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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 05:16

 

Comme je vous l'ai dit précédemment dans ma présentation du Festival, l'invité d'honneur était Jacques Ferrandez.

Il y avait beaucoup de monde devant son stand et lorsque j'ai pu enfin approcher...la matinée était passée et il était parti pour une conférence ou un atelier, avant que je puisse lui faire dédicacer un de ses livres ! Mais il reviendra un jour sur ce festival, j'en suis certaine... 

 

Vous connaissez tous ses bandes dessinées, j'imagine...mais au cas où, j'ai envie de les relire et je vous les présenterai prochainement  ! 

 

Le stand de Jacques Ferrandez "abandonné"

Le stand de Jacques Ferrandez "abandonné"

 

Lizzie Napoli, la doyenne du Salon a été très applaudie lors de son arrivée.

Je connaissais ses aquarelles et dessins, ainsi que son nom car elle a illustré de nombreux reportages dans des revues comme Pomme d'Api, mais aussi le Monde.

Dans sa jeunesse, elle a même dessiné pour le cinéma. 

Aujourd'hui, elle vit toujours à Paris où elle est née en 1924 (vous voyez son âge) mais elle passe l'été dans sa "roulotte" installée à Oppède depuis les années 70 dans une petite propriété qui lui appartient. 

Enfant, à l'âge de 6 ans, elle perd la vue et cette expérience sera déterminante pour la suite de son existence. Elle se promet que si elle voit clair un jour, elle dessinera le monde pour en fixer les images et qu'il en reste quelque chose. A 20 ans, elle met son projet à exécution et débute ses voyages. Elle en ramène des carnets magnifiques... Je ne connais pas les détails qui lui ont permis de retrouver la vue mais ce qu'elle peint est d'une grande douceur et empli de poésie.

Je vous présenterai un de ses livres un jour prochain...sur la Provence. 

Si vous habitez Paris, vous pourrez la croiser en hiver au Quartier Latin dans la librairie Pippa (maison d'édition-galerie...). 

C'est une toute petite personne, fraîche comme une fleur et rayonnante. Je suis consciente que ma photo ne la met pas en valeur mais c'est ainsi que je l'ai vu penchée et concentrée sur l'écriture de sa dédicace...

 

 

Lizzie Napoli sur son stand en pleine dédicace...

Lizzie Napoli sur son stand en pleine dédicace...

 

J'ai aimé aussi le stand de Jean-Claude Golvin. 

Je le connaissais pour avoir vu ses œuvres exposées au Musée de l'Arles Antique, lorsque j'y emmenais les élèves...

 

 

 

Photo wikipedia

Une planche de travail de l'architecte, historien et aquarelliste...

 

 

Né en Tunisie en 1942, il est passionné de dessin depuis tout petit et par la visite des sites antiques d'Afrique du Nord. Devenu architecte, il se passionnera pour les missions archéologiques.

Dans les années 70, il collabore à la mise en valeur de l'amphithéâtre romain d'El-Jem en Tunisie. 

Puis dans les années 80-90, il dirige le Centre Franco-Égyptien d'Etudes des Temples de Karnak à Louksor. 

Il va ensuite se consacrer pleinement à la restitution du patrimoine ancien en réalisant des aquarelles superbes et riches en détails...dans lesquelles, il respecte à la lettre les dernières découvertes et le travail des archéologues.

Il est ainsi devenu le premier spécialiste au monde de la restitution par l'image des grands sites de l'Antiquité.

Ces dessins comme je vous le disais sont visibles au Musée d'Arles. Il faut aller le visiter ! 

 

 

 

Emmanuel Michel a illustré le célèbre roman de Yasmina Khadra,"les hirondelles de Kaboul" paru en 2017 aux éditions Tibert. 

Je ne connaissais pas la richesse artistique de ce jeune artiste né en 1970. 

 

 

Il  vit et travaille dans le Tarn. Il se consacre à la peinture, à la sculpture et au dessin, depuis 25 ans, tout en voyageant à travers le monde.

Une belle façon pour lui d'aller à la rencontre des hommes et de faire connaître leur pays, ainsi que leur culture, leurs traditions et leurs richesses.

Il expose en ce moment ces œuvres à Lourmarin, mais aussi à Bruxelles...

Ses sculptures sont remarquables et j'admire sa créativité en tout domaine. 

 

 

J'ai croisé aussi avec grand plaisir Cécile Alma Filliette dont j'ai acheté le livre "Réalisez vos carnets de voyage" dont je vous parlerai plus en détails quand je l'aurai testé.

En dédicace, elle m'a fait une jolie aquarelle !

C'est elle qui organisait l'atelier où je n'ai pas pu m'inscrire "Carnet de voyage pour les nuls"...

 

 

Stefano Faravelli est un artiste italien plusieurs fois primé. Titulaire d'un bac philo, son image de peintre-savant lui colle à la peau ! J'ai découvert pour la première fois ses carnets qui sont de véritables documentaires illustrés, d'une grande richesse. Il vit et travaille à Turin, sa ville natale...

 

 

J'ai croisé aussi  Ghislaine Feroux qui aime elle-aussi la peinture et les voyages...Elle fabrique elle-même ses propres supports.

 

Soazig Dréano habite Boulogne. Elle a découvert le dessin très jeune et associe plusieurs techniques comme le pinceau chinois et les encres. Elle se qualifie elle-même de "reporter au pinceau". Ces dessins naturalistes m'ont immédiatement attiré ! 

 

Philippe Bichon lui se qualifie de globecroqueur ! Il vit dans la région de Pau. Lui aussi a une formation d'architecte et il aime avant tout partager sa passion. Découvrez-le aussi sur sa page Facebook.  Son stand était magnifique !

 

 

 

Certains aquarellistes habitent ma région et ce sera donc facile de les retrouver à l'occasion d'expositions.

 

Pascale Bonjean habite Vitrolles et se consacre davantage au dessin et à l'aquarelle depuis qu'elle a quitté son métier d'enseignante pour prendre sa retraite. Elle vous invite à la rejoindre dans sa ville et dans le cadre de l'Association locale des croqueurs "La fabrique à croquis".

C'est un peu trop loin de chez moi mais je leur fais volontiers un peu de pub ! 

 

Sylvie Ballester vit aussi dans ma région. Elle illustre des carnets de voyage depuis plus de 12 ans et a beaucoup voyagé...

Elle anime aussi depuis 15 ans des ateliers pour adultes ou enfants, autant en milieu scolaire que dans le milieu carcéral... Elle partage sur son site quelques-unes des pages de ses carnets. n'hésitez-pas à y aller...

 

André Rouquet habite Lourmarin et c'est après une carrière dans l'aéronautique qu'il se consacre à l'aquarelle et au dessin. 

 

Caroline Manceau habite Marseille. Elle est graphiste de formation. Ce qu'elle aime dans l'aquarelle et le carnet de voyage...c'est la liberté et l'espace de création et d'expérimentation. Pour elle, nul besoin d'aller loin les sujets sont partout et je trouve qu'elle a bien raison, même si je reconnais que visiter tous ces artistes m'a donné encore plus envie de voyager et de découvrir, ceux qui mettent en scène ma Provence ne m'ont pas déçu...

 

Enfin Andrée Telizzi nous prouve qu'il y a une vie d'artiste possible même en s'y mettant assez tard. Elle a toujours aimé dessiner mais elle se consacre à l'aquarelle seulement depuis qu'elle est à la retraite. Une sympathique personne...à découvrir ! 

 

Vous pouvez retrouver ici la liste complète des carnettistes participants...

Bien sûr, je vous invite à vous rendre sur les site des artistes si vous voulez en savoir davantage sur eux.

J'espère que cette longue présentation des aquarellistes et carnettistes vous a plu et que vous irez en découvrir au moins un. Ils le méritent bien...

Mais je ne pouvais hélas pas tous vous les montrer ! 

 

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 05:30
Image extraite du site officiel du village : http://www.lourmarin.com/

Image extraite du site officiel du village : http://www.lourmarin.com/

 

Les 24 et 25 mars dernier avait lieu à Lourmarin, un village dont je vous ai déjà beaucoup parlé récemment, un festival international autour du Carnet de Voyage intitulé "Carnet de Voyage en Provence". 

Je ne pouvais pas manquer ça et, si mon samedi était déjà bien occupé et bien chargé, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller y passer la matinée du dimanche. Avec le changement d'heure ça tombait bien, il y avait peu de monde à l'ouverture car vers 11 heures, tout a changé...

 

Pour sa première édition, une quarantaine de carnettistes exposaient leurs œuvres, des conférences étaient organisées et de nombreux ateliers affichaient déjà complets ! Dommage... celui intitulé "Carnet de voyage pour les nuls" m'aurait bien plu.

J'ai toujours été fascinée par les carnets de voyage par les mélanges de dessins souvent très peu mis en couleur, parfois soutenus par un simple trait de feutre, ou d'encre, avec quelquefois des cartes précises ou des collages...

 

Quand j'étais bibliothécaire, je suivais certaines éditions spécialisées et bien entendu j'avais acheté toute la collection de bandes dessinées "Carnets d'orient" de Jacques Ferrandez qui était l'invité d'honneur de ce festival.

