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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:30
Edilivre, 2016

Edilivre, 2016

Oui, la bourgeoisie avait failli, livré l'appareil productif à l'occupant nazi, avait honteusement collaboré. La France prolétarienne, au contraire, avait payé de son sang et de ses larmes son tribu à la libération du pays.

 

Nous voilà de nouveau à Paris où nous retrouvons ces femmes et ces hommes, devenus les héros discrets de "Clair-obscur", le précédent roman de Stéphane Bret que j'ai chroniqué sur ce blog en mars dernier.

Le lecteur les retrouve tous avec un certain plaisir...presque tous je devrais dire, car il y a les absents que personne ne peut oublier. 

 

Les français déblaient les ruines, le ravitaillement alimentaire normal n'est toujours pas rétabli et les prix continuent de grimper. De plus, la production industrielle a du mal à rebondir...mais la guerre est désormais finie, et c'est ce qui compte.

Les français arriveront-ils à se remettre de ses séquelles ? 

La France est elle capable de se redresser ?

Ce n'est pas certain mais l'espoir est bien présent...

 

Arlette Gravier, cette jeune femme émouvante qui s'était engagée dans la résistance et qui a été déportée, a du mal à se réadapter à la vie "normale"malgré toute l'aide apportée par son entourage.

René Bertin, son compagnon, rencontré pendant l'occupation, l'a attendu et son amour pour elle est resté intact.

Arlette revoit aussi de temps en temps, pour une simple rencontre amicale, Arnaud Larribe qui avait fini par rejoindre la Résistance et avait travaillé en secret dans le même réseau qu'elle. Maintenant il rêve de fonder un cabinet d'architecte. Cela tombe bien car la reconstruction du pays est en marche.

Damien Rubot, syndicaliste engagé et militant communiste est toujours ouvrier à l'usine Citroën. Pour lui, comme du temps du Front Populaire, son parti ne peut que profiter de l'après-guerre, pour transformer enfin durablement le pays.

 

Leur vie quotidienne est emplie d'espoir, celui d'une ère nouvelle. L'environnement quotidien est profondément modifié par les nouvelles avancées technologiques de l'époque, comme par exemple l'entrée de la télévision dans les foyers, par les nouveaux moyens de communication, des journaux qui sont publiés comme "Le monde" ou "Le Nouvel Observateur". Côté mode, des maisons de couture comme Christian Dior ouvrent. L'industrie n'est pas en reste et de nouvelles voitures font leur apparition comme la 2 CV chez Citroën et la 4 CV chez Renault par exemple.

De plus la démocratisation de la culture est en marche, le théâtre et le cinéma s'ouvrent au grand public...

 

A cela se rajoute de grandes avancées sociales qui prennent la suite de celles du Front populaire : les femmes vont voter pour la première fois de leur vie le 29 avril 1945 lors des élections municipales ; la Sécurité sociale devient obligatoire pour tous les salariés, également cette année-là.

Mais tout n'est pas rose pour autant dans le monde...

 

Seul, Karim Djadel, ancien ouvrier et soldat de l’Armée française, déchante au lendemain de la guerre, et ne revient pas à l'usine. Lui qui avait cru à une sorte de fraternité d'armes, à cette complicité qui leur avait permis d'être tous unis dans la lutte contre le nazisme, entre alors dans la clandestinité peu de temps après sa démobilisation. Il va bientôt rejoindre le FLN...car la guerre d'Algérie se profile à l'horizon. 

 

Mais les événements se mélangeaient, se bousculaient dans les colonnes des journaux, se télescopaient sans que l'on pût établir une hiérarchie sûre parmi eux, sans que l'on fût certain de leur véritable signification. N'était-ce pas le temps d'un relâchement, d'une vie moins marquée par les tourments, les privations, les aléas de l'adversité ?

 

Ce dernier roman de Stephane Bret s'inscrit dans la lignée du précédent. Il nous livre ici un superbe hommage à ces hommes et ces femmes le plus souvent anonymes qui se sont battus pour nos droits sociaux et qui ont contribué à modifier profondément la vie de milliers de salariés. 

