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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 06:19
Phébus 2019

Phébus 2019

Si tu es enfermée dans une pièce et que personne ne vient te sauver, que fais-tu ? Tu frappes sur les murs, tu casses les fenêtres. Tu dois grimper, sortir de là et te sauver. Il est évident que pleurer n'a jamais aidé qui que ce soit à vivre...

Da Shan et Ours volant avaient été forcés de critiquer Zhuli, Vrille et Wen le Rêveur. Ces dénonciations seraient affichées au matin.
- Traitez-la de fille de sale droitière, leur avait ordonné Ba Luth. Il le faut. Allez, écrivez. Ne me regardez pas comme ça. Ce n'est rien, seulement des mots.
Da Shan fit un pâté. Son père jeta l'affiche et le fit recommencer.
- Da Shan, si tu ne dénonces pas Zhuli, ce sera encore pire pour elle. Ils reviendront en disant qu'elle est un démon, qu'elle s'est infiltrée dans nos vies. Laissons-les nous humilier, si c'est ce qu'ils veulent. Mieux vaut être humble, tu ne crois pas ? Tu ne voudrais pas que ton pauvre père, que tes frères perdent la vie ?
L'adolescent trempa son pinceau en tremblant. Avec soin, il traça le nom de Zhuli.

Les gens savaient que la famille et les liens du sang étaient réels. Ils savaient que la vie ordinaire avait déjà existé. Mais personne ne pouvait leur dire pourquoi, du jour au lendemain et sans raison valable, tout ce qui leur était cher avait été réduit en poussière.

A Vancouver en 1990, la narratrice, Marie Jiang (ou Jian Li-ling selon son prénom chinois)  a 10 ans. Elle  vit seule avec sa mère, depuis  le tragique suicide de son père, quelques mois auparavant. Kai avait décidé de les quitter pour retourner en Chine alors que lui-même, étant réfugié politique, n'en avait plus la nationalité.  Il résidait à Hong-Kong lorsqu'il s'est jeté de la fenêtre de son hôtel, un geste resté inexpliqué pour toutes les deux...Jiang Kai était un pianiste célèbre.

 

Toutes deux accueillent chez elles une jeune fille qui a fui la Chine par le Kirghizistan, après les événements de Tian'Anmen. Elle s'appelle Ai-Ming, n'a que 19 ans et est très éprouvée par son long voyage solitaire, loin de sa propre famille. Elle a perdu son père, elle-aussi, durant les manifestations et sa mère a préféré la savoir loin d'elle, mais en vie. Elle n'a pas de papier et n'ose pas sortir de la maison. Elle est accusée d'avoir participé aux événements et elle est donc activement recherchée par le gouvernement de son pays.  

 

Peu à peu Ai-Ming va s'intégrer dans la famille et Marie va s'apercevoir que leurs deux familles se connaissent depuis fort longtemps. Elle voudra en savoir plus, d'autant plus qu'elle découvre que le vieux carnet calligraphié intitulé "le livre des traces" qu'elle et sa mère ont découvert dans les affaires de Kai, a été écrit  de la main même de Pinson, le propre père de Ai-Ming...un des compositeurs  parmi les plus réputés de Shanghai, qui comme tant d'autres a été obligé, à la fermeture du Conservatoire et suite à la destruction des 500 pianos, de travailler dans une usine. 

 

Ai-Ming se décide à raconter à la petite Marie l'histoire de sa famille. Une famille qui a vécu tout un pan de l'histoire du pays, de la fin de la seconde guerre mondiale aux événements récents...

 

Marie découvre que des liens puissants et indestructibles réunissent leurs deux familles et que, leurs pères ont été très proches, et ont partagé un amour démesuré pour la musique jusqu'à ce que Kai fuit la Chine dans les années 70.

Elle découvre aussi, un père qu'elle n'a pas eu le temps de connaître, sa jeunesse, ses projets et ses rêves brisés par la Révolution Culturelle.

 

Mais un jour Ai-Ming les quitte pour tenter de passer au USA. Au bout de quelques temps, elle ne donnera plus jamais signe de vie... 

Des années après, alors que sa mère est sur le point de mourir, Marie lui promet qu'elle ne cessera jamais de la chercher. 

A 27 ans, elle partira en Chine sur les traces d'Ai-Ming et, en marchant dans les pas de Pinson et de sa famille, ce sera sa propre histoire qu'elle va découvrir...

 

Quand les manifestations ont commencé, les étudiants demandaient des choses toutes simples. Il ne s'agissait pas au départ de changer le système ni de renverser le gouvernement, et encore moins le Parti. Il était seulement question d'avoir la liberté de vivre où on le souhaitait, d'exercer un métier qu'on aimait. Toutes ces années, nos parents ont dû faire semblant...

De toutes les choses qu'une personne connaît se demanda-t-elle, combien valent mieux d'être oubliées ?

 

C'est à la fois une saga familiale durant trois générations et un poignant récit d'une partie de l'histoire de la Chine, racontée du point de vue de plusieurs membres de la même famille. 

Les personnages sont attachants d'autant plus que l'humain est au centre de l'écriture et que le lecteur entre dans l'intimité et le vécu des familles. Les citer tous seraient beaucoup trop long.

Il découvre avec plaisir la famille d'Ai-Ming, fait connaissance avec sa grand-mère surnommée Grand-mère Couteau, son grand-père, et ses oncles et... surtout Pinson, son père, doué pour la musique et devenu un compositeur hors pair. Il découvre aussi Vrille, la grand-tante et son mari Wen le rêveur, qui seront dénoncés comme étant des "propriétaires bourgeois" et envoyés dans les camps de rééducation, laissant auprès de leur famille, leur petite fille Zhuli, qui deviendra une merveilleuse violoniste mais ne pourra survivre à la Révolution Culturelle...

Le roman est divisé en deux parties dont la seconde est chronologiquement inversée.

La partie 1, raconte l'histoire de la famille d'Ai-Ming, les liens qui unissent Kai le père de Marie, et Pinson, le père d'Ai-Ming. Leur jeunesse, leurs espoirs et ce qu'ils ont tous deux partagés avec Zhuli au Conservatoire. Elle est divisée en chapitre de 1 à 8. La seconde partie, appelée partie 0,  reprend tous les événements importants en les enrichissant des découvertes de Marie, devenue adulte, et les chapitres sont alors annotés de 7 à 1.

La "CODA" qui je le rappelle ici est le terme utilisé par les musiciens pour indiquer la fin d'un morceau de musique, termine le roman. La narratrice tente de donner un sens à la disparition mystérieuse d'Ai-Ming en imaginant une fin possible... A-t-elle voulu adopter une nouvelle identité ? Est-elle repartie à l'étranger ? Le lecteur ne le saura jamais...comme il ne saura jamais comment se termine, ni qui a écrit à l'origine le "livre des traces", cette saga romanesque qui constitue un roman dans le roman et que plusieurs personnages du livre recopient chacun leur tour, en y apportant des changements au fur et à mesure du déroulé de l'histoire, et en inventant une suite qui n'existe pas dans la version précédente. 

