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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 08:17

J'avais déjà lu ce roman lors de sa sortie littéraire et j'avais le souvenir d'un roman qui m'avait beaucoup touché car écrit avec beaucoup de sensibilité par petites touches comme on peindrait un tableau...

 

La lecture récente de Rouge argile du même auteur m'a donnée envie de l'emprunter à nouveau à la bibliothèque et de replonger dans cette lecture encore une fois et...

 

Je n'ai pas été déçue ! J'ai même découvert que je pouvais faire lire ce roman aux ados...ce que je n'avais pas réalisé lors de la première lecture.

 
Toutes ces vies qu'on abandonne de Virginie Ollagnier (relecture)

 

L'histoire :

 

A la fin de la première guerre mondiale, Claire, jeune novice vivant à Annecy, travaille depuis 4 ans comme infirmière dans le service du professeur Tournier, un éminent psychiatre qui cherche à guérir les "gueules cassées" de leurs nombreux traumatismes.

Elle se dévoue à ses patients sans se départir de la joie et de l'énergie liées à sa jeunesse.

 

Sa vocation religieuse est pleine de doutes mais la mère supérieure lui laisse le temps de la réflexion tout en exigeant beaucoup d'elle (la plus indisciplinée de ses novices !).

 

C'est alors qu'elle doute de son propre avenir, que le professeur lui confie tout particulièrment un jeune soldat inconnu, que tout le monde croit mort, mais qui est simplement muet, recroquevillé dans sa douleur et qui semble ne jamais vouloir se réveiller à la vie...

 

Par une méthode bien à elle qu'elle découvre elle-même en suivant son intuition et redessine chaque nouveau jour (le massage de son corps et les paroles douces), Claire va peu à peu le ramener à la vie...

 

 

Le lecteur découvre fasciné, la parole de ce jeune soldat inconnu et ses souvenirs de guerre, de vie et d'amour qui affluent au fur et à mesure que son corps en parallèle se délasse sous le massage... Chaque souvenir est en rapport direct avec la partie du corps massé.

En parallèle, Claire se confie dans de longs monologues qu'elle adresse au soldat de sa voix douce : le lecteur découvre son enfance solitaire, petite orpheline élevée par une tante aimante mais vouée dès le départ à un destin qui n'est pas le sien.

En le ramenant peu à peu à la vie, en lui laissant prendre de plus en plus de place dans sa vie, et parce qu'elle est envahit par le trouble, c'est son propre désir de vivre que Claire découvre ce qui l'amènera à un changement profond.

 

Les personnages sont très attachants : le professeur, blindé par la douleur d'avoir perdu sa fille, prend Claire en affection non dissimilée et l'amène en douceur à suivre son destin. Janet, l'éminent psychiatre venu en renfort, qui joue un rôle non négligeable dans l'évolution de Claire...

L'ambiance très particulière tient au fait que le lecteur enchaine, les souvenirs intimistes, les rencontres entre les personnages, tous aussi uniques en leur genre, les récits et descriptions de  scènes de guerre, les doutes des médecins, les débuts de l'hypnose, les tâtonnements des débuts de la psychiatrie, les premisses de la libération des femmes et la vie quotidienne à Annecy durant le rude hiver 1918...

 

C'est par les hommes qu'on découvre l'histoire et  c'est ce qui fait la force de ce roman qui peut être lu dès l'âge de14 ans car cette jeune femme qui se cherche est encore à quelque part une adolescente : au milieu de l'horreur elle garde une certaine candeur, une sensibilité à fleur de peau, la faculté de se révolter, un espoir sans faille ou presque, et elle rit...

 

Beaucoup de critiques l'ont comparé à d'autres romans sur la même période. Qu'importe !

Chaque roman est unique !

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commentaires

massiera 26/11/2016 12:53

Très intéressée par le sujet, j'étais favorablement disposée...et je suis très déçue ! je n'ai pas réussi à rentrer dans cette histoire car déjà, le personnage de la novice n'est pas crédible ( à mes yeux ), ses relations avec le
patient ou le médecin ou ses consoeurs, non plus ...Depuis 30 ans, je suis passionnée par cette période et j'ai
cumulé pas mal de documentation diverses , de plus, j'ai été aide-soignante en psychiatrie , ce qui m'autorise
à me montrer sceptique sur bien des points...
A l'époque , les femmes ( religieuses ou autres) étaient cantonnées aux rôles subalternes, à de rares exceptions près : comment croire qu'un professeur, même humaniste, pourrait confier des soins aussi
spécifiques à une débutante, fût-elle douée...? le rapport à la hiérarchie était aussi beaucoup plus pesant,
sans parler de " l'encadrement religieux"....! d'autre part, les blessés étaient regroupés par catégories , donc
les patients " psy" n'étaient pas avec les gueules cassées, pour des raisons évidentes... le rapport au corps
( physique) me parait bien romanesque en regard de la réalité de l'époque ....même si certain(e)s avaient
compris qu'une autre approche de la maladie et des traumas étaient possibles, je doute qu'ils aient eu l'aval
des autorités sanitaires et autres ...il suffit de se rappeler comment ils traitaient les soi-disant simulateurs....
c'était une période très dure sur bien des plans !!
Dommage...ç'aurait pu être un livre superbe, il n'y manque pas grand-chose pour y arriver....
Et sur le plan des critiques, je reste à la disposition de qui voudrait me convaincre...avec des preuves !

manou 26/11/2016 17:56

Merci beaucoup pour votre témoignage qui est fort intéressant. Comme je le dis dans mon compte-rendu soit dit en passant sans aucune prétention, c'est que lorsque j'ai relu ce roman (en juillet 2012, donc y a quatre ans déjà) j'ai pensé pouvoir le conseiller à des adolescents. En effet ayant été bibliothécaire et enseignante-documentaliste, mon regard sur ce type de fiction ne peut en aucun cas être le même que le vôtre et à cette époque où je travaillais en collège mon objectif était de trouver des romans sur cette terrible période qui me permettent, par une fiction bien menée et à travers une histoire émotionnellement très forte, d'amener les jeunes de 14-15 ans à entrer dans l'Histoire, et à vouloir en savoir plus. La difficulté étant de trouver aussi des livres accessibles, bien écrits et qui ne rebutent pas les élèves. Ma critique a été écrite en ce sens, ceci expliquant sans nul doute que nos points de vue divergent. D'ailleurs l'infirmière du collège l'avait lu avec intérêt et elle trouvait que ce roman était tout à fait une ouverture pour nos jeunes collégiens. Il est bien évident que si je désire un jour entrer dans le milieu médical de cette époque, je me référerai à des ouvrages documentaires et non à des fictions qui mettent forcément en scène, au vue de votre expérience, des personnages fictifs. Mais encore une fois c'est une manière d'entrer dans l'Histoire pour les jeunes qui me paraît intéressante et l'auteur écrit bien ce qui ne gâche rien.
tout pour vous dire que je ne cherche à rien à vous convaincre...d'ailleurs ce n'est pas le but ni de ce blog, ni des chroniques que j'y écrit. Et chacun peut exprimer ici son ressenti. Je vous remercie donc à nouveau d'avoir exprimé le vôtre.

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