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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:13

le-heron-de-guernica.gifEn avril 1937, Basilio est encore un jeune homme. Il est simple, timide et un peu naïf et se fait embaucher dans les fermes comme homme à tout faire. Il aime aussi passer du temps à peindre les hérons cendrés dans les marais proches de la ville. Ce qui le fascine plus que tout, c'est l'attente dans le silence,  jusqu'à ce que le héron apparaisse enfin. Mais il n'est jamais satisfait de lui. Comment représenter la vie, le mouvement de l'oiseau sur une toile ? C'est une véritable obsession pour Basilio.

Être artiste ne l'empêche nullement de s'occuper de son vieil oncle, ni d'aller  au bal où il compte bien inviter à danser, Celestina, qu'il aime en secret.

Tout le monde se connaît dans cette petite ville. L'auteur nous fait visiter les lieux et rencontrer les gens...

Ce matin-là, Basilio est allé peindre dans les marais, très tôt, puis il est allé au marché vendre le cochon qu'il a gagné suite à son travail à la ferme. Ensuite il retourne dans les marais car il a promis à Célestina de lui offrir un tableau.  Alors qu'il est en train de peindre, les bombes des allemands (alliés des fascistes espagnols) tombent sur Guernica, dévastant tout sur leur passage. Revenu en ville au plus vite, Basilio se précipite vers l'église. Partout, des décombres, des blessés, des cris, et près des entrepôts en feu il assiste à la libération de jeunes taurillons affolés car en flamme...

Le père Eusebio lui donne alors un appareil photo et l'invite à fixer sur la pellicule le témoignage de ses massacres : une roue de bicyclette qui tourne dans le vide, seule sur la place désertée,  l'église en feu, les maisons...

Mais l'art peut-il montrer l'invisible et l'horreur ?

Quelques semaines plus tard à Paris, lors de l'exposition internationale, le monde est sur le point de découvrir le chef d'oeuvre de Picasso "Guernica". Comment a-t-il pu peindre l'horreur et décrire l'atmosphère de ce 26 avril puisqu'il n'y était pas ?

Le père Eusebio pousse Basilio à se rendre à Paris pour montrer ses propres oeuvres au grand maître...

Comment montrer à travers l'art son ressenti s'interroge Basilio ? Suggérer sans montrer la réalité ? Frapper l'esprit par des détails pour mieux appréhender l'horreur ?

Devant le chef d'oeuvre de Picasso, Basilio en oublie la raison de son voyage...

 

Un livre tout en délicatesse qui par petites touches successives (comme un tableau) nous dépeint l'horreur de la guerre et le rôle important de l'art comme témoignage de l'Histoire.

 

Décidément j'aime beaucoup l'écriture d'Antoine Choplin.

Encore un moment de lecture à ne pas manquer...

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