C'est un roman intense mais complexe et très érudit, donc parfois difficile à lire que l'on ne peut découvrir d'une seule traite car il demande de nombreuses pauses. La parole est donnée le plus souvent à Marie. Mais le lecteur ne s'ennuie pas car les événements s’enchaînent et nous font passer des moments joyeux et paisibles aux drames  : tout est raconté du point de vue de l'individu. 

 

Vous vous en doutez, l'histoire de la Chine est omniprésente et n'est pas simple. De plus les prénoms chinois se ressemblent beaucoup et c'est parfois difficile de les distinguer. Heureusement pour se retrouver parmi les membres des deux familles, un arbre généalogique est proposé. 

 

Les amoureux d'histoire retrouveront donc les principaux événements ayant eu lieu dans le pays durant le XXe siècle. Tout d'abord la Révolution culturelle à la fin des années 60 et la violence du régime de Mao, la répression, les dénonciations, les familles entières envoyées dans des camps de travail et dont plus personne n'entendra jamais parler, l'obligation d'avouer des fautes qu'on n'a pas commises, lors des séances d'autocritique et surtout l'impossibilité de se révolter, la nécessité d'accepter l'inacceptable, comme par exemple, la séparation avec les proches, le travail qu'on n'a pas choisi... 

Puis le lecteur vit l'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping à la fin des années 70 et les réformes proposant la modernisation du pays. Enfin, avec la mort de Hue Yaobang, ancien secrétaire du Parti, qui déclenche des manifestations qui entraîneront les terribles événements de la place Tian'anmen en 1989, nous revivons la fin tragique :  l'armée intervient le 4 juin faisant des milliers de morts parmi les civils.  

Cela dit ce n'est pourtant pas un roman historique. Il ne décrit jamais les faits bruts mais nous les fait vivre, à travers le vécu des différents personnages, ce qui rend ce roman totalement poignant.  

J'ai aimé les passages poétiques, les descriptions des paysages et des situations, et aussi les pages où l'auteur intègre les idéogrammes chinois et leur signification. 

Les mélomanes adoreront l'importance de la musique qui imprègne tout le récit car il n'y a pas une page qui ne se passe sans musique, sans création, sans partition, sans Prokofiev, Bach ou Beethoven et autres compositeurs célèbres...la musique est le lien entre les hommes, leur refuge, ce qui les maintient en vie, leur donne envie de poursuivre, encore et toujours, leur quête de liberté. Les pages sur la musique font partie des plus belles du roman...

Et à chaque page, les liens familiaux ou amicaux, l'amour, la solidarité sont les plus forts, traversant les années, même si parfois ils ne suffisent pas à maintenir en vie les personnages, auxquels le lecteur ne manque pas de s'attacher...et qu'il regrette de quitter sans savoir ce qu'ils vont devenir.

 

C'est un roman remarquablement écrit et un moment de lecture très fort, inoubliable, un roman qui me poursuit alors que je l'ai  refermé depuis plusieurs jours et qui, j'en suis certaine, marquera mon année de lecture. 

Merci à Babelio et aux éditions Phébus de m'avoir sélectionné pour participer à cette Masse critique exceptionnelle.  Ils m'ont permis de découvrir ce merveilleux roman qui a déjà reçu plusieurs prix littéraires.

...il est imprudent de croire qu'une histoire a une fin. Il y a autant de fins possibles qu'il y a de débuts.

C'est simple d'écrire un livre. Plus simple encore quand le livre existe déjà, qu'il a été transmis d'une personne à une autre sous différentes versions, permutations et variations. Une seule personne ne peut raconter une histoire aussi vaste, et il y a bien sûr des chapitres manquants dans mon propre livre des traces...

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 05:28

 

Vous croyez au hasard, vous ? Moi j'y crois et je reste persuadée que beaucoup d'inventions que nous utilisons tous les jours, ont été le fruit du hasard, de la providence, du destin, d'un concours imprévu de circonstances, appelez-le comme vous voulez ! Il en est de même pour beaucoup de découvertes ! D'ailleurs on peut en dresser des listes et cela dans toutes les disciplines...

 

Alors forcément puisque j'y crois, j'ai tout de suite adhéré à l'histoire de ce joli album qui nous raconte l'invention du papier par les chinois, une invention réalisée en observant les guêpes fabriquer leur nid à partir de végétaux.

 

Les Éditions de l'officine, 2018

Les Éditions de l'officine, 2018

Ton destin est dans ta main, ne le gaspille pas.

Pour les chinois, le dragon n'est pas un être maléfique, mais un dieu, l'ami des hommes. Il tient en son pouvoir la prospérité et la paix.

 

Aux temps de la Chine ancienne, Touen, un paysan modeste et illettré se fait malencontreusement piquer par une guêpe en travaillant ses terres...

La nuit venue, il décide de retourner dans son champ et découvre plusieurs nids. Bâtis avec des morceaux de bois malaxés longuement, ils sont formés de lamelles fines qui, une fois dépliées, s'envolent au vent. Fasciné, Touen en ramène toutes les nuits chez lui.

Liao-Peng, sa femme, les utilise pour renforcer les sandales.

A quoi cela peut-il bien servir se demande Nung-Wen, son petit garçon ? Et il se met à dessiner sur ce support particulier...à la fois solide et si fragile. 

Un colporteur passant par là persuade Touen d'aller présenter cette découverte à Mayunga, le grand sage qui le dirige vers l'Empereur...

Mais, n'entre pas qui veut dans la Cité Interdite : il en faut du courage et de la détermination ! 

 

L'histoire de l'invention du papier par les chinois trouve ici tout son sens...

Le lecteur suit avec un grand intérêt le récit sous forme de conte, de la vie quotidienne de cette famille chinoise laborieuse, et du long voyage que Touen va entreprendre. C'est un voyage qui l'amènera jusque chez l'Empereur et qui est en fait un joli prétexte pour nous faire entrer dans l’histoire, les croyances, les légendes et la philosophie de la Chine ancienne.

On sait tous que c'est au IIe siècle avant notre ère que les chinois découvre un procédé de fabrication à partir de fibres du mûrier dit "à papier", une fabrication qui sera transmise au Moyen Orient grâce aux ouvriers chinois, faits prisonniers, qui en échange du secret auront la vie sauve... L'invention arrivera en Occident vers le Xe siècle seulement.

Un superbe album à découvrir dès 5 ans et à lire tout seul dès 7 ans. 

