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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:27
Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac

 

Comme toutes les filles,  Isaï, dès sa naissance, est menacée de mort par sa tante. Lorsqu'une fille arrive dans une famille pauvre, c'est  une catastrophe ! La famille ne sait pas comment elle pourra faire face aux dépenses indispensables pour la marier comme la dot par exemple et inévitablement un accident arrive...On ne parle jamais de meurtre !

 

Mais sa mère, Dayita, la protège et refuse de la laisser un seul instant sans surveillance, un accident est si vite arrivé : elle peut s'étouffer ou...tomber. Cela arrive à presque toutes les filles.  Heureusement son  grand-père est émerveillé d'avoir une petite fille et aide Dayita à la protéger des esprits malfaisants et jaloux de la famille.

 

Pour parfaire son éducation sa mère lui apprend même à chanter dans sa langue maternelle, l’hindi. La petite a une voix remarquable !

Elle la donne en protection à Sarasvati, la déesse de la Sagesse et des Arts…que toutes deux honorent par des offrandes et des prières quotidiennes.

 

Mais le malheur s’acharne sur Isaï. Son père, parti à Bombay pour trouver un travail, ne revient toujours pas.  Sa tante ne sait plus que faire pour l’exploiter et la faire travailler dur en échange de sa nourriture. Et sa mère tombe malade et meurt…Isaï n’a que dix ans ! Son grand -père ne peut plus la protéger, car lui aussi,  il vieillit... 

Lors de la crémation de sa mère, Isaï, désespérée, se cache pour assister à la cérémonie (alors que c'est interdit aux filles). Elle  fait à cette occasion, la connaissance de Murugan, un jeune garçon (qui la prend pour un garçon car sa tante lui a fait raser la tête). C’est un hors caste  considéré comme impur par la société, mais elle devient son ami. Elle se moque des conventions imposées par la société hindoue !

Ensemble, ils vont souvent se retrouver dans leur endroit secret, une clairière où Isaï venait souvent avec sa mère et où le garçon a l'habitude d'aller aussi.

Là, ils vont chanter, improviser des duos et imaginer un avenir meilleur loin des brimades qui sont leur lot quotidien.

Mais la tante vient de contracter un emprunt pour financer le futur mariage de son fils. Elle envoie Isaï travailler en ville chez un usurier pour rembourser sa dette. Là bas Isaï ne sera pas vraiment malheureuse mais elle va profiter du retour du maître pour s'enfuir...

Elle décide de  partir rejoindre son père dans la capitale, Bombay. Elle a appris qu'on lui avait menti à son sujet et qu'il est devenu aveugle suite à un accident.  Murugan part avec elle (pour la protéger ?). Il sait maintenant que c'est une fille... Les voilà tous deux confrontés à des adultes sans scrupules prêts à exploiter leur faiblesse, à voler le peu d’argent qu’ils possèdent et à profiter de leur jeunesse et de leur naïveté…

 

Ce que j’en pense

 

Ce roman se termine par un happy-end ! Le lecteur en est véritablement soulagé...car il s'est fortement attaché aux deux ados.

 

D'abord, l’auteur nous invite à un véritable "voyage" dans  l’Inde aux multiples visages. Le lecteur découvre la beauté des temples, des villes et la variété des paysages traversés par les ados. Il découvre aussi les traditions culinaires et les différents plats traditionnels ou quotidiens…

 

Il a le mérite de nous plonger dans la vie de milliers de jeunes hindoues pauvres et démunis. C'est un voyage dans la réalité de la société et des croyances hindoues. En Inde encore aujourd'hui,  les droits de l’homme sont bafoués : le travail des enfants est une réalité quotidienne,  la condition de vie des femmes est faite de soumission, de violence, de mépris…Les filles sont "supprimées" à la naissance voire avant maintenant que la pratique de l'amniocentèse se généralise...car ce sont des bouches inutiles à nourrir et de plus il faut payer une dot à la famille du mari chez qui elles sont obligées d'aller vivre. Les garçons sont préférés car ils portent le patronyme, s'occupent de leurs parents âgés et héritent traditionnellement des terres familiales. Les filles, de plus, ne vont pas obligatoirement à l'école mais assurent le travail quotidien ménager dès leur plus jeune âge...ce qui ne les aide pas à évoluer et à se sortir de leur précarité.

La surpopulation, la pauvreté,  les bidonvilles attestent des inégalités sociales. Les pères partent loin pour trouver de quoi nourrir leur famille. Et quand les familles ne s'en sortent pas, ce sont (encore) les filles qui sont vendues, ou exploitées  les premières (prostitution, travail illégal, ...). 

Le système de castes existe toujours dans les campagnes et est responsable de nombreuses inégalités. Il existe depuis le XVI° siècle...et tend à disparâitre depuis l'indépendance mais il cause toujours des disparités.

L'Inde est un pays entre modernité et traditions. A l'ère d'internet et de la communication, les préjugés ont la vie dure ! Mais heureusement aujourd'hui beaucoup de personnes et d'associations réagissent pour aider les plus pauvres, faire évoluer le statut et les droits des femmes, prôner l'égalité quel que soit le métier exercé...

   

Un très bon roman initiatique pour adolescent préconisé pour les 4° dans les listes de l’Éducation nationale.

 

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