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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:28

Tahar vient d'avoir un accident de voiture et comme les médecins ne peuvent plus rien faire pour lui, ils viennent de le débrancher. Autour de son lit sa femme qui l'aime, Pierre son fils autiste qui n'a jamais dit un mot, son beau-père âgé et qui perd un peu la tête s'embrouillant entre ses prières et ses plantations de pommes-de-terre, et Becker, un ami, le seul ami avec qui il a gardé des liens depuis l'Algérie.

 

Arrivé en France à 15 ans il a toujours été un étranger et même en épousant une française cela n'a rien changé. Pourtant là-bas au bled il avait choisi la France. Fils de harkis assassinés par le FLN, il était devenu la mascotte des soldats français. C'est en partie à cause d'eux qu'il a quitté l'Algérie pour Paris où il a tenté de s'intégrer jusqu'à renier son passé.

 

Mais il porte en lui l'Algérie et l'envie (le désir charnel) de vivre et de retrouver les sensations, les odeurs, les couleurs de son pays.

 

Dans le semi-coma où il est plongé, tous ses souvenirs reviennent à la surface peu à peu : les souvenirs d'école avec les enfants de colons, les goûters chez son ami français, la maîtresse d'école, sa mère, les femmes en robe à fleurs,  le voyage qui a duré trois jours pour aller voir sa grand-mère, les odeurs, les premiers émois, et puis la guerre que personne ne nomme au début, les cruautés des deux côtés, la peur au ventre, les colons qui ferment leur porte et s'enfuient...Il revoie aussi Souad qu'il a trahi en quittant son pays, elle qu'il aimait comme une soeur.

 

Ce que j'en pense

 

L'auteur sait faire parler ceux qui ne disent rien et même le fils dont personne ne connaît la voix va dire ce que le père n'a jamais pu dire...sa parole jaillit comme l'averse d'été libératrice un soir de canicule. Le déluge s'abat sur le djebel, les tortures, le village, la mère en train de rouler la semoule...et Tahar peut enfin retrouver les siens.

 

L'auteur (dont je ne connaissais aucun roman) a un style d'écriture particulier qui passe du "je" (les souvenirs de Tahar) au "il" (ceux des personnes qui l'entourent)... et qui ne manque ni de poésie ni de sensualité. Les phrases sont rythmées et imagées. Elle met beaucoup de pudeur pour dire les événements de la guerre d'Algérie, les massacres, les difficultés des immigrés, le racisme. Le lecteur peut lire entre les lignes et interpréter les silences.

 

Malgré tout, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman, non pas par rapport au contexte, mais par rapport à l'écriture.

Je suis restée extérieure aux personnages et les mots, qui auraient dû se transformer en émotions, sont restés silencieux...

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