 

 

L'auteur Michel Yaèche est un formidable conteur.

Il écrit depuis l'âge de 7 ans. D'abord journaliste, il fait ensuite une formation pour travailler dans l'éducation spécialisée. Il fonde l'Institut médico-pédagogique de Sèvres, puis travaille en SEGPA. Depuis sa retraite, il se consacre à l'écriture. Il a reçu plusieurs prix pour ses nouvelles ou ses poésies. 

 

L'illustratrice "Pointilleuse" je vous l'avais déjà présenté ICI ! Ce n'est pas son coup d'essai et elle a déjà illustré plusieurs albums, mais c'est sa première publication à l'aquarelle...

Pointilleuse est non seulement une personne formidable et talentueuse, mais aussi une blogueuse qui mérite d'être connue et qui nous ravit par ses dessins au trait fin, bourrés de tendresse. Dans ce conte pour la jeunesse, elle nous fait entrer dans l'univers particulier de la Chine ancienne. Ses illustrations nous font voyager et découvrir un monde empli de poésie où les valeurs de respect, de travail et de volonté sont importantes.


Je suis tombée sous le charme du colporteur dont la charrette est tiré par un âne à la bouille unique au monde, et là je te reconnais tout de suite Pointilleuse, je sais que c'est bien toi qui l'a dessiné ! J'adore aussi les maisons troglodytes, le pauvre Touen abattu, qui attend prostré au pied du Bouddha (gigantesque) que l'Empereur veuille bien le faire entrer...

 

 

et bien sûr...la merveilleuse quatrième de couverture. Mais chut je n'en dirais pas plus !

 

Quel bonheur pour moi d'avoir eu en main ce superbe album et un grand merci pour la jolie dédicace à destination de mon petit-fils qui l'accompagne... 

Merci aussi pour ce plaisir toujours renouvelé que j'ai à découvrir tes dessins. 

 

N'hésitez pas à aller admirer quelques extraits de l'album sur son site d'où provient l'image ci-dessus...il suffit de cliquer sur le lien. 

 

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 08:07
Nuages mouvants / Hsieh Hai-meng

 

"Nuages mouvants" est une chronique racontée par Hsieh Hai-meng, sur la réalisation du film "The assassin",  un film qui est un véritable chef-d'oeuvre, et qui a reçu le "Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2015" et qui est sorti en salle début mars.

Ce livre a été édité chez l'Asiathèque avec le concours du CNL et il est paru quelques jours avant la sortie du film dans les salles.

La chronique est précédée dans le livre, par l'"Histoire de Nie Yinniang", de Pei Xing, un récit datant du IXe siècle, qui a inspiré le scénario du film, puis par le scénario original définitif du film, écrit par A Cheng, Chu Tien-wen et Hsieh Hai-meng, elle-même.

La préface est de Jean-Michel Frodon et la postface de Chu Tien-Wen.

La traduction des différentes parties, à partir du chinois, a été effectuée par Catherine Charmant, Deng Xinnan et Pascale Wei-Guinot (coordination Gwennaël Gaffric).

 

Ce livre est une véritable plongée dans l'atmosphère de la réalisation d'un long-métrage appartenant au genre wuxia, c'est-à-dire un film de cape et d'épée chinois ou, si vous préférez, une histoire de chevalerie et d'arts martiaux, un genre de film qui a le plus souvent lieu dans la Chine ancienne.

 

Le texte est enrichi par de nombreuses illustrations en noir et blanc, toutes extraites du film, dont vous pouvez voir ci-dessous la bande annonce officielle...

 

Bande annonce officielle du film "The Assassin"

 

Dans sa préface, intitulée "Dans les profondeurs de "The Assassin", Jean-Michel Frodon, grand spécialiste du cinéma, à la fois critique, enseignant et historien, nous indique en quoi ce film se distingue des autres films de Hou Hsia-hsien.

On y retrouve bien sûr la beauté des gestes, les couleurs, le rythme...mais on y trouve aussi une "mise en profondeur de l'image", nous dit-il qui n'est pas sans rappeler le cinéma en 3D, "signifiée par l'usage de tissus ou de végétation pour suggérer aux sens une consistance jusque-là inconnue du grand écran".

 

La plupart des données sur les auteurs qui vont suivre, sont inspirées de sa préface ou du site de l'Asiathèque que je remercie ici pour m'avoir fait connaître ce livre qui ne manquera pas de plaire à tous les cinéphiles avertis et aux passionnés de l'Orient et des wuxia. 

 

 

L'histoire de Nie Yinniang se déroule pendant l'ère Zhenyuan (785-804) de la dynastie des Tang (618-907) sous le règne de l'empereur Dezong.

Ce texte est un chuanqi, c'est-à-dire un conte fantastique caractéristique de l'époque de la dynastie Tang.

Aux éléments fantastiques (pouvoirs extraordinaires des personnages par exemple...) se mêlent des éléments politiques (rivalités et pouvoirs entre dirigeants et représentants provinciaux par exemple...), et des histoires d'amour.

 

Voici l'histoire qui a inspiré le scénario du film ...

Nie Yinniang, âgée de 10 ans, est la fille du prévôt Nie Feng.

Une nonne bouddhiste, passée demander une aumône dans la maison, se prend de sympathie pour l'enfant. Elle demande au père de lui confier sa fille pour lui transmettre son enseignement. Le père refuse et se met même en colère.

Le soir même, la petite fille disparaît.

Ce qui donne dans le scénario...

Yinniang se réveille et voit la nonne vêtue de blanc.
- La nonne : Viens avec moi, je t'emmène !
Yinniang se lève et s'habille. la nonne l'installe sur son dos, l'attache à l'aide d'un tissu de soie blanche et ressort par la fenêtre.

p 36 du scénario

 

Les parents ont beau se désoler, personne ne retrouve leur petite fille.

Cinq ans plus tard, la nonne la ramène chez ses parents : sa formation est terminée. Elle a acquis de nombreux pouvoirs.

 

Ce qui donne dans le scénario...

 

Treize ans plus tard...

- la nonne : Yinniang a terminé son apprentissage. Il est temps pour moi de vous la rendre.
La nonne prend congé...Pendant ce temps, la nourrice et les servantes, informées du retour de la jeune demoiselle ont accouru. Leurs visages sont inondés de larmes de joie.
...
Alors que la nourrice aide Yinniang à se déshabiller, elle découvre avec stupeur un poignard en corne de bouc noire attaché à la taille de la jeune femme. Yinniang ne dit rien.

p 41

Désormais, même son père n'ose plus la contrarier.

Le gouverneur militaire de Weibo ayant appris qu'elle possédait certains pouvoirs, la fait entrer dans sa garde personnelle. Bien sûr, il compte bien se servir d'elle et de ses pouvoirs extraordinaires à des fins politiques...

