, les utilise pour renforcer les sandales.

A quoi cela peut-il bien servir se demande Nung-Wen, son petit garçon ? Et il se met à dessiner sur ce support particulier...à la fois solide et si fragile. 

Un colporteur passant par là persuade Touen d'aller présenter cette découverte à Mayunga, le grand sage qui le dirige vers l'Empereur...

Mais, n'entre pas qui veut dans la Cité Interdite : il en faut du courage et de la détermination ! 

 

L'histoire de l'invention du papier par les chinois trouve ici tout son sens...

Le lecteur suit avec un grand intérêt le récit sous forme de conte, de la vie quotidienne de cette famille chinoise laborieuse, et du long voyage que Touen va entreprendre. C'est un voyage qui l'amènera jusque chez l'Empereur et qui est en fait un joli prétexte pour nous faire entrer dans l’histoire, les croyances, les légendes et la philosophie de la Chine ancienne.

On sait tous que c'est au IIe siècle avant notre ère que les chinois découvre un procédé de fabrication à partir de fibres du mûrier dit "à papier", une fabrication qui sera transmise au Moyen Orient grâce aux ouvriers chinois, faits prisonniers, qui en échange du secret auront la vie sauve... L'invention arrivera en Occident vers le Xe siècle seulement.

Un superbe album à découvrir dès 5 ans et à lire tout seul dès 7 ans. 

 

 

L'auteur Michel Yaèche est un formidable conteur.

Il écrit depuis l'âge de 7 ans. D'abord journaliste, il fait ensuite une formation pour travailler dans l'éducation spécialisée. Il fonde l'Institut médico-pédagogique de Sèvres, puis travaille en SEGPA. Depuis sa retraite, il se consacre à l'écriture. Il a reçu plusieurs prix pour ses nouvelles ou ses poésies. 

 

L'illustratrice "Pointilleuse" je vous l'avais déjà présenté ICI ! Ce n'est pas son coup d'essai et elle a déjà illustré plusieurs albums, mais c'est sa première publication à l'aquarelle...

Pointilleuse est non seulement une personne formidable et talentueuse, mais aussi une blogueuse qui mérite d'être connue et qui nous ravit par ses dessins au trait fin, bourrés de tendresse. Dans ce conte pour la jeunesse, elle nous fait entrer dans l'univers particulier de la Chine ancienne. Ses illustrations nous font voyager et découvrir un monde empli de poésie où les valeurs de respect, de travail et de volonté sont importantes.


Je suis tombée sous le charme du colporteur dont la charrette est tiré par un âne à la bouille unique au monde, et là je te reconnais tout de suite Pointilleuse, je sais que c'est bien toi qui l'a dessiné ! J'adore aussi les maisons troglodytes, le pauvre Touen abattu, qui attend prostré au pied du Bouddha (gigantesque) que l'Empereur veuille bien le faire entrer...

 

 

et bien sûr...la merveilleuse quatrième de couverture. Mais chut je n'en dirais pas plus !

 

Quel bonheur pour moi d'avoir eu en main ce superbe album et un grand merci pour la jolie dédicace à destination de mon petit-fils qui l'accompagne... 

Merci aussi pour ce plaisir toujours renouvelé que j'ai à découvrir tes dessins. 

 

N'hésitez pas à aller admirer quelques extraits de l'album sur son site d'où provient l'image ci-dessus...il suffit de cliquer sur le lien. 

 

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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 05:30

 

En 2013, j'ai présenté  sur ce blog, ce livre que j'avais beaucoup aimé et conseillé aux lycéens...

Je n'avais pas beaucoup de lecteurs à l'époque et je n'avais eu aucun commentaire. 

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de "reposter" l'article que j'avais écrit, car je viens de relire ce livre pendant les dernières vacances et je trouve que ma chronique n'a pas besoin d'être modifiée...

J'ai juste ajouté quelques extraits pour vous donner envie d'entrer dans cet écrit plein de sagesse. 

 

L'âme du monde de Frédéric Lenoir

Être libre, c'est aussi ne pas agir en fonction du regard d'autrui. Or, bien souvent, nos actions ou nos réactions sont mues par le désir de plaire ou de ne pas déplaire, de se conformer aux usages communs ou bien au contraire de se rebeller contre eux, d'attirer l'attention ou de rester discrets. Agissant ainsi, nous sommes prisonniers du regard des autres. La sagesse consiste aussi à se libérer de ce regard pesant, bien souvent si intériorisé que nous n'en avons pas conscience.

La grande ambition qui doit guider ta vie, c'est de développer le meilleur de toi-même. C'est de te transformer pour atteindre un état intérieur de paix, de joie, de sérénité que rien ni personne, ne pourra t'enlever...

 

Sept personnes reçoivent en même temps une sorte d'appel bien mystérieux car sous forme de rêve, de vision ou d'une voix intérieure : ils doivent se rendre sans tarder au temple de Toulanka, un monastère bouddhiste perdu dans les montagnes tibétaines.

 

Ansya est une femme chamane mongole ; Gabrielle, une philosophe néerlendaise : elle fera le voyage avec sa fille Natina, âgée de 14 ans ; Anunda est une mystique hindoue ; Maître Kong, un maître taoïste chinois ; Salomon, un rabbin kabbaliste ; le Père Pedro de Salvador de Bahia, un moine chrétien et  Cheik Youssuf, un maître soufi musulman.

Ils viennent des quatre coins du monde...et sont tous de confessions différentes. 

 

Après avoir pris le temps de se remettre de leur voyage, de faire plus ample connaissance et de s'interroger sur le pourquoi de leur venue dans ce monastère, un étrange pressentiment les submerge : un cataclysme planétaire va avoir lieu. 

Dans l'urgence, ils décident alors de transmettre oralement aux deux jeunes ados présents, Tenzin, un jeune lama tibétain de 12 ans, et Natina, la fille de Gabrielle, les sept clés de la sagesse universelle.

 

Aidé par le vieux lama tibétain de Toulanka, les huit sages vont s'appuyer sur leurs expériences et leurs réflexions personnelles pour tenter d'aller au-delà de leurs divergences personnelles et culturelles.

Car il existe ce que les philosophes grecs antiques appelaient "l'âme du monde", c'est-à-dire une force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Durant sept jours (une question par jour) les sages vont prendre tour à tour la parole, en contant de petites histoires pleines de sagesse inspirées de leur religion, pour guider les deux jeunes ados...

 

Quel est le sens de l'existence ? Comment vivre en harmonie entre les exigences du corps et de l'âme ? Qu'est-ce que la liberté ? Comment ouvrir son cœur à l'amour universel ?  Comment cultiver nos qualités et maîtriser nos défauts ? Comment vivre "ici et maintenant" ? Comment vivre heureux et accepter  ce qui est et que l'on ne peut changer ?

 

Ce livre n'est pas un roman, vous l'aurez compris. C'est à la fois un conte initiatique et une réflexion pleine de sagesse. L'auteur, en véritable pédagogue, nous transmet ses connaissances philosophiques et spirituelles et nous livre de nombreuses légendes et anecdotes qui étayent son récit.

Si l'appel mystérieux qui amène les sages à se retrouver ensemble au Tibet, peut paraître tiré par les cheveux, il n'empêche que la suite est tout à fait intéressante, simple et accessible.

 

Ce livre peut donc être lu dès l'âge de 15 ans, que l'on soit croyant ou pas, et je pense vraiment, malgré les nombreuses critiques dont il a fait l'objet dans la presse et sur le net, qu'il peut servir de guide à nos ados d'aujourd'hui.

En effet, même si nous adultes, avons l'impression qu'il enfonce des portes ouvertes, chacun y puisera ce qu'il ne trouve pas ailleurs et ce dont il a besoin pour se construire et peut--être, qui sait... trouver un sens à sa vie. 

 

De plus, je ne peux m'empêcher de penser que si nous étions tous plus attentifs aux "leçons" véhiculés par ce livre, le monde serait forcément meilleur... et en tous les cas nettement plus humain, et la planète s'en trouverait davantage préservée, mais bien sûr, ce n'est que mon avis.

 

Le soleil du matin escalada la montagne. L'air était d'une grande pureté et on pouvait contempler le paysage sur des centaines de kilomètres. Les oiseaux, plus nombreux qu'à l'habitude dansaient dans l'azur et leurs cris retombaient sur les hommes tels des mantras célestes. Un doux parfum d'encens et de jasmin embaumait la terrasse. Un sage prit la parole et dit "Ecoutez, ô enfants des hommes, le sixième noble enseignement sur le juste comportement.
Vivre est un art..."

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 06:24
Le pouvoir des contes / Bernard Chouvier

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs d'enfance, les contes sont présents, comme un contrepoint à la vie ordinaire.

Puis, au-delà de l'enfance, il reste comme une nostalgie amusée du temps où un coup de baguette magique suffisait pour embellir le monde.

Le conte merveilleux a du poids pour l'enfant dans la mesure même où il lui propose un parcours, un cheminement en parfaite correspondance avec les étapes de sa propre évolution psychique. Il n'y a pas de conte approprié à un âge précis mais je dirai plutôt que chacun des contes parle à tous les âges, dans la mesure où il contient lui-même une multitude de sens.

 

L'auteur nous explique le pouvoir des contes, en analysant les symboles qu'ils véhiculent, les lieux, les différentes versions d'un même conte et leur côté universel...

Ainsi vous découvrirez dans ce livre qu'un conte merveilleux est bien plus qu'une simple histoire. 

 

Le conte nous accompagne toute notre vie ! 

Dès l'enfance, le moment du conte, attendu par l'enfant, est un rendez-vous au pouvoir émotionnel très fort, tant à cause des personnages et des situations du conte, que du partage avec l'adulte devenu conteur.

Plus tard, le conte pourra aider l'adolescent en crise à construire son identité.

Devenus adultes, nous retrouvons nous aussi le chemin des contes, en nous livrant à ce moment magique de partage. Avouons que nous sommes totalement comblés, de voir les yeux pétillants de nos enfants ou de nos petits-enfants, lorsque l'heure du conte est venu ! 

 

Pourquoi les contes sont-ils si importants ?

C'est parce qu'ils portent en eux sagesse, consolation et enchantement. Leur puissance est immense et n'a rien à voir avec la portée d'une simple histoire, certes amusante à raconter aux enfants, mais beaucoup moins intéressante au niveau psychologique. 

Les contes populaires merveilleux ont une valeur universelle. Ils véhiculent à la fois des choses terribles et un certain émerveillement. On les retrouve dans tous les pays du monde. L'importance de ces contes, c'est la transmission orale qui au fil du temps, leur a donné un certain pouvoir. 

En les écoutant ou en les lisant, les enfants peuvent trouver seuls des solutions, dépasser leurs problèmes, affronter la réalité et grandir...

Mais les contes sont aussi un lien entre les générations et les adultes transmettent sans le savoir, leurs propres souvenirs et leur propre vécu, leurs propres peurs et leurs propres ressentis...en racontant les contes lus pendant leur enfance.

Cette transmission intergénérationnelle prend tout son sens encore plus aujourd'hui où l'image et les films ont souvent supplanté l'imaginaire des enfants.

 

Dans ce livre simple à aborder et très instructif, l'auteur commence par nous parler de deux contes très connus : "Le petit chaperon rouge" et "Cendrillon". En partant de la version de Perrault, il nous propose de les revisiter dans leurs différentes versions connues  ou moins connues.

A travers de très nombreux exemples concrets, l'auteur replace les contes dans leur contexte et dans les lieux où ils se déroulent.  Il nous montre à quel point ces lieux sont importants car facilement identifiables et reconnaissables.

La forêt profonde devient le symbole des espaces intérieurs, de ce qui est encore sauvage en nous. La montagne va permettre à l'enfant de prendre du recul et de dominer les situations difficiles, quant au lac, il est toujours empli de mystérieuses créatures aux pouvoirs maléfiques, comme les masures au fin fond des forêts sont habitées par des vieilles personnes, souvent un peu sorcières, et que les châteaux font rêver...que l'on y rencontre des fées, des princes et des princesses ou de méchantes marâtres !

 

L'auteur nous explique la valeur symbolique des objets et des vêtements, tous empreints de magie, capables d'aider le héros à vaincre les différentes épreuves qu'il aura à traverser. Les objets donnent du pouvoir au héros mais un pouvoir temporaire donc limité dans le temps. Ces objets préparent en fait l'enfant à accepter la réalité et à affronter le monde réel. 

 

Ainsi en est-il aussi de la métamorphose et des sortilèges.

Ils rappellent à l'enfant que tout change dans la vie et qu'il faut à chaque instant oublier ce qu'on était précédemment, pour grandir, sans toutefois y perdre son identité, un passage qui ne manque pas d'angoisser l'enfant. Ainsi à travers les contes comme la "Belle et la Bête" par exemple, mais aussi "l'oiseau bleu" et d'autres que vous découvrirez dans ce livre, l'enfant  apprend à mieux accepter l'incertitude du changement et les modifications angoissantes de son corps en pleine croissance...

 

Dans tous les pays du monde, on retrouve des versions proches du conte originel, parfois violentes, parfois plus soft, l'important étant de retrouver le conte d'origine le plus proche de la tradition orale primitive et de raconter de préférence, celui-là aux enfants, car c'est celui-là qui sera le plus porteur de plaisir. Il est donc nécessaire de raconter des contes aux enfants quel que soit leur âge.

 

Ce livre intéressant et plaisant à lire, s'adressa aussi bien aux parents à qui il apportera une meilleure compréhension de la symbolique des contes, qu'aux enseignants et aux bibliothécaires qui sauront davantage comment les utiliser et quelles versions raconter.

Les thérapeutes qui ne connaissent pas ou trop peu ces formidables outils que sont les contes, peuvent s'en servir comme une première approche. D'autres titres du même auteur leur permettront ensuite d'approfondir leurs connaissances...

 

A chaque instant, l'auteur s'appuie sur son parcours personnel et ses souvenirs d'enfance, ancrés en Haute-Loire lorsque durant les vacances, il attendait avec impatience le soir venu, pour grimper enfin, grâce à une chaise, dans le grand et haut lit de sa grand-mère, et écouter, blotti contre elle, les histoires de lutin, de diable ou d'autres contes de sa région.  C'est grâce à elle, qui a marquée son enfance car elle était une conteuse-née, qu'il a pu entrer avec délice, mais non sans peur, dans ce monde à la fois merveilleux et effrayant, peuplé de créatures étranges et mystérieuses...

 

Le conte est une belle ouverture vers le monde et les différences. Il aide à dépasser les conflits et les peurs, ancrés en nous depuis notre enfance, et qui nous ont parfois été transmis par nos ancêtres. Le conte parce qu'il aide l'inconscient à identifier ces peurs, a un aspect réparateur et rassurant pour l'enfant. Il aide à développer l'imaginaire par l'intervention de la magie, la possibilité de se métamorphoser en un autre et d'échapper aux sortilèges.

La portée symbolique des contes est immense et ce petit ouvrage simple mais détaillé, qui se lit comme un conte, vous aidera à y voir plus clair et vous invitera, si vous ne le faites pas déjà, à lire de nombreux contes merveilleux à vos enfants et petits-enfants pour partager ces moments uniques avec eux.

En guise de conclusion, vous retrouverez quelques contes moins connus que vous pourrez lire ou relire avec plaisir ! 

 

Les formules choisies font choc et se gravent dans la mémoire comme des formules magiques. "Tire la bobinette et la chevillette cherra" est devenu une phrase aussi empreinte de merveilleux que le "Sésame, ouvre-toi" d'"Ali Baba et les quarante voleurs" pour signifier l'entrée dans l'imaginaire. Peu d'enfants savent ce que sont une bobinette et une chevillette, et encore moins, semble-t-il, que "cherra" est la troisième personne du futur de l'indicatif du verbe "choir". Pourtant la phrase fait mouche à tous les coups. Si on la remplace par une construction plus simple ou plus moderne, le charme tombe.