Impossible d'ailleurs de s'approcher de sa table tant il y avait de monde ! 

 

Je savais que j'allais croiser de grands aquarellistes comme de plus modestes et dès l'arrivée c'est la convivialité de cette rencontre qui m'a sauté aux yeux.

Je n'ai pu faire que quelques photos générales (avec mon téléphone portable), la prise en photo des stands n'étant pas autorisée (les œuvres des artistes sont protégées !).

Comme habituellement, je peux supprimer toutes les photos, les miennes ou celles récupérées sur internet si cela pose problème...mais je voulais tout de même vous donner un petit aperçu. 

 

L'ambiance était au rendez-vous, les artistes étaient bien présents pour avant tout expliquer leur travail et répondre (avec patience) aux questions des visiteurs !

 

Vue générale de l'exposition
Vue générale de l'expositionVue générale de l'exposition
Vue générale de l'expositionVue générale de l'exposition

Vue générale de l'exposition

 

Le Festival avait lieu dans l'ancienne coopérative de fruits et légumes du village, transformée aujourd'hui en un centre culturel,  la "Fruitière numérique". Son objectif premier est de proposer des services touchant tous les publics en ce qui concernent les nouvelles technologies, mais aussi d'accueillir des événements. Vous en saurez davantage si vous cliquer sur leur lien. 

Je n'avais jamais eu l'occasion d'y pénétrer et les hangars ont été bien mis en valeur...

 

La Fruitière numérique...

La Fruitière numérique...

 

Les aquarellistes enfin je veux dire les carnettistes présents étaient tous des artistes hors pair.

Je n'ai pas pu apprécier chacun à sa juste valeur car ils étaient trop nombreux...mais j'ai encore toutes leurs belles réalisations devant les yeux et, pour longtemps.

 

Merci à eux de nous avoir permis de feuilleter tout à loisirs les carnets exposés.  Souvent ces carnets ne se trouvent pas en librairie mais sur leur site et c'est pourquoi d'ici la fin de la semaine, je poursuivrais la visite du Festival en vous présentant quelques-uns des carnettistes présents, enfin bien sûr comme d'habitude, si vous le voulez bien...

 

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:23
Exposition Tal Coat au Musée Granet d'Aix-en-Provence

Exposition Tal Coat au Musée Granet d'Aix-en-Provence

 

Pierre Tal Coat (en breton, son surnom "Tal Coat" signifie "front de bois") de son vrai nom Pierre Jacob, est un peintre breton, reconnu mondialement.

 

Né en 1905, Tal Coat est le fils d'un marin-pêcheur, tragiquement disparu durant la Première Guerre Mondiale. A treize ans, il devient d'abord forgeron, mais commence déjà à dessiner et à sculpter. Il est ensuite clerc de notaire, puis peintre céramiste en 1924, à la faïencerie de Quimper. Il dessine au crayon, au fusain, au pastel...sa campagne bretonne tant aimée.

 

C'est lorsqu'il monte à Paris en 1925 qu'il découvre Gauguin et d'autres artistes. Il s'inscrit en effet à l'académie de la Grande Chaumière, un lieu mythique situé dans le quartier de Montparnasse où sont passés les plus grands peintres, comme les amateurs.  Pierre Tal Coat se cherche... 

De 1934 à 1936, il se consacre à la sculpture, puis l'abandonne...

C'est Picasso qui influence d'abord ses œuvres picturales puis Francis Gruber qui est devenu son ami. 

 

En 1940, il s'installe à Aix-en-Provence. Il deviendra ami avec le peintre surréaliste André Masson puis avec André Du Bouchet et Henri Maldiney

Il se consacre alors aux natures mortes, puis il produit sa célèbre série sur les poissons, une série qui lui assurera le succès financièrement parlant. 

 

En 1946, il s'installe même au "Château noir"...un lieu immortalisé par Cézanne dans le célèbre tableau "Vue vers la route du Tholonet près de Château noir" datant de 1900-1904, dont je vous ai parlé dernièrement. 

Voilà le lien entre les deux expositions concomitantes au Musée Granet. Les deux artistes ont aimé les mêmes lieux à plusieurs décennies d'écart. 

Tal Coat reviendra vers sa Bretagne natale dans les années 50 et y restera jusqu'à sa mort en 1985.

 

Pour une biographie plus détaillée, je vous conseille, si cela vous intéresse d'aller sur le site de l'artiste ICI.

 

Quelques vues générales des différentes salles
Quelques vues générales des différentes sallesQuelques vues générales des différentes salles
Quelques vues générales des différentes sallesQuelques vues générales des différentes salles

Quelques vues générales des différentes salles

 

Sur plus de 500 m2, le public provençal peut le découvrir ou le redécouvrir. L'exposition présente en effet plus de 180 œuvres lumineuses nous présentant son parcours.

 

Par choix, le conservateur du Musée Granet n'a pas voulu ne parler que de la période aixoise.

Il nous propose dont une rétrospective qui démarre par les débuts figuratifs du peintre, parfois très expressionnistes. 

Puis le visiteur découvre une période plus abstraite, qui fait suite à son séjour dans la région d'Aix-en-Provence, de 1940 à 1956. 

 

Sans entrer dans les détails, voici un bref aperçu de cette exposition.

Les photos ont été réalisées (encore une fois) avec mon téléphone portable. 

 

Voici tout d'abord quelques huiles sur toile parmi les plus marquantes.

Vous reconnaîtrez au passage : "Nu et boeuf écorché" (1926) ; "Les raies" (1927) ; "Nu aux bas rouges" (1934) ; "La femme au manchon" (1936) ; et "La folle" (1936).

 

 

Années 1920-1930
Années 1920-1930
Années 1920-1930
Années 1920-1930
Années 1920-1930

Années 1920-1930

"Les oiseaux" 1933

"Les oiseaux" 1933

"Massacres" 1937

"Massacres" 1937

 

Les autoportraits sont nombreux dans l'exposition. Le peintre se représente souvent dans ses années de jeunesse et jusqu'à la fin de sa vie. Dans les derniers tableaux, on ne voit plus son visage...il s'efface.

 

Autoportrait (1937) ; Autoportrait [au béret] 1941 ;
Autoportrait (1937) ; Autoportrait [au béret] 1941 ;

Autoportrait (1937) ; Autoportrait [au béret] 1941 ;

Autoportraits réalisés à la fin de sa vie...

Autoportraits réalisés à la fin de sa vie...

 

Voici quelques natures mortes...

"Le verre renversé" 1942 ;"Nature morte aux raisins et Coupe de fruit" 1943 ; "Pommes et poires" 1944.

Des natures mortes Des natures mortes Des natures mortes

Des natures mortes

"Nature morte au miroir" 1947

"Nature morte au miroir" 1947

 

Et quelques réalisations durant son séjour à Aix-en-Provence...

"Paysages aixois" (1941)

"Paysages aixois" (1941)

"Les poissons" 1948

"Les poissons" 1948

"Eau coulant entre les rochers" 1949

"Eau coulant entre les rochers" 1949

Autres œuvres réalisées à Aix-en Provence

Autres œuvres réalisées à Aix-en Provence

"Troupeaux le soir" 1959

"Troupeaux le soir" 1959

 

 

Quelques dessins et réalisations au fusain, au crayon ou à l'aquarelle...de 1927 aux années 70. 

Dessins au crayon, au fusain ou à l'aquarelleDessins au crayon, au fusain ou à l'aquarelle
Dessins au crayon, au fusain ou à l'aquarelleDessins au crayon, au fusain ou à l'aquarelle

Dessins au crayon, au fusain ou à l'aquarelle

Profil sous l'eau (1946-1947)

Profil sous l'eau (1946-1947)

En vol (encre de chine) 1975

En vol (encre de chine) 1975

 

Entre les premières œuvres, qui datent des années 1920 et les dernières datant de 1980, une vie d'artiste s'est déroulée et le peintre et sa peinture ont évolué. 

 

Il est vrai que découvrir Pierre Tal Coat que je ne connaissais pas du tout, juste à la suite de l'exposition Cézanne, est un peu déstabilisant pour le visiteur ! Les deux expositions se trouvent dans le même lieu en même temps.

 

Tal Coat a été surnommé "le peintre des peintres". C'était un homme doux et sensible, toujours soucieux à l'idée que le sujet ne soit pas reconnu, et inquiet à l'idée de ne pas faire comprendre et partager sa perception du monde.

Ses toiles le montrent bien, car ce sont des œuvres fortes parfois dérangeantes, toujours lumineuses et souvent poétiques, mais qui ne laissent pas le visiteur indifférent... 

 

Un peintre épris de liberté, à découvrir si vous êtes dans la région pendant les vacances d'hiver.

L'expo dure seulement jusqu'au 11 mars, c'est donc très bientôt la fin ! 

 

J'ai dit "ciel", oui mais quand je dis "ciel", je pense toujours "lumière". Je ne vois pas de limite.

Pierre Tal Coat

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 06:35
Cézanne "at home"

Cézanne "at home"

 

Depuis le mois d'octobre et jusqu'au 1er avril, le musée Granet d'Aix-en-Provence présente une exposition originale retraçant le retour des œuvres de Paul Cézanne au musée...depuis la mort du peintre en 1906, jusqu'à nos jours.