 

Je ne vais pas vous raconter les multiples péripéties de cette histoire  que vous pourrez vous amuser à mettre en parallèle avec le scénario du film ! 

 

 

Il s'agit d'un récit très riche, plutôt bref (6 pages) mais empli d'action, faisant appel à de nombreux personnages et à de nombreuses références culturelles : respect des anciens et de toute figure d'autorité, violence guerrière...

Forcément le scénario original écrit à partir de l'histoire ne le sera pas moins !

 

Dans le livre, le scénario du film est donc mis en regard de l'histoire, vieille de plus de mille ans.  Il montre qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une adaptation du conte mais d'une histoire à part entière qui a été réinventée pour s'adapter aux exigences du cinéma.

Cette nouvelle histoire présente donc par exemple de nombreux flashes-back où le lecteur prend connaissance des années de formation de la jeune fille, années durant lesquelles elle a acquis, guidée par la nonne, ses extraordinaires pouvoirs mais où elle a été obligée de faire ses preuves aussi, en tuant des gens qu'elle aimait.

 

Ce scénario est donc une oeuvre littéraire à part entière et il pourra être très instructif de le comparer au résultat final obtenu, c'est-à-dire au film que je ne suis pas encore allée voir. 

 

Le scénario définitif élaboré en octobre 2012, a été écrit par A. Cheng (Zhong Acheng), Chu Tien-wen et Hsieh Hai-meng.

C'est en fait la 38ème version du scénario !

 

Au centre de ce scénario, il y a bien sûr Hou Hsia-hsien lui-même, un réalisateur taïwanais au parcours unique, né en Chine continentale puis arrivé à Taïwan avec ses parents...il est devenu un adolescent turbulent puis s'est tourné vers le cinéma un peu par hasard : il a commencé à tourner des mélodrames commerciaux dans les années 80. Puis il est devenu une personnalité publique en créant des films qui ont rendu à Taïwan son histoire longtemps occultée par la dictature de Tchang Kaï-chek. Enfin il est devenu un grand cinéaste connu internationalement, suite à la réalisation de films comme "La cité des douleurs", "Café lumière", "Millenium mambo", "Les fleurs de Shanghai"...et une figure incontournable dans son pays, incarnant le monde culturel taïwanais.

 

A ses côtés, on retrouve Chu-Tien-wen, une écrivaine renommée qui a toujours été sa partenaire depuis le début de son oeuvre. Elle est issue d'une famille de grands auteurs et de personnalités culturelles reconnues. Elle peut être considérée comme un des deux mentors de Hou Hsia-hsien (le second étant le réalisateur Edward Yang). 

 

A Cheng est un des écrivains de Chine continentale parmi les plus célèbres. Il a contribué à la renaissance de la littérature chinoise en publiant des nouvelles réunies dans un livre intitulé "Les trois Rois". Il a vécu plusieurs années aux États-Unis.

A. Cheng est le scénariste et le co-scénariste de plusieurs films. Il a notamment écrit des scénarios pour Tian Zhuangzhuang.

 

Enfin la jeune Hsieh Hai-meng, née en 1986, et titulaire d'une licence d'anthropologie, se destine à une carrière littéraire, comme certains membres de sa famille (Chu Tien-hsin, sa mère et Chu Tien-wen, sa tante dont on vient de parler ci-dessus). Elle écrit actuellement son premier roman. 

 

Leur travail commun, par moment très fragmenté, a donné vie à ce scénario...très riche dont le film n'est qu'une version au final, très épurée. 

 

Extrait du film "The Assassin"

 

Enfin le livre se poursuit par la chronique sur la réalisation du film "The assassin", écrite par Hsieh Hai-meng, la plus jeune des scénaristes.

Cette chronique, intitulée "Nuages mouvants" qui a donné son titre au recueil a été tenue  par la jeune écrivaine durant toute  la préparation et le tournage du film.

 

Dans ce texte, elle nous montre ses qualités d'observation, et sa grande variété de ton. Elle passe du quotidien, à des perspectives historiques précises, philosophiques ou esthétiques. Elle peut délaisser une situation pour en favoriser une autre qui à ses yeux apparaît comme plus importante...

 

Dans ce "journal de bord" un peu spécial, qui tient environ la moitié du recueil, le lecteur découvre la manière dont travaille Hou Hsiao-hsien et donc une facette de sa personnalité mais aussi les contraintes matérielles, ou "idéologiques" qui se sont imposées lors de la réalisation du film.

 

Petit à petit se dessine de la part du cinéaste une stratégie de la mise en scène qui est aussi une philosophie de l'existence, stratégie et philosophie fondées sur une négociation permanente entre l'état de la réalité, l'affirmation d'une singularité personnelle et l'exigence d'une constante remise en question.

 

L'auteur nous parle en détails des différents éléments qui ont permis la composition des personnages...par exemple le personnage central de Nie Yinniang est hybride.

Hou "dao" a décidé qu'elle serait atteinte du syndrome d'Asperger, un trouble proche de l'autisme. Il a donc étudié ce  trouble en détails pour tout savoir de ceux qui en étaient atteints. 

Il s'est inspiré par exemple du personnage de Lisbeth Salander (dans Millenium) et de celui de Jason Bourne, héros de "La mémoire dans la peau" de Robert Ludlum.

Cela donne une héroïne particulière qui n'est pas amnésique (elle sait qu'elle a été enlevée pour faire d'elle un assassin) mais qui ne se reconnaît pas dans le monde où elle évolue. Ainsi elle a acquis un caractère particulier : elle est obstinée, fonce sans penser aux conséquences de ses actes et, du moment qu'elle croit sa quête juste, elle mettra même sa vie en péril...

 

L'auteur nous décrit certaines scènes et les multiples prises du tournage, les problèmes liés à la météo (à la nécessité d'avoir du brouillard, par exemple, pour tourner certaines scènes), les désirs du réalisateur et ce qu'il a finalement réussi à tourner, ses contradictions et ses hésitations. 

 

Hou "dao" préfère sortir se promener et fumer une cigarette. A travers la baie vitrée, nous le voyons de dos et le regardons errer sous les arbres en casquette blanche et pantalon assorti. De temps à autre, il lève la tête vers le ciel, absorbé dans ses réflexions. Nous en profitons aussi pour faire une pause...
Au retour de sa promenade et de sa pause cigarette, Hou dao lâche invariablement : "Ça y est, je sens que dans ce passage nous devrions faire comme ça..."

p 102

 

Le lecteur découvre aussi les conditions particulières du tournage selon qu'il se passe en Chine, à Taïwan, ou au Japon et les problèmes locaux concrets.

Le film s'élabore sous les yeux du lecteur tout en prenant peu à peu de la distance avec le scénario.