 

L'auteur Bernard Chouvier, est psychologue clinicien et psychanalyste. Il est actuellement professeur émérite de psychopathologie à l'Université de Lyon.

Il a écrit plusieurs ouvrages spécialisés sur les contes et deux contes pour enfants, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog.

Retrouvez ci-dessous les liens vers mes chroniques...

 

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 06:37
Editions BoD, 2017

Editions BoD, 2017

Ce spectacle était même extraordinaire lorsqu'on prenait le temps de le regarder, car dans l'océan qui faisait face à cette plage, il se passait des choses surprenantes que très peu de gens savent car ils n'ont pas lu ce livre.

 

Voilà un petit album-conte tout à fait plaisant et idéal pour être raconté à haute voix.

Déjà la couverture est très attirante et le titre laisse présager un bon moment de lecture à partager avec les petits.

Vos enfants, à partir de 3 ans, ne pourront que tomber sous le charme de la Princesse Élodie De Zèbrazur et de son chien Augustin, le chien qui faisait n'importe quoi.  

Ils auront vite compris que chaque fois que vous prononcez le nom d'Augustin vous allez ajouter "le chien qui faisait n'importe quoi..."et bientôt ils le répéteront à votre place. 

Ils adoreront les bêtises d'Augustin et comme la Princesse Élodie, ils les trouveront tantôt amusantes, tantôt agaçantes...car c'est bien connu quand on fait n'importe quoi, on finit par faire plein de choses interdites, loufoques ou stupides !

 

Augustin, le chien qui faisait n'importe quoi...a peur de se faire gronder

Augustin, le chien qui faisait n'importe quoi...a peur de se faire gronder

 

Les personnages sont attachants et emplis de malice.  

Mme Brichard  qui aime que tout soit toujours bien en ordre et range chaque chose à sa place, amusera beaucoup les enfants. L'idée qu'elle range même les gâteaux avant que le goûter ne soit fini, ou range les robes au fur et à mesure des essayages, est très drôle ! 

Mme Brichard quand elle est joyeuse et oui, ça arrive !

Mme Brichard quand elle est joyeuse et oui, ça arrive !

Madame Brichard était un peu ennuyeuse. Avec elle pas moyen de prendre le temps de lire, pas moyen de prendre le temps de jouer, pas moyen de prendre le temps de goûter en lisant un livre...

 

Les autres personnages nous réservent aussi plein de surprises !

C'est un album qui parle de la vie d'une princesse, certes, mais interpellera l'enfant sans pour autant lui faire la morale...

Faut-il mieux être ordonné ou désordonné pour que le rêve ait une place dans notre vie quotidienne ? 

Faut-il mieux suivre les règles ou faire n'importe quoi ? 

A vous de voir...et je suis sûre que votre enfant saura très bien vous donner son avis à ce sujet. 

 

La lecture à voix haute par un adulte, va mettre en valeur la poésie des phrases qui, comme les vagues sur la plage, ou le chant de la sirène feront rêver les petits et les grands...

Dès 6 ans, lors de l'apprentissage de la lecture, ils pourront lire ce petit album facilement seuls, puisque les répétitions facilitent le déchiffrage du texte écrit. 

De plus, les illustrations sont très attrayantes et j'ai trouvé très original d'en laisser certaines en noir et blanc pour que l'enfant, s'il le désire, les colorie lui-même.

Une autre façon de s'approprier la lecture de ce petit conte !

 

Le plus :

Cet album est un partenariat entre l'auteur, Pierre Thiry et Samar et Hanki Khzam, un couple de réfugiés politiques d'origine syrienne. Samar est professeur en arts plastiques. Leur interprétation de l'histoire est délicieuse et très poétique.

Espérons pour eux que cette première collaboration sera suivie de beaucoup d'autres, car tous deux cherchent un travail dans la communication et le graphisme, afin de s'intégrer chez nous.

Pour en savoir plus vous pouvez lire l'article de presse ICI paru sur Paris-Normandie le 18 décembre dernier.

 

Découvrez l'auteur ci-dessous, en relisant la première chronique que j'ai écrite à propos de son recueil de poésie, "Sansonnets, un cygne à l'envers", élu "Coup de coeur des Book chroniqueurs en avril 2017".

 

 

Retrouvez-le également sur son blog ci-dessous et sur sa page Facebook ICI...

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 06:03
Zulma, 2005 / Traduit du malayalam par Dominique Vitalyos

Zulma, 2005 / Traduit du malayalam par Dominique Vitalyos

Elle devait avoir sept ou huit ans, pas plus, quand une interdiction, qui pour une fois ne venait pas de son père, vint dresser une barrière devant elle. Ils étaient certes musulmans comme eux, les enfants du voisinage, lui dit Oumma, sa mère, mais ce n’était pas une raison suffisante pour s’en faire des amis. Bref, elle ne devait en aucun cas avoir affaire à eux. Et pourquoi ? Pour une raison secrète connue du monde entier et qu’Oumma lui présenta en ces termes :
- Pattoumma, mon trésor, tu es la fille chérie de la fille chérie d’Anamakkar, le noble Makkar à l’éléphant. Ton grand-père avait un éléphant, un grand mâle à défenses !

 

Ce roman de littérature indienne...se lit aussi vite et facilement qu'un conte pour les grands.

 

Il nous raconte l'histoire de la jeune et jolie Kounnioupattoumma, issue d'une très bonne famille d'origine musulmane. D'un naturel gaie et naïf, la petite fille voit la vie en rose, comme une petite princesse, mais elle ne sait ni lire ni écrire et sa famille la garde dans l'ignorance de la vie et sous l'emprise de croyances religieuses dépassées. 

 

Arrivée en âge de se marier, elle voit défiler les prétendants, mais aucun ne convient à sa mère ! 

En effet, celle-ci est la fille d'un homme riche qui possédait...un éléphant, ce qui explique son rang ! Pas un petit éléphant, non, un grand avec des défenses énormes capables de tuer plusieurs kafirs...

Parée de bijoux, la jeune fille se demande pourquoi elle ne peut choisir son prétendant, mais sa crédulité l'empêche de poser la question.

 

Lorsque son père se retrouve ruiné par deux affaires, dont le procès intenté à son encontre par ses soeurs, en colère parce qu'elles n'ont pas eu leur part d'héritage du domaine familial, voilà la jeune fille prise au dépourvu. Elle ne sait rien faire et va devoir faire face à la pauvreté. Plus de bijoux, car ils sont vendus pour payer le procès, ni de maison, ni de domestiques à leur service, quant aux prétendants, ils disparaissent tous les uns après les autres.

La mère devient aigrie et en veut à la terre entière. Elle mène une vie impossible à son mari qui fait ce qu'il peut pour travailler et rapporter de quoi manger, et à sa fille à qui elle reproche, tout simplement, d'être née.

En effet, être la fille de celui qui a possédé un jour un éléphant, ne lui apporte plus ni respect, ni un quelconque avantage dans leur triste vie. 

 

Mais il y a toujours un revers de la médaille...

Maintenant que la famille est ruinée, Kounnioupattoumma va pouvoir vivre plus libre, aller se baigner dans l'étang aux nénuphars, ou près du puits des voisins, se promener dans la nature qu'elle adore, se faire des amies et peut-être un jour pourra-t-elle même, choisir son futur mari.

C'est alors, qu'après avoir fait une chute dans un ravin, elle croise le jeune (et beau) Nisar Ahmad, un jeune homme cultivé, poète et, comme elle, amoureux de la nature...

 

Kounnioupattoumma ressentait un bonheur indéfinissable, mâtiné de révolte et du désir de se venger. La perte subie était certes un grand malheur, mais elle voyait des gens, respirait l'air pur, profitait de la lumière du soleil, prenait des bains de lune, courait, sautait, chantait. Elle ne connaissait aucune chanson, mais qu'importe, elle était libre de faire ce que bon lui semblait.

 

Voilà un roman très court qui nous fait entrer sans détour dans la vie et les coutumes de cette famille musulmane d'Inde du Sud. Le roman s'apparente d'ailleurs davantage à un conte. 

La façon dont l'histoire se déroule, a le mérite de faire varier les points de vue. La vision naïve de la jeune fille peut parfois être surprenante, mais c'est ce qui nous permet de la trouver attachante et de nous intéresser à son avenir. 

 

Tout en lisant son histoire, le lecteur a une vision plutôt critique de la situation : les préjugés et les contraintes sociales imposés par la mère sont très lourds mais réels. Heureusement, ils vont voler en éclat.

Le roman a le privilège de nous dépayser, tout en faisant découvrir au lecteur les traditions toujours en cours, la différence entre les riches et les pauvres (donc le système de castes), les conditions de vie des femmes et des jeunes filles en Inde du Sud, et le manque d'humanité, dans cette minorité musulmane indienne.

Ce n'est pas un coup de coeur, mais j'ai passé un très bon moment de lecture. Les occidentaux que nous sommes, doivent aborder cette lecture en oubliant leur propre culture, ce qui n'est pas facile à faire, j'en conviens...

L'intérêt du livre réside surtout dans son humour, distillé à chaque page, la poésie du texte, mais aussi la réflexion permettant de comprendre l'importance dans ce pays, de l'éducation et de la culture pour se libérer de la tradition et des superstitions.

L'écriture, simple et facile à comprendre, permettra aux lecteurs, dès l'âge du lycée, d'apprécier cette histoire et vous fera voyager dans un autre monde.

N'est-ce pas une lecture idéale pour les vacances ?

 

L'auteur est surtout connu pour ses nouvelles, dans lesquelles il témoigne de ce qu'il a vécu et dénonce les relations amoureuses contrariées par les codes sociaux et l'injustice. 

Il a participé au mouvement de lutte pour l'indépendance de l'Inde ce qui lui a valu d'être emprisonné.

On le considère comme l'un des plus importants écrivains de la littérature malayalam contemporaine (une des 22 langues officielles de l'Inde,  parlée dans le sud et en particulier au Kerala).

Un auteur à découvrir donc, car cette littérature est peu connue, d'autant plus que ce roman est sorti en poche en 2013 et a fait partie de la sélection du Prix du Meilleur roman des Lecteurs de "Points". 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:15
Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Tu portes l'emblème des anciens dieux de la terre. Délivre-moi et je serai ton serviteur fidèle...

 

En des temps très anciens, vivait un roi adoré de ses sujets...

 

Il vivait heureux avec sa femme et ses trois fils.

Mais un jour la reine tomba malade au grand désespoir des siens. Avant de mourir, elle donna à chacun de ses fils un médaillon pour leur porter chance. 

Quelques temps après, le roi se consola et tomba sous le charme d'une sorcière déguisée en une charmante dame.

Les trois fils ayant deviné la supercherie mettent en garde aussitôt le père, puis décident de quitter le château pour s'établir dans une cabane située au fin fond de la forêt...

 

Tandis que les aînés partent tous les jours à la chasse, le plus jeune, appelé Cadet, s'occupe de la maison et prépare les repas.

Un jour, il trouve à son retour un étrange petit homme dans la maison...qui disparaît mystérieusement dans un souterrain. 

Bien décidés à découvrir son secret,  les deux aînés pénètrent dans le souterrain à leur tour, mais ne reviennent pas. 

 

Resté seul, Cadet est désespéré... 

Que va-t-il devenir ?

Que peut-il faire pour aider ses frères ?

Il ne sait plus à qui demander de l'aide. Il devra malgré sa peur suivre le chemin pris par ses frères et pénétrer à son tour dans l'obscur souterrain peuplé de créatures étranges et fantastiques...

Arrivera-t-il à vaincre toutes les épreuves qui l'attendent ?

Réussira-t-il à découvrir le secret du souterrain ?

 

Au fond de la caverne, Cadet trouva un nouveau passage. Des flambeaux accrochés aux murs éclairaient faiblement les lieux. Des couloirs s'ouvraient sur la droite et sur la gauche, mais Cadet fila tout droit. Il marcha, marcha sans rencontrer personne...Comment s'orienter dans ce labyrinthe ?

 

Voilà un conte classique riche en péripéties et magnifiquement illustré...

Si vous voulez en savoir plus sur les auteurs, je vous invite à consulter ma chronique d'hier ICI

"Les trois frères et le dragon" est un conte plus complexe et plus long à raconter que "Le grand loup noir" mais il nous permet de découvrir de nombreux personnages et de vivre de fantastiques aventures, à réserver donc aux plus de 7-8 ans...et même aux collégiens. 

Le temps fut-il long, fut-il court, toujours est-il que les petits hommes accostèrent et l'entraînèrent vers une salle creusée dans le rocher. Le roi des petits hommes était assis là, sur un trône d'or...

 

Petite remarque...

Me voilà de retour à la maison !

J'avais programmé tous mes derniers articles et je vais pouvoir enfin venir me balader sur vos blogs, rattraper le retard dans mes visites, et répondre à vos commentaires.

Désolée pour le captcha qui s'est installé tout seul sur nos blogs overblog pour une raison inconnue. A partir de mon vieux téléphone portable, seul outil à ma disposition, je n'ai pas eu accès aux pages admin permettant de le supprimer. Voilà pourquoi il vous a bien embêté...

Donc en principe tout est rétabli depuis hier soir.

Merci à celles et ceux qui ont eu néanmoins la patience et la gentillesse de me laisser tout de même un commentaire. 

A très bientôt...

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:31
Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Éditions Lapin / Les Contes du lièvre blanc, 2016

Dans la montagne, tout près d'ici, vit un sage qui a pris les traits d'un aigle aux longues plumes blanches et noires. Donne-moi le parchemin et je lui proposerai de le lire.

 

Il était une fois une très vieille femme qui vivait seule au fond des bois... 

 

Elle cultive quelques légumes pour se nourrir et aux beaux jours, elle parcourt la forêt pour y cueillir des fruits sauvages.

Un jour, pendant qu'elle fait sa cueillette, elle aperçoit un loup et prise de panique, s'enfuit. Mais le loup la suit jusque chez elle.

Au matin, lorsqu'elle ouvre son unique volet, le loup est encore là, tout près...

La veille femme, inquiète n'ose plus sortir. Pourtant le loup lui assure qu'il ne lui fera aucun mal. Il veut tout simplement savoir où se trouve le Château des Rêves.

S'il ne va pas là-bas, il mourra, lui explique-t-il. La vieille femme qui a une âme généreuse, a pitié de lui et décide de l'aider mais les embûches sont nombreuses sur leur chemin...

Elle devra en particulier vaincre ses peurs et tenter de gagner le château par ses propres moyens. 

Mais arriveront-ils pour autant à délivrer l'esprit des rêves fait prisonnier, il y a bien longtemps dans le plus obscur des souterrains du château ?

 

Un conte à lire à partir de 6 ans, mais qui plaira aussi aux grands...

 

A la nuit tombée, elle parvient dans une grande pièce éclairée de lustres de cristal et de mille flambeaux, dans laquelle festoient de nobles seigneurs. Elle se dit qu'une grande fête se tient là, et n'ose entrer.

 

Présentation de l'éditeur

La collection "Les contes du lièvre blanc" remontent le temps pour explorer au fil des pages des contrées merveilleuses. Héros malmenés, marâtres, dragons, grimoires, les ingrédients s'agencent comme dans un rêve déroutant et pourtant si familier.

 

Tout le monde sait que derrière la simple histoire, les animaux, les fées, les épreuves sont autant de symboles qui agissent sur l'inconscient de l'enfant et lui permettent de grandir.

C'est parce que les contes ont un aspect universel et cette valeur symbolique qu'ils peuvent être lus et relus à tous les âges. 