J'ai pris le temps d'aller la visiter avec mes amies. Il était temps car le mois d'avril sera vite là !

 

Le musée Granet conserve environ une quinzaine d’œuvres du peintre aixois. Certaines sont visibles dans les salles d'expositions permanentes, d'autres sont conservées à l'abri dans des réserves. La plupart des œuvres proviennent de la donation Meyer, du dépôt de la Fondation Jean et Suzanne Planque, ainsi que de dons de particuliers. 

 

Si la ville aixoise possède aussi peu d'œuvres du peintre, c'est qu'elles ont été dispersées de part le monde dans des musées ou chez les collectionneurs privés dès son décès. Le peintre a produit environ 300 tableaux au cours de sa vie...

Il n'a malheureusement pas fait l'unanimité autour de lui de son vivant, et c'est seulement onze ans avant sa mort qu'a eu lieu à Paris, la première rétrospective de ses œuvres, d'autres suivront, et Cézanne commencera peu à peu à être reconnu dans la capitale. 

Mais, alors que sa position de peintre se renforce, les bourgeois d'Aix-en-Provence ne lui accordent toujours aucun crédit en tant qu'artiste. Il est même rejeté par le conservateur du musée de l'époque, Henri Pontier. Celui-ci a prononcé en 1900, cette phrase devenue célèbre : "Moi vivant, aucun Cézanne n'entrera au musée".

Et il tint parole ! 

Il faudra attendre 1936, pour que la première aquarelle de l'artiste revienne enfin dans la ville et y soit exposée. 

Cézanne reste pourtant aujourd'hui l'artiste le plus cher au monde...

 

L'exposition aixoise retrace l'histoire de ce rejet de l'artiste par sa ville natale et  la redécouverte de ses œuvres.

Elle attire beaucoup de monde ! 

 

Du monde dans la salle principale

Du monde dans la salle principale

 

Le Conservateur du musée Granet a eu envie de reconstituer les années de jeunesse du peintre, la période de formation où il appartenait à l'école gratuite de dessin de la ville (1858-1862) qui était hébergée par le musée, et celle où il a parcouru la campagne aixoise avec son grand ami, Emile Zola.

Le visiteur découvre dans cette exposition, diverses œuvres dont certaines n'ont jamais été montrées au public, comme par exemple le tableau intitulé "Usines à l'Estaque" que je n'ai pas réussi à photographier tant il y avait du monde devant ! 

Il s'agit de la première oeuvre peinte achetée par la ville d'Aix-en-Provence en 1976. Cézanne était mort depuis 70 ans. Cette petite oeuvre qui est un mélange d'aquarelle et de gouache, date de 1869. 

 

Usines à l'Estaque (photo du net)

Usines à l'Estaque (photo du net)

 

J'ai découvert aussi un grand tableau intitulé "Vue vers la route du Tholonet, près de Château Noir" (1900-1904) une huile dont tout le bas est inachevé, intentionnellement. 

D'après l'artiste, un tableau réussi n'est pas forcément une toile remplie de peinture et s'il dégage suffisamment d'émotion, on peut le considérer comme achevé. C'est une vision des choses totalement novatrice pour ce début du XXe siècle qui inspirera nombres d'artistes par la suite...

"Vue sur la route du Tholonet près de Château noir" (1900-1904)

"Vue sur la route du Tholonet près de Château noir" (1900-1904)

 

Ce tableau est le point de départ de l'exposition et d'une autre qui se tient également au Musée Granet en ce moment et dont je vous parlerai dans la semaine car j'ai visité les deux le même jour. 

Il a été prêté pour un an au Musée Granet par la Fondation américaine d'Henry et Rose Pearlman. Il montre un endroit que tous les aixois et les gens de la région connaissent, car la petite maison existe toujours et le chemin de terre est simplement devenu une route goudronnée. Ce tableau n'était jamais revenu en France depuis la mort du peintre !

 

En tout, une quarantaine d’œuvres sont exposées. 

 

Le visiteur découvrira sur les 200 m2 qui lui sont consacrées, comme entrée en matière une photo grand format du peintre, prise par son ami peintre, Emile Bernard à l'atelier des Lauves, en 1904, un atelier que Cézanne avait acquis récemment et où il travaillera jusqu'à sa mort.

 

Paul Cézanne en 1904

Paul Cézanne en 1904

 

Puis le visiteur découvre quelques menus objets personnels... des agendas de poche, des cartes, des factures, sa dernière palette et ses boîtes d'aquarelle. 

 

Ses boîtes d'aquarelle

Ses boîtes d'aquarelle

 

De nombreuses lettres, issues de sa correspondance personnelle ou familiale, dont une est adressée à son fils Paul, d'autres font état de ses échanges amicaux avec Emile Zola ou le jeune peintre Charles Camoin, qui le comprenaient tous deux, mieux que la plupart de ses contemporains.

Toutes les correspondances étant placées dans des vitrines, les reflets ne m'ont pas permis de faire de belles photos. Je vous en montre juste quelque-unes...pour vous faire une idée. 

 

Correspondance personnelle de Cézanne...
Correspondance personnelle de Cézanne...Correspondance personnelle de Cézanne...

Correspondance personnelle de Cézanne...

 

Plusieurs carnets de croquis montrent les débuts du peintre lorsqu'il était encore à l'école de dessin, ainsi que ses recherches personnelles, préalables à la réalisation d'un tableau.

Parmi les œuvres attribuées au peintre, on trouve ce tableau peint recto-verso, en cours d'étude pour savoir s'il est bien l'oeuvre de Cézanne.

Au recto ; "le bassin du Jas de Bouffan". 

Au verso : quatre études : une nature morte, un baigneur, un paysage, une plante...sur la même feuille. 

 

Quatre études...

Quatre études...

 

Un des bijoux de l'exposition est ce portrait d'Emile Zola, acquis par le musée en 2011. 

Portrait d'Emile Zola

Portrait d'Emile Zola

 

J'ai beaucoup aimé voir les aquarelles.

En plus elles font partie des œuvres qui ne sortent que rarement des réserves pour cause de mauvaise conservation. Certaines sont de simples recherches, d'autres des œuvres abouties. Le conservateur du musée Granet a mis trois ans à les traiter pour les sauvegarder : ôter une partie du jaunissement et stopper au maximum l'usure du temps. On voit encore par endroit la trace de l'ancien cadre.

 

C'est la montagne Sainte-Victoire mais je ne sais pas le nom du tableau !

C'est la montagne Sainte-Victoire mais je ne sais pas le nom du tableau !

"Paysages des environs d'Aix" (1900-1906)

"Paysages des environs d'Aix" (1900-1906)

"Paysage provençal" (1900-1904) et "Roses dans un vase" (1890)

"Paysage provençal" (1900-1904) et "Roses dans un vase" (1890)

 

Et voici pour compléter la visite quelques-uns des tableaux exposés : de gauche à droite et de haut en bas..."Les baigneuses" (1890) ; Copie du "Baiser de la muse" ou "le Rêve du poète" (1859-1860) ; A la Tour de César (non daté) ; et "Vue prise du Jas de Bouffan"(1875-1876).

N'oubliez pas de cliquer sur les photos pour les voir en plus grand...

Quatre tableaux de CézanneQuatre tableaux de Cézanne
Quatre tableaux de CézanneQuatre tableaux de Cézanne

Quatre tableaux de Cézanne

 

Et deux des oeuvres en cours d'expertise, dont on ne sait pas encore si elles sont ou pas l'oeuvre du peintre...

"Portrait de Madame Cézanne" (1885-1887)

et 

"Fillette en train de dessiner" (1858-1859)

 

"Portrait de Madame Cézanne" (1885-1887)

"Portrait de Madame Cézanne" (1885-1887)

"Fillette en train de dessiner" (1858-1859)

"Fillette en train de dessiner" (1858-1859)

 

Et enfin quelques dessins, dont une composition inédite de Cézanne à l'occasion de la première exposition parisienne de ses œuvres, organisée par la galerie Vollard à Paris.

Composition inédite de Cézanne

Composition inédite de Cézanne

"Autoportrait au béret devant son chevalet"... un Cézanne au regard malicieux que j'ai beaucoup aimé

"Autoportrait au béret devant son chevalet"... un Cézanne au regard malicieux que j'ai beaucoup aimé

"Les baigneurs" (1896-1897)/ "Guillaumin au pendu" (1873) eaux fortes
"Les baigneurs" (1896-1897)/ "Guillaumin au pendu" (1873) eaux fortes

"Les baigneurs" (1896-1897)/ "Guillaumin au pendu" (1873) eaux fortes

Portrait de Paul Cezanne (1874) par Camille Pissarro

Portrait de Paul Cezanne (1874) par Camille Pissarro

La conversation (1871-1873) mine de plomb

La conversation (1871-1873) mine de plomb

 

La salle consacrée aux collectionneurs américains nous montre en particulier une dédicace, de la main de son vieil ami Emile Zola, que John Ewald a retrouvé aux Etats-Unis et transmis aux descendants du peintre. 