Enfin, de nombreuses références à d'autres oeuvres, à des personnages étayent le récit.

 

Ce journal de bord fourmillant d'infos de toutes sortes, se lit comme un récit d'aventure plein de rebondissement. Il ne vous donnera qu'une seule envie, celle de découvrir "The assassin" sans tarder.

 

Interview traduite en français de l'équipe du film

 

Salué comme un chef-d’oeuvre au Festival de Cannes 2015, où il reçut le "Prix de la mise en scène", sélectionné pour concourir à l’Oscar du meilleur film étranger en 2016, "The Assassin", dix-huitième long-métrage de Hou Hsiao-hsien est, selon l’expression de Jean-Michel Frodon (l’auteur de la préface) "une mutation, un voyage, un tournant dans l’art mobilisé".

"Nuages mouvants" fournit d’innombrables indices qui en éclairent le processus de création.

On y découvre une vision particulière de la culture chinoise classique des Tang et du cinéma, on y saisit de façon vivante et incarnée la manière dont travaille Hou Hsiao-hsien.

On y comprend aussi les enjeux plus vastes en termes matériels, financiers, stylistiques, "idéologiques" auxquels il est confronté.

On y a enfin accès à des informations plus générales sur les conditions de tournage en Chine, à Taïwan et au Japon.

Tout le travail — depuis l’écriture du scénario jusqu’à la sortie du film — est dévoilé, mêlant croquis pris sur le vif, opinions tranchées sur des réalisateurs et des films, références aux conditions de fabrication d’autres films de Hou Hsiao-hsien, réflexions sur le sens de ses comportements et de ses décisions.

 

[source : http://www.livres-cinema.info/livre/10551/nuages-mouvants ]

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 09:11
Tao-tö king / Lao-tseu

C'est le "livre sacré de la Voie et de la Vertu", traduit du chinois par Liou Kia-hway. Il est  considéré comme le texte fondateur du taoisme.

 

Ce recueil de textes écrits sous forme de poèmes courts est cependant à déguster à petites doses.

Il suffit d'ouvrir une page au hasard et, si vous aimez les surprises, vous trouverez dans le texte, matière à méditer.

Ce n'est pas la peine de vous acharner sur le sens des mots !

Laissez les mots retentir en vous et vous serez surpris des réflexions qui vont naître spontanément dans votre esprit quel que soit le sujet.

Si un texte ne vous "parle" pas c'est peut-être tout simplement parce que ce n'est pas le moment pour vous de le lire. Tentez-en un autre.

 

Je suis surprise par la lecture renouvelée de cet ouvrage. Je l'ai acheté il y a environ 6 ans (déjà!) et je le laisse régulièrement de côté pour le reprendre de temps en temps, jamais par hasard d'ailleurs.

Au fil des ans, j'ai l'impression de le découvrir pour la première fois !

 

On n'est pas obligé de connaître les fondements du taoisme pour comprendre ces textes. Par contre la lecture de ces textes vous donnera forcément envie d'en savoir plus.

"On y trouve aussi bien des conseils aux gouvernants que des principes de perfectionnement individuel et des passages naturalistes ou cosmologiques", nous dit l'encyclopédie "wikipedia".

 

 

On pense qu'il a été écrit par Lao-Tseu, le sage, fondateur du taoïsme, autour de 600 av. J.-C.

 

Le recueil est constitué de 81 textes (37 faisant partie du "tao" et 44 du "tö").

Le terme "tao" (dào) signifie "voie", voie spirituelle, chemin de vie, voie à suivre...

Le terme "tö" (dé) signifie "vertu" (morale).

 

Quant au terme "king"(Jing), que l'on retrouve dans le titre, il veut dire que c'est un "classique", un ouvrage important...

 

Et le nom même de "Lao tseu" veut dire "vieille oreille longue"...

 

 

Lao-Tseu a -t-il réellement existé ?

 

Tout ce que l'on peut dire c'est que Lao Tseu a réellement existé en tant que personnage réel ou fictif...

Qu'il soit un personnage réel ou fictif importe peu, puisque ses écrits existent bel et bien.

Comment envisager que les écrits de quelqu'un qui n'a jamais existé puissent parvenir jusqu'à nous ?!

 

Donc :

- soit Lao Tseu a bien écrit lui-même ces textes.

- soit un autre personnage qui, lui, a réellement existé, a écrit ces textes sous un nom d'emprunt, peut-être  celui d'un sage connu ?

 

 

Vous trouverez plus de détails sur ce paradoxe dans le blog "La voie de la sagesse".

 

Le livre contenant beaucoup de contradictions, les chercheurs modernes pensent qu'il est l'oeuvre de plusieurs auteurs.

A cette époque la parole des "sages" étaient d'abord transmises par oral du maître au disciple. Ces textes auraient ensuite été édités : les plus anciens fragments connus à ce jour remonteraient à 300 avant J.-C.

La version actuelle des textes est connue depuis le II° siècle avant J.-C.

 

Ces textes ont largement dépassé les frontières de la Chine. Dans les années 1980, il n'en existait pas moins de 250 versions en langues étrangères.

 

"Selon la tradition chinoise, Lao Tseu, lassé des dissensions politiques, aurait refusé de cautionner plus longtemps le pouvoir impérial qu’il jugeait décadent. Il quitta la société et entreprit un voyage à dos de buffle au cours duquel, il écrivit le “Tao Te King” avant de disparâitre". (source wikipedia).

 

 

Citations

 

"Les paroles vraies ne sont pas agréables  ;

Les paroles agréables ne sont pas vraies".

 

"Le saint connaît sans voyager,

comprend sans regarder,

accomplit sans agir"

 

"Qui se diminue grandira ;

Qui se grandit diminuera."

 

"Celui qui sait ne parle pas,

celui qui parle ne sait pas."

 

" Le saint se garde d'amasser ;

en se dévouant à autrui, il s'enrichit,

après avoir tout donné, il possède encore davantage."

 

" Qui se dresse sur la pointe des pieds

ne tiendra pas longtemps debout.

Qui fait de grandes enjambées

ne marchera pas très loin."

 

 

 

Qu'est-ce que le Tao ?

 

Le tao est un précepte de sagesse qui "réconcilie les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin, qui représente l'énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif.

 

De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao." (Quatrième de couverture du Folio, édition 2008).

 

Le Yin et le Yang

Le Yin et le Yang

 

Le tao propose d'avancer dans la connaissance de soi, de connaître notre nature profonde pour vivre en accord avec la nature et avec les autres d'une part, et en harmonie avec soi-même d'autre part.

 

Il demande de privilégier l'être et de laisser de côté le paraître et l'égo que nous avons tendance à mettre un peu trop en avant de nos jours, dans nos civilisations occidentales.