 

Les contes permettent de développer l'imaginaire mais aussi de trouver des solutions aux problèmes qui se trouvent sur notre route. Ils sont en effet le reflet de notre vie : les relations familiales, les rapports avec nos parents ou la fratrie,  la mort ou la maladie, l'affirmation de soi, le dépassement des conflits psychologiques, comme l'Oedipe par exemple dont on oublie souvent l'importance...tout se retrouve dans les contes.

C'est la raison pour laquelle les contes sont de plus en plus utilisés en psychothérapie et la raison pour laquelle il faut les raconter aux enfants sans changer le cours de l'histoire, en les laissant exprimer leur peur ou trouver des solutions par eux-même. 

 

La lecture des contes éveilleraient même pour nous, adultes, notre "enfant intérieur" et quelques psychanalystes bien avisés vous prouveraient que même mes extraits n'ont pas été choisis au hasard. En fait ils l'ont été, j'ai fait ouvrir les pages par mon petit-fils qui ne sait pas encore lire...

 

Freud en 1900 a été le premier à découvrir la nature symbolique des contes et à rapprocher les contes de nos rêves. Mais c'est surtout Bruno Bettelheim (en 1976) qui a permis de mettre ses théories à la portée du grand public avec son livre "Psychanalyse des contes de fées". Il y montre la relation étroite entre l'enfant et les contes et prouve leur utilité thérapeutique.  Je l'avais lu à l'époque de sa sortie et c'est peut-être pour cela que lorsque j'étais bibliothécaire j'avais créé la fameuse "heure  du conte" bien avant que ce soit la mode... 

 

La belle caresse longuement le pelage du grand loup noir, et ils s'enfoncent tous deux au coeur de la forêt, avant que les courtisans ne reviennent avec leurs chiens pour les traquer.
Ils marchent longtemps et finissent par trouver une caverne...

 

Les auteurs 

 

Bernard Chouvier est enseignant de psychopathologie clinique à l'Université Lumière-Lyon 2. Il a écrit de nombreux ouvrages spécialisés dont "La médiation thérapeutique par les contes" (paru chez Dunod en 2015).

 

Autant dire que c'est un spécialiste de la symbolique du conte et qu'on peut lui faire confiance pour inquiéter puis rassurer les enfants, qui n'ont d'ailleurs aucun mal  à s'identifier aux personnages... 

Ce conte est son premier livre pour la jeunesse avec "Les trois frères et le dragon" que je vous présenterai demain. 

 

Nicola Bernadelli est l'illustrateur. 

Né à Vérone en Italie, il a commencé par faire des études littéraires avant de fréquenter l'école Emile Cohl

Il aime utiliser pour dessiner le crayon, le graphite et les couleurs. Parfois il mélange à ses dessins, l'encre et l'aquarelle, et utilise aussi le numérique. 

 

Il donne au conte une dimension fantastique grâce à ses dessins vivants et très réalistes. 

Vous pouvez découvrir son univers en vous rendant sur son site perso (ci-dessous) ou sa page Facebook ...

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 07:30
Rue du monde/ Collection Couleur carré, mars 2017

Rue du monde/ Collection Couleur carré, mars 2017

Sa danse était la pirouette des hirondelles et des libellules dans le beau temps.

 

Petite Lune est la plus vieille femme du village que l'on voit passer au bord du chemin. Elle marche tout doucement, toute courbée et ratatinée, avec l'aide d'une canne.

Mais le saviez-vous qu'elle n'a pas toujours été ainsi ?

Il y a bien longtemps maintenant, elle a été jeune, belle et agile...et elle a même été la meilleure et la plus merveilleuse danseuse de la région.

Et ce que vous ne savez pas, c'est que malgré la vieillesse et son corps qui l'oblige à se mouvoir tout doucement, dans son coeur, elle continue toujours à sautiller...

 

Voilà un album magnifique à la fois poème et conte, superbement illustré par Frédéric Sochard qui vous emmènera jusqu'en Afrique. 

Le texte poétique et très rythmé vous donnera envie de danser ! 

J'ai trouvé que cet album était une belle façon, très émouvante mais pas triste du tout, d'aborder le thème de la vieillesse avec des enfants. 

 

Danse petite lune / Kouam Tawa et Fred Sochard

 

Koum Tawa est né à Bafoussam, au Cameroun en 1974. Très tôt il se consacre à l'écriture de textes poétiques ou dramatiques.

Il a écrit une trentaine d'oeuvres poétiques ou dramatiques et une quinzaine de ses pièces sont mises en scène dans son pays mais aussi en France, au Canada ou au Japon.

Il a reçu de nombreuses distinctions dont le premier prix ACCT de littérature africaine pour la jeunesse en 1997 et a été lauréat du programme "Visa pour la création" de CulturesFrance. 

En 1998, il participe à l'aventure Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis autour de la coupe du monde de football, puis il rejoint le projet de théâtre itinérant Eyala Pena, avec Barbara Boulay comme metteur en scène.

Il réside toujours au Cameroun mais il se déplace souvent pour animer des ateliers d'écriture. Il a été en résidence à Limoges (2001) et à Paris (2007), puis à Rennes (2011) mais également pendant trois mois au Japon, où il a participé à un projet d'écriture. Mais il s'est rendu également aux États-Unis et bien sûr en Afrique... 

 

Retrouvez ci-dessous un des poèmes de Koum Tawa, publié sur le site du Printemps des Poètes...

 

J’aurais aimé être une reine

J’aurais aimé être une reine. Avoir une grande cour. Des hommes et des femmes autour de moi. Les uns pour me servir, les autres à ma charge.
J’aurais aimé être une reine. Avoir une voix qui compte. Dire « je veux » et avoir. Dire « je peux » et pouvoir. Dire « c’est ça » et c’est ça.
J’aurais aimé être une reine. Être de mon temps. Adhérer au monde. Tenir tête à la nuit. Faire corps avec l’espoir.
J’aurais aimé être une reine. Triompher de moi-même. Être la chance des autres.

J’aurais aimé être une reine. Avoir un nom qui dure, une danse qui me porte.
Je me serais au moins permis le rêve si la mort qui n’a pitié de personne n’avait fait de moi la petite dernière qui se cherche sans savoir s’il lui faut monter ou descendre.

Kouam Tawa, Cameroun (1974 - )
Extrait de Elles(s), Editions Lanskine, coll. Ailleurs est aujourd’hui, 2016

 

et d'autres sur le blog de "Terres de femmes".

 

Fred Sochard l'illustrateur de l'album, est né en 1966. Il grandit à Nantes face à la gare de triage.  Puis il étudie les Arts décoratifs à Paris. Il abandonne son travail d'infographiste pour devenir illustrateur de presse et pour la jeunesse. Son amour pour l'art aborigène, indien ou africain se retrouve dans ses dessins. 

Sa page facebook est ICI.

Mais vous pouvez aussi le retrouver sur son site perso ci-dessous et sur le blog de médiapart pour ses dessins de presse qui ne manquent pas d'humour. 

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 07:15
Les Lutins de l'Ecole des loisirs / Kaléidoscope, 2016 (réédition / 1ère édition en 2000)

Les Lutins de l'Ecole des loisirs / Kaléidoscope, 2016 (réédition / 1ère édition en 2000)

 

Le loup a annoncé son retour dans la région à grands coups de pubs. Les médias s'emparent de l'affaire et bien sûr tout le monde tremble de peur. Pendant ce temps le loup se prépare...

Je suis revenu ! / Geoffroy de Pennart

 

Il a beau chercher au bord de la rivière, dans la forêt, dans les petites maisonnettes de la clairière. Il n'y a personne à se mettre sous la dents, ni le petit chaperon rouge, ni Pierre, ni les trois petits cochons, ni les sept chevreaux, ni...

A vous de découvrir les autres personnages de contes qui se cachent dans ses pages.

Quant au loup, il meurt de faim puisque tout le monde s'est caché...Va-t-il réussir à manger ?

 

Voilà encore un conte détourné, pour le plus grand plaisir des petits à partir de 4-5 ans. Mais bien sûr, vous pourrez le leur lire avant. 

Les illustrations sont délicieuses et emplies de détails et de clins d'oeil.

Et ce qui plaît beaucoup aux petits, c'est que, c'est le loup en personne qui raconte l'histoire !

 

Je suis revenu ! / Geoffroy de Pennart

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 07:24
Kaléidisciope 2007

Kaléidisciope 2007

Au bord de la route, Chapeau rond rouge tomba sur un grand chien gris endormi contre une meule de foin.
Elle ne résista pas ; elle sortit sa trompette de poche.
L'animal se réveilla en sursaut, complètement terrorisé.

 

Il était une fois une petite fille qui vivait avec ses parents à l'orée de la forêt.

Comme elle ne quittait jamais le petit chapeau rond et rouge que lui avait confectionné sa grand-mère, on l'avait surnommé...le petit Chapeau rond rouge.

Un jour, vous connaissez l'histoire, sa maman l'envoie chez sa grand-mère en lui recommandant de ne pas passer par la forêt...et bien sûr elle désobéit !

Mais ce que vous ne savez pas, c'est ce qui arrive ensuite.

Alors je vais vous mettre un peu sur la voie : le  loup n'a pas du tout mangé la grand-mère, mais alors vous n'y êtes pas du tout, dans cette version-là du conte, il a été victime d'un accident !  

Entre nous, cela ne servira à rien que la petite fille l'assomme, puis lui ouvre le ventre...il n'y a rien dedans. Mais elle est têtue, ça vous le savez déjà. 

 

Chapeau rond rouge / Geoffroy de Pennart

 

Bien sûr, vous avez tout de suite compris à quel conte bien connu, l'auteur fait référence. Il dit ne pas avoir bien écouté le conte de notre enfance et s'être un peu emmêlé entre chaperon et chapeau rond.

Ensuite il a imaginé ce dont il ne se souvenait plus pour le plus grand plaisir des petits et des grands. 

Qu'en pensez-vous ?

Voilà un livre devenu un classique parmi les contes détournés : une  parodie délicieuse et bourrée de tendresse, qui bien sûr plaît beaucoup aux enfants qui connaissent tous le véritable conte par coeur. Les illustrations sont pleines de surprises à découvrir.

Un beau moment de complicité à partager !

 

Chapeau rond rouge / Geoffroy de Pennart

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 07:36
Ecole des Loisirs /Lutin poche, 2016

Ecole des Loisirs /Lutin poche, 2016

Rafara, un conte populaire africain / Illustré par Anne-Catherine De Boel

 

Rafara vit en Afrique avec sa famille.

Un jour, alors qu'elle est partie cueillir des morelles dans les bois, ses deux soeurs aînées l'abandonnent. Rafara ne sait pas retrouver son chemin toute seule, et bientôt la nuit tombe.

La petite fille tremble de peur car elle sait que le monstre Trimobe n'est pas loin...

Il emporte la fillette dans sa demeure en lui promettant quelle sera sa petite fille chérie. Mais en fait, ce qu'il désire surtout, c'est la séquestrer pour pouvoir la nourrir pendant quelques jours... avant de la dévorer !

Un jour elle donne un peu de son riz à une petite souris... Celle-ci décide alors de l'aider à s'enfuir. Mais avant de partir, elle lui offre trois objets magiques : un bâton, une pierre et un oeuf.

Ils vont être bien utiles à Rafara pour empêcher le monstre, parti à sa poursuite, de la rattraper...et de n'en faire qu'une bouchée !

 

 

 

Rafara, un conte populaire africain / Illustré par Anne-Catherine De Boel

Une nuit, tandis que le monstre ronflait comme dix soufflets de forgeron, une petite souris se glissa sous l'oreiller de Rafara. "Rafara, Petite Mère", dit la souris, "j'ai faim...Donne-moi un peu de ton riz".
Rafara tendit aussitôt à la souris l'écuelle qui était sous son lit. "Merci" dit la souris.
"Puisque tu as bon coeur, je vais t'aider".

Rafara, un conte populaire africain / Illustré par Anne-Catherine De Boel

 

De nombreuses fiches pédagogiques, ça et là sur internet, montrent l'intérêt des professeurs des écoles pour ce joli conte, entièrement illustré aux couleurs de l'Afrique, qui fera voyager les jeunes enfants, tout en leur permettant de faire connaissance avec une autre culture.

Une belle façon d'ouvrir leur monde...

 

On raconte que Vovondréo, grand oiseau aux ailes puissantes passait par là et que Rafara l'appela : "Vovondréo, gentil oiseau, prends-moi sur ton dos et ramène-moi dans mon village. Je te promets en récompense des pierres de toutes les couleurs qui feront scintiller ton plumage".

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 07:00
Gallimard jeunesse / 1979, 1983,2016

Gallimard jeunesse / 1979, 1983,2016

Depuis toujours, je sais me servir du Doigt Magique.
Je ne peux pas vous dire comment j'y arrive, parce que je ne le sais pas moi-même. Mais cela arrive toujours quand je me mets en colère et que je vois rouge...
Et soudain, une sorte d'éclair jaillit en moi, un éclair rapide, quelque chose d'électrique.
Il jaillit et touche la personne qui m'a fait enrager.
Et après cela...il se passe des trucs.

Aujourd'hui est la date anniversaire de Roald Dahl dont je vous ai déjà parlé dernièrement. Il aurait cent ans

 

J'ai profité de la présence de mes petits-enfants à la maison ces jours-ci pour relire avec eux quelques-unes de ses oeuvres.

Ma petite fille, qui vient d'entrer au CE1, les a lu toute seule sans aucun problème et son petit frère les a écouté avec délice.

 

Je vous avais parlé en décembre dernier déjà de l'énorme crocodile que j'ai la chance de posséder en album.

Les autres titres que je possède à la maison, sont tous en poche, et les éditions datent des années 80-90.

 

Je commence aujourd'hui par "le doigt magique" où il est question d'un sujet d'actualité : la chasse.

J'ai trouvé en effet particulièrement déplacé que la chasse débute ce dimanche. Nous nous sommes réveillés au milieu des tirs incessants, alors qu'il est interdit de chasser dans les vignes qui entourent mon petit hameau.

J'ai la chance de vivre à la campagne, mais je vous certifie que cette chance se transforme en cauchemar, non seulement l'été quand il y a des risques d'incendie car au delà des vignes, il y a la forêt mais en plus au moment de l'ouverture de la chasse. J'ai déjà eu une chatte tuée par les chasseurs, et ma voisine a eu la sienne criblée de plomb dont certains n'ont jamais pu être retiré mais elle a été sauvée...

Bref après la canicule de cet été, et vu la chaleur qui se prolonge, les animaux souffrent. Il aurait été de bon ton de reculer la date de l'ouverture...

Evidemment ce n'est que mon avis !

 

Donc pour parler de ce sujet avec mes petits enfants, je leur ai raconté l'histoire de M. et Mme Cassard et de leurs enfants...

 

La narratrice, une petite fille de 8 ans, habite juste à côté de leur ferme et vient souvent jouer chez eux car un de leurs petits garçons, a le même âge qu'elle. 

Mais voilà, cette famille a un énorme défaut : c'est une famille de chasseurs !

 

Alors, un jour où elle se met en colère, les traitant de tous les noms, car ils ont tué des animaux dans les bois, elle fait quelque chose qu'elle s'était jurée de ne plus jamais faire : elle pointe le doigt vers eux !

 

Rien de bien grave me direz-vous ? Et bien vous vous trompez, car ce que je ne vous ai pas dit, c'est que son doigt est MAGIQUE...

 

Et que va-t-il arriver à M. et Mme Cassard et à leurs deux garçons, Bernard et Richard ? Et bien vous le verrez bien en lisant cette histoire.

