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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 07:04
Métaillé, 2014 / Traduit de l'espagnol (Argentine) par Laura Alcoba

Métaillé, 2014 / Traduit de l'espagnol (Argentine) par Laura Alcoba

Elle fit quelques pas sur la route jonchée de fissures et de nids-de-poule, ses talons résonnaient sur l'asphalte.
Ce lieu semblait avoir été oublié des hommes. Elle regarda le paysage alentour, avec ses petits arbres secs et tordus, l'herbe haute qui recouvrait les champs...

 

Parce qu'il est en panne avec sa voiture, le révérend Pearson et sa fille Léni, une adolescente révoltée de 16 ans, débarquent dans un garage perdu, quelque part en Argentine, au milieu de nulle part, le seul garage à des kilomètres à la ronde...

 

Là, au milieu des carcasses de voitures, dans une maison de tôle et de bois, vivent El Gringo Brauer, le jeune Tapioca qu'il a adopté (ou qui est son fils, on ne sait pas trop en fait) et les chiens accablés par la chaleur torride et la sècheresse ambiante...

 

Il faut bien réparer cette voiture malgré la chaleur.

Aussi tandis que le garagiste s'échine sur la panne qu'il ne trouve pas, Tapioca le ravitaille en bières tout en faisant plus ample connaissance avec Léni...et en écoutant le révérend lui parler de croyance, car celui-ci a trouvé une oreille idéale et attentive auprès de ce jeune garçon.

Le révérend est un orateur hors pair...il aime séduire et convaincre son entourage et sait se montrer persuasif. 

 

Leur arrivée va perturber profondément le calme apparent du lieu. Alors qu'un orage s'annonce, les différents personnages vont dans la touffeur du lieu, s'affronter et jouer là leur destin, car c'est peut-être toute leur vie qui est en jeu, selon les décisions à venir, dans ce huis-clos surchauffé...

 

 

Tapioca se glissa dans la carcasse d'une voiture. Il sentit les ressorts cassé dans son dos et remua les fesses sur le siège jusqu'à ce qu'il parvienne à s'y faire une place. Quand il voulait être seul et réfléchir tranquillement, il se glissait toujours dans la carcasse d'une vieille voiture...

 

Voilà un court roman à l'atmosphère brûlante et explosive vu le caractère très affirmés des personnages.

 

Chacun poursuit son but sans tenir compte des autres...

 

Le révérend a un passé chargé de non-dits : il a apparemment abandonné sa femme au bord d'une route...mais le lecteur ne saura pas pourquoi. 

 

Le garagiste est profondément athée et ne supporte pas les apartés du révérend avec son jeune apprenti.

 

Les affaires du ciel ne l'intéressaient pas. la religion était faite pour les femmes et les hommes faibles. Le bien et le mal, c'était une autre histoire : ça, c'était une question quotidienne, concrète, que l'on pouvait affronter avec son corps. La religion, d'après lui, était une façon d'éluder ses responsabilités. S'abriter derrière Dieu, attendre d'être sauvé, ou rendre le diable responsable du mal qu'on était capable de faire.

 

C'est un "brave" homme mais on ne comprend pas bien pourquoi il est si taciturne...

A-t-il  lui aussi quelque chose à cacher?

Il n'a jamais voulu envoyer Tapioca à l'école sous divers prétexte et veut le garder auprès de lui. De plus on ne sait pas si c'est vraiment son fils...

 

Lorsque l'orage éclate enfin, les obligeant à se terrer dans la cabane et et se faire quelques confidences pour passer le temps, l'affrontement entre des deux hommes paraît inévitable : il sera terrible mais silencieux...

et les deux jeunes gens n'attendaient que ça pour se révolter...

 

Les chiens ont un rôle important à jouer dans cette ambiance car ils plantent très bien le décor et ajoutent par leur halètement constant, au réalisme de l'ensemble et à l'ambiance de touffeur et de moiteur du roman.

 

Un court roman très beau et par moment très poétique qui met en place les différents protagonistes avec une lenteur toute cinématographique.

L'auteur passe sans cesse du présent au passé, nous permettant d'entrer en profondeur dans la psychologie des personnages. 

Peu à peu on découvre leurs solitudes et leurs rêves...

On se croirait dans un western !

La fin est terriblement triste mais prévisible.

 

Une plume argentine à découvrir, surtout en été, où vous arriverez mieux, je pense, à supporter la chaleur qui règne dans ses pages...

Selva Almada est née en 1973 à Villa Elisa (Entre Ríos) et a suivi des études de littérature à Paraná, avant de s’installer à Buenos Aires, où elle anime des ateliers d’écriture. Son premier roman, a reçu un excellent accueil critique.

Si vous parlez esapgnol vous pouvez vous rendre directement sur son site ICI. 

Tapioca n'allait pas être son successeur : il allait devenir ce que lui-même n'avait pas réussi à être. Car le révérend Pearson était aussi un homme avec un passé, et dans ce passé il y avait eu des erreurs, des erreurs qui lui revenaient, de temps en temps , et le poursuivaient comme un petit nuage de mouches bourdonnantes, un nuage léger mais persistant...

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commentaires

écureuil bleu 16/07/2016 13:12

Ce livre a l'air très prenant, si j'ai l'occasion de le lire...

manou 17/07/2016 10:39

Oui il se lit vite et d'une traite !

Clara65 16/07/2016 07:13

Voilà le style de roman que j'aime, je note !
Bien amicalement.

manou 16/07/2016 12:09

Et bien j'espère qu'il te plaira...Je te croyais partie en camping-car ?!
A bientôt

Renee 15/07/2016 16:30

Il est l'air bien mais quand tu dis court c'est combien de page 400? moins...Bisoussss

manou 15/07/2016 20:24

130 pages environ ! C'est plutôt court et vite lu mais quelle ambiance ! Bisous et bonne soirée

CathyRose 15/07/2016 07:14

Du mal à me concentrer ce matin ... Trop de livres à lire, celui-ci me paraît bien mais je dois faire des choix, je le note quand même !
Belle journée malgré tout, bisous !
Cathy

manou 15/07/2016 20:25

Merci Cathy ! Nous sommes rentrés hier soir et je viens te voir dès que possible. Je ne t'oublie pas mais je suis perturbée aujourd'hui... Bonne soirée !

zazy 14/07/2016 20:36

Un plus, c'est Laura Alcoba (le bleu des abeilles) qui en est la traductrice !! je note de suite

manou 15/07/2016 20:26

Ce roman est vraiment une belle découverte pour moi. Merci Zazy de ta visite.

missfujii. 14/07/2016 19:55

Je suis allée voir son site, mais je ne parle pas espagnol !

manou 15/07/2016 20:26

Moi non plus...hélas !

Mimi 14/07/2016 19:39

Un huis clos dans l'immensité de l'Argentine, quel contraste ! Merci Manou pour cette découverte.

manou 15/07/2016 20:27

Je pense que tu aimeras l'ambiance très particulière... Bonne soirée Mimi malgré tout.

Quichottine 14/07/2016 13:24

Je ne vais pas arriver à tout lire... il va falloir que je partage mieux mon temps. :)
Merci pour ces envies de lecture, Manou.
Bisous et douce journée.

manou 15/07/2016 20:29

J'ai du mal aussi parfois à le concentrer sur mes lectures...Et en cette saison je lis beaucoup moins. Tu ne peux pas tout faire ! Je viens te voir dès que possible maintenant que je suis rentrée. Mais je n'ai pas été très active aujourd'hui et plutôt perturbée

Doc Bird 14/07/2016 11:59

Ce roman semble rendre parfaitement l'atmosphère étouffante aussi bien physique que psychologique !

manou 15/07/2016 20:30

C'est exactement ça et cela fait longtemps que je n'avais pas lu un huis clos aussi cinématographique...

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