 

 

 

Dédicace d'Emile Zola

Dédicace d'Emile Zola

 

Cette exposition a été une visite passionnante. Elle m'a fait découvrir des facettes de ce peintre provençal que je ne connaissais pas du tout et elle donne envie de découvrir ou redécouvrir ces autres œuvres.  

Je ne vous au montré qu'un tout petit aperçu des œuvres exposées, juste pour vous donner envie. L'entrée dans l'intimité du peintre est un moment émouvant de la visite. 

C'est une belle exposition à ne pas manquer pour les amoureux de l'artiste qui sont apparemment nombreux dans la région...

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 06:36
Olivius, 2013

Olivius, 2013

 

Voici la suite de la tétralogie qui a commencé avec "Un grand écrivain" que je vous ai présenté récemment. 

Je sais que beaucoup d'entre vous n'aiment pas lire des BD mais je continuerai tout de même à vous présenter mes lectures ou mes découvertes. 

 

Dans cet opus, le lecteur retrouve avec plaisir l'ambiance particulière de Paris, et en particulier de Montparnasse, à la Belle époque. Et nos quatre héroïnes sont toujours là avec leur volonté d'être plus que jamais libres et indépendantes...

 

Dans ce tome, c'est l'histoire d'Elise qui est mise en avant.

Un nouveau voisin vient d'emménager dans l'appartement proche de celui des filles. Il s'appelle Tarkan et il est peintre. Son air sombre interpelle les jeunes femmes. Il s'avère qu'il n'est autre que le père d'Elise ce qu'elle ne veut pas du tout accepter.

Le lecteur découvre donc une part importante du passé de la jeune femme. Pour mieux fuir cette partie-là de sa vie, car elle ne veut pas entendre parler de ce père tombé du ciel, mais aussi parce qu'elle cède au chantage de son producteur, Elise se décide à quitter ses amies pour aller vivre dans un appartement luxueux mis à sa disposition... 

Malgré son succès grandissant dans la chanson, la voilà bien coincée et malheureuse. Elle tombe dans la drogue. Son père pourrait l'aider et ses amies ne savent pas non plus comment le faire, car pour elles aussi, la vie n'a rien de facile.  

 

Parallèlement, Amélie se fâche quand elle découvre que l'écrivain à succès pour qui elle travaillait, lui a volé son histoire d'amour...et en a fait un roman qui bien sûr va être édité. Elle s'en veut d'avoir craqué un jour de déprime et de lui avoir raconté son histoire... 

Garance elle, décide de quitter l'académie de peinture, et Rose-Aymée se désespère à l'idée de ne plus lui servir de modèle. 

 

De belles planches nous attendent encore dans ce tome. Les couleurs sont éclatantes et les illustrations toujours aussi poétiques, sensuelles...voire érotiques selon le regard que vous leur porterez. Les belles vignettes colorées peuvent devenir plus sombres selon les moments du récit.

Au début de l'histoire, beaucoup d'événements différents nous font un peu partir dans tous les sens mais la fin (que je ne vous dévoilerai pas) nous permet de penser que la lecture du tome 3, verra sans doute évoluer le destin de ces jeunes femmes, qui jusqu'ici, semblait tout tracé.

 

Le seul bémol est que c'est difficile pour moi de m'attacher aux personnages car  je connais peu Paris et ne peut pas me transposer dans les lieux. Mais néanmoins, je trouve Amélie de plus en plus attachante et j'aime aussi l'amitié et l'entraide qui règnent entre les quatre jeunes femmes.

C'est donc toujours pour moi une série à découvrir...

 

Lorsqu'ils sont en détresse, les êtres faibles ont au moins le talent de trouver les plus forts pour se mettre sous leur protection.

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 06:35
Olivius, 2012

Olivius, 2012

 

Paris ! Nous sommes en 1873, à Montparnasse.

Amélie, Garance, Élise et Rose partagent le même appartement. Elles ont plein de projets en tête : Amélie veut devenir écrivain, Élise chante, Garance peint, et Rose-Aymée lui sert de modèle.

Dans ce premier opus, c'est le quotidien d'Amélie qui est mis en avant, mais les costumes, les fiacres, l'ambiance dans les rues ou les cabarets, nous plongent immédiatement au coeur de la capitale. 

L'auteur raconte en détails la vie quotidienne de ces jeunes femmes, leurs rêves et leurs difficultés d'exister en tant que femmes, dans ce Paris bohème où les hommes sont persuadés de leur supériorité et où elles ont le plus grand mal à se sentir libres. 

Ainsi Elise doit se soumettre entièrement à son patron, si elle veut percer dans la chanson. Amélie doit céder aux exigences d'un éditeur qui l'envoie "apprendre le métier d'écrivain", en devenant correctrice, chez un écrivain dépressif qui n'arrive plus à trouver l'inspiration. 

Le récit entrelace leurs histoires d'amour, leurs espoirs, leurs déceptions, et leurs moments de partage et d'amitié. 


 

Voici une BD étonnante...

Cette BD est avant tout, un témoignage social, qui atteste de la façon de vivre d'une époque et donc, nous donne une image précise de la société parisienne à la fin du XIXe, dans le milieu artistique. 

Grâce à ce témoignage, l'auteur développe des sujets encore d'actualité comme en particulier, la place de la femme dans la société et la suprématie des hommes dans la vie quotidienne et professionnelle. Elle aborde aussi la question de l'art et de son importance dans notre vie. 

 

Chaque case est entièrement réalisée à la gouache... 

Le lecteur revit en couleurs ces années qui ont suivi les événements de la Commune de Paris où tous les espoirs étaient permis pour recommencer à vivre, surtout au sein de la capitale, car bien sûr dans les campagnes, c'était différent.

L'auteur sait particulièrement bien croquer les visages et les attitudes, et nous faire partager les émotions de ses héroïnes. Tous les personnages sont très expressifs et vivants, mais c'est également une BD très sensuelle...

 

Ce tome est le premier volet d'une tétralogie que je lirai, c'est sûr, pas forcément pour l'histoire elle-même, qui est simple, mais bien pour les illustrations qui sont de véritables tableaux en miniature. 
 

Nadja, l'auteur et l'illustratrice, est née au Liban. Je l'ai connu en littérature jeunesse pour ses albums superbement illustrés, comme "Chien bleu", qui  fascinent toujours autant les enfants mais dérangent beaucoup certains parents. 

Les avis des internautes sont donc très partagés : on aime ou pas Nadja, ce qui fait que chacun est invité à donner son propre ressenti. 

Pour moi, c'est clair que j'aime !

Certaines planches sont magnifiques, d'autres me touchent moins ou différemment, mais c'est ainsi pour toutes les œuvres d'art ou les romans, je trouve...

A lire dès le lycée et à réserver, bien sûr, aux fans de bandes dessinées, aux amoureux de Paris et aux artistes.

 

Certaines femmes sont si ennuyeuses... qu'elles semblent avoir pour mission de précipiter les hommes dans les bras de celles qui vont les faire souffrir.

C'est peut-être ça, être écrivain...formuler tout ce que l'on pense sans faire attention aux sentiments des autres...

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 06:33
Musée Picasso Paris / RMN, 2017

Musée Picasso Paris / RMN, 2017

 

 

Pablo Picasso a, au cours de sa vie, produit une oeuvre considérable : près de 50 000 œuvres en tout, sous forme de peintures, de sculptures, de dessins, de tapisseries, de carnets de croquis, d'estampes de céramiques...

Il est considéré, avec Georges Braque, comme le créateur du cubisme, mais aussi comme un proche du surréalisme dont il se rapproche dès les années 20.

Vous trouverez sa biographie complète sur Wikipedia ICI et sur le site des grands peintres ICI pour ceux qui veulent approfondir le sujet. 

 

L'oeuvre que l'on fait est une façon de tenir son journal...

L'année 1932, est considérée comme un tournant dans la vie de l'artiste...

Je l'ignorai. 

Aujourd'hui, je ne vais donc pas vous raconter en détails la vie du peintre mais vous parler de ce catalogue d'exposition qui retrace l'année 1932 de l'artiste, de façon totalement chronologique.

Il s'agit en fait d'un véritable livre d'art, publié à l'occasion de l'exposition, intitulée "Picasso 1932. Année érotique", une exposition présentée au Musée National Picasso de Paris, du 10 octobre 2017 au 11 février 2018, et élaborée en partenariat avec le Tate Modern de Londres. 

Le catalogue aurait pu s'intituler aussi bien "365 jours dans la vie de Picasso", ou bien, "Une année dans la vie de Picasso". Il a été élaboré sous la direction de Laurence Madeline, en collaboration avec Virginie Perdrisot-Cassan.

 

Présentés comme un éphéméride, plus de 110 tableaux, dessins, gravures, sculptures et documents d'archives, illustrent cette année exceptionnellement féconde qui a donc marqué un tournant dans la vie de l'artiste.

Le document est divisée en grandes parties selon les saisons...

Jour après jour, le lecteur pénètre dans les œuvres et dans la vie personnelle de l'artiste, les documents d'archives nous permettant de replacer les œuvres dans leur contexte biographique.

La vie personnelle de l'artiste et ses créations sont ainsi reliées, comme dans un journal intime. Il nous dépeint ses joies, ses passions, ses espoirs et ses peines...