 

Mais comme je suis dans un bon jour, je vous dirai juste que cela va les faire réfléchir et qu'ils n'auront plus jamais, mais alors JAMAIS, envie de prendre un fusil !

 

 

Paru pour la première fois en France en 1969, ce titre est moins connu car il vient à peine de faire l'objet de sa seconde réédition cette année.

 

Le sujet est traité avec beaucoup d'humanité et d'une façon très abordable pour de jeunes enfants.

Ils sont très sensibles à la morale de l'histoire.

 

C'est un petit livre qui permet de réfléchir aux conséquences de ses actes, qui invite à se projeter dans le ressenti des autres et à éprouver une certaine compassion pour eux. Et cela toujours avec beaucoup de poésie et d'humour

 

L'édition que je possède a été illustrée par Henri Galeron et traduite de l'anglais par Marie-Raymond Farré, deux auteurs très connus. 

Ce conte est dédié aux deux plus jeunes petites filles de l'auteur, Ophelia et Lucy.

A raconter dès 5 ans et à lire tout seul dès 6-7 ans !

 

Voilà l'édition que j'ai à la maison !

Voilà l'édition que j'ai à la maison !

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 06:35
The BookEdition.com / La Bibliothèque de Quichottine

The BookEdition.com / La Bibliothèque de Quichottine

Sacré Lutin bleu !

 

Il a plus d'un tour dans son sac et cette fois, il a trouvé une façon originale de nous faire entrer au Musée tout en continuant à nous faire rêver...

Car le voilà encore une fois... conteur. 

Mais oui, rappelez-vous...vous savez tous, depuis que je vous ai parlé de ce petit Lutin, célèbre sur la toile, dans le recueil intitulé "Paraboles. Contes du Lutin bleu" que c'est tout ce qu'il sait faire...

Et qu'il n'a pas son pareil pour nous raconter des histoires ! 

 

Mais quelles histoires, mes amis...

 

Que vous soyez amateur d'art ou pas, que vous connaissiez ces tableaux ou pas, laissez-vous guider par Lutin bleu. 

 

Il va vous faire entrer dans son univers et je vous l'assure, vous ne regarderez plus jamais un tableau de maître de la même façon, car pour chaque tableau choisi, c'est sa propre interprétation pleine de tendresse, de magie et de poésie, qu'il va vous livrer, bien loin de celles des historiens de l'art...

 

Et vous, subjugués, vous allez voir dans le tableau, mille petits détails qui vous avaient jusque-là complètement échappés et que vous n'oublierez plus jamais... 

 

Madame Vigée-Lebrun et sa fille, Jeanne-Lucie-Louise, dite Julie (1789), huile sur toile, Paris Musée du Louvre

Madame Vigée-Lebrun et sa fille, Jeanne-Lucie-Louise, dite Julie (1789), huile sur toile, Paris Musée du Louvre

 

Car loin de vous décrire le simple portrait d'un homme, d'une femme, d'un enfant, Lutin Bleu va vous parler d'amour, de liberté, de rêves et de fleurs, et vous faire entrer dans une atmosphère emplie de tendresse, de couleurs, de partage, de fête et de musique et même d'un ailleurs qui parfois nous tente ou, au contraire, nous fait si peur... que l'on n'y serait jamais allé tout seul. 

 

Et le voyage s'avère plein de surprises et de découvertes, toutes aussi merveilleuses les unes que les autres...

 

Je vous l'avais bien dit que le Lutin bleu était un magicien !

 

 

 

La fileuse endormie (1853) Courbet, Paris, Musée d'orsay

La fileuse endormie (1853) Courbet, Paris, Musée d'orsay

La mère, elle s’en fiche complètement de ce que dit le gamin, elle ne le regarde même pas. Elle réfléchit à ce qu’elle va mettre pour le dîner du soir… et ce qu’elle va demander à son mari pour leur anniversaire de mariage !

Le gamin, il se cache, parce qu’il sait bien qu’elle ne l’écoute pas. Alors, il s’en fiche aussi et il raconte n’importe quoi. Ce qui compte, il le sait bien, c’est le ronron des mots… Il fait comme s’il épelait et il rigole. Tu ne vois pas le sourire en coin ?

Dans l’ensemble, il sait que lorsqu’il aura fini cette page, elle lui dira de toute façon de filer dans sa chambre… et là, il sera heureux. parce que là-bas, il y a sa nounou… celle qu’il adore parce qu’elle raconte de belles histoires !

L’histoire de ce soir, c’est l’histoire d’un petit lutin qui était si espiègle qu’il a dû, pour sa punition, peindre un autre tableau !

Extrait de "La leçon de lecture" Gérard Ter Borch.

 

Si mon premier réflexe idiot, en démarrant la lecture de ce recueil, a été d'aller immédiatement rechercher le tableau, pour être sûr que c'était bien de celui-là que le Lutin bleu me parlait ou bien, pour le découvrir si je ne le connaissais pas...je me suis surprise, au bout de quelques pages, à avoir envie de totalement lâcher prise ! 

 

Qu'importe que j'ai pu ou pas retrouver le tableau sur la 1ère et 4ème de couverture, qu'importe que la recherche sur le net me le fasse découvrir dans le contexte de tel ou tel musée, de telle ou telle époque, que le tableau soit connu ou moins connu, qu'il soit de l'huile ou de l'aquarelle, qu'il appartienne à l'impressionnisme ou au réalisme...

 

Je n'ai eu plus qu'une seule envie, c'est de me laisser porter par la magie des mots et de visualiser ce tableau, avec mes propres couleurs, ma propre imagination et mon propre ressenti...

C'est dans un second temps finalement que je suis allée voir ou revoir la véritable oeuvre. Et la confrontation des deux images est très révélatrice...je vous l'assure !

 

Le pouvoir des mots, écrits par Quichottine, est extraordinaire...

Grâce à leur puissance évocatrice, ces mots nous émerveillent et nous invitent à  retrouver notre âme d'enfant.

 

Maternité, Pablo Picasso 1905

Maternité, Pablo Picasso 1905

 

Voilà une façon très ludique d'inciter les enfants et les ados à se rendre au musée avec leurs parents.  N'est-ce pas toujours de cette façon-là que nous devrions aborder l'art et l'histoire de l'art ?

 

Cette interprétation de Lutin Bleu, toute en délicatesse, pourrait être utilisée en classe et même dans les collèges pour l'étude de l'Histoire des Arts. Elle laisse libre cours à l'imagination de chacun et favorise la mémorisation. 

A la fin du livre, vous trouverez toutes les références précises des tableaux et des liens vous permettant de les rechercher facilement sur le net.  

Vous n'aurez donc aucun mal à les admirer après les avoir découvert à travers les contes de Quichottine et vous pouvez me faire confiance... vous ne regarderez  plus jamais un tableau comme avant.

 

N'oubliez pas d'aller la retrouver sur son blog pour lui donner en direct, vos propres impressions...

 

Bonne découverte !

Les Raboteurs de parquet (1875), Gustave Caillebotte, Paris, Musée d'Orsay

Les Raboteurs de parquet (1875), Gustave Caillebotte, Paris, Musée d'Orsay

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:35
The BookEdition.com / 2011

The BookEdition.com / 2011


On dit qu'il existe, très loin d'ici, mais si près que vous pourriez vous y rendre seulement en fermant les yeux d'un simple battement de cils, une forêt merveilleuse où chaque arbre est différent...

 

Alors vous êtes prêts à aller avec Quichottine dans cette forêt ? 

 

Oui ? Alors je vous préviens ceux qui pensent que ces contes sont seulement pour les enfants se trompent  complètement !

 

D'ailleurs écoutez la suite...


Tous se côtoient, sans que jamais l'un d'entre eux ne nuise à l'autre...

 

Vous voyez tout de suite à qui je pense là ! 


Là vivent des personnages étranges, très petits, toujours cachés sous des capuchons pointus, de la même couleur que leurs vêtements. On les appelle des "lutins" mais nul se sait si c'est vraiment ainsi qu'on devrait les nommer.

 

Bon je vous l'accorde...cette fois ça ressemble à une histoire pour les enfants car quand on est grand on n'y croit plus aux lutins, c'est bien connu, n'est-ce-pas ?

 

 


Chaque lutin est unique. Il a une histoire à raconter, de celles que l'on écoute, au coin du feu, lorsque le vent souffle au dehors en grandes rafales, fait battre les volets, et voudrait bien s'engouffrer dans nos cheminées.

Vous savez bien que dans le temps, le soir à la veillée, toute la famille (mais aussi les voisins, et tous ceux que l'on aimait), s'installait près du feu pour écouter les anciens raconter des histoires.

 

Alors cette fois, je le vois bien, vous doutez... j'ai réussi à vous faire changer d'avis, vous êtes partants pour écouter ces merveilleux contes qui vont vous transporter au coeur de la forêt des merveilles ?

Alors installez-vous avec moi près du feu et laissez-vous emporter, vous ne le regretterez pas !

 

Vous allez rencontrer des lutins qui non seulement sont de toutes les couleurs et enchantent la forêt mais qui en plus accomplissent des tâches bien précises indispensables à la vie de tous.

Mais...

Il arrive que l'on compte un peu trop sur celui qui sait faire les choses. On oublie de penser qu'il aimerait peut-être un peu d'aide...

 

Depuis combien de temps vivent-ils ici ? Depuis des milliers d'années...

Combien sont-ils ? Des centaines ou  peut-être, beaucoup plus...

Comment communiquent-ils lorsqu'ils sont éloignés les uns des autres ?

Ah ça, je ne vous le dirais pas, vous exagérez ! Vous n'avez qu'à vous creuser un peu les méninges...

 

Vous rencontrerez les lutins bleus de la forêt qui savent raconter des histoires et les lutins verts de la montagne qui sont tous des artistes. D'ailleurs chaque lutin bleu doit rencontrer un jour son double vert, pour être parfaitement heureux.

Il y a aussi les lutins bruns qui sont les gardiens des secrets et les gris qui savent si bien surveiller les bébés, mais aussi les rouges qui travaillent en cuisine...et confectionnent des plats extraordinaires qui vous mettront l'eau à la bouche. 

 

Et il y a même un petit lutin d'or...oui vous avez bien entendu tout en or.

Et lui je ne vous dirai pas ce qu'il fait même si vous insistez !

Et puis bien d'autres encore...

 

Mais malgré leur couleur, ils ne sont pas tous identiques, certains sont des rêveurs, d'autres sont différents parce qu'ils n'ont pas eu de chance depuis leur naissance, certains se mettent en colère... d'autres à l'inverse, sont toujours pleins de sagesse.

Et puis certains ont du chagrin. Et oui, même un petit lutin, peut parfois avoir du chagrin...

 

Le chagrin c'est comme une grosse boule qu'il faut laisser rouler, car si on l'empêche de continuer sa route, elle grossit et finit par atteindre de telles proportions que l'on ne peut plus s'en débarrasser.

 

Et puis il y a le roi qui est là depuis toujours, à veiller sur ces adorables petits habitants de la forêt, ce qui ne l'empêche pas d'être parfois grognon.

Et les quatre fées qui "s'amusent à les regarder vivre depuis des milliers d'années". Mais chut ! Je ne vous en dirais pas plus, c'est bientôt l'été et la fée du printemps va céder sa place à la fée de l'été et celle-ci a du pain sur la planche...c'est moi qui vous le dit. 

 

Vous vous demandez sans doute qui, parmi tous les habitants de la forêt, sont mes lutins préférés ?

Je vais vous faire un aveu : ils sont deux !

Il y a d'abord le lutin qui n'avait pas encore de couleur : je compte bien le présenter bientôt à mes petits-enfants, car s'ils le rencontrent, je suis sûre qu'ils vont immédiatement vouloir l'aider...

 

Et puis, celui qui me touche particulièrement,  c'est le lutin sans nom qui doit absolument se cacher comme le font tous les lutins, mais ne le peut pas.

Alors je suis très inquiète pour lui car vous savez-bien que...

...si quelqu'un les aperçoit, que leur restera-t-il ? Tout le monde voudra les attraper. De grands scientifiques viendront les étudier...On les mettra en cage, on les croisera entre cousins pour créer une nouvelle espèce...
Impossible !

 

Alors, je vous en prie, ne parlez à personne de la forêt magique...

 

Ne racontez l'histoire des lutins de la forêt à vos petits-enfants, que dans le plus grand secret et en les faisant jurer que jamais, non jamais, ils ne dévoileront leur existence...

 

Ne prêtez pas votre livre à vos amis...offrez-le leur, pour qu'ils le lisent en cachette une fois la nuit tombée...

Il suffit pour cela de vous rendre sur le site de l'éditeur.

Et surtout parlez-en autour de vous car sinon que vont devenir ces petits lutins et comment allons-nous faire pour les protéger !  

 

Vous ne connaissez pas Quichottine...rencontrez-la sur son blog ICI.

 

Ses histoires bourrées de tendresse et d'humanité vous raviront.

Elles savent nous toucher en plein coeur car au-delà de l'histoire de ces adorables lutins, c'est bien sûr de nous-même qu'elle nous parle, de nos contradictions, de nos rêves, de nos déceptions, de nos différences et parfois de notre intolérance et en cela, ses contes sont tout à fait initiatiques : ils aideront les plus jeunes à grandir et à se construire, tout en les faisant réfléchir et feront rêver les plus grands...qui ont su garder leur âme d'enfant.

 

Ces contes sont magnifiquement illustrés par des aquarelles d'Anne Auburtin. 

 

Un livre à s'offrir et à offrir...

 

Bonne découverte !

 

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 16:28
La première édition date de 1952

La première édition date de 1952

Un jour Marlaguette va dans les bois cueillir des champignons mais une grosse bête l'attrape et l'emporte : c'est un loup. En la tirant dans sa tanière, elle se débat tellement, que le loup se cogne et se met à saigner...

Lorsque Marlaguette s'aperçoit qu'il s'est blessé à cause d'elle, elle décide, malgré sa peur, de le soigner.  Et elle le fait tellement bien qu'il s'attache à elle et n'ose plus la croquer. Alors Marlaguette en profite pour lui interdire de manger des animaux...

Mais le loup tombe gravement malade tant il est faible. Il ne peut se contenter de myrtilles ou de champignons. Pour Marlaguette, c'est une terrible révélation : il faut que le loup pour vivre, mange à nouveau des petits lapins ou d'autres animaux  de la forêt...

"Je te dédis de ta promesse. Va vivre au fond des bois comme vivent tous les loups."

Marlaguette comprend que la plus belle preuve d'amitié, c'est d'accepter l'autre tel qu'il est...

"En peu de temps, le loup redevint fort et beau. Mais il ne tuait maintenant que lorsqu'il avait faim et jamais plus il ne mangea de petit enfant. Parfois, de loin, entre les branches, il voyait passer la robe claire de Marlaguette et cela lui faisait à la fois plaisir et tristesse. Et Marlaguette regardait souvent vers le fond des bois, avec son doux sourire, songeant à cette grande bête de loup qui, pour l'amour d'elle, avait accepté pendant des jours de mourir de faim..."

 


Ce livre est tout simplement superbe !

Autant vous dire que les jeunes enfants adhèrent totalement à cette histoire d'amitié entre un loup et une petite fille...mais comprennent aussi, grâce à ce joli conte, que chaque animal  a une place dans le monde et qu'on doit la respecter pour préserver l'équilibre de la nature.

 

Les dessins sont un brin rétro. Marlaguette est habillée comme l'étaient les petites filles de l'époque !

 

Cette édition est illustrée par Gerda Muller qui a aussi illustré "Boucle d'or et les trois ours".

Qui est Marie Colmont ?

 

Marie Colmont, de son vrai nom Marie Moréal de Brévans, est un écrivain français pour la jeunesse, née le 5 mai 1895.