 

Il retrace bien les espoirs de cette époque non seulement d'un monde meilleur, mais surtout d'un monde plus juste, plus humain où tous les individus auraient droit à un logement décent, un travail et une vie "normale"...une période où tous croyaient au progrès non seulement technologique, économique, culturel mais aussi et surtout social, dans la lignée des décisions du Front populaire et de Léon Blum, cet homme politique (et écrivain) intègre dont on oublie trop souvent de parler

 

C'est un roman facile à lire et richement documenté, qui permettra à nos ados de mieux comprendre non seulement cette période de l'après-guerre, mais aussi celle des années 50-60 qui est celle de mon enfance, celle où mes parents étaient de jeunes adultes pleins de projets et eux-aussi, confiants en l'avenir une période où les valeurs qu'ils ont défendues et m'ont transmises, trouvent leur source...

Les adultes le liront avec plaisir s'ils aiment cette période de l'histoire et ils découvriront sans doute à sa lecture certains événements oubliés...et toute une liste de films à (re)voir ! 

 

Vous pouvez retrouver l'auteur sur la page facebook  qui est consacré au livre ou visionner la bande-annonce du roman qui vous mettra immédiatement dans l'ambiance...

 

Je remercie l'auteur de m'avoir permis de découvrir son roman.

D'autres, plus réalistes ou plus cyniques, c'est selon, crurent voir en cette fin d'année 1962 un autre présage : celui du début d'une période au cours de laquelle la France déposait enfin les armes et allait entamer une phase de renaissance, en abandonnant l'art de la guerre près de quinze ans après ses voisins... L'espérance de tous n'était pas ajournée, ni vraiment démentie. L'Histoire lui avait accordé un sursis.

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commentaires

missfujii. 06/09/2016 12:09

Une page d’histoire interessante

manou 06/09/2016 14:51

Oui et même plus car pour moi qui suis plus âgée que toi, c'est carrément pour certaines innovations dont il parle et certains événements, ma jeunesse !

Mimi 01/09/2016 16:41

Une sacrée page d'histoire, cette reconstruction, où tant d'espoirs naissent et se propagent...

manou 01/09/2016 17:36

Et une page très documentée...où j'ai appris pleins de chose que j'avais dû savoir un jour mais que j'avais totalement oublié !!

écureuil bleu 31/08/2016 21:01

Bonsoir Manou. C'est aussi l'époque de mon enfance. Je le lirai peut-être un jour... Bonne soirée et bisous

manou 01/09/2016 17:35

Il se lit vite car il n'a pas beaucoup de pages mais l'idéal est de commencer par "Clair-obscur". Bises et bonne soirée (je n'ai pas vu ton message excuse-moi de te répondre seulement ce soir !!)

Nell 31/08/2016 16:41

Un livre qui doit-être bouleversant aussi à lire car c'est l'époque de mon enfance. J'ai connu également ce déracinement issu de la guerre d'Algérie, même si je n'étais qu'une enfant. Le départ, l'adieu de maman qui laissait son "pays", ses larmes. Merci d'en avoir parler avec autant de profonds sentiments. Belle et douce soirée, ma chère Manou.

manou 31/08/2016 18:08

C'est vrai, l'auteur qui a notre âge à peu près, parle de tous ces événements avec son cœur c'est ce qui fait le charme de son livre. Et c'est pour cela, ajouté au faible nombre de pages que je le conseille aussi aux ados. Bisous Nell et belle soirée

Maryline 31/08/2016 14:38

Encore un livre tentant. C'est toujours intéressant de lire des témoignages d'une époque qu'on n'a pas vécue, même s'ils sont romancés. Ce fut le temps de grandes transformations de la vie de tous les jours. ( Ce matin, je suis allée en ville et j'ai acheté "En attendant Bojangles"...
Belle journée!
Bisous
Maryline

manou 31/08/2016 16:09

Wouah ! Alors c'est vrai je t'ai vraiment tenté...Tu verras il se lit très vite et tu me diras ce que tu en penses...Bisous et bon après-midi

Clara65 31/08/2016 08:18

Il a l'air bien, en effet, ce bouquin, mais je dois dire qu'ils foisonnent sur le même sujet.
Amicalement.

manou 31/08/2016 09:56

C'est vrai Clara mais celui-ci ressemble à une histoire vécue de l'intérieur du monde des travailleurs. Leurs espoirs m'ont touché parce que c'est ceux que mes parents issus d'un milieu modeste avaient eu pour nous...La seule différence c'est que les miens habitaient presque la campagne et pas Paris, donc la démocratisation de la culture a mis plus de temps pour les atteindre. Ce roman montre bien aussi comment la guerre d'Algérie a été perçue...de loin.
Merci pour ton avis.

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