Durant cette année 1932 où le peintre vient d'avoir 50 ans, il explore toutes les formes d'art et le lecteur suit pas à pas ses découvertes.

 

Chaque jour, nous prenons connaissance de sa peinture en cours ainsi que d'autres infos diverses, une lettre ou un télégramme reçus ou envoyés, un article dans le journal, une commande, une invitation. D'autres événements sont davantage anecdotiques mais non moins importants comme la météo du jour et l'endroit où il se trouve.

Des encarts de couleur permettent quelques digressions : en juin, l'exposition à Paris, en septembre celle qui a eu lieu au musée Kunsthaus de Zurich.

A la fin de l'ouvrage, le lecteur trouve la liste des œuvres exposées en 1932, à Paris et à Zurich, puis celle des œuvres exposées en ce moment à Paris, une bibliographie impressionnante et un index des personnes citées dans l'ouvrage. 
 


Tandis qu'il prépare en début d'année cette première rétrospective, inaugurée le 16 juin 1932, à la galerie Georges Petit à Paris, Picasso peint des tableaux d'une sensualité et d'un érotisme exceptionnels...ainsi le tableau intitulé "le rêve" qui est représenté en page de couverture, montre sa maîtresse, Marie-Thérèse Walter, dans une situation extrêmement sexuée, un sein dénudé certes ce qui nous saute aux yeux, mais avec bien d'autres détails très réalistes (regardez de près son visage...).

Cette année-là, en effet, Picasso qui vit pourtant avec Olga, va être littéralement emporté par une passion nouvelle pour Marie-Thérèse qu'il connaît depuis plus de 5 ans : elle va avoir 21 ans, elle est belle, il est amoureux et elle est la principale source de sa création. Il ne cesse de la peindre et de fantasmer sur elle... car elle est encore mineure.

Il peint "La lecture" le 2 janvier. C'est un des premiers tableaux qui met en scène Marie-Thérèse. Mais était-elle déjà son modèle ? Était-elle sous ses yeux lorsqu'il la peignait ? Personne ne sait !

 

"La lecture" Picasso, 1932

"La lecture" Picasso, 1932

 

La quantité d’œuvres produites durant cette période de l'année est considérable. Il était sans nul doute sous pression, voulant donner le meilleur de lui-même pour cette rétrospective tant attendue. Il exposera 30 tableaux nouveaux exécutés en ce début d'année 1932, sur les 223 tableaux sélectionnés.

La suite de l'année sera plus douce et paisible...

Il travaillera entre autre sur les douze dessins d'après la Crucifixion de Mathias Grünewald pour le retable d'Issenhein.

 

"La crucifixion", Picasso, 1932

"La crucifixion", Picasso, 1932

 

La rêveuse...

La rêveuse, Picasso, 1932

La rêveuse, Picasso, 1932

 

Mais il nous laissera cette année-là, bien d'autres œuvres comme sa série sur les baigneuses commencée en 1929, dont "le sauvetage" est une suite.

Le sauvetage, Picasso, 20 novembre 1932

Le sauvetage, Picasso, 20 novembre 1932

 

Le catalogue suit donc l'exposition qui mène le visiteur de salle en salle. Il  donne une idée intéressante des œuvres choisies, donnent envie de les découvrir ou de les redécouvrir, et à défaut de se rendre à Paris, il permet d'entrer d'une façon inédite dans la vie du peintre. 

 

Voici quelques exemples choisis presque au hasard, car toutes les pages sont d'une égale richesse et variété.

- Le 24 janvier, il peint "le rêve". Le lecteur retrouve le tableau pleine page et une analyse de l'oeuvre.

- le 6 février, il signe le tract de "l'affaire Aragon" pour soutenir le poète inculpé suite à la parution de son poème "Front rouge". C'est le début de l'implication de Picasso dans les mouvements intellectuels de gauche.

- le 30 mars il peint "Boisgeloup sous la pluie". C'est le château qu'il a acquis près de Givors où il passe beaucoup de temps quand il n'est pas à Paris et où Olga, sa femme se réfugie souvent. 

 

Boisgeloup sous la pluie, Picasso, 30 mars 1932

Boisgeloup sous la pluie, Picasso, 30 mars 1932

 

- le 30 mai à Paris, Picasso reçoit une carte postale du poète Georges Hugnet, en provenance de Saint Malo, où il l'informe de la parution imminente d'un article publié dans les Cahiers d'art annonçant l'exposition à venir. 

- Le 5 juillet,  il commande 36 toiles chez son fournisseur Castelucho Diana dont on retrouve la facture détaillée, à la page suivante...

L'année 1932 est donc l'année de la consécration pour le peintre.

Il a réellement prouvé qu'il était le plus grand artiste de son temps !

 

Pour le peintre qui, à l'occasion d'une exposition, voit, comme moi aujourd'hui, revenir quelques-unes de ses toiles de très loin, il semble qu'il s'agit là d'enfants prodiges mais qui retournent à la maison en chemise d'or.


 

Trois ans après, en 1935, Picasso se séparera d'Olga et Marie-Thérèse donnera naissance à sa fille, Maya...mais c'est une autre période de la vie du peintre qui commence alors.

Il nous donnera encore de grandes oeuvres, comme le merveilleux tableau que nous connaissons tous, "Guernica" peint en 1937, un tableau inspiré par la Guerre civile espagnole et le terrible bombardement par les nazis, de la ville de Guernica, un tableau qui veut montrer les horreurs perpétrées par la guerre et la colère ressentie par le peintre devant ces victimes innocentes.

Picasso s'engagera aussi après la seconde guerre mondiale en dessinant sur une affiche, la célèbre colombe, symbole de la paix. 

 

Dessin sur affiche "la colombe de la paix" Picasso, 1949

Dessin sur affiche "la colombe de la paix" Picasso, 1949

 

Malgré ses origines espagnoles, Picasso a toujours vécu en France et est enterré dans le parc du château de Vauvenargues près d'Aix-en-Provence, propriété du peintre au moment de son décès et aujourd'hui de ses descendants. Néanmoins la nationalité lui sera refusée en 1940, car on le considère comme un anarchiste, bien qu'il n'ait jamais été militant, et même "suspect au niveau national" comme il est fait mention dans le rapport de l'époque. Il ne la demandera plus jamais...

Mais tout cela est une autre histoire ! 

 

Entrer dans ce livre a été pour moi un immense plaisir.

J'ai eu la chance de le recevoir grâce à l'opération Masse critique de Babelio et à son partenariat avec l'éditeur. Je les remercie tous deux ici. 

Les documentaires réalisés par le RMN sont toujours des ouvrages superbes, édités sur un papier magnifique, qui met en valeur les œuvres d'art. Ils sont richement documentés et démontrent le travail de fond considérable qui a été fait en amont de l'édition par les responsables. 

Une véritable surprise pour moi de recevoir un si beau livre...

J'espère lui avoir fait honneur par cette chronique.  

 

tous les livres sur Babelio.com

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 06:00
Une des fresques de la Tour des Anglais

Une des fresques de la Tour des Anglais

 

Lucien Gires est un artiste peintre et sculpteur de la région de Saugues.

J'ai déjà cité son nom à plusieurs reprises dernièrement car il est l'auteur de nombreuses fresques, entre autres oeuvres.

 

Cet autodidacte, né en 1937, a consacré sa vie et son oeuvre à dépeindre des paysages et des scènes rurales. Il aimait aussi représenter des sujets religieux. Celui que tous surnommaient "Lulu", est le peintre de la mémoire de la ville. Pourtant, il ne se considérait pas comme un artiste, mais comme un simple artisan et l'art était pour lui une simple passion. 

De famille modeste, son père était sabotier, il est, tout jeune, sensibilisé à l'art. Il apprend entre autre à tailler la pierre avec son grand-père, mais aussi à peindre et à dessiner. 

Très attaché à la ville qu'il n'a jamais voulu quitter et à son terroir, lui qui savait si bien peindre la vie quotidienne des Sauguains a laissé à Saugues une oeuvre impressionnante. 

 

Sa première grande oeuvre a été le diorama de Saint-Bénilde. Je n'ai pas eu le temps d'aller visionner ce diorama dont l'accès est gratuit pour tous. Il se compose de plusieurs animations, faites de tableaux successifs, racontant la vie du Frère Bénilde, protecteur de la ville, qui exerça à Saugues en tant qu'instituteur et qui est le Saint-Patron des accordéonistes.

 

Un des tableaux du diorama de Saint-Benilde (photo internet)

Un des tableaux du diorama de Saint-Benilde (photo internet)

 

C'est Lucien Gires également qui a élaboré les fresques, peintes sur toile de jute, situées dans l'Eglise Saint-Médard que je vous ai montré récemment.

Pour ceux qui n'ont pas vu mon article, je vous remets une illustration ci-dessous...

Les fresques de l'Eglise Saint-Médard de Saugues
Les fresques de l'Eglise Saint-Médard de Saugues

Les fresques de l'Eglise Saint-Médard de Saugues

 

Dans les années 70, Lucien Gires se consacre ensuite à la restauration et l'aménagement de la Tour des Anglais où il peint des fresques superbes relatant les anciens métiers et des scènes de la vie quotidienne dans le Gévaudan. 