 

Devenue orpheline à l'âge de dix ans, elle est recueillie par la famille Collin-Dalvaud dont elle épousera le fils aîné, Henri Collin Delavaud.

Elle accompagnera son mari aux Etats-Unis, puis à Londres. Ils auront deux filles, Michelle, née en 1918, et Janine, en 1926, l'année où ils s'installent en France.

De son séjour aux États-Unis, elle conservera des impressions très vives sur la vie américaine.

C'est pour dénoncer les injustices et les souffrances dont elle a été le témoin et qu'elle ne supporte pas, qu'elle décide de s'adresser directement aux enfants en écrivant pour eux.

Toute sa courte vie, elle restera enthousiaste et passionnée.

 

Elle est surtout connue pour des contes tels que l'histoire de Marlaguette ou de Perlette goutte d'eau, ou encore de l'ourson Michka. Mais plusieurs de ses œuvres ont été régulièrement rééditées dans la collection du Père Castor (chez Flammarion).

 


Au milieu du XXe siècle, elle était déjà reconnue comme un auteur de littérature jeunesse. Elle est d'ailleurs citée dans les manuels scolaires de cette époque.


A la fin de sa vie, elle a également participé et joué un rôle actif dans l'extension des Auberges de jeunesse.


Son décès prématuré, le 6 décembre 1938 est dû à la tuberculose, dont étaient également mortes sa mère et sa sœur.

 

Les autres versions de Marlaguette ...

 

 

Une nouvelle édition de ce conte classique, avec un CD est paru en 2009 pour le plus grand plaisir des petits de 3 à 6 ans. L'histoire est racontée par Sylvia et François avec une musique de Hugues Le Bars.

Durée de l'histoire : 8 minutes 26.

 

 

Ce conte existe aussi dans une nouvelle version illustré et modernisé par Olivier Tallec.

 

 

 

Bibliographie de Marie Colmont

 

 

- Perlette petite goutte d'eau (1936). Bien qu'un peu vieillot cet album permet de faire comprendre aux enfants le cycle de l'eau.

Perlette s'ennuie sur son petit nuage : elle décide de se laisser tomber sur la terre...la voilà partie pour un grand voyage. Elle tombe d'abord sur une plante au bord de l'eau puis dans le ruisseau, qui va bien sûr rejoindre le grand fleuve, puis la mer. Et voilà Perlette bien embêtée...

Comment va-t-elle faire pour retourner sur son nuage ? Seul le soleil pourra l'aider !

 

 

- Panorama du fleuve (1937); panorama de la côte (1938) ; panorama de la montagne (1938) / Réédités en 2010/ Trois albums illustrés par Alexandra Exter.

 

 

- Cigalou (1939/1998) devenu Quand Cigalou s'en va dans la montagne

Cigalou  va rejoindre les bergers dans la montagne. Les animaux et les plantes l'aiment beaucoup et veillent sur lui. Qu'il est heureux !

Espérons que quand il sera grand, Cigalou saura garder un comportement plein d'amour et de respect à l'égard de la nature...

Une jolie fable tout à fait d'actualité bien qu'un peu désuette.
 

 

- Ce que fait le vieux est bien fait (1939/1998)

Adapté du conte d'Andersen.

 

 

- Michka  (1941)

Michka, le petit ours en peluche, quitte la maison d'Elisabeth, une gamine capricieuse et trop gâtée. Il s'en va tout seul dans la forêt, tout fier de retrouver sa liberté.

Mais la nature est dure pour un petit ourson habitué à vivre au chaud dans une maison. Aussi il est bien content de rencontrer le Renne de Noël  !

Tous deux vont faire la tournée des cheminées...

Mais, il n'y a plus rien au fond du sac, lorsque Michka arrive devant la dernière maison du village. Or en ce soir de noël chacun doit faire une bonne action.

Alors Michka décide de rester...Finie la liberté !

Un album toujours aussi émouvant qui ravira les petits à partir de 3 ans. Une bonne occasion de parler de générosité, de partage et d'amitié

 

Les classiques...
Les classiques...Les classiques...

Les classiques...

 

- Pic et pic et colegram (1941)

C'est l'histoire de 3 petits lutins qui s'appellent Pic, Pic et Colegram. Le premier Pic est rouge et il s'occupe de tout ce qui est sur la terre. Le deuxième Pic est bleu et il s'occupe de tout ce qui est dans le ciel, quant à Colegram, qui est le plus petit, il décide de s'occuper des hommes...
La première personne qu'il rencontre, est une jeune fille qui souhaite remplir sa cruche à la source. Pour l'aider, Colegram prononce la formule magique suivante : "Pic et Pic et Colégram, Bour et Bour et Ratatam, Am, Stram, Gram..." et l'eau se met à jaillir avec tant de force qu'elle renverse la cruche qui se brise en mille morceaux. La jeune fille s'en va en pleurant...
Puis Colégram veut aider un vieux vagabond, il récite à nouveau sa formule magique mais encore une fois ça se termine mal...

Puis encore une fois Colégram croit bien faire en venant en aide à une petite sabotière et c'est à nouveau la catastrophe...
Alors Colégram, désespéré de ne pouvoir aider les hommes s'en va tout au fond de la forêt et se met à pleurer...

Il faut aller moins vite petit Colegram et aider les hommes en douceur ! La forêt heureusement saura le conseiller...

Une histoire rétro à souhait mais qui amusera les enfants par sa ritournelle et la répétition des situations. Comme toutes les histoires contées par Marie Colmont, la morale de l'histoire est pétrie d'humanité.

 

- Un pantalon pour mon ânon (1944/1993) existe en album et dans la collection Castor poche en 1990 (n°5023)

La Grise veut un pantalon pour son ânon. Quelle prétention !
Devant le refus du maître, tous les ânes et avec eux, les chevaux, ne veulent plus travailler pour lui.
Rapidement dans toute la ville, le désordre
s'installe ... Il suffirait pourtant d'un peu de gentillesse pour que tout aille mieux sur la terre.

 

- Poulet des bois (1945/1993)

Poulet des bois vit dans une cabane au fond des bois. Est-ce un petit garçon ? Est-ce un lutin ? Tout ce que l'on sait, c'est qu'il a des boucles blondes, qu'il vit presque nu en été et bien couvert en hiver...

Avec son ami Mon-Merle-noir, il part à la recherche de la princesse dont un cheveu se prit un jour dans la cage de l'oiseau.

 

- La bonne vieille (1945/1998)

Une vieille dame, n'hésite pas à héberger, à chouchouter et à lire des histoires à des animaux qui ont besoin d'un peu d'attention...

Les enfants adorent !

 

- Le tigre en bois (1952/1998) ou Histoire du tigre en bois.

Sur le coin d'une table en bois, le tigre en bois s'embêtait car personne ne lui parlait ni ne s'occupait de lui...Quelle tristesse de ne pas pouvoir aller dans la forêt ! Un soir pourtant vous l'avez deviné, il se met à marcher et plus il marche, plus il grandit jusqu'à atteindre la taille d'un vrai tigre...

Où veut-il aller ? Retrouver son berger pardi, celui qui l'a fabriqué dans un morceau de chêne. Mais arrivé là-bas dans la montagne, la bonne odeur des brebis l'empêche de dormir...

 

- 25 contes des peuples indiens (2000) collection Castor poche senior n°16 (8-12 ans) A découvrir en bibliothèque car définitivement épuisé.

Les Indiens vivent au rythme de leurs légendes ; dans la guerre ou la paix, ils écoutent la nature et ses dieux. Et quand le Manitou les appelle, ils accomplissent leur dernier voyage vers le Royaume de la chasse Eternelle...

 

Les autres livres de Marie Colmont...Les autres livres de Marie Colmont...
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
Cette version date de 1956 !

Cette version date de 1956 !

"Il était une fois une petite fille dont les cheveux étaient si blonds qu'on l'appelait "Boucle d'or". Sa maman lui avait toujours interdit d'aller se promener seule dans les bois, mais il arriva un jour où Boucle d'or ne put résister à la tentation..."

Encore une petite fille désobéissante !

Bien sûr "Boucle d'or" se perd dans les bois. Mais ce n'est pas le loup qu'elle rencontre en chemin (comme dans "Le petit chaperon rouge") mais une maison vide qu'elle trouve confortable et à son goût.

Elle goûte la soupe, s'assoie sur les chaises et essaie les lits et bien sûr à chaque fois, elle trouve juste ce qu'il lui faut...

Lorsque les ours vont rentrer et la retrouver endormie dans le petit lit, celui qui est juste à sa taille, "Boucle d'or"  se réveille en sursaut et, effrayée, s'enfuit par la fenêtre. Heureusement le petit ours lui a indiqué le chemin à suivre... pour rentrer chez elle :"Prends le tout petit chemin à droite, petite fille, pour sortir du bois."


 

Les enfants adorent...

 

- A l'école maternelle, de la petite à la grande section, les enfants (filles ou garçons) s'identifient totalement à "Boucle d'or", car eux aussi, n'écoutent pas toujours leur maman...

Et quand on n'écoute pas sa maman, on sait ce qui arrive aux petits enfants "pas sages"...des mésaventures !

Ce conte est bien le reflet d'un époque plutôt moralisatrice car bien sûr, il incite les enfants à écouter davantage les conseils des adultes (au lieu de vivre leur propre vie en autonomie).


- Si les enfants adorent ce conte c'est aussi parce qu'ils adorent les ours.

Les trois ours symbolisent une famille puisqu'il y a un grand ours (le papa, off course), le moyen ours  (la maman) et le petit ours (l'enfant) .

 

- Le récit est plein de rythme et les enfants adorent les répétitions puisque chaque fois, il y a une grande table (assiette, chaise, lit), une moyenne table (assiette, chaise, lit), une petite table (...)

 

Enfin, la fin est rassurante comme c'était souvent le cas à  l'époque même dans les contes.

"Boucle d'or et les trois ours" est un conte, moralisateur certes, mais plein de charme.

 

 

Quelles sont les origines de ce conte ?

 

La première version écrite connue est celle de Robert Southey datant de 1837. Elle s'intitulait : "The story of the three bears" et sa parution dans son livre "The doctor" a été un franc succès.

Dans cette version, la petite fille blonde n'existait pas encore. C'était alors une vieille femme malhonnête qui avait en plus mauvais caractère !

Ensuite la vieille femme a été remplacée par une renarde (dans les versions anglaises) qui venait troubler la tranquilité de la famille formée par les trois ours...ce qui explique qu'à la fin, ils se mettent en colère et souvent la jettent au feu (ou la noient, selon les versions).

On retrouve aussi un renard, nommé "Scrapefoot", dans une version de 1894, très populaire, illustrée par John Dickson Batten, un illustrateur et peintre d'origine anglaise.

Le personnage de la petite fille apparaît finalement dans une adaptation du conte de Southey par Joseph Cundall (1849), un écrivain anglais qui a souvent écrit sous le pseudonyme de "Stephen Percy"et qui était aussi photographe.

"Boucle d'or" s’appelle d’abord Silver Hair, Silver-Locks, Golden Hair, Golden-Locks, et ce serait Flora Annie Steel qui aurait apporté le nom définitif Goldilocks en 1918 [source wikipedia]

 

Ensuite dans les années 50, l'histoire évolue encore et "Boucle d'or" est devenue si attachante et si jolie que les ours lui indique même le chemin pour retrouver sa maison et sa maman...c'est la version que l'on connait  !

 

 

Qu'apporte, aux enfants, la lecture de ce conte ?

 

La lecture de ce conte apporte bien évidemment tout d'abord, le plaisir du partage avec l'adulte !

 

Mais il faut savoir que ce conte a été critiqué par Bruno Bettelheim dans son livre bien connu où il analyse les contes de fées et qui s'intitule : "Psychanalyse des contes de fées". Selon lui quand l'histoire se termine, il n'y a "ni guérison ni réconfort ; aucun conflit n'est résolu ; et il n'y a pas de conclusion heureuse." comme c'est le cas dans la plupart des contes traditionnels.

 

Pourtant,  comme le pense la plupart des psychologues de l'enfance, si l'enfant adore cette histoire et veut sans cesse qu'on la lui raconte à nouveau, c'est qu'il trouve une solution à son problème...

 

Ce conte aborde en effet la question importante de l'identité et de la place qu'occupe l'enfant au sein de la famille.

 

L'enfant apprend aussi, sur lui-même, plein de choses à la lecture de ce conte...

 

- que ce n'est pas bien de rentrer chez les autres, c'est chez eux.

 

- qu'on doit rester à sa place d'enfant. Pourtant quand "Boucle d'or" casse la petite chaise,  elle s'aperçoit qu'elle est trop grande pour une aussi petite chaise. C'est donc qu'elle grandit...et qu'il lui faut à chaque étape, chercher sa nouvelle place qui évolue au fur et à mesure [dans la famille donc]

 

 

- que lorsqu'on fait des essais, c'est bien de procéder toujours dans le même ordre (elle goûte d'abord la soupe dans la grande assiette, puis dans la moyenne enfin dans la petite et celle-ci est parfaite).

 

- que ce n'est pas bien de désobéir (de s'éloigner de la maison, de ne pas écouter sa maman...) mais ce qui est très important, c'est qu'on peut TOUJOURS revenir en arrière et retrouver sa maison et sa maman.

 

Voilà une conclusion très rassurante pour l'enfant !

 

 

Qui sont les auteurs ?

 

Rose Celli (pseudonyme de Rose Brua) est née en Algérie en 1895. Sa mère était sicilienne et son père algérien. Elle était la sœur aînée d'Edmond Brua (1901-1977), écrivain, poète et journaliste.

Elle était amie avec Lucien Jacques et Jean Giono.

Dans une de ces "Lettres à la NRF", datant de mars 1932, Jean Giono s'adresse directement à Louis-Daniel Hirsch, qui faisait partie du Comité de lecture de la NRF (Gallimard)  et était le principal contact de Giono dans cette maison d'édition. Il lui envoie le manuscrit du roman "Isola" (1932), et précise que l'auteur, Rose Celli, a déjà traduit chez eux un roman "Pas si calme" sous son vrai nom (Rose Brua).

Non seulement ce roman "Isola" fut publié par Gallimard, mais Rose Celli remporta le prix Minerva en 1933.

Au cours de sa carrière, elle traduit de nombreux auteurs dont George Steiner, Virginia Woolf, Charles Dickens et Herman Melville.

De nombreux textes sont inédits comme par exemple son journal d'Algérie dont son frère a fait don d'un extrait à lire ICI.

 

Rose Celli se spécialise ensuite dans la réécriture de contes classiques pour enfants en particulier dans la collection "Classiques du Père Castor", dont elle est une des fondatrices.  parmi eux :"Baba Yaga", un conte russe célèbre et le "Conte du petit poisson d'or" (2005). "Album fée" datant des années 30 (1933 exactement) vient d'être réédité.

 

Rose Celli est morte à Saint-Paul-de-Vence en 1982.


 

Gerda Muller est une illustratrice d'origine néerlandaise. Elle est née le 21 février 1926, à Naarden aux Pays-Bas.

 

Gerda Mûller a illustré dans les années 60 la version traditionnelle de "Boucle d'or et les trois ours" paru au Père Castor en 1956. Les illustrations de Gerda Muller sont pleines de tendresse.  Boucle d’or est une petite paysanne modèle avec sa courte jupe rouge froncée et ses sabots aux pieds ! Les illustrations sont réalistes et les enfants les regardent avec un très grand plaisir...

Mais elle rêvait de reprendre ce grand classique et publiera en 2006, 50 ans après la première, une version modernisée... Boucles d'Or (avec un s) habite maintenant dans une roulotte. Elle fait partie de la troupe d’un cirque et voyage en caravane !