 

D'après le Tao, si l'homme est dans le mal-être, c'est parce qu'il est en apprentissage.

 

Comment mettre en application les principes du Tao dans notre vie quotidienne ?

 

Le tao ne s'apprend pas, il se vit au quotidien. Il est d'ailleurs considéré comme un art de vivre...

Certains le pratiquent déjà sans le savoir !

Vous pouvez, non pas essayer d'adopter tous ces principes d'un coup, ce serait impossible à réaliser, mais le faire un peu chaque jour vous amènera sûrement sur les voies de la sagesse...


Il faut essayer de...

 

- respecter la racine de notre être : elle nous indique d'où on vient et d'où viennent les choses.

 

- rechercher la simplicité.

 

- accorder le yin et le yang, deux énergies contraires qui sont en nous et se succèdent. D'où l'importance d'alterner travail et vacances, extériorisation et intériorisation pour trouver l'harmonie.

 

- vivre en accord avec les cycles de la vie et les cycles des saisons.

 

- accepter les antagonismes. Même le bien a besoin du mal.

 

- accepter les changements et l'impermanence des choses. L'univers est en perpétuelle évolution. La nature aussi.

 

- casser les habitudes pour recommencer autrement, vivre autrement, s'adapter...

 

- méditer pour prendre de la distance avec nos émotions, nos idées préconçues, nos comportements négatifs...

 

- cultiver notre énergie vitale et apprendre à la régénérer.

 Le ch"i baigne l'univers mais aussi le plus petit individu sur terre.

 

- pratiquer le Yoga, le Qi Gong, le tai-chi-chuan, l’aïkido ou toutes autres "disciplines" visant à unifier tous les aspects de l'être humain, psychique, physique et spirituel. Chacune a une façon différente de vous amener vers l'harmonie intérieure : à vous de choisir la vôtre.

 

Les trois grands principes du Tao

 

1 - Le Tao est  plein de paradoxes.

Le but de ces paradoxes est de perturber la pensée d'aller à l'encontre de l’éducation reçue.

 

2 - Le Tao privilégie l'expérience.

Toute pensée doit être suivie d'une action. Chacun doit créer son chemin avec ses outils, partir de ce qu'il est et utiliser ce qu'il a à sa disposition.

 

3- Le Tao n'a ni Dieu, ni Maître.

Il ne connaît pas la hiérarchie. Il est inutile de convaincre l'autre, car chaque humain est responsable de son malheur ou de son bonheur, de sa santé, de sa spiritualité bref de son existence.

Toute infraction aux règles de la nature amène forcément des sanctions. Tous mes actes, tout ce que je dis, tout ce que je fais ont des conséquences non seulement pour moi-même mais pour l'univers tout entier...

 

 

Les trois pratiques du Tao

 

...à appliquer à soi-même dans la vie quotidienne sont : l'amour, la respiration et l'alimentation.

 

L'amour et le Tao

Pour le Tao, l'amour est très important car le faire augmenterait notre vitalité, notre jeunesse et notre santé, si on le fait "bien", c'est-à-dire comme le Tao le préconise.

De nombreux articles sur le net et de nombreux ouvrages, concernant ce thème important, vous donneront de plus amples détails tant sur les techniques préconisées par le Tao, les respirations et gestes appropriés que sur les bienfaits pour l'homme et la femme.

Mais ce n'est pas si simple... et très différent pour les hommes et les femmes ainsi que selon votre âge.

 

La respiration et le Tao

C'est un premier pas vers le Tao et la maîtrise de l'énergie vitale. La façon dont vous respirez est le reflet de votre état mental. A l'inverse la respiration peut influer sur vos émotions, votre santé et votre bien-être.

De nombreux exercices sont proposés : ils se pratiquent debout, couché, assis...

 

Par exemple pour débuter voici une respiration calmante :

Assis confortablement sur un coussin, le dos bien droit mais sans tension OU BIEN allongé sur le dos, sur un tapis moelleux, respirer d'abord lentement en prenant conscience de votre respiration sans la changer (vous êtes un simple témoin).

Puis au bout de quelques instants, inspirez normalement sans forcer et EXPIRER le plus LENTEMENT possible. Au moins dix fois...

Votre calme est revenu.

Pour prolonger l'expiration, vous pouvez ramener tout doucement votre menton vers la poitrine. Vous pouvez aussi fermer les yeux car cela aide à s'intérioriser...

Ce n'est qu'un exemple ! Il existe beaucoup d'autres respirations.

Celle-ci est très facile à mettre en pratique dans la journée ou le soir avant de s'endormir et peut être réalisée même par des jeunes enfants, comme un jeu.

 

 

L'alimentation et le Tao

"Que ton aliment soit ton premier médicament" disait Hippocrate...

En Occident nous nous sommes considérablement éloignés de ce précepte.

 

Les Chinois classent les aliments selon leur nature : Yin ou Yang, froid, frais, neutre, tiède ou chaud et selon leur saveur, acide, amer, doux, piquant ou salé associés aux cinq éléments (bois, feu, eau, air, métal). Il faut donc absorber chaque jour un peu de tout mais différemment selon les saisons.

 

Sans parler d'un régime particulier, il y a des priorités :

- Consommer à chaque repas plusieurs légumes et fruits frais qui sont de nature différente et apporteront différentes saveurs.

- manger des céréales variées (riz, blé, orge,...) pour l'énergie.

- ajouter très peu de protéines animales (poissons, viandes...).

- éviter les produits laitiers qui ne sont absolument pas indispensables à notre vie d'adulte.

 

Les Chinois préconisent de consommer beaucoup de soupes qui sont pour eux le repas complet par excellence.

A l'inverse de notre assiette occidentale où la viande est accompagnée de céréales ou légumes...Les légumes et céréales sont accompagnés (non obligatoirement), d'un peu de viande ou de fromages.

 

Rester dans le juste milieu comme le préconise le Tao : consommer vos aliments tièdes, ni trop chaud ni trop froid ce qui fatiguerait l'organisme car entraverait la digestion, ni trop cru, ni trop cuit...

 

"Le Tao est à l'univers

ce que les ruisseaux et les vallées sont au fleuve

et à la mer."

 

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 07:39
Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

Voilà une idée de repas toutes saisons... lorsqu'on a dans les placards un peu de tout mais pas assez d'un seul ingrédient et qu'arrivent des invités surprise !

A servir après une salade verte toute simple.