Je n'ai pas pu toutes les photographier car il y avait une autre exposition d'artistes qui les cachaient en partie...

En voilà donc un petit aperçu !

Vue partielle des fresques exposées dans la Tour des Anglais (à Saugues)
Vue partielle des fresques exposées dans la Tour des Anglais (à Saugues)

Vue partielle des fresques exposées dans la Tour des Anglais (à Saugues)

 

Christian que beaucoup d'entre vous connaisse bien, propose sur son blog un complément très intéressant et une analyse fine de cette fresque qui montre le travail des scieurs de long...

Il a emprunté mes photos pour l'occasion et nous en apprend davantage sur ces métiers que je ne connaissais pas. 

Je vous invite à lire ce qu'il en dit sur son blog, en cliquant directement sur le lien ci-dessous...

 

Une des oeuvres ultimes de Lucien Gires est le Musée de la Bête du Gévaudan, dont je vous parlerai mardi et qui a ouvert ses portes en 1999. Ce musée retrace l'histoire de la Bête qui terrorisa la population locale entre 1764 et 1767. 

Photo internet

Photo internet

 

Enfin Lucien Gires a également illustré de nombreux ouvrages pour enfants ou adultes sur le Gévaudan. 

 

En 1997, il est fait chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres.

Depuis sa mort en 2002, de nombreux hommages lui sont rendus par les Sauguains. La route du Puy porte désormais son nom et il est impossible de se promener dans la ville sans croiser une de ces nombreuses réalisations...

Même les chaines de télévision, régionale et nationale, lui ont consacré plusieurs émissions.

 

A l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, la municipalité de la ville, en partenariat avec l'Association des Amis de la Tour des Anglais, et La Croisée des Arts, ont souhaité lui rendre hommage en créant un concours de peinture et le "Prix Lucien Gires".

Depuis 15 ans maintenant, chaque année, peintres amateurs ou professionnels se retrouvent dans les rues du bourg pour immortaliser le quartier ancien, ou un moment de la vie de la cité.

 

Un bel hommage à ce peintre qui a su mettre en avant la vie dans le Gévaudan et charmer toute une région avec son art et sa modestie...

Il disait par exemple lors d'une de ses interviews télévisées : 

 

Moi, ma réussite, c’était de vivre à Saugues d’abord, et puis, si possible, de faire un peu de peinture. Le bonheur, c’est une forme de sagesse, ne pas être envieux des choses futiles.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 07:05
Éditions Philippe Picquier, 2015, traduit du japonais par Elisabeth Sutsugu

Éditions Philippe Picquier, 2015, traduit du japonais par Elisabeth Sutsugu

Force m'est d'admettre que le poète le plus heureux qui soit ne saurait chanter avec autant d'ardeur que l'alouette, sans la moindre distraction, oublieux du passé comme de l'avenir, tout entier à sa joie.

 

Ce livre, d'une rare poésie, est comme un rêve éveillé. C'est un véritable voyage au coeur de la création artistique et de la beauté, à lire à petite dose pour en apprécier toute la douceur et la légèreté.

La rivière sablonneuse coule sous un petit pont qui n'a même pas trois mètres de large, elle déverse sur la plage les eaux de printemps. Et quand les eaux printanières rejoignent la mer printanière, à travers les mailles des innombrables filets mis à sécher en désordre, s'échappe un vent tiède qui souffle sur le village, répandant une troublante chaleur odorante. Alors enfin, comme après une longue attente, comme un sabre émoussé, on voit la couleur de la mer.

 

Le narrateur est peintre et poète. Il n'est pas en manque d'inspiration mais veut se plonger dans l'ambiance propice à la création.

Pour cela, une fois arrivé le printemps, il quitte la ville et s'enfonce à pied dans la montagne, avec son matériel de peintre.

Il va s'installer dans une auberge perdue où, il est l'unique voyageur et où,  il espère, qu'aucune passion humaine ne viendra plus le déranger, ni l'agitation de la ville le perturber. 

Mais c'est sans compter sur la mystérieuse jeune femme qui occupe les lieux et dont la vie semble pleine de mystère. Les découvrir va hanter son esprit...

Réussira-t-il à peindre le tableau de ses rêves ?

 

Une chose effrayante, si on la regarde telle qu’elle est, devient un poème. Un événement terrible devient une peinture, à condition que je l’éloigne de moi pour le considérer tel qu’il est. C’est ainsi qu’un chagrin d’amour devient une œuvre d’art.

 

 

Ce roman est un texte subtil sur l'art et la création, sur la place de l'artiste dans le monde moderne, sur le regard que l'artiste porte sur les êtres humains ou la nature environnante...

Une belle lecture, mais pas du tout facile malgré les apparences car déjà, entrer dans l'histoire est assez laborieux et puis, c'est un livre impossible à lire d'une seule traite.

Mais une fois imprégné de cette poésie, vous le quitterez à regret car c'est aussi un livre empli de légendes et de mystères...

Le lecteur met du temps à suivre ce poète artiste, mais il sortira de ce chemin, grandi et capable de trouver réflexion et beauté, dans la nature et dans sa vie quotidienne, en chacun des cailloux du sentier, en chaque petite fleur ou coin de ciel, en chaque être croisé...

Sôseki l'appelait son roman-haïkus car le texte est interrompu par de magnifiques haïkus...

 

Chanson du cocher
Passent les printemps
Sur les cheveux toujours plus blancs

L'automne est là
Qui dépose la rosée sur les susuki
Le sentiment qui m'habite
Pèse par trop
Sur mon coeur

 

L'édition que j'ai emprunté en médiathèque, est étayée de nombreux tableaux tous magnifiques, dont la couverture déjà vous donne un aperçu, et d'une grande délicatesse, issus d'une édition japonaise de 1926 en trois rouleaux où figurait le texte calligraphié de Sôseki et les peintures intégralement reproduites dans ce magnifique livre.

 

Les yeux levés vers le ciel
Je compte les étoiles du printemps
Une deux trois

 

Kinosuke Natsume dont le nom de plume connu est Sôseki (qui signifie "obstiné") (1867-1916) est un des plus grands écrivains de l'ère Meiji, où le Japon passe en quelques années de la féodalité à un statut de nation moderne parmi les plus avancée.

Il succède à Lafcadio Hearn à la chaire de littérature anglaise de l'Université de Tokyo, avant de la quitter pour s'adonner exclusivement à l'écriture. Il publie romans, essais, récits de voyage et, toute sa vie, a capturé dans des haïkus la grâce des instants vécus.

Sôseki a écrit plus de 2 500 haïkus...

 

Mais les herbes aquatiques qui stagnent au fond de l’eau, attendrait-on cent ans, restent immobiles. Elles se tiennent pourtant en alerte, prêtes à bouger, appelant du matin au soir le moment où elles seront touchées, elles vivent dans cette attente, par cette attente, concentrant dans leurs tiges le désir de générations innombrables, sans pouvoir s’animer jusqu’à ce jour, elles vivent, incapables de mourir.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 06:51
Saules têtards au soleil couchant (1888)

Saules têtards au soleil couchant (1888)

 

Dans les années 1880, alors qu'il séjourne en Arles, Vincent Van Gogh fixe la lumière provençale et utilise dans ses nombreuses toiles, la couleur jaune.

 

Son intention était, après avoir quitté Paris, de ne faire qu'une simple halte dans la ville mais, quand il arrive en Arles en 1888, il est enchanté par la lumière, par la chaleur et par les couleurs, révélées sous le soleil du sud, couleurs qui révolutionneront sa peinture.

 

C'est la raison pour laquelle je ne peux terminer ma dernière participation au #lundisoleil de Bernie, sans vous montrer quelques-unes de ses oeuvres que sans nul doute vous connaissez tous !

 

Les tableaux que Vincent exécute à Arles sont souvent associés à la couleur jaune, laquelle joue un rôle primordial dans sa production à cette période. Il vénère littéralement le jaune du soleil de la Provence, et la teinte soufrée et dorée de sa lumière. Celle-ci inonde le paysage et lui permet de peindre avec les couleurs franches et puissantes qu’il affectionne tant. D’après lui, l’artiste des temps modernes sera un coloriste comme le monde n’en a jamais connu. Professant que la lumière provençale est d’une importance capitale pour une palette moderne, il s’éloigne plus que jamais des gris de sa palette « hollandaise», imprégnée de la lumière du Nord.
Le soleil, qui joue un rôle clé dans tant de ses tableaux peints à Arles, fait bientôt figure de divinité. « Ah, ceux qui ne croient pas au soleil d’ici sont bien impies. »

http://www.fondation-vincentvangogh-arles.org/

 

Quand il s'installe en Arles et décide d'y rester, Vincent Van Gogh loue un petit bâtiment en pleine ville, situé place Lamartine. 

Cette maison très ensoleillée et comportant un étage avec deux pièces, lui plaît beaucoup. Il y installe son atelier. C'est là qu'il peindra la plupart de ses tableaux. Cette maison dont l'extérieur a été peint en jaune, est visible sur de nombreux dessins de l'artiste, ainsi que sur une toile et une aquarelle. 