Cette fois-ci, l'illustratrice assure le texte et l’illustration.

 

Quelle a été sa carrière ?

Elle a d'abord suivi des cours à l'Ecole des arts décoratifs d'Amsterdam, puis à l'école Estienne à Paris, avant de collaborer à de nombreux albums pour enfants.

Puis elle rencontre l’éditeur Paul Faucher et ce sera le début d’une longue collaboration qui commence avec "La Bonne journée" qui paraît en 1951 et "Marlaguette" en 1952. Elle a aussi illustré "Les Bons amis" et "Les Trois petits cochons" de Paul François (de son vrai nom Paul Faucher).

Gerda Muller collabore aussi à la presse enfantine, notamment à Bayard Presse de 1968 à 1975. Elle est également l'auteur de la série des "Turlutins".

"Quand je travaille seule dans mon atelier, je ressens la présence d'un enfant qui regarde et souvent me guide. C'est pour lui que je travaille (pas pour les parents ou pour les éditeurs)."

Comme l’a dit un jour un critique, on ne connaît pas toujours son nom, mais tous les enfants connaissent ses dessins.

 

Gerda Muller travaillera aussi pour des livres de classe édités par Belin, pour Gautier-Languereau chez qui elle illustre des contes qu’elle apprécie, ceux de Grimm ("Les Musiciens de la ville de Brême"), d’Andersen, de Marie Tenaille, d’après Goethe ("L’Apprenti sorcier"), pour Bayard, avec l’éditeur allemand Ravensburger, enfin pour l’Ecole des loisirs.

En tout elle est l'auteur ou l'illustrateur de plus de cent albums souvent traduits en 12 langues.

Elle utilise différentes techniques dont la plume (encre noire ou sépia) et l'aquarelle, la gouache, les crayons de couleurs, la peinture à l’huile, la lithographie, et plus récemment le pastel ..

 

Les différentes versions de "Boucle d'or et les trois ours"

 

- Boucle d'or et les trois ours / Rose Celli, Gerda Muller. Père Castor Flammarion, 1956 (réédition 1993) c'est celui qui est présenté ici.

 

- Boucle d'or et les trois ours / Jennifer Greenway. Editions Mango. 1993

 

 

- Boucle d'or et les trois ours / Louise Le Fur, Catherine Fichaux. Lito, l’imaginaire en relief. 1994

 

 

- Boucle d'or et les trois ours /  Rascal.  L'école des loisirs 2002

 

Le célèbre conte est ici proposé sans texte. Simplement en noir et blanc, avec des jeux d'ombres et de silhouettes. A l'enfant de raconter...ou d'imaginer !

 

 

 

 

 

- Boucles d'Or et les trois Ours / Jim Aylesworth, Barbara Mc Clintock. Circonflexe. 2004

Le texte est soigné et les paroles des trois ours sont de taille différente, en fonction de l'intervenant : écrites en petite taille pour le petit ours, en moyenne taille pour la maman et en grande taille lorsqu'il s'agit du papa avec sa grosse voix. Les caractéristiques des objets utilisés par Boucle d'Or sont soulignées avec humour. Les illustrations, charmantes, ressemblent à des gravures anciennes. Sur le dos de la couverture, un petit plus par rapport au conte classique : la recette des cookies de Maman Ours !

 

 

 -Boucles d'or et les trois ours / Gerda Muller 2006

Boucles d'Or est maintenant une petite fille qui voyage en caravane !

Un jour, en entrant dans la maison des trois ours, elle sème le désordre. Mais les ours, si ordonnés, lui pardonnent, tout en lui rappelant quelques règles de bonne conduite...

Gerda Muller donne une dimension nouvelle au conte...

 

 

 

- Boucle d'Or et les trois ours / Anne Royer, Mayalen Goust. Editions Lito. 2009.

Une version moderne du conte classique !

 

 

- Bou et les trois zours / Elsa Valentin, Ilya Green. L’atelier du posson soluble. 2009

 

Tout le monde connaît le conte de Boucle d'or et les trois ours. Mais connaissez-vous celui de Bou, petite fille aux cheveux noirs de jais, qui vit entourée de son paië et de sa maïe et qui, se perdant au milieu des bois pour "groupir des flores" et ne parvenant pas à retrouver son chemin, entre dans la « casa pikinote » de 3 « zours » ?

L’histoire de Boucle d’or et les 3 ours est ici revisitée dans une langue cocasse et phonétique.

 

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 16:29

 

Qui est Roald Dahl ?

 

C'est un écrivain et scénariste britannique, né au Pays de Galles en 1916.

Il est plus connu pour ses oeuvres à destination de la jeunesse mais a aussi écrit des nouvelles et des romans pour les adultes.

Ses parents sont d'origine norvégienne. A la mort de son père, alors que la famille est déjà en deuil, suite au décès de la fille aînée, la mère de Roald Dahl décide de s'installer en Angleterre au Pays de Galles. Il n'a que trois ans. Il fréquentera de très bonnes écoles anglaises, mais passera ses vacances scolaires en Norvège en famille. 

 

A 17 ans, il s'engage dans une compagnie pétrolière et part d'abord en Tanzanie puis en Afrique.

Survient alors la Seconde Guerre Mondiale. Roald Dahl a 24 ans. Il s'engage dans l'armée et se voit confier une compagnie de tirailleurs indigènes, chargée d'arrêter et d'interner les colons allemands du Kenya et de Tanzanie.

Puis il s'engage dans la Royal Air Force et devient pilote de chasse. Six mois plus tard, il échappera par miracle à un terrible accident d’avion dans le désert. Puis il sera affecté à l'escadrille 80.

C’est à la suite de sa rencontre avec C.S. Forester, en 1943 à Washington, qu’il commence à écrire des nouvelles destinées aux adultes qui seront publiées dans "New Yorker", "Esquire", "Harper's magazine" et même "Playboy".

Pendant les années de conflits, il écrit  son premier livre pour enfant, "Les Grimlins" (1943), qui sera adapté au cinéma en 1984.

Le recueil de nouvelles "Bizarre ! Bizarre !"(1953) et "Kiss Kiss" ( 1960) le font connaître du grand public.

Mais c’est seulement vers 1960 que Roald Dahl se consacre à l'écriture pour la jeunesse.

Il écrit d'abord pour ses cinq enfants.  Dans ses livres, les héros sont souvent des enfants malheureux, qui vont prendre leur revanche avec beaucoup d'humour et d'effets décalés.

 

Il publiera (la deuxième date indique la parution en France):

 

- "James et la grosse pêche" (1961 /1966) dont on tirera un film d'animation intitulé "James et la pêche géante" en 1997

- "Charlie et la chocolaterie" (1964 / 1967), qui sera adapté au cinéma en 1971 par Mel Stuart, puis en 2005 par Tim Burton avec un scénario de John August.

- "Fantastique Maître renard" (1970/1977) qui donnera le film "Fantastic Mister Fox" en 2009 réalisé par Wes Anderson.

- "Charlie et le Grand ascenseur de verre" (1972/1978), la suite de "Charlie et la chocolaterie".

- "Danny le champion du monde" (1975/1978)

- "Les deux gredins" (1980)

- "L'enfant qui parlait aux animaux" (1981) recueil de nouvelles.

-"La potion magique de George Bouillon" (1981/1982)

- "Le Bon gros géant "(1982/1984) qui a fait l'objet en 1989, d'une adaptation de Brian Cosgrove. Un film américain réalisé par Steven Spielberg (en préparation) sortira en 2016.

- "Sacrées sorcières" (1983/1984) donnera le film "Les Sorcières" en 1990.

- "Matilda" (1988)... le célèbre film sorti en 1996 de Danny Devito avec un scénario de Nicolas Kazan et Robin Swicord.

- "Un amour de tortue" (1990)

- "Coup de Gigot et autres histoires à faire peur" (2003)

Et bien d'autres...

 

En parallèle il écrit quelques scénarios, comme celui de "On ne vit que deux fois" (1967), d’après les romans de Ian Flemming.

 

Il écrira aussi deux autobiographies :

- "Moi, Boy" (1984), où il évoque son enfance.

- "Escadrille 80" où il raconte ses années africaines lorsqu'il était pilote dans la RAF.

 

C’est dans une cabane, au fond du verger de sa maison, située dans le comté de Buckingham, que Roald Dahl a écrit tous ces livres.

Il est devenu un des plus célèbres auteurs de livres pour la jeunesse.


Il s’est éteint le 23 novembre 1990 à l’âge de soixante-quatorze ans.

Son oeuvre est intemporelle. Les petits et les grands, quelle que soit leur génération continue à le lire et à raconter ses histoires...toujours drôles et inoubliables.

 

Roald Dahl a conservé dans un meuble de rangement en bois, les différents brouillons de ses histoires.

Ces brouillons sont maintenant conservés dans les archives du "musée Roald Dahl" à Great Missenden, dans le Buckinghamshire ­ ce qui nous permet de retracer la fascinante évolution de chacun de ses livres.

 

Pour en savoir plus vous pouvez consulter son site officiel ICI. (en anglais)

ou son fan club ICI.

 

L'Énorme crocodile / Roald Dahl

C'est un conte délicieux, à raconter aux enfants à partir de 5 ans...car le texte est assez long.

Mais comme il est très répétitif et très drôle, les enfants n'auront aucun mal à suivre l'histoire jusqu'au bout.

Ceux qui sont actuellement au CP sauront très vite le déchiffrer seuls.

 

 

L'Énorme crocodile vit en Afrique dans un marigot boueux aux côtés d'un crocodile moins gros que lui, appelé "Pas-Si-Gros".

Ce dernier se nourrit uniquement de poissons.

Par contre, l'Énorme crocodile prétend être assez habile et rusé pour tendre des pièges aux enfants...

"Rien n'est plus délicieux qu'un enfant dodu et bien juteux !" répète-t-il à qui veut bien l'entendre...

Il part alors à la recherche de sa proie à travers la brousse et va bien sûr rencontrer pleins d'animaux : Double-Croupe, l’hippopotame ; puis Trompette, l’éléphant ; Jojo-la-Malice le singe ; enfin l’oiseau Dodu-de-la-Plume ;  tous trouvent bien sûr que l'idée de l'Énorme crocodile d'aller manger un enfant, est absolument horrible !

Aussi décident-ils de s'unir pour déjouer ses plans...

L'Énorme crocodile, même rusé, n'est pas prêt de se mettre un petit enfant sous la dent !
 

 

Cet album est un vrai régal : il est bourré d'humour tant au niveau des textes que des illustrations. Les nombreuses répétitions dans le texte raviront les enfants...qui sauront très vite finir les phrases à votre place.

Les dialogues entre les deux crocodiles ou entre le crocodile et les autres animaux, sont absolument succulents (sans jeu de mots!). Les enfants découvriront avec plaisir les différents animaux d'Afrique.

 

Et je ne vous décris pas les illustrations... Du Quentin Blake comme on l'aime !

 

Un petit extrait...

 

"- Tu ne veux pas dire..., s'inquiéta Double-Croupe. Tu ne vas pas me dire que tu veux manger un enfant !
- Mais si ! acquiesça le Crocodile.
- Ah le sale vorace ! la sombre brute ! s'emporta Double-Croupe. J'espère que tu seras capturé, qu'on te fera cuire et que tu seras transformé en soupe de crocodile ! ! !
L'Énorme Crocodile partit d'un rire bruyant et moqueur, puis il s'enfonça dans la jungle.
Dans la jungle, il rencontra Trompette, l'éléphant.
Trompette grignotait des feuilles cueillies à la cime d'un grand arbre et il ne remarqua pas tout d'abord le Crocodile.
Aussi ce dernier le mordit-il à la jambe.
- Eh, s'offusqua Trompette de sa grosse voix profonde. Qui se permet ? Ah, c'est toi, affreux Crocodile. Pourquoi ne retournes-tu pas à cette grande rivière noire et boueuse d'où tu viens ?

- J'ai dressé des plans secrets et mis au point des ruses habiles, dit le Crocodile.
- Tu veux dire de sombres plans et des ruses sournoises, insinua Trompette... "

 

******************************************

 

Qui est Quentin Blake ?

 

 

C'est un écrivain et illustrateur anglais très talentueux...

Il est né dans la banlieue de Londres en 1932. Dès son jeune âge son passe-temps favori est le dessin. Ses parents sans l'encourager, le laissent faire...

Il étudie la littérature anglaise à l'université de Cambridge, puis obtient un diplôme d'enseignant à Londres, enfin il entre à l'école d'art de Chelsea.

Il n'a que 16 ans lorsque le magazine "Punch" publie son premier dessin !

Mais c'est en 1960, à 28 ans, qu'il  illustre pour la première fois un livre pour enfants, écrit par un ami, John Yeoman.

Il travaillera ensuite comme dessinateur de presse pour de nombreux magazines jusqu'en 1988.

 

On lui doit les illustrations de plus de 250 livres, ce qui en fait l'un des illustrateurs les plus célèbres et les plus appréciés au monde.

 

"Je sais bien que mes livres sont lus par des enfants, toutefois je ne dessine pas spécifiquement pour eux. Je m’adapte à l’œuvre que je dois illustrer, pas à l’audience qu’elle vise. D’ailleurs, quand je rencontre des petits, je m’adresse à eux comme à des adultes." affirme-t-il dans un interview à Télérama.

 

C'est grâce à l'album "L'énorme crocodile" que Quentin Blake et Roald Dahl, collaborent pour la première fois !

Leur rencontre, imaginée en 1976 par l'éditeur britannique Tom Maschler, des éditions Jonathan Cape, est un franc succès !

Elle marquera des millions de jeunes lecteurs.

L'illustrateur n'a pas son pareil pour donner vie aux personnages...et leur faire exprimer la tristesse, la joie, la peur .

Ses dessins sont caractérisés par des traits à l'encre, rehaussés de grandes touches à l'aquarelle.

Ce dialogue privilégié du texte et de l'image continuera entre eux jusqu'à la mort de Roald Dahl en 1990.


Quentin Blake illustre d'autres auteurs modernes comme John Yeoman et Russell Hoban, ou classiques comme Charles Dickens. Il illustre aussi ses propres textes.

Sa bibliographie est impressionnante...et ses récompenses aussi !

 

En parallèle, il dirige le département Illustration au prestigieux Royal College of Art de Londres (l'équivalent anglais de nos Beaux-Arts) jusqu'en 1986.
Nommé Officier de l'Ordre de l'Empire Britannique par la reine en 1989, Quentin Blake a aussi reçu les récompenses les plus honorifiques du monde de l'art.

En 1999, il est devenu le premier Ambassadeur du livre pour enfants ("Children’s Laureate") et a aussi une mission de «super-ambassadeur» chargé de promouvoir la littérature de jeunesse auprès du grand public.

Nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2002, il a aussi reçu le Prix Andersen 2002, LE «prix Nobel» international du livre de jeunesse.

En 2007, Il est également nommé Officier des arts et des lettres.

En mars 2014, il a été nommé Chevalier de la Légion d'honneur lors d'une cérémonie à Institut français de Londres.

 

Aujourd'hui, il consacre encore son temps à l'illustration et passe de plus en plus de temps en France, dans le Sud-Ouest.

 

 

Sur son site officiel ICI, découvrez comment il travaille...

Il publie son parcours de sa jeunesse aux années 2000, et vous propose une plongée dans son univers dans son livre "Pages, mots, images" paru en automne 2014.

 

 

 

 

Si vous aimez les histoires de crocodiles, je vous recommande la bibliographie sur ce thème ICI !

L'Énorme crocodile / Roald Dahl

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:45

Ce livre est paru "Au Diable Vauvert" en septembre 2014 : ce n'est donc pas une nouveauté. Cependant il mérite qu'on s'y arrête un instant.