 

Ingrédients utilisés (pour 4 à 5 personnes)

 

- 2 filets de poulet (j'ai utilisé deux filets Bio congelés par mes soins en prévision)

- Légumes variés : quelques haricots verts cuits à la vapeur, 2 courgettes, 4 feuilles de salades, 2 oignons

- 1 poignée de champignons noirs et craterelles séchés

- 1 carré de tofu

- 1 cuillère à soupe de purée de sésame

- 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre

- 4 cuillères à soupe de sauce soja

- 1 c à c d'épice cinq parfums

- 2 à 3 cm de gingembre frais (ou congelé) râpé

- riz blanc parfumé de préférence (proportion selon l'appétit des convives)

 

- Huile d'olive et de sésame

- ciboulette

 

Remarque : Inutile de saler (ou saler très peu) car la sauce soja est déjà salée.

Préparation

 

Une heure avant le repas (ou plus si vous avez le temps)...

 

- Faire tremper les champignons dans un bol d'eau tiède pendant 20 minutes au moins.

Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

 

- Eplucher, laver et détailler en bâtonnet les courgettes.

 

 

- Les mettre à mariner dans un saladier avec la moitié de la sauce soja (2 c à s), le vinaigre et 1 cuillère à soupe d'huile d'olive + 1 de sésame.

 

Poêlée chinoise au poulet et aux champignonsPoêlée chinoise au poulet et aux champignons

- Couper le poulet en lamelles fines et le mélanger aux courgettes.

Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

- Couper les haricots verts précuits en 3.

 

- Détailler le tofu en cubes.

 

- Couper la salade en lamelles avec des ciseaux.

 

Ajouter au fur et à mesure les ingrédients dans le saladier !

 

- Terminer par les épices et le gingembre râpé.

 

J'ai même mis la ciboulette cisaillée, mais on peut aussi la rajouter en fin de cuisson si on préfère !

 

 

Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

- Bien mélanger et mettre le saladier au frais...

 

 

Pendant ce temps...

 

- Eplucher les oignons et émincez-les.

 

- Faire cuire le riz selon votre habitude.

 

- Dans un wok ou une grande poêle, faire revenir vivement les oignons dans de l'huile d'olive.

 

- Couper grossièrement en morceaux plus petits les champignons égouttés.

 

- Quand les oignons commencent à se colorer, ajouter les champignons et les laisser cuire  au moins 10 bonnes minutes en ajoutant peu à peu l'eau de trempage sans le fond qui est toujours un peu "sableux".

 

- Sortir le saladier du frigo : les ingrédients ont bien macéré.

 

 

Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

- Égoutter le contenu du saladier, en conservant bien le jus évidemment.

 

- Lorsque les champignons sont cuits, les réserver.

 

- Dans la même poêle faire revenir la préparation légumes-viande, par petite portion pour que les légumes rentent croquants et que la viande cuise correctement sans griller, réserver au fur et à mesure jusqu'à ce que tout les ingrédient soient cuits.

 

- Remettre ensuite dans la poêle le mélange légumes-viande, les champignons et tout mélanger...et ajouter le jus de macération et une cuillère à soupe de purée de sésame qui servira de lien à l'ensemble (si vous n'en avez pas, mettre 1 c à s de maïzena), mais la purée de sésame donne un goût incomparable.

 

Poêlée chinoise au poulet et aux champignons

- Rectifier enfin l'assaisonnement si besoin...

 

Servir chaud avec le riz.

 

Ajouter dans l'assiette (ou dans le plat de service) un filet d'huile de sésame qui conservera toute sa saveur puisqu'elle n'a pas cuit avec le plat.

 

Ceux qui aiment peuvent aussi ajouter à table de la sauce soja.

 

Variantes

 

Il existe de nombreuses variantes à cette recette de base selon la proportion de légumes- viande et les ingrédients utilisés.

 

Bien sûr les légumes varient avec la saison : carottes, navets, choux (vert, rouge, chinois...) en hiver...et même poireaux ou courges.

 

Les pâtes chinoises peuvent remplacer le riz blanc. J'aime bien alors mettre des pousses de soja dans le plat et ajouter quelques champignons chinois parfumés.

 

Le poulet peut être remplacé par du veau, du canard ou du porc...

 

Enfin la poêlée peut être totalement végétarienne dans ce cas je la sers avec du riz complet.

 

Et, la viande peut être remplacée par du poisson ou des crevettes, dans ce cas je remplace la sauce soja par un peu de nuoc mâm (sauce de poisson orientale)...

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:19

 

Chine 1937.

 

Tuduo et Yaya ont été assommés et se retrouvent dans une barque à la dérive...Ils se réveillent sur une île déserte où il va leur falloir survivre. Heureusement qu'il y a Pipo !

 

Mais ils ne peuvent quitter l'île sans rames... Aussi, quand Yaya aperçoit de la fumée sur l'île voisine elle ne peut pas s'empêcher d'aller y voir de plus près. Comme Tuduo ne sait pas nager il va l'attendre. Mais Yaya ne revient pas. Elle a été découverte par les pêcheurs de perle qui comptent bien l'exploiter comme ils le font avec d'autres enfants. Parmi les enfants, il y a Chan une jeune femme avec qui Yaya se lie d'amitié.

Toutes deux réussiront à s'échapper, grâce aux courants marins, pour rejoindre l'île où se trouve encore Tuduo. Mais celui-ci est bien malade il a contracté la dengue, une maladie transmise par un moustique qui peut être mortelle.

Voilà Yaya obligée de l'abandonner à l'hôpital pour suivre Chan. Celle-ci veut retrouver sa fille. Mais Yaya tombe dans un piège car Chan n'est pas l'amie qu'elle croit... elle veut l'échanger contre sa petite fille qui a été vendue... 

Yaya surprend la conversation et réussit à se sauver mais elle se retrouve seule, perdue  dans une région qu'elle ne connait pas et de plus la neige se met à tomber... et elle a perdu la mémoire !

Ce volume comprend les 3 tomes  suivants parus séparément :
Tome 4 - L'ïle
Tome 5 - La promesse
Tome 6 - Perdue

 

Mon avis

C'est une BD jeunesse de grande qualité : suspense, émotion, amitié sont au rendez-vous et le lecteur s'attache de plus en plus à nos deux héros courageux, volontaires et toujours décidés à retrouver les parents de Yaya et pour Tuduo à récupérer son petit frère. Les événement s'enchainent et le lecteur ne s'ennuie pas...

Lire la critique de l'intégrale tome 1 - 3 ICI

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 08:28

 

Quel titre évocateur !

Je n'ai pas hésité à le prendre dans les rayons de la bibliothèque et à l'emmener en vacances...mais j'ai  finalement été déçue par ce roman, moins facile à lire que les précédents, plus complexe dans la narration, pour la compréhension duquel, il me semble, je manque de références culturelles.

En tous cas, c'est un roman  à ne pas lire en vacances !!