La Maison Jaune (1888)

La Maison Jaune (1888)

 

 Il aime particulièrement la ville et explore ses alentours. Le soir, il s'installe volontiers à la terrasse d'un café où peu à peu tout le monde le connaît...

"Terrasse du café le soir", Place du forum, Arles (1888)

"Terrasse du café le soir", Place du forum, Arles (1888)

 

Le peintre tombe amoureux de la campagne arlésienne. Il fait de longues promenades et de nombreux croquis. 

Il peint des tableaux où les champs apparaissent à perte de vue, moissonnés ou pas avec en toile de fond la ville d'Arles et un ciel bleu magnifique et parfois... quelques fermes.

La moisson, 1888 [la plaine de la Crau avec l'Abbaye de Montmajour en fond]

La moisson, 1888 [la plaine de la Crau avec l'Abbaye de Montmajour en fond]

1/La méridienne ou La sieste (1890)  ;2 / Champ de blé avec gerbes, 1888; 3/ Ferme en Provence, 1888 ;
1/La méridienne ou La sieste (1890)  ;2 / Champ de blé avec gerbes, 1888; 3/ Ferme en Provence, 1888 ;
1/La méridienne ou La sieste (1890)  ;2 / Champ de blé avec gerbes, 1888; 3/ Ferme en Provence, 1888 ;

1/La méridienne ou La sieste (1890) ;2 / Champ de blé avec gerbes, 1888; 3/ Ferme en Provence, 1888 ;

 

Et bien sûr, il peint ses incontournables tournesols dont le nombre varie d'un tableau à l'autre...

Vase avec douze tournesols 1889

Vase avec douze tournesols 1889

 

Le pont de Langlois est aussi un de ses sujets favori. Comme tous les hollandais, il adore les ponts et les canaux, qui bordent la ville et lui rappellent son pays.

Il est donc particulièrement séduit par une série de 11 ponts construits le long du canal reliant Arles à Port-de-Bouc. Ces ponts-levis, tous détruits lors de la Seconde guerre mondiale étaient des ponts actionnés par des hommes.

 

Celui qui avait sa préférence, était appelé par le nom de l'homme qui le gardait et le faisait fonctionner : il s'appelait le pont Langlois.

Mais Van Gogh comprend le "Pont de l'anglais"... d'où la déformation du nom. 

Le pont appelé aujourd'hui en Arles "Pont Van-Gogh" n’est pas celui peint par l’artiste.

Ce pont, d'ailleurs, n'est pas à son emplacement initial...

Il s'agit du seul des 11 ponts, situé à Fos-sur-mer, qui a réchappé aux bombardements. Il a été démonté en 1959 pour être reconstruit en Arles en 1962, sur le même canal, mais à quelques kilomètres en aval, des paysages fixés par le peintre.

 

 

Le pont de Langlois avec des lavandières, 1888

Le pont de Langlois avec des lavandières, 1888

 

L'artiste aime aussi le vieux moulin...

Le vieux moulin, 1888

Le vieux moulin, 1888

 

Même lors des semailles, il y a encore du jaune au soleil couchant !

 

Le semeur au soleil couchant, 1888

Le semeur au soleil couchant, 1888

 

Ma visite, non exhaustive, des oeuvres jaunes de Van Gogh se termine...

 

Pour info, si la route de vos vacances vous amène vers la ville d'Arles, une exposition intitulée "Van Gogh en Provence : la tradition modernisée" vous permettra de voir quelques oeuvres du peintre à la Fondation Van Gogh jusqu'en septembre...

L'exposition réunit 31 tableaux, tous issus des musées Van Gogh à Amsterdam et Kröller-Müller à Otterlo, dont 29 n'ont jamais été montrés en Arles. 

 

Alors... Bonne visite si vous y allez !

 

Quelques tableaux de Van Gogh pour le dernier #lundisoleil jaune de juin

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 07:36

 

Il y a quelques jours je vous ai parlé de Monsieur Chat dont j'ai fait connaissance grâce à ma petite-fille. 

 

Il se trouve que Monsieur Chat n'est pas tout seul, mais circule en ce moment dans la région PACA, accompagné d'autres personnages et auteurs de Street Art au sein d'une exposition intitulée "Le petit peuple des murs".

 

Monsieur Chat en vacances à l'île de Ré

Monsieur Chat en vacances à l'île de Ré

Cette expo est une création de l'Association Artesens.

Elle aborde une thématique actuelle et méconnue dans nos campagnes...

l'Art des rues !

Cet art qui égaye les cités depuis les années 80, est trop peu connu du jeune public vivant dans les zones rurales.  

 

Cette exposition permet donc de mettre en avant le travail de dix artistes ayant tous un style différent, que je vais essayer de vous présenter rapidement...

 

Pour découvrir chacun des artiste, l'expo propose des "jeux-ateliers" ludiques et interactifs... Une oeuvre est sélectionnée pour chacun et montrée en  photo, puis une transposition tactile adaptée aux jeunes publics et aux personnes mal-voyantes est proposée...et bien sûr un texte présentant l'auteur accompagne le tout.

Une façon de découvrir cet art pour tous les publics.

 

 

Tout d'abord l'expo nous parle de la naissance du street art qui a permis aux artistes de s'exprimer dans les rues en toute liberté et rend hommage à celui qui est considéré comme un précurseur, Keith Haring. 

 

Keith Haring, l'icône du pop art, est un grand artiste, peintre et sculpteur américain.

Né en 1958, en Pensylvanie, il meurt prématurément du SIDA, alors qu'il allait avoir 32 ans (en 1990).

 

Après avoir suivi des cours de dessins publicitaires à la la Ivy School of Professional Art de Pittsburgh, il part à New York et s'inscrit à la School of Visual Arts.

En même temps, sa rencontre avec des artistes underground newyorkais lui ouvre d'autres horizons. La ville devient le support de sa créativité. 

Son oeuvre est considérée comme un mélange de pop art et de street art.

Il s'inspire en effet, à la fois du graffiti et d'artistes connus comme Jean Dubuffet. Plus tard, Andy Warhol deviendra son mentor. 

Il expose pour la première fois ses oeuvres en 1982. 

 

Il nous a laissé des dessins simples, mais comportant toujours des messages forts, à méditer...Ses dessins étaient toujours confectionnés sans modèle et rapidement.

 

En 1987, il réalise la fresque de l'hôpital Necker de Paris que vous pouvez admirer ci-dessous et qui est, je crois en cours de rénovation.

 

 

 

C'est en 1988, qu'il va apprendre qu'il est contaminé par le virus du SIDA. Il s'engage alors dans la lutte contre cette terrible maladie, mettant son art en avant pour en parler...

La fondation qui porte son nom perpétue l'héritage de l'artiste tout en diffusant ses oeuvres.

 

Si vous voulez travailler avec vos élèves sur cet artiste.

N'hésitez pas à consulter le dossier pédagogique, constitué suite à une exposition. 

 

Il n’y a rien qui me rende plus heureux que de faire sourire un enfant. La raison pour laquelle un bébé est devenu mon logo, ma signature, est que c’est l’expérience la plus positive, la plus pure que contienne l’expérience humaine

"Maternité" de  Keith Haring et une photo de l'expo. "Maternité" de  Keith Haring et une photo de l'expo.

"Maternité" de Keith Haring et une photo de l'expo.

 

SPEEDY GRAPHITO est né en 1961 et vit à Paris. Il est reconnu comme l'un des pionniers du mouvement "Street Art". Il fait la jonction entre ce qu'on a appelé la figuration libre et à la scène "Street Art" française des années 80.

Retrouvez sa biographie complète et ses oeuvres sur son site personnel.

 

Deux oeuvres de Speedy GraphitoDeux oeuvres de Speedy Graphito

Deux oeuvres de Speedy Graphito

Speedy Graphito à l'expoSpeedy Graphito à l'expo

Speedy Graphito à l'expo

 

OAK OAK est un artiste originaire de Saint-Etienne. On ne sait toujours pas qui se cache derrière ce pseudo ! 

Il détourne les aménagements des villes pour en faire des tableaux poétiques où il laisse la place au rêve, à l'absurde et au jeu.

Son dessin est très influencé par la BD. 

OaK oAk nous fait rire et émerveille le petit enfant qui sommeille en chacun de nous...

 

Je n’ai aucune prétention, aucun message à faire passer, je veux juste m’amuser...
J’ai toujours sur moi un feutre, un appareil photo et un mètre. Je prépare souvent l’intervention chez moi et puis je reviens sur les lieux tard le soir ou tôt le matin, quand c’est le plus tranquille, pour ne pas être repéré

http://www.street-art-avenue.com/biographie-oakoak-street-artist

Oak Oak à l'expo...Oak Oak à l'expo...

Oak Oak à l'expo...

Oak Oak dans la rue / Images : http://www.street-art-avenue.com/
Oak Oak dans la rue / Images : http://www.street-art-avenue.com/Oak Oak dans la rue / Images : http://www.street-art-avenue.com/
Oak Oak dans la rue / Images : http://www.street-art-avenue.com/

Oak Oak dans la rue / Images : http://www.street-art-avenue.com/

 

Jef AEROSOL est le pseudo de Jean-François Perroy, un artiste né à Nantes en 1957 et qui a démarré lui aussi le street art dans les années 80.

