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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:43
La cithare nue de Shan Sa

 

L'histoire :

 

Le roman nous conte la vie quotidienne de deux personnages ayant en commun, l'amour de la cithare, un art traditionnel de la civilisation chinoise. Ils vivent séparés dans le temps (de près de 200 ans) mais vont être réunis par cet instrument...et vivre une histoire d'amour impossible.

 

Celle que nous appellerons la "Jeune Mère" tout au long du roman, met au monde une petite fille dans des conditions inhumaines en pleine tuerie. On est en l'an 400. La Chine se déchire. Le nord et le Sud se combattent. Les dynasties se succèdent...

La jeune mère est pourtant l' héritière des Hautes Portes, un illustre clan de la plaine du Milieu. Elle joue divinement bien de la cithare car elle a de plus hérité de l'instrument de la grande poétesse Cai Yan.

Un jour alors qu'elle est sur le point de se marier, elle est enlevée par Liu, un capitaine de guerre qui l'emmène avec elle sur les champs de bataille et la retient prisonnière. C'est lui le père ! 

Malgré ses origines de paysan pauvre, son ambition le pousse vers le pouvoir et il gravit rapidement les échelons. Il deviendra capitaine puis gouverneur et enfin empereur de la dynastie Song. Elle l'attend car il est souvent absent parfois plusieurs années. Il lui donnera enfin un fils.

Les luttes pour le pouvoir sont éloignées de toute morale et semblent ne jamais finir...Elle ferme les yeux, ne veut pas savoir, s'interroge quand même ...

En attendant, cloîtrée dans sa belle demeure, elle s'occupe de ses deux enfants et elle peint des tableaux superbes d'une poésie extraordinaire ou bien, elle joue de la cithare...

L'arrivée de la première femme va lui ouvrir les yeux...Mais c'est déjà trop tard.

Son époux ne tiendra aucun compte de ses sentiments et se servira de ses enfants comme monnaie d'échange...pour son pouvoir. Elle ne pourra rien faire même si pour la première fois de sa vie, elle se rebelle.

La fin de la jeune mère est terrible. Devenue veuve, mais déclarée morte, ayant perdu son fils, elle finira sa vie dans le  monastère de la Grande Compassion, celui où sa fille s'est retirée,  sans pour autant réussir à se rapprocher d'elle...Quel destin de femme !

 

Près de deux siècles plus tard, on est en l'an 581. Shen Feng est un apprenti luthier timide et pauvre. Enfant, alors qu'il pleurait sur le cadavre d'une femme, peut-être sa mère, il a été recueilli  par son maître qui lui a tout appris de son art. Mais l'art et la musique ne sont plus en vogue et les commandes de cithares se  font rares. En ville, un célèbre antiquaire lui propose de devenir riche en fabriquant une fausse cithare qui serait aussi belle que celle de la poétesse Cai Yan, au point d'être vendue comme telle. Pour cela il lui faut un bois très spécial. Tout d'abord, il refuse.

Puis lorsqu'il découvre que son ami Shu Bao a besoin d'argent pour s'enfuir avec sa compagne, une nonne qui attend un enfant de lui...il change d'avis et décide de l'aider. Tous deux vont alors profaner un tombeau près du monastère de la Grande Compassion...

Dérangés après une nuit de labeur passée à creuser, ils ramèneront pour tout trésor,  le couvercle d'un sarcophage, bois précieux qui peut servir à fabriquer une cithare mais ne permet pas de gagner de l'argent dans l'immédiat...

Peu de temps après, Shu Bao et sa compagne sont arrêtés. Le vieux maître décide de retourner dans le nord pour mourir chez lui. Shen Feng, triste et solitaire décide alors de commencer à travailler le bois. Il réveille le fantôme de l' impératrice, si belle, qu'il en tombe amoureux bien qu'il soit seul à la voir. Mais il  est recherché,  il doit s'enfuir et tout  quitter...

 

Ce que j'en pense :

 

Le lecteur est sous le charme de la musique, du faste de la cour impériale ou de la cité interdite. Il se perd dans les personnages ou dans les lieux et parfois dans le temps...mais ne s'ennuie jamais !

La cithare est le lien entre tous les personnages. Elle adoucit les guerriers, réunit les cœurs et les membres de la famille. Elle traverse les temps puisque nous la retrouvons dans le dernier chapitre, dans le monde moderne.

Les personnages sont attachants comme toujours dans les romans de Shan Sa, et les femmes d'une touchante fragilité, savent être fortes et déterminées.

Le roman est un méli mélo de fantastique, de croyances et de légendes...

C'est un roman plein de poésie où la musique et la beauté, véritables sources d'harmonie,  tiennent la première place et aident les hommes à faire face aux aléas de leur existence.

A lire absolument pour ceux qui aiment les romans sur la Chine !

 

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