Le jour où la guerre  s'arrêta / Pierre Bordage

Qui est ce jeune enfant, venu d'on ne sait où et qui semble avoir perdu totalement la mémoire ?

Est-il un petit d'homme ou un extraterrestre ?

 

Personne ne le sait...Au début du roman il se retrouve à Paris et découvre les conditions de vie d'un SDF et de son chien.

Lui qui sait lire dans les âmes et deviner les souffrances des hommes, est étonné par la violence des conflits et les injustices qui sévissent sur la terre ainsi que par la noirceur du coeur des hommes.

"Vous n'avez ni l'un ni l'autre le désir réel de mourir. Vous vous appliquez à jouer à la guerre parce qu'on vous l'a ordonné, mais je sais que vous préféreriez jouer à d'autres jeux. Si vous le souhaitez, je prie nos amies les balles d'accomplir à nouveau la besogne pour laquelle elles ont été conçues...(p 62)

 

 

Après avoir exploré plusieurs pays du monde où le jeune enfant se transporte avec la seule énergie de la matière, avec qui il peut entrer en communication, celui-ci fait le constat accablant que les hommes sont partout malheureux, en manque d'amour et obligés d'obéir à plus fort qu'eux.

"Je méditai un temps leurs paroles avant de murmurer :
"Ainsi, dans le pays des hommes, certains décident pour d'autres de la conduite à suivre. Ça veut dire que ces autres ne sont pas capables de se diriger eux mêmes."(p.66)

 

Le jeune garçon décide alors de demander à la matière de faire taire les armes.  La matière lui accorde un délai de 7 jours...

"La tâche ne fut pas aussi aisée que je l'avais supposé.
J'établis le silence en mon âme, l'étendis aux confins de ce monde, puis neutralisai, avec leur aimable autorisation, toutes les machines de guerre, roulantes, volantes, flottantes, sophistiquées, rustiques, petits et grands flingues, feu, fer, gaz, poison, plomb, atomes, billes, balles, lames, tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, déchirait les chairs, éventrait la Terre, détruisait les cités, incendiait les végétaux, massacrait les animaux. Les armes se révélaient si nombreuses et diverses que je ne pus me retenir d'admirer l'ingéniosité des êtres humains.
La matière m'accorda finalement une trêve de sept jours." (69)

 

7 jours à partir du moment où la guerre s'arrête, 7 jours que l'enfant va mettre à profit pour explorer le monde, comprendre qui il est et d'où il vient, et surtout se rendre à New York au siège de l'ONU afin de rencontrer les chefs d'État.

 

Bien sûr personne ne le croit lorsqu'il déclare qu'il est celui qui a stoppé les armes et tout le monde redoute plutôt l'action d'un réseau terroriste.

 

Même les médecins rencontrés sur sa route, les croyants, les gourous ou autres "maîtres" censés aider leur prochain, ne pourront rien pour l'enfant, ni l'aider à savoir qui il est, ni d'où il vient...

"Je vis que Père et Docteur se ressemblaient même s'ils se chamaillaient sur des points de détail : les structures de leurs hiérarchies s'étaient cristallisées en eux. L'un, sectateur féroce de la médecine, l'autre; apôtre zélé de l'Eglise du dénommé Jésus Christ, avaient étouffé la subtile musique de leurs âmes pour permettre au lourd fracas des dogmes de résonner par leurs bouches. Il ne me servirait à rien de tenter de les convaincre."(p88)

 

 

Quelle est sa véritable mission sur la terre ? En a-t-il une d'ailleurs ?

Qui est cette femme au visage doux qui subsiste dans ses pensées ?

Comment arrive-t-il à parler aussitôt la langue des hommes qu'il rencontre ?

Et à communiquer avec les animaux ? A lire l'âme des vivants ? A voir celle des morts ? Et à communiquer avec la matière ?

 

Vous en saurez davantage en lisant ce conte moderne...dont voici encore quelques extraits (à méditer).

 

" - La trêve a peut-être été demandée par amour. [dit le petit garçon]

- Tu es encore bien naïf, mon garçon : rien ne se fait par amour sur cette Terre.

Les paroles de la femme noire m'emplirent d'une tristesse insondable. Je sus que la vérité s'écoulait par sa bouche et que les êtres humains continueraient d'errer dans les profondeurs de leurs abîmes tant que l'amour ne serait pas le fil essentiel de leur trame". (p 158)

 

 

"Les enfants ne jouissaient vraiment d'aucune considération dans le pays des hommes : non seulement ils n'étaient pas invités à réfléchir et à chercher des solutions avec les chef de l'humanité, mais ils n'étaient pas censés aborder des sujets aussi simples et fondamentaux que l'être et la pensée. " (p.180)

 

 

"Je m'abstins de leur dire que le miracle n'était pas un événement exceptionnel, que le miracle était la norme, que leurs vies étaient elles-mêmes des miracles, que l'univers entier était un miracle."(p.248)

 

Ce que j'en pense

 

Dès le début du livre le lecteur est surpris par le style de l'auteur...

Sa curiosité se trouve aiguisée par les questions de l'enfant dont on ne sait rien. Le lecteur se prend très vite d'affection pour ce petit être perdu au milieu des hommes.

 

 

L'enfant veut rencontrer des gens et les questionner pour trouver quelqu'un qui lui ouvrira la voie vers sa propre âme.

Et chacune de ses questions sonne juste.

 

Lui qui découvre notre monde avec les yeux innocents d'un enfant, nous place face à l'absurdité des décisions humaines.

Il nous montre comment nous nous mentons à nous-même, ou comment nous nous voilons la face pour moins souffrir et soigner notre égo immense au détriment de notre bonheur.

 

En plaçant son personnage principal dans des situations diverses, parfois extrêmes, de notre civilisation comme la rencontre avec un gourou, un maître de l'islam, un curé, un psychologue... l'auteur l'amène à influencer le monde qui l'entoure et à tenter de changer les hommes.  Par ses questions, il arrive même à leur faire prendre des décisions surprenantes.

 

C'est un conte philosophique, donc un livre intelligent qui nous interpelle et nous remet à notre place. Il nous parle de croyances religieuses, d'amour, de fraternité, d'écologie, de protection de l'environnement ...

Il est empli d'humanité et non dénué d'humour, ce qui ne gâche rien et il vous fera pénétrer à l'intérieur même des pensées humaines.

 

Cependant il faut noter qu'en tant qu'adulte, ayant déjà réfléchi à beaucoup de choses sur les hommes et sur notre terre :) je l'ai lu assez rapidement sans entrer véritablement dans les interrogations de l'enfant car au bout d'un certain nombre de pages je savais à quoi m'attendre.

Les questions m'ont paru souvent trop naïves et la phrase prononcée par le petit garçon à chacun de ses départs, je cite : "je l'entourai (ou je les entourai) de tout mon amour et m'éloignai", phrase qu'il adresse aux personnes avant de les quitter, m'a semblé trop répétitive.

Même si je suis d'accord avec l'idée d'amour inconditionnel, il y a certains personnages du livre que je n'ai pas du tout envie d'entourer d'amour...

Cette naiveté extrême de l'enfant est sans nul doute totalement voulue par l'auteur qui nous implique ainsi davantage dans les réponses car nous les connaissons déjà, bien évidemment...

 

J'ai trouvé aussi que les personnages du livre sont pour la plupart trop caricaturaux, ce qui m'a souvent gênée pour adhérer sereinement à cette lecture.

 

La fin par contre n'est pas vraiment prévisible et d'ailleurs nous laisse un peu sur notre "faim".

 

C'est cependant un livre qui saura toucher son public et qui, par les temps qui courent, fait du bien.

On peut le faire lire aux ados dès 15-16 ans : ils seront, je pense davantage touchés qu'un public adulte par le questionnement de ce jeune garçon aussi mature et naïf que "Le petit prince" de Saint-Exupéry. Cependant ce conte moderne reste bien en dessous de ce dernier tout en apportant un autre regard sur notre monde.

 

Les enseignants pourront aussi trouver matière à débattre de ces sujets d'actualité en proposant ce livre à leur classe.

 

Et si les armes se taisaient enfin pour de bon...voilà un débat intéressant.

 

 

Ce roman-conte est très différent des autres livres de l'auteur comme par exemple la trilogie que j'ai lu, dont "Ceux qui sauront" est le premier titre.

 

Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage vit près de Nantes.

Auteur d'une quarantaine de romans et de près d'une trentaine de nouvelles, cet auteur prolifique est considéré comme un grand écrivain de l'imaginaire.

Ses nombreux ouvrages s'adressent à des lecteurs de tout âge et sont devenus des classiques incontournables.

Il nous livre souvent une oeuvre utopique ce qui lui a valu de nombreuses critiques.

Il a par ailleurs reçu des prix prestigieux, comme le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Julia Verlanger (pour "Les guerriers du silence" en 1994), le Prix Paul Féval de Littérature Populaire (pour "Les fables de l'Humpur" en 2000), le Prix Bob Morane (pour "l'évangile du serpent" en 2002). Les organisateurs du Prix Bob Morane lui ont décerné, à l'occasion des 10 ans du prix en 2008, le titre du Meilleur auteur francophone des dix dernières années...

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 08:03
Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet

Ah ! ces contes et nouvelles de mon enfance... Je les ai entendu maintes fois de la bouche de ma grand-mère...avant de pouvoir les lire toute seule et alors je les connaissais déjà presque par coeur.

 

Et à l'école aucune de mes maîtresses n'a résisté à la tentation d'en prendre un extrait pour une petite dictée.

 

Plus tard c'est à mes enfants et à ceux des autres que je les ai lues. Incontournables donc je vous le dis :)

 

Et en faisant des rangements, je viens de retrouver mon recueil acheté lorsque j'étais étudiante à Marseille et bien sûr je n'ai pas pu faire autrement que de les relire, ma lecture à peine dérangée par le chant continu des cigales de juillet...

 

 

Un peu d'histoire

Publiées en 1869 chez Hetzel sous le titre "Impressions et souvenirs", les lettres avaient d'abord été découvertes, entre 1866 et 1869, dans la presse sans grand succès, il faut bien le dire.

 

Qui s'intéressait à la Provence et aux provençaux à l'époque ?

 

Aujourd'hui, elles font partie du patrimoine culturel provençal mais peu de gens ont eu la curiosité de les lire en entier. Certains enseignants font étudier une ou deux lettres puis passent à autre chose. C'est bien normal vu les programmes.

 

L’édition originale ne comportait que 19 lettres. Elles ont été enrichies dans l'édition de 1879 qui en contenaient quelques-unes de plus, c'est-à-dire en tout 24.

 

Les lettres ont-elles été écrites à quatre mains ?

Daudet cosignait-il avec son ami Paul Arène certaines d'entre elles ?

Aucun manuscrit ne le peut prouver et je ne polémiquerai pas là-dessus. On en parle assez sur le net comme ça et je n'ai aucun moyen de trancher.

 

Le premier charme de ce recueil est que certaines nouvelles restituent les odeurs de la Provence et y  campent des personnages pittoresques : le curé trop gourmand, l’amoureux transi, le berger, le joueur de fifre, les voyageurs au coeur des paysages sauvages des Alpilles, du Luberon ou du Ventoux…sous les pins ou les oliviers ou encore au bord de la mer.

Il nous fait aussi voyager dans d'autres lieux : en Corse et en Algérie par exemple mais il nous parle aussi beaucoup de Paris où il vit une partie de l'année même s'il séjourne souvent en Provence pour écrire.

 

Le second charme c'est que Daudet se moque gentiment des coutumes et des croyances de l'époque et nous fait aussi un brin de morale.

 

Le troisième charme est que, même adulte, on ne peut rester indifférent à cette lecture : émotion, rire, doute....

Qu'elle est la part de vérité et d'imagination ?

 

 

Certains de ces jolis contes sont immortalisés dans les films de Marcel Pagnol : l'Elixir du révérend père gaucher (1954) ; les trois messes basses (1954) ; le secret de maître Cornille (1954) ; le curé de Cucugnan (1967)

 

 

De quoi parlent ces fameuses lettres ?

 

Alphonse Daudet "achète" un moulin à farine, inutilisé depuis un certain temps, et situé sur les hauteurs de Fontvieille, petit village proche d'Arles et du Massif des Alpilles...

Hé oui ! c'est celui où j'ai goûté tous les jours de juillet et de septembre, durant mon enfance...au milieu des lavandes sauvages, du thym et du romarin.

 

Ma grand-mère disait que celui qu'on appelle le Moulin de Daudet était encore en fonctionnement quand Daudet a écrit ses lettres et que jamais Daudet n'aurait pu s'y installer. Elle disait aussi qu'on racontait dans le village de Fontvieille que le moulin où Daudet se rendait était beaucoup plus éloigné de la route et beaucoup plus proche du château où Daudet séjournait. De Fontvieille il fallait marcher par le sentier sauvage un bon bout de temps.

 

On aurait remonté et rénové celui du bord de route parce qu'il était le moins abîmé par le temps, ayant été construit en 1814 et encore en activité jusqu'en 1915, pour faciliter la visite du moulin et l'arrêt des touristes...Il a été rénové en 1935 et aurait aujourd'hui besoin d'un bon coup de jeunesse.

Rumeur ou pas, tout ce que l'on sait c'est que de nombreux moulins se situaient sur les hauteurs de Fonvieille et que personne ne sait avec certitude dans lequel Daudet s'installait (ou pas d'ailleurs) pour laisser vagabonder son imagination.

 

Il y a quatre moulins connus et visibles dans les alentours :

 

- Le moulin Ramet, qui a fonctionné jusqu'en 1900, le plus proche de Fontvieille qui n'avait déjà plus de toit lorsque j'étais enfant.

- Le moulin Sourdon qui était déjà détruit complètement et ressemblait à un tas de pierres envahi par les lavandes sauvages au milieu de la garrigue...Les villageois l'appellent d'ailleurs maintenant le moulin "tombé". Il tournait déjà en 1791 et c'est le moulin le plus ancien de Fontvieille.

- Le moulin de Daudet appelé avant Moulin Saint-Pierre.

- et, le plus éloigné de la route, le moulin d'Avon-Tissot qui a cessé de tourner vers 1905.

 

En fait pour la petite histoire, Daudet rêvait d'acheter un moulin mais il ne l'a jamais fait.

 

Son séjour dans le moulin, au milieu des lapins, est donc le fruit de son imagination mais chut ! Merci de ne pas le dire à vos enfants, j'ai été si déçue de le savoir...

 

En fait, il écrivait bien installé dans la région de Fontvieille, certes, mais au château de Montauban, chez des cousins car son moulin fonctionnait encore !

Il se rendait très souvent dans un moulin proche du château, celui d'Avon-Tissot, le seul qui ne se voit pas de la route ! C'est lui le véritable Moulin de Daudet !

Le moulin d'Avon-Tissot est aujourd'hui en cours de rénovation.

 

Tout ce qu'on peut dire c'est que les moulins à vent, les habitants de Fontvieille et de la région, et la nature sauvage qui les entourait, ont été pour Daudet une source d'imagination sans bornes...

 

 

Le moulin Saint-Pierre ou "Moulin de Daudet" à Fontvieille

 

 

Daudet raconte son achat et son arrivée au moulin dans un avant-propos succulent.

Suivent ensuite les nouvelles suivantes :

 

- La Diligence de Beaucaire.

Pauvre rémouleur cocu, moqué par le boulanger de Beaucaire pendant le voyage en diligence. Impossible d'y échapper !

 

- Le Secret de Maître Cornille.

Un secret bien gardé !

Les progrès de la minoterie à vapeur ont entraîné la fermeture des moulins à vent de Provence. Seul, Maître Cornille tient meunerie ouverte...ou comment lutter contre la modernité pour sauver l'honneur d'un moulin et de son meunier.