 

L'histoire

 

En 1978, une jeune française (la narratrice) se rend à Pékin pour étudier le chinois à l'Université. Parce qu'elle possède un lapin, elle se rend quotidiennement dans une boutique pour y récolter les restes fanés de légumes. Là, elle fait la connaissance d'un jeune chinois, Tûmchouq,  avec qui elle ne tardera pas de vivre une véritable histoire d'amour et qui va lui permettre de mieux comprendre la société chinoise.

 

Fils d'un sinologue français réputé, Paul d'Ampère, aujourd'hui décédé, Tûmchouq  ne tarde pas à lui parler de sa quête : retrouver un vieux manuscrit disparu, rédigé dans une langue inconnue aujourd'hui et dont il n'a réussi à traduire que la première ligne "Par une nuit où la lune ne s'est pas levée"...

 

Le rouleau de soie, qui contient le texte a été déchiré en deux. Il aurait été remis à ses disciples par Bouddha lui-même...

 

Le lecteur va suivre au fil des pages l'histoire du manuscrit, prétexte à revisiter le bouddhisme, mais aussi l'histoire et la vie quotidienne de la Chine...

 

Ce que j'en pense

 

L'auteur est parti d'une histoire vraie, lorsque Puyi, le dernier empereur, est emmené en exil au Japon. Pris d'un coup de folie,  il ouvre les portes de la carlingue et jette en plein vol des oeuvres d'art en lambeaux ! Là, dans le roman l'auteur imagine qu'il s'agit d'une oeuvre sacrée...

 

Intéressant ! On retrouve le style de l'auteur, les nombreux flashbacks,  les histoires qui s'imbriquent et se rejoignent, les légendes mêlées au réel.

Chacun des personnages ne manque pas d'intérêt. L'approche de la culture chinoise est aussi très instructive.

 

Mais malgré tout cela, je n'ai pas accroché et j'ai interrompu ma lecture deux fois, puis repris le roman au début pour craquer un peu plus loin puis je me suis forcée à avancer dans l'histoire en attendant toujours le dénouement ou un regain d'intérêt car, par respect pour l'auteur, j'essaie toujours d'aller plus avant et de lire jusqu'à la fin.

Bref ce roman est une vraie déception !!

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:43
La cithare nue de Shan Sa

 

L'histoire :

 

Le roman nous conte la vie quotidienne de deux personnages ayant en commun, l'amour de la cithare, un art traditionnel de la civilisation chinoise. Ils vivent séparés dans le temps (de près de 200 ans) mais vont être réunis par cet instrument...et vivre une histoire d'amour impossible.

 

Celle que nous appellerons la "Jeune Mère" tout au long du roman, met au monde une petite fille dans des conditions inhumaines en pleine tuerie. On est en l'an 400. La Chine se déchire. Le nord et le Sud se combattent. Les dynasties se succèdent...

La jeune mère est pourtant l' héritière des Hautes Portes, un illustre clan de la plaine du Milieu. Elle joue divinement bien de la cithare car elle a de plus hérité de l'instrument de la grande poétesse Cai Yan.

Un jour alors qu'elle est sur le point de se marier, elle est enlevée par Liu, un capitaine de guerre qui l'emmène avec elle sur les champs de bataille et la retient prisonnière. C'est lui le père ! 

Malgré ses origines de paysan pauvre, son ambition le pousse vers le pouvoir et il gravit rapidement les échelons. Il deviendra capitaine puis gouverneur et enfin empereur de la dynastie Song. Elle l'attend car il est souvent absent parfois plusieurs années. Il lui donnera enfin un fils.

Les luttes pour le pouvoir sont éloignées de toute morale et semblent ne jamais finir...Elle ferme les yeux, ne veut pas savoir, s'interroge quand même ...

En attendant, cloîtrée dans sa belle demeure, elle s'occupe de ses deux enfants et elle peint des tableaux superbes d'une poésie extraordinaire ou bien, elle joue de la cithare...

L'arrivée de la première femme va lui ouvrir les yeux...Mais c'est déjà trop tard.

Son époux ne tiendra aucun compte de ses sentiments et se servira de ses enfants comme monnaie d'échange...pour son pouvoir. Elle ne pourra rien faire même si pour la première fois de sa vie, elle se rebelle.

La fin de la jeune mère est terrible. Devenue veuve, mais déclarée morte, ayant perdu son fils, elle finira sa vie dans le  monastère de la Grande Compassion, celui où sa fille s'est retirée,  sans pour autant réussir à se rapprocher d'elle...Quel destin de femme !

 

Près de deux siècles plus tard, on est en l'an 581. Shen Feng est un apprenti luthier timide et pauvre. Enfant, alors qu'il pleurait sur le cadavre d'une femme, peut-être sa mère, il a été recueilli  par son maître qui lui a tout appris de son art. Mais l'art et la musique ne sont plus en vogue et les commandes de cithares se  font rares. En ville, un célèbre antiquaire lui propose de devenir riche en fabriquant une fausse cithare qui serait aussi belle que celle de la poétesse Cai Yan, au point d'être vendue comme telle. Pour cela il lui faut un bois très spécial. Tout d'abord, il refuse.

Puis lorsqu'il découvre que son ami Shu Bao a besoin d'argent pour s'enfuir avec sa compagne, une nonne qui attend un enfant de lui...il change d'avis et décide de l'aider. Tous deux vont alors profaner un tombeau près du monastère de la Grande Compassion...

Dérangés après une nuit de labeur passée à creuser, ils ramèneront pour tout trésor,  le couvercle d'un sarcophage, bois précieux qui peut servir à fabriquer une cithare mais ne permet pas de gagner de l'argent dans l'immédiat...

Peu de temps après, Shu Bao et sa compagne sont arrêtés. Le vieux maître décide de retourner dans le nord pour mourir chez lui. Shen Feng, triste et solitaire décide alors de commencer à travailler le bois. Il réveille le fantôme de l' impératrice, si belle, qu'il en tombe amoureux bien qu'il soit seul à la voir. Mais il  est recherché,  il doit s'enfuir et tout  quitter...

 

Ce que j'en pense :

 

Le lecteur est sous le charme de la musique, du faste de la cour impériale ou de la cité interdite. Il se perd dans les personnages ou dans les lieux et parfois dans le temps...mais ne s'ennuie jamais !

La cithare est le lien entre tous les personnages. Elle adoucit les guerriers, réunit les cœurs et les membres de la famille. Elle traverse les temps puisque nous la retrouvons dans le dernier chapitre, dans le monde moderne.

Les personnages sont attachants comme toujours dans les romans de Shan Sa, et les femmes d'une touchante fragilité, savent être fortes et déterminées.

Le roman est un méli mélo de fantastique, de croyances et de légendes...

C'est un roman plein de poésie où la musique et la beauté, véritables sources d'harmonie,  tiennent la première place et aident les hommes à faire face aux aléas de leur existence.

A lire absolument pour ceux qui aiment les romans sur la Chine !

 

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