C'est avec un talent certain qu'il réalise des pochoirs gigantesques. Il aime créer les portraits de personnalités, souvent des musiciens, mais il réalise aussi les portraits d'anonymes, parfois rencontrés dans la rue. 

Sa marque est, en plus de sa signature, une gigantesque flèche rouge que l'on retrouve sur toutes ses oeuvres. 

 

Jef Aerosol à l'expoJef Aerosol à l'expo

Jef Aerosol à l'expo

Jef Aerosol en ville
Jef Aerosol en villeJef Aerosol en ville

Jef Aerosol en ville

 

 

INVADER est un artiste français né en 1969. Il sème ses oeuvres dans les grandes villes comme dans les petites villes...mais il s'est également adapté aux galeries et expose dans le monde entier. 

Vous retrouverez sur wikipedia sa biographie complète ainsi que la liste, non exhaustive, des villes où on peut voir une de ses oeuvres. 

 

Invader à l'expoInvader à l'expo

Invader à l'expo

Invader au Palais des Papes d'Avignon

Invader au Palais des Papes d'Avignon

 

NEMO n'a pas son pareil pour tranformer un mur défraichi, ou une fenêtre condamnée de Paris, en oeuvre d'art sur laquelle le passant attentif retrouve avec plaisir la petite silhouette d'un homme tout en noir...

Les passants de Belleville et de Ménilmontant le connaissent bien ! 

Vous verrez aussi sur ses oeuvres : un ballon, des animaux, un tigre ou des papillons et... une valise mais surtout beaucoup de poésie !

 

Nemo à l'expo...Nemo à l'expo...

Nemo à l'expo...

Nemo sur les murs...Nemo sur les murs...
Nemo sur les murs...Nemo sur les murs...

Nemo sur les murs...

 

Gérard Laux, dit Mosko commence à peindre des animaux de la savane en 1989 à Paris. 

L'année suivante, il ne travaille plus seul et crée l'appelation Mosko et associés.

Retrouvez sa biographie sur son blog

 

Mosko à l'expo ou ailleurs
Mosko à l'expo ou ailleursMosko à l'expo ou ailleursMosko à l'expo ou ailleurs
Mosko à l'expo ou ailleursMosko à l'expo ou ailleursMosko à l'expo ou ailleurs

Mosko à l'expo ou ailleurs

 

Jérôme MESNAGER a inventé en 1983, l'homme en blanc, une simple silhouette blanche toujours en mouvement qui semble regarder le ciel ou les étoiles et qu'il a ensuite reproduite à travers le monde : elle a voyagé des murs de Paris, à Moscou, et jusqu'en Chine...

 

 

Je fais des tableaux et la toile c’est le monde.

Voilà son bonhomme blanc sur les murs ou les palissades...Voilà son bonhomme blanc sur les murs ou les palissades...

Voilà son bonhomme blanc sur les murs ou les palissades...

 

Il travaille parfois avec NEMO...

 

Cette oeuvre est aujourd'hui disparue : elle se trouvait à Ménilmontant

Cette oeuvre est aujourd'hui disparue : elle se trouvait à Ménilmontant

 

Michel Palacios, est un artiste français, affichiste et dessinateur, né en 1962.

Il se fait appeler PAELLA CHIMICOS, l'anagramme de ses nom et prénom, un clin d'oeil à ses origines espagnoles, puis maintenant Paella tout court. 

Il commence à travailler dans la rue en 1984. 

Il ne peint jamais directement sur les murs.

Son oeuvre est un mélange de tracts, d'affichettes collées et de sérigraphies...Elle est envahie par un personnage au corps élastique qui a, à la place du visage, une spirale...

Depuis 2013, Paella chimicos s'intéresse aussi aux objets abandonnés dans la rue...

 

Manifeste contre une peinture libre : la peinture n’a rien à voir avec la liberté. Être peintre, c’est être prisonnier, et un peintre en prison est doublement prisonnier. La condition d’artiste est une véritable condition de détention morale volontaire. Le peintre se doit d’être l’assassin obsessionnel qui, sa vie durant, poignardera la même victime renaissante chaque jour, remettant ainsi en question ses moyens et ses fins. Parce qu’un combat pictural se mène en connaissance de l’ennemi et des armes dont on dispose, pour que l’œuvre existe par la mise en évidence du processus créateur, la conscience artistique sera l’idéologie première, ou ne sera pas. La peinture est une bataille… …pour une Figuration délibérée.

http://www.lacooperative-collectionceresfranco.com/artiste/paella-chimicos?info=biography

Paella chimicos chez lui, à l'expo et ailleurs...
Paella chimicos chez lui, à l'expo et ailleurs...Paella chimicos chez lui, à l'expo et ailleurs...
Paella chimicos chez lui, à l'expo et ailleurs...

Paella chimicos chez lui, à l'expo et ailleurs...

 

Et pour terminer, le visiteur devra choisir l'odeur qui irait bien avec le personnage rose de Paella...celui qui est juste au-dessus  !

 

 

Une odeur de rose ou de framboise...A moins que vous ne préfériez celle du malabar ?!

Une odeur de rose ou de framboise...A moins que vous ne préfériez celle du malabar ?!

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 06:10
Le puzzle de M.Chat !

Le puzzle de M.Chat !

 

Connaissez-vous le personnage de M. Chat ?

Moi je n'en avais jamais entendu parler car, jusqu'à présent il ne s'était pas déplacé jusque dans mon petit village de Provence !

 

Cela fait déjà quelques temps que ma petite-fille m'a parlé d'un puzzle géant qu'elle avait fait "à l'école" et qui représentait un grand chat jaune avec de grosses dents.

Bien sûr, j'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'une exposition qu'elle était allée voir avec sa maîtresse. Car elle me parlait aussi d'un tigre, d'un monsieur qui s'envole à cause de son ballon rouge, d'un musicien qui joue de l'accordéon et puis d'une boîte mystérieuse avec une odeur de framboise et comme elle aime particulièrement les framboises...

Enfin je ne vais pas vous raconter tout ce qu'elle m'a dit sur cette exposition ! 

Non, je vous promets juste que, dans quelques jours, je vous en dirais un peu plus, sur cette exposition interactive qui circule en PACA en ce moment, et qui sans doute fera ou a déjà fait le tour de France.

 

Pour aujourd'hui, revenons à notre chat !

 

Monsieur Chat est un personnage célèbre qui a déjà un site internet et oui, même les chats sont des geeks de nos jours. 

 

Le cadre de mon travail est la ville, ses rues, ses murs, et le regard de ceux qui l’habitent. Je cherche à créer des supports à la narration de la ville pour ses
habitants, participant à la naissance et à l’échange d’une culture de proximité.

 

Monsieur Chat voyage dans le monde entier.  Au début, c'était incognito, mais comme il a été pris en flagrant délit en 2007, il a dû payer une amende, symbolique certes, mais a été obligé de révéler son identité. 

 

Monsieur Chat voyage dans le monde entier
Monsieur Chat voyage dans le monde entierMonsieur Chat voyage dans le monde entier

Monsieur Chat voyage dans le monde entier

 

Il a même dû sortir ses griffes pour gagner son procès contre la RATP qui considérait que ses oeuvres étaient du pur vandalisme...

 

Vandalisme ou Street Art ? La réponse est claire...

Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !
Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !
Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !

Dégradation de la station du métro parisien avant que M.Chat soit emprisonné !

 

Alors, depuis ce procès,  il a beau avoir quelquefois envie de s'envoler loin d'ici...

Monsieur Chat pour le second #lundisoleil de juin !Monsieur Chat pour le second #lundisoleil de juin !

 

 

Il faut bien qu'il ait quelques souris à se mettre sous la dent.

Alors il possède quelques produits dérivés (bon ça j'aime pas trop en faire la pub, mais bon, puisque ça existe...)

Vous pouvez les retrouver ainsi que toutes les photos de Monsieur Chat sur le portfolio du site, où il y a même des vidéos...

 

Et c'est vous dire comme il est sympa, il est même venu dans ma région...avant de partir à Tokyo !

 

Photos France TV infos
Photos France TV infos

Photos France TV infos

 

Alors qui se cache derrière ce chat envahisseur ?

 

Ce héros des rues a été créé par Thoma Vuille, un artiste franco-suisse né en 1977.

Son créateur s'est fait connaître grâce à ce personnage souriant, sympathique qui véhicule l'optimisme et la bienveillance et sème cet enthousiasme à travers la ville et le monde. 

M.Chat est réalisé uniquement à la peinture acrylique. 

C'est en voyant dessiner une petite fille dans une école que Thoma Vuille a l'idée de créer le personnage puis de le décliner dans toutes les postures. Le dessin de Monsieur Chat est simple mais varié ! 

Moi je le trouve parfois un peu mystérieux et même un peu effrayant pas vous ?!

 

Monsieur Chat à Vichy

 

Voilà ma participation à #lundisoleil de Bernie

 

qui ce mois-ci est, vous l'avez deviné...

 

JAUNE  ! 

Venez nous rejoindre chez Bernie !

Venez nous rejoindre chez Bernie !

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