Adapté au cinéma par Marcel Pagnol.

 

- Le Chèvre de Monsieur Seguin, celle que je préfère encore dans ce qui reste de mon coeur d'enfant. J'ai tant pleuré quand Blanquette se fait dévorer. Elle a tant lutter, la pauvrette :)

J'ai encore du mal à la raconter sans être émue aux larmes...

 

- Les Etoiles ou le récit d'un berger provençal du Luberon. Comment un berger tombe amoureux de sa belle et jeune maîtresse, venue lui apporter des vivres, et lui raconte des histoires d'étoiles...

 

- L'Arlésienne ou le drame d'amour de Jan pour son Arlésienne...Triste et réaliste.

 

- La Mule du Pape. Trop drôle ! Histoire de la mule du pape et du coup de pied gardé pendant 7 ans ! "Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse, sur le pont d'Avignon"...ou l'histoire de Boniface, un pape qui aime sa vigne de Château-Neuf et sa mule, et aussi le bon vin :) mais c'est sans compter sur le malin Tistet qui ne rêve que de s'en emparer (de la mule je parle...) et de jouer un tour au vieux Boniface.

 

- Le Phare des Sanguinaires. Petit voyage à Ajaccio où Daudet se moque du tempérament des corses en les comparant à celui des marseillais...tout en nous contant des histoires de mer, de bandits et de naufrages...ambiance lugubre garantie !

 

Petite remarque : Alphonse Daudet a vraiment séjourné dans ce phare, en décembre et janvier 1862 et on peut dire que l’aventure l’a marqué.

 

- L'Agonie de la Sémillante. Petit voyage au cimetière de la Sémillante sur les îles Lavezzi entre Corse et Sardaigne. Les derniers instants de l'équipage avant le naufrage...

 

- Les Douaniers. Troisième nouvelle du recueil qui se passe en Corse à bord d'un bateau de Porto-Vecchio. Triste destinée que celle du joyeux marin Palombo...

 

- Le Curé de Cucugnan. Celle-là elle est très drôle : comment un curé ramène ses ouailles dans l'église en leur racontant son propre voyage au paradis...

 

- Les Vieux. Superbe et poignante !

 

- Ballades en prose :  contient "La Mort du Dauphin" et "Le Sous-Préfet aux Champs"...
 

- Le Portefeuille de Bixiou. Cette histoire se passe à Paris. Un vieil homme dur à cuire et indifférent à tout...mais il ne faut pas se fier aux apparences !

 

- La légende de l'Homme à la Cervelle d'Or.

 

- Le Poète Mistral.

 

- Les Trois Messes Basses : un conte de noël à raconter chaque année à vos enfants ou à vos petits enfants.

Un soir de Noël, le jovial et gourmand Dom Balaguère bâcla ses trois messes de minuit, à l'incitation du Diable, afin de s'attabler au plus vite pour le réveillon. Le Ciel l'en punit amèrement...

Adapté au cinéma par Marcel Pagnol.

 

- Les Oranges...vus par les parisiens et sur les arbres corses.

 

- Les Deux Auberges...Plutôt triste cette auberge désertée.

 

- A Miliana. Petit voyage en Algérie

 

- Les Sauterelles. Encore un souvenir d'Algérie ou le massacre des sauterelles et des cultures.

 

- L'Elixir du Révérend Père Gaucher. Trop drôle !

Pour sauver son couvent de la ruine, le Père Gaucher fabrique une liqueur merveilleuse dont lui seul a le secret. Mais les excès de spiritueux font gravement vaciller son itinéraire spirituel...

Adapté au cinéma par Marcel Pagnol.

 

- En Camargue ou une partie de chasse à la "cabane".

 

- Nostalgies de caserne...

 

Ce classique de la littérature française a fait entrer, non sans humour, la Provence d'avant, dans les familles d'aujourd'hui.

 

Qui n'a jamais lu ce recueil de lettres ne connait rien de la Provence :)

 

A lire et relire dès le CM1 et jusqu'à 100 ans au moins !!

Extraits

 

"Ce sont les lapins qui ont été étonnés !… Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d’opérations stratégiques : le moulin de Jemmapes des lapins… La nuit de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune… Le temps d’entrouvrir une lucarne, frrt ! voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré. J’espère bien qu’ils reviendront."

(Chapitre "Installation").

 

"— Hou ! hou !… faisait le loup.

— Reviens ! reviens !… criait la trompe.

Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu’il valait mieux rester.

La trompe ne sonnait plus…

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient… C’était le loup"

(La chèvre de Monsieur Seguin)

 

"Cette nuit je n’ai pas pu dormir. Le mistral était en colère, et les éclats de sa grande voix m’ont tenu éveillé jusqu’au matin. Balançant lourdement ses ailes mutilées qui sifflaient à la bise comme les agrès d’un navire, tout le moulin craquait. Des tuiles s’envolaient de sa toiture en déroute. Au loin, les pins serrés dont la colline est couverte s’agitaient et bruissaient dans l’ombre. On se serait cru en pleine mer…

Cela m’a rappelé tout à fait mes belles insomnies d’il y a trois ans, quand j’habitais le phare des Sanguinaires, là-bas, sur la côte corse, à l’entrée du golfe d’Ajaccio.

Encore un joli coin que j’avais trouvé là pour rêver et pour être seul."

(Le phare des sanguinaires)

 

"Dans le calme et le demi-jour d’une petite chambre, un bon vieux à pommettes roses, ridé jusqu’au bout des doigts, dormait au fond d’un fauteuil, la bouche ouverte, les mains sur ses genoux. À ses pieds, une fillette habillée de bleu, — grande pèlerine et petit béguin, le costume des orphelines, — lisait la Vie de saint Irénée dans un livre plus gros qu’elle… Cette lecture miraculeuse avait opéré sur toute la maison. Le vieux dormait dans son fauteuil, les mouches au plafond, les canaris dans leur cage, là-bas sur la fenêtre. La grosse horloge ronflait, tic tac, tic tac. Il n’y avait d’éveillé dans toute la chambre qu’une grande bande de lumière qui tombait droite et blanche entre les volets clos, pleine d’étincelles vivantes et de valses microscopiques… Au milieu de l’assoupissement général, l’enfant continuait sa lecture d’un air grave..."

(Les vieux)

 

"À Paris, les oranges ont l’air triste de fruits tombés ramassés sous l’arbre. À l’heure où elles vous arrivent, en plein hiver pluvieux et froid, leur écorce éclatante, leur parfum exagéré dans ces pays de saveurs tranquilles, leur donnent un aspect étrange, un peu bohémien. Par les soirées brumeuses, elles longent tristement les trottoirs, entassées dans leurs petites charrettes ambulantes, à la lueur sourde d’une lanterne en papier rouge."

(Les oranges)

 

"Les terres cultivées dépassées, nous voici en pleine Camargue sauvage. À perte de vue, parmi les pâturages, des marais, des roubines, luisent dans les salicornes. Des bouquets de tamaris et de roseaux font des îlots comme sur une mer calme. Pas d’arbres hauts. L’aspect uni, immense, de la plaine, n’est pas troublé. De loin en loin, des parcs de bestiaux étendent leurs toits bas presque au ras de terre. Des troupeaux dispersés, couchés dans les herbes salines, ou cheminant serrés autour de la cape rousse du berger, n’interrompent pas la grande ligne uniforme, amoindris qu’ils sont par cet espace infini d’horizons bleus et de ciel ouvert. Comme de la mer unie malgré ses vagues, il se dégage de cette plaine un sentiment de solitude, d’immensité, accru encore par le mistral qui souffle sans relâche, sans obstacle, et qui, de son haleine puissante, semble aplanir, agrandir le paysage. Tout se courbe devant lui. Les moindres arbustes gardent l’empreinte de son passage, en restent tordus, couchés vers le sud dans l’attitude d’une fuite perpétuelle… "

(En Camargue)

Je n'ai jamais retrouvé l'ancienne édition de ma grand-mère peut-être était-elle si usée que ma mère s'en est un jour débarassée...

 

L'édition que je possède à la maison et que j'ai acheté chez un bouquiniste alors que j'étais étudiante est celle de Gautier-Languereau datant de 1970. Les Lettres sont précédées par "Une Histoire de la Provence" de Marie Mauron.

 

 

Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet

Le livre est enrichi par de superbes photos de tableaux sélectionnés dans différents musées...

Mais aucune table des illustrations dans le livre ne me permet d'attribuer ces oeuvres à un peintre.

 

En voici quelques unes...

Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet
Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet
Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet
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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 07:30
La peau de l'ours / Joy Sorman

Je n'ai jamais rien lu de cet auteur et donc comme à mon habitude j'ai voulu essayer.

 

Le roman débute comme un conte ou une légende. Une jeune femme se fait enlever par un ours, rompant ainsi des années de pactes entre les villageois et l'ours.

Séquestrée dans une caverne avec lui, Suzanne sera violée et libérée trois années après, devenue mère d'un être monstrueux mi-homme, mi-ours.

Rejetée par les siens, elle est enfermée chez les soeurs.

L'ours descend chaque nuit au village pour la chercher et finit par être abattu par les hommes.

Quant à l'enfant...il est vendu à un montreur d'ours.

De toute façon il ne peut avoir de place parmi les hommes car il se transforme peu à peu comme on s'y attendait en ours, enfouissant au plus profond de son être son côté humain.

 

Bon jusque là, cela m'a plu et j'ai lu les chapitres d'une traite !

Mais je n'ai pas du tout adhéré à la suite...

 

Balloté sur les routes par le montreur d'ours, puis combattant dans l'arène avec d'autres animaux, il est finalement revendu et transporté avec d'autres animaux au delà des mers, pour devenir animal de cirque, puis il finira sa triste vie dans un zoo...

 

Son intelligence sub-humaine lui permettra de s'adapter à toutes les exigences des hommes (ou presque). Seules les femmes seront capables de comprendre qui se cache réellement derrière cette force et cette douce et tendre fourrure. Son désir de vivre s'amenuisera peu à peu parce qu'il ne peut lutter contre les hommes et exprimer à haute voix ses pensées, et il se laissera mourir au fond de sa fosse...de tristesse.

 

L'histoire est racontée du point de vue de l'ours ce qui aurait pu être intéressant car l'auteur emploie le JE et le NOUS.

Hélas, je ne suis absolument pas entrée dans l'histoire qui m'a laissé d'une indifférence étonnante. Pourtant l'ours a une vision très réaliste du monde des humains.

Par respect pour l'auteur qui n'a pas une écriture désagréable, je me suis forcée à le terminer mais bon...je n'ai pas changé d'avis en cours de route et j'ai eu hâte de le terminer.

L'écriture est fluide et claire, les chapitres courts. Que l'on ne sache jamais où on se situe géographiquement ne m'a personnellement pas du tout perturbée. C'est en effet une histoire universelle...

 

C'est finalement le début du roman moitié conte- moitié documentaire qui m'a le plus "accroché". Je suis pourtant un être doué de curiosité et plutôt éclectique dans mes choix de lecture mais là... j'aurai préféré rester dans le conte fantastique tout le long du roman ou dans un roman imprégné de légendes...plutôt que dans ce monologue animalier ennuyeux et dépourvu totalement d'humour et de fantaisie : une énumération pure et simple de faits à mes yeux !

 

Personnellement je m'y suis donc ennuyée, et j'en suis fortement surprise car il n'a pas spécialement de mauvaises critiques sur le net. Mais le net est-il le reflet de la pluralité ?

 

Et puis j'adore les légendes, le fantastique, les animaux et je déteste les cirques ! Je déteste tellement le cirque que je n'ai pu y amener mes propres enfants qu'une seule fois dans leur vie. Je n'aime pas particulièrement les zoos non plus bien que je pense qu'ils ont le mérite de favoriser la protection de certaines espèces (mais bon je pense quand même que si les hommes n'avaient pas détruits complètement leur milieu de vie, on n'aurait pas à les protéger).

Les zoos permettent aussi, j'en conviens de faire connaître aux enfants les animaux non pas comme des êtres imaginaires (vus uniquement dans des livres ou dans les documentaires télévisuels) mais comme des êtres bien réels et cela peut les sensibiliser à la nature "autrement" puisqu'on ne peut pas en pratique (hélas) les emmener dans tous les pays du monde pour observer les animaux dans leur lieu de vie naturel.

Bien sûr emmener les enfants au zoo c'est aussi leur expliquer lorsqu'ils seront en âge de le comprendre, les souffrances endurées par les animaux en captivité et les massacres occasionnés lors de leur capture...

 

Mais revenons au roman...

Certes, l'auteur explore les rapports de l'homme et de l'animal, montre le regard porté par les hommes sur la monstruosité et la différence.  Cet être différent se comporte plus comme un ours que comme un homme, mais malgré tout, je n'ai pas réussi à être touchée par ses émotions, ni par sa manière de voir les hommes, ni par son point de vue sur les événements qui traversent sa vie d'animal-homme.

Malgré ces thèmes, ce roman reste donc sans surprise pour moi et lassant tant le déroulé des événements est prévisible.

 

Je pense donc que ce roman n'apporte rien à la cause des animaux et je n'ai pas été du tout convaincue de l'intérêt de ce livre.

Peut-être faut-il avoir une bonne dose de naîveté pour trouver fascinant le récit de l'ours et être surpris par les souffrances que les hommes font endurer aux animaux...dans ce cas il fallait le dire que ce roman s'adressait uniquement aux ados naïfs, car je suis bien persuadée que  la plupart d'entr'eux en savent déjà long sur la cause animale et se sont déjà fait leur propre opinion à ce sujet !

 

Mais comme je n'aime pas rester sur une déception je tenterai un autre titre de cet auteur...

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 15:06

 

Il était une fois 7 ours nains qui vivaient dans leur chaumière avec Blanche neige.

Mais celle-ci décide de s’en aller... En effet, au lieu d’aller chercher à manger, les petits ours regardent trop la télé ce qui les perturbent beaucoup : ils n’osent plus sortir de chez eux, ont peur de tout et n’ont plus confiance en eux.

 

Le monde extérieur est plein de méchants : ils l’on vu à la télé, donc c’est vrai !

 

En chemin Blanche neige rencontre Peau d’âne qui ne sait pas où se cacher…Blanche-neige lui indique la maisonnette des ours.

Mais alors que Peau d’âne fait connaissance avec les ours, un géant vêtu d’une peau d’ours débarque chez eux sans frapper.

Est-ce Barbe bleue ? Les ours en sont sûrs ! Morts de peur, ils se sauvent pour retourner vivre dans la forêt…

 

Dans leur cavale, ils rencontrent les musiciens de Brême, puis le loup qui, pour leur donner un coup de main, va souffler sur leur maison...un peut trop fort !

 

Tout ça ne vous rappelle rien ??

 

Les personnages célèbres de contes se rencontrent…ce qui donne lieu à des situations amusantes et décalées.

 

L’auteur s'est apparemment bien amusé lui aussi en créant cet album-BD original. Il répond à une question essentielle que nous nous posons tous : pourquoi ne trouve-t-on plus d’ours dans les bois aujourd'hui ?!

 

Une BD pleine de fantaisie et d'humour...qui séduira les enfants dès 8 ans mais aussi les préadolescents. Petits, ils s'amuseront à retrouver les personnages de leurs contes favoris, tout en s'appropriant la lecture d'une BD, facile à lire, grâce à son découpage simple, et originale, par son format à l'italienne rappelant plutôt celui des albums. Les plus grands retrouveront les messages les concernant (addiction à la TV, peur de l'inconnu entretenue par les médias, clichés sur les rôles homme-femme, ...) de quoi susciter bien des débats sur la société d'aujourd'